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Interview de Alexandre Latsa par Marat Kunaev

Marat Kunaev, blogueur Russe et traducteur pour InoForum m’a interviewé il y a quelques jours, l’interview est lisible en Russe (ici et la) sur le site win.ru.

Alexandre LATSA, qui êtes vous, comment vous présenter ?

Alexandre Latsa, je suis de nationalité francaise, âgé de 32 ans et réside à Moscou. J’écris principalement sur la géopolitique de la Russie et ses rapports avec les autres pays. 

Je suis l’auteur du blog Dissonance, qui se veut donner un “autre” regard sur la Russie et qui est destiné à combler le manque d’information sérieuses sur la Russie sur le « net » francophone. 
Que pensez vous de l’évolution du monde, de la situation en particulier mais également de la place et des perspectives de la Russie ?

Le monde tel que nous l’avons connu depuis 1945, unilatéral et Américano-centré est en train de disparaitre.  Il y a à mon sens plusieurs raisons à cela, on peut citer l’affaiblissement de la puissance Américaine, l’émergence de nouveaux acteurs et la crise économique mondiale qui a remis en question les récents principes économiques planétaires. Ce qui semble se dessiner, c’est la recomposition du monde de demain en “grands espaces”. Que seront ces grands espaces ? Probablement des alliances entre des pays ou des groupes de pays, sur des bases économiques, culturelles, militaires, religieuses, linguistiques…

Ces regroupements auront lieu afin de faire face aux défis du futur : l’hyper-terrorisme, les conflits ethnico-civilisationnels, l’émergence de mafias internationales puissantes comme des états, les crises économiques violentes…

L’europe telle que nous la voyons aujourd’hui, c’est à dire l’UE (ou Union de Bruxelles) ne me semble pas du tout prête à faire face à ces défis. Cette hyper structure s’est créée pour des raisons “un peu” économiques, mais surtout afin d’empêcher que ses états membres se refassent la guerre. Ses pères fondateurs étaient sans doute pleins de bonnes intentions, mais la construction Européenne s’est faite au coeur de la guerre froide (à partir de 1957) et dans un monde très différent de celui dans lequel nous vivons actuellement. L’UE ne s’est fondamentalement pas adaptée et ne s’est pas dotée des outils nécessaires pour devenir réellement souveraine. Au jour d’aujourd’hui, elle n’a aucune souveraineté, elle est dépendante de l’OTAN militairement, et n’a aucun coeur de décision politique, elle n’a d’ailleurs aucun projet politique ni interne, ni externe. Les présidents des états n’ont aucune liberté d’action et les institutions Européennes sont devenues lourdes, bureaucratiques. L’UE semble aujourd’hui proche d’une implosion, on a vu le résultat de la crise sur certains de ses membres, ou l’absence de solidarité économique de certains états (Allemagne, Slovaquie…) avec la Grèce par exemple.

La Russie au contraire me semble bien partie pour devenir un des acteurs clefs de ce siècle. Le pays est doté d’une élite politique qui à une vision moderne et réaliste du monde, et surtout de la place que la Russie doit occuper dans ce monde en mouvement. On peut fondamentalement définir les leaders Russes de ce siècle (Poutine, Medvedev…) comme des « pragmatiques ». En outre, de par sa géographie, ses ressources naturelles, son statut de carrefour des civilisations et des religions, et surtout son pouvoir fort, la Russie me semble avoir la capacité de s’adapter et faire face aux grands changements à venir.




Quelle est votre opinion sur l’OTAN et ses perspectives ?

L’OTAN est un outil par lequel l’Amérique à réussi à imposer sa volonté et sa puissance, partout ou cela lui était nécessaire. Je pense que l’OTAN ne devrait pas survivre au siècle. La recomposition du monde en “ensembles” identitaires devrait faire émerger des tensions et des dissymétries d’intérêts entre états proches de l’OTAN, la Turquie en est l’exemple le plus visible aujourd’hui, dans ses tensions avec l’Amérique pendant la guerrre en Irak, ou avec Israël.

La Russie devrait également contribuer à la disparition de l’OTAN si elle arriver à persuader (ce que je souhaite) les pays Européens, de mettre en place une architecture de sécurité européenne. En outre, l’influence mondiale grandissante de pays non membres de l’OTAN, comme la Russie, la Chine ou l’Inde devrait réduire son influence sur le continent et le pourtour Eurasien.

Quelle est votre opinion sur l’union de la Méditerranée ?

L’union méditerranéenne est un projet Francais insensé. Si le projet devait se cantonner à l’amélioration des infrastructures inter-états ou à la possibilité de maitrise de l’immigration clandestine “Sud-Nord” pourquoi pas, mais je me demande quelle est le but politique inavoué de ce projet. Je note que les réactions ont été d’ailleurs assez négatives, autant au sud (Turquie, Egypte, Libye..) que en Europe, ou chez les pays non riverains qui ne sont que peu sollicités bien que souffrant d’une immigration qui passe par les pays européens riverains. 

Je pense que ce projet ne débouchera sur rien.

Votre opinion sur les relations entre la France et l’Amérique, la France et la Russie et la France et l’Angleterre ?

La Grande Bretagne me semble avoir une influence en déclin, y compris au sein de l’Europe, et c’est tant mieux pour la Russie. Elle reste ce qu’elle a toujours été : une puissance atlantiste, traditionnellement pro Américaine, et en ce sens “joue” contre l’Europe.

Tous les gouvernements Francais depuis le départ du général de Gaulle, ont peu à peu joué la carte de l’OTAN et de l’Amérique, jusqu’aux récentes décisions du président Sarkosy. C’est une grande victoire stratégique des forces Atlantistes au pouvoir en Amérique (indépendamment du label Républicain / Démocrate). En verrouillant la France, ils s’assurent un nouveau pion, alors que l’Allemagne donne des signes d’instabilité. La crainte des Atlantistes au pouvoir en Amérique est évidemment de voir une “coalition d’alliances de sécurité régionales”, sur le continent qui rendrait peu à peu l’OTAN obsolète et inutile. Ainsi, ils sortiraient du “grand jeu” et leur influence déclinerait très rapidement.

La clef de ce retournement de situation serait une alliance “Paris-Berlin-Moscou” dans un premier temps. Moscou à la volonté de soutenir ce projet, Berlin semble réceptif. Je note que la France n’a pas pris de décisions claires, si ce n’est celle de rejoindre l’OTAN. La présidence Sarkosy n’aura finalement servi qu’à ca. Il n’y a pour l’instant aucune élite digne de ce nom en France pour prendre des décisions qui aillent dans l’interet du pays. Les politiques Francais ne pensent qu’à eux, ou à obéir à leurs maitres, qui sont à Washington. C’est un processus de soumission qui a commencé dans les années 80. La trahison de la Serbie par la France en est l’exemple le plus parlant.

Comment envisagez vous l’avenir de l’Ukraine ?

La Russie et l’Ukraine sont deux faces d’une même pièce de monnaie. L’ukraine suit une voie qu’elle a choisie, c’est à dire celle d’un pays indépendant, pont entre l’Union de Bruxelles et la Russie. Je ne suis pas persuadé que ce soit la meilleure voie pour les Ukrainiens, mais ce peuple est souverain et libre, il faut donc respecter son choix.

Le nouveau président n’est pas un président artificiel, placé la par des magouilles politiques fomentées à l’étranger. On peut espérer que contrairement à son prédécesseur, celui ci travaille pour le peuple, et non pas contre le peuple. L’ukraine est un pays en mauvaise santé, affaibli, qui à besoin du soutien de son voisin Russe.

Que pensez vous de la situation au moyen-orient et des proches perspectives ?

Finalement personne, hormis les citoyens d’Israel et les diasporas juives éparpillés n’est « serein » de la l’existence d’Israel. Il n’y a aucune perspective positive à envisager selon moi, car les parties sont dans une logique de victoire totale et d’anéantissement de l’autre. Je pense que la disparition d’Israel est inévitable. Le pays aujourd’hui fait face à une situation démographique qui le condamne à relativement courte échéance et à un voisinage dont la puissance et la détermination augmente très rapidement. Sans le bouclier Américain (qui s’affaise), ce pays aurait sans doute déjà disparu. Je me demande surtout ce qui se passera après, ou iront les citoyens Israéliens et surtout quelle sera l’attitude des autres parties de ce conflit à ce conflit à ce moment la. Il me semble qu’une grande partie de la population d’Israël, russophone, pourrait être re-accueillie en Russie, pourquoi pas au Birobodjan par exemple dans le cadre d’un plan de rapatriement de citoyens mais également de développement de l’extrême orient ? ll me semble que la Russie n’a aucun interet a ne pas avoir une communauté Juive active sur son territoire, dès lors que qu’elle défend uniquement les intérêts de la Russie, comme c’est le cas par exemple avec de nombreuses autres communautés religieuses de la fédération (Protestantes, Catholiques, Bouddhistes, Musulmanes …). 

Pouvons nous imaginer des changements radicaux en Afghanistan?

L’occupation Occidentale va sans doute se terminer comme l’occupation Soviétique. Par un retrait sans que fondamendalement « rien » n’ait changé. Derrière, des « Talibans » ( ?) reprendront sans doute le contrôle de part ou totalité du pays. Je ne vois pas d’autres éventualités, l’Afghanistan restera un pays de chef de guerres, de clans, de tribus et Kaboul après une décennie d’occupation Occidentale ne sera pas remplie de fast food et de cinémas qui déversent les navets Hollywoodiens. On ne peut à ce titre que féliciter les Afghans de leur attachement à « leur liberté ».

Ce qui est plus inquiétant à mon sens est le risque d’explosion régionale. Des combattants qui se sont entrainés à la guerre sur ce theâtre d’opération contre les soldats de l’OTAN pourraient en cas de retrait de ces derniers se chercher un autre « terrain de jeu » et tenter de déstabiliser les pays fragiles d’Asie centrale et ou même la Russie.

Quelle est d’après vous la possibilité réelle de frappes militaires Américaines en Iran ?

Je ne crois pas aux frappes sur l’IRAN. Je pense que elles ne peuvent pas arriver car elles enflammeraient la région et je doute qu’une coalition Israel / Amérique ne puisse soutenir un tel effort de guerre. En fait je prend le problème à l’envers et je ne crois pas du tout aux « éventuelles » menaces Iraniennes sur Israel. Soyons sérieux, le gouvernement Iranien n’est pas suicidaire, et sait très bien que son pays n’a pas les moyens de faire face à une campagne militaire de l’OTAN. Le programme nucléaire Iranien a été soutenu par l’Amérique et l’Europe dans les années 50, puis par la Russie après 1979, donc bien avant Amadinedjad.

La volonté théorique de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire (comme nombre de pays) ne me parait pas à mettre en lien avec les phrases du président actuel sur la « disparition d’Israel » que beaucoup de musulmans du monde entier souhaitent, principalement en Palestine d’ailleurs. Je constate que la communication anti Téhéran est très bien structurée mais que la seule solution est la discussion, et non la sanction. Voila ou manque une Europe forte et unie, qui puisse faire entendre sa voix et soutenir l’effort de négociation Russe avec Téhéran.


Pensez vous que l’on assiste à un durcissement des sanctions contre l’Iran ?

Il est évident que la communauté Occidentale, dont la voix principale est l’Amérique, souhaite donner des gages de plus en plus forts à Israêl. On va sans doute avoir une surenchère des sanctions contre l’IRAN, mais enfin soyons sérieux, jusqu’ou ? Et puis surtout, et après ?

Quel devrait être les positions de l’Iran et de la Chine, en fonction de leurs intérêts respectifs et que pensez vous que soient réellement, au fond leurs  positions ?
Il est bien difficile de comprendre les diplomaties de ces pays tant l’interdépendance économique complexifie les relations économiques. L’Occident (Washington-Bruxelles-Tel aviv) semble s’être lancé dans une logique de conflit avec l’Orient, il me semble que c’est une grosse erreur. Il serait souhaitable que les BRIC fassent entendre une autre « voix »  que celle de l’Occident sur cette affaire, et bloquent les vélléités Occidentales de guerre. Je souhaiterais également qu’une voix Européene se fasse entendre (Paris-Berlin-Moscou), qui ne s’aligne pas sur celle de la maison blanche. Seule la Russie peut en être le fer de lance.

Quelle devrait être d’après vous la position de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan si des activités militaires contre l’Iran avaient lieu ?

L’Azerbaidjan a un vieux contentieux avec l’Iran qui avait « soutenu » du bout des lèvres l’Arménie durant le conflit avec l’Arménie. L’Azebaidjan fait géographiquement partie du club de la caspienne et à une frontière commune avec l’Iran. Le pays est relativement « neutre » il me semble, contrairement à la Georgie qui a un gouvernement nationaliste et très pro-Occidental. La Georgie vient de supprimer les visas avec l’Iran pour des raisons obscures, car le pays semble plutôt adhérer à la ligne Washington/Tel Aviv, plus qu’à la ligne Moscou/Téhéran. On peut imaginer que la Georgie soit sollicité par l’OTAN « si » des évenements militaires devaient se dérouler dans la région, et contre l’Iran, car n‘oublions pas que le pouvoir Georgien est un pur produit d’une révolution de couleur, mais je le redis je ne crois pas à ce scénario militaire contre l’Iran.

Que pensez vous de la situation dans le Caucase Russe et dans le Caucase en général ?

Le Caucase à toujours fait face à des tentatives de déstabilisation de l’extérieur et cela continue aujourd’hui. Natalia Narotchniskaia l’a très bien expliqué dans son ouvrage « que reste t-il de notre vicoire ? ». L’arc « Baltique / Mer noire » est stratégique pour notamment repousser la Russie hors du grand jeu et avoir l’accès des corridors énergétiques concernés. Le Caucase Russe est une pièce essentielle de la Russie, et le caucase non Russe une pièce essentielle de la stabilité géopolitique de cette région, à la frontière de la Russie. Il est impératif que le Caucase soit protégé des influences néfastes, Prométhéistes, Américaines ou Wahabittes. Le Caucase est une des clefs essentielles pour la Russie demain. Les récents développements, que cela soit en Tchétchénie lors des deux guerres, en Ossétie en 2008, ou en Ingouchie et au Daguestan récemment laissent penser que le pouvoir Russe ne souhaite rien lâcher et c’est une très bonne chose. Enfin le projet fédéral de “Stratégie du développement socio-économique du Caucase du Nord d’ici 2020” est à mon sens une excellente initiative.

Comment estimez vous le récent deal Brésil-Turquie-Iran dans le contexte multipolaire ?

Le rôle du Brésil et de la Turquie traduit parfaitement cette évolution du monde vers un plus grand nombre d’acteurs, qui auront chacun plus d’influence. Ce monde multipolaire que l’on ne peut qu’appeler de nos vœux aura pour corrollaire la baisse d’influence de l’Occident et de l’Amérique. J’espère qu’il se traduira également par la montée de l’influence Russe et de l’Europe en général.




Qu’avez vous à dire d’autres aux lecteurs et au public Russe ?

Je voudrais rappeler à quel point nombre de pays Européens sont en “très” mauvais état d’un point de vue économique ou tout simplement identitaire. Si on prend l’exemple de la France, je lis souvent les nouvelles Russes et je pense qu’elle ne rendent pas compte de la dégradation du pays. L’appauvrissement des gens ces 10 dernières années à été très important, l’économie est très mal en point, le chômage  en réalité avoisine aujourd’hui les 12% et non les 8% comme on le fait dire aux statistiques. En outre, à cause de l’absence de “pouvoir” politique, le pays part à la dérive, l’insécurité y est explosive. En France on parle désormais de risques de guerre civile. Dans les banlieues des villes, autour des centres, se développent des guetthos de population d’origine Africaine / Nord Africaine. Il s’est développé principalement chez ces populations une contre culture de la haine et de la destruction de la “France” et de ses institutions. Ces voyous mélangent culture américaine de la violence, du rap et des armes avec revanche post-coloniale. Il y a des émeutes régulièrement, 40.000 voitures au minimum seraient incendiées chaque année en France, le gouvernement à décidé de ne plus donner de chiffres pour ne pas inquiéter les gens. Une immigration incontrôlée, couplée à une mentalité victimaire post-coloniale, permises l’une et l’autre par une absence de pouvoir politique fort et volontaire ont mené à cette situation de tension croissante qui est par ailleurs similaire en Angleterre, Belgique, Hollande… 

Cette faiblesse interne des états Européens à pour corollaire une faiblesse externe. Il n’y fondamentalement aujourd’hui aucune conscience politique commune Européenne, ni aucune réelle vision du monde commune.  Je pense que les pays d’Europe sont maintenus coalisés par l’OTAN, Si celle ci devait être amené à disparaitre, les états Européens se chercheraient immédiatement un nouveau pôle de puissance, pour les diriger sinon l’Union se désagrégerait. Il est évident que la Russie “pourrait” être ce pôle de puissance, dans le cadre d’une grande Europe, de l’Atlantique au Pacifique.

The Trotsky conundrum

“Western publications headed by former or acting Trotskyites tend to be post-Soviet Russia’s most acerbic critics,” explains Yury Rubinsky, the head of the department for French studies at the Moscow-based Institute of Europe. “To these people, Russia is not just a traitor, but a double and triple traitor.” Why Russia is a traitor to Trotskyites is easy to explain. Having veered off from the course towards world revolution in 1924, ejected Trotsky in 1929 and dumped the Marxist utopia in its entirety in 1991, Russia clearly did not live up to the expectations of the radical Western students of the 1960s”.
““Under the stewardship of Plenel, Le Monde became the most anti-Russian publication in the Western world,” says Rubinsky.  One cannot agree more – it is simply amazing how Le Monde and Der Spiegel, so tolerant of some very controversial regimes and movements of the world today, could not find even a tiny bit of sympathy for Russia and its reforms in the 1990s. Their proverbial dislike for Yeltsin and later Putin was even more surprising, given the background of their sympathetic attitude towards Gorbachev. Yet if one recalls that Gorbachev was bent on “revitalising socialism” (Trotsky’s favorite expression), all the pieces fall into place”.
” One group of Russian political leaders which did enjoy some support from the Western media – Anatoly Chubais and other “young reformers” – were similar to Trotsky in their utter disdain for public opinion in Russia, a country they wanted to lead to “shining horizons” (formerly communist, now capitalist ones) without its people’s consent”.
“Well, Yeltsin and Putin were not ideological presidents and they couldn’t care less about being “traitors to the cause” in the opinion of Plenel and Aust. Since 1991, Russia has been a pragmatic country, going about its own business without teaching other countries any ideology”.

“It is the West that has become a proponent of something vaguely resembling Trotsky’s “permanent revolution” on all continents. “Nation building” suddenly became necessary due to the impossibility of building a “consumer paradise” in a single country without Middle Eastern oil, Siberian gas and a China’s army of cheap labour. Does not this remind one of Lev Davidovich’s unjustly forgotten globalism?” 

Source

Boris Berezovsky: Parrain de Strategy 31 à l’étranger?

Cet article est une traduction d’un excellent article, comme toujours, de Anatoly Karlin

Les « agents de BAB à l’étranger »

Ces derniers mois, un énième mouvement « libéral » Russe à été créé, basé sur une soi disant protection de l’article 31 de la constitution qui garantit la « liberté de réunion », les membres de ce nouveau mouvement appellé Stratégie 31 choisissant de se réunir les derniers jours du mois. Comme d’habitude, les tenants de ces mouvements font le choix démonstratif de la provocation de la police et des autorités devant les caméras, surtout étrangères. Un show parfaitement organisé et qui a été parfaitement défini par la phrase suivante : « Strategy31 : a mi chemin entre le cirque et le thêatre ». Evidemment vous vous doutez des conséquences de telles provocations policières : la mise en détention, transformée pour le coup en opération mi martyr mi PR.

A ce point on pourrait se demander : « est ce que ca pourra tourner plus que ca à la farce ? ». Oui car le 31 aout 2010, les agents et dissidents Alexander Goldfarb et Andrei Sidelnikov ont propagé Strategy 31 à l’Ouest, en plein cœur de Londres, plus précisemment devant l’ambassade Russe (6/7 Kensington Palace Gardens, W8 4QP).

La question est : qui sont t-ils ? Goldfarb est un proche de Berezovski, responsable de l’utilisation de fonds de BAB envers dives sites et organisations anti Kremlin. En 2006 il s’est occupé de l’opération de PR entourant la mort de Litvinenko et des accusations de meurtre de Poutine liées. Sidelnikov lui a été un temps dirigeant de Pora (it’s time), le fameux mouvement « orange »de dissidence politique, liés à cette kyrielle d’ONGs qui ont servies la révolution Orange de 2004. Ce dernier à rencontré Litvinenko 2 jours avant sa mort et reconnait être proche de Berezovski.

Mais retuoir à S31, le projet original est du a Alex Goldfarb qui a suggérér sur son blog Live Journal d’organiser des « piquets » devant les ambassades Russes à l’ouest. Après tout écrit t-il : « si les Cubains et Iraniens en exil organisent des démonstrations à Londres, pourquoi les Russes ne le feraient pas , pour manifester contre le régime du Kremlin ? ». D’après lui ne manque qu’une impulsion organisatrice pour que des contestations se mettent en place. Deux jours après cette annonce, fut créé le nouveau blog de S31 à l’étranger puis enfin Sidelnikov crééa la page Facebook de S31 à l’étranger le 3 aout, la page fut effacée le 26 aout pour violation puisque la charte facebook oblige que les profils ouverts représentent de « vrais » personnes. Dans les jours qui suivirent, le blog live journal de S31 à l’étranger servi à donner cette « impulsion organisationelle » dont la conséquence est que des libéraux Russes et des journalistes Georgiens projettaient d’organiser des piquets devant les ambassades Russes à Londres, New York, Berlin, Tel Aviv et sans doutes d’autres villes …

Utilisant Facebook, Sidelnikov invita beaucoup d’étudiants à protester, mais leur participation ne fut pas si nombreuses que escomptée. Logiquement car la vile regorge de pubs (activité tout aussi intéressante que les manifestations) et aussi car nombre d’entre eux sont des enfants de la jeunesse dorée de la Nomenklatura actuelle qui ne veut pas de « problèmes » avec le pouvoir actuel. En outre, si les manifestations a Moscou ont un « éventuel » sens de réelle protestation (risque d’arrestation, voir de coups de matraques), les polices Occidentales, notamment Anglaises, si promptes à arrêter, tabasser les manifestants anti globalisation ne toucheront jamais les « manifestants Anti Kremlin » qui servent parfaitement les interets géopolitiques de leurs dirigeants. Enfin la participation à une manifestation organisée par les proches du voleur du siècle, voir de l’éventuel assassin de journalistes commeVladislav Listyev ou Paul Klebnikov, et qui cherche des idiots utiles pour faire déferler sa vengeance personnelle contre Vladimir Poutine en la camouflant sous des beaux principes de « défense de liberté » et des « libertés civiles » n’a que peu de chance de séduire des gens un tant soi peu intelligents. La manifestation à Londres n’a finalement réuni que quelques dizaines de personnes, ce qui est très peu par rapport au 300.000 Russes qui résident à Londres.

Lorsque Anatoly a discuté sur FB avec le gérant de la page Facebook deS31, celui-ci a au début « nié » être en quelconque lien avec Godfarb ou Berezovski affirmant que « le meeting de Londres n’a aucun lien avec eux deux » Ho surprise, surprise 😉 Ci-dessous photo de la manifestation de Londres 😉

En réponse à la question de savoir pourquoi l’action était organisé à Londres, si loin de Moscou, Sidelnikov à répondu : « Pourquoi ? Parce que j’ai une conscience démocratique et qu’il n’est pas important de savoir ou à lieu le meeting, que ce soit à Londres ou Moscou » .. Puis « Sur internet on peut trouver beaucoup d’informations de avec qui j’ai travaillé et c’est vrai que j’ai travaillé avec Berezovski et je n’en ai pas honte, je suis fier que ma route est croisé celle d’une telle personne ».

Trouvant difficile de comprendre comment concilier « le travail héroique de Berezosvki » et « conscience démocratique », Anatoly décide d’informer Sidilnikov que il ne pouvait avoir quoi que ce soit en commun avec quelqu’un qui est fier de travailler avec un criminel, celui-ci répondit avec un Smiley : « Ha oui et sans doute boit t-il le sang des enfants le matin » ?

Finalement, à une question de Leboda sur le fait de savoir « pourquoi » cette manifestation était organisée à Londres au sujet de la Russie et pouquoi il ne se préoccupait pas plutôt de défendre des causes liés à son pays d’adoption, Sidilnikov écrit : « j’ai du quitter la Russie en 2007 pour ne pas aller en prison pour des raisons politiques. Je n’ai pas participé à beaucoup de démonstrations en Angleterre et ne sais pas comment cela se passe. J’ai une expérience en Russie donc je vais pouvoir comparer. »

 

No more comments !

Finalement de nombreuses questions restent en suspends : Sidelnikov est t-il un manipulateur, un naif ou un réel militant altruiste des droits de l’homme ? Quel est le niveau réel d’implication de Berezovski ? Et de Alex Goldfarb ? Ces questions restent en suspends et il ne semble pas évident de trouver des réponses sur internet ..

 

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Note de Alexandre LATSA :

Je tiens à noter que la page S31 ayant été effacée, ces captures d’écrans sont fournies par Anatoly. 

Les notes ci-dessous sont indépendantes du texte de Anatoly mais un rajout de Alexandre LATSA car l’article original en Anglais date du 31 donc avant la manifestation qui a eu lieu à Moscou et Londres ainsi que à New York et Tel Aviv, mais également dans d’autres villes de Russie comme Saint Petersbourg ou Tomsk ou Krasnodar. Curieusement, à Tomsk et Krasnodar, les rassemblements ont eu lieu pacifiquement et ont été acceptés par l’état, tout comme à Moscou contrairement à ce qui a été dit, le rassemblement avait été accepté par la mairie, mais pas à l’endroit souhaité qui est actuellement en travaux. 3 autres endroits du centre ville ont été proposés afin de permettre que le rassemblement est lieu :  « ..Организаторам “Стратегии-31” были предложены для проведения митинга Болотная площадь, площадь Краснопресненской заставы у памятника “Героям революции 1905-1907 годов“, и Чистопрудный бульвар у памятника Грибоедов». 

Soit :

– Place kransopresensko devant le monument des héros de la révolution

Mais évidemment les organisateurs ont délibéremment choisis de ne violer la loi et de « tout faire » pour pouvoir se faire arrêter devant les caméras étrangères, nourissant des pigistes et correspondants ignares, non Russophiles et justes bons à déverser de la propagande à des lecteurs Français qui n’ont droit qu’à un son de cloche.

Autre exemple destiné à faire frémir le lecteur étranger et à lui faire croire à la violence du régime Poutine, une telle photo qui prise hors contexte est effrayante, on pense à une pauvre jeune fille, battue et jetée à terre ! Mais que non, regardez ces photos prises sur place par un Bloggueur et ces commentaires, sous la photo 15 : « К слову о театре. Эта девушка легла на асфальт и, на радость фотокоррам, начала биться в истерике. В принципе, никто ее не трогал. Зато на фотографиях все будут думать, какие милиционеры жестокие, девушку избили ».

Traduction : «  des mots au thêatre, cette jeune fille s’est allongée sur l’asphalte et devant la joie des caméras présentes, s’est mise à devenir hystérique. Pourtant absolument personne ne l’a touché, personne ne l’a poussée. Mais en voyant cette photo, tous penseront qu’un méchant milicient a bousculé une pauvre jeune fille ! »

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Encore plus risible, au vu de ce que l’on vient de voir ci-dessus, la participation d’une déléguation de la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen venue faire on ne sait trop quoi, avant d’aller à Beslan, et les critiques (ici et la) du département d’état

Mais comme dit le proverbe : les chiens aboient la caravane passe ….

Vox Populi : la Russie et les états-unis

 

Cet article fait partie du projet Vox POPULI

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Index de l’attitude envers les états unis

Comme on peut le voir, lors des bombardements sur la Serbie en 1999, lors de l’affaire Kodorkovski en 2003 puis lors de la crise Géorgienne en 08/2008 , l’index baisse considérablement.
 
 
Comment décririez vous les relations entre la Russie et l’Amérique ?
En 2001 20% des russes trouvaient la relation plutôt bonne ou amicale, 42% la trouvaient normale et 9% tendue ou hostile.
En 2008 9% des russes trouvent la relation plutôt bonne ou amicale, 26% la trouvent normale et 24% l’estime tendue ou hostile.
 
Avec quelle phrase êtes vous le plus d’accord ?
76% des sondés pensent que l’amérique tente hypocritement de faire respecter des règles de droit international aux autres, mais que eux ne respectent pas ces règles.
Seuls 10% des sondés pensent que l’amérique respecte le droit international et sont un bon exemple pour les autres pays.
 
 Concernant la dernière élection présidentielle, pour qui auriez vous voté ?
35% des sondés auraient voté Obama, 14% McCain et 37% aucun des deux.

Un occidental à du mal à apprendre des règles différentes de celle en vigueur chez lui

Directeur Russie de Safran depuis près de 5 ans, Patrick Barraquand est un fin connaisseur du secteur de l’aéronautique, qu’il pratique depuis bientôt 20 ans. Cette expérience solide et son profil singulier – normalien, économiste de formation et spécialiste de la politique monétaire, il a commencé sa carrière dans l’aide au développement et a derrière lui un long parcours à l’international –, lui permettent de porter un regard aussi informé qu’inhabituel sur le marché russe.
Il a bien voulu expliquer au Courrier de Russie comment marche la Russie pour un opérateur tel que Safran, société au large portefeuille d’activités qui intervient dans des domaines aussi pointus que sensibles : aéronautique, défense, sécurité. Aujourd’hui en position de cueillir les fruits déjà mûrs d’une coopération de longue date avec Sukhoï avec la mise sur le marché du SuperJet 100, Safran voit aussi s’ouvrir de nouvelles perspectives prometteuses en Russie.
 
Le Courrier de Russie : Les négociations entre la France et la Russie sur la vente du Mistral, on l’a vu lors de la dernière visite de Poutine à Paris, piétinent, achoppant sur la question récurrente des transferts de technologie, toute la question étant de savoir si la France va finalement vendre une coque « toute nue », ou « habillée » d’équipements militaires porteurs de technologies transférables. Comment voyez-vous les choses, et en quoi Safran est-elle précisément concernée, directement ou indirectement, par ces tractations ?
Patrick Barraquand : Le Mistral, c’est incontestablement une opportunité, et il y a aujourd’hui une nette avancée au regard de la situation d’il y a deux ans. Le fait que l’on envisage désormais de livrer à la Russie, de produire et même de coproduire des équipements militaires, reflète un changement géostratégique majeur. Les interviews données récemment et les discours prononcés par les autorités russes le prouvent. Dans l’exposé qu’il a fait dernièrement à Satory, le vice-ministre russe de la Défense Vladimir Popovkin a été clair : le tabou des achats extérieurs en équipement des forces russes doit tomber, et la Russie doit s’aligner sur des pratiques désormais universelles. Tous les systèmes militaires au monde sont obligés de renoncer à la production 100% maison, et contraints de faire appel à des technologies étrangères.
Ce cadre général, pour Safran, signifie d’abord que la voie est ouverte. La société intervient en outre sur certains équipements en navigation, détection, infrarouge, qui pourraient faire l’objet de commandes directes dans le cadre de la commande du Mistral.
LCDR : Comment Safran a-t-elle abordé le marché russe, et quelle vision en retirez-vous sur le fondement de votre expérience ?
P. B. : On est aujourd’hui sur un marché civil qui n’est pas déterminé par le cadre géostratégique, bien qu’il soit lié à la bonne qualité des relations interétatiques. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fallait commencer par là. Il est vrai cependant que le marché de la défense reste pour nous prépondérant, et que nous sommes favorisés, ainsi que les autres acteurs français du secteur, par la qualité des relations établies. Le troisième marché, c’est celui de la sécurité, aujourd’hui porteur en Russie comme à l’échelle du monde entier, et sur lequel le groupe Safran dispose là aussi de toute la gamme des technologies actuellement disponibles. Nous sommes là à un stade embryonnaire du développement en Russie, et ce grand pays qui a des besoins importants en matière de sécurité est très prometteur.
 
LCDR : Que peut-on dire des spécificités du marché russe en termes de cadre de négociation, toute dimension géostratégique mise à part ?
P. B. : Il se trouve que la stratégie de Safran est naturellement fondée sur la coopération industrielle, et que nous sommes toujours d’accord pour parler partage en général : des charges de développement, des technologies, des activités de production et des marchés. C’est le mode de développement international privilégié du groupe dans le monde, et dans la mesure où cela correspondait à la vision des autorités russes, nous avons été choisis pour le moteur – et pas seulement – de l’avion SuperJet 100, et nous pouvons espérer être en bonne position sur le marché en développement des technologies de défense, et développer notre présence dans notre troisième domaine d’intervention, celui des technologies de sécurité.
Pour parler spécificité du marché, on peut dire qu’en Russie on peut très bien réussir, mais à la condition d’être massivement présent. C’est un pays très difficile à aborder sur la base de simples échanges commerciaux. Il y a un certain nombre de barrières, linguistiques, de tradition industrielle, psychologiques, qu’il n’est possible de dépasser qu’à partir d’une certaine masse critique. C’est ce que nous avons pu faire grâce au projet SaM 146 [moteur du SuperJet, ndlr].
Une masse critique, c’est une quantité suffisante de gens connaissant assez bien le pays pour conduire les discussions, un minimum de gens connaissant la langue, et un certain nombre de gens assez acculturés pour y être efficaces professionnellement tout en y vivant, ce qui demande du temps. Il faut enfin un apprentissage de l’ensemble des petites règles écrites et non écrites, culturelles, administratives, juridiques, comptables, bancaires, financières, qui, comme dans tout pays, constituent autant d’obstacles quand elles sont mal connues.
 
LCDR : La Russie a la réputation d’être un pays difficile du point de vue administratif.
P. B. : Je considère pour ma part que la complexité perçue vient du fait qu’un Occidental a du mal à apprendre des règles très différentes de celles qui sont en vigueur dans son pays, aux plans comptable et bancaire notamment, et tout cela dans une langue administrative qui lui est difficile d’accès. C’est une difficulté relative à nos propres capacités, et non intrinsèque. La fiscalité russe est plus simple que l’européenne, par exemple.
 
LCDR : Et au niveau du cadre de négociation, alors ?
P. B. : C’est un propos banal, mais je crois que les Européens, de façon générale, sous-estiment énormément la différence culturelle et le poids des mécontentements qui peuvent naître notamment des différences de tradition professionnelle au niveau de l’exécution quotidienne. La gestion de la production industrielle à la russe est très éloignée de la manière française. Il est donc indispensable d’avoir des passeurs de part et d’autre, c’est-à-dire des gens décidés, entraînés, formés et capables de faire une partie du chemin.
Quand une politique de coopération est suffisamment massive en termes de temps, d’argent, d’enjeux et de visibilité, on finit toujours par trouver un terrain d’entente. Les tests sur des objets non essentiels, peu coûteux et pas assez visibles sont voués à l’échec, comme de nombreuses entreprises françaises qui n’ont pas osé ou pas su atteindre la masse critique en ont fait l’amère expérience.
L’analyse stratégique conduite il y a quelques années déjà par les dirigeants actuels de Safran a établi qu’il y avait trois ingrédients nécessaires dans le secteur de l’aviation en Russie : un niveau technologique suffisant de l’interlocuteur, la capacité de financer l’effort, et enfin un marché domestique de taille suffisante. La Russie répond aux trois critères, avec un bon niveau de compétences, un Etat qui a tenu tous ses engagements, et un client de lancement pour le SuperJet 100, Aeroflot, susceptible d’asseoir la mise en place du programme.
 
LCDR : Et le forum, qu’en attendez-vous ? Des discussions doivent avoir lieu entre Safran et Sukhoï, mais d’après Mikhaïl Pogosian, directeur général de Sukhoï, elles ne porteront pas sur des contrats et des produits concrets, mais sur le cadre économique général.
P. B. : En effet. En ce qui concerne nos affaires concrètes, ce cadre est essentiel sur un point au moins. Le succès d’un avion commercial dépend de nombreux facteurs, mais d’un tout particulièrement : le financement des commandes. Sur ce point, qu’il s’agisse de l’agence de garantie des exportations allemande Hermes, de la COFACE française ou de la SACE italienne, il y a une tradition d’amélioration de la finançabilité des ventes fondée sur un mécanisme de garantie export essentiel pour le succès commercial de l’avion. Les autorités russes en ont conscience, et des discussions ont eu lieu entre industriels français et russes. C’est une question bien connue mais non encore résolue du côté russe, à faire avancer dans le cadre du forum : d’une part, le porteur de la garantie export doit être identifié clairement, que ce soit la VTB, la VEB ou une structure à créer, et d’autre part, il faut que le mécanisme qui assure la solvabilité de ce porteur via une garantie hors bilan de la Banque centrale soit transcrit et établi dans le système financier de la Fédération de Russie.
 
LCDR : Il subsiste donc actuellement un facteur d’incertitude non négligeable sur le marché aéronautique ?
P. B. : Le problème n’est pas encore critique, tant que les ventes du Superjet 100 restent domestiques, mais il le deviendra pour les ventes à l’export dans les mois qui viennent.
 
LCDR : Il y a d’autres questions susceptibles de vous intéresser dans le cadre du forum ? Celle de la sortie de crise par exemple ?
P. B. : Oui, nous sommes fortement dépendants de la conjoncture économique sur le marché de la sécurité et, fort opportunément pour nous, la Russie n’est pas en phase avec la crise mondiale. Elle est impactée, mais la dynamique économique russe est différente de celle des économies occidentales très industrialisées, en raison de la prépondérance de l’exportation des ressources naturelles. Cet avantage est en même temps un problème bien connu des élites russes. Cette différence de cycle est importante pour nous, et j’espère que le forum confirmera que nous avons raison de penser que la Russie, par ses taux de croissance, appartient bien au BRIC. Même s’il y a des différences notables avec la Chine, les écarts avec la situation existant dans les pays développés sont forts et la capacité de combler le retard l’est aussi. Il y a là un potentiel de croissance commun à tous les pays du BRIC.
 
LCDR : Et sur les questions de stabilité et de climat d’investissement en général ? Il y a une incertitude en matière financière, les tendances sur le marché des matières premières pouvant se retourner à tout moment.
P. B. : Oui, mais la politique d’épargne adoptée par la Russie, qui a consisté à constituer un fonds de réserve et à gonfler les réserves de la Banque centrale, a permis d’amortir le choc subi sur ce marché au début de la crise. Ces réserves ont permis à la Russie d’amortir le choc social et surtout de maintenir en totalité ses projets et engagements en matière d’investissements majeurs. Cette politique de lissage qui a fait ses preuves est à nouveau en marche et les réserves sont aujourd’hui en cours de reconstitution.

La rentrée scolaire 2010 en Russie

L’année dernière je publiais un article intitulé : “Et les enfants Russe alors” pour montrer que contrairement à la France ou à nombre de pays, ce moment est très important et festif. En Russie ballons, fleurs et bonne humeur sont de rigueur ! Aucun des correspondants de presse de AUCUN des grands quotidiens Francais n’a jugé bon ou intéressant d’aller dans une école Russe afin d’assister à une cérémonie et de la décrire dans un article ce qui est tout bonnement incroyable.
Ce 1ier septembre 2010, c’était de nouveau la rentrée scolaire, que j’ai choisi de nouveau illustrer par des villes autres que “Moscou” et “Saint Saint-Pétersbourg” .. 
Les images ci dessous sont donc celles de Arthur que mes lecteurs connaissent désormais bien et qui illustre la rentrée tout au sud de la Russie …
Mais également celle de Olga, qui illustrent la rentrée la bas tout à l’est de la Russie, devant la frontière Chinoise …

De la démographie en Russie

Mon dernier article, synthèse de la démographie Russe de 1897 a 2030 a été publié sur AGORAVOX et également repris sur Yahoo actualités sous une version légèrement différente. 
Néanmoins j’informe mes lecteurs que la version Anglaise sera en ligne le 01 septembre et que la version Italienne suivra rapidement, après publication sur l’excellent site d’analyse géopolitique Eurasia Rivesta.

Sécurité, France et Russie

Lu sur le site diplomatie gouv fr (18 aout 2010), les conseils sur la sécurité en Russie pour les voyageurs Français en Russie, ca vaut le détour, surtout les passages “délinquance urbaine” et “xénophobie” ! 
Extraits :
” Les risques d’agression individuelle existent et ont tendance à se développer, en particulier le soir dans les grandes villes”…. ” Dans des zones très fréquentées telles que les principales artères commerçantes, les centres commerciaux, les abords des principales églises et sites touristiques ainsi que dans les gares et les stations de métro du centre ville il convient d’être attentifs à ses effets personnels : des vols sont fréquents, ils sont en général l’oeuvre de groupes organisés” .

Vous imaginez le MID (ministère des affaires étrangères Russes) qui ferait un article sur l’insécurité eui règne n France ? Je veux dire quiconque connait un tant soi peu la Russie “sait” qu’on y est “bien plus” en sécurité qu’en France, tous sauf visiblement au MAE ..

Ha mais c’est vrai que “rien” ne peut arriver en France puisque comme le ministre de l’intérieur l’a affirmé : «Tout n’est pas résolu, mais j’affirme une chose simple et vraie : notre pays est aujourd’hui un des plus sûrs de la planète», se félicite le ministre, assurant que la police «est revenue dans des quartiers où elle n’allait plus». Dans les quartiers sensibles, dit-il, «nous ne cédons pas un centimètre de terrain aux crapules qui voudraient y faire la loi».
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“ De violentes agressions xénophobes, pouvant entraîner la mort, sont en nette recrudescence au cours de ces derniers mois, à Moscou, Saint-Pétersbourg mais également en régions. Ils visent particulièrement les Africains mais tout ressortissant étranger identifié comme non russe peut être victime de comportements xénophobes“. 
Faisons le point, de 2004 à 2007, les choses “s’aggravent” :
2004 : 267 victimes dont 49 morts
2005 : 464 victimes dont 47 morts
2006 : 520 victimes et 57 morts
2007 : 653 victimes dont 73 morts
Depuis 2008, la situation “s’améliore” :
2008 : 525 blessés et 97 morts
2009 : 333 blessés et 71 morts
Janv-Juin 2010 : 167 blessés et 19 morts soit 50% de moins que la même période en 2009, période durant laquelle 242 avaient été blessés et 52 assassinées.
Pourtant il est écrit sur le site “en recrudescence” .. Soit le site désinforme, soit il n’est pas mis à jour depuis 2006 .. 
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Etc etc etc, bon je ne reviendrais pas sur le fait que il est écrit que : ” En Tchetchénie, indépendamment de l’obtention du visa valable pour l’ensemble du territoire de la Fédération de Russie, tout déplacement dans cette république doit faire l’objet d’une autorisation spéciale délivrée par les autorités russes“.
C’est faux, il n’y a besoin d’aucun autre document que d’un visa valable depuis que le régime d’opération anti-terroriste à été levé le 16 avril 2009 mais bon …

Témoignage d’un lecteur Canadien

Reçu par mail :

Cher monsieur Alexandre Latsa,

j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre bulletin sur la canicule en Russie et les commentaires dans la presse européenne.  Je suis moi-même journaliste et comme vous pourrez le lire sur le mot que j’ai laissé à la suite de ma lecture, les média canadiens, à tout le moins au Québec, n’ont pas soulevé de polémique sur ce sujet.  Nous avons déploré la situation, car il nous est arrivé de connaître des épisodes -peut-être pas aussi dramatiques- mais aussi douloureux.
 
J’aime la Russie.  Ma famille aime la Russie.  Oh, et tous les citoyens de l’ancienne URSS devrais-je ajouter.  C’est plus véridique.  Je dois beaucoup aux travailleurs de votre pays.  Mon père est charpentier-menuisier à la retraite et il n’aurait pas pu me payer les études que les travailleurs soviétiques m’ont payé via l’École supérieure des cadres des partis communistes près du CC du PCUS.  En 1979, à 22 ans, j’ai étudié à Moscou pendant sept mois.  Aujourd’hui, dans mon milieu à Montréal, je suis une personne qu’on écoute que ce soit à propos de M. Vladimir Poutine ou de la Russie en général.
 
Car je n’ai pas d’animosité particulière contre le peuple russe.  Je sais que c’est un peuple bon et généreux.  On lui demande 100% de lui-même et c’est 110% qu’il vous donnera.  Les Russes, il faut bien l’avouer, ont le cœur sur la main.  Déjà, enfant, le père de ma mère me disait qu’un jour il faudra bâtir à Québec -ma ville natale- un monument à la gloire de l’Armée Rouge.  Je ne comprenais pas trop pourquoi.  Maintenant, je sais…  Je connais l’exploit de Stalingrad!
 
Je parle souvent de votre beau pays autour de moi, où il me semble que tous les démocrates: communistes et progressistes en général peuvent cohabiter.  J’ai appris à mon retour la langue de Pouchkine.  Vous me verriez intimidé de vous parler maintenant, de peur d’écorcher toute cette belle foison de vers et de rimes créés par le génie russe.  Mais, je me débrouille quand même et avec joie.
 
Un jour je retournerai à Moscou.  Je ne vous connais pas.  J’ai été le plus franc que je pouvais l’être avec vous;  j’ajoute que je suis membre du Parti communiste du Canada. 
 
Je vous offre donc mon amitié.  Sachez qu’il y a une grande place chez moi pour tous les peuples de l’ancienne Union Soviétique, dont la Russie, cette toute belle et grande Russie.
 
Merci de votre attention,
 
sincèrement vôtre,
 
Daniel Paquet