Cyber-guerres

Le président Russe, Dimitri Anatolievitch à toujours affirmé et mis en avant son attrait pour les nouvelles technologies, internet en tête. Ayant son propre blog depuis 2008 (duquel il communique avec des dizaines de milliers de Blogueurs), son propre compte Twitter (depuis sa visite de juin 2010 à la silicon-vallée), le président Russe est bien en phase avec une population très net-orientée. 

La spécialiste Marie Mendras affirmait récemment que “internet en Russie est relativement libre” et constitue un réel contre-pouvoir, par ailleurs parfois très critique des autorités.  Cette course en avant que le président Russe impose en permanence a son pays n’est pas du tout un hasard, elle est une des variantes du système de défense globale qu’un pays commela Russie se soit de posséder, afin de pouvoir faire face à d’éventuelles agressions ou être entendu surla Cyber-scène mondiale, mais également pouvoir se défendre en cas de cyber-attaque.

Occident, Monde, Russie – Bataille sur les grands écrans  

Dès la première guerre mondiale, alors que l’Amérique qui a pris militairement la maitrise des mers (à l’angleterre) s’apprête à prendre militairement la maitrise des terres (continent), certains stratèges comprennent bien qu’un Hollywood devient une arme essentielle pour promouvoir le pouvoir politique des États-Unis comme première puissance mondiale à travers le monde, en vendant “l’american way of life” et en désignant des ennemis mi-imaginaires, mi réels. Dans les années 80, la ligne conductrice de Hollywood est la lutte contre l’URSS, de nombreux films mettent en affrontement l’Amérique contre des complots Soviétiques visant à renverser l’ordre mondial. L’ennemi communiste est longtemps resté vivace qu’il soit Russe, Chinois ou Coréen. Exemples parmi d’autres, les « Rambos » bien sur (ou le soldat Américain aide les Moujahidins Afghans contre l’occupant Soviétique), mais également le film “Top Gun” que l’armée de l’US Air Force est allé jusqu’à co-financer, afin de promouvoir le statut de pilote de l’air de l’US Army. Pinewood (basé à Londres) s’illustrera également dans cette promotion d’une vision Occidentale anti Soviétique via la série des James bond, dans lequel l’ennemi est de façon permanente “de l’est” et cela pourtant bien après la chute du mur. Cette catégorisation d’un ennemi par le cinéma s’est poursuivi dans les années 90 ou beaucoup de films sont sortis dans lesquels les Serbes sont montrés comme un peuple cruel et sanguinaire, et cela même dans des films qui ne sont en aucune manière liés à la politique. Le film « Extreme Ops » de 2002 en est un exemple tout comme le film « Behind Enemy Lines » de 2001.      Certes le cinéma Soviétique durant la même époque n’est pas en reste :  le célèbre Sergueï Eisenstein avec son « Alexandre Nevsky » et surtout « Le cuirassé Potemkine », mais aussi « la jeunesse de Pierre le Grand », « Lénine à Paris », « Boris Godounov » ou encore « la bataille de Moscou » qui sont de réels chefs d’oeuvres, trop souvent méconnus du grand public Européen. Toutefois à la chute du mur, l’URSS est considérée comme perdante. Et la machine Occidentale submerge l’ancien monde Soviétique de “sa” vision du monde, de ses films et de ses Mac-Donalds.     Cette bataille du cinéma, lancée par l’Amérique a rapidement trouvé réponse en Russie, avec la prise de pouvoir de Vladimir Poutine (1999), qui a insufflé au cinéma Russe le répondant nécessaire. L’accession de Nikita Mikhalkov au statut de président de la société Russe de cinématographie (2000) est une des cartes maitresses de ce renouveau national et cinématographique. Dans les années 2000, de nombreux films sortent, mettant en valeur divers éléments qui seront constitutifs de la nouvelle identité Russe, exsangue suite à la terrible décennie Eltsine :  les idées de patrie et de patriotisme, une dénonciation de l’idée  d’un Occident paradis, et enfin un retour sur les guerres historiques de la Russie, fut ce t-elle contre l’Occident. On peut citer des films comme La neuvième compagnie,  Le Prince VladimirBrat 2Un nouveau Russe1612Taras Bulba ou encore Admiral ..    Enfin, il faut noter que de nombreuses et très complètes séries historiques sont sorties pour ré-éduquer la population en lui rappelant son histoire. En 2009, dans le document “stratégie pour 2020”, la culture est d’ailleurs définie par le pouvoir Russe comme un élément de la sécurité nationale.    

Russie – Ré-information et communication  

Entre l’effondrement de l’URSS et la décennie Eltsine,la Russie s’est forgée une image terriblement négative à l’étranger. Implosion de l’état, émergence des mafias, guerres dans le Caucase, explosion des inégalités sociales et de la pauvreté, effondrement démographique (depuis maitrisé) ont contribué à dresser un portrait très « noir » de ce grand pays.     Le premier quinquennat de Vladimir Poutine (2000-2004) lui permettra de restaurer l’état et son image à l’intérieur de ses frontières. La Russie prend dès lors conscience de la nécessaire correction de l’’image qu’elle véhicule, et qui lui est faite de l’étranger.   Son second mandat (2004-2008) lui permettra notamment de travailler à la restauration de l’image dela Russie en dehors de ses frontières.     En décembre 2005,  l’agence de presse gouvernementale russe RIA Novosti lançait sa chaîne anglophone destinée à devenir une sorte de CNN russe.  Dotée d’un budget conséquent, Russia Today est un projet personnel du Président Poutine. Le but avoué de cette chaîne, où travaillent plus de 500 personnes, est d’améliorer l’image de la Russie, souvent caricaturée dans les médias occidentaux. Elle émet tout d’abord en anglais, puis en arabe à partir de 2007 et en espagnol depuis décembre 2009.  Le contenu des émissions montre l’agressivité de RT qui envisage de devenir un média mondial, et une réelle arme de communication massive. RT est en outre le seul organe de presse officiel à traiter de certains sujet très sensible, que ce soit par exemple le 11 septembre ou les traffics d’organe au Kosovo. Elle joue en outre sur le politiquement incorrect : a la fin de l’année 2009, la campagne de publicité de RT, diffusée dans les aéroports anglais et américains, est placée sous le signe de la provocation, mettant sur un pied d’égalité les Présidents Armaninedjad et Obama face à l’arme nucléaire. Cette campagne a d’ailleurs été censurée aux Etats-Unis – sans doute le but recherché.  

La bataille pour Tsinvali : télévision et guerre de l’image  

Aujourd’hui le développement des nouvelles technologies a créé de nouvelles zones de tensions et donc d’affrontements. Internet et les Cyber-médias sont devenus un théâtre d’opération soumis à une guerre totale de l’image et de la communication.   En 2008, l’armée Géorgienne attaque militairement les zones séparatistes d’Ossétie et d’Abkhazie, ouvrant le feu sur des populations civiles et des casques bleus Russes sous mandat de l’ONU. Cette attaque militaire est lancée en parallèle d’une immense campagne de communication Russophobe, destinée à présenter la Russie comme l’agresseur.  Il faudra des efforts surhumains de communication à une coalition hétéroclite de spécialistes, de médias militants et même de simples bloggeurs très actifs pour qu’une autre vision soit « un peu » entendue dans le flux médiatique des « médias conventionnels » (mainstream). Seul le quotidien Allemand « Der Spiegel » avait dès la fin du mois d’août écrit que les responsabilités étaient du côté de l’état Géorgien. Pourtant pour beaucoup, l’agression a été préparée et structurée de longue date, dans le but de déstabiliser la Russie. Il faudra attendre 18 mois pour que le rapport Heidi de l’Union Européenne affirme que : “ c’est bien la Géorgie qui a déclenché la guerre dans la nuit du 7 au 8 août 2008 “.   Pour autant le mal est fait : pour une grosse partie de l’opinion publique, la Russie est l’agresseur, et la petite Géorgie la victime. Cette guerre a démontré un retour à un niveau de propagande atteint uniquement contre les Serbes dans les années 90. Mais en 2010, ce sont bien des « images », via les nouvelles technologies qui permettent à cette propagande d’exister. De fausses zones seront photographiés,  des mises en scène grotesques (les planches sont encore sur Reuters ici et la), de faux témoignages comme celui de Bernard Henri Lévy publié dans les principaux journaux Francais… La manipulation des images et la pression pour attribuer les responsabilités à la Russie sera telle que de nombreux médias continuent 2 ans après les évènements d’accuser la Russie d’avoir déclenché les hostilités.  Une synthèse intéressante de ces médias mensonges peut être trouvée sur l’excellent site Vivre en Russie 1fr1.     Clairement, la Russie a remporté une victoire militaire mais perdu la bataille de la communication. Consciente de cette défaite d’image, 6 mois plus tard, sort sur les écrans Russes Olympus Inferno : un film extrêment bien réalisé qui retranscrit ces évenements tragiques en insistant sur le rôle de soutien étrangers, notamment Américains.   La réponse ne se fait pas attendre, un projet de film Américain est lancé, qui retrace les quelques jours de la guerre en Géorgie, du “point de vue Américain”, le film vient d’être tourné à Tbilissi, par la “midnigh sun production”.       Enfin “devrait” prochainement ouvrir une chaine de télévision nommée “Pervy Kavkazky” (Caucase première), financée en partie par Boris Berezovski (opposant en exil de la première heure à Vladimir Poutine et à l’qctuel pouvoir Russe) et co-dirigée par Gia Chantouria, un proche du ministre de l’intérieur Géorgien Vano Merabichvili. La chaine (inspirée de Al-Jazeera) aurait pour objectif d’être fortement  « Occidentale », et de jouer sur les solidarités Caucasiennes contre l’influence Russe dans la région. Néanmoins, la diffusion est pour l’instant bloquée par le principal opérateur satellite Régional, Eutelsat, qui à choisi de rompre  avec la télévision Géorgienne, et cela afin de ne pas avoir à diffuser “Pervy Kavkazky“.     Il est intéressant de noter que Eutelsat (dirigé par Michel de Rosen, réputé proche du premier ministre Français François Fillon), a par contre conclu un accord in extremis avec Interspoutnik, pour diffuser, via son satellite W7, les chaînes de la branche médias de Gazprom, qui aurait racheté quatorze canaux pour toute la durée de vie du satellite pour la bagatelle de 100 millions $, s’assurant ainsi le monopole de l’information en langue russe dans le Caucase et l’Asie centrale pendant quinze ans. Pour la petite histoire, c’est par le biais de la petite agence de communication NoE Com que la Géorgie est parvenue à alerter les médias européens sur la soit disant « censure » de la chaîne Pervy Kavkazky par Eutelsat. NoE com est proche du fils du philosophe André Glucksmann, Raphaël Glucksmann, également conseiller du président Mikheïl Saakachvili. Tbilissi a signé avec NoE Com peu après avoir rompu avec ses précédents conseillers d’Euro RSCG, qui assurent la communication autour de l’année croisée France-Russie.   

2007-2010, cyber conflits : Talinn – Tsinvali – Chisinau – Téhéran    

Ce n’est pas la première fois que la Russie fait parler les lignes de codes an lieu de la poudre à canon. Lorsqu’en avril 2007 les autorités Estoniennes décidèrent de déplacer le “soldat de bronze“, de violents affrontements de rue éclatèrent entre patriotes Estoniens et Russes, puis l’Estonie sera soumise à une réelle attaque informatique de très haute intensité, que beaucoup de commentateurs ont attribué à des groupes de “Hackers Patriotes Russes”. Le niveau de cette attaque paralysera même provisoirement l’internet Estonien.      Un an après la guerre en Géorgie, une attaque informatique massive perturbe Twitter, Facebook et Live-Journal, attaque qui sera attribuée à la Russie pour les “un an” de la guerre, puisque un Blogger était visiblement visé, et que des messages favorables à l’indépendance de l’Abkhazie étaient lisibles via l’attaque. Néanmoins, comme le précise le spécialiste en nouvelles technologies Yannick Harrel : ” tracer l’origine exacte d’une cyber-attaque est quasi-impossible pour peu que l’auteur est agi avec un minimum de professionnalisme“.     Cet intérêt pour la Russie vers les réseaux sociaux (qui sont une réelle arme d’information / désinformation) est du aux cyber-évènements de 2009, en Moldavie et en Iran. Pour protester contre la victoire des Communistes aux élections législatives de avril 2009, des milliers de jeunes se sont rassemblés et ont protesté violemment, via des ONGs “humanitaires” et “démocratiques”. Si le modus operandi est très similaire de celui des révolutions de couleur qui ont frappé la Serbie en 2001, la Géorgie en 2003 et l’Ukraine en 2005, on a cette fois parlé de “révolution Twitter” tant le réseau Américain de communication en était devenu le centre névralgique. L’instantanéité des publications et des appels à manifestations ont fait que Twitter est devenu pendant quelques semaines la source d’activité principale mais également d’information des journalistes du monde entier. Le pouvoir a été je le précise contraint de couper Internet et le téléphone pour que les Twitter-troubles se calment. Plus tard, il sera prouvé que moins d’une centaine d’activistes Twitter seulement était derrière cette révolution Moldave, activistes qui se sont mystérieusement retirés de Twitter après les évènements, soi disant par crainte de représailles.      En juillet de la même année, en Iran, des cyber-actions similaires, furent déclenchés en signe de “résistance” aux résultats des élections et entrainèrent les incidents et manifestations diverses. De nombreux sites gouvernementaux furent attaqués et piratés. Facebook, Twitter devinrent les principaux canaux de résistance et de critique au pouvoir en place, et la encore des cyber-activistes (bénévole ?) envoyèrent informations et photos par milliers en ligne, aux yeux d’une opinion mondiale et journalistique ne pouvant que difficilement vérifier ces sources. Comme en Moldavie, le pouvoir fit couper l’accès à internet et au téléphone, ce qui le desservit tout autant que les contestataires. Néanmoins le “mal” était fait, l’archivage automatique d’internet et l’accès à l’information sans pouvoir en vérifier la véracité est désormais possible pour le plus grand nombre.     Ces deux « évènements » ont pu avoir lieu, grâce à deux armes principales : des téléphones portables et une connexion internet.     En Iran l’Amérique est intervenue de façon assez claire puisque l’un des conseillers du nouveau département d’état,  Jared Cohen a organisé un sommet Alliance of Youth Movements à New York – sponsorisé par Facebook et HowCast, appuyé par la Voix de l’Amérique et l’Electronic Frontier Foundation – afin d’assister les jeunes activistes d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie dans leur usage des médias sociaux. Ce sommet aboutit à la création d’une plate-forme en ligne dédiée au cyberactivisme et à la cyberdissidence… Au nez et à la barbe de la répression gouvernementale grâce à un tutorial vidéo anti-censure disponible en page d’accueil. Au matin du 15 juin 2009, Jared Cohen émit par téléphone et par e-mail une requête apparemment anodine auprès de Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter : retarder la prochaine opération de maintenance et mise à jour de la fameuse plate-forme de microblogging afin que les contestataires iraniens « twittent » sans interruption. Dorsey accepta sans rechigner et reporta cette opération de deux jours*.   Charles Bwele a parfaitement résumé la situation :  En arrière-plan, l’administration Obama intègre peu à peu la cyberstratégie dans sa politique étrangère.

La Russie, au coeur du cyber-conflit.    

La Russie n’a certes pas attendu la milieu des années 2000 pour se doter d’une cyber-force. Dès la fin des années 90, la Russie devient le centre des “hackers” et autres voyouseries du net. Méfaits internets, vols par cyber-effractions, Hacking violents, pirates de l’est … Ces termes ont collé à l’image de la Russie durant une décennie, autant que le mot Vodka ou grandes blondes. Depuis 2000 les délits informatiques sont en augmentation constante : 3000 en 2001, 6000 en 2002, 12000 en 2003, 15000 en 2004 .. En 2008, 8000 poursuites ont été engagées. Cette année (2010) le représentant de la Russie à l’ONU a appelé à la création d’une convention internationale pour la lutte contre le cyber crime sous égide de l’ONU.     La reprise en main de 1999 entraina la création d’une division cybersécuritaire du FSB chargée de concevoir une stratégie cybersécuritaire et une doctrine cyberguerrière en collaboration étroite avec l’armée russe. En 2001, le Général Vladislav Sherstyuk, membre du Conseil de Sécurité russe, déclara au sous-comité infosécuritaire de la Douma que « la nouvelle ère de l’information provoquera la prochaine spirale de la course aux armements. Contrairement aux armes nucléaires stratégiques, le développement de capacités de frappe cybernétique nécéssitera des compétences s’étendant au-delà de la sphère militaire ».       La Russie a notamment lancé en 2000 (en commun avec la BiéloRussie) le projet SKIF, soit la création d’un supercalculateur capable de traiter de 0,5 à 5 pétaflops. 1 Téraflop c’est à dire mille millards d’opérations en virgule flottante. Soit 166 666 fois plus d’opérations que tous les êtres humains de la Terre réunis capables de trouver le résultat de l’opération sans dépasser une seconde de réflexion. Le projet SKIF / СКИФ a été décidé pour doter les centres de recherche civils et militaires de superordinateurs capable de concurrencer puis dépasser à terme leurs homologues occidentaux qui viennent cependant avec l’IBM Roadrunner de dépasser le pétaflop (1 million de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde) l’an dernier.      Les autorités Russes comme Biélorusses conscientes de leur distanciation dans le domaine de l’informatique saisirent rapidement toute l’importance d’une autonomie dans ce domaine : la disposition d’un réel réservoir d’ingénieurs de qualité, fruit de la tradition d’enseignement scientifique soviétique, facilita la mise en route du projet qui nécessita ensuite coordination et injection de fonds par les deux Etats.      Cette cyber-agitation croît donc au rythme de développement tentaculaire des réseaux sociaux qui sont doucement en train de devenir des “points cardinaux” de l’information et de la communication des états. Comme l’a écrit Y.Harrel : “la Cyber-génération prendra le pouvoir“.  Il a fallu 38 années à la radio pour atteindre une audience de cinquante millions d’auditeurs, la téléphonie mobile a conquis plus de 3 milliards d’abonnés en 15 ans et les réseaux sociaux (Facebook, MySpace, LinkedIn, etc) ont engrangé plus de 350 millions d’inscrits en quatre ans.    En 2008, plus de 43 milliards de SMS furent échangés.  En 2012, plus de cinq milliards d’individus disposeront d’un téléphone mobile, même les plus démunis auront accès à cette technologie grâce à l’incontournable bienveillance de la microfinance en matières d’information et de communication*.      Comme dans l’énergie, l’état Russe, devenu plus prospère a pu mettre en oeuvre ses ambitions géostratégiques, et lancer des acquisitions significatives.  Digital Sky Technologies une société d’investissement Russe proche du Kremlin a pris des parts importantes dans le gigantesque réseau social Russe Vkontakte (équivalent de Facebook en Russie) , le réseau Balte Forticom et son équivalent Polonais Nasa Klassa. Enfin en mai 2009 (après les évènements en Moldavie ?) le groupe a acquis 2% de Facebook pour une valeur de 200 millions de dollars. En avril 2010, DST acquiert la messagerie instantanée ICQ,  racheté à son propriétaire du moment AOL. La même année, le géant du net Chinois, Tencent, a acquis 10% de DST, partageant donc ses parts avec Goldman Sachs ou encore l’oligarque Russe Alicher Usmanov, par ailleurs propriétaire de l’influent journal Kommersant.     Juste un petit mot sur la “presse”, on peut citer les rachats récents de France-soir en2009 par le richissime Alexandre Pougatchev, le rachat de The Independant en 2010 par Alexandre Lebedev et l’offre de rachat du monde cette année également par Gleb Fetissov.Un dernier mot, en 2011, les Russes entendent créer leur “propre” système d’exploitation informatique, qui devrait être fonctionnel dès 2013.  

Le Kremlin à la pointe de la Cyber-communication    

Les autorités Russes l’ont bien compris, la cyber-présence sur le net est essentielle pour entrer dans le 21ième siècle.      

Le blog du président Russe (ouvert sur la plateforme Live Journal qui est plus populaire en Russie que Twitter aux Etats-Unis) étant l’un des plus lus du pays.  Exemple parlant : en mai 2010 le lendemain du jour de la Victoire de la Seconde guerre mondiale, un commentaire sur son blog informait le président que le monument était en restauration depuis 6 mois, et que les vétérans ont du déposer des fleurs autour d’une palissade aveugle. Quelques jours plus tard, Medvedev publie en ligne un document rédigé de sa main : « A l’attention de A. Tkatchev [gouverneur de la région de Krasnodar, NDLR]. Réglez ce problème. Trouvez les responsables. Faites un rapport sous trois jours ».      Le ministère de la Communication Russe serait prêt à investir 5 millions de roubles [plus de 110 000 euros] dans « l’étude des principales possibilités de promouvoir les intérêts des organes fédéraux de pouvoir par le biais des réseaux sociaux spécialisés ». Un appel d’offres a même été lancé en septembre par les autorités. En clair, il s’agit de rechercher, parmi les sites Internet russophones et les réseaux sociaux spécialisés, et de trouver le moyen de s’en servir pour promouvoir les intérêts du pouvoir exécutif. Cela implique aussi d’étudier les expériences et initiatives des Etats et des entreprises ailleurs dans le monde. Un responsable du ministère explique que, techniquement, cela passerait par la conception d’un programme capable de repérer, dans les blogs et les réseaux sociaux, des idées originales et utiles.     Pour Anton Nossik, un blogueur connu, rédacteur en chef de bfm.ru [portail d’informations économiques], l’objectif est clair, sensé et accessible. Il évoque l’Américain Dane Carlson, le patron de business-opportunities.biz, qui s’est rendu célèbre en publiant tous les jours sur son site des idées géniales pour le monde des affaires piochées sur Internet. Pour Anton Nossik, les hauts fonctionnaires russes peuvent réaliser la même chose au profit des grandes causes nationales au lieu des petites entreprises.     On assiste à un changement d’attitude, car jusqu’à présent, le pouvoir ne voyait dans la blogosphère qu’un champ de propagande pour ses propres idées. Ainsi, en 2007, Vladimir Tchourov, président de la Commission électorale centrale, avait-il rencontré des blogueurs afin de leur proposer de faire de la publicité électorale. De même, Sergueï Mironov, le président du Conseil de la Fédération [le Sénat russe] avait invité des membres influents de la communauté Internet. Récemment encore, le roi du blog russe, Roustem Adagamov, alias Drougoï, directeur des blogs chez SUP Fabrik [propriétaire de LiveJournal] a été convié par la société hydroélectrique Rousguidro à venir en Sibérie sur le site de la centrale de Saïano-Chouchenskoïé, gravement endommagée lors d’un accident survenu à la mi-août 2009, qui avait fait 75 morts. Celui ci est régulièrement invité à se joindre aux déplacements présidentiels dans les voyages de presse à travers le pays.  

Encore plus fort, dans un pays ou Google ne perce toujours pas (à la traine derrière son concurrent Russe, Yandex), l’état Russe à proposé de développer un moteur de recherche qui bannirait tout simplement l’accès à des informations jugés “inopportunes“, par exemple les liens ou informations touchant à la pornographie, la drogue ou le terrorisme.

La cyber guerre dans le monde    

Evidemment, la Russie n’est pas le seul pays à se projeter dans le futur en ligne. L’OTAN a par exemple organisé début mai 2010 des manoeuvres virtuelles, baptisées Baltic Cyber Shield, impliquant six pays membres. Cet exercice a eu lieu sous l’égide du Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence  (CCDCOE), basé à Tallinn (Estonie) et qui regroupe déjà l’Allemagne, l’Italie,la Slovaquie, l’Espagne, les Etats-Unis et les trois pays Baltes. Dans les prochains mois,la Hongrie etla Turquie deviendront les 9e et 10e pays membres de cet organisme créé par l’Estonie en 2004.La France, quant à elle, prévoit de rejoindre le CCDCOE dans les deux à trois prochaines années.  Ce centre est voué à l’échange d’informations entre experts. Il conduit des exercices réguliers où des équipes “rouges” de hackers tentent de paralyser des serveurs défendus par des militaires “bleus” de pays participants. Pionnière en matière d’usage de l’Internet, l’Estonie a été visée par une cyber-attaque de grande ampleur en 2007, et tente depuis d’acquérir le leadership européen en matière de cyberdéfense.       En Israël Peu après la fin de l’opération “Plomb durci” (l’invasion de la bande de Gaza en janvier dernier), Tzipi Livni, alors ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehoud Olmert, a souhaité compenser le déficit d’image dont souffrait le pays. Pour ce faire, A été mis sur pied une armada d’internautes, payés pour donner une meilleure image de leur pays et répondre sans arrêt, via des réactions et commentaires postés sur les sites internet, les forums, les blogs, et autres réseaux sociaux comme Twitter et Facebook.  L’équipe en question serait sous la direction d’un vaste service relevant de ce que les Israéliens appellent « hasbara », littéralement « explication publique ».  Dans une interview récente, le directeur adjoint du département de la « hasbara » au ministère, a admis que son équipe travaillait clandestinement. « Nos gens ne diront pas ‘salut, je fais partie du département de la hasbara du ministère des affaires étrangères israélien. Voilà ce que je veux vous dire’. Et ils ne s’identifieront pas forcément non plus en tant qu’Israéliens », a-t-il déclaré. « Ils parleront comme des surfers du net et comme des citoyens, ils écriront des réponses qui auront l’air personnelles, mais qui se baseront sur une liste de messages tout préparés que le ministère des affaires étrangères aura élaborés ». […] L’armée israélienne intervient également sur l’un des espaces les plus populaires, le site de vidéo-partage YouTube, y téléchargeant régulièrement des clips, dénoncés comme des mensonges par les organisations israéliennes de défense des droits de l’homme. Shturman a précisé que durant la guerre, le ministère avait concentré ses efforts sur les sites web européens, où l’audience était plus hostile à la politique israélienne. En haut de la liste des sites visés par ce nouveau projet, la BBC Online et les sites arabes du Web. En outre, un manuel intitulé The Israël Project’s 2009 donne la vision “Israélienne” de la situation” et est diffusé via une agence de “communication”. Cette cyber brigade pro Israélienne à sa branche Francaise,  qui a pour missions de veiller et combattre les informations antisémites, négationnistes et mensongères (illégales) à propos d’Israël et du Peuple Juif sur Internet. Cette Force affirme s’être donné comme mission d’éliminer toutes les informations odieuses (articles, vidéos, groupes,…) sur ce qui est devenu le premier vecteur de propagande : Internet.     En France toujours, la conférence annuelle SSTIC de juin2010 a été ouverte par le directeur technique dela DGSE qui a affirmé cherché à recruter des hackers. Une grande partie des dépenses de budget de personnel de cette année (31 millions d’euros pour 145 postes) devrait en effet bénéficier à ce service technique. Celui ci a rappelé à l’auditoire que “en cas d’attaque, le meilleur moyen de se défendre est de tuer numériquement l’adversaire”.     La guerre au proche orient a pris une cyber-tournure lorsqu’il s’est avéré selon le portail d’information israélien MySay.co.il, dont l’information est relayée par le Spiegel, qu’une certaine Reut Zukerman aurait ainsi convaincu 200 soldats ou réservistes israéliens de devenir ses « amis » sur Facebook et leur aurait soutiré nombre d’informations confidentielles : « Les hommes auraient rapporté à leur copine Facebook des noms de soldats, du jargon, des codes secrets et des descriptions détaillées des bases militaires, d’après le rapport [du site MySay, ndlr]. Ce n’est qu’un an après que certaines des victimes de Zukerman auraient commencé à trouver bizarre le nombre de militaires d’élite sur sa liste d’amis. Ils auraient alors prévenu leur hiérarchie, et en janvier les militaires auraient lancé une enquête. » La page Facebook de Reut Zukerman aurait été effacée par ses auteurs. Le Hezbollah apparaît comme le principal suspect. Pourtant, poursuit le Spiegel, l’armée israélienne était déjà consciente de ce type d’utilisation de Facebook.  Les soldats ne respectent pas les consignes. Les services secrets israéliens y ont eux-mêmes recours pour racoler des informateurs. Fin avril, le quotidien arabe « Aschark Al-Awsat » rapportait que les services secrets israéliens avaient utilisé Facebook et Twitter pour recruter des informateurs palestiniens dans la bande de Gaza.    L’armée israélienne a déjà été victime de tentatives d’espionnage via les réseaux sociaux, l’an passé, en provenance du Liban. Des dizaines de milliers de soldats ont alors reçu une lettre les alertant au sujet des amitiés liées sur Internet.   En janvier, l’armée a créé une « unité Facebook » dans le but de mieux utiliser les médias sociaux. Des actions dont les résultats se font attendre, note le Spiegel : « Pour les forces de défense israéliennes, la faille dans la sécurité serait particulièrement embarrassante, elle montrerait que les membres de l’armée ne respectent pas les consignes explicites dès qu’une jolie fille est en jeu. »     L’amérique, comme la Russie est à la pointe de l’utilisation des sites sociaux pour surveiller, influer et communiquer. La CIA investit dans des technologies qui permettent de surveiller les réseaux sociaux.  In-Q-Tel, le fonds de capital-risque de la CIA, a investi dans Visible Technologies et Attensity, deux sociétés qui proposent des moteurs de recherche spécialisés dans les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Flickr, YouTube, etc.).   Visible Technologies est, à l’origine, une société spécialisée dans la gestion de réputation sur l’Internet. Elle a développé son moteur de recherche pour permettre à des multinationales d’évaluer les réactions à leurs produits sur les médias sociaux, d’identifier les éventuelles critiques, puis de les marginaliser. Entre les mains des services de renseignement, et singulièrement des départements spécialisés dans les opérations psychologiques, cet instrument peut devenir un puissant catalyseur.   Lors des manifestations qui ont suivi l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en juin, c’est sur Twitter que les médias internationaux, empêchés de couvrir les manifestations à Téhéran, mesuraient l’ampleur de la mobilisation contre la réélection du président iranien. Le renseignement américain veut être en mesure d’exploiter la masse d’informations disponible sur ces plateformes, utilisées par les activistes de tous bords, aussi bien les opposants à Mahmoud Ahmadinejad en Iran que les djihadistes au Moyen Orient. Ces moteurs de recherche d’un nouveau genre fonctionnent exactement comme leurs homologues sur Internet : ils scannent les réseaux sociaux, les indexent par mots-clés et les hiérarchisent.    

Conclusion : On peut se demander quelle sera la prochaine étape/méthode de pénétration  des idées du monde et comment les “puissances” pourront influer sur les esprits pour faire passer comme “logique”, “normale” et “naturelle” une vision du monde, et donc les actions (guerrières ?) qui vont avec. Les jeux vidéos semblent être l’étape sur laquelle la concurrence entre l’Amérique et la Russie est la plus flagrante.  Dès la fin de la guerre en Géorgie en 2008, inspiré par ces évènements, des informaticiens Russes décident de créer un jeu vidéo dans lequel les évènements sont repris et englobent certains pays Occidentaux, ou Européens hostiles àla Russie.  Le virtuel permet parfois de se défouler et d’apporter quelques modifications substantielles à la réalité.   En effet, selon les créateurs de ce jeu il y a quelques différences avec ce qui s’est vraiment passé. Parmi elles on note que la confrontation englobela Pologne, qui vient soutenir Tbilissi avant que Moscou riposte, que le président géorgien Mikheil Saakachvili reçoit le soutien de pays occidentaux qui ne sont pas nommés, que ce dernier décide de lancer une nouvelle offensive pour tenter de récupérer les deux provinces sécessionnistes géorgiennes, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Ou encore que l’Ukraine bloque la flotte russe de la mer Noire dans la rade de Sébastopol, que l’OTAN chargela Pologne de prêter main forte aux Géorgiens. Par réaction les Russes lancent alors une nouvelle guerre en riposte à ces agissements, selon la description faite par les créateurs du jeu, disponibles en téléchargement pour 6 euros.     En réponse (?) les studios de “jeux Américains” Activision ont donc développé un jeu jeu intitulé : “call of duty modern walfare” qui se déroule dans un futur proche.     ”  La Russie y est en pleine guerre civile qui voit la prise de pouvoir des ultra-nationalistes. En même temps au Moyen-Orient, un coup d’état mené par un mouvement anti-occidental eut lieu, et 30.000 soldats Américains furent décimés. Les commanditaires de cet acte sont en fait des chefs nationalistes Russes, qui commettront attentats et massacres au Royaume-Uni et en Russie. Pour lutter contre cette menace, une force multinationale anti-terroriste appelée « Task Force 141 » fut créée, regroupant des membres de forces armées américaines, britanniques, canadiennes et australiennes“. L’une des étapes du jeu intitulée « Pas de russe » « permet » au joueur peut massacrer des civils dans un aéroport russe (fictif) en incarnant un agent de la CIA qui a infiltré les rangs ennemis. La vidéo, et par conséquent le jeu en lui-même fait polémique avant même qu’il sorte. Par ailleurs, Square Enix qui a édité le jeu au Japon a commis des erreurs de traduction dont une dans cette mission : la phrase de Makarov « Pas de russe » a été traduite par « Tuez les russes », donnant l’impression qu’il ait commis un crime haineux ; En Russie, la mission a carrément été enlevée.   La suite de ce jeu, qui devrait sortir cette année s’intitule : “call of duty black opps” et semblé également mêler la Russie à l’action principale car malgré le secret qui entoure le jeu, des images ont déjà filtrés, qui laissent penser que l’action  du jeu se déroule notamment quelque part dans le grand nord, peut être en Arctique que certains imaginent être le prochain théâtre d’affrontement (réel ?) des grandes puissances. Surenchère ? Le projet Ethnogénèse, une gigantesque saga de science-fiction russe développée par le Kremlin directement et qui se veut lancer la mode de la culture russe via Internet, tout en exaltant la grandeur de la Russie. Ethnogenèse devrait prochainement être traduit en anglais, en chinois et en espagnol, afin de lancer ces « héros russes parfaits » à l’assaut du monde que le Kremlin juge « important » : le monde Anglo-saxon, l’Amérique du sud et l’Asie. On ne peut que déplorer l’absence de version Francaise.

Кибер-войны

Traduction en ligne sur USRA-TM

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Российский президент Дмитрий Анатольевич всегда подчеркивал свой интерес к новым технологиям. Имея свой блог, страничку в Twitter, президент России солидарен с населением, которое увлечено Интернетом. Эта гонка вперед, которую президент России постоянно навязывает своей стране, вовсе не случайность, такая страна, как Россия, просто обязана обладать системами связи и глобальной системой обороны.

Запад, мир, Россия – битва на больших экранах
Начиная с первой мировой войны, некоторые стратеги поняли, что Голливуд становится основным оружием «американского образа жизни», назначая полу-мнимых, полу-реальных врагов. В 80-х годах основным направлением была борьба с СССР, многие фильмы противопоставляли Америку советским заговорам целью изменения мирового порядка. Примеры, среди которых, разумеется «Рэмбо» (где американский солдат помогает афганским моджахедам бороться против советских оккупантов), а также фильм «Top Gun», который ВВС США даже софинансировали в целях улучшения имиджа пилотов американской армии. Это определение кинематографом врага продолжалось и в 90-х годах, когда были выпущены многие фильмы, в которых сербы изображались кровожадным народом, например, фильм «Экстремисты» (http://en.wikipedia.org/wiki/Extreme_Ops) (2002) или «В тылу врага» (http://fr.wikipedia.org/wiki/En_territoire_ennemi) (2001).
Эта кинематографическая война быстро нашла ответ в России с приходом к власти Владимира Путина (1999), который вдохновил российское кино на этот необходимый ответ. Избрание Никиты Михалкова (http://en.wikipedia.org/wiki/Nikita_Mikhalkov) на пост президента Союза кинематографистов (2000) является одной из козырных карт национального и кинематографического возрождения. В 2000-х годах вышли многочисленные фильмы, подчеркивавшие различные элементы, которые являются составными частями новой русской идентичности, обескровленной ужасным ельцинским десятилетием, придававшие большую ценность стране и патриотизму, разоблачавшие идею о западном рае, и, наконец, возвращавшие к историческим войнам России, когда она выступала против Запада. Можно назвать такие фильмы, как «Девятая рота», «Князь Владимир», «Брат-2», «Олигарх», «1612», а также «Тарас Бульба», «Адмирал»… В 2009 году в документе «Стратегия 2020» культура была определена российской властью в качестве одного из элементов национальной безопасности (http://www.scrf.gov.ru/documents/99.html).
Россия – ре-информирование и коммуникация
Между распадом СССР и ельцинским десятилетием Россия создала себе негативный имидж за рубежом. Первый мандат Владимира Путина (2000-2004) позволил ему восстановить авторитет государства. Затем Россия осознала необходимость коррекции своего образа, который ухудшался из-за рубежа. Во время своего второго срока президент России взялся за решение этой задачи.
Как напоминает специалист Ксавье Моро (http://realpolitik.tv/biographie/xavier-moreau), в 2005 году агентство РИА-Новости запустило свой англоязычный канал, который должен был стать российским CNN. Russia-Today является личным проектом президента Путина по улучшению имиджа России. Канал осуществлял вещание сначала на английском языке, затем на арабском (2007) и на испанском (2009). RT стал настоящим оружием массовой информации и, не колеблясь, берется за некоторые очень деликатные темы, будь то 11 сентября или незаконная торговля органами в Косово. Кроме того, он играет политически некорректно: к концу 2009 года в своей рекламной кампании, проведенной под знаком провокации, сравнив президентов Ахмадинежада и Обаму в их отношении к ядерному оружию. Эта кампания была подвергнута цензуре в Соединенных Штатах.
Битва за Цхинвали: телевидение и война образов
Развитие новых технологий привело к созданию новых сфер конфронтации. В 2008 году грузинская армия напала на сепаратистские регионы Осетию и Абхазию. Параллельно с этим огромная кампания по дезинформации представляла Россию как агрессора. Понадобились огромные усилия коалиции различных экспертов, медиа-борцов и даже обычных блоггеров, чтобы другое мнение было хоть «немного» услышано в медиа-потоке. Понадобилось 18 месяцев ожидания, чтобы доклад Хайди (http://www.ceiig.ch), подготовленный по требованию Европейского Союза, подтвердил, что именно «Грузия начала войну в ночь с 7 на 8 августа 2008 года».
Но зло свершилось: для большей части общественного мнения Россия является агрессором, она проиграла видео-войну. Этот конфликт достиг уровня пропаганды, равной пропаганде против сербов в 90-х годы: фальшивые фотографии и грубый монтаж, лжесвидетельства … “Дорожный каток” СМИ был таков, что многие средства массовой информации продолжают даже два года спустя обвинять Россию в развязывании военных действий.
В конце 2008 года на российские экраны вышел фильм «Олимпус Инферно», излагавший эти трагические события, в котором подчеркивалась роль зарубежной поддержки в этом конфликте. В ответ компания «Midnigh Sun Production» недавно закончила снимать в Тбилиси фильм об этих событиях с американской точки зрения.
Вскоре будет создан новый телевизионный канал, называющийся «Первый Кавказский». Частично финансируемый Борисом Березовским, этот канал играет на кавказской солидарности в борьбе против влияния России в регионе. Сегодня его вещание заблокированj основным региональным спутниковым оператором Eutelsat, который заключил соглашение о трансляции каналов, принадлежащих «Газпрому», который выкупил все вещательные каналы, обеспечивая монополия на информацию на русском языке в странах Кавказа и Центральной Азии на протяжении всего срока службы спутника. Именно благодаря агентству связи NoE Com (близкое Рафаэлю Глюксману, советнику президента Грузии), Грузия заставляет услышать свое мнение по этому вопросу. Тбилиси подписал соглашение с NoE Com после того, как расстался с Euro RSCG, которое обеспечивает коммуникации в связи с годом Франция-Россия.
2007-2010, кибер-конфликты: Таллин – Цхинвали – Кишинев – Тегеран
Уже не в первый раз Россия заставляет говорить строчки компьютерных кодов вместо пушек. Когда в апреле 2007 года эстонские власти решили перенести «Бронзового солдата», на улицах произошли ожесточенные столкновения между патриотически настроенными эстонцами и русскими, затем Эстония подверглась интенсивной компьютерной атаке (http://www.darkreading.com/blog/archives/2009/03/authoritatively.html), которую многие комментаторы посчитали атакой «русских хакеров-патриотов». Через год после войны в Грузии основные социальные сети подверглись другой массированной компьютерной атаке (http://www.20minutes.fr/article/341137/High-Tech-Attaque-contre-Twitter-la-piste-russe.php), ответственной за которую была также «назначена» Россия. Однако, как отмечал специалист по новейшим технологиям Янник Харел: «отследить точное происхождение кибер-атаки практически невозможно до тех пор, пока ее автор действует с минимальным профессионализмом» (http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/sites-communautaires-sous-pression-60001).
Этот интерес России к социальным сетям (которые являются настоящим оружием информации / дезинформации) вызван кибер-событиями 2009 года в Молдавии и Иране.
― в Молдавии, в знак протеста против победы коммунистов на парламентских выборах в апреле 2009, тысячи молодых людей собрались и яростно протестовали через «гуманитарные» и «демократические» НПО. Если способ действия очень похож на тот, что использовался во время «цветных революций», которые обрушились на Сербию в 2001, Грузии в 2003 и Украину в 2005 году, в этот раз говорили о «революции Twitter», настолько американская система обмена сообщениями стала нервным центром событий. Позже будет доказано, что меньше 100 активистов Twitter стояли за этими действиями, активистов, которые после событий таинственно удалили свои странички из Twitter.
― в июле того же года в Иране похожие кибер-действия, начатые в знак «протеста» против результатов выборов, привели к различным инцидентам и манифестациям. Многие правительственные сайты подверглись нападению и были взломаны. Facebook, Twitter стали основными каналами сопротивления и критики властей на местах, откуда кибер-активисты (добровольные?) отправляли информацию и тысячи фотографий в Интернет, так что мировая общественность и журналисты с трудом могли проверить эти источники.
В Иране один из советников нового департамента американского государства Джаред Коэн (который, кроме всего прочего, является организатором встреч, которые спонсируются Facebook и поддерживаются «The Voice of America», с молодыми кибер-активистами для помощи им в использовании социальных сетей) пожаловался на соучредителя Twitter с тем, чтобы отложить техническое обслуживание и обновление известной платформы микроблогов, и позволить иранским диссидентам «твиттерить» без перерыва.
Россия, в сердце кибер-конфликта
Россия, конечно же, не ждала середины 2000-х годов, чтобы оснастить себя кибер-защитой. Восстановление контроля над страной в 1999 году привело к созданию отдела компьютерной безопасности ФСБ, отвечающего за разработку стратегии компьютерной безопасности и доктрины компьютерных войн в тесном взаимодействии с российской армией. В 2001 году генерал Владислав Шерстюк, член Совета безопасности России, сообщил в подкомитете Думы по информационной безопасности, что «новая информационная эпоха вызовет следующий виток гонки вооружений. В отличие от стратегического ядерного оружия, развитие возможностей нанесения кибер-ударов потребует навыков, выходящих за рамки военной сферы» (http://www.alliancegeostrategique.org/2009/05/13/la-cyberguerre-venue-du-froid/).
Эта кибер-активность растет синхронно с разрастанием щупалец социальных сетей, которые постепенно становятся «узловыми точками» информации и связи между государствами. Как написал Янник Харрел (http://harrel-yannick.blogspot.com/2010/07/la-cybergeneration-prendra-le-pouvoir.html): «Кибер-поколение приходит к власти». Кроме того (http://electrosphere.blogspot.com/2009/06/teheran-20-ou-la-revolution.html), «если радио потребовалось тридцать восемь лет, чтобы его аудитория составила 50 миллионов человек, мобильная телефонная связь получила более 3 миллиардов абонентов за пятнадцать лет, а различные социальные сети объединили более 350 миллионов пользователей за четыре года. В 2008 году было отправлено более 43 миллиардов SMS сообщений. В 2012 году более 5 миллиардов людей будут обладателями мобильных телефонов, даже самые бедные имеют доступ к этой технологии, благодаря неизбежному благоприятствованию микрофинансирования в области информации и коммуникации».
Как и в энергетике, российское государство, ставшее более процветающим, смогло реализовывать свои геостратегические амбиции, и начало делать значительные приобретения. Digital Sky Technologies, российская инвестиционная компания, близкая к Кремлю, приобрела значительные доли в гигантской социальной сети ВКонтакте (российский эквивалент Facebook), балтийской сети Forticom и польской сети NASA Klassa. Наконец, в мае 2009 (после событий в Молдове?) компания приобрела 2% от Facebook на сумму в 200 миллионов долларов. В апреле 2010 DST приобретает ICQ, выкупив ее у американского владельца AOL. В том же году китайский Интернет-гигант Tencent приобрел 10% DST, разделив ее акции с Goldman Sachs и российским олигархом Алишером Усмановым, который также владеет влиятельной газетой «Коммерсант». Чтобы сказать несколько слов о «прессе», можно упомянуть о недавней покупке «Франс-суар» в 2009 году богатейшим Александром Пугачевым, покупке в 2010 году газеты The Independent Алексаном Лебедевым и предложение о покупке Le Monde, сделанное Глебом Фетисовым.
Кремль на острие кибер-коммуникаций
Российские власти поняли необходимость кибер-присутствие для того, чтобы войти в XXI век. Блог президента России является одним из самых читаемых в стране. Министрество связи России будет готово инвестировать 100.000 евро (http://www.courrierinternational.com/article/2009/10/27/le-kremlin-a-la-peche-aux-blogs) в «исследование основных возможностей продвижения интересов федеральных органов власти с помощью специализированных социальных сетей». А в действительности, искать и находить на веб-сайтах и в специализированных социальных сетях пути их использования для продвижения интересов исполнительной власти. Чиновник российского министерства заявил, что Россия пойдет путем разработки программы, способной находить в блогах и социальных сетях оригинальные и полезные идеи.
Мы являемся свидетелями изменения поведения, потому что до сих пор власть видела в блогосфере только поле для пропаганды своих идей. Таким образом, в 2007, президент Центральной избирательной комиссии встретился с блоггерами, чтобы предложить им рекламировать выборы. Кроме того, Сергей Миронов, Председатель Совета Федерации, пригласил видных членов интернет-сообщества. Царь российских блогов, Рустам Адагамов ака Drougoï (http://drugoi.livejournal.com), к примеру, регулярно приглашается присоединиться к журналистскому пулу во время президентских поездок по всей стране.
Кибер-война в мире
НАТО, например, организовало в начале мая 2010 года виртуальные маневры с участием шести стран, под эгидой Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence (http://ccdcoe.org), базирующегося в Таллинне (Эстония) и включающего в себя многие европейские страны. Центр проводит регулярные учения по взлому / защите веб-сайтов.
В Израиле после операции «Литой свинец» была создана кибер-армия, которая получала деньги за работу на форумах, в блогах и в других социальных сетях для повышения авторитета страны. Эти кибер-агенты, работающие тайно, изображающие из себя обычных пользователей Интернетa. Израильская армия уже регулярно вмешивается на YouTube. Это кибер-бригада имеет свой французский филиал, который утверждает, что его миссией является ликвидация всей одиозной и анти-израильской информации (статьи, видео, группы…) в Сети.
Во Франции, ежегодная конференция SSTIC (http://www.sstic.org/2010/news/)в июне 2010 года была открыта техническим директором DGSE, который заявил о попытках завербовать хакеров. Значительная часть расходов бюджета на персонал в этом году (31 миллион евро на 145 должностей) действительно должен быть потрачен на технические службы. Он напомнил аудитории, что «в случае нападения, лучшей защитой является цифровое убийство врага».
Война на Ближнем Востоке приняла кибер-поворот, когда выяснилось (согласно Der Spiegel (http://www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,694582,00.html)), что некий Реут Цукерман (Reut Zukerman) убедил две сотни израильских солдат стать его «друзьями» на Facebook, и выманивал у них конфиденциальную информацию. Когда их начальство начало расследование, страница Цукермана в Facebook была стерта. Хизбалла представляется главным подозреваемым. В конце апреля арабская газета Aschark Al-Awsat сообщила, что израильские спецслужбы использовали Facebook и Twitter, чтобы вербовать осведомителей в палестинском секторе Газа. В прошлом году израильская армия уже становилась жертвой попытки шпионажа из Ливана через социальные сети.
Америка, как и Россия, находится на переднем крае использования социальных сетей для того, чтобы наблюдать, влиять и поддерживать связи. ЦРУ инвестирует в технологии, позволяющие следить за социальными сетями. In-Q-Tel (http://www.iqt.org), венчурный фонд ЦРУ, вложил средства в Visible Technologies и Attensity, две компании, которые предлагают поисковые системы, специализирующиеся на социальных сетях (Twitter, Facebook, Flickr, YouTube и т.д.). Американская разведка хочет иметь возможность использовать огромный массив информации на этих платформах, которые используются активистами самых разных убеждений.
Заключение:
Можно только гадать, каким будет следующий шаг / метод проникновения в сознание, для внедрения своего видения мира и последующих действий (военных?). Компьютерные игры, как представляется, являются одним важнейших инструментов. После окончания войны в Грузии в 2008 году, российские компьютерщики (http://lci.tf1.fr/high-tech/2008-11/le-conflit-russie-georgie-une-idee-cadeau-4890638.html) решили создать видео-игру, в которой упоминаются эти события, включающие западные или европейские страны. Конфронтация включает Польшу, которая придет на помощь Тбилиси до того, как Москва даст отпор, но также и Украину (которая заблокирует российский флот в Черном море на севастопольском рейде) и НАТО. В ответ (?) студия «американских игр» Activision разработала игру под названием Call of duty modern walfare (http://fr.wikipedia.org/wiki/Modern_Warfare_2), действие которой происходит в ближайшем будущем. «Россия находится в состоянии гражданской войны, ведущей к захвату власти ультра-националистами, которые организуют антизападные нападения по всему миру.
Для борьбы с этой угрозой, создается антитеррористическая группировка в составе представителей вооруженных сил США, Великобритании, Канады и Австралии. Один из этапов игры называется «без русского», где игрок может убивать русских мирных жителей в русском аэропорту, играя агента ЦРУ, проникшего в ряды террористов. Продолжение этой игры, которое выйдет в этом году, называется Call of duty black opps и, кажется, также связано с Россией, потому что уже распространившиеся изображения позволяют предположить, что действие происходит где-то далеко на севере, возможно, в Арктике, которую некоторые представляют возможным будущим местом столкновения (военного?) великих держав.
Далее: проект «Этногенез» (http://etnogenez.ru), гигантская российская фантастическая сага, разработанная при непосредственном участии Кремля, который хочет запустить моду на русскую культуру через Интернет, прославляя величие России. «Этногенез» в ближайшее время должен быть переведен на английский, китайский и испанский, чтобы отправить этих «идеальных русских героев» на завоевание той части мира, которую Кремль считает «важной»: англо-саксонский мир, Южная Америка и Азия. Можно лишь сожалеть по поводу отсутствия перевода на французский язык… 
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Merci à Véra K pour sa traduction, sa patience et son intérêt à mes écrits.

ИТВ АЛЕКСАНДРА ЛАТЦА: Мир перед лицом вызовов будущего

Александр Латца (Alexandre Latsa) – французский публицист, пишущий на геополитическую тематику, связанную с Россией и с другими странами. Александр Латца ведет блог «Dissonance», который предлагает «другой взгляд» на Россию и предназначен восполнять недостаток серьёзной информации о России во франкоязычном Интернете. Сегодня Александр – гость нашего сайта и любезно согласился ответить на наши вопросы.
Что бы Вы могли сказать о положении дел в мире вообще, в Европе в частности, о месте и перспективах России?
Мир, который существует сейчас, начался в 1945 году и ныне характеризуется диспаритетностью из-за одностороннего американоцентризма. Но сейчас, по-моему, можно наблюдать некоторые признаки ослабления американской мощи и появления новых акторов, а мировой экономический кризис поднял вопрос о господствовавших до последнего времени на планете экономических принципах. Кажется, вырисовываются новые конфигурации «больших пространств» завтрашнего дня. Какими они будут? Вероятно, это будут союзы стран или групп стран, основанные на экономике, культуре, военной сфере, религии, языке…

Эти конфигурации будут происходить перед лицом вызовов будущего: гипер-терроризма, этноцивилизационных конфликтов, усиления международной мафии, не менее сильной, чем государства, жестоких экономических потрясений…

Та Европа, которую мы видим сегодня – называемая ЕС (Брюссельский союз), – как мне кажется, не сможет полностью быть адекватной этим вызовам. Эта гиперструктура создана по причинам «немного» экономическим, но главным образом для того, чтобы не дать государствам-членам снова устроить войну друг с другом. Несомненно, отцы-основатели руководствовались благими побуждениями, но европейская конструкция была создана в разгар холодной войны (в начале 1957 года) и в мире, весьма отличном от того, в котором мы живём сегодня. ЕС не обладает ни соответствующими фундаментальными основами, ни необходимыми инструментами для обеспечения реального суверенитета. Сегодня он не обладает никаким суверенитетом и полностью зависит от военной организации НАТО, не имеет собственной политической линии, не обладает и каким-либо политическим проектом, как внешним, так и внутренним. Президенты государств не обладают какой-либо свободой действий, а европейские институции – неповоротливы и бюрократизированны. ЕС сегодня кажется близким к распаду из-за кризисного положения стран-членов и, как это видно на примере Греции, отсутствия экономической солидарности (у Германии, Словакии…).

Россия же, как мне кажется, напротив, обладает хорошими шансами стать одним из ключевых акторов этой эпохи. Политическая элита этой страны обладает реалистичным современным взглядом на мир и того места в нём, к которому должна продвигаться Россия. Главная возможно характеристика российских лидеров этого периода в том, что они «прагматики». Кроме того, благодаря своим географическому положению, естественным ресурсам, благодаря своему статусу перекрёстка цивилизаций и религий – в общем, благодаря тому, что составляет её потенциальную мощь – Россия, как мне кажется, обладает способностью адекватно воспринять и среагировать на грядущие великие перемены.

Что Вы думаете о блоке НАТО и его перспективах?
НАТО – это инструмент, с помощью которого Америка успешно навязывает свою волю и укрепляет своё могущество повсюду, где считает это необходимым. Я думаю, что НАТО не переживёт этого этапа. Перегруппировка сил в мире по «созвучию» идентичностей вызовет рост противоречий и диссонанс интересов стран, входящих или близких к НАТО. Турция сегодня представляет собой видимый пример, с её трениями с Америкой по поводу войны в Ираке или с Израилем.

Россия также могла бы поспособствовать распаду НАТО, если бы убедила (я этого хотел бы) европейские страны создать европейскую систему безопасности. С другой стороны, влияние НАТО на евразийском континенте должно уменьшаться вследствие роста влияния стран, не входящих в него – таких как Россия, Китай или Индия.

Какова Ваша оценка Средиземноморского союза?
Средиземноморский союз – это безумный проект. Теоретически он должен был способствовать улучшению межгосударственной инфраструктуры и возможности ввести в легальное контролируемое поле миграционный поток с Юга на Север, но мне бы хотелось знать, каковы цели этого проекта на самом деле. Я вижу только негативную реакцию на этот проект, как на Юге (Турция, Египет, Ливия…), так и в Европе. Я не думаю, что этот проект будет реализован на сколь-нибудь значительном уровне.

Что Вы думаете о взаимоотношениях Франции и США, Франции и России, Франции и Британии?
Влияние Великобритании, по-моему, клонится к закату и это неплохо для России. Потому что Британия остаётся такой, какой и была всегда: атлантической силой, традиционно проамериканской, «играющей» против Европы.

Все французские правительства после де Голля понемногу подыгрывали НАТО и Америке, пока не состоялись недавние шаги президента Саркози. Это стало большой стратегической победой атлантистских сил и весьма способствовало американскому доминированию (не зависящему от республиканского или демократического ярлыка). И это загнало Францию в тупик, сделав её пешкой, на фоне увеличения признаков отхода от проатлантической позиции Германии. Для атлантистов и американского господства очевидную опасность представляет собой «коалиция региональных союзов» на континенте, которая может мало-помалу подорвать абсолют НАТО и его инструментальное значение. Также такая коалиция могла бы слишком быстро отправить на свалку «большую игру».

Ключевым шагом по изменению нынешнего положения дел в ближайшей перспективе следовало бы стать альянсу «Париж-Берлин-Москва». Москва проявляет волю к реализации такого проекта, Берлин, похоже, не против. Могу заметить, что Франция не принимает ясных однозначных решений, если вопрос не является внутренним по отношению к НАТО. Саркози не является самостоятельным президентом, он не принадлежит к сколько-нибудь патриотичной элите, радеющей за интересы страны. Французская политика рождается, похоже, не во Франции, а следует указаниям наставников, которые сидят в Вашингтоне. Сдача Сербии как пример говорит о многом.

Как вы оцениваете настоящее и будущее Украины?
Россия и Украина – две стороны одной монеты. Украина сейчас следует по пути, который можно уподобить шоссе, ведущему к независимости посередине между Брюссельским союзом и Россией. Я не уверен, что это лучший путь для украинцев, но это суверенный и свободный народ, нужно уважать их выбор.

Новый президент Украины– не искусственный властитель, приведённый к власти интригами иностранцев. Можно надеяться, что, в отличие от своего предшественника, он будет работать в интересах населения, а не против них. Украина – это больная и слабая страна, которая нуждается в опоре в лице своего соседа – России.

Г-н Латца, каким, на Ваш взгляд, будет развитие палестинского кризиса?
Кроме граждан Израиля и рассеянных еврейских диаспор у существования Израиля нет другого ресурса. Я лично не вижу какой-либо позитивной перспективы, так как сама логика подсказывает сторонам борьбу за тотальную победу с уничтожением проигравших. Я думаю, что распад Израиля неизбежен. Страна стоит перед лицом демографической ситуации, играющей на руку соседям, и необратимый перелом наступит очень скоро. Без американского щита, который уже опускается, это государство, несомненно, исчезнет…

Мне кажется, что большая часть израильского населения, русскоязычная, могла бы пригодиться России – почему бы не использовать для репатриантов пример того же Биробиджана, в интересах развития Дальнего Востока? Мне кажется, что наличие активной еврейской (иудейской) общины на своей территории отвечало бы интересам России, аналогично тому как обстоит дело с другими многочисленными религиозными общинами (протестантами, католиками, буддистами, мусульманами).

Следует ли ожидать радикальных изменений в Афганистане?
 Западная оккупация, несомненно, движется к итогу, аналогичному итогу оккупации советской. Коротко говоря, кардинально не изменится ничего. Между тем, «талибы» (актуальность самого этого термина вызывает у Александра Латца сомнения) постепенно устанавливают контроль над большей частью страны. И никаких других возможных сценариев я не вижу: Афганистан остаётся страной военных вождей, кланов, племён и Кабула, в котором и под сенью западной оккупации не удастся внедрить фаст-фуд и кинотеатры, демонстрирующие голливудские клюквы. Можем воспользоваться поводом и поздравить афганцев с их верностью «своей свободе».

На мой взгляд, есть также опасность регионального взрыва. Натасканные в боевых действиях против солдат НАТО силы могут в случае вывода последних найти себе новые цели и «арену для игр», дестабилизируя слабые государства Центральной Азии и, соответственно, Россию.

Насколько реальна, по Вашему мнению, вероятность американских или израильских ударов по Ирану?
Я не верю в возможность нанесения ударов по Ирану. Я думаю, что они не могут быть нанесены, так как воспламенят весь регион, и я сомневаюсь, что коалиция Израиля и Америки нацелена на войну как таковую. С другой стороны, я не верю, что все эти «существенные» угрозы Ирана Израилю реальны. Будем серьёзны, иранское правительство – не самоубийцы. Иранская ядерная программа поддерживалась Америкой и Европой с 1950-х годов и Россией с 1979 года, задолго до Ахмадинежада.

Теоретическое стремление Ирана к обладанию ядерным оружием (по подобию ряда стран) не имеет отношения к высказываниям об «уничтожении Израиля», которого горячо желают многие мусульмане мира, особенно в Палестине. Могу констатировать, что антииранское взаимодействие хорошо структурировано, но единственное решение – это дискуссия, а не санкции. И вот вам, кстати, пример недостатка силы и единства Европы, которая могла бы заставить услышать её голос и поддерживать усилия России по переговорам с Тегераном.

Стоит ли ожидать дальнейшего усиления санкций против Ирана?
Очевидно, что западное сообщество, под дудку Америки, хочет и дальше спонсировать мощь Израиля. И следует ждать дальнейшего усиления санкций против Ирана. Но в конце концов будем серьёзны: зачем они? И ещё более важный вопрос: что потом?

Какой, на Ваш взгляд, будет позиция Грузии и Азербайджана, если военные действия против Ирана все-таки будут иметь место?
У Азербайджана старый спор с Ираном, который из-за конфликта с Арменией предпочли притушить. Азербайджан играет географическую партию каспийского клуба и имеет общую границу с Ираном. Страна эта довольно «нейтральна», как мне кажется, в отличие от Грузии, националистическое правительство которой слишком прозападно. Грузия разорвала дипломатические отношения с Ираном по надуманному поводу, так как стремится быть собачкой на поводке у Вашингтона/Тель-Авива, предпочитая их Москве и Тегерану. Также стоит учитывать и настойчивое стремление Грузии в НАТО, «возможность» которого может обеспечить её готовность к участию в военных авантюрах, угрожающих дестабилизации всего региона, в том числе против Ирана, а также то, что власти в Грузии являются продуктом цветной революции. Хотя я и не верю в реальность военного сценария против Ирана.

Что Вы думаете о развитии ситуации на российском Северном Кавказе и ситуацию в Кавказском регионе в целом?
На Кавказе всегда имели место попытки дестабилизации извне и это продолжается и сегодня. Наталья Нарочницкая очень хорошо объяснила в одной из своих работ, что дуга Балтика-Чёрное море имеет стратегический характер для окружения и ослабления России в ходе «большой игры» и для получения доступа к соответствующим энергетическим коридорам. Российский Кавказ – одна из важнейших частей России, а нероссийский Кавказ – залог геополитической стабильности этого региона, на границе с Россией. Соответственно, Кавказ является непременным объектом воздействия разного рода недоброжелателей, прометеистов, американцев или ваххабитов. Кавказ – один из основных ключей к российскому «завтра».

Недавние события, такие как две войны в Чечне, в Осетии в 2008 году, в Ингушетии и Дагестане в последнее время – дают основания полагать, что Россия не намерена ослаблять своё присутствие в регионе ни на сколько. И это хорошо. Также и федеральный проект «Стратегия социально-экономического развития Северного Кавказа до 2020 года» является, на мой взгляд, прекрасной инициативой.

Г-н Латца, что бы Вы сами хотели сказать в заключение российским читателям? На какие важные вопросы, касающиеся российско-французских отношений, Вы хотели бы обратить внимание?Я часто читаю российские новости и думаю, что степень деградации двух стран (России и Франции) несравнима. Обеднение массы населения (во Франции) в эти 10 лет имеет очень большое значение, экономика нездорова, безработица сегодня является реальностью для 12% и ещё 8% не учитываются статистикой. К тому же, отсутствие политической «воли» у власти уродует страну, состояние её уже взрывоопасно. В будущем Франция рискует оказаться в состоянии гражданской войны. Пригороды превратились в гетто, население которых африканского или североафриканского происхождения. Важной отличительной чертой населения этих гетто является контркультура ненависти и деструктивного отношения к Франции и её институциям. Это смесь американской культуры насилия, рэпа и оружия с постколониальным реваншем.

Мятежи происходят регулярно и только автомобилей во Франции сжигается в год до 40000, так что правительство решило не публиковать эти цифры, чтобы не волновать население. Неконтролируемая иммиграция в сочетании с менталитетом жертв колониализма и той или иной степенью нехватки политических возможностей у властей и силы и воли к разрешению ситуации ведут к росту противоречий, причем аналогично ситуация развивается в Англии, Бельгии, Голландии…

Это внутреннее бессилие европейских государств коррелирует с бессилием внешним. Для европейского сообщества сегодня не принципиальны ни политическая совесть, ни реальный взгляд на мир. Думаю, что вместе европейские страны на сегодняшний день держит только НАТО. А так как это объединение идёт к своему распаду, скоро европейским государствам надо будет искать новый полюс силы, который мог бы играть роль дирижёра, спасающего ЕС от разрушения. Очевидно, что Россия может стать таким полюсом силы в составе единой великой Европы, от Атлантики до Тихого океана.

Interview de Alexandre Latsa par Marat Kunaev

Marat Kunaev, blogueur Russe et traducteur pour InoForum m’a interviewé il y a quelques jours, l’interview est lisible en Russe (ici et la) sur le site win.ru.

Alexandre LATSA, qui êtes vous, comment vous présenter ?

Alexandre Latsa, je suis de nationalité francaise, âgé de 32 ans et réside à Moscou. J’écris principalement sur la géopolitique de la Russie et ses rapports avec les autres pays. 

Je suis l’auteur du blog Dissonance, qui se veut donner un “autre” regard sur la Russie et qui est destiné à combler le manque d’information sérieuses sur la Russie sur le « net » francophone. 
Que pensez vous de l’évolution du monde, de la situation en particulier mais également de la place et des perspectives de la Russie ?

Le monde tel que nous l’avons connu depuis 1945, unilatéral et Américano-centré est en train de disparaitre.  Il y a à mon sens plusieurs raisons à cela, on peut citer l’affaiblissement de la puissance Américaine, l’émergence de nouveaux acteurs et la crise économique mondiale qui a remis en question les récents principes économiques planétaires. Ce qui semble se dessiner, c’est la recomposition du monde de demain en “grands espaces”. Que seront ces grands espaces ? Probablement des alliances entre des pays ou des groupes de pays, sur des bases économiques, culturelles, militaires, religieuses, linguistiques…

Ces regroupements auront lieu afin de faire face aux défis du futur : l’hyper-terrorisme, les conflits ethnico-civilisationnels, l’émergence de mafias internationales puissantes comme des états, les crises économiques violentes…

L’europe telle que nous la voyons aujourd’hui, c’est à dire l’UE (ou Union de Bruxelles) ne me semble pas du tout prête à faire face à ces défis. Cette hyper structure s’est créée pour des raisons “un peu” économiques, mais surtout afin d’empêcher que ses états membres se refassent la guerre. Ses pères fondateurs étaient sans doute pleins de bonnes intentions, mais la construction Européenne s’est faite au coeur de la guerre froide (à partir de 1957) et dans un monde très différent de celui dans lequel nous vivons actuellement. L’UE ne s’est fondamentalement pas adaptée et ne s’est pas dotée des outils nécessaires pour devenir réellement souveraine. Au jour d’aujourd’hui, elle n’a aucune souveraineté, elle est dépendante de l’OTAN militairement, et n’a aucun coeur de décision politique, elle n’a d’ailleurs aucun projet politique ni interne, ni externe. Les présidents des états n’ont aucune liberté d’action et les institutions Européennes sont devenues lourdes, bureaucratiques. L’UE semble aujourd’hui proche d’une implosion, on a vu le résultat de la crise sur certains de ses membres, ou l’absence de solidarité économique de certains états (Allemagne, Slovaquie…) avec la Grèce par exemple.

La Russie au contraire me semble bien partie pour devenir un des acteurs clefs de ce siècle. Le pays est doté d’une élite politique qui à une vision moderne et réaliste du monde, et surtout de la place que la Russie doit occuper dans ce monde en mouvement. On peut fondamentalement définir les leaders Russes de ce siècle (Poutine, Medvedev…) comme des « pragmatiques ». En outre, de par sa géographie, ses ressources naturelles, son statut de carrefour des civilisations et des religions, et surtout son pouvoir fort, la Russie me semble avoir la capacité de s’adapter et faire face aux grands changements à venir.




Quelle est votre opinion sur l’OTAN et ses perspectives ?

L’OTAN est un outil par lequel l’Amérique à réussi à imposer sa volonté et sa puissance, partout ou cela lui était nécessaire. Je pense que l’OTAN ne devrait pas survivre au siècle. La recomposition du monde en “ensembles” identitaires devrait faire émerger des tensions et des dissymétries d’intérêts entre états proches de l’OTAN, la Turquie en est l’exemple le plus visible aujourd’hui, dans ses tensions avec l’Amérique pendant la guerrre en Irak, ou avec Israël.

La Russie devrait également contribuer à la disparition de l’OTAN si elle arriver à persuader (ce que je souhaite) les pays Européens, de mettre en place une architecture de sécurité européenne. En outre, l’influence mondiale grandissante de pays non membres de l’OTAN, comme la Russie, la Chine ou l’Inde devrait réduire son influence sur le continent et le pourtour Eurasien.

Quelle est votre opinion sur l’union de la Méditerranée ?

L’union méditerranéenne est un projet Francais insensé. Si le projet devait se cantonner à l’amélioration des infrastructures inter-états ou à la possibilité de maitrise de l’immigration clandestine “Sud-Nord” pourquoi pas, mais je me demande quelle est le but politique inavoué de ce projet. Je note que les réactions ont été d’ailleurs assez négatives, autant au sud (Turquie, Egypte, Libye..) que en Europe, ou chez les pays non riverains qui ne sont que peu sollicités bien que souffrant d’une immigration qui passe par les pays européens riverains. 

Je pense que ce projet ne débouchera sur rien.

Votre opinion sur les relations entre la France et l’Amérique, la France et la Russie et la France et l’Angleterre ?

La Grande Bretagne me semble avoir une influence en déclin, y compris au sein de l’Europe, et c’est tant mieux pour la Russie. Elle reste ce qu’elle a toujours été : une puissance atlantiste, traditionnellement pro Américaine, et en ce sens “joue” contre l’Europe.

Tous les gouvernements Francais depuis le départ du général de Gaulle, ont peu à peu joué la carte de l’OTAN et de l’Amérique, jusqu’aux récentes décisions du président Sarkosy. C’est une grande victoire stratégique des forces Atlantistes au pouvoir en Amérique (indépendamment du label Républicain / Démocrate). En verrouillant la France, ils s’assurent un nouveau pion, alors que l’Allemagne donne des signes d’instabilité. La crainte des Atlantistes au pouvoir en Amérique est évidemment de voir une “coalition d’alliances de sécurité régionales”, sur le continent qui rendrait peu à peu l’OTAN obsolète et inutile. Ainsi, ils sortiraient du “grand jeu” et leur influence déclinerait très rapidement.

La clef de ce retournement de situation serait une alliance “Paris-Berlin-Moscou” dans un premier temps. Moscou à la volonté de soutenir ce projet, Berlin semble réceptif. Je note que la France n’a pas pris de décisions claires, si ce n’est celle de rejoindre l’OTAN. La présidence Sarkosy n’aura finalement servi qu’à ca. Il n’y a pour l’instant aucune élite digne de ce nom en France pour prendre des décisions qui aillent dans l’interet du pays. Les politiques Francais ne pensent qu’à eux, ou à obéir à leurs maitres, qui sont à Washington. C’est un processus de soumission qui a commencé dans les années 80. La trahison de la Serbie par la France en est l’exemple le plus parlant.

Comment envisagez vous l’avenir de l’Ukraine ?

La Russie et l’Ukraine sont deux faces d’une même pièce de monnaie. L’ukraine suit une voie qu’elle a choisie, c’est à dire celle d’un pays indépendant, pont entre l’Union de Bruxelles et la Russie. Je ne suis pas persuadé que ce soit la meilleure voie pour les Ukrainiens, mais ce peuple est souverain et libre, il faut donc respecter son choix.

Le nouveau président n’est pas un président artificiel, placé la par des magouilles politiques fomentées à l’étranger. On peut espérer que contrairement à son prédécesseur, celui ci travaille pour le peuple, et non pas contre le peuple. L’ukraine est un pays en mauvaise santé, affaibli, qui à besoin du soutien de son voisin Russe.

Que pensez vous de la situation au moyen-orient et des proches perspectives ?

Finalement personne, hormis les citoyens d’Israel et les diasporas juives éparpillés n’est « serein » de la l’existence d’Israel. Il n’y a aucune perspective positive à envisager selon moi, car les parties sont dans une logique de victoire totale et d’anéantissement de l’autre. Je pense que la disparition d’Israel est inévitable. Le pays aujourd’hui fait face à une situation démographique qui le condamne à relativement courte échéance et à un voisinage dont la puissance et la détermination augmente très rapidement. Sans le bouclier Américain (qui s’affaise), ce pays aurait sans doute déjà disparu. Je me demande surtout ce qui se passera après, ou iront les citoyens Israéliens et surtout quelle sera l’attitude des autres parties de ce conflit à ce conflit à ce moment la. Il me semble qu’une grande partie de la population d’Israël, russophone, pourrait être re-accueillie en Russie, pourquoi pas au Birobodjan par exemple dans le cadre d’un plan de rapatriement de citoyens mais également de développement de l’extrême orient ? ll me semble que la Russie n’a aucun interet a ne pas avoir une communauté Juive active sur son territoire, dès lors que qu’elle défend uniquement les intérêts de la Russie, comme c’est le cas par exemple avec de nombreuses autres communautés religieuses de la fédération (Protestantes, Catholiques, Bouddhistes, Musulmanes …). 

Pouvons nous imaginer des changements radicaux en Afghanistan?

L’occupation Occidentale va sans doute se terminer comme l’occupation Soviétique. Par un retrait sans que fondamendalement « rien » n’ait changé. Derrière, des « Talibans » ( ?) reprendront sans doute le contrôle de part ou totalité du pays. Je ne vois pas d’autres éventualités, l’Afghanistan restera un pays de chef de guerres, de clans, de tribus et Kaboul après une décennie d’occupation Occidentale ne sera pas remplie de fast food et de cinémas qui déversent les navets Hollywoodiens. On ne peut à ce titre que féliciter les Afghans de leur attachement à « leur liberté ».

Ce qui est plus inquiétant à mon sens est le risque d’explosion régionale. Des combattants qui se sont entrainés à la guerre sur ce theâtre d’opération contre les soldats de l’OTAN pourraient en cas de retrait de ces derniers se chercher un autre « terrain de jeu » et tenter de déstabiliser les pays fragiles d’Asie centrale et ou même la Russie.

Quelle est d’après vous la possibilité réelle de frappes militaires Américaines en Iran ?

Je ne crois pas aux frappes sur l’IRAN. Je pense que elles ne peuvent pas arriver car elles enflammeraient la région et je doute qu’une coalition Israel / Amérique ne puisse soutenir un tel effort de guerre. En fait je prend le problème à l’envers et je ne crois pas du tout aux « éventuelles » menaces Iraniennes sur Israel. Soyons sérieux, le gouvernement Iranien n’est pas suicidaire, et sait très bien que son pays n’a pas les moyens de faire face à une campagne militaire de l’OTAN. Le programme nucléaire Iranien a été soutenu par l’Amérique et l’Europe dans les années 50, puis par la Russie après 1979, donc bien avant Amadinedjad.

La volonté théorique de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire (comme nombre de pays) ne me parait pas à mettre en lien avec les phrases du président actuel sur la « disparition d’Israel » que beaucoup de musulmans du monde entier souhaitent, principalement en Palestine d’ailleurs. Je constate que la communication anti Téhéran est très bien structurée mais que la seule solution est la discussion, et non la sanction. Voila ou manque une Europe forte et unie, qui puisse faire entendre sa voix et soutenir l’effort de négociation Russe avec Téhéran.


Pensez vous que l’on assiste à un durcissement des sanctions contre l’Iran ?

Il est évident que la communauté Occidentale, dont la voix principale est l’Amérique, souhaite donner des gages de plus en plus forts à Israêl. On va sans doute avoir une surenchère des sanctions contre l’IRAN, mais enfin soyons sérieux, jusqu’ou ? Et puis surtout, et après ?

Quel devrait être les positions de l’Iran et de la Chine, en fonction de leurs intérêts respectifs et que pensez vous que soient réellement, au fond leurs  positions ?
Il est bien difficile de comprendre les diplomaties de ces pays tant l’interdépendance économique complexifie les relations économiques. L’Occident (Washington-Bruxelles-Tel aviv) semble s’être lancé dans une logique de conflit avec l’Orient, il me semble que c’est une grosse erreur. Il serait souhaitable que les BRIC fassent entendre une autre « voix »  que celle de l’Occident sur cette affaire, et bloquent les vélléités Occidentales de guerre. Je souhaiterais également qu’une voix Européene se fasse entendre (Paris-Berlin-Moscou), qui ne s’aligne pas sur celle de la maison blanche. Seule la Russie peut en être le fer de lance.

Quelle devrait être d’après vous la position de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan si des activités militaires contre l’Iran avaient lieu ?

L’Azerbaidjan a un vieux contentieux avec l’Iran qui avait « soutenu » du bout des lèvres l’Arménie durant le conflit avec l’Arménie. L’Azebaidjan fait géographiquement partie du club de la caspienne et à une frontière commune avec l’Iran. Le pays est relativement « neutre » il me semble, contrairement à la Georgie qui a un gouvernement nationaliste et très pro-Occidental. La Georgie vient de supprimer les visas avec l’Iran pour des raisons obscures, car le pays semble plutôt adhérer à la ligne Washington/Tel Aviv, plus qu’à la ligne Moscou/Téhéran. On peut imaginer que la Georgie soit sollicité par l’OTAN « si » des évenements militaires devaient se dérouler dans la région, et contre l’Iran, car n‘oublions pas que le pouvoir Georgien est un pur produit d’une révolution de couleur, mais je le redis je ne crois pas à ce scénario militaire contre l’Iran.

Que pensez vous de la situation dans le Caucase Russe et dans le Caucase en général ?

Le Caucase à toujours fait face à des tentatives de déstabilisation de l’extérieur et cela continue aujourd’hui. Natalia Narotchniskaia l’a très bien expliqué dans son ouvrage « que reste t-il de notre vicoire ? ». L’arc « Baltique / Mer noire » est stratégique pour notamment repousser la Russie hors du grand jeu et avoir l’accès des corridors énergétiques concernés. Le Caucase Russe est une pièce essentielle de la Russie, et le caucase non Russe une pièce essentielle de la stabilité géopolitique de cette région, à la frontière de la Russie. Il est impératif que le Caucase soit protégé des influences néfastes, Prométhéistes, Américaines ou Wahabittes. Le Caucase est une des clefs essentielles pour la Russie demain. Les récents développements, que cela soit en Tchétchénie lors des deux guerres, en Ossétie en 2008, ou en Ingouchie et au Daguestan récemment laissent penser que le pouvoir Russe ne souhaite rien lâcher et c’est une très bonne chose. Enfin le projet fédéral de “Stratégie du développement socio-économique du Caucase du Nord d’ici 2020” est à mon sens une excellente initiative.

Comment estimez vous le récent deal Brésil-Turquie-Iran dans le contexte multipolaire ?

Le rôle du Brésil et de la Turquie traduit parfaitement cette évolution du monde vers un plus grand nombre d’acteurs, qui auront chacun plus d’influence. Ce monde multipolaire que l’on ne peut qu’appeler de nos vœux aura pour corrollaire la baisse d’influence de l’Occident et de l’Amérique. J’espère qu’il se traduira également par la montée de l’influence Russe et de l’Europe en général.




Qu’avez vous à dire d’autres aux lecteurs et au public Russe ?

Je voudrais rappeler à quel point nombre de pays Européens sont en “très” mauvais état d’un point de vue économique ou tout simplement identitaire. Si on prend l’exemple de la France, je lis souvent les nouvelles Russes et je pense qu’elle ne rendent pas compte de la dégradation du pays. L’appauvrissement des gens ces 10 dernières années à été très important, l’économie est très mal en point, le chômage  en réalité avoisine aujourd’hui les 12% et non les 8% comme on le fait dire aux statistiques. En outre, à cause de l’absence de “pouvoir” politique, le pays part à la dérive, l’insécurité y est explosive. En France on parle désormais de risques de guerre civile. Dans les banlieues des villes, autour des centres, se développent des guetthos de population d’origine Africaine / Nord Africaine. Il s’est développé principalement chez ces populations une contre culture de la haine et de la destruction de la “France” et de ses institutions. Ces voyous mélangent culture américaine de la violence, du rap et des armes avec revanche post-coloniale. Il y a des émeutes régulièrement, 40.000 voitures au minimum seraient incendiées chaque année en France, le gouvernement à décidé de ne plus donner de chiffres pour ne pas inquiéter les gens. Une immigration incontrôlée, couplée à une mentalité victimaire post-coloniale, permises l’une et l’autre par une absence de pouvoir politique fort et volontaire ont mené à cette situation de tension croissante qui est par ailleurs similaire en Angleterre, Belgique, Hollande… 

Cette faiblesse interne des états Européens à pour corollaire une faiblesse externe. Il n’y fondamentalement aujourd’hui aucune conscience politique commune Européenne, ni aucune réelle vision du monde commune.  Je pense que les pays d’Europe sont maintenus coalisés par l’OTAN, Si celle ci devait être amené à disparaitre, les états Européens se chercheraient immédiatement un nouveau pôle de puissance, pour les diriger sinon l’Union se désagrégerait. Il est évident que la Russie “pourrait” être ce pôle de puissance, dans le cadre d’une grande Europe, de l’Atlantique au Pacifique.

ALEXANDRE LATSА: World in the face of future challenges

Marat Kunaev, Russian bloggueur, interviewed me a few days ago, the interview can be founded in English Here and here on win.ru‘s website.
Alexandre Latsa is a French publicist, writing on the geopolitical matters connected with Russia and the other countries. He also has a blog named “Dissonance” offering “different view” to Russia and intending to replenish the lack of profound information about Russia in the French-speaking internet. Today Alexandre is a guest of our site and, as a matter of courtesy he agreed to answer our questions.
— What can you say about the general state of affairs in the world, in Europe and about Russia’s place in it and its prospects in particular?
— The existing world order began in 1945 and may now be characterized by its non-parity nature due to the unilateral America-centrism. Today, however, we are seeing certain signs of weakening of American power and emergence of new actors, while the world economic crisis has raised the issue of the economic principles that dominated over our planet until the recent times. It seems that the new shapes of tomorrow’s “great spaces” come into sight. What will they look like? Apparently, these would be the state unions or state groups, established on the grounds of economics, culture, military, religion and language…
These shapes will appear in the face of the future challenges: hyper-terrorism, ethno-civilization conflicts, strengthening of international mafia (having the equal power as the states), severe economic shocks…
Europe that we see today — the one dubbed the EU (or the Brussels Union) — seems to be incapable of giving the adequate answers to these challenges. This hyper-structure that was founded due to the reasons that “hardly” were economic — in fact in order to prevent its founding fathers from starting yet another war against one another. Without doubt, they were guided by the good intentions but the European structure appeared at the height of the Cold War (in the beginning of 1957) and in the world that was quite different from the one we live in today. The EU possesses neither respective fundamental grounds, nor the necessary instruments to secure the actual sovereignty. Today it has none and completely depends upon the NATO, it doesn’t have its own policy, it has neither internal, nor foreign policy project whatsoever. Presidents of its state-members are deprived of any freedom of actions, while the very European institutions are awkward and bureaucratized. EU seems to be approaching its collapse because of the critical situation in its members and — as the example of Greece indicates — due to absence of the economic solidarity (between Germany, Slovakia)…
It seems to me that Russia, on the contrary has all the chances to become the actor of this epoch. Political elite of this country has a realistic and modern worldview on the place that Russia is to occupy. Perhaps, the key characteristic of Russian leaders of that period is that they are “pragmatics”. Besides that, thanks to its geographical location, natural resources, its status of the civilization and religious crossroads — generally speaking, thanks to the factors composing its potential power — Russia seems to have the ability to adequately perceive and react to the coming great changes.
 
— What do you think about NATO bloc and its prospects?
— NATO is a tool that America successfully uses to impose its will and consolidate its supremacy in every place it considers necessary. I don’t believe NATO to survive this period. Re-alignment of the world powers according to the “consonance” of identities will cause the growth of contradictions and discords between its country-members and the states close to them. Today’s Turkey — its clashes with America upon the issues of the War in Iraq or Israel — makes up a graphic example of that.
Russia could have also promoted the NATO collapse, had it convinced (I’d wish that to happen) the European countries to create the European security system. From the other hand, NATO influence at the Eurasian continent is to be decreased as a result of growing authority of the countries that are not parts of it — such as Russia, China or India.
 
— What’s your estimate of the Mediterranean Union?
— Mediterranean Union is a reckless project. Theoretically it could have promoted the improvement of international infrastructure and the possibility to bring the migratory influx from South to North into the legal framework but I’d be willing to know what the actual goals of this project are. So far, I see only negative reaction towards it both in South (Turkey, Egypt, Libya…) and in Europe. I don’t think that it would be brought to life on any significant level of authority.
— What is your opinion of the relationship between the USA and France, France and Russia, France and Great Britain?
— It seems to me that the influence of the Great Britain is about to face its dawn, which is not bad for Russia, because Britain would always remain what it used to be — traditionally pro-American Atlantic power “playing” against Europe.
All the French governments after De Gaulle were playing up the NATO and America interests a little at a time right until the recent policy of Sarkozy took place. This became a major strategic victory of the Atlantic powers and largely promoted the American supremacy (that does not depend upon democratic or republican label). And that has driven France to the dead-end, having made a pawn out of it, given the background signs of Germany, seemingly parting with the pro-Atlantic position. “Coalition of the regional unions” at the continent poses obvious danger to the Atlantic adherents and America, as long as it would be able to undermine NATO dominion and authority little by little. A coalition like that would also be able to take the much-talked-about “Great Game” straight to the junkyard.
Creation of “Paris-Berlin-Moscow” alliance could have become a key step towards the change of the current situation in the short prospect. Moscow indicates its willingness to bring a project like that to life and Berlin seemingly does not oppose it. I may denote that France is not making any clear and definite decisions if the question is not an internal NATO issue. Sarcozy is not an independent President; he does not belong to any kind of patriotic elite, caring about the future of the country. It seems that French policy is being born not in France, but rather follows the orders of its Washington masters. Surrender of Serbia, for example, speaks volumes about it.
 
— What would you say about the future and the present of the Ukraine?
— Russia and the Ukraine are the two sides of the same coin. For now the Ukraine follows the path that can be compared to a highway leading to independence between Brussels Union and Russia. I’m not sure that it’s the best way for Ukrainians but they are sovereign and freedom-loving nation and we have to respect their choice.
New Ukrainian President is not an artificial master, who was brought to power thanks to the intrigues of the foreigners. We may hope that unlike his predecessor he would do his work in the interests of population, not against them. The Ukraine is a weak country in a post-illness state that desperately needs its neighbor — Russia — to rely upon.
We continue to publish our interview with the French publicist Alexandre Latsa. Theme for our today’s conversation is the situation in the Middle East.— Mr. Latsa, what, in your opinion, the further development of Palestinian crisis would be?
— The very Israel’s existence disposes no other resources rather than Israeli citizens and the world-spread Jewish diasporas. As for me, I don’t see any positive prospect in that, as long as the logic itself prompts sides to the struggle for total victory with the latter destruction of the lost side. I believe that the Israel’s collapse is inevitable. Country is in the face of the demographic situation that plays into the hands of their neighbors and the irreversible turning point is to come very soon. Without the American shield — that is obviously lowering already — this state will undoubtedly decease…

I believe that the most part of Israeli population (the Russian-speaking one) might come in handy to Russia — why not to use the repatriates of Birobijan in order to develop, say, Far East? It seems to me that the presence of active Jewish (Judaic) community at its territory would answer the Russian purposes quite well — just the same way it is with other various religious communities (Protestants, Catholics, Buddhists, Muslims).

— Should we expect radical changes in Afghanistan?
— Without any doubts, Western occupation is moving toward its resume that is similar to the results of the Soviet occupation. Long story short, nothing essential will change. In the meanwhile, “Talibs” (according to Alexandre Latsa, the very actuality of this term raises certain doubts) are little by little establishing their control over the country regions. And I see no other possible scenarios: Afghanistan is to remain the country of military lords, clans, tribes and Kabul where — even under the auspices of Western occupation — it turned out to be impossible to introduce fast-food restaurants and cinemas, showing the Hollywood fables. We may use the occasion to congratulate the Afghani loyalty to “their kind of freedom”.

In my opinion, there’s also a risk of the regional explosion. Troops, trained against the NATO soldiers in the real combat — in case if the latter would be pulled out of the country — may find themselves new goals and the “arena of actions”, destabilizing the weak states of Central Asia and, accordingly, Russia itself.

— What is the probability of American or Israeli strikes against Iran in your opinion?
— I don’t believe in the possibility of conducting a strike right against Iran. I believe that this can’t be done as long as it would have set the whole region on fire and I doubt that U. S.-Israeli coalition aims at unleashing the war. From the other hand, I don’t believe these “substantial” Iranian threats to Israel to be real at all. No kidding — Iranian officials are not self-murderers. Iranian nuclear program was supported by America and Europe since 1950s and by Russia since 1979, long before Ahmadinejad.

Theoretically, Iran’s desire to have a nuclear weapon (in the likeness of several other states) has nothing to do with the statements about “destroying Israel”, which is something that a lot of Muslims — especially the Palestinian ones — desperately desire. I can ascertain that anti-Iran cooperation is perfectly systematized but the only possible solution is the discussion, not the sanctions. And here you go — the desired example of European lack of strength and unity — otherwise it could have made everyone to listen to it and support Russian efforts to organize the negotiations with Tehran.

— Should we expect any further strengthening of anti-Iran sanctions?
— Obviously, Western society, dancing to the American tune wants to fund the Israeli power furthermore. And we have to expect the further strengthening of sanctions against Iran. But let’s be serious at last: what are they for? And even the more important question: what’s next?

— What, in your opinion, the position of Georgia and Azerbaijan would be, if the warfare against Iran are actually to take place?
— Azerbaijan has a long-term dispute with Iran that they’ve decided to dim a little because of the conflict with Armenia. Azerbaijan is playing the geographic party of the Caspian Club and has the common border with Iran. I believe that this country is quite “neutral” as opposed to Georgia, which nationalistic government seems to be too pro-Western to me. Georgia has broken up the diplomatic relations with Iran due to some make-believe occasion, as long as it urges to be a dog at the U. S.-Israeli leash, preferring them to Moscow and Iran. We also have to take persistent Georgian desire to enter NATO into consideration — it believes its possibility to be more likely, had it been ready to take part in the military enterprises, threatening to destabilize the entire region. This includes the warfare against Iran as well as the fact that Georgian authorities are the children of color revolution. But still, I don’t really believe into the possibility of using the military scenario against Iran.

— What do you think about the whole situation at the Russian Ciscaucasia and the entire situation at the Caucasian region in general?
— Attempts to destabilize the situation in the Caucasus from the outside have been taking place for a long time and they continue today. Natalya Narochitskaya has perfectly explained at one of her papers that the Baltic-Black Sea arc has a strategic value for those who want to surround and weaken Russia during the “Great Game’ and gain access to the respective energetic corridors. Russian Caucasus is a one of the most important parts of Russia and non-Russian Caucasus is a pledge for the geopolitical stability of that region that borders Russia. Accordingly, Caucasus is the indispensable object for different kinds of ill-wishers (Prometeists, Americans, Wahhabites) to influence the situation. Caucasus is one the main keys to the Russian “tomorrow”.

Recent events like two wars in Chechnya, war in Ossetia in 2008, wars in Ingush Republic and Dagestan give the grounds to assume that Russia is not going weaken its presence in the region even a jot. And that’s good. Federal project “Strategy of social-economic development of Ciscaucasia until 2020” seems to be a wonderful initiative to me.

— Mr. Latsa, what would like to say to Russian readers as a conclusion? What important matters of Russo-French relationship would you like to draw attention to?
— I often read the Russian news and I think that the degree of degradation of two countries (Russia and France) is incomparable. Impoverishment of the French population during last 10 years had a huge impact, economics is unhealthy, unemployment became reality for 12% of the population and about 8% are just not taken into account by the statistics. At that, lack of political “will” of the government mutilates the country; its condition is highly explosive at the moment. In the nearest future France risks to fetch itself in the middle of the civil war. Suburbs have turned into ghettos, which population has mostly African or North African origin. Distinctive feature of this population is the counter-culture of hatred and destructive attitude toward France and its institutions. This is a mix of American culture of violence, rap, guns and the post-colonial revanchism.

Riots take place on a regular basis and about 40.000 cars are annually burnt in France so the government decided not to publish these numbers in order not to worry the people. Uncontrolled immigration, combined with the mentality of colonialism victims, authorities lacking the political opportunities and the will to solve the situation, will eventually lead to the aggravation of these discords. And mind that the same situation is unfolding in England, Belgium, and Holland…

This internal impotence of the European states quite correlates with their foreign-policy powerlessness. Neither political conscience, nor realistic worldview characterizes the European community anymore. I think that NATO is the only power, holding the European countries together. And as long as this institution is moving towards its collapse, quite soon European states would have to look for another pole of power, capable of playing the role of a director who would save the EU from destruction. It’s obvious that Russia may become such pole within a united Greater Europe, lying from the Atlantic to the Pacific Ocean.

Interviewed by Marat Kunaev
Translated from French

The Trotsky conundrum

Western publications headed by former or acting Trotskyites tend to be post-Soviet Russia’s most acerbic critics,” explains Yury Rubinsky, the head of the department for French studies at the Moscow-based Institute of Europe. “To these people, Russia is not just a traitor, but a double and triple traitor.” Why Russia is a traitor to Trotskyites is easy to explain. Having veered off from the course towards world revolution in 1924, ejected Trotsky in 1929 and dumped the Marxist utopia in its entirety in 1991, Russia clearly did not live up to the expectations of the radical Western students of the 1960s”.
““Under the stewardship of Plenel, Le Monde became the most anti-Russian publication in the Western world,” says Rubinsky.  One cannot agree more – it is simply amazing how Le Monde and Der Spiegel, so tolerant of some very controversial regimes and movements of the world today, could not find even a tiny bit of sympathy for Russia and its reforms in the 1990s. Their proverbial dislike for Yeltsin and later Putin was even more surprising, given the background of their sympathetic attitude towards Gorbachev. Yet if one recalls that Gorbachev was bent on “revitalising socialism” (Trotsky’s favorite expression), all the pieces fall into place”.
” One group of Russian political leaders which did enjoy some support from the Western media – Anatoly Chubais and other “young reformers” – were similar to Trotsky in their utter disdain for public opinion in Russia, a country they wanted to lead to “shining horizons” (formerly communist, now capitalist ones) without its people’s consent”.
“Well, Yeltsin and Putin were not ideological presidents and they couldn’t care less about being “traitors to the cause” in the opinion of Plenel and Aust. Since 1991, Russia has been a pragmatic country, going about its own business without teaching other countries any ideology”.

“It is the West that has become a proponent of something vaguely resembling Trotsky’s “permanent revolution” on all continents. “Nation building” suddenly became necessary due to the impossibility of building a “consumer paradise” in a single country without Middle Eastern oil, Siberian gas and a China’s army of cheap labour. Does not this remind one of Lev Davidovich’s unjustly forgotten globalism?” 

Source

Boris Berezovsky: Parrain de Strategy 31 à l’étranger?

Cet article est une traduction d’un excellent article, comme toujours, de Anatoly Karlin

Les « agents de BAB à l’étranger »

Ces derniers mois, un énième mouvement « libéral » Russe à été créé, basé sur une soi disant protection de l’article 31 de la constitution qui garantit la « liberté de réunion », les membres de ce nouveau mouvement appellé Stratégie 31 choisissant de se réunir les derniers jours du mois. Comme d’habitude, les tenants de ces mouvements font le choix démonstratif de la provocation de la police et des autorités devant les caméras, surtout étrangères. Un show parfaitement organisé et qui a été parfaitement défini par la phrase suivante : « Strategy31 : a mi chemin entre le cirque et le thêatre ». Evidemment vous vous doutez des conséquences de telles provocations policières : la mise en détention, transformée pour le coup en opération mi martyr mi PR.

A ce point on pourrait se demander : « est ce que ca pourra tourner plus que ca à la farce ? ». Oui car le 31 aout 2010, les agents et dissidents Alexander Goldfarb et Andrei Sidelnikov ont propagé Strategy 31 à l’Ouest, en plein cœur de Londres, plus précisemment devant l’ambassade Russe (6/7 Kensington Palace Gardens, W8 4QP).

La question est : qui sont t-ils ? Goldfarb est un proche de Berezovski, responsable de l’utilisation de fonds de BAB envers dives sites et organisations anti Kremlin. En 2006 il s’est occupé de l’opération de PR entourant la mort de Litvinenko et des accusations de meurtre de Poutine liées. Sidelnikov lui a été un temps dirigeant de Pora (it’s time), le fameux mouvement « orange »de dissidence politique, liés à cette kyrielle d’ONGs qui ont servies la révolution Orange de 2004. Ce dernier à rencontré Litvinenko 2 jours avant sa mort et reconnait être proche de Berezovski.

Mais retuoir à S31, le projet original est du a Alex Goldfarb qui a suggérér sur son blog Live Journal d’organiser des « piquets » devant les ambassades Russes à l’ouest. Après tout écrit t-il : « si les Cubains et Iraniens en exil organisent des démonstrations à Londres, pourquoi les Russes ne le feraient pas , pour manifester contre le régime du Kremlin ? ». D’après lui ne manque qu’une impulsion organisatrice pour que des contestations se mettent en place. Deux jours après cette annonce, fut créé le nouveau blog de S31 à l’étranger puis enfin Sidelnikov crééa la page Facebook de S31 à l’étranger le 3 aout, la page fut effacée le 26 aout pour violation puisque la charte facebook oblige que les profils ouverts représentent de « vrais » personnes. Dans les jours qui suivirent, le blog live journal de S31 à l’étranger servi à donner cette « impulsion organisationelle » dont la conséquence est que des libéraux Russes et des journalistes Georgiens projettaient d’organiser des piquets devant les ambassades Russes à Londres, New York, Berlin, Tel Aviv et sans doutes d’autres villes …

Utilisant Facebook, Sidelnikov invita beaucoup d’étudiants à protester, mais leur participation ne fut pas si nombreuses que escomptée. Logiquement car la vile regorge de pubs (activité tout aussi intéressante que les manifestations) et aussi car nombre d’entre eux sont des enfants de la jeunesse dorée de la Nomenklatura actuelle qui ne veut pas de « problèmes » avec le pouvoir actuel. En outre, si les manifestations a Moscou ont un « éventuel » sens de réelle protestation (risque d’arrestation, voir de coups de matraques), les polices Occidentales, notamment Anglaises, si promptes à arrêter, tabasser les manifestants anti globalisation ne toucheront jamais les « manifestants Anti Kremlin » qui servent parfaitement les interets géopolitiques de leurs dirigeants. Enfin la participation à une manifestation organisée par les proches du voleur du siècle, voir de l’éventuel assassin de journalistes commeVladislav Listyev ou Paul Klebnikov, et qui cherche des idiots utiles pour faire déferler sa vengeance personnelle contre Vladimir Poutine en la camouflant sous des beaux principes de « défense de liberté » et des « libertés civiles » n’a que peu de chance de séduire des gens un tant soi peu intelligents. La manifestation à Londres n’a finalement réuni que quelques dizaines de personnes, ce qui est très peu par rapport au 300.000 Russes qui résident à Londres.

Lorsque Anatoly a discuté sur FB avec le gérant de la page Facebook deS31, celui-ci a au début « nié » être en quelconque lien avec Godfarb ou Berezovski affirmant que « le meeting de Londres n’a aucun lien avec eux deux » Ho surprise, surprise 😉 Ci-dessous photo de la manifestation de Londres 😉

En réponse à la question de savoir pourquoi l’action était organisé à Londres, si loin de Moscou, Sidelnikov à répondu : « Pourquoi ? Parce que j’ai une conscience démocratique et qu’il n’est pas important de savoir ou à lieu le meeting, que ce soit à Londres ou Moscou » .. Puis « Sur internet on peut trouver beaucoup d’informations de avec qui j’ai travaillé et c’est vrai que j’ai travaillé avec Berezovski et je n’en ai pas honte, je suis fier que ma route est croisé celle d’une telle personne ».

Trouvant difficile de comprendre comment concilier « le travail héroique de Berezosvki » et « conscience démocratique », Anatoly décide d’informer Sidilnikov que il ne pouvait avoir quoi que ce soit en commun avec quelqu’un qui est fier de travailler avec un criminel, celui-ci répondit avec un Smiley : « Ha oui et sans doute boit t-il le sang des enfants le matin » ?

Finalement, à une question de Leboda sur le fait de savoir « pourquoi » cette manifestation était organisée à Londres au sujet de la Russie et pouquoi il ne se préoccupait pas plutôt de défendre des causes liés à son pays d’adoption, Sidilnikov écrit : « j’ai du quitter la Russie en 2007 pour ne pas aller en prison pour des raisons politiques. Je n’ai pas participé à beaucoup de démonstrations en Angleterre et ne sais pas comment cela se passe. J’ai une expérience en Russie donc je vais pouvoir comparer. »

 

No more comments !

Finalement de nombreuses questions restent en suspends : Sidelnikov est t-il un manipulateur, un naif ou un réel militant altruiste des droits de l’homme ? Quel est le niveau réel d’implication de Berezovski ? Et de Alex Goldfarb ? Ces questions restent en suspends et il ne semble pas évident de trouver des réponses sur internet ..

 

********

Note de Alexandre LATSA :

Je tiens à noter que la page S31 ayant été effacée, ces captures d’écrans sont fournies par Anatoly. 

Les notes ci-dessous sont indépendantes du texte de Anatoly mais un rajout de Alexandre LATSA car l’article original en Anglais date du 31 donc avant la manifestation qui a eu lieu à Moscou et Londres ainsi que à New York et Tel Aviv, mais également dans d’autres villes de Russie comme Saint Petersbourg ou Tomsk ou Krasnodar. Curieusement, à Tomsk et Krasnodar, les rassemblements ont eu lieu pacifiquement et ont été acceptés par l’état, tout comme à Moscou contrairement à ce qui a été dit, le rassemblement avait été accepté par la mairie, mais pas à l’endroit souhaité qui est actuellement en travaux. 3 autres endroits du centre ville ont été proposés afin de permettre que le rassemblement est lieu :  « ..Организаторам “Стратегии-31” были предложены для проведения митинга Болотная площадь, площадь Краснопресненской заставы у памятникаГероям революции 1905-1907 годов“, и Чистопрудный бульвар у памятника Грибоедов». 

Soit :

Place kransopresensko devant le monument des héros de la révolution

Mais évidemment les organisateurs ont délibéremment choisis de ne violer la loi et de « tout faire » pour pouvoir se faire arrêter devant les caméras étrangères, nourissant des pigistes et correspondants ignares, non Russophiles et justes bons à déverser de la propagande à des lecteurs Français qui n’ont droit qu’à un son de cloche.

Autre exemple destiné à faire frémir le lecteur étranger et à lui faire croire à la violence du régime Poutine, une telle photo qui prise hors contexte est effrayante, on pense à une pauvre jeune fille, battue et jetée à terre ! Mais que non, regardez ces photos prises sur place par un Bloggueur et ces commentaires, sous la photo 15 : « К слову о театре. Эта девушка легла на асфальт и, на радость фотокоррам, начала биться в истерике. В принципе, никто ее не трогал. Зато на фотографиях все будут думать, какие милиционеры жестокие, девушку избили ».

Traduction : «  des mots au thêatre, cette jeune fille s’est allongée sur l’asphalte et devant la joie des caméras présentes, s’est mise à devenir hystérique. Pourtant absolument personne ne l’a touché, personne ne l’a poussée. Mais en voyant cette photo, tous penseront qu’un méchant milicient a bousculé une pauvre jeune fille ! »

*

Encore plus risible, au vu de ce que l’on vient de voir ci-dessus, la participation d’une déléguation de la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen venue faire on ne sait trop quoi, avant d’aller à Beslan, et les critiques (ici et la) du département d’état

Mais comme dit le proverbe : les chiens aboient la caravane passe ….

Vox Populi : la Russie et les états-unis

 

Cet article fait partie du projet Vox POPULI

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Index de l’attitude envers les états unis

Comme on peut le voir, lors des bombardements sur la Serbie en 1999, lors de l’affaire Kodorkovski en 2003 puis lors de la crise Géorgienne en 08/2008 , l’index baisse considérablement.
 
 
Comment décririez vous les relations entre la Russie et l’Amérique ?
En 2001 20% des russes trouvaient la relation plutôt bonne ou amicale, 42% la trouvaient normale et 9% tendue ou hostile.
En 2008 9% des russes trouvent la relation plutôt bonne ou amicale, 26% la trouvent normale et 24% l’estime tendue ou hostile.
 
Avec quelle phrase êtes vous le plus d’accord ?
76% des sondés pensent que l’amérique tente hypocritement de faire respecter des règles de droit international aux autres, mais que eux ne respectent pas ces règles.
Seuls 10% des sondés pensent que l’amérique respecte le droit international et sont un bon exemple pour les autres pays.
 
 Concernant la dernière élection présidentielle, pour qui auriez vous voté ?
35% des sondés auraient voté Obama, 14% McCain et 37% aucun des deux.

Un occidental à du mal à apprendre des règles différentes de celle en vigueur chez lui

Directeur Russie de Safran depuis près de 5 ans, Patrick Barraquand est un fin connaisseur du secteur de l’aéronautique, qu’il pratique depuis bientôt 20 ans. Cette expérience solide et son profil singulier – normalien, économiste de formation et spécialiste de la politique monétaire, il a commencé sa carrière dans l’aide au développement et a derrière lui un long parcours à l’international –, lui permettent de porter un regard aussi informé qu’inhabituel sur le marché russe.
Il a bien voulu expliquer au Courrier de Russie comment marche la Russie pour un opérateur tel que Safran, société au large portefeuille d’activités qui intervient dans des domaines aussi pointus que sensibles : aéronautique, défense, sécurité. Aujourd’hui en position de cueillir les fruits déjà mûrs d’une coopération de longue date avec Sukhoï avec la mise sur le marché du SuperJet 100, Safran voit aussi s’ouvrir de nouvelles perspectives prometteuses en Russie.
 
Le Courrier de Russie : Les négociations entre la France et la Russie sur la vente du Mistral, on l’a vu lors de la dernière visite de Poutine à Paris, piétinent, achoppant sur la question récurrente des transferts de technologie, toute la question étant de savoir si la France va finalement vendre une coque « toute nue », ou « habillée » d’équipements militaires porteurs de technologies transférables. Comment voyez-vous les choses, et en quoi Safran est-elle précisément concernée, directement ou indirectement, par ces tractations ?
Patrick Barraquand : Le Mistral, c’est incontestablement une opportunité, et il y a aujourd’hui une nette avancée au regard de la situation d’il y a deux ans. Le fait que l’on envisage désormais de livrer à la Russie, de produire et même de coproduire des équipements militaires, reflète un changement géostratégique majeur. Les interviews données récemment et les discours prononcés par les autorités russes le prouvent. Dans l’exposé qu’il a fait dernièrement à Satory, le vice-ministre russe de la Défense Vladimir Popovkin a été clair : le tabou des achats extérieurs en équipement des forces russes doit tomber, et la Russie doit s’aligner sur des pratiques désormais universelles. Tous les systèmes militaires au monde sont obligés de renoncer à la production 100% maison, et contraints de faire appel à des technologies étrangères.
Ce cadre général, pour Safran, signifie d’abord que la voie est ouverte. La société intervient en outre sur certains équipements en navigation, détection, infrarouge, qui pourraient faire l’objet de commandes directes dans le cadre de la commande du Mistral.
LCDR : Comment Safran a-t-elle abordé le marché russe, et quelle vision en retirez-vous sur le fondement de votre expérience ?
P. B. : On est aujourd’hui sur un marché civil qui n’est pas déterminé par le cadre géostratégique, bien qu’il soit lié à la bonne qualité des relations interétatiques. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fallait commencer par là. Il est vrai cependant que le marché de la défense reste pour nous prépondérant, et que nous sommes favorisés, ainsi que les autres acteurs français du secteur, par la qualité des relations établies. Le troisième marché, c’est celui de la sécurité, aujourd’hui porteur en Russie comme à l’échelle du monde entier, et sur lequel le groupe Safran dispose là aussi de toute la gamme des technologies actuellement disponibles. Nous sommes là à un stade embryonnaire du développement en Russie, et ce grand pays qui a des besoins importants en matière de sécurité est très prometteur.
 
LCDR : Que peut-on dire des spécificités du marché russe en termes de cadre de négociation, toute dimension géostratégique mise à part ?
P. B. : Il se trouve que la stratégie de Safran est naturellement fondée sur la coopération industrielle, et que nous sommes toujours d’accord pour parler partage en général : des charges de développement, des technologies, des activités de production et des marchés. C’est le mode de développement international privilégié du groupe dans le monde, et dans la mesure où cela correspondait à la vision des autorités russes, nous avons été choisis pour le moteur – et pas seulement – de l’avion SuperJet 100, et nous pouvons espérer être en bonne position sur le marché en développement des technologies de défense, et développer notre présence dans notre troisième domaine d’intervention, celui des technologies de sécurité.
Pour parler spécificité du marché, on peut dire qu’en Russie on peut très bien réussir, mais à la condition d’être massivement présent. C’est un pays très difficile à aborder sur la base de simples échanges commerciaux. Il y a un certain nombre de barrières, linguistiques, de tradition industrielle, psychologiques, qu’il n’est possible de dépasser qu’à partir d’une certaine masse critique. C’est ce que nous avons pu faire grâce au projet SaM 146 [moteur du SuperJet, ndlr].
Une masse critique, c’est une quantité suffisante de gens connaissant assez bien le pays pour conduire les discussions, un minimum de gens connaissant la langue, et un certain nombre de gens assez acculturés pour y être efficaces professionnellement tout en y vivant, ce qui demande du temps. Il faut enfin un apprentissage de l’ensemble des petites règles écrites et non écrites, culturelles, administratives, juridiques, comptables, bancaires, financières, qui, comme dans tout pays, constituent autant d’obstacles quand elles sont mal connues.
 
LCDR : La Russie a la réputation d’être un pays difficile du point de vue administratif.
P. B. : Je considère pour ma part que la complexité perçue vient du fait qu’un Occidental a du mal à apprendre des règles très différentes de celles qui sont en vigueur dans son pays, aux plans comptable et bancaire notamment, et tout cela dans une langue administrative qui lui est difficile d’accès. C’est une difficulté relative à nos propres capacités, et non intrinsèque. La fiscalité russe est plus simple que l’européenne, par exemple.
 
LCDR : Et au niveau du cadre de négociation, alors ?
P. B. : C’est un propos banal, mais je crois que les Européens, de façon générale, sous-estiment énormément la différence culturelle et le poids des mécontentements qui peuvent naître notamment des différences de tradition professionnelle au niveau de l’exécution quotidienne. La gestion de la production industrielle à la russe est très éloignée de la manière française. Il est donc indispensable d’avoir des passeurs de part et d’autre, c’est-à-dire des gens décidés, entraînés, formés et capables de faire une partie du chemin.
Quand une politique de coopération est suffisamment massive en termes de temps, d’argent, d’enjeux et de visibilité, on finit toujours par trouver un terrain d’entente. Les tests sur des objets non essentiels, peu coûteux et pas assez visibles sont voués à l’échec, comme de nombreuses entreprises françaises qui n’ont pas osé ou pas su atteindre la masse critique en ont fait l’amère expérience.
L’analyse stratégique conduite il y a quelques années déjà par les dirigeants actuels de Safran a établi qu’il y avait trois ingrédients nécessaires dans le secteur de l’aviation en Russie : un niveau technologique suffisant de l’interlocuteur, la capacité de financer l’effort, et enfin un marché domestique de taille suffisante. La Russie répond aux trois critères, avec un bon niveau de compétences, un Etat qui a tenu tous ses engagements, et un client de lancement pour le SuperJet 100, Aeroflot, susceptible d’asseoir la mise en place du programme.
 
LCDR : Et le forum, qu’en attendez-vous ? Des discussions doivent avoir lieu entre Safran et Sukhoï, mais d’après Mikhaïl Pogosian, directeur général de Sukhoï, elles ne porteront pas sur des contrats et des produits concrets, mais sur le cadre économique général.
P. B. : En effet. En ce qui concerne nos affaires concrètes, ce cadre est essentiel sur un point au moins. Le succès d’un avion commercial dépend de nombreux facteurs, mais d’un tout particulièrement : le financement des commandes. Sur ce point, qu’il s’agisse de l’agence de garantie des exportations allemande Hermes, de la COFACE française ou de la SACE italienne, il y a une tradition d’amélioration de la finançabilité des ventes fondée sur un mécanisme de garantie export essentiel pour le succès commercial de l’avion. Les autorités russes en ont conscience, et des discussions ont eu lieu entre industriels français et russes. C’est une question bien connue mais non encore résolue du côté russe, à faire avancer dans le cadre du forum : d’une part, le porteur de la garantie export doit être identifié clairement, que ce soit la VTB, la VEB ou une structure à créer, et d’autre part, il faut que le mécanisme qui assure la solvabilité de ce porteur via une garantie hors bilan de la Banque centrale soit transcrit et établi dans le système financier de la Fédération de Russie.
 
LCDR : Il subsiste donc actuellement un facteur d’incertitude non négligeable sur le marché aéronautique ?
P. B. : Le problème n’est pas encore critique, tant que les ventes du Superjet 100 restent domestiques, mais il le deviendra pour les ventes à l’export dans les mois qui viennent.
 
LCDR : Il y a d’autres questions susceptibles de vous intéresser dans le cadre du forum ? Celle de la sortie de crise par exemple ?
P. B. : Oui, nous sommes fortement dépendants de la conjoncture économique sur le marché de la sécurité et, fort opportunément pour nous, la Russie n’est pas en phase avec la crise mondiale. Elle est impactée, mais la dynamique économique russe est différente de celle des économies occidentales très industrialisées, en raison de la prépondérance de l’exportation des ressources naturelles. Cet avantage est en même temps un problème bien connu des élites russes. Cette différence de cycle est importante pour nous, et j’espère que le forum confirmera que nous avons raison de penser que la Russie, par ses taux de croissance, appartient bien au BRIC. Même s’il y a des différences notables avec la Chine, les écarts avec la situation existant dans les pays développés sont forts et la capacité de combler le retard l’est aussi. Il y a là un potentiel de croissance commun à tous les pays du BRIC.
 
LCDR : Et sur les questions de stabilité et de climat d’investissement en général ? Il y a une incertitude en matière financière, les tendances sur le marché des matières premières pouvant se retourner à tout moment.
P. B. : Oui, mais la politique d’épargne adoptée par la Russie, qui a consisté à constituer un fonds de réserve et à gonfler les réserves de la Banque centrale, a permis d’amortir le choc subi sur ce marché au début de la crise. Ces réserves ont permis à la Russie d’amortir le choc social et surtout de maintenir en totalité ses projets et engagements en matière d’investissements majeurs. Cette politique de lissage qui a fait ses preuves est à nouveau en marche et les réserves sont aujourd’hui en cours de reconstitution.

La rentrée scolaire 2010 en Russie

L’année dernière je publiais un article intitulé : “Et les enfants Russe alors” pour montrer que contrairement à la France ou à nombre de pays, ce moment est très important et festif. En Russie ballons, fleurs et bonne humeur sont de rigueur ! Aucun des correspondants de presse de AUCUN des grands quotidiens Francais n’a jugé bon ou intéressant d’aller dans une école Russe afin d’assister à une cérémonie et de la décrire dans un article ce qui est tout bonnement incroyable.
Ce 1ier septembre 2010, c’était de nouveau la rentrée scolaire, que j’ai choisi de nouveau illustrer par des villes autres que “Moscou” et “Saint Saint-Pétersbourg” .. 
Les images ci dessous sont donc celles de Arthur que mes lecteurs connaissent désormais bien et qui illustre la rentrée tout au sud de la Russie
Mais également celle de Olga, qui illustrent la rentrée la bas tout à l’est de la Russie, devant la frontière Chinoise …