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Russie : vers un contrôle des algorithmes d’offre de contenu

J’ai déjà parlé sur ce blog de la lutte de la Russie contre les GAFA ouest européens et du contrôle du Runet, l’internet russe, pouvant déjà fonctionner en étant déconnecté du Net mondial.

Selon un projet de loi à venir, les autorités russes veulent pouvoir maîtriser les algorithmes utilisés pour offrir du contenu ou des biens et services sur les plateformes telles que par exemple Youtube, Instagram mais aussi VK, Kinopoisk, Yandex.Music et autres en contraignant notamment les plateformes à publier un document de directives d’utilisation qui répertorie les informations qu’elles collectent et d’où elles proviennent.

Selon le projet de loi les plateformes seront aussi obligées de fournir aux utilisateurs la possibilité de désactiver les algorithmes qui forment un contenu spécialement sélectionné dans son flux dans le cadre de : “la lutte contre la promotion des contenus illégaux” mais aussi car “les algorithmes de recommandation peuvent créer artificiellement un intérêt anormal pour un bien, un service ou un concept et imposer l’immersion excessive d’un utilisateur à des informations, influencer l’opinion publique dans une direction et augmenter le risque de conflit social“.

Le projet de loi est pilote par Alexandre Kinshtein qui dirige le Comité sur la politique de l’information au sein de la nouvelle Douma.

Il faut noter que dans la même période historique, une solution similaire prend forme en Chine. En effet, les entreprises du numérique devront désormais permettre aux utilisateurs chinois de “désactiver” les algorithmes de recommandation afin que ces derniers ne puissent “pas être utilisés” pour “déterminer des prix basés sur des préférences et des habitudes” notamment dans le tourisme, où des applications de réservation de billets proposent des tarifs différents pour un même produit ou service en fonction du degré de fidélité d’un utilisateur mais aussi aux cours de soutien privés ou la livraison de repas.

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Internet gratuit à Moscou (2)

J’ai déjà écrit sur ce blog sur le sujet du Wi-Fi en Russie.

Au 01/10/2021 la ville comprenant 21.500 points contre 20.500 points gratuits de Wi-Fi au 31/12/2020 et seulement 8.000 début 2017.

Depuis le 01/09/2020 ce sont 1.700 nouveaux points de Wi-Fi gratuits supplémentaires qui sont apparus dans la capitale soit en moyenne 141 par mois ou 4 par jour.

La mairie a déployé une carte interactive qui permet de géolocaliser les points et ainsi s’en rapprocher pour se connecter.

Par exemple si je zoome sur le monastère Novospassky et sélectionne un des points, j’ai son adresse précise.

Russie : création d’une base de données unifiée d’informations sur la population

11 octobre 2021 l’institut VTsIOM a présenté les données d’une enquête menée auprès de Russes sur les achats en ligne.

  • 84 % des russes utilisent Internet contre 50% en 2011.
  • 16% ne l’utilisent pas, dont 40% ont plus de 60 ans
  • 74 % des russes utilisent Internet quotidiennement contre 30% en 2011 (!)
  • 35 % passent plus de quatre heures par jour sur Internet (54 à 67 % chez les jeunes).
  • 74% ont une expérience d’achat de biens via Internet, contre 29% en 2011.

Cette forte et croissante pénétration d’internet en Russie est fortement accompagné par les élites russes qui digitalisent à outrance les services du pays, une tendance initiée bien avant le Covid19 mais qui s’est considérablement accélérée avec le Covid19.

D’ici 2025, une base de données unifiée d’informations sur la population sera créée en Russie, qui comprendra toutes les informations sur les citoyens.

Cette super-base, ou registre numérique, aura pour objectif la totale digitalisation mais aussi la centralisation de toute information concernant :
– les citoyens de la Fédération de Russie
– les citoyens étrangers
– les apatrides résidant en permanence en Russie,
– les citoyens russes résidant en permanence à l’étranger.

Le registre comprendra les données personnelles des citoyens (nom de famille actuel et antérieur, nom et patronyme, date et lieu de naissance, lieu de résidence, lieu de séjour, nationalité, à propos du défunt – date et lieu de décès, lieu d’inhumation). mais le registre contiendra aussi des informations sur les documents des citoyens (numéros d’acte de naissance, informations sur les droit à certains types d’activités), des données sur l’enregistrement d’un citoyen auprès des autorités fiscales, des informations sur l’inscription dans le système de pension obligatoire, médicale, d’assurance sociale ainsi que les informations sur l’enregistrement auprès du ministère du travail et du fonds de pension.

Des données personnelles supplémentaires y seront saisies, en particulier des informations sur l’éducation et la formation, l’attitude envers le service militaire, la capacité juridique, des informations sur le casier judiciaire et pour les immigrants – le pays d’arrivée, ainsi que les données personnelles des proches (nom, prénom, patronyme des parents, conjoints, enfants, date et lieu de naissance).

Il n’est officiellement pas prévu d’inscrire dans le registre des informations sur l’origine raciale ou ethnique, l’état de santé, les convictions politiques et religieuses.

Chaque individu majeur se verra attribuer un code 12 bits unique et non modifiable et pourra avoir accès aux informations du registre les concernant eux ou leurs enfants mineurs. Les autorités auront accès aux informations dont elles ont besoin pour exercer les fonctions.

La base permettra la centralisation des données des ZAGs (ЗАГС), qui sont les institutions émettrices de tous les documents liés à l’état civil via le registre d’État unifié (ЕГР ЗАГС) qui dépend lui du Service fédéral des impôts auquel la base sera directement reliée.

Il faut noter que cette superbase concernera les vivants mais aussi les morts car elle verra la numérisation de documents ou actes à partir de 1926.

Alors que la Russie organise son grand recensement, il faut noter qu’en raison de la présence d’un tel système, la nécessité d’un recensement de la population pourrait disparaître.

Sources 1,2,3,4

L’accès au contenu pornographique en Russie via Gosuslugi ?

Россиян предложили пускать на порносайты через регистрацию на «Госуслугах» Политика, Порно, Госуслуги, Роскомнадзор
Source

Les autorités russes via Roskomnadzor qui est le Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse (et qui mène notamment la lutte contre les géants du Net) a présenté un rapport sur l’expérience internationale en matière de réglementation des restrictions d’âge sur Internet en vue de potéger les enfants.

L’agence a notamment autorisé la possibilité de diviser la pornographie en deux catégories :
1/ « non interdite par la loi »
2/ « illégale »

L’agence propose de définir la pornographie non interdite par la loi comme suit : « les documents sur tout support, présentés sous forme d’images naturalistes ou de descriptions des organes génitaux d’un adulte et/ou de rapports sexuels, ou comparables à des rapports sexuels activité sexuelle impliquant des adultes avec leur consentement, qui ne répondent pas aux critères de la pornographie illégale”.

La deuxième catégorie pourrait elle inclure la pornographie juvénile, la nécrophilie, la bestialité et d’autres types « pornographies sexuellement abusives », c’est-à-dire comprenant des éléments de violence, des menaces pour la vie et la santé et/ou « d’autres actes de nature sexuelle sans consentement ».

Roskomnadzor suggère en outre d’examiner la question de la vérification de l’âge des utilisateurs qui visitent des sites pornographiques à l’aide du système national d’identification des citoyens « Gosuslugi ».

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La migration vers du digital Made in Russia dans l’éducation

Suite à mon précédent article sur la migration digitale des fonctionnaires et employés de l’État vers l’utilisation de services de messagerie, de courrier et de vidéoconférence uniquement russes dans le cadre de leurs activités professionnelles, cette initiative va être étendue aux aux enseignants des écoles et des universités, qui ne pourront désormais plus communiquer avec les parents, les écoliers et les étudiants que par le biais des services informatiques russes.

L’idée de ce transfert est née en Russie pour la première fois fin 2020 lorsque Microsoft a refusé de fournir des suites bureautiques à l’université Bauman puis en avril 2021, lorsque l’américain Zoom Video Communications a interdit aux distributeurs d’en vendre l’accès aux agences gouvernementales et aux entreprises publiques en Russie et dans la CEI

Jusqu’à présent, même au niveau de l’État, des plates-formes étrangères et des services cloud étrangers sont souvent utilisés, bien qu’il existe des analogues compétitifs parmi les systèmes nationaux,.

Selon Alexander Donin, expert en matière de substitution des importations de logiciels à Croc IT le contexte de la pandémie a permis l’apparition de solutions russes dont le succès dépendra d’une habile combinaison du bâton mais aussi de la carotte, via des subventions et autres incitations au passage à des logiciels domestiques.

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Migration des fonctionnaires vers du digital Made in Russia

D’ici décembre 2021, le ministère du Développement numérique préparera un cadre réglementaire pour la migration digitale des fonctionnaires et employés de l’État vers l’utilisation de courrier, messageries instantanées, services de vidéoconférences uniquement russes dans le cadre de leurs activités professionnelles.

Ces informations sont contenues dans le plan d’action du programme d’État « Création de conditions supplémentaires pour le développement de l’industrie des technologies de l’information » du ministère des Sciences numériques.

Ces initiatives ont déjà été approuvées par la commission gouvernementale sur le développement numérique.

Le concept implique (en gros) le développement de solutions et services domestiques pour l’échange opérationnel de données entre les services, y compris lors du travail à distance : e-mail, messageries instantanées, conférence audio et vidéo, gestion électronique de documents, gestion de tâches, missions et projets, ainsi qu’un certain nombre de autres services numériques.

A ce titre une application mobile dédiée aux fonctionnaires sera créée, séparée des applications existantes pour les citoyens ordinaires.

D’ici 2022, il est prévu de doter 10 instances exécutives fédérales de ce nouveau service tandis d’ici 2024, tous les fonctionnaires devront utiliser « des services de communication, d’interaction et de collaboration sécurisés et unifiés basés sur des logiciels domestiques ».

Le digital Made In Russia touche l’armée russe

Le ministère russe de la Défense développe un smartphone pour les employés des forces armées.

Cette annonce intervient dans le grand plan des autorités russe de créer un «écosystème numérique» complet pour aider notamment les militaires à mener leurs activités quotidiennes en toute sécurité.

Ce nouveau téléphone sera développé à «Era», une technopole d’innovation militaire dans le sud de la Russie, qui se concentre entièrement sur la technologie de rupture dans le secteur de la défense et sera construit sur Aurora OS, une plate-forme mobile ouverte russe conçue pour les entreprises et les gouvernements.

Le smartphone disposera d’un processeur Qualcomm MSM8940 à 8 cœurs.
Son poids sera de 228 grammes, son épaisseur sera de 1,3 cm, sa mémoire RAM sera de 3 Go, sa mémoire interne sera de 32 Go, il disposera d’un support microSD, d’un équipement photo / vidéo et d’une caméra frontale de 5 MP et arrière de16 MP.
La navigation sera compatible avec plusieurs systèmes – GPS, GLONASS, BeiDou, Galileo et une batterie amovible de 4000 mAh est utilisée.

A noter que des applications mobiles spéciales sont aussi en cours de développement pour les forces armées de la fédération de Russie.

La Russie passe au Digital Made In Russia

Des logiciels russes sont installés sur tous les smartphones, tablettes, ordinateurs de bureau et ordinateurs portables vendus dans le pays, ainsi que sur les téléviseurs intelligents fabriqués depuis le 1er janvier 2021.

Le décret gouvernemental a été publié sur le portail d’information juridique du gouvernement de la fédération de Russie.

La liste des programmes installés comprend les moteurs de recherche, les navigateurs, les réseaux sociaux, les messageries instantanées, les agrégateurs de nouvelles, les navigateurs, les programmes d’accès au stockage en Cloud.

La liste comprenait aussi les services de messagerie, les assistants vocaux, les programmes de diffusion en ligne, les services audio et vidéo, les programmes d’utilisation du système de paiement Mir (voir mon article sur ce sujet), les services gouvernementaux et les antivirus.

Il est précisé que le droit sur le logiciel pré-installé doit appartenir à la Russie, une entité constitutive de la Fédération, une personne morale russe ou un citoyen russe.

A ce titre, une des plus grandes entreprises d’État (Rostec) vient notamment d’interdire à ces employés d’utiliser les messageries occidentales tel que Skype ou Whatssap.

Également la Russie vient également de lancer un ordinateur portable “made in Russia” pour le secteur public qui fonctionne avec une carte mère domestique, un processus Intel et divers systèmes d’exploitations dont Windows10 L’ordinateur comprend un module Accord-AMDZ SDZ, certifié par le FSB. 18.000 ordinateurs ont été vendus et 15.000 premiers ordinateurs ont été commandé par RGD, les chemins de fers russes.

ou un système d’exploitation russe : Astra. Pour information Astra est un système d’exploitation russe dérivé de la distribution Debian2 de GNU/Linux et développé par РусБИТех pour répondre aux besoins de l’armée russe, d’autres forces armées et des services de renseignement. Il fournit une protection des données jusqu’au niveau « top secret » dans les informations classifiées russes. Il a été officiellement certifié par le ministère russe de la Défense, le Service fédéral de contrôle technique et d’exportation et le Service de sécurité fédéral, le FSB.

Le ministère de l’Éducation russe va confiera à l’IA la vérification des devoirs des écoliers

J’ai déjà sur ce blog évoqué de nombreuses fois les incroyables bons technologiques que la Russie est en train de vivre et notamment l’incroyable digitalisation que le pays connaît depuis maintenant quelques années.

Une digitalisation qui est un objectif national et d’intérêt national pour les élites russes et qui s’est accélérée de façon “fulgurante” avec le Covid19.

C’est d’ailleurs intéressant de voir tout ce qui est en train de se modifi-digitaliser dans la société russe et notamment dans 3 directions principales que sont la vie des citoyens, l’éducation et bien entendu l’industrie.

Pour l’éducation le Tsunami digital est en marche, j’ai déjà parlé de l’Internet blanc, de la création du profil d’identifiant numérique, des nouvelles universités liées à l’étude du cerveau et à l’intelligence artificielle ou de l’adoption de la Biométrie dans les universités.

On sait maintenant que L’IA vérifiera environ 50% des devoirs des écoliers et ce d’ici 2030.

Ceci est indiqué dans le passeport de la stratégie de transformation numérique de l’éducation, préparé par le ministère de l’Éducation Russe.

D’ici 2030, 50 % des devoirs sont vérifiés automatiquement à l’aide de L’intelligence artificielle (IA) via notamment la création d’un “Assistant Digital d’enseignement“.

Le document affirme en outre que 100% des écoles russes devraient passer aux technologies sans papier et en ligne dans l’organisation des activités éducatives d’ici 2024.

Pour cela un nouveau système de gestion des données sera créé, utilisant la Big Data, permettant d’ici 2024 que 100 % des candidats qui ont terminé le développement des programmes d’enseignement général puissent constituer une base de données sous forme de portfolio, le fameux identifiant numérique dont J’avais parlé sur ce blog en juillet 2021.

En outre le document donne en feuille de route que d’ici 2024 :
– 33 % des cours seront dispensés à l’aide de contenus pédagogiques numériques modernes.
– 100 % des écoliers pourront recevoir une sélection de contenus ciblés sur demande;
– 100 % des écoliers pourront bénéficier de programmes d’apprentissage en ligne à l’aide de chats vidéo et d’autres moyens de communication.

D’ici 2030, ce sont 100% des étudiants qui auront la possibilité d’accéder gratuitement à des contenus et services éducatifs numériques vérifiés pour de l’auto-apprentissage via un organisateur numérique, qui planifiera efficacement des programmes individuels de formation et de développement, ainsi que l’intégration de ses programmes au programme scolaire de base.

Source

30% des Russes font connaissance via les réseaux sociaux

Selon un sondage fait sur 1.093 personnes de plus de 18 ans, environ 30% des Russes font connaissance via les réseaux sociaux, a déclaré le service de presse du réseau social Odnoklassniki.

12% des personnes interrogées font connaissance via les réseaux sociaux et se rencontrent physiquement ensuite tandis que 18% font connaissance online, mais ne se rencontrent pas physiquement.