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Donbass : évolution de la ligne de front du 16 avril au 8 mai 2022

La dynamique de la ligne de front dans le Donbass du 16 avril au 8 mai,soit depuis le lancement de la seconde phase de l’opération spéciale en Ukraine montre clairement de réels succès des forces russes et alliées et une inévitable progression en seulement 3 semaines.

Ou en sont les réserves de changes russes au 22/04/2022 ?

Au 22 avril, les réserves internationales de la Russie s’élevaient à 607,1 milliards de dollars, contre 611,1 milliards de dollars le 15/04/2022 selon les données de la Banque centrale.

Ainsi, les réserves ont diminué de 4 milliards de dollars sur la semaine du 15/04 au 22/04.

Environ 300 milliards de dollars des réserves d’or et de devises de la Fédération de Russie ont été gelés après le début d’une opération militaire spéciale en Ukraine à cause des sanctions occidentales anti-russes.

Ci dessous, l’évolution des réserves de changes russes depuis le debut de l’opération militaire spéciale en Ukraine.

22.04.2022607,1 milliards de dollars
15.04.2022611,1 milliards de dollars
08.04.2022609,4 milliards de dollars
01.04.2022606,5 milliards de dollars
25.03.2022604,4 milliards de dollars
18.03.2022606,2 milliards de dollars
11.03.2022611,8 milliards de dollars
04.03.2022608,9 milliards de dollars
25.02.2022629,4 milliards de dollars

Défense et stratégie face à la guerre économique et étapes de transformation de l’économie russe dans le contexte des sanctions.

Publication d’une stratégie de « défense économique »
par le Centre d’analyse macroéconomique et de prospective (TsMAKP)

/ En date du 24/03/2022

L’idée principale consiste en la mise en place d’une politique proactive en matière économique, financière et technologique. Cela passe par le renforcement de la coopération avec les États partenaires de la Russie — 
ce qui exclut la fermeture du pays au reste du monde — et par le développement de la production domestique.

Par ailleurs, le Centre décrit les trois stades de la guerre économique par lesquels la Russie devra probablement passer :

  1. Les deux premiers mois sont accaparés par les mesures de stabilisation de la situation financière, économique et sociale dans le pays. Il s’agit également de parer aux manifestations les plus sensibles de la crise. Un grand rôle est accordé « aux contre-sanctions les plus douloureuses pour les pays ciblés ».
  2. L’année qui suit est consacrée au passage d’une logique de « guerre économique » à une logique de « développement d’après-choc ». Les autorités doivent stimuler l’autoentrepreneuriat, alléger les charges pour les petites entreprises, orienter les exportations dans un souci de protection monétaire.
  3. Les deux ou trois années suivantes sont celles du passage à un mode de développement adapté aux nouvelles réalités. Un rôle primordial est accordé à la recherche scientifique et à la constitution de fonds d’aide aux entreprises technologiques spécialisées dans la substitution d’importation.

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Les experts de la Banque de Russie distinguent eux quatre étapes que l’économie russe traversera au cours de sa transformation dans le contexte des sanctions.
/ En date du 24/04/2022

Au premier stade de la transformation, il y a une rupture des chaînes technologiques, de production et de logistique établies.
La rupture impactera les entreprises qui importent des composants de fabrication d’importance critique, même lorsqu’ils ne représentent qu’une part infime du coût. Globalement, cette étape est en cours.

Dans un deuxième temps, un premier ajustement des entreprises et des chaînes de production aux nouvelles conditions d’exploitation a lieu, avec un passage rapide а des fournisseurs alternatifs.
Avec la mise en place d’approvisionnements auprès de fournisseurs étrangers alternatifs, le rôle des petites entreprises intermédiaires du commerce extérieur et des petites entreprises « navettes » va s’accroître.
Dans le même temps, il ne faut pas s’attendre а une forte augmentation de la production de produits de remplacement.

La troisième étape sera « l’industrialisation inversée » basée sur le développement de technologies moins avancées.
Il y aura une substitution partielle des importations des technologies et des productions, mais l’efficacité technique et économique de la technologie sera inférieure aux modèles actuels.
Dans le même temps, la part de l’industrie dans l’économie augmentera. Un effet secondaire du processus sera l’augmentation du nombre de personnes employées dans les secteurs qui utilisent des machines et de la technologie, du fait d’une productivité et d’une efficacité moindres des machines et des technologies.

Enfin, selon les analystes, lors de la dernière et quatrième étape, la restructuration sera achevée et un nouvel équilibre et développement seront atteints, mais sur une nouvelle base technologique moins avancée. Il y aura un retour progressif aux niveaux technologiques précédents.
Globalement, la part des industries de transformation et du secteur des services aux entreprises augmentera dans l’économie russe

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La dette extérieure de la Russie diminue :)

Au 1er avril 2022, la dette extérieure de la Russie s’élevait à 453,5 milliards de dollars, soit 5,5 % (26,5 milliards de dollars) de moins qu’au début de 2022.

Selon le rapport de la Banque centrale, au 1er janvier, la dette extérieure russe était de 480 milliards de dollars, soit 2,8 % (12,9 milliards de dollars) de plus qu’au premier janvier 2021.

Le volume de la dette extérieure correspond à 27,0 % du PIB contre 31,4% début 2021.

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La Banque centrale a indiqué où et dans quelles devises elle conserve ses réserves de changes

La Banque de Russie dans son rapport annuel a présenté la structure des réserves d’or et de devises russes au début de l’année 2022.

Répartition :
euros 33,9%
OR 21,5%
Yuans 17,1%
Dollar 10,9%
Livre sterling 6,2%
yen 5,9%
Dollar canadien 3,2 %
Dollar australien 1%
Dollar de Singapour 0,3 %

Distribution géographique:
Banque de Russie 21,5%
Chine 16,18%
Allemagne 15,7%
France 9,9%
Japon 9,3%
États-Unis 6,4 %
Royaume-Uni 5,1 %
Organisations interétatiques 4,3%
Canada 2,7 %
Autriche 2,5%.

Plus tôt, les autorités ont admis qu’à la suite des sanctions, environ la moitié de toutes les réserves de la Russie avaient été gelées.

Selon le rapport annuel de la Banque centrale, le volume des actifs de la Banque de Russie en devises et en or s’élevait à 612,9 milliards de dollars, dont 481,4 milliards de devises et 131,5 milliards d’or.

Simulation de l’impact des sanctions au 12/04/2022

Fin mars 2022 l’Institut VEB avait évalué l’impact potentiel des sanctions sur la Russie sur l’année 2022 en imaginant que :

  • Les revenus des Russes devraient diminuer de 12%.
  • Le taux de chômage en Russie augmentera à 6,2%.
  • L’inflation atteindrait 20%. 

De nouvelles prévisions sont apparues :

Selon la Banque Mondiale

Le PIB de la Russie devrait en 2022 se contracter de 11,2% en grande partie en raison d’une réduction de la demande intérieure, tandis que quelques 2,6 millions de personnes supplémentaires tomberont en dessous du seuil national de pauvreté.
Source

Selon le ministère des Finances et le ministère du Développement économique russe

Le PIB de la Russie devrait baisser de plus de 10 %, la baisse du PIB affectant les budgets de la Russie, les recettes budgétaires et la mise en œuvre des lois budgétaires adoptées par toutes les entités constitutives de la Fédération de Russie.
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A propos des entreprises étrangères de Russie qui quitteraient le marché pour raisons politiques

La situation ne semble pas s’améliorer pour les entreprises étrangères en Fédération de Russie qui decideraient d’accompagner la grande politique de sanctions du pays en se retirant pour des raisons purement politiques.

Le 4 mars, le vice-Premier ministre de la Fédération de Russie Beloousov a déclaré que la cessation complète des activités des entreprises étrangères en Fédération de Russie et le licenciement des employés constitue de fait une faillite volontaire et que l’État, dans ce cas, mettra en oeuvre la procédure de faillite.
Selon lui, dans le contexte des sanctions, le gouvernement voit désormais 3 options d’interaction avec les entreprises et les investisseurs étrangers :
Option 1 — l’entreprise poursuit ses activités à plein temps (dans le même temps, l’approvisionnement en matières premières, matériaux, composants nécessaires au processus de production est intégralement assuré, les obligations envers les employés sont remplies);
Option 2 — la société transfère temporairement une part de l’actif à gérer à des partenaires locaux et peut ensuite revenir;
Option 3 — l’entreprise quitte définitivement le marché.

Plus récemment, la Douma d’Etat vient de proposer de créer un registre des structures commerciales qui ont quitté le marché russe ou y ont suspendu leurs travaux. L’initiative a été présentée par le député, membre de la commission parlementaire sur la sécurité et la lutte contre la corruption Sultan Khamzaev.
En outre un nouveau statut devrait être défini pour ces entreprises : celui d’entités juridiques, marques ou propriétaires de marques non fiables,.
Enfin le parlementaire a proposé d’établir des taxes supplémentaires pour les entreprises étrangères qui décident de revenir sur le marché intérieur, taxes calculées à partir des bénéfices de l’entreprises. Ces taxes correspondraient à un dépôt d’assurance – garant de leur comportement émotionnel.

Enfin, un autre député du parti Russie Unie vient lui de demander une interdiction de 10 ans d’exercice des entreprises étrangères en Russie si elles si elles ne reprennent pas leurs activités avant le 1er mai de cette année.

Il est à noter qu’environ 350 entreprises étrangères auraient arrêté leur activité en Russie (au 10/03/202),ce qui concernerait quelques 200.000 emplois directs.

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Sources :
Bulletin du centre d’analyse de la CCI France Russie №4 du 4 mars 2022
Izvestia
RIA
Forbes
VC.RU
Kommersant

Nouveaux impôts sur les hauts salaires en Russie, quels résultats ?

Le Service fédéral des impôts DE Russie a révélé ce que les impôt sur le revenu des travailleurs les mieux rémunérés a apporté au budget fédéral.

Pour mémoire en 2021 a été introduit en Russie un nouveau palier fiscal introduisant un taux d’imposition de 15 % sur les revenus des Russes supérieurs à 5 millions de roubles par an, mais les 15% ne concernant que les revenus au delà de 5 millions.

Ce nouveau palier fiscal a été introduit en 2020 à l’initiative du président Vladimir Poutine, en raison de la nécessité de trouver une source permanente de financement pour le traitement des maladies rares chez les enfants ; les recettes fiscales sont versées à un fonds créé pour cette mission.

Ce palier fiscal a apporte au budget fédéral quelques 82,7 milliards de roubles soit 960 millions d’euros, soit 38% de plus que prévu initialement par le ministère des Finances, qui prévoyait de lever 60 milliards de roubles

Moscou a fourni plus de la moitié du montant et les taxes concernant des gens ayant un salaire d’au moins 416 700 roubles par mois, soit 4.902 euros au cours du jour de publication de cet article. Pour comparaison, il s’agit de 4 fois le salaire moyen moscovite.

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Le nombre de travailleurs indépendants en Russie atteint 4,2 millions

En octobre 2017 un nouveau statut professionnel a été créé en Russie, celui de travailleurs indépendants ou самозанятых.

Testé sur Moscou en 2018, puis étendu a toute la Russie en 2020, ce régime connaît un succès colossal en Russie et aujourd’hui quelques 4,2 millions de russes sont travailleurs indépendants soit un actif sur 20.

Ce statut s’obtient totalement en ligne via une application à télécharger qui ouvre au travailleur indépendant un compte personnel sur le site du Service fédéral des impôts.

Les travailleurs indépendants ne paient de l’impôt que pendant les mois où le citoyen a reçu de l’argent pour son travail.

L’émission de la facture, tout comme le paiement des impôts sont étalements fait via l’application, en ligne.

Il n’y a pas de limite de revenu mensuel, l’essentiel est de rester dans la limite annuelle de 2,4 millions de roubles soit 28.235 euros au cours du jour de ce article.

Le montant de la taxe est déterminé par qui a payé le service ou le produit.

4% – si l’argent provient d’une personne physique.
6% – si l’argent provient d’entrepreneurs individuels et de personnes morales.

42 % des travailleurs indépendants sont des femmes et 58 % sont des hommes.
L’âge moyen des travailleurs indépendants est de 35 ans.

Le ministère du Travail prévoit que d’ici 2024, leur nombre atteindra 5 à 6 millions de personnes.

Le Centre de recherche stratégique russe a calculé que les travailleurs indépendants ont en deux ans gagné 882 milliards de roubles soit 10,3 milliards d’euros.

La plus forte concentration de travailleurs indépendants est sur Moscou (10% des actifs de la ville avaient le statut de travailleur indépendant fin 2021) puis Saint-Pétersbourg, la République du Tatarstan et la région de Moscou.

Quid de la dette publique russe entre 2022 et 2024 et quelles tendances économiques en Russie ?

Le vérificateur de la Chambre des comptes Alexei Savatyugin a donne dans une interview récente les projections accompagnant le budget russe dans les prochaines années.

Selon le projet de budget fédéral pour les trois prochaines années, le volume de la dette publique russe pourrait atteindre 21,1 % du PIB en 2024.
– 17,7% du PIB en 2022
– 19,4% du PIB en 2023
– 20,3% du PIB en 2024

En valeur absolue la dette nationale en 2021 devrait atteindre 22.104 milliards de roubles, en 25.926 milliards de roubles en 2022, 28.765 milliards de roubles en 2023 et 31.940 milliards de roubles en 2024.

La part de la dette extérieure de l’État va diminuer ainsi que les prêts directs des gouvernements étrangers diminueront de manière significative mais la part des prêts des institutions financières internationales augmentera elle légèrement.

Il ne s’agira pas de prêts mondiaux d’institutions occidentales comme la Banque mondiale ou le FMI, mais d’organisations comme la nouvelle banque de développement ou la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures soit des institutions aux sein desquelles la Russie est non seulement membre actif mais surtout aux seins desquelles les risques de sanctions via les partenaires sont nulles.

En parallèle, les autorités russes annoncent vouloir lutter contre ce qu’ils appellent le “biais de gauche” qui se manifeste dans la majorité des économies mondiales avec des augmentations excessives des dépenses publiques et des endettements incontrôlés, tendance de fond que le ministère des finances russe qualifie de maladie infantile.