Author Archives: Alexandre Latsa

About Alexandre Latsa

This Frussian Diary called DISSONANCE deals with nowadays’ Russia, geopolitical topics, or other such as demography and migrations. I am #Frussian. Also co-wrote the book «Putin’s new Russia» (available in English and Russian), «Myths about Russia«, available only in Russian and «A Russian Spring» available in French. Please feel welcome to contact me by mail alexandre.latsa@gmail.com

Russie : vers un nouveau cadre juridique Covid?

J’ai déjà parlé du bouclier sanitaire que la Russie était en train de créer.

Le Covid19 continue de créer des remous en Russie.

L’ombudsman des droits de l’homme en Russie, Tatyana Moskalkova, estime que dans le contexte d’une pandémie telle que l’actuelle, de nouveaux auraient faient leur apparition dans la société et notamment un “cadre juridique Covid“.

Selon elle, cela imposerait de repenser afin de trouver un nouvel équilibre entre le besoin de restrictions et les droits de l’homme mais de comprendre que, dans certains cas, le droit collectif prime sur le droit individuel car l’objectif de mesures dictées par ce droit collectif viserait à sauver la vie et la santé humaines, mais aussi à sauver la vie et la santé de l’espace civilisationnel dans le monde.

Source

Développement en Russie de biopuces pour le diagnostic de COVID-19

Des chercheurs de l’Université Électrotechnique d’État de Saint-Pétersbourg mais aussi de l’institut épidémiologique Blokhina de Nijni Novgorod ont créé des biopuces qui permettront la détermination rapide de biomarqueurs de l’infarctus aigu, de la myocarde, du stress mais aussi de nombreux virus et notamment du coronavirus SARS-CoV-2 dont elle permettra le diagnostic en 5 à 10 minutes.

Le principe serait que s’il y a des virus dans l’échantillon, ils vont “s’attacher” aux peptides, et avec l’aide d’un appareil optique, on peut immédiatement voir leur éclat brillant et donc identifier leur présence.

Le virus pourra être trouvé dans les crachats, le sang, les bronches ou la salive.

Les biopuces sont apparues dans le paysage russe en 2007 lorsque le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a demandé au gouvernement d’organiser des fonds alloués au développement de la nano-industrie en affirmant que “C’est la direction de l’activité pour laquelle l’État n’épargnera aucun argent“.

Enfin l’institut de Nijni Novgorod Blokhina mène également des recherches pour créer un nouveau vaccin russe (le cinquième) assez novateur contre le Covid19 sous forme de gouttes nasales.

Bielorussie et Covid 19 : où en est-on ?

Certains lecteurs m’ont écrit pour me demander, du point de vue Covid19 et Vaccin ce qui se passait en Biélorussie.

Les autorités biélorusses ont adopté une gestion du Covid19 à la suédoise, en quelque sorte, et aujourd’hui la Biélorussie annonce que, sur une population de 9,5 millions d’habitants, le pays aurait au 02/08 quelque 447.000 cas et 3.472 morts.

Je reviendrais prochainement sur la démographie de la Biélorussie en 2020, sur la crise Biélorusse du Covid19 et la forte surmortalité du pays.

Loukachenko vient ausi d’annoncer que son pays devenait un Hub de vaccination pour 73 pays pour des sommes attractives : autour de 2 euros.

La Biélorussie se propose même de vacciner les Ukrainiens. qui souhaiteraient du SputnikV, un comble alors que la Biélorussie ne dispose pas encore de son vaccin (contrairement aux affirmations de son président) mais bénéficie du SputnikV russe qu’elle reçoit à prix d’amis (comme l’énergie), le pays ayant du reste été le premier à accréditer le SputnikV.

Loukachenko affirme que “pour l’instant, la vaccination obligatoire n’est pas nécessaire dans le pays mais la recommande pour les personnes âgées en affirmant que: “Nous devons protéger les personnes âgées. Je veux qu’elles comprennent cela. (…) Je vous demande juste de le faire. C’est un danger bien moindre (la vaccination), cent fois moins que de tomber malade “.

Russie : création d’un bouclier sanitaire

Le Covid19 a frappé la Russie fortement, mais la Russie a pris le sujet très au sérieux, nous y reviendrons.

La nécessité de créer un tel bouclier qui protégerait la Russie de la menace de nouvelles infections a été annoncée par le président Vladimir Poutine en avril dans son message à l’Assemblée fédérale. Parmi les composants de ce bouclier, il a nommé le développement accéléré de systèmes de test, de vaccins et de médicaments.

Dans ce cadre, le premier ministre russe Mikhail Michoustine a, au printemps dernier, annoncé la création d’un bouclier sanitaire dont la tâche principale devrait être de pouvoir affronter toute épidémie sans recours au confinement et sans perturbation de la vie ordinaire de la population.

MOSCOW, RUSSIA – JULYY 19, 2021: Russia’s Prime Minister Mikhail Mishustin attends a meeting of the Presidential Council for Strategic Development and National Projects via video link from the House of the Government. Dmitry Astakhov/POOL/TASS

30 milliards de roubles (350 millions d’euros) ont été alloués par le gouvernement afin que le projet soit en activité en 2024 jusque 2030 pour l’instant.

Le premier objectif est d’équiper 240 points de contrôle à travers la frontière de l’État avec des équipements spéciaux permettant un diagnostic express des maladies dangereuses ainsi que la création de 6 premiers laboratoires de diagnostic modernes pour étudier les nouveaux virus émergents ; s’ils sont identifiés, des systèmes de tests de diagnostic devront être produits en quatre jours, et de nouveaux vaccins en quatre mois.

Situation des vaccins étrangers en Russie

Un lecteur et commentateur a posé la question de l’accès aux vaccins étrangers en Russie, et de quelle est la situation actuelle sachant que des cliniques privées permettraient plausiblement déjà de se faire vacciner par des vaccins étrangers en Russie.

Aujourd’hui la situation en Russie est la suivante : tous les vaccins étrangers sont officiellement interdits puisque la Russie dispose de 4 formules vaccinales : le SputnikV, le Spoutnik Light, l’EpiVacCorona et le CoviVac.

La Russie qui exporte ses vaccins a bien entendu et en contrepartie reçu des demandes de laboratoires étrangers pour valider l’import de vaccins étrangers en Russie, visiblement pas de Pfizer, mais les autorités affirment que ce ne serait pas à l’ordre du jour.

Logiquement, pour pouvoir continue à exporter et maintenir un scénario victorieux et positif bien mérité, le Kremlin sera sans doute contraint à autoriser des vaccins étrangers en Russie, asiatiques d’abord puis occidental-européen lorsque le SputnikV sera acceptées en Europe, plausiblement à l’automne 2021.

Le ministère de la santé a par exemple commencé l’analyse du vaccin chinois CanSino biologics dont la production, « si » elle devait etre validée par le ministère de la santé en dernier recours, serait assurée par l’entreprise russe Petrovaks et vient aussi d’autoriser une première phase d’études de compatibilité entre le Sputnik Light et Astra Zeneca (les deux vaccins étant similaires car utilisant tous les deux des adénovirus) qui devrait commencer en mars 2022, le projet lui datant de 2020 et avait entrainé une forte chute du cours de bourse d’AstraZeneca.

Sur le plan politique, c’est la confusion, comme je l’ai expliqué sur ce blog, l’extrême gauche et les libéraux pro-occidentaux sont à la pointe de la lutte contre la Vaccination.

De façon peu surprenante, ce sont en effet les cadres du parti libéral pro-occidentaux de Iabloko qui ont fait une demande au Kremlin d’accepter les vaccins étrangers et occidentaux pour : « les citoyens qui ont des doutes sur les vaccins disponibles en Russie et car ces derniers devraient avoir le “droit” de choisir et une alternative ».

De leur côté, des élus d’extrême gauche, dont du KPRF, ont eux appellé à qualifier le Coronavirus d’agent étranger et même interdire son export, à faire grève contre le vaccin ou encore ont comparé le vaccin aux chars nazis allemands qui ont attaqué Moscou (SIC).

Dans cette Kasha bien locale, le leader du KPRF russe vient d’affirmer que la Russie serait en train de devenir fasciste, des affirmations fantaisistes qui sont les mêmes que celles qu’avaient émises Serguey Butman , l’éminent commentatur libéral, lors de notre dernier débat sur france24.

La gauche russe ressemble de plus en plus à la gauche francaise, et le parti communiste russe,au parti communiste francais.

Tout cela arrive dans les semaines précédant l’élection législative de septembre prochain, une élection qui ne devrait amener aucun bouleversement politique selon toute vraisemblance.  

Vaccination et partis politiques en Russie

L’institut LEVADA a publié un sondage sur la vaccination en Russie, montrant l’humeur des russes sur ce sujet.

– 41% des russes semblent craindre le coronavirus contre 57% qui semblent ne pas le craindre, ces chiffres sont stables depuis le début 2021.

– 54% des russes seraient toujours contre le fait de se faire vacciner, 19% l’auraient déjà fait et 25% seraient sur le point de le faire.

– Les classes d’âges qui souhaitent se faire vacciner sont :
Les 18 / 24 ans (27%)
Les 40 / 54 ans (27%)
Les > 55 ans (25%) tandis que 47% des > 55 ans refusent la vaccination, expliquant en partie la forte surmortalité russe (voir ici, iciici, ici, ici ou).
 Les 25 / 39 ans sont eux les plus hostiles à se faire vacciner.

– Les raisons pour lesquelles les gens ne souhaitent pas se faire vacciner en Russie sont majoritairement :
/ La peur d’effets secondaires (33%)
/ La volonté d’attendre la fin des essais cliniques (20%)
/ L’idée que le coronavirus ne mérite pas un vaccin (16%)
/ Car la personne a été malade (9% (!) , ce qui à l’échelle fédérale donnerait 13 millions de gens qui savent qu’ils ont été malades (sans compter les asymptomatiques) et non les 6 millions officiels 🙂 –> Relire mon calcul sur ce sujet qui permet de calculer logiquement que ce sont autour de 30 millions de russes qui ont eu le Covid19.
/ Existence de contres indications m édicales (8%).

– En outre, 52% des gens sondés opposés à la vaccination estiment que l’individu doit pouvoir choisi et 41% des gens sondés semblent prêts à ne se faire vacciner à aucun prix.

– Les classes d’âges les plus hostiles à se faire vacciner sont :
Les 25 / 39 ans (65%)
Les 18 / 24 ans (60%)
Les 40 / 54 ans (50%)
Les > 55 ans (47%)

Contrairement à ce que l’on peut lire dans la presse francaise, l’électorat Poutine est le plus favorable au vaccin puisque chez les supporters du président Vladimir Poutine, 50% des sondés soutiennent la vaccination et 47% ne la soutiennent pas.
Chez les opposants au président Poutine par contre, 79% ne soutiennent pas la vaccination et 18% la soutiennent.

Ce que l’on peut en pré-conclure :

– Du coronavirus meurent donc plus d’opposants au système Poutine, par manque de confiance dans le vaccin des autorités russes etdonc du “vaccin de Poutine”, que des soutiens du président Poutine qui sont plus favorables au SputnikV.

– Les jeunes russes sont scindés entre une opposition aux autorités et au « vaccin de Poutine » et une tendance qui pousse à la vaccination que ce soit chez certains libéraux ou majoritairement au sein du Bloc conservateur Russie Unie / LDPR.

– Les partis politiques qui s’opposent le plus a la vaccination au SputnikV sont les communistes et les libéraux qui ont demandé l’introduction en Russie de vaccins étrangers.

NB : si les communistes sont les plus en pointe de la lutte contre la vaccination obligatoire en Russie , ce sont les libéraux qui, par manque de confiance dans le “SputnikV du Kremlinsouhaitent l’importation de vaccins étrangers en Russie et en ont fait la demande aux autorités russes.

Plainte de la Russie auprès de la CEDH contre l’Ukraine

La Russie a déposé une plainte interétatique auprès de la CEDH contre l’Ukraine pour la première fois de son histoire.

La Russie accuse l’Ukraine :

  • de la mort de civils lors de l’Euromaïdan en 2014 ;
  • de la suppression de la liberté d’expression ;
  • de priver les habitants du Donbass de la possibilité de participer aux élections aux autorités centrales ;
  • dans le crash de l’avion MH17 en 2014 ;
  • dans une attaque contre les missions diplomatiques de la Russie ;
  • dediscrimination à l’encontre de la population russophone, déplacement de la langue russe de la sphère publique ;
  • dans le blocus de l’eau de Crimée

Réflexions et pronostics sur les élections législatives de septembre 2021

Les élections législatives de septembre 2021 en Russie verront le renouvellement de 450 sièges.
– 225 sièges sont ainsi pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. Les électeurs votent pour un candidat dans leur circonscription, et le candidat arrivé en tête est déclaré élu.
– Les 225 sièges restants sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes fermées et seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription nationale.

Bien qu’il soit de plus en plus fréquent d’entendre dans un certain segment de la sphère politique francaise qui analyse la Russie, qu’à cause du confinement d’il y 15 mois, des mesures de restrictions dues au Covid19, ou de la vaccination obligatoire, Russie-Unie serait voué à « prendre une tôle » ou même « perdre les élections », la situation réelle semble être bien différente.

1/ Le centre de conjoncture politique est le seul institut à publier régulièrement des sondages qui depuis plusieurs semaines donnent une idée de ce qui devrait sortir des élections de septembre prochain en se basant sur les données du centre FOM concernant 225 premiers mandats sur 450.

Selon ces prévisions :
– Russie Unie obtiendrait 31% d’intention de vote, 114 députés et 50,75% des voix
– Le Parti Communiste obtiendrait 12% d’intention de vote, 44 députés et 19,50% des voix
– Le LDPR obtiendrait 11% d’intention de vote, 41 députés et 18,20% des voix
– Russie Juste obtiendrait 6% d’intention de vote, 26 députés et 11,55% des voix
– Les autres partis obtiendraient 8% des voix.

2/ Selon le centre Wtsiom 28% des gens interrogés voteraient pour Russie Unie, 11% pour le KPRF et le LDPR et 6% pour Russie Juste, les autres partis obtiendraient 12%.
Parmi les gens qui sont certains d’aller voter : 40 % voteraient pour Russie unie, 14 % pour le Parti communiste de la Fédération de Russie, 11 % pour le Parti libéral-démocrate et 10 % pour le parti Russie Juste – Patriotes – Pour la vérité”.   

Comment l’expliquer ?

Les raisons sont nombreuses.

– Certes l’image de Russie-unie est écornée, mais pas les visages de la gouvernance russe ni de Russie Unie.

Si l’on regarde la popularité des figures politiques Vladimir Poutine caracole en tête avec 62,3% d’opinion favorable, devant le premier ministre Michail Michoustine (46,3%), Vladimir Jirinovski du LDPR (30,1%), Guennadi Ziouganov du KRPF (27,2%) et Serguei Mironov de Russie Juste avec 24%.

Dans le sondage demandant aux gens : « en quels politiciens avez-vous confiance » ? Vladimir Poutine est en tête suivi par les deux têtes de listes de Russie Unie Serguei Shoigu et Serguei Lavrov, puis Michail Michoustine et Vladimir Jirinovski.

– L’opposition politique et de gouvernance, peu importe son degré de Kremlin-compatibilité subit elle aussi une usure du temps et son incapacité à prendre le pouvoir et gouverner la neutraliste de facto, tout comme c’est le cas du reste pour l’opposition de non gouvernance.

– Les russes sont toujours globalement plutôt certains que les choses vont dans le bon sens, même si la situation économique surtout en province est bien moins réjouissante qu’attendu et que le Kremlin n’attendait. La volonté de stabilité prime encore sur la tentation d’une modification en profondeur incertaine, surtout en Russie profonde qui reste très majoritaire électoralement.

– Les classes d’âges jouent énormément, 25% de la population russe est retraitée, les gens > 40 ans sont 50% de la population et ce sont eux qui vont le plus massivement voter, sans doute de facon plutôt conservatrice et donc constitueront le socle de Russie Unie.

– On peut même dire clairement, et l’affaire Navalny l’a parfaitement montré (voir ici, ici et là) que l’humeur des russes n’est pas/peu à la contestation et qu’ils sont sans illusions sur la chute du Kremlin, ce qu’ils ne souhaitent du reste majoritairement pas.

– Russie-Unie peut théoriquement gouverner 5 ans avec l’appui du LDPR de Vladimir Jirinovski, en créant un grand front Centro-patriotique majoritaire à la Douma et ainsi totalement neutraliser les deux grands partis de gauche que sont le parti communiste et Russie-juste.

– Enfin la complexité du monde de scrutin, mais surtout polit-technologie et la ressource administrative sont suffisamment au point pour s’assurer que Russie-unie ne gagne ses élections, et la Russie semble donc se diriger vers les scénarios 1 ou 2 tels qu’annoncés ici, à titre personnel je penche pour le scénario 2 avec l’entrée à la Douma de Gens Nouveaux ou du parti des pensionnaires.

Les élections législatives à venir ne devraient pas voir de grandes surprises et la machine politique qui dirige la Russie depuis 2000 continuera à la diriger après septembre 2021 et Russie unie vraisemblablement devrait obtenir entre 275 et 300 sièges sur les 450 de la Douma.

Navalny, le Kremlin et le Poutinisme

Le centre Levada a publié un sondage intéressant qui montre ou en est l’image d’Alexeï Navalny au sein de la société russe.

– Alors qu’en septembre 2020, ce sont 20% des russes sondés qui approuvaient son action et 50% qui la désapprouvaient, près d’un an plus tard, ce sont 14% qui approuvent son action et 62% qui la désapprouvent.

Au sein des 18/24 ans : 24% approuvent et 59% désapprouvent.
Au sein des 25/39 ans : 22% approuvent et 51% désapprouvent.
Au sein des 40/54 ans : 11% approuvent et 69% désapprouvent.
Au sein des > 55 ans : 8% approuvent et 67% désapprouvent.

Chez les partisans de Vladimir Poutine 6% des sondés seulement approuvent son action.

– La qualification de l’organisation d’Alexeï Navalny en organisation extrémiste est soutenue par 32% des russes, 27% sont contre, 38% n’ont pas d’opinion, le reste ne sait pas répondre.

Au sein des 18/24 ans : 20% approuvent et 33% désapprouvent, 44% n’ont pas d’opinion.
Au sein des 25/39 ans : 19% approuvent et 32% désapprouvent, 46% n’ont pas d’opinion.
Au sein des 40/54 ans : 32% approuvent et 24% désapprouvent, 39% n’ont pas d’opinion.
Au sein des > 55 ans : 45% approuvent et 23% désapprouvent, 29% n’ont pas d’opinion.

Que peut-on en déduire ?

Les « jeunes », le corps sociologique actif des révolutions de couleurs soit les gens entre 16 et 25 ans sont en Russie peu nombreux ; au sein de segment 59% des sondés désapprouvent l’action d’Alexeï Navalny, on est loin d’une révolution de couleur qui était, selon certains #zanalystes, inévitable en cas de retour d’Alexeï Navalny en Russie 😊 (pour info relire ceci).

Ce n’est pas une surprise pour qui s’intéresse un minimum à l’opinion publique russe.

Si 26% des russes ont vu son film sur le soi-disant palace de Poutine, 77% affirment que cela n’a pas changé leur attitude envers Poutine, 17% seulement pense que le contenu est vrai.

Début 2021, un sondage toujours de Levada montrait que 22% des sondés avaient une opinion positive des manifestations pro-Navalny à Moscou contre 47% d’opinion favorables pour les manifestations de Khabarovsk.

Ce n’est pas propre à Navalny.

En 2018 seulement 3% des russes croyaient par exemple que ce sont leurs services qui avait empoisonné les Skripal, 5% que la DNR ou la Russie était la cause de la chute du MH17 contre 46% qui pensent que la responsabilité est sur le régime Ukrainien.

Les russes croient peu aux scénarios occidentaux sur la Russie et quelque part Navalny ne les mets pas en confiance.

Pourquoi ?

Les manifestations de 2021 si elles sont une sorte de continuité de celles d’il y a 10 ans (2011-2012) ne sont pas animées des mêmes sentiments / émotions. A l’époque, les manifestations de 2011 et la brève tentative de révolution des neiges (mes photos ici) étaient animées par une honnête et naïve croyance que quelque chose allait changer. Les manifestants étaient les premiers surpris du nombre de gens dans la rue, de l’absence totale de répression et ils ont sans doute eu le sentiment que c’était leur heure et le début de quelque chose de confus se matérialisant en premier lieu par « la Russie sans Poutine » tout comme leurs parents juste 20 ans plus tôt étaient descendus dans la rue pour une « Russie sans communisme ».

10 ans plus tard, cette opposition est toujours plus sans leaders, sans relis politiques, sans accès a la gouvernance, et surtout, le visage et symbole qui a émergé de cette séquence est en prison, sans que cela n’intéresse ni ne choque grand monde.

 L’humeur n’est plus au changement de régime, mais au découragement et aux manifestations désabusées et sans espoirs.

Le kremlin depuis 10 ans s’est avéré bien plus puissant que prévu et apparait de plus en plus comme une citadelle imprenable pour l’opposition intérieure, une opposition toujours aussi désunie qu’il y a 10 ans, sans programme et sans leaders, et donc structurellement peu a même de proposer une alternative crédible visant à rassembler les masses.

Tout comme la sortie du communisme s’est fait par le Kremlin, la sortie de la Russie de Poutine se fera du Kremlin, mais il n’est pas certain que cela se traduise par une sortie du Poutinisme.