Category Archives: Russie moderne

La Russie passe aux passeports électroniques

Ce nouveau format de passeport apparaitra à Moscou en projet pilote à partir du 1er décembre 2021 et sur tout le territoire au plus tard le 1er juillet 2023.

Le nouveau passeport sera valide 10 ans et la délivrance de passeports électroniques aux Russes se fera sur une base volontaire, à partir de 14 ans.

Le nouveau passeport sera délivré sous la forme d’une carte en plastique contenant des données électroniques et biométriques ainsi qu’un QR Code permettant sa lecture sans contact.

Russie : vers un nouveau cadre juridique Covidien?

J’ai déjà parlé du bouclier sanitaire que la Russie était en train de créer.

Le Covid19 continue de créer des remous en Russie.

L’ombudsman des droits de l’homme en Russie, Tatyana Moskalkova, estime que dans le contexte d’une pandémie telle que l’actuelle, de nouveaux auraient faient leur apparition dans la société et notamment un “cadre juridique Covid“.

Selon elle, cela imposerait de repenser afin de trouver un nouvel équilibre entre le besoin de restrictions et les droits de l’homme mais de comprendre que, dans certains cas, le droit collectif prime sur le droit individuel car l’objectif de mesures dictées par ce droit collectif viserait à sauver la vie et la santé humaines, mais aussi à sauver la vie et la santé de l’espace civilisationnel dans le monde.

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Russie : création d’un bouclier sanitaire

Le Covid19 a frappé la Russie fortement, mais la Russie a pris le sujet très au sérieux, nous y reviendrons.

La nécessité de créer un tel bouclier qui protégerait la Russie de la menace de nouvelles infections a été annoncée par le président Vladimir Poutine en avril dans son message à l’Assemblée fédérale. Parmi les composants de ce bouclier, il a nommé le développement accéléré de systèmes de test, de vaccins et de médicaments.

Dans ce cadre, le premier ministre russe Mikhail Michoustine a, au printemps dernier, annoncé la création d’un bouclier sanitaire dont la tâche principale devrait être de pouvoir affronter toute épidémie sans recours au confinement et sans perturbation de la vie ordinaire de la population.

MOSCOW, RUSSIA – JULYY 19, 2021: Russia’s Prime Minister Mikhail Mishustin attends a meeting of the Presidential Council for Strategic Development and National Projects via video link from the House of the Government. Dmitry Astakhov/POOL/TASS

30 milliards de roubles (350 millions d’euros) ont été alloués par le gouvernement afin que le projet soit en activité en 2024 jusque 2030 pour l’instant.

Le premier objectif est d’équiper 240 points de contrôle à travers la frontière de l’État avec des équipements spéciaux permettant un diagnostic express des maladies dangereuses ainsi que la création de 6 premiers laboratoires de diagnostic modernes pour étudier les nouveaux virus émergents ; s’ils sont identifiés, des systèmes de tests de diagnostic devront être produits en quatre jours, et de nouveaux vaccins en quatre mois.

Les russes boivent de moins en moins d’alcool

Le Centre panrusse de recherche sur l’opinion publique (VTsIOM) a présenté les données d’une enquête menée auprès des Russes sur le thème de la consommation d’alcool.

38% des Russes ne consomment pas d’alcool, contre 28% en 2011.

51% des Russes > 60 ans ne consomment pas d’alcool.

25 % des Russes boivent de l’alcool moins d’une fois par mois, 14% des Russes une fois par mois et 18% deux à trois fois par mois.

Les jeunes de 18 à 24 ans boivent une fois par mois.
Les répondants âgés de 25 à 44 ans boivent le plus souvent de l’alcool deux à trois fois par mois

Le plus souvent, sur une base hebdomadaire et une à deux fois par mois, les Russes boivent de la bière (7 % et 16 %). Les vins et champagnes sont le plus souvent consommés moins d’une fois par mois (24%), ainsi que les spiritueux (18%). Les cocktails alcoolisés ne sont pas populaires parmi les Russes : 91% des personnes interrogées déclarent ne pas en boire

La part de ceux qui pensent que tous les types d’alcool à un degré ou à un autre affectent négativement la santé des personnes a de nouveau augmenté – passant de 55% en 2018 à 81% en 2021.

Les personnes interrogées ont qualifié le vin de boisson la plus « inoffensive » (39%),devant la bière et la vodka (14 % et 12 %, respectivement).

Autres chiffres : la consommation globale d’alcool en Russie aurait diminuée de 43% entre 2003 et 2016.

Nouvelles facultés liées à l’étude du cerveau et à l’intelligence artificielle

Deux nouvelles facultés liées à l’étude du cerveau et à l’intelligence artificielle au sein de l’Université d’État de Moscou.

Actuellement, l’Université d’État de Moscou comprend 41 facultés et sept branches.

En 2020, l’université a créé sept écoles scientifiques et éducatives interdisciplinaires dans des domaines de rupture.

Ils sont conçus pour combiner le processus éducatif de l’université et son potentiel scientifique afin de créer de nouveaux programmes éducatifs uniques, de former des spécialistes dotés des connaissances et des compétences les plus modernes, ainsi que de développer des domaines scientifiques interdisciplinaires prometteurs et d’obtenir des résultats scientifiques révolutionnaires.

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Nouvelle matière dans les écoles russes : “Ma RUSSIE”
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Russie : révisions des programmes d’histoires
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Vers la création d’un Internet blanc en Russie ?
Vers la création d’un profil d’identifiant numérique dans l’éducation nationale russe

Vers la création d’un profil d’identifiant numérique dans l’éducation nationale russe

J’ai avant hier mentionné l’Internet Blanc en cours de création en Russie pour soutenir le système éducatif.

A la rentrée prochaine pour les élèves de première année et des jardins d’enfants, il sera possible de créer un “profil d’apprenant numérique” pour l’enfant où toutes les réalisations de ce dernier y seront enregistrées et ce jusqu’à la fin de ses études.

Le profil ou portfolio numérique de l’élève sera testé dans le cadre d’une expérimentation de mise en place d’un environnement pédagogique numérique, qui se déroule jusqu’au 31 décembre 2022.

Le concept du projet a été préparé par le ministère de l’Éducation de la Fédération de Russie et est actuellement coordonné avec le ministère des Sciences numériques pour achever sa réalisation.

Le profil d’apprenant numérique (цифровый профиль обучающегося ou ЦФО en russe) sera un élément unique d’identification de l’élève, à tous les niveaux d’enseignement que ce soir l’enseignement préscolaire, primaire général, fondamental général, secondaire général, secondaire professionnel, complémentaire, complémentaire professionnel et supérieur.

Le profil comprendra « les informations à jour et vérifiées sur un citoyen, permettant de l’identifier par le minimum de données disponibles et nécessaires au sein du processus éducatif » et un “portfolio numérique”, sorte de base de données avec toutes les réalisations de l’élève durant son parcours éducatif.

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QR Code à Moscou : ou en est-on ce 29/06/2021 ?

Au cours des trois premiers jours du lancement de ce dispositif, les Moscovites ont reçu près de 2,5 millions de QR codes pour visiter les cafés, restaurants ou autres événements, soit 1 habitant sur 5.

19 000 moscovites ont contacté le portail d’assistance technique du site mos.ru suite à des difficultés d’obtention des QR codes.

9.000 demandes sont liées à la recherche d’un certificat numérique après la vaccination et près de 10.000 demandes ont été reçues de Moscovites qui avaient été malades au cours des six derniers mois.

63% des demandes sont des bugs techniques, 23% car la vaccination à eu lieu dans un autre endroit que Moscou, 8% car n’etaient pas vaccines et n’avaient pas fait de PCR, 5% car ils n’avaient fait qu’un composant du vaccin et non les deux, 0,1% car ils sont malades et 0,7% car ils ont fait un vaccin étranger.

L’obtention des QR code se fait :

– via le site immune.mos.ru de Gosuslugi

– Via l’application Stopcoronavirus de Gosuslugi

– via le site Mos.ru (le site de la mairie de Moscou)

– via le dispositif de la carte médicale emias.info qu’utiliseraient déjà 900.000 utilisateurs.
Cette carte permet aux utilisateurs d’y stocker (uploader) et d’y consulter ce qui s’y stocke automatiquement via le ministère de la santé, comme par exemple toute étude de laboratoire et leurs résultats ou les résultats de tous types de tests, sanguins ou autres.
Les citoyens peuvent aussi y renseigner tous antécédents de santé personnels et familiaux ainsi que les indicateurs clés de leur santé mais également le dispositif permet de télécharger tous ces documents et les envoyer directement par e-mail ou par messagerie.

Combien d’utilisateurs de Gosuslugi en Russie

Le portail en ligne Gosuslugi (ou services publics) est une infrastructure qui permet l’échange de données et l’interaction technologique des systèmes d’information utilisés pour fournir les services de l’État et des municipalités sous forme électronique.

Le portail a été créé en 2009, son opérateur est le Ministère des télécommunications et des communications de masse de la Fédération de Russie.

En 2015 le portail a connu une nouvelle naissance avec l’apparition de l’application en ligne que les russes utilisent sur Smartphone.

Le nombre de comptes sur le portail fin mai a atteint 135 millions, en six mois leur nombre a augmenté de 10 millions, a déclaré le vice-Premier ministre Dmitri Chernyshenko dans une interview accordée au Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Sur les 135 millions de comptes, 78,5 millions ont le statut confirmé.

En 2020, le nombre de demandes via le portail s’est élevé à plus de 1,5 milliard, plus de 230 millions de services gouvernementaux ont été fournis, soit 50% de plus que l’année précédente, a déclaré le vice-Premier ministre.

“Les services les plus populaires sont
– Obtenir un rendez-vous avec un médecin (87 millions de demandes)
– Obtenir un extrait sur l’état d’un compte personnel individuel (29 millions de demandes).
– Obtenir des aides sociales (15 millions de demandes).
– S’inscrire dans les jardins d’enfants (11 millions de demandes)
– Immatriculer son véhicule (9 millions de demandes)

En moyenne, plus de 5 millions de visiteurs uniques accèdent au portail et à l’application mobile par jour, environ 550.000 services gouvernementaux électroniques sont fournis chaque jour.

D’ici fin 2021, six nouveaux super services seront lancés sur le portail des services publics, a rappelé le vice-Premier ministre. Il s’agit de
« Avis et appel d’amendes pour violation du code de la route en ligne »,
« Justice en ligne »
« Accouchement »
« Perte d’un être cher »
« Migration de travail en ligne »
« Ma santé en ligne ».

Résultats de l’audit du respect de la législation russe par les plateformes Internet américaines et les médias par Roskomnadzor

En complement de mon poste de hier, Roskomnadzor a publié récemment les résultats de son audit concernant ses demandes de retrait de matériels interdits tels que la pédopornographie, les contenus suicidaires, pro-narcotiques, l’implication de mineurs dans des activités illégales et des événements de masse illégaux, les matériels provenant d’organisations extrémistes et terroristes tels que reconnus conformément aux lois de la Fédération de Russie ainsi que le respect des exigences de la législation fédérale sur sur les agents étrangers.

Twitter

Depuis 2015, le site n’a pas retiré plus de 6 000 matériaux. Après l’application des mesures de ralentissement du trafic sur les réseaux sociaux, 490 supports restent intacts.

Le délai moyen pour satisfaire aux exigences de Roskomnadzor relatives à l’enlèvement des matières interdites a été réduit de 129 à 8 jours.

11 cas de censure de médias et de ressources d’information russes ont été recensés, dont Russia Today, Spoutnik, RIA Novosti, ainsi qu’un certain nombre de comptes d’utilisateurs et de projets russes (Leaders of Russia, compte du vaccin Spoutnik V).

Le traitement des données personnelles (DP) n’est pas localisé en Russie à ce jour.

10 procès-verbaux d’infractions administratives ont été dressés. À ce jour, les tribunaux ont examiné tous les protocoles, le montant total des amendes pour non-effacement des informations interdites est de 27,9 millions de roubles et pour non-respect des exigences de la législation russe sur la localisation des données – 4 millions de roubles.

Facebook/Instagram

Depuis 2015, plus de 3.700 matériaux n’ont pas été retirées.

Le délai moyen pour satisfaire aux exigences de suppression des informations interdites est de 105 jours.

26 cas de censure de médias et de ressources d’information russes ont été identifiés, dont Russia Today, RBC, ITAR-TASS, Crimea 24, STRC Stavropolye, GTRK Lotos et d’autres médias russes.

Des restrictions ont été imposées sur le flux dédié au vol de Youri Gagarine dans l’espace, sur le compte de RT, le projet éducatif RT “Red Fish”, sur des matériaux avec des fragments de l’hymne national de Russie, etc.

Le traitement des données personnelles (DP) n’est pas localisé en Russie à ce jour.

13 protocoles ont été rédigés. À ce jour, les tribunaux ont examiné tous les protocoles, le montant total des amendes pour non-effacement des informations interdites est de 43 millions de roubles et pour non-respect des exigences de la législation russe sur la localisation des données – 4 millions de roubles.

Google YouTube

Depuis 2015, plus de 5,2 mille matériaux interdits n’ont pas été retirés.

Le délai moyen pour répondre aux demandes de suppression d’informations interdites est de 82 jours.

29 cas de censure de médias et de ressources d’information russes ont été identifiés, dont Russia Today, Russia 24, NTV, TVC, VZGLYAD, Tsargrad, RIA FAN et d’autres publications russes. Des restrictions ont été imposées aux films documentaires « Beslan. Film d’Alexandre Rogatkin “,” RZHEV 500 jours en feu »,« Crimée. The Way to Homeland », un entretien avec le virologue russe Dmitry Lvov, consacré aux problèmes du COVID-19, des vidéos avec l’hymne national de Russie, etc.

Le traitement des données personnelles (DP) n’est pas localisé en Russie à ce jour.

De plus, Google ne supprime pas jusqu’à 30 % du contenu malveillant des résultats de recherche.

8 protocoles ont été élaborés pour ne pas supprimer les contenus interdits. À ce jour, les tribunaux ont examiné 3 protocoles, selon lesquels 6 millions de roubles d’amende ont été infligés pour non-élimination d’informations interdites.

Pour un filtrage incomplet dans les résultats de recherche de matériaux interdits sur le territoire de la Fédération de Russie, la société a vu sa responsabilité administrative engagée 5 fois, à partir de 2018 pour un montant d’amendes de 9,2 millions de roubles.

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Selon les exigences de la législation russe, si, après avoir reçu une notification de Roskomnadzor, l’administration de la plate-forme Internet n’a pas restreint l’accès aux informations interdites dans les 24 heures, elle peut être poursuivie sous la forme d’une amende d’un montant de 3 à 8 millions de roubles.

En cas d’établissement du fait d’une récidive par la plateforme Internet, le tribunal décide de l’imposition d’une amende d’un montant d’un dixième à un cinquième du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise.

De plus, en ce qui concerne les plateformes Internet non conformes à la loi russe, des mesures peuvent être prises pour ralentir ou limiter complètement le trafic.

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Il convient de noter que les mesures législatives russes d’influence sur les structures médiatiques contrôlées par des États étrangers reposent uniquement sur le principe de la souveraineté et de la transparence de l’information. En général, ils sont beaucoup plus tolérants que des réglementations similaires dans de nombreux pays étrangers, dont les États-Unis par exemple.

Ainsi, le Foreign Agents Registration Act (FARA) en vigueur aux États-Unis a été adopté dès 1938 dans le sillage de la lutte contre la propagande nazie, mais il existe toujours aujourd’hui. Il se distingue par sa formulation vague : par exemple, « politique » dans le FARA désigne toute activité susceptible d’affecter le travail d’un département ou d’un fonctionnaire américain.

Les exigences pour les agents étrangers aux États-Unis sont étendues : en plus de s’enregistrer auprès du ministère de la Justice et de déposer des rapports financiers, les organisations doivent étiqueter leurs documents et fournir des informations sur tous les aspects de leur travail, jusqu’à une description détaillée des contacts avec le gouvernement fonctionnaires.

La punition pour violation de la loi pour les médias et leurs partenaires est une peine de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans et / ou une amende pouvant aller jusqu’à 10 000 dollars américains, une interdiction de travailler et pour les citoyens étrangers – l’expulsion.

Depuis 2016, la chaîne russe Russia Today et l’agence Spoutnik sont persécutées par le FARA – sous la pression du ministère de la Justice, ils se sont enregistrés en tant qu’agents étrangers et ont commencé à étiqueter leurs documents, répondant ainsi aux exigences de la loi américaine.

Dans la loi russe sur les agents de médias étrangers, l’activité politique et autres concepts sont définis en détail, ce qui exclut les interprétations ambiguës, et les responsabilités de ces structures se limitent principalement à l’enregistrement d’une entité juridique russe et à l’étiquetage des publications.

La sanction pour non-respect de la loi est principalement associée à des amendes – une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans n’est prévue que dans des cas exceptionnels.

Néanmoins, les médias américains « Voice of America » et « Radio Free Europe » / « Radio Liberty », inscrits au registre des agents étrangers, refusent manifestement de se conformer intégralement à la loi. En particulier, Voice of America n’a pas établi d’entité juridique russe et Radio Liberty ne respecte pas systématiquement l’obligation de marquer les documents publiés.

L’Etat russe veut contrôler les “géants d’internet”

Au debut du mois de juin, la très influente Margarita Simonian a déclaré en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) que : ” l’Occident utilise depuis longtemps les plateformes informatiques dans la lutte géopolitique (…) Et ne pas avoir la nôtre et ne pas se défendre contre des étrangers pour nous, c’est comme ne pas avoir notre propre armée, ne pas avoir notre propre ministère de la Défense et ne pas avoir de frontières étatiques“.
En outre, la journaliste a rappelé que les ressources nationales sont : “régulièrement soumises à la censure et à la discrimination, et elle a estimé que l’ingérence de plateformes étrangères dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie était “inamicale, nuisible et dangereuse“.

En Russie, l’Etat ne souhaite pas se voir se voir répéter la situation occidentale qui voit des GAFA par exemple se permettre de censurer des comptes officiels tels que celui du president du pays comme ce fut le cas pour le président Donald Trump, pour des raisons purement idéologiques et politiques.

la Douma d’Etat vient donc d’adopter en troisième lecture un projet de loi sur l’obligation des sociétés informatiques étrangères, dont l’audience quotidienne est de plus de 500 000 utilisateurs russes. Que dit ce texte ?

▪️ les entreprises informatiques internationales avec une audience quotidienne de plus de 500 000 utilisateurs russes devront ouvrir des bureaux de représentation en Russie

▪️ Les géants de l’informatique devront installer un compteur d’utilisateurs choisi par Roskomnadzor, le Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse.

▪️ les mêmes bureaux de représentation devront être créés par les hébergeurs, les opérateurs de systèmes publicitaires et les organisateurs de diffusion d’informations sur Internet, puisqu’ils utilisent également les données personnelles des Russes.

▪️ ces bureaux de représentation devront représenter pleinement les intérêts des sociétés mères et deviendront le principal canal d’interaction avec le régulateur russe.

▪️ les bureaux de représentation devront créer un compte personnel sur le site de Roskomnadzor et l’utiliser pour interagir avec les autorités.

▪️ Les géants de l’informatique devront publier un formulaire en ligne pour les appels des Russes (les détails seront déterminés par Roskomnadzor)

▪️ pour avoir refusé de se conformer à cette loi, les entreprises informatiques seront confrontées à une interdiction de publicité, une restriction de la réception de fonds de Russes, une interdiction des résultats de recherche dans les moteurs internets, une interdiction de la collecte mais aussi du transfert de données personnelles à l’étranger – et un blocage complet sur l’internet russe (le Runet).

▪️ le site Roskomnadzor contiendra une liste des sociétés informatiques étrangères qui ont ouvert un bureau de représentation en Russie.

▪️ la loi entrera en vigueur le 1er janvier 2022.

Cette loi est une pierre additionnelle à un édifice important, l’instauration en Russie d’un internet souverain mais surtout sous contrôle de l’Etat et non des GAFA.

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Cet internet souverain s’inscrit comme objectif de la loi d’un Internet souverain (en russe : Закон о « суверенном интернете »), un ensemble d’amendements de 2019 à la législation russe existante qui rend obligatoire la surveillance d’Internet et accordant aux autorités russes le pouvoir technique de mettre en place une « gestion centralisée » du contenu internet disponible en Russie.

Cet internet souverain pouvant se déconnecter du reste du réseau mondial et filtrer tout le contenu internet mondial est fonctionnel depuis le mois de février 2021.