Interview

Je participerais au #Libre Journal de la livre Europe sur radio courtoisie ce 15/08/2017 avec Xavier Moreau sur le thème "La #Russie au sein de l'Europe". Les francais de l’étranger peuvent écouter la Radio en direct sur le site internet Read more

L’intégration économique et politique de l'Eurasie : objectifs réalistes ?

  Veuillez-trouver ci dessous mon interview de ce début 2017 pour la lettre de l'Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l'Institut des Hautes Etude de Défenses Nationales /// WWW.ANAJ-IHEDN.ORG Comment définir l’axe eurasiatique ? Je crois qu’il faut tout d’abord envisager cet Read more

Conférence au MGIMO sur la politique étrangère de François Fillon (27/02/2017)

La politique étrangère de François Fillon : vers un nouveau gaullisme francais ? Photos sur le site du MGIMO Photos sur Facebook Bonjour à tous et merci beaucoup à cette institution qu’est MGIMO de nous recevoir aujourd’hui. Mon propos sera court, je souhaiterais vous parler Read more

Arctique

L’Arctique, théâtre stratégique?

 
Ce post très court pour signaler a mes lecteurs ma contribution au Cahier “L’Arctique, théâtre stratégique”de la revue Défense Nationale
 
Revue défense nationale est une revue mensuelle française créée en 1939, traitant des grandes questions militaires, politiques, sociales, économiques et scientifiques sous l’angle de la stratégie et de la défense. Elle est traditionnellement dirigée par des officiers généraux : son directeur est depuis 2008 le général d’armée aérienne Bernard Norlain, et son rédacteur en chef est le contre-amiral Jean Dufourcq depuis 2009.
 
Je tiens la revue a disposition de ceux qui souhaiteraient la lire, me la demander par mail. L’article est ci-dessous :
L’âge de L’arctique
En 2007, Arthur Chilingarov, un explorateur polaire russe a participé à une expédition au cœur de l’arctique, baptisée Arktika 2007. L’homme n’était  pas inconnu en Russie: Explorateur  polaire, élu à la douma comme député pour la région du grand nord russe Nénétsie sous l’étiquette Russie-Unie, il est également le représentant spécial du président de la fédération de Russie pour la coopération internationale en Arctique et en Antarctique. Cette expédition Arktika a été une affirmation on ne peut plus claire des revendications territoriales russes dans la région. Arthur Chilingarov et 5 explorateurs russes, amenés sur place par un brise glace nucléaire, sont descendus en bathyscaphe à près de 4.200 mètres de profondeur, pour déposer sur le fond une capsule de titane contenant drapeau de la fédération de Russie. Une fois l’opération réussie[1], Arthur Chilingarov  a affirmé : «L’arctique est russe. Nous sommes heureux d’avoir planté le drapeau russe au fond d’un océan où aucun homme n’avait jamais été. Je me moque de ce qu’on en dit à l’étranger. Si cela déplait à  certains, ils peuvent essayer de plonger aussi et de planter quelque chose«. La presse anglaise avait comparé cette expédition au premiers pas sur la lune en 1969[2] en termes de témérité et de performance technologique.  Mais l’expédition russe n’était pas uniquement une performance technique. Elle a montré l’importance que les autorités russes accordent à cette zone, et elle préfigure, entre pays riverains, des négociations qui seront peut-être difficiles. Si l’arctique ne représente que 1,5% de la population de la Russie, la région compte déjà pour 11% de son PIB et 22% de ses exportations. En outre, le pays s’apprête à investir[3] d’ici 2039 plus de 310 milliards de dollars dans des projets d’exploration de son plateau continental.Bien que les russes affirment vouloir faire de l’arctiqueun territoire de dialogue[4] et écartent par avance tout risque de conflit[5] dans cette zone du monde, l’influent premier ministre Vladimir Poutine a néanmoins récemment rappelé[6] que: «La sécurité et les intérêts géopolitiques de la Russie sont liés à l’Arctique». Pour certains, l’importance de l’arctique pour la Russie dans le siècle à venir sera tel qu’il entraînera une modification de la vision géopolitique du pays, qui pourrait passer du statut de puissance eurasiatique à celui de puissance arctique[7]. En perspective, il y a les intérêts des états dans les nouvelles routes maritimes du nord ouvertes par le réchauffement climatique, et surtout  leurs intérêts dans le domaine minier et off-shore de la région.

 

Quel cadre légal pour l’arctique?
Après la fin de la guerre froide, les pays riverains de l’Arctique (Russie, Canada, Norvège, Danemark, Etats-Unis) ont constitué trois organisations de coopération régionale : 
1/ Le Conseil des Etats de la mer Baltique (1992), qui réunit les pays riverains de la mer Baltique et favorise les coopérationsinter-arctique en rapprochant ses membres de la Russie notamment.
2/ La Coopération de Barents, (1993) afin de favoriser les contacts entre les individus de la région de Barents, ainsi que de promouvoir le
développement économique de la région. Le Conseil euro-arctique de la mer de Barents réunit les ministres des Affaires étrangères des six pays membres et de la Commission européenne, la France y a également le statut d’observateur.
3/ Le Conseil de l’Arctique (1996) qui réunit les huit états arctiques,  6 représentants des populations autochtones arctiques, et également un grand nombre de membres observateurs dont la Finlande, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Pologne.
En 1982, la convention des nations unies sur le droit de la mer a été signée à Montego Bay, et elle est entrée en vigueur  en 1994. Certains pays comme la Turquie ou le Venezuela, qui ont des problèmes aigus avec des archipels voisins ne l’ont pas signée, mais tous les pays riverains de l’arctique l’ont signée et ratifiée, à l’exception notable des Etats Unis qui l’ont signée mais pas encore ratifiée.  Cette convention précise les statuts des diverses zones maritimes, définissant les «eaux territoriales», les «mers territoriales» (12 milles marins à partir des côtes soit 22 kms), les «zones économiques exclusives (ZEE) » qui s’étendent sur 200 milles marins (360 km), les détroits de navigation libre et enfin le «plateau continental«, sur lequel les états peuvent prétendre étendre leur souveraineté  à certaines conditions. Au-delà, les fonds marins sont considérés comme «patrimoine commun de l’humanité». Une commission existe ayant pour mission d’examiner les données présentées par les états côtiers en ce qui concerne la limite  extérieure du plateau continental lorsque celui-ci s’étend au-delà des 200milles nautiques. Cette commission peut donner des avis mais elle ne peut pas  trancher les litiges. A cette fin la commission a créé un tribunal international du droit de la mer. La Russie, le Canada et le Danemark ont déjà lancé des dossiers  pour affirmer que certains secteurs de l’Arctique devraient appartenir à leur zone économique exclusive,  mettant au grand jour des litiges probables concernant la souveraineté dans la région[8].
En 2008[9], lors de la réunion d’Ilulissat les pays riverains de l’Arctique (Russie, Canada, Norvège, Danemark, Etats-Unis) ont confirmé le maintien des accords sur les droits de propriété de leurs membres sur le plateau continental au-delà de la zone de 200 milles marins. En 2012[10]la Russie envisage de déposer à l’Onu une demande d’extension des frontières de son plateau continental dans l’Arctique afin de rattacher à sa zone économique exclusive de 200 milles une surface de 1,2 millions de kilomètres carrés qui parait être riche en hydrocarbures. Cette revendication est basée sur l’existence de 2 dorsales sous marines (dorsale Mendeleïev et dorsale Lomonossov). La prise en compte de la dorsale Lomonossov pourrait aussi procurer des avantages territoriaux  au Canada et au Danemark.

 

L’Arctique: Heartland du nord ?
Au cours du siècle dernier, les pères de la géopolitique moderne, opérationnelle, et active comme Halford John Mackinder ou Nicholas Spykman, ont défini des concepts clefs, qui facilitent la compréhension des évènements géopolitiques actuels. Ils   pensaient que le monde était composé d’une «île mondiale« ou Heartland (Europe-Asir-Afrique), d’«îles périphériques«, (l’Amérique, l’Australie) et enfin du reste du monde : «l’océan mondial«.Mackinder estimait donc que pour dominer le monde, il fallait contrôler le heartland, cette plaine s’étendant de l’Europe centrale à la Sibérie occidentale, et qui offre des débouchés sur la Méditerranée, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et la Chine.Nicholas Spykman pensait pour sa part que la zone déterminante n’était pas localisée au cœur du continent eurasiatique (Heartland) mais plutôt sur la périphérie de cette zone centrale, sur l’anneau de terres côtières, qu’il définit comme le Rimland. Il  pensait donc que les États-Unis devaient contrôler les États de ce Rimland afin de s’imposer comme puissance dominante à l’échelle planétaire.
Mackinder et Spykman ont adapté au 20ème siècle des théories plus anciennes.  Alfred Thayer Mahan avait déjà démontré l’importance d’une flotte militaire massive pour les Etats-Unis, afin que ceux-ci deviennent la puissance maritime dominante, ce qui sera le cas durant le 20ème siècle. Plus loin encore dans le passé, au 17èmesiècle, le grand navigateur anglais Sir Walter Raleigh avait affirmé : «Qui tient la mer tient le  commerce du monde; qui tient le commerce tient la richesse; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même«. Ces théories géopolitiques anglo-saxonnes destinées à construire une domination militaire et commerciale  permettent de comprendre comment une  opposition fondamentale a pu apparaître entre les puissances maritimes (Angleterre,  Etats Unis) et les puissances continentales (Allemagne, Russie). Pour Harold Mackinder le monde devait être évalué via une cartographie «polaire«, permettant clairement d’identifier le coeur de cette île monde qu’il avait définie : Il s’agit de la zone comprenant la Russie d’aujourd’hui,  l’Ukraine, la Biélorussie, le Caucase et le Kazkhstan, ainsi que les débouchés sur les mers du nord, caspienne et noire. Soit un bloc contenant les zones énergétiques du continent eurasien, mais aussi les routes énergétiques les reliant entre elles, ainsi que les débouchés sur les mers de la région. Comme nous pouvons le constater de façon évidente, la frontière nord du Heartland est l’arctique russe le long du territoire allant de la pointe nord de la Norvège au détroit de Béring. Avec la vision « polaire » de Mackinder, on comprend les enjeux stratégiques dans cette région et les raisons qui ont fait que durant la guerre froide, l’arctique est rapidement apparu comme la route la plus courte pour  une confrontation entre les deux  grandes puissances du moment: l’Amérique et l’Union Soviétique.Pour Jean Claude Besida[11], l’arctique est devenu à ce moment une «interface géopolitique entre puissances«. En 2011, cette affirmation semble plus que jamais  d‘actualité.
L’arctique terre de conflits?
Pour Krauss Clifford, journaliste et membre du think tank, Council on Foreign Relations «les différends territoriaux concernent les États du monde entier, mais c’est bien en Arctique que les experts s’attendent à voir le plus de conflits« (Krauss Clifford, The New York Times, oct. 2005). 
Si le passage par l’arctique était la route la plus directe pour attaquer l’autre pendant la guerre froide, les évolutions climatiques en cours  (réchauffement de la planète et fonte des glaces liées) devraient rapidement permettre l’apparition  d’un intérêt nouveau pour cette zone : Des routes commerciales maritimes bien plus courtes,  plus rentables mais aussi bien plus sûres par l’absence de piraterie, entre l’Asie et l’occident . En effet l’arctique a perdu 20% de superficie de glace depuis 1979, d’ici a 2100 ce taux devrait atteindre 50%[12]. Deux routes retiennent l’attention aujourd’hui:- La Route Maritime Nord (rmn) qui longe la Russie par le nord et permet de passer de l’Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie. Cette route de 13.000 kms est considérée aujourd’hui “comme la voie de communication unique et la plus accessible qui relie Mourmansk à Vladivostok et les gisements naturels du Grand-Nord russe, de Sibérie et de l’Extrême-Orient entre eux[13]”.
- Le passage du Nord-Ouest qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en passant entre les îles arctiques à travers le grand Nord  Canadien. L’état canadien défend la théorie selon laquelle ce passage est situé dans les eaux intérieures du pays, s’opposant ainsi aux positions américaines et francaises qui affirment que ce  passage devrait avoir un statut de détroit international.
A titre de comparaison, le trajet maritime Rotterdam-Tokyo, serait long de 14.100 km par le passage du Nord-Est russe, de 15.900 km par le passage du Nord-Ouest canadien, contre 21.100 km par le canal de Suez, et de 23.300 km par le canal de Panama. Evidemment ces  positions russes et canadiennes sont rejetées par d’autres états qui souhaitent que ces routes maritimes soient qualifiées de détroits internationaux.  De toute manière, l’ouverture de ces routes commerciales fera à nouveau de l’arctique  un bassin stratégiquement important, cœur des routes commerciales entre le monde Occidental et l’Asie.
Bien sur, la guerre froide est terminée, et le risque d’affrontement militaire direct s’est éloigné. Pourtant le renouveau russe enclenché depuis 1999 et l’élection de Vladimir Poutine, à modifié les rapports internationaux dans l’hémisphère nord.  La Russie est en mesure de faire entendre sa voix, et de ne pas négocier en position de faiblesse.  Dans l’arctique, il n’y a pas que les perspectives de nouvelles routes maritimes. Il y a aussi les ressources minières off-shore. On estime qu’un quart des réserves mondiales non encore découvertes de pétrole et de gaz se situent en Arctique. En 2010 la Section sibérienne de l’Académie des sciences russe (ASR)[14] a estimé que les réserves off-shore de l’arctique devrait atteindre 90 milliards de tonnes de pétrole et 250.000 milliards de mètres cubes de gaz. A comparer avec celles de l’Océan Pacifique (10 milliards de tonnes de pétrole et environ 25.000 milliards de mètres cubes de gaz), de l’océan Atlantique (35 milliards de tonnes de pétrole et 65.000 milliards de mètres cubes de gaz), et de l’océan Indien (40 milliards de tonnes de pétrole et 70.000 milliards de mètres cubes de gaz). L’arctique est également très riche en minerais divers (nickel, fer, phosphates, cuivre, cobalt,  charbon, or, étain, tungstène, uranium ou argent). Enfin la région comprend également les plus vastes réserves en eau douce de la planète[15] ( Groenland).Les dernières années ont donc vu une réelle escalade militaire dans l’Arctique. En fait cinq nations ont des revendications sur la région —États-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège— et ces pays sont tous, hormis la Russie, membres de l’OTAN. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède ont également rejoint le conflit de l’Arctique, quand à la Norvège elle a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique inter-armées, une force de réaction arctique et un renforcement de la base aérienne de Thulé (Groenland) pour la partager avec ses alliés de l’OTAN. Durant la guerre froide déjà, les Etats-Unis avaient développé un réseau de bases aériennes, qui ont été depuis modernisées et transformées pour être partie intégrante du réseau radar lié au projet de système de défense antimissile. Aujourd’hui le Canada et les États-Unis travaillent ensemble pour mieux surveiller et contrôler l’espace aérien nordique dans le cadre du NORAD.
L’état canadien a en outre régulièrement ré-affirmé son engagement à faire de l’Arctique un territoire dont il assurera un contrôle plus efficace, via une présence militaire accrue, et l’affirmation de sa souveraineté sur une portion importante du plateau continental arctique[16]. Des  manœuvres militaires massives ont lieu, dans le cadre de l’Otan, et sont plus importantes chaque année, que l’on pense par exemple aux manœuvres Nanook. Les manœuvres impliquent de plus en plus de pays, dans le cadre de manœuvres conjointes avec l’Otan. Nanook 2011[17] a vu par exemple la participation de 100 participants de pays étrangers, en plus des 1.100 militaires canadiens[18]. “Le Nord, c’est à nous. On veut démontrer à nos partenaires internationaux (…) que nous sommes présents. C’est notre but, a confié le capitaine de corvette Luc Tremblay, à Radio-Canada juste après l’opération[19]. Le  pays a également récemment décidé d’augmenter les effectifs de ses brigades arctiques.
Pendant que des scientifiques canadiens et danois tentent de faire valoir que la fameuse dorsale Lomonosov est une continuité de l’île   canadienne d’Ellesmere ou encore du Groenland danois, la Russie revendique elle la souveraineté sur cette dorsale.  En 2008 des hauts responsables militaires russes avaient déjà affirmé que le pays devait être prêt à faire la guerre en arctique si nécessaire[20]. Le lieutenant-général Vladimir Shamanov qui dirigeait le secteur de l’entraînement de l’armée russe avait affirmé que Après la contestation des intérêts russes dans l’Arctique de la part d’autres pays, nous avons immédiatement lancé une révision de nos programmes d’entraînement militaire en raison de conflits potentiels dans l’Arctique. La Russie a ainsi révisé ses programmes militaires vers le nord. Si en 2010 elle n’envisageait pas la création de brigades arctiques[21],

cela n’est plus le cas cette année. Le ministère de l’intérieur ayant décidé récemment la création de deux brigades[22] pour contribuer à la protection des interêts nationaux russes dans l’arctique.

 

Quel avenir pour l’arctique?
D’après  des sources Opep, l’off-shore russe en arctique représente la 3e et dernière étape d’extraction énergétique, avant le basculement aux techniques d’extractions avancées[23].  Bien que l’accès à ces ressources soit difficile, la fonte des glaces facilite progressivement l’accès aux gisements. Un think tank occidental renommé et de tendance atlantiste, le North Institute[24] a d’ailleurs en 2008 fait des prévisions jugées à risques, comme celles d’une alliance continentale Russie/Chine et une prise de contrôle de ces réserves du nord par ces états via la constitution d’un corridor énergétique eurasiatique. On retrouve dans ces inquiétudes la rhétorique des maitres à penser de la géopolitique anglo-saxonne, relativement obsédés par une possible mise à l’écart des Etats-unis en arctique ou  dans la maitrise des affaires du monde.
En dehors des Etats Unis, riverains de l’arctique via l’Alaska, d’autres pays ont manifesté récemment des visées sur l’Arctique : La Chine[25] ou encore l’Iran[26]. Routes commerciales du futur, exploitation des richesses minières, l’Arctique va faire l’objet de négociations intenses pour départager les états riverains. La France a donc toutes les raisons de s’investir dans ce dossier via l’union européenne et via ses relations bilatérales avec la Russie, qui est le pays clef pour l’équilibre mais surtout le développement de la région.
L’ambassadeur Français pour l’arctique Michel Rocard a ainsi récemment rappelé que «s’il fallait respecter la souveraineté Canadienne dans le nord[27], le pays n’était probablement pas assez solide financièrement pour développer des infrastructures nécessaires au développement de cette route commerciale«. En outre toujours d’après l’ancien ministre » Le chemin de l’est le long de la Sibérie est (…) moins risqué et plus direct, même s’il est un peu plus long. La Russie est une «force arctique» avec de nombreux brise-glaces, dont quatre récents à propulsion nucléaire (…) Il y a aussi une différence concernant la base portuaire, a-t-il poursuivi: au Canada, Resolute Bay doit avoir 280 habitants, Iqaluit six mille, tandis qu’en Russie, Mourmansk en a 300.000 et Arkhanguelsk 350.000.
En outre, alors que le moyen orient est entré dans une  période d’instabilité dont personne ne peut évaluer les conséquences, l’arctique apparait de plus en plus comme un lieu de négociations Nord-Nord, et la Russie apparaît de plus en plus clairement comme une alternative stable et sure pour l’approvisionnement énergétique de l’union européenne et de la France, dont les besoins énergétiques vont être couvert au milieu du siècle à près de 70% par des  importations. Comme prévu par Oran Young[28] il y a déjà 20 ans, nous rentrerons peut être alors au cours du 21ème siècle dans l’âge de l’arctique.
 

[11] Besida Jean-Claude, “Géopolitique de l’Arctique”, mémoire présenté sous la direction de Mr Yves Lacost.
[12]www.nasa.gov/vision/earth/environement/ice_sheets.
[13] Yakolev M. / Peresypkine V., “La Russie ouvre une voie maritime en Arctique”, revue Morskoï Sbornik, sept 2005.
[15] Godard Alain et André Marie-Françoise, Les milieux polaires : Armand Colin, 1999
[23]http://www.quindiblog.eu/photos/uncategorized/2008/06/30/eia_2005.jpg
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Le 21ème siècle, siècle de l’Arctique?

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L’article original a été publié sur Ria Novosti.
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Très prochainement aura lieu à Arkhangelsk, dans le grand nord russe, la deuxièmeédition du forum international «Arctique, territoire de dialogue», organisé par la Société géographique de Russie. Pour la majorité arctique rime avec pôle nord c’est à dire une zone glaciale, peuplée d’ours blancs et de manchots, avec une faible présence humaine. 
Pour  d’autres, plus initiés (dont sans doute bon nombre de lecteurs de Ria Novosti) l’Arctique est au contraire  un formidable théâtre  d’opérations, avec un potentiel minier important. C’est également une zone de rivalités entre grandes puissances, préfigurant la bataille pour l’énergie que connaîtra sans doute ce siècle. Cette tension autour du pôle nord n’est pas totalement nouvelle. Durant la guerre froide, soviétiques et américains considéraient l’Arctique comme passage le plus court pour observer l’autre mais aussi comme passerelle géographique en cas d’interventions militaires. Pour Jean Claude Besida, l’Arctique est devenu à ce moment là une «interface géopolitique entre puissances». 

Après la chute de l’URSS et la fin de la guerre froide, les pays riverains de l’Arctique (Russie, Canada, Norvège, Danemark, Etats-Unis) ont constitué trois organisations de coopération régionale destinées à promouvoir la collaboration entre les états ayant des intérêts dans  la zone: Le conseil des états de la mer Baltique en 1992, La Coopération de Barents en 1993 et enfin Le Conseil de l’Arctique en 1996. Auparavant, en 1982, la convention des nations unies sur le droit de la mer avait été signée à Montego Bay, mais elle n’est entrée en vigueur qu’en 1994. Ce timide réchauffement des relations s’est accompagné d’un réchauffement climatique aux conséquences majeures pour la planète.La fonte des glaces devrait en effet s’accélérer durant ce siècle, puisque depuis 1979 la superficie de glace en Arctique a diminué de 20%, et qu’elle devrait encore diminuer de 50% d’ici 2100. Cette fonte des glaces ouvre des perspectives économiques et stratégiques majeures, via le développement de routes commerciales maritimes bien plus courtes, plus rentables et plus sûres, entre l’Occident et l’Asie. 

Deux variantes principales existent, la route du nord qui longe les côtes de la Sibérie et la route du nord ouest qui passe à travers le grand nord Canadien. En outre, on estime qu’un quart des réserves mondiales non encore découvertes de pétrole et de gaz se situent en Arctique. La région est également très riche en minerais divers (nickel, fer, phosphates, cuivre, cobalt, charbon, or, étain, tungstène, uranium ou argent). Enfin L’Arctique comprend également les plus vastes réserves d’eau douce de la planète. Le retour de la Russie dans le concert des puissances internationales a considérablement changé la donne dans la région Arctique. En effet, si les relations entre la Russie et les puissances du nord se sont timidement et diplomatiquement réchauffées, il reste que tous les Etats concernés ainsi que les états au statut d’observateur comme la France sont membres de l’OTAN, sauf la Russie.

Avec leur statut de futurs propriétaires des routes commerciales, Russie et Canada ont décidé d’affirmer activement leur souveraineté sur la région. Lors d’une mémorable expédition en 2007, la Russie a planté son drapeau au fond de l’océan Arctique en utilisant des bathyscaphes. A l’époque, la presse anglaise avait comparé cette expédition aux premiers pas de l’homme sur la lune en 1969 en termes de témérité et de performance technologique. Mais au delà de la prouesse technique, l’expédition a montré l’importance que les autorités russes accordent à cette zone. Si l’Arctique ne représente que 1,5% de sa population, la région compte déjà pour 11% de son PIB et 22% de ses exportations. Enfin, 75% des habitants de l’Arctique sont russes.

La Russie a aussi la frontière arctique la plus longue. Par conséquent une militarisation de l’Arctique est en cours. Elle est alimentée par les cinq nations qui ont des revendications sur la région: États-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège. Plus récemment, la Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède ont également rejoint le débat sur  l’Arctique. Symbole de cette démonstration dissuasive occidentale, les manœuvres militaires Nanook qui ont lieu dans le cadre de l’OTAN tous les étés. Chaque année le nombre de participants et la quantité de matériel impliqué sont en hausse. Cet été par exemple, 100 militaires étrangers se sont entrainés avec plus d’un millier de soldats canadiens. En 2008, les entrainements étaient basés sur le scénario d’un état envahissant l’Arctique. Il est légitime de se demander à quel état les organisateurs pensaient, sachant encore une fois que le seul état Arctique non membre de l’Otan et n’ayant donc pas participé à ces manœuvres est la Russie.

Flotterait-il un parfum de nouvelle guerre fraîche entre russes d’un coté, et américano-canadiens de l’autre? La Norvège vient d’annoncer un projet visant à établir un commandement arctique interarmées, une force de réaction arctique et un renforcement de la base aérienne de Thulé pour la partager avec ses alliés de l’OTAN.
Le Canada, pour sa part,  a récemment décidé de développer les effectifs et le matériel de ses brigades arctiques. Quand à la Russie, elle revendique clairement sa souveraineté sur une bonne partie de la dorsale sous marine Lomonossov. Certains officiels affirmaient déjà en 2008, tel le général Vladimir Chamane, que «le pays devait être prêt à faire la guerre en arctique si nécessaire». Cette année a vu la création de deux nouvelles brigades arctiques pour contribuer à la protection des intérêts nationaux russes dans la région. Mais par ailleurs, la Russie affirme vouloir faire de l’Arctique un territoire de dialogue et écarte par avance tout risque de conflit dans cette zone du monde. Récemment, l’influent premier ministre Vladimir Poutine a rappelé que: «La sécurité et les intérêts géopolitiques de la Russie sont liés à l’Arctique». Enfin en dehors des Etats Unis, riverains de l’Arctique via l’Alaska, d’autres pays plus lointains ont manifesté récemment des visées sur l’Arctique: La Chine ou encore l’Iran.

Routes commerciales du futur, exploitation des richesses minières, l’Arctique va sans doute faire l’objet de tractations compliquées et de nouveaux rapports de force entre puissances. Pour les européens, le filtre Otan et nord-américain ne semble pas le plus conforme à leurs intérêts. En effet un équilibre en Arctique n’est pas concevable sans la Russie. En outre, à l’heure ou le moyen orient multiplie les signes d’instabilité, et alors que le besoin en énergie va augmenter durant le siècle, le rapprochement avec la Russie semble plus que jamais utile. C’est ce qu’a laissé entendre l’ambassadeur français pour l’Arctique Michel Rocard: «La Russie est une puissance arctique disposant de nombreux atouts (expérience, matériel…) pour assurer le développement de la route commerciale arctique».
Russes et européens ont sans doute l’occasion de faire ensemble de l’Arctique un territoire de paix et de dialogue, et d’utiliser ces richesses ensemble, afin de renforcer leurs positions dans le monde.

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La Russie et l’Arctique

Vous noterez que le premier ministre Russe n’a pas les oreilles couvertes;)
Vous pouvez ici retrouver le dossier complet de RIA Novosti sur l’Arctique
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Vers la guerre dans le grand nord ?

Cela fait longtemps que je regarde attentivement les développements d’une région du globe à laquelle peu de gens pensent, car elle est inhabitée, il s’agit du grand nord, de l’arctique.  J’ai écrit en juillet 2008 un texte intitulé «bataille pour l’arctique» dans lequel je prédisais que cette zone serait le théâtre d’un conflit militaire entre la Russie et «l’ouest».
Depuis quelques «mois» la température ne cesse de monter en arctique .. Les soldats de l’OTAN intensifient la préparation de leurs différentes composantes aux conditions de combat dans l’arctique et les exercices d’acclimatation et d’aguerrissement aux conditions arctiques se multiplient.  
En novembre 2009, le gouvernement Conservateur Canadien reprend une réthorique belliciste contre la Russie sur le dossier arctique affirmant que :» le Canada est prêt à défendre ses régions arctiques contre les nations qui » dépasseraient les bornes  .. C’est pour cela que nous allons continuer à réagir de manière si forte quand d’autres nations comme la Russie s’engagent dans des exercices qui apparaissent mettre en jeu notre sécurité dans le Nord » .. » Nous allons , aussi , continuer à travailler avec nos alliès comme les Etats-Unis avec qui nous partageons des intêrets communs et nous allons répondre de manière appropriée lorsque d’autres nations * dépassent les bornes * quand il devient question de l’arctique Canadien «. 
Ce regain de réthorique belliciste survient aprés la tenue à Halifax , du 20 au 22 novembre, d’un raout sécuritaire Atlantiste organisé par l’ultraconservateur German Marshall Fund of The United States  et le gouvernement Canadien. Lors de cette conférence, les participants ont discuté  des dossiers chauds de l’actualité internationale, qu’il s’agisse de la situation politique en Afghanistan, au Pakistan, en Iran et au Proche-Orient, ou de piraterie maritime, de prolifération nucléaire, de la sécurité en Arctique et de l’avenir de l’OTAN. Parmi les participants  on a noté la présence du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, et ses homologues allemand, belge, brésilien, colombien, hollandais et néo-zélandais, le directeur exécutif du Fonds monétaire international Arvind Virmani, le commandant en chef des forces de l’OTAN en Europe, l’amiral James Stavridis, le sénateur américain John McCain et le conseiller pour la défense à la présidence française, l’amiral Édouard Guillaud, lui qui s’oppose actuellement vivement à la vente des frégates MISTRAL par la France à la Russie. MISTRAL qui (comme le rappelle Ariel Cohen) pourraient très bien être déployés non sur la mer noire mais également ailleurs ou le gouvernement Russe le souhaiterait, à savoir sur la mer du nord.
A noter que sans doute pour cette raison, l’OTAN cherche à rassurer les pays Baltes inquiets (mais on se demande sincèrement de quoi) et va procéder à des exercices aériens avec les 3 républiques.
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COLD RESPONSE est un exercice OTAN sous le commandement de l’Armée Norvégienne et avec la participation de certains états de l’auto-proclammé « Partenariat pour la paix » et qui se focalise sur des opérations amphibies par condition de grand froid, l’interopérabilité des différentes forces expéditionnaires , les opérations terrestres spéciales et conventionnelles. Des manoeuvres avaient eu lien en 2009, il s’agissait de COLD RESPONSE 2009.  Durant le mois de décembre 2009 , des Marines du 2eme bataillon du 25 éme régiment de Marines ( réserve ) ont été déployés en Norvège pour les exercices COLD RESPONSE 2010 qui ont eu lien en ce début mars 2010. Cet exercice COLD RESPONSE 2010 sont annoncés comme étant d’une «ampleur inégalée». Plus de 9000 soldats de 14 pays y ont participés, provoquant la colères des éleveurs de rênes de la région.Juste après ces manoeuvre, des exercices Dano-Canadiens ont eu lieu, sous le nom d‘exercices Syrius

Ces derniers exercices  ont provoqué l’irritation de la diplomatie Russe, le représentant de la Russie au sein du COR, Dmitry Rogozin a d’ailleurs à ce sujet posé la question de savoir » qui l’OTAN se préparait à affronter dans le nord arctique : l’Iran, les Talibans ou Ben Laden ?». Cette irritation est bien compréhensible, on peut se demander pour quelles raisons les troupes Américaines font leurs exercices militaires en Norvège et non en Alaska par exemple. Est ce du à ce rapport du CFR qui affirme l’impérieuse nécessité d’une présence militaire de l’OTAN en arctique ?  Ou plutôt de l’interet porté par l’OTAN aux routes maritimes nouvelles ? 

Ces manoeuvres militaires «devant» les frontières Russes de la péninsule de Kola (nord) sont à rajouter au déploiement du bouclier antimissile Américain en Pologne, Roumanie et peut être Bulgarie et enfin à la pression qui a été faite par l’OTAN pour intégrer l’Ukraine et la Georgie, ce dernier pays ayant été entraîné dans un conflit militaire contre la Russie. 


Du nord au sud, la Russie fait face à un arc de cercle dressé par l’OTAN, qui multiplie les provocations et augmente la militarisation à outrance des états frontaliers de la Russie. Comment après cela, après la guerre dans le Caucase de aout 2008 due à la militarisation de la Georgie par l’OTAN, s’étonner du contenu de la doctrine militaire Russe qui affirme que l’expansion militaire de l’OTAN à ses frontières représente une menace principale ?
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Pour les spécialistes en géopolitique de l’arctique Rick Rozoff et Daniel Besson, cette zone du monde est la zone clef des décennies à venir, et sera le théâtre d’opposition des puissances mondiales, Amérique, Canada, Norvège et Russie mais aussi  la Chine qui souhaite bénéficier des voies de navigation qui vont apparaitre en arctique. Une vision intéressante alors que l’UE a été débouté de sa demande d’avoir un statut d’observateur de l’arctique
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Conférence sur l’arctique

Lu sur l’excellent blog ZEBRASTATIONPOLAIRE : 
« L’agence RIA NOVOSTI  organise à Moscou les 25-26 novembre prochain une conférence sur l’Arctique. Il s’agit d’une déclinaison d’une autre initiative de l’agence, à savoir le Club de discussion Valdai , mais en version abrégée et sur une thématique spécifique.

Il y aura une trentaine de participants étrangers, spécialistes de renom du domaine arctique dans les quatre domaines suivants :
1/ Ressources naturelles
2/ partage du plateau continental
3/ Dimension politique et militaire
4/ Ecologie
Les lecteurs de ce blog, les spécialistes de géopolitique et des questions portant sur les ressources naturelles (universitaires, chercheurs, juristes,  responsables politiques et militaires, responsables économiques… ), peuvent se faire connaître auprés de la directrice de l’agence Parisienne de RIA NOVOSTI ou lui communiquer le nom d’une ou de personnes répondant à ces critères.
Il s’agit de Mme Alexandra Kamenskaya au 01 42 27 79 21.»


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Le Canada à la pointe de la guerre contre la Russie ?

Article intéressant passé sur «mondialisation.ca«
Que peut on y lire notamment ?- Que le 1er août, le ministre de la Défense Peter MacKay a été paraphrasé comme «avertissant la Russie que les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé«, ce qu’une agence de presse canadienne formulait moins délicatement en tonnant que » les avions de chasse canadiens décolleraient pour «accueillir» tout appareil russe «approchant » l’espace aérien du Canada.»

- Qu’en août 2008 le premier ministre Stephen Harper a accusé la Russie de revenir à une «mentalité de l’ère soviétique».

- Qu’en mars 2009 la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 «en raison de leur aptitude à des patrouilles dans l’Arctique et à en mars effectué un très important exercice de pratique militaire de l’Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays dans lequel un pays fictif appelé Northland s’est emparé des plateformes pétrolières offshore.

- Qu’en juin 2009 c’est la Suède ait tenu son plus grand exercice militaire du Nord depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Environ 12 000 soldats, 50 avions et plusieurs navires de guerre ont participé.

- Que les 28- 29 janvier 2009 le secrétaire général de l’OTAN et des hauts commandants militaires réunis en Islande ont procédés à un séminaire sur les perspectives de la sécurité dans le Grand Nord, dans lequel le chef de l’OTAN du moment, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré que : “ Le Grand Nord va nécessiter encore plus d’attention de la part de l’Alliance dans les années à venir… Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d’extraction des richesses en minéraux et des gisements énergétiques du Grand Nord… A notre sommet de Bucarest de l’an dernier, nous avons convenu de quelques principes directeurs pour le rôle de l’OTAN dans la sécurité de l’énergie «

- Que cette année l’Opération Nanook sera une opération de grande envergure avec la participation de l’armée, de la marine et de l’armée de l’air canadiennes, et des forces spéciales engagées pour la première fois. Les exercices comprendront le débarquement amphibie d’un Groupe Compagnie de la Réserve Arctique, des exercices anti-sous-marins, des opérations de soutien aérien et un exercice d’accident de masse.

- Que le rôle assigné au Canada est de servir soit d’appât dans un piège soit d’agent provocateur pour déclencher une confrontation avec la Russie à laquelle les États-Unis et l’OTAN, auraient à répondre et que le Canada, avec une population de 33 millions d’habitants, serait alors être présenté comme un victime petite et sans défense de «l’impérialisme russe» renaissant.

- Qu’après être revenu de ses visites en Ukraine et en Géorgie, toutes deux bordant la Russie et toutes deux promues par les États-Unis à une l’adhésion complète à l’OTAN, le mois dernier le vice président Joseph Biden a donné une interview au Wall Street Journal dans laquelle il a dit de la Russie que :
«C’est une chose très difficile à traiter que la perte d’un empire«- ceci venant du commandant en second de la superpuissance phare du monde avec des centaines de milliers de soldats autour et des centaines de bases militaires parsemant la planète.

Il a continué en prévoyant ce qui pourrait avoir été repris mot pour mot du livre de 1999 Le Grand Echiquier de Zbigniew Brzezinski : «La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, et son affirmation que :
» la Russie, une entité politique artificielle était vouée à la fragmentation et à une extinction éventuelle
» Ils ont une base de population qui rétrécit, ils ont une économie qui se fane, ils ont un secteur et une structure bancaires qui ne semblent pas être en mesure de résister au cours des 15 prochaines années, ils sont dans une situation où le monde évolue avant eux et ils sont en train de s’accrocher à quelque chose du passé qui n’est pas durable.«
» Ce pays, la Russie, est dans une circonstance très différente de celle de n’importe quel moment au cours des 40 dernières années, ou plus. «

Pour en savoir plus, lisez la suite ici

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Bataille pour l’énergie, de l’Ukraine à l’Arctique

En juillet, mon article «bataille pour l’actique» repris sur Yahoo actualités prévoyait que le grand nord serait une des zones de bataille du siècle qui commence, une bataille qui pousserait les puissances dominantes actuelles (occident et russie) mais également les puissances émergentes comme la Chine a «nordiser» leur politique géo-énergétique. Cette théorie est partagée avec un certain nombre de mes confrères, géopoliticiens et bien d’autres journalistes avisés.
Les tensions vers l’arctique sont liées a la futur guerre pour l’énergie entamée il y a déjà bien longtemps mais qui va plausiblement s’intensifer de façon drastique dans les mois et/ou les années qui viennent. La situation de «tension» actuelle liés à la crise du Gaz est également un symptôme annonciateur.Kommersant. titrait récemment que L’administration US a rendu publique le 12 janvier la directive du président Georges W. Bush sur la politique américaine en Arctique. Repris sur Ria Novosti et traduit en Francais, voila globalement le contenu de l’article que je vous retranscris ici titré : «Vers une confrontation en Arctique ? «

Le document exige que le Sénat ratifie dans le plus bref délai la convention internationale sur le droit de la mer, qui réglera le partage de l’Arctique. Seulement, le Conseil de sécurité de Russie a lui aussi élaboré une nouvelle stratégie de mise en valeur de la région. Selon le représentant spécial du président russe pour la coopération en Arctique, Artur Tchilingarov, son essence réside dans les paroles suivantes: «Nous ne cèderons l’Arctique à personne».

On ne sait pas encore au juste quels sont les réserves de gaz et de pétrole de l’océan Arctique, mais selon le Service géologique américaine, il possède 20% des hydrocarbures mondiaux.

La demande de ratifier la convention internationale sur le droit de la mer est le point le plus important de la directive du président sortant, a indiqué une source du Kommersant au ministère russe des Affaires étrangères. Les Etats-Unis restent jusqu’à présent le dernier pays arctique à n’avoir pas ratifié la convention, ce qui constitue un des obstacles au partage international de l’Arctique.

Artur Tchilingarov a confirmé hier que la présence russe dans l’océan Arctique serait activement élargie. Il a également indiqué que le travail sur l’argumentation des prétentions russes au plateau continental arctique continuait et même touchait à sa fin. Tous les documents prouvant que le Pôle nord appartient à la Russie pourraient être transmis à l’ONU dès 2010. M.Tchilingarov a déclaré auparavant que si l’ONU ne reconnaissait pas le droit de la Russie sur le Pôle nord, le pays se retirerait de la convention sur le droit de la mer.

«Il est évident qu’un «front arctique» sera une réalité dans quelques années: les enjeux sont trop importants», fait remarquer le directeur des programmes politiques du Conseil pour la politique extérieure et de défense Andreï Fedorov. «Les positions de la Russie sont pour le moment plus solides que celles des autres pays, mais il ne faut pas s’imaginer que cela va durer très longtemps».

Un signal rouge qui vire au violet alors que la Cour internationale de justice (CIJ) de l’ONU vient au même moment affirméee être «disposée» (compétente ?) à trancher les litiges susceptibles de surgir autour du plateau continental de l’océan glacial Arctique, riche en hydrocarbures et que la guerre du gaz fait rage au coeur de l’Ukraine, véritable partie d’échec a trois entre la Russie, l’Union de Bruxelles et l’Ukraine Orange. Rappellons par une carte la position pour l’instant essentielle de l’Ukraine pour le transfert du gaz Russe vers l’Europe :


C’est parceque l’Ukraine Orange (sous pression lobbiyque de forces qui tentent de saper les relations Russo-Européenes ) n’est pour l’instant pas un partenaire fiable (preuve en est les évenements actuels) que le gouvernement Russe souhaite «diversifier» les approvisionnements vers l’Europe et ne pas être dépendant des humeurs d’un président en carton nommé par la CIA et Soros ! Pour cela, les projets NORTH STREAM et SOUTH STREAM semblent être des solutions sures et fiables pour garantir l’approvisionnement vers l’Union Européenne (CF carte).

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Vers la guerre au dessus du continent blanc ?

En juillet, je tentais d’expliquer via mon article «bataille pour l’arctique» l’intêret grandissant que portait les grandes puissances au grand nord a cette zone cruciale d’un point de vue énergétique (Un quart des ressources d’hydrocarbures non découvertes de notre planète se situerait dans l’Arctique, selon l’US Geological Survey et 84% de ces réserves se situent au large) mais aussi géostratégique, CF la carte ci dessous.

Il semble que la situation se détériore très rapidement. Les principaux pays concernés prenants des mesures radicales concernant cette zone. Comme l’afirmait BBC récemment un risque réel de conflit se dessine dans cette zone, notamment à cause de la non définition précise des frontières. La Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark et la Norvège sont tous engagés — à différents degrés — dans une course pour exercer et étendre leur souveraineté sur l’Arctique pour des raisons stratégiques, politiques et énergétiques.
Le canada vient donc de ré-affirmer «sa» souveraineté sur l’arctique en tentant de faire passer sa ligne de souveraineté de 100 à 200 miles (soit disant en matière d’environement … SIC) ! Cette décision unilatérale et impérialiste a étéa affirmée par Steven Harper lui même lors des entrainements militaires Canadiens Nannok 2008 en août dernier. Il est à noter que le Canada ne dispose comme force militaire que de 4.200 rangers Inuits et que 3 brises glaces militaires suplémentaires sont en construction.
La Norvège est divisée sur la question. Les socialistes sont absolument contre l’ouverture de la région aux compagnies pétrolières pour des raisons écologiques, tandis que le Parti travailliste est, globalement, pour. Les ressources d’hydrocarbures actuelles du pays sont sur le déclin, et les travaillistes souhaitent ouvrir plus de gisements dans le nord du pays pour continuer à approvisionner une demande mondiale de plus en plus forte.
L’Alaska n’est pas en reste, la gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin, choisie par John McCain comme colistière dans la course à la Maison blanche (tout un symbole), est une grande partisane de l’extension des forages pétroliers dans cet Etat américain. Elle est également commandeur en chef de la Garde nationale de l’Alaska.

La Russie n’est pas non plus en reste.
- Comme l’a parfaitement expliqué Dmitri Medvedev le 17 septembre dernier : «L’objectif de la Russie est de faire de l’Arctique une réserve de ressources pour la Russie du XXIe siècle et d’adopter dans les plus brefs délais d’une loi établissant le tracé de la frontière méridionale de la partie russe de l’Arctique«. (source ici).
- Pour le général Léonid Ivashov : «Pendant des siècles la Russie a été préservée d’une menace au nord . Il est tres important que du côté de l’Arctique n’apparaissent pas de nouvelles menaces pour nous, disons de la part de submersibles ou d’aeronefs appartenant à nos ennemis potentiels . Oui , pour nous il est important que le nord soit calme , et surtout l’Arctique — Elle est une enorme accumulation de ressources et donc d’assez dures disputes peuvent s’y enflammer . Une dispute pouvant facilement se transformer en un conflit armé , la Russie se doit de s’armer légalement d’autant plus que nous voyons apparaître dans cette region , autour de ces richesses , le potentiel militaire des autres pretendants . On peut prevoir de puissantes disputes politico-legales avec l’utilisation du levier economique et même des demonstrations de force militaire».
- Enfin pour Nicolas Patrouchev : «L’Arctique doit être Russe. Elle doit devenir la base stratégique de nos ressources«. Il a rapellé le rôle essentiel des regions arctiques dans l’économie Russe «L’Arctique produit 11% de notre PIB et entre pour 22% dans les exportations Russes. Dans cette region nous produisons 90% de notre Nickel et de notre Cobalt ; 96 % de notre cuivre et des Platinoides. Un rôle essentiel dans cette région doit revenir à la route maritime du Nord qui est le chemin le plus court entre l’Europe du Nord , l’Extrême Orient et les ports fluviaux de la Siberie. Nos competiteurs , les Etazunis , le Canada , le Danemark et la Norvège accroisent leur activités, y compris leurs activités militaires , nous devons répondre à cette menace» a t’il ajouté en snobant tout simplement l’existence de l’ Union Européenne«.
Ces déclarations montrent très bien la réorientation de la politique Russe, vers le nord donc mais aussi vers l’est et la Sibérie. Le développement du grand nord est une des priorités de l’administration Russe comme l’explique très bien cet article qui décrit l’afflux financier dans le grand nord.

En outre, il est à noter que la fonte des glaces «fortes» envisagées dans les années à venir devrait développer la circulation marine dans le grand nord. Selon les estimations de glaciologues, l’océan Arctique pourrait être libéré des glaces pendant toute la période estivale d’ici à 2030 en raison du réchauffement climatique, dont l’effet est plus intense aux pôles. A ce titre, outre les grands acteurs cités, les autres grandes puissances s’intéressent de plus en plus à la région, j’avais déjà cité le cas de l’Iran, de la Chine, désormais c’est la Corée du Sud qui développe des brises glaces à destination du grand nord.
Plus que jamais, comme l’explique très bien Palpatine, le grand nord : «c’est là que se prépare la guerre de demain, la guerre au dessus du continent blanc » .

A lire pour mieux cerner les enjeux de cette région stratégique :
- le site de la fondation pour la culture stratégique
- le site de Palpatine : zebrastationpolaire

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Bataille pour l’arctique

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Depuis quelques mois, flambée des prix des hydrocarbures et crise alimentaire en vue, les spectateurs avisés auront noté la hausse susbtancielle de dépêches d’actualité concernant la zone arctique. Ce n’est pas une surprise, après les ressources OPEP, l’Off shore Russe, l’Arctique représente la 3ième et dernière étape d’extraction énergétique, avant le basculement aux «techniques d’extractions avancées» (EOR).

Certains prédisent déjà aujourd’hui que l’arctique, plus que le Heartland représentera le thêatre de conflit majeur du 21ième siècle.

Comme l’expliquait très bien Krauss Clifford, journaliste et membre du CFR (Think Tank très profondémment Atlantiste) «Les différends territoriaux concernent les états du monde entier, mais c’est bien en Arctique que les experts s’attendent à voir le plus de conflits» (Krauss Clifford, The New York times, Oct. 2005).

L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la terre, aux abords du cercle polaire Nord. L’Arctique inclut le Groenland (territoire autonome du Danemark), une partie du Canada, de la Russie, des Etats Unis (Alaska), de l’Islande, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et la totalité de l’océan Arctique. Le nom Arctique vient du grec ancien ἄρκτος (árktos) qui signifie ours. Il est intéressant de noter qu’on ne trouve les ours polaires que sur la «Terre des Ours» (Arctique) et pas en Antarctique. Si cette région du Nord, au-delà du cercle polaire, couvre 8% de la superficie du globe, elle ne compte qu’à peine 1% de la population mondiale. Les trois-quarts habitant en Russie.

Dès la fin de la guerre froide, les pays riverains de l’Arctique (Russie, Canada, Norvège, Danemark, Etats-Unis) constituent trois grandes instances de coopération régionale :

  • Le Conseil de l’Arctique créé en 1996 sur une initiative canadienne, réunissant les huit états arctiques et les populations autochtones, la Finlande, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Pologne.
  • La Coopération de Barents décidée le 11 janvier 1993 à la suite d’une initiative norvégienne. Son but est de favoriser les contacts entre les individus de la région de Barents, ainsi que son développement économique. Le Conseil euro-arctique de la mer de Barents réunit les ministres des affaires étrangères des six pays membres et de la Commission européenne. La France a le statut d’observateur.
  • Le Conseil des Etats de la mer Baltique (CEMB) crée en 1992, réunit les pays riverains de la mer Baltique. Le Conseil, par son intitulé, favorise les coopérations inter-arctique en rapprochant ses membres de la Russie notamment.

La région arctique, dans laquelle vivent entre deux et quatre millions de personnes, s’est transformée ces dernières années en pomme de discorde entre les Etats riverains. Et il y a de quoi : ce territoire de seulement 1,2 million de km2 de fonds marins contiendrait tout simplement le quart des réserves mondiales d’hydrocarbures !

Pour résoudre les tensions, lors de la dernière réunion du conseil de l’arctique les états ont confirmé le maintien des accords issus de la convention des Nations-unies de Montego Bay (CMB) du 10 décembre 1982, sur le droit de la mer qui a permis la création de la ZEE et surtout la théorie des secteurs (qui définit tout territoire sans maître adjacent comme le prolongement naturel d’un territoire étatique. Cette théorie réserve aux seuls Etats dotés d’un littoral sur l’Arctique la souveraineté des terres émergées de cet océan). Ses dispositions donnent encore lieu à des interprétations contestées et tous les pays riverains de l’Arctique entretiennent des contentieux mais la Russie, dont la côte arctique embrasse 160° de longitude, a été la plus grande bénéficiaire de cette théorie et l’a naturellement reprise à son compte en 1926. En revanche, les autres Etats riverains (Danemark, Norvège et Etats-Unis) s’y sont opposés, le Canada l’ayant abaodonné récemment. La Russie entend donc maintenir la réclamation de ces droits sur le plateau continental au-delà de la zone de 200 milles, conformément aux objectifs de l’opération Arctica 2007.

Bien que l’accès à ces ressources soit difficile, la fonte des glaces facilite l’accès aux gisements d’hydrocarbures. Pourtant selon les estimations des spécialistes, notamment de chez Rosneft, d’ici 2030, il faudra dépenser 345 milliards d’euros pour effectuer la prospection et prouver l’existence des ressources, et plus d’un milliard d’euros pour effectuer leur mise en valeur. «Ces sommes ne sont prévues dans aucun budget. Bien plus, il faut reconnaître que Gazprom et Rosneft n’ont ni l’expérience, ni les technologies nécessaires pour travailler dans les conditions du plateau continental arctique«, affirme Mikhaïl Kroutikhine, en effet «les chiffres peuvent doubler, voire tripler sur le plateau arctique. Par conséquent, l’extraction ne sera rentable qu’à la condition d’une hausse des prix des ressources énergétiques jusqu’à un point qu’il est difficile d’imaginer aujourd’hui«, résume l’expert.

Cette fonte des glaces à une autre conséquence d’une importance capitale, elle permet de rentabiliser de nouveaux corridors de transports. Parmi les deux principaux :

- La Route Grand Nord contourne le continent eurasiatique par le nord et permet de passer de l’Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie. Longue de 13 000 km, elle traverse les mers de Kara, de Lapev, de Sibérie orientale et des Tchoutchktes. Elle est considérée aujourd’hui « comme la voie de communication unique et la plus accessible qui relie Mourmansk à Vladivostok et les gisements naturels du Grand Nord russe, de Sibérie et de l’Extrême-Orient entre eux ». Inaugurée à la fin du 19ième siècle, c’est Gorabtchev qui le 1er juillet 1991, fera ouvrir par l’URSS cette route maritime du nord à toutes les nations. Pour la développer, les Russes vont développper une flotte de 75 navires à étrave et coque renforcée dès 2010 pour principalement transporter les exportations de pétrole et de gaz du Grand Nord russe. Cette route GN (en rouge sur la photo)

- La Route Pont Arctique qui relie le port de Mourmansk à celui de Churchill, au nord du Canada. Elle est ouverte de juillet à octobre et serait le chemin le plus court pour acheminer l’abondant pétrole russe vers les marchés canadien et américain .

Par conséquent la Russie doit être prête à la guerre dans l’Arctique pour «protéger ses intérêts nationaux si ils sont menacés, car la une région contient de grands dépôts inexploités de ressources naturelles» a récemment déclaré Vladimir Chamanov. En effet, à la suite de l’opération sus citée Arctica, de nombreux pays ont contesté le droit de la Russie de réclamer les surfaces territoriales qu’elle estime lui être due. Par conséquent celle ci a immédiatement révisée les programmes militaires pour accélerer le développement de troupes dans l’arctique, en cas de conflit potentiel.

La presse «internationale» depuis l’année dernière a dénoncée de façon perpetuelle les revendications Russes en parlant notamment de «bataille pour l’arctique» ou encore de «guerre froide pour l’arctique», mais également la militarisation de la situation. En effet, l’Ours a dans le désordre, violé l’espace aérien Norvégien, fait patrouiller des chasseurs bombardiers (Tupolevs) ou encore acceleré le développement du «Boulava». A cela s’ajoute les déclarations de la Russie sur sa préparation armée à défendre son territoire, et aussi ses frontières.

Pourtant, très curieusement, personne n’a «dénoncé» les récentes grandes manoeuvres militaires Américaines, ceux ci ayant récemment procédé à 12 jours d’exercice à grande échelle en Alaska, impliquant environ 5.000 personnes, 120 avions et plusieurs navires de guerre. La Russie par la voix du lieutenant colonel Chamanov a affirmée ne pas pouvoir ignorer une telle démonstration de force militaire à proximité des régions essentielles arctiques. Est ce que ces manoeuvres ont un lien avec les prédictions du «north institut», Think Tank violemment Atlantiste (tout comme le CFR) et qui «ressort» le risque d’une alliance (continentale) Russie-Chine et une prise de controle des réserves du nord Heartland (lore à ce sujet le scénario II sur la constitution d’un corridor énergétique eurasiatique). Il est vrai que récemment, des états comme l’Iran ont exprimé leur visée sur le continent blanc.

l’Arctique est donc devenu le theâtre des opérations sur lequel tous les pions du grand échiquier sont présents et témoignant bien de la totale continuité de la guerre froide (a plus basse intensité) que les Américains et les Russes n’ont jamais cessé de se liver.

Au plus fort moment de ce conflit gelé (coincidence), les Etats-Unis ont compris l’intérêt de l’Arctique, sa traversée constituant pour ses bombardiers B52, puis pour ses missiles, le plus court chemin en direction …. de l’Union soviétique. Ils ont développé un réseau nordique de bases aériennes, qui a progressivement perdu de son importance avec le développement des missiles et du ravitaillement en vol. Au début des années 60, le commandement du NORAD a converti ces bases en des centres de détection, qui ont été modernisés dans les années 80, et rebaptisés North Warning System (NWS). Aujourd’hui, les Etats-Unis maintiennent leurs efforts pour y renforcer le réseau des sites radars nécessaires à l’alerte avancée de leur défense anti-missile. « La stratégie américaine d’affrontement avec l’URSS remonte de plus en plus vers le Nord[...], la bataille de l’Atlantique évolue pour aboutir, à partir de 1985, à une bataille purement américaine et sous-marine, la bataille de l’Arctique permettant la confluence des deux flottes Atlantique et Pacifique. Elle entraîne la marginalisation progressive de l’Europe de l’ouest ».

Durant la guerre froide, l’Arctique a été le théâtre d’un duel russo-américain où les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) américains se sont toujours efforcés de pister les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) soviétiques. Seuls les Américains et les Russes possèdent de tels sous-marins, capables de naviguer en milieu polaire. Il raisonnable de penser que l’Océan arctique continue à abriter aujourd’hui des sous- marins américains et russes, non plus dans la cadre d’une guerre sous-marine déclarée entre deux superpuissances, mais plutôt dans celui d’une stratégie de dissuasion « tous azimuts ». De surcroît. Aujourd’hui, l’Océan arctique permet de faire peser une menace de représailles nucléaires sur toutes les grandes villes de l’hémisphère nord.

De nombreux thinks tanks US reflechirainet deja aux implications en matière d’équipement et d’entraînement. Dans son livre « Globalization and maritime power », Sam Tangredi consacre un chapitre entier aux implications stratégiques et économiques du réchauffement de l’Arctique. L’auteur regrette que les Etats-Unis n’y aient pas encore affiché une position de leadership, alors qu’ils « devraient et pourraient » le faire. Il imagine déjà les conséquences stratégiques de la réduction de la calotte glaciaire ; qui obligerait en particulier l’US Navy à mener une « vieille mission dans une région nouvelle », qui est celle de la protection des voies maritimes.

Pourtant malgré ces tensions ravivées, la Russie « ne redoute pas un conflit d’intérêts entre les différents Etats riverains de l’Océan arctique » a déclaré Sergueï Lavrov lors de la conférence des cinq pays arctiques. «Nous ne partageons pas les prévisions pessimistes de montée en puissance d’un conflit d’intérêts entre les Etats arctiques et extrarégionaux, qui envisageraient presque une «bataille de l’Arctique» sur fond de réchauffement climatique, qui facilite l’accès à des ressources naturelles dont le prix flambe dernièrement et ouvre de nouvelles voies de transport maritime«.
Le chef de la diplomatie russe estime que l’ensemble des problèmes de la région doivent être résolus de manière civilisée en se basant sur le droit international et les négociations.

Que conclure ? La zone arctique n’est pas seulement la zone energetique essentielle pour la periode d’apres OPEP, qui est sans doute très proche. Elle est aussi et probablement devenu le principal thêatre des opérations, car après la bataille pour le Heartland (qui contrôle le heartland contrôle le monde), peut être pourra t’on dire que «qui contrôle l’Arctique contrôle le monde».

«Conquis par les airs et sous la glace, l’Arctique a été le siège du seul véritable changement stratégique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le cœur de la stratégie océanospatiale américaine face à l’union soviétique. Il est désormais le centre de gravité géographique désert et glacé de la CSCE ». (Guy Labouérie en 1993).

A méditer.

Sources :

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