L’Afghanistan 20 ans après le retrait des troupes soviétiques

Le cyprus mail publiait le 15 février dernier un article extrêmement intéressant sur les 20 ans du retrait des troupes Soviétiques d’Afghanistan, un Afghanistan qui reste dramatiquement au coeur de l’actualité. L’article original est en Anglais ici.

Et je me suis permis d’en faire une traduction en Francais ci dessous, pour mes lecteurs non anglophones.

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L’Afghanistan 20 ans après le retrait des troupes soviétiques
Par Benon SEVAN

Dimanche 15 février va marquer le 20ième anniversaire du retrait des troupes Soviétiques d’Afghanistan. Ce jour la, le dernier soldat Soviétique (le lieutenant général Boris V Gromov), commandant des troupes Soviétiques d’Afghanistan, traversa le “pont de l’amitié” qui relie la ville frontalière Afghane de Hayratan avec la ville de Termez, en URSS, marquant ainsi la fin de 9 ans de désastreuse compagne militaire Soviétique en Afghanistan, campagne militaire qui commença en décembre 1979.


Le retrait des 100.000 soldats d’Afghanistan fut terminé le 15 février 1989, poussé par les accords de Genève signés le 14 avril 1988 entre le Pakistan et l’Afghanistan, avec les États Unis et l’Union Soviétique comme garants.


J’étais présent à Kaboul durant la parade militaire du 15 mars 1988 qui marquait le début du retrait des troupes Soviétiques. L’union Soviétique ne considéra pas le retrait de ces troupes comme une défaite mais plutôt comme l’affirma le général Gromov comme “l’achèvement d’une mission internationale et le respect des accords de Genève; aucune de nos unités, même la plus petite n’a battu en retraire, c’est la raison pour laquelle nous ne parlons pas de défaite militaire“.


Lors d’un meeting tenu à l’ambassade Soviétique fortifiée de Kaboul, une semaine avant le retrait des troupes soviétiques, mon ami l’ambassadeur Yuliy Vorontsov, avec son sens de l’humour habituel, attira mon attention sur le très grand nombre de médias massés devant l’ambassade. “Je suis désolé qu’ils soient décus” dit il. “Ils attendent que je quitte Kaboul. Mais nous n’allons pas abandonner l’Afghanistan comme les Américains ont quitté Saigon en hélicoptère, alors même que la ville s’écroulait autour d’eux” ajouta t’il.

L’union Soviétique a échoué en Afghanistan non pas à cause de la persévérance militaire des combattants moujahidins soutenus par les États Unis et le Pakistan, mais parce que avant tout elle n’a pas réussi à conquérir les coeurs et les esprits des Afghans. Au lieu de cela, les Soviétiques ont concentré leurs efforts sur une solution militaire.

L’intervention militaire Soviétique n’a pas été coûteuse qu’à l’union Soviétique mais également au peuple Afghan : 1,5 millions de morts, 3 millions de réfugiés au Pakistan, 2 millions en Iran; 1 million de déplacés en interne et des milliers de mutilés, veuves et orphelins, le pays étant dévasté et infesté de mines.


Dès que les Soviétiques ont laissé l’Afghanistan, le peuple Afghan a été oublié et l’attention du monde s’est déplacé ailleurs. Il est regrettable que personne n’ai compris la leçon du retrait Soviétique d’Afghanistan. A ce jour, un prix très élevé est payé pour cette faute.


Dans le même temps, les Talibans se sont déversés sur tout le territoire Afghan et ont créé le chaos au Pakistan. Le faible gouvernement de Hamid Karzai n’a en plus pas contribué à amélioré la situation. Il semble que le président Karzai est perdu sa position acquise sous le règne de Bush et soit abandonné comme un citron pressé.

Le Pakistan paye lui le prix de son “engagement” dans les affaires Afghanes sous l’occupation Soviétique, lorsqu’il servait de ligne de front de la guerre froide. Le Pakistan procurait des caches et des abris aux moujahidins Afghans et les services secrets Pakistanais (ISI), qui dirigeait quasiment le conflit en Afghanistan, étaient eux impliqués dans le recrutement et l’entrainement de ces mêmes moujahidins.


Le Pakistan a également servi de courtier de transferts des fonds et de l’approvisionnement militaire (fourni à la base par la CIA et l’Arabie Saoudite), favorisant les leaders moujahidins les plus extrêmes comme Gulbuddin Hekmatyar, Ustad Abdul Rabi Rasul Sayyaf (tenu comme étant un des premiers à avoir invité Ossama Ben Laden en Afghanistan) et Mawlawi Mohammad Yunus Khalis.

J’ai régulièrement alerté les représentants des États Unis, du Pakistan et d’Arabie Saoudite, autant que d’autres impliqués dans l’aide aux groupes extrémistes Afghans en leur disant qu’ils feraient mieux de supporter les leaders Moujahidins plus modérés. je les ai alerté sur le fait que les “frankensteins” qu’ils étaient en train de créer viendraient un jour les chasser dans leur propre pays.

Lors d’un meeting avec le président du Pakistan de l’époque (Ghulam Ishaq Khan), il m’a été dit que le Pakistan était intéressé à avoir une “amicale république islamique d’Afghanistan”. j’ai répondu que la politique menée allait au contraire mené l’Afghanistan a devenir un cimetière Islamique, et que les cimetières ne connaissant pas les frontières, il allait s’étendre au Pakistan.


J’ai eu des conversations similaires avec les anciens premiers ministres Benazir Bhutto et Nawaz Sharif. L’Afghanistan est devenu, et continue de devenir le terrain d’entraînement pour tous les groupes extrémistes du monde entier, de l’Algérie aux Philippines.

Il ne peut y avoir aucune solution militaire en Afghanistan. Il est regrettable que durant les années récentes, les États Unis et leur alliés se soient appuyés sur la même stratégie d’échec que celles des Soviétiques en Afghanistan. Durant les récentes discussions tenues à Munich malheureusement, l’accent à plus été mis sur une solution militaire impliquant que l’OTAN augmente ses troupes stationnées et l’engagement armé en Afghanistan.

Pendant que l’Afghanistan pose le “plus grand challenge militaire” aux États Unis, comme l’a récemment affirmé le secrétaire à la défense Robert Gates, il ne faut pas sous estimer le challenge que représente le risque grandissant dans certains cercles au Pakistan, particulièrement dans les cercles militaires , la résistance grandissante aux critiques Américaines sur le gouvernement Pakistanais afin qu’il accentue sa lutte contre le terrorisme. Selon certains rapports, il y a en effet une suspicion grandissante envers l’Amérique et ses intentions, particulièrement depuis l’établissement des relations stratégiques établies entre l’Amérique et l’Inde.

Avec le départ de l’administration Bush, obsédée par la lutte contre “le terrorisme” sans faire aucune distinction entre Islam et terroristes Islamiques, il y peut être un espoir que la nouvelle administration Américaine va modifier sa politique envers l’Afghanistan, en évitant les erreurs commises non seulement en Irak mais également en Afghanistan. La nomination de Richard Holbrooke comme représentant du président Obama en Afghanistan et au Pakistan est bienvenue. Il a l’expérience et le courage de dire les vérités dérangeantes. Les Afghans apprécient les fortes personnalités, ce qu’est Holbrooke.

Répéter la stratégie et la politique Irakienne en Afghanistan n’apporterait pas les mêmes résultats. Les énormes sommes d’argent distribuées aux chefs de tribus Afghans pour qu’ils empêchent l’évasion des Talibans et membres d’Al Qaida n’ont pas servi à grand chose, les mêmes chefs de tribus acceptant des sommes encore plus importantes du camp d’en face pour “aider” ces mêmes membres d’Al Qaida et Talibans à s’évader au Pakistan.
Cela me rappelle le proverbe : “Vous pouvez louer un Afghan, mais vous ne pouvez pas l’acheter“.

Pendant que la sécurité en Afghanistan est impérative – donc il est impératif d’avoir des forces armées – celles ci devraient être utilisées pour supporter l’effort diplomatique et le processus de développement. Si l’actuelle option militaire se développe, l’Afghanistan deviendra l’Irak de la nouvelle administration Américaine.

Il est par conséquent essentiel d’établir un programme coordonné d’assistance humanitaire, fournissant des fonds suffisants dans le domaine social et économique, incluant l’éducation, des projets ou la réforme essentielle des institutions gouvernementales. Il y a un besoin majeur de programme de reconstruction d’infrastructures. Il est essentiel de comprendre et respecter les traditions Afghanes, en y incluant les structures tribales.

Les Afghans doivent complètement participer au développement des programmes concernés et être les maîtres du processus dans son ensemble. Simultanément, des négociations doivent être entamés avec tous les Talibans qui ne sont pas membres d’Al Qaida, et qui sont “prêts” à une réconciliation. Cela est parfaitement soutenu par le président Karzai.

Dans un de mes premiers rapports de kaboul au siège des Nations Unies à New-York, j’ai un jour écrit : “Je vois la lumière, mais pas le tunnel. j’ai bien peur que nous ne devions creuser le tunnel nous mêmes.”

Voila ambassadeur Holbrooke, c’est exactement ce qui doit être fait sans délais. je vous souhaite bonne chance. Il est impératif néanmoins d’impliquer tous les voisins de l’Afghanistan, incluant l’Iran, pour creuser ce tunnel.

Benon Sevan, ancien secrétaire général adjoint aux Nations Unis, a servi comme représentant du secrétaire général des Nations Unis en Afghanistan et au Pakistan (1989-1992).

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Le printemps du Patriarche (????)

A lire cet article concernant kirill dans le courrier de Russie de cette semaine (début mars 2009). Extraits :
« l’amour charnel sert à remplir la vie de bonheur »

« ne pas employer le terme « multi-confessionnel » à propos de la Russie. C’est un pays majoritairement orthodoxe possédant des minorités nationales et culturelles »

« Benoit XVI est le plus grand théologien de Rome de ces cent dernières années »

« Je ne vous le cache pas, révèle-t-il dans une interview, nous nous entendons très bien avec certains catholiques allemands »

La lettre de Steinmeier

MOSCOU, 12 janvier – RIA Novosti. La lettre ouverte du vice-chancelier et ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, au président américain élu, Barack Obama, publiée lundi dans l’hebdomadaire Der Spiegel, est un document opportun à tous les égards, a déclaré à RIA Novosti le sénateur russe Mikhaïl Marguelov.

“Ce texte renferme des idées réalistes et rationnelles de M.Steinmeier sur la future politique mondiale, tout en traduisant le caractère amical des relations entre l’Allemagne et la Russie”, a indiqué M.Marguelov, président du Comité pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération (Chambre haute du parlement russe).

Dans cette lettre, le chef de la diplomatie allemande appelle le président élu des Etats-Unis à accepter l’initiative du président russe Dmitri Medvedev visant à rénover l’architecture de la sécurité européenne et insiste sur la nécessité d’une nouvelle orientation pour l’Alliance de l’Atlantique Nord, rappelle le sénateur russe.

M.Steinmeier se montre très critique vis-à-vis de la situation qui règne actuellement au sein de l’OTAN, exigeant une réforme profonde de l’Alliance. Les pays membres “ont trop longtemps esquivé une franche discussion sur les tâches (de l’OTAN)”, a-t-il estimé.

M.Steinmeier promet au futur locataire de la Maison Blanche le soutien des Allemands et de l’ensemble de la communauté internationale en cas de changements positifs dans la politique extérieure des Etats-Unis, qu’il s’agisse de l’amélioration de la situation en Irak (les Allemands sont prêts à accorder une assistance réelle dans l’édification d’une nouvelle société) ou de la fermeture envisagée du camp de détention de Guantanamo (les Européens pourraient accueillir les anciens détenus).

“Si l’Amérique tend la main aux autres, je promets que la communauté internationale et l’Europe n’abandonneront pas la nouvelle administration dans l’accomplissement de cette tâche“, souligne le ministre.

Selon M.Marguelov, la lettre du chef de la diplomatie allemande montre que le monde, et notamment la Vielle Europe, en ont assez des démarches unilatéralistes des Etats-Unis et veulent des décisions collectives. Néanmoins, a fait remarquer le sénateur, l’Allemagne figure parmi les principaux alliés américains en Europe.

Il faut gommer les petits égoïsmes nationaux", dans le domaine énergétique

Après 5 jours de pause, le blog de alexandre latsa est de retour ! Pour un concentré des nouvelles dissonantes de la Russie, lisez DISSONANCE !
 
En novembre dernier, le sénateur du Gers Aymeri de Montesquiou publiait sur Ria Novosti ce texte prémonitoire intitulé ” Russie-EU : l’énergie en commun” (a lire). Celui ci vient de publier une interview extrêmement intéressante sur le site “euractiv” Retranscription ci dessous : 
Vous avez récemment déclaré que, dans le domaine de l’énergie, Vladimir Poutine avait « raison ». Qu’entendez-vous exactement ?  
Tout d’abord, cela signifie que Vladimir Poutine veut renforcer toutes les liaisons gazières avec l’UE. C’est l’intérêt de l’Europe. Quand l’essentiel du gaz passe par l’Ukraine et qu’il y a un conflit entre l’UE et la Russie, cela a des incidences sur l’Union européenne. La diversification des trajets me semble donc nécessaire pour les deux parties. C’est en outre un élément de solidarité et je suis convaincu qu’il ne peut y avoir d’indépendance énergétique sans solidarité.
Parmi les projets de gazoducs, celui de Nabucco sous entend qu’au-delà du gaz des pays d’Asie centrale, il y aura besoin d’un apport iranien et je suis de ceux qui estiment nécessaire de faire rentrer à nouveau l’Iran dans le concert des Nations. C’est une très mauvaise idée de tenir ce pays à l’écart même si cette théocratie ne correspond pas à notre modèle de gouvernement.
Enfin, il faut essayer de gommer un paradoxe. On ne peut pas dire à la Russie : vous vous intégrez totalement dans l’économie de marché et dans le même temps lui demander de vendre son gaz à certains pays hors UE ou dans l’UE au tiers du prix du marché. Ce n’est pas cohérent.
Ce qui signifie que le problème est interne à l’Europe. Au sein de l’UE tout le monde est d’accord sur les objectifs (diversification des sources, diversification des réseaux) mais pas sur la façon d’y parvenir…  
Ce n’est pas anormal car ces initiatives nécessitent des investissements colossaux et ces infrastructures génèrent des retombées économiques, tout le monde veut donc être sur le trajet. Il en est de même pour chaque projet, que ce soit le Nord Stream ou le South Stream. Les Polonais sont très mécontents que leur pays soit contourné par le gazoduc Nord Stream et il en est de même pour les Ukrainiens, le South Stream évite leur pays en passant sous la Mer noire. La solution de bon sens serait de définir la priorité de ces projets par l’urgence de la diversification gazière, les coûts de réalisation et leur faisabilité. Loin d’être en opposition, ces tracés doivent être complémentaires. 

 

Il y a donc un problème de volonté politique en Europe au départ ? Oui, mais la présidence de Nicolas Sarkozy a montré qu’avec beaucoup de volontarisme il était possible d’agir et d’être concret. Pour avoir un grand projet européen, il faut gommer les petits égoïsmes nationaux.

 

Que faudrait-il faire pour faire avancer le marché intérieur du gaz ? Les négociations actuelles avec la Russie peuvent-elles donner des résultats concrets ?
Il faudrait tout d’abord une certaine harmonisation des politiques nationales au sein de l’UE. Déjà on diabolise beaucoup moins l’atome. Quand on constate qu’un pays notoirement prudent comme la Suède accepte de nouveau le nucléaire, c’est un signe extrêmement fort. Et la tendance est la même dans les pays du sud. Au-delà de la question nucléaire, j’espère que les Européens se rendent compte, en particulier pour le gaz, qu’on ne peut dissocier sécurité et solidarité. Si on doit y parvenir au niveau électrique, on doit y parvenir aussi au niveau gazier.
Il existe aujourd’hui une véritable révolution culturelle. On assiste à un changement d’Etat d’esprit en Europe dans le domaine énergétique dû à l’abandon des dogmes et au développement durable. De même, la France doit évoluer dans ses positions vis-à-vis de la Russie quant aux importations de carburant nucléaire. La déclaration de Corfou – qui prévoit la restriction à 20% du quota d’importation d’uranium russe dans l’UE – est devenue obsolète, elle est aujourd’hui contournée par les Etats, en dépit des accords.
La sortie de Siemens du capital d’Areva est enfin un événement à considérer car Siemens va vraisemblablement faire un très gros effort de coopération avec la Russie. Il existe sans doute un axe politique fort entre Paris et Moscou mais il est indispensable que le politique entraîne l’économique.

 

Tout d’un coup on revient à une vision nationale ? 
 Non, l’état d’esprit que traduit ce vocable ne convient pas. Areva et Siemens sont des entreprises considérables, qui ont forcément une incidence sur la politique économique de leur pays. Siemens ne peut pas faire abstraction d’Areva, et vice-versa, dans leurs stratégies d’entreprises

2009 : année de la jeunesse ! (Год молодежи)

2009 c’est l’année de la jeunesse en Russie (Год молодежи).
Une année qui sera marquée par des projets sur différents thèmes :
— le succès
— les projets Zvorykine (commercialiser les inventions des jeunes),
— le leadership (donner la possibilité à chaque jeune de réussir dans chaque domaine de sa vie)
— la tolérance (garantir une coexistence pacifique des peuples vivant sur le territoire russe).

D’autres sujets seront traités : la technologie du bien, le territoire, la tradition …

Kosovo : 1 an d’infamie !

365 jours : une année. C’est l’âge du monstre créé par la communauté internationale (l’Occident) au coeur de l’Europe. 365 jours pour arriver à cette sordide définition : “Le Kosovo, également francisé en Kossovo (Kosova ou Kosovë en albanais, Косово и Метохија ou Kosovo i Metohija en serbe), est une république non universellement reconnue de l’Europe du Sud“. L’expreSS tente de synthétiser son histoire, mais comment synthétiser l’histoire d’un pays qui n’existe pas ?

Au jour d’aujourd’hui : 54 des 192 pays membres de l’ONU reconnaissent l’indépendance du Kosovo. Principalement les pays de l’OTAN et les pays Occidentaux. Néammoins quelques nations résistent, incarnant la vraie Europe. En ce soir du 17 février 2009, seuls quelques mots me viennent très naturellement à l’esprit :
TRAHISON – INFAMIE – INJUSTICE.

Heureusement, au fond de moi, je sais ‘une’ chose : ” Le Kosovo c’est la Serbie” !


Peut être le moment d’écouter le morceau de musique ci dessous très fort et d’aller à l’exposition organisée par les associations “vérité et justice” et “solidarité kosovo” les 20 et 21 février prochain à Paris.

Etats Unis : la conquête de l’est !

Au jour actuel, les états qui ont été “victimes” de révolutions colorées (georgie, serbie, ukraine ..) sont plutôt dans un situation “terne”. Leurs gouvernements ont tous échoués. La Serbie et l’Ukraine sont en crise politique (qui n’a d’ailleurs pas cessé depuis les prises de pouvoir Orangiste), la Georgie a été conduite à la guerre et globalement, la “clef” du système : la prise de contrôle de la Russie a échoué. Je reviendrais bientôt sur cette “contre révolution colorée” Russe. Le reportage ci dessous est un “joyau”, il m’a été envoyé par un lecteur (que je remercie) et explique le mécanisme des révolutions de couleurs et l’implication des services Américains dans ces révolutions, destinées grossièrement a anéantir les régimes “non dociles” et à surtout permettre l’extension de l’OTAN. Vous pouvez trouver la source ici A regarder (partie 1 et partie 2) et surtout à diffuser !
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Orthodoxie, autocratie et nationalité

Un texte intéressant publié sur le site Evrazia, traduction d’un texte de de Robert Coalson, collaborateur (le mot est bien choisi) du torchon Moscow Times, le texte a été initialement publié sur le site radio liberty/radio free europe.

Russie : les conservateurs contestent la notion de « valeurs universelles »

Les penseurs conservateurs en Russie n’ont pas célébré le soixantième anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Au contraire, ils l’ont dénoncée comme un colonialisme agressif, comme une tentative pour imposer des valeurs Occidentales aux d’autres cultures.

Le retour des vieilles valeurs

Comme le nouvel État russe s’affirme de plus en plus sur la scène internationale, l’élite politique conservatrice, cherche à donner corps à une idéologie qui justifie le rejet des institutions internationales et le mépris des critiques occidentales sur la vie politique russe. Ce faisant, elle a ressuscité le slogan tsariste « Orthodoxie, autocratie et nationalité.» « Je suis profondément convaincu que la conception des droits de l’homme varie d’une culture à l’autre, dans la mesure où le concept même de la personne varie » affirme le politologue Alexandre Douguine qui dirige le Centre d’études conservatrices à l’université d’État de Moscou et qui est un des principaux exposants du nouveau conservatisme russe. Dans la culture russe, nous dit Douguine, « une anthropologie collective a prédominée », signifiant que l’individu ne peut seulement réaliser pleinement son potentiel qu’en agissant comme une partie de l’ensemble de la société. La conception russe des droits de l’homme ne comprend pas, pour lui, « le droit au péché », ce qui veut dire que la société, particulièrement sous la forme de l’Église orthodoxe russe et de l’État central, à une obligation de se protéger elle-même afin de pouvoir protéger les droits de ses citoyens. Douguine affirme que la tradition culturelle russe concernant les droits et les valeurs a plus en commun avec la tradition musulmane qu’avec le libéralisme occidental. « Dans les traditions musulmanes et orthodoxes, presque tout correspond », dit-il, « Toutes les deux rejettent à la fois les aspects spécifiquement laïques, occidentaux, européen, et la conception individualiste des droits de l’homme. » En avril 2006, l’Église orthodoxe russe a parrainé le Xème Conseil annuel du peuple russe, qui adopta une Déclaration des droits de l’homme et de la dignité qui remet directement en cause la Déclaration universelle des droits de l’homme. Douguine fut un important contributeur de ce texte, comme le fut le métropolite de Smolensk et de Kaliningrad Cyrille, qui est un candidat bien placé pour succéder comme patriarche à Alexis II récemment décédé. « Il y a des valeurs qui ne sont pas moins importantes que les droits de l’homme », énonce la déclaration orthodoxe. « Ce sont la foi, l’éthique, les sacrements et la patrie. » Dans le courant de cette année, un groupe de philosophes influents, qui se désignent eux-mêmes comme des « conservateurs dynamiques », a publié un document intitulé La Doctrine russe. A bien des égards, il synthétise le programme politique de l’actuel gouvernement russe. Comme les autres tendances conservatrices, le livre insiste sur le fait que « l’individu se reconnaît comme une partie organique de l’environnement social (voisins, collègue de travail, relations), de la famille et de la nation (État et principales institutions sociales) ; il y a un enrichissement mutuel, un soutien mutuel entre l’individu et la société. »
 

La prééminence de l’Etat
 

On ne voit pas encore clairement quelle influence le nouveau conservatisme a à au sein de l’élite dirigeante, qui comme Poutine lui-même, est bien disposée envers l’Église orthodoxe. Ainsi l’idéologue en chef du Kremlin, Vladislav Surkov, qui inventa le terme « démocratie souveraine » pour décrire le système politique de la Russie, a emprunté des éléments de la pensée conservatrice pour plaider en faveur de la restriction de l’influence des lois internationales, des organismes économiques mondiaux et de l’opinion publique occidentale sur le développement de la Russie. Dans un article publié l’année passée, Douguine saluait « l’évolution » de Surkov du libéralisme vers le conservatisme, et le fait que sa réflexion était centrée sur l’État. « Pour moi la valeur de l’État est absolue », écrivait Douguine. « Et des valeurs comme le libéralisme, la démocratie, la société civile, la liberté et la justice sociale sont secondaires comparées à l’étatisme. J’observe précisément l’évolution de Surkov dans cette direction. » En termes pratiques, on relève l’influence conservatrice dans le fait que la Russie a contesté le système international de surveillance des élections développé par l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe en le déclarant partial. En juillet 2008, les Russes ont fait valoir que les observateurs des élections doivent « montrer du respect pour les organes nationaux du pouvoir, y compris les organes électoraux » des pays d’accueil et s’en remettre au gouvernement « dans toutes les autres questions touchant à la souveraineté du pays. » De même, le Kremlin a critiqué la Cour européenne des droits de l’homme et a pris des mesures pour rendre plus difficile pour les citoyens russes de déposer des plaintes à Strasbourg. L’année dernière, le Président d’alors Vladimir Poutine a signé un décret visant à « renforcer la protection des droits de la Russie » à la Cour. Cependant, les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme continuent à avoir une certaine emprise en Russie. D’une chose, la constitution de 1993 du pays – notamment l’énumération des droits des citoyens – est clairement rédigée dans l’esprit de la Déclaration. Le Président de la Cour constitutionnelle Valery Zorkin déclara ainsi dans une interview à Rossiiskaya Gazeta, en novembre 2008 : « Selon la Constitution, l’individu, ses droits et libertés sont les plus hautes valeurs. »

Qu’est-ce qui est traditionnel ?
 

La plupart des maladresses du Poutinisme au cours des huit dernières années sont nées des efforts pour superposer le nouveau conservatisme à une structure plus libérale que le Kremlin ne semble pas vouloir abandonner complètement. Bien que le gouvernement de Poutine ait suivi une ligne de renforcement de l’État, on rencontre occasionnellement des prises de positions favorables à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, semblables aux commentaires de Zorkin. Ce mois-ci, le parti au pouvoir Russie unie a soumis un projet de code de conduite morale pour les fonctionnaires d’État qui dit explicitement que les fonctionnaires ne sont pas tenus d’obéir aux ordres qui « sont en grave contradiction avec les droits fondamentaux de l’Homme énoncés dans les lois de la Fédération de Russie et dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. » Les conservateurs n’ont pas de mal à démontrer que le peuple russe partage leurs notions des « valeurs nationales » de la culture russo-orthodoxe. Un sondage national par le Centre pan-russe d’étude de l’opinion publique (VTsIOM) de décembre 2008 a révélé que 33% des Russes soutiennent « la défense des valeurs traditionnelles russes, l’indépendance nationale, le renforcement du pouvoir et la défense des intérêts des Russes » points de vues que les chercheurs du VTsIOM définirent comme « un conservatisme national. » De ce fait, les conservateurs russes tels que Douguine et le métropolite Cyrille, insistent sur la nécessité de respecter la culture historique et les traditions morales, lors de la rédaction des lois, ainsi que le droit de chaque culture de poursuivre sa propre voie de développement. Sinon, avertit Douguine : « Le risque du choc des cultures nous menace. Si un de nous – l’Europe, l’Occident dans son ensemble ou la Russie – commence à essayer d’imposer sa conception des droits de l’homme à l’autre, il y aura des problèmes. Parce que de notre point de vue, notre conception des droits de l’homme est optimale, même universelle, à la différence de l’Européenne. Et les Européens pensent exactement le contraire. Dès que nous commençons à mettre sérieusement l’accent sur les prétentions à l’universalisme, un conflit surgit immédiatement. »

La conférence de Rostov : liberté pour les Rusyns !

Fin décembre à Rostov le Don s’est tenue une conférence sur la question des Ruthènes organisée par la fondation du général Ivashov. Les Ruthènes (ou Rusyns) sont ce peuple d’europe centrale dont je vous avais déjà parlé la. Aucune source d’information francophone n’y a fait écho hormis le blog de mon ami Palpatine. Je vous joint ci dessous la seule traduction en Francais de la résolution adoptée à l’issue de cette conférence.

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21.12.2008 : Résolution de la conférence internationale sur ” le génocide et l’ethnocide culturel à l’encontre des Ruthènes Subcarpathiques” (fin du 19ième et début du 20ième siècle).
La résolution été acceptée par la conférence internationale de scientifiques et de représentants d’Ukraine, de Russie, de Serbie, de Tchéquie et de Moldavie, réunis à Rostov sur le Don le 19 décembre 2008.
Les participants se sont mis d’accord sur les points suivants :
1 – Les Ruthènes sont le premier groupe ethnique à être victime d’un « génocide » au 20ième siècle (avec les Arméniens sous l’empire Ottoman). Dans le cadre de ce « génocide » dirigé contre eux, le nationalisme Ukrainien à joué un rôle actif et c’est la raison pour laquelle la sympathie des Ruthènes s’est tournée vers la Russie. La tragédie Ruthène n’est pas encore reconnue par la communauté scientifique et l’opinion publique. Pour ce faire, un important travail doit être founi par les scientifiques de tous les pays et d’abord de Russie et d’Ukraine.
2 – L’ethnocide culturel à l’encontre du peupe Ruthène est poursuivi à l’heure actuelle en Ukraine. Cela passe par la non reconnaissance du nom de cette communauté et de sa mémoire historique mais aussi la création d’obstacle au développement de sa culture nationale et à recevoir une éducation dans leur langue maternelle. Les autorités Ukrainiennes (depuis l’indépendance de l’état Ukrainien en 1991) ont des pratiques non démocratiques à l’égard de la minorité Ruthènes, particulièrement depuis la présidence Orange de V. Yushchenko.
3 – Les Ruthènes sont victimes d’une violente politique d’Ukrainisation des autorités Ukrainiennes qui les considèrent comme un groupe à part entière du groupe Ukrainien alors que l’ethnonyme « Ruthène » est bien plus ancien que l’ethnonyme « Ukrainien ». Les Ruthènes subcarpathiques sont un peuple indigène d’Europe centrale depuis les temps très anciens et occupant des territoires sud des Carpathes (terre natale). Ethniquement, culturellement,mentalement et religieusement, les Ruthènes diffèrent de leurs voisins Ukrainiens (de Galicie ). Ce fait met en doute la version officielle et scientifique Ukrainienne en tant que groupe à part entière du peuple Ukrainien et incite donc une étude scientifique destinée à démontrer que les Ruthènes sont bien un groupe ethnique à part entière. En effet, la méthode scientifique moderne attribue comme critère essentiel d’identification d’un peuple la « conscience ethnique » (auto identification) et en ce sens les Ruthènes s’affirment comme étant un peuple à pat, tout comme les Russes, les Ukrainiens et les BiéloRusses.
4 – La particularité des Ruthènes est reconnue dans toute l’Europe Centrale et dans tous les pays ou des communautés Ruthènes vivent : en Slovaquie, en Tchéquie, en Hongrie, en Serbie etc etc. Même en Pologne les « Lemkos » sont reconnus comme un groupe à part entière, comme sous groupe des Ruthènes. Les Ruthènes sont en outre déjà reconnus comme un groupe ethnique à part entière par des instances internationales. En 2006 par exemple le comité des nations unis contre les discriminations raciales a affirmé son souci concernant « l’absence de reconnaissance officielle de la minorité Ruthène en Ukraine, malgré ses évidentes caractéristiques ethniques » et à recommandé de « reconsidérer le problème de reconnaissance de la minorité Ruthène comme minorité nationale » puisqu’il y a des « différences essentielles entre les Ruthènes et les Ukrainiens» (comité des nations unis pour la fin des discriminations raciales. 69ième session du 31 juillet au 18 aout 2006. Paragraphe 20).
5 – D’un point de vue légal, la « Subcarpathie légale » (territoire historique et originel des Ruthènes) est aujourd’hui attribué à l’Ukraine. Hors théoriquement cela ne devrait pas être le cas. En effet la constitution Ukrainienne (point 9) liste de façon exhaustive les normes internationales qui constituent une partie de la législation nationale. Par exemple : « les traités internationaux signés par l’Ukraine avec le consentement du Soviet Suprême Ukrainien ». Hors le document 146 (concernant) la « Subcarpathie » n’a été défini et signé que par les autorités de l’URSS et non par le Soviet Suprême Ukrainien. Par conséquent ce rattachement territorial à l’Ukraine en ce qu’il n’a pas été validé et accepté par le Soviet Suprême Ukrainien est contraire à la constitution Ukrainienne et donc nul et non avenu.
6 – Enfin l’Ukraine n’a pas transplanté les résultats du référendum de 1991 concernant le territoire de l’oblast Subcarpathique. 78% des électeurs ont voté pour une autonomie au sein de l’Ukraine et 90% pour une indépendance de l’Ukraine elle-même. Par conséquent les autorités Ukrainiennes violent les droits des habitants de cette région. On peut se demander pourquoi les autorités n’ont pas fait preuve de la même célérité à accorder aux Ruthènes l’indépendance qu’ils ont pourtant eux (les Ukrainiens) également pris par référendum.
7 – Les participants à la conférence attirent l’attention des officiels Ukrainiens (organisations, politiques) sur l’impossibilité de continuer une telle politique de discrimination à l’encontre de la minorité Ruthène et expriment leur souhait que l’opinion publique et internationale rende justice aux habitants de la “Subcarpathie”.
Rostov sur le Don, Russie, le 19 décembre 2008
Photo : Rusyn (ruthènes) du Maramures Roumain