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La revolution des neiges : une manipulation des services secrets américains?

Лидеры думских фракций КПРФ и ЛДПР – тех политических организаций, которые больше других были недовольны итогами состоявшихся 12 декабря выборов в Госдуму, – назвали митинги против фальсификации голосования на Болотной площади “оранжевой проказой” и “происками американских спецслужб“.

Les leaders ruses du KRPF (parti communiste) et du LDPR ( nationaliste) – Partis qui étaient pourtant en fort désaccords avec les résultats des 
élections legislatives du 04 décembre – ont qualifié le rassemblement du 12 décembre dernier a Bolotnaya Ploshad de “Bêtise orange” et de “Machination des services secrets américains“.


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La 6ème Douma?

L’article original a été publie sur Ria Novosti.
 
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Сe dimanche ont eu lieu en Russie les élections législatives. Les députés élus siégeront jusqu’à fin 2016. Le scrutin est un scrutin de liste, à moitié proportionnel et à moitié direct. Près de 95.000 bureaux de vote on été ouverts en Russie et dans 140 pays à travers le monde, pour permettre le vote  des russes de  l’étranger. Contrairement à ce que la presse française a en général annoncé, ces résultats ne sont pas si surprenants. Une dernière estimation par sondages du 19 et 20 novembre 2011 prévoyait 48,27% pour Russie-Unie, 20,3% pour le parti communiste, et 15 et 12% respectivement pour les Libéraux-démocrates et pour  Russie-Juste. Les résultats du vote sont très proches des chiffres de ces derniers sondages, et on ne voit donc pas ou une fraude massive (annoncée par certains médias français) serait allé se cacher. 
 
 
Analyse des résultats.

 

Tout d’abord le parti au pouvoir Russie-Unie, que l’on peut qualifier de parti centriste et conservateur, aura la majorité simple mais il perd la majorité qualifiée avec 49,3% des voix, contre 64% en 2007. Une baisse significative de prés de 14% même si le score de 2007 avait été atteint grâce à une très bonne année 2007 d’un point de vue économique. Le score de 49,5% est aussi à comparer au score de 37.1% obtenu par Russie Unie en 2003. Le parti devrait donc obtenir 238 des 450 sièges de l’assemblée russe.
Le Parti Communiste de Russie et le parti Russie-Juste (de gauche, patriote et étatiste) sont les grands vainqueurs de cette élection. Le parti communiste a augmenté son score puisqu’il a obtenu  19,2% des voix contre 11,5% en 2007, passant de 56 à 92 sièges. Russie-Juste a aussi très fortement bénéficié de la baisse de Russie-Unie, obtenant 13% des voix contre 7,8% en 2007, le parti passant de 38 à 64 sièges. Ces deux mouvements passent ainsi de 19,3% à 32,35% et de 95 à 150 sièges. C’est à prendre en compte sous cette forme, parce qu’une fusion entre ces deux partis a été envisagée il y a quelques mois.
Le parti ultranationaliste Liberal-démocrate de Vladimir Jirinovski a lui obtenu prés de 12% des voix, un score stable par rapport aux élections de 2007. Son poids politique devrait sensiblement augmenter, de par le mode de scrutin, en l’amenant de 40 à 56 sièges.
 
L’opposition dite de droite et libérale n’a pas émergé. Iabloko atteint 3.9%, et Juste Cause  0,59% soit un total 4,49%, à comparer avec les 3,4% obtenus par les différents mouvements dits d’opposition libérales qui étaient présents en 2007 (Iabloko, Union de forces de droite, Pouvoir civil et Parti démocratique de Russie). 
 
La répartition géographique des votes est sans surprises.
 
Russie-Unie obtient ses plus hauts scores dans le Caucase (ou il y a sans doute des litiges) mais également au Tatarstan, Bachkortostan, en Tchoukotka, en république de Touva, au Birobidjan, ou encore à Tioumen et Kemerovo.
Le Parti Communiste obtient ses meilleurs résultats à l’est du pays, à Sakhaline, Vladivostok, ou encore à Irkoutsk, Krasnoïarsk et Novossibirsk et en Bouriatie.
Russie Juste obtient ses meilleurs résultats dans l’Altaï, en Iakoutie ou également à Vladivostok.
Quand au LDPR ses plus hauts scores sont obtenus dans la Transbaïkalie, vers Khabarovsk et dans l’Amour.
 
Le parti Iabloko à obtenu ses meilleurs scores à Moscou (9%) et Saint-Pétersbourg (11%) mais également à l’étranger.
 
L’étude des votes à l’étranger est intéressante.

 

Au sein des pays de l’UE, Russie-Unie arrive en tête chez les russes d’Espagne, de Belgique et d’Italie. A Berlin, c’est le parti Iabloko qui est en tête, tout comme à Londres et Washington.
Qu’en est-il de la France? A Paris, Iabloko a obtenu 31,8% devant le parti communiste (21,7%), Russie Juste (17,1%), Russie Unie (16,3%) et le LDPR (7,98%).
A Bayonne, Iabloko et Russie Unie font course égale à 30% chacun, Russie-Juste recueillant 13,3%, le LDPR et le parti communiste recueillant chacun 6,5%.
A Marseille/Nice, Iabloko est aussi en tête avec 28,21% devant Russie-Unie (21,6%), le parti communiste (15,6%), Russie-Juste (15,3%) et enfin le LDPR (11,9%).
Enfin à Lyon, Iabloko est en tète avec 30,23% devant Russie-Unie (24,6%) et le parti communiste (19,45%). Russie Juste obtient 12,5% et le LDPR 9,09%.
En Lituanie, Russie-Unie obtient 40,96% et le parti communiste 18,07%. En Serbie, Russie-Unie obtient 50,3%, devant le Parti Communiste et le LDPR, chacun 13%.
Au Mexique et en Argentine, Russie-Unie l’emporte avec respectivement 37% et 49% et chaque fois devant le Parti Communiste qui recueille respectivement 19,5% et 17,23%.
Aux Émirats arabes unis, Russie-Unie emporte 30,3% des voix, devant le parti communiste qui obtient 22,92%. Au Soudan c’est le Parti Communiste qui l’emporte avec 25,5% des voix devant Russie-unie (23,43%).
 
En Ouzbékistan, Kirghizstan et Azerbaïdjan, Russie-Unie est en tète avec respectivement 60,6%, 72% et 56,95%.
 
Que déduire de ces élections:
 
L’existence d’irrégularités est un fait avéré. Pour autant quelques 7.000 journalistes et 650 observateurs internationaux ont surveillé les opérations de vote qui se sont déroulées correctement, les principales violations ayant été constatées pendant les dépouillements. Il est évident que le sens global du scrutin ne puisse être remis en cause par ces violations, et on peut se poser la question de savoir pourquoi le mainstream médiatique ne se focalise que sur celles du parti disposant de la ressource administrative et non sur l’ensemble de ces irrégularités.
– La forte hausse d’un bloc de gauche potentiel (parti communiste et Russie Juste) traduit sans doute un phénomène politique de fond: l’attachement des russes à des partis qui ont orienté leurs programmes sur le social, et défendent un état fort. Ce phénomène est sans doute à mettre en parallèle avec l’échec des partis politiques libéraux ou de droite, face aux électeurs russes.
– Cette mouvance dite libérale ou de droite semble en effet définitivement discréditée. Même dans les grands centres urbains, ou la population est la plus occidentalisée, ni le parti Iabloko, ni le parti de droite Juste Cause ne séduisent la nouvelle classe moyenne russe.
– La baisse de Russie-Unie est à mettre en perspective. Le parti règne depuis 9 ans et a du faire face à la crise financière en étant au pouvoir. Il a donc endossé les difficultés économiques qui en ont découlé, et les mécontentements qui existent dans divers segments de la société russe. La progression du parti communiste est a ce titre peut être moins un vote idéologique qu’un vote sanction contre Russie Unie.
Quoi qu’il en soit, on peut penser que les résultats des législatives ne devraient pas avoir de conséquences majeures sur la présidentielle de mars prochain.

Manifestation de jeunes Russes contre la résolution du Parlement européen

RIA NovostiManifestation de jeunes Russes contre la résolution du Parlement européen

13:38 15/12/2011 Des militants des mouvements de jeunesse Mestnye (“les Locaux”) et Rossiïa molodaïa (“La Jeune Russie”) se sont rassemblés pour une manifestation non autorisée devant la représentation de la Commission européenne à Moscou, afin d’exiger une non-ingérence dans les élections législatives russes.>>
Autres actualités



Combien sont-ils me demandent un commentateur de mon blog du nom de REVIZOR


En zoomant et marquant chaque personne visible sur la photo on arrive a 52. Au vu de la droite de la photo (coupée) on peut penser qu’il y avait un peu plus de monde. Je ne sais pas combien ils sont derrière cette affiche carre au milieu. Allez a vue de nez sans doute 60?70 grand maximum? Leur site indique une centaine…

Le point demographique de octobre 2011

Русскую версию можно прочитать здесь
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Les chiffres de la démographie russe pour la période de janvier à octobre 2011 sont disponibles et ils sont assez encourageants. 

Tout d’abord le mois de octobre 2011 a vu 153.879 naissances, contre 149.774 en octobre 2010, soit 4.105 naissances en plus.
La mortalité est elle aussi en baisse avec 156.447 décès en octobre 2011 contre 159.120 en octobre 2010 soit 2.673 décès en moins.


Maintenant la situation pour les 10 premiers mois de l’année 2011.
Il y a eu 1.482.807 naissances sur 10 mois en 2011 contre 1.487.426 naissances sur les 10 premiers mois de 2010, soit 4.619 naissances de moins, mais ce gap de naissance entre les deux années s’est considérablement réduit avec la forte natalité de août, septembre et octobre 2011. Si cette tendance de poursuit en novembre et décembre, 2011 pourrait égaler voir très légèrement dépasser le record de naissances de 2010, 1.789.000 naissances. 


La mortalité est aussi fortement en baisse, avec 1.610.165 décès contre 1.703.628 sur la même période l’année dernière, soit 93.463 décès en moins (!), si cette tendance se poursuite 2011 pourrait voir 1,9 millions de décès seulement, soit 100.000 de moins que l’année précédente.


Le ralentissement du décroissement de la population se poursuit.
La population russe a baissé de 127.358 personnes sur les 10 premiers mois de 2011, alors que la baisse de population pour les 10 premiers mois de 2010 était de 216.202 personnes.


Les prévisions globales: le  mois dernier je prévoyais que cette année pourrait voir prés de 1.8 millions de naissances et 1.93 millions de décès, soit une baisse de population de 130.000 habitants (contre une baisse de 240.000 en 2010), cela semble probable.

Election’s fraud in Russia? Нарушений на выборах 2011 в России?

И ето всё????

Add du 08 12 2011:

There is a lot from the usual media outlets about widespread, even game-changing, fakery. I would suggest that those who believe this reflect on what might be termed the Prime Law of Election Fixing: Don’t fix it so that your party loses votes and seats. Especially when they have been saying that every previous Russian election was fraudulent. This should be obvious to anyone. Secondly the results accord well (as previous elections have) with opinion polling (indeed United Russia did a bit worse). This piece shows that the results are consistent with numerous polls (here’s a reasonably perceptive forecast from two months earlier and another, based on polls, from the day before). To persist in assertions of game-changing fraud in the face of these facts is just ridiculous. By the way, if you go by the English-speaking media you would think that foreign observers thought the elections were frightful: not so, here are a number of foreign observers sayingthat they were good enough. The OSCE report does not suggest big-scale fixing either; indeed it reads like other OSCE reports: administrative resources, lack of competition, some bad behaviour.

Add du 16 12 2011:

I remain unconvinced that there was game-changing fraud on the part of United Russia. Vedomosti has been doing a recount in Moscow. After examining 294 “protocols” (the document from each polling station showing its results), starting with what it expected to be the worst, it claims to have uncovered 7456 United Russia votes stolen from other parties. As 294 protocols cover 440,000 votes at about 1500 each, this is not a very high percentage. And, because its investigation is already running into diminishing returns with fewer alleged stolen votes in each new protocol examined, the total votes alleged to be stolen will not likely rise very much more. Even if we accept – and double, or triple – these numbers, the alleged theft is a fraction of one percent of Moscow’s seven million voters. The non-Gaussian argument is declared here to be bad mathematics and the author proves his point by showing similar statistical effects from the latest UK election. (I especially recommend that you read him –Google translation). As always the North Caucasus stands out but minorities are amazingly skilful at maximising their presence at the centre where the cheques are written and it is prudent for them to pretend super-loyalty; pumping 80% up to 90% or 95% is again not game-changing. Exit polls do not impress me – too easy to fake or mis-sample. And the results broadly fit previous opinion polls.

Manifestation "Slava Rossia" !

Aujourd’hui a eu lieu une manifestation pour le jour de la constitution, manifestation organisée par les mouvements de jeunesse du Kremlin. La manifestation était organisée devant le Kremlin sur la place du manège. Je souhaite utiliser la même méthode de décompte que pour la manifestation de samedi dernier.
La zone de la manifestation est ci dessous.

 ZONE A

ZONE B


Zone A = 4.730 mètres carrés, et Zone B = 1.000 mètres carrés. Soit 5.730 mètres carrés. 

Si l’on imagine 1 personne par mètre carré = 5.730 personnes. Si l’on imagine 2 personnes / mètre carré = 11.460 personnes. Si l’on imagine 3 personnes / mètre carré = 17.190 personnes. 


Mon estimation pour la place est de 5.000 manifestants.  Attention cette estimation ne prend pas en compte les allées (bleu sur la carte). 

J’ai constaté cependant beaucoup de passage; comme la manifestation de samedi. 
Une vidéo est en ligne ici et des photos du site RIDUS sont consultables ici.

 Ci dessus, entrée du meeting (15h50)..

Ci dessous, on est a l’intérieur…

Ci dessous les allées d’accès a la place (en bleu sur la carte) 

 L’arrivée sur la place du manège…

 Ci dessus et ci dessous, 16h15, le plein de la manifestation…

 Ci dessus la presse en action 🙂

 Ci dessus en rouge sur T Shirt blanc : “une vie sans narcotiques”

 Ne trouvez vous pas cette affiche de Hillary géniale?

 La très séduisante Alena Arshinova au micro 🙂

  Dimitri Rogozine a également fait un discours a ma plus grande surprise,
y aurait-il des recompositions politiques en cours?

Vers un nouveau mur de Berlin?

L’article original a été publie sur Ria Novosti.
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Ce 25 novembre, le président russe Medvedev a brusquement, et finalement, changé de ton à l’égard des partenaires occidentaux de la Russie, et surtout de l’Amérique. En cause, l’échec des négociations sur le bouclier anti-missile, les États-Unis ayant refusé d’y intégrer la Russie, après diverses négociations qui ont piétiné pendant plusieurs mois. Mais ce n’est pas la seule raison. Le 22 novembre, les États-Unis ont annoncé qu’ils allaient suspendre certains engagements pris dans le cadre du Traité sur les forces conventionnelles en Europe. Ce traité prévoyait la limitation quantitative des armes conventionnelles en Europe et avait été signé en 1990 par des états membres de l’OTAN mais également du pacte de Varsovie. L’effondrement de l’URSS avait modifié la donne et pratiquement supprimé la raison d’être du traité qui était d’assurer un équilibre entre blocs en limitant les quantités d’armements conventionnels stationnés en Europe. En 1999, lors du sommet de l’OSCE à Istanbul, la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine ont ratifié une version modifiée du traité. En 2007, c’est Moscou qui a gelé sa participation arguant de “circonstances exceptionnelles mettant en péril la sécurité du pays”. Moscou souhaitait que les pays de l’OTAN ratifient la version adaptée du traité FCE qui ne privilégie plus la logique de coalition, mais tient compte de la nouvelle architecture de sécurité en Europe.
 
Ainsi, dès le lendemain, le président russe Dimitri Medvedev a chargé les forces armées du pays d’élaborer des mesures pour détruire, si besoin, les moyens d’information et de commande du système de défense antimissile américain. Le jour même, le porte parole du conseil de sécurité américain a affirmé en réponse que les plans américains en Europe sont inchangés, et que le bouclier serait pleinement opérationnel en 2018. Moscou s’oppose à ce projet, considérant que la mise en place d’un bouclier antimissile à proximité de ses frontières menace son potentiel stratégique, les missiles du bouclier étant prévus pour être disposés en Pologne, République Tchèque, Roumanie, Bulgarie et bien évidemment en Turquie. En clair au cœur de l’Europe de l’est, du nord au sud et le long des frontières Biélorusses et Ukrainiennes. Moscou a également menacé de se retirer du nouveau traité START (signé en avril 2010 par les présidents russe et américain, et entré en vigueur au début de cette année lors de la fameuse réunion du «reset » entre Hillary Clinton et Sergueï Lavrov) mais également de déployer des éléments offensifs dans l’ouest et le sud du pays, y compris dans l’enclave de Kaliningrad. Enfin la Russie pourrait autour de 2018 se retirer du traité ABM si elle ne trouve pas d’entente d’ici là avec les Etats-Unis à propos du bouclier anti-missiles.


 
C’est en 1999 que le président Clinton fit adopter le National Missile Defense Act par la Chambre et le Sénat des États-Unis. A l’époque il s’agit d’une loi qui permet au pays de construire un bouclier antimissile limité aussitôt que la technologie le permettra. Son successeur, le président Bush relancera le projet,  et finalement, en 2008 le programme prévoit une centaine d’anti-missiles capables d’ intercepter une attaque de missiles balistiques qui proviendrait d’Eurasie ou d’« États voyous » tels que l’Iran ou la Corée du Nord. C’est Barak Obama, en 2009, qui réévaluera la menace en privilégiant la protection des intérêts américains en Europe, via le développement d’une défense antimissile destinée à protéger les pays européens de l’OTAN. Face à cela les russes ont proposé l’idée d’un bouclier intégré avec la participation de la Russie. Mais cette solution équivaudrait à attribuer a la Russie un pouvoir décisionnel certain au sein de l’alliance et donc en faire un quasi-membre de fait. Une solution que les stratèges américains ne semblent même pas envisager, jusqu’à ce jour.


 
Ainsi, et malgré tous les faux semblants, l’expansion américaine se poursuit vers l’Eurasie. Ce ne sont plus seulement les puissances euro-occidentales, dociles politiquement et empêtrées dans la crise économique, qui sont concernées. Il y a aussi les pays d’Europe de l’est, et ces anciens territoires du bloc soviétique que Donald Rumsfeld a pourtant qualifiés de « nouvelle Europe » en 2003. Une bien curieuse appellation alors que devrait visiblement s’installer un nouveau rideau de fer au cœur du continent, laissant le trio Russie-Ukraine-Biélorussie de l’autre côté d’une sorte de nouvelle ligne Maginot américaine. Bien sur les américains disent et répètent que ce déploiement militaire sur les marches occidentales de la Russie n’est pas dirigé contre le potentiel militaire de la fédération de Russie mais uniquement  destiné à protéger l’OTAN et ses alliés d’une possible attaque iranienne.


Pour autant, ces nouveaux déploiements de missiles américains contrarient et inquiètent la Russie mais également la Chine. Conséquence directe, le représentant de la Russie auprès de l’Otan, Dimitri Rogozine a annoncé qu’il se rendrait en janvier prochain en  Chine et en Iran afin de rencontrer à Pékin le ministre chinois des affaires étrangères et le commandement de l’état-major, et à Téhéran, le secrétaire du conseil suprême de sécurité nationale iranienne ainsi que des représentants de la diplomatie. Le programme de ces rencontres parait clair: évoquer la question du déploiement du bouclier antimissile américain. Cette tension est-ouest croissante a aussi un aspect  maritime puisque les États-Unis ont décidé, dans le cadre de ce bouclier anti-missile, de déployer des navires militaires dans les mers septentrionales, complétant ainsi un encerclement complet de la Russie, via le nord (l’arctique), le sud (Turquie) et l’ouest (Europe centrale et Balkans). Moscou vient d’ailleurs de déclarer que cette présence militaire américaine en arctique menaçait directement les intérêts russes. On remarque qu’au sud, la Russie a commencé à déployer  une petite flotte de navires de guerre en  méditerranée orientale. Cette flotte va être rejointe par le porte-avions russe Amiral Kouznetsov.
En l’espace de quelques semaines, alors que l’occident est en pleine crise systémique, que ses principaux pays sont engagés dans de nombreux conflits militaires, les relations internationales ont pris une tournure relativement inquiétante faisant ressurgir  un parfum de guerre froide. Plus que ça, la situation traduit bien l’impuissance des pays européens, coincés entre deux puissances, sans aucune marge de manœuvre et sans position bien précise sur les problèmes de sécurité. Il y aurait pourtant bien sur une solution, et elle a été proposé par le président Russe Dimitri Medvedev en 2008: la création d’une architecture européenne de sécurité, destinée à défendre uniquement et en priorité les intérêts de tous les états du continent, de Lisbonne a Vladivostok. 

La révolution des neiges?

Voila mes quelques photos triées de la grande manifestation dite d’opposition de hier.

Vous pouvez voir des prises vidéos grâce au DRONE  de RIA-Novosti ici. Ci dessous la carte de Zyalt 🙂 et l’emplacement ainsi que des échelles a dimension fournies par Yandex map.



Zone A

 Zone B

Zone A = 9.750 mètres carrés, et Zone B = 3.640 mètres carrés. Soit 13.500 mètres carrés.
S
i l’on imagine 1 personne par mètre carré = 13.5000 personnes. Si l’on imagine 2 personnes / mètre carré = 27.000 personnes. Si l’on imagine 3 personnes / mètre carré = 40.000 personnes. 


Je pense que la densité de personnes était plutot dans la fourchette basse, comme on peut le voir ici ou la.

Attention cette estimation ne prend pas en compte les allées ni les gens sur le pont ou les gens stationnés sur les quais (vert sur la carte) car ces derniers étaient en grande majorité des badauds et surtout des journalistes. Une moyenne donnerait donc 25.000, chiffre auquel il faut ajouter les alentours, le chiffre de 30 ou 35.000 me semble donc sans doute plutôt correct. Je suis ouvert a tout discussion ou toute analyse contradictoire a ce sujet.

A droite de la photo ci dessous des drapeaux rouges et a gauche des drapeaux oranges…

 Ci dessus drapeaux oranges et rouges, libéraux et communistes

 Belaya Lenta?
 La propagande politique utilisée et distribuée = celle de Boris Nemtsov

 Beaucoup de manifestants portaient soit des fleurs (ci dessus), soit des oeuillets blancs (ci dessous)..
Deux symboles hautement similaires aux révolutions de couleurs qui ont frappé l’Ukraine, la Géorgie ou la Serbie..

Mon opinion est que la population était plutot masculine et jeune (la 30aine). Plutôt des gens de la classe moyenne, moyenne supérieure.

 La présence policière au milieu de la place était relativement importante.

 Ci dessous les photos de l’allée centrale (zone indiquée par des flèches ci dessous vers 14h30, 14h45).
Comme on peut le voir la densité de population est nettement inférieure …

Ci dessous des photos de Bolotnaya Ulitsa (zone fléchée ci dessous) prises dès 15 heures, comme on peut le voir la densité est également plus faible, c’est par cette zone que sont arrives a la suite les groupes radicaux d’extrême gauche et d’extrême droite

Ci dessous vers 15 heures du cote de Bolotnaya Ulitsa l’arrivée des groupuscules d’extrême gauche, dont Levi Front, dirige par Sergey Udaltsov ancien collaborateur de l’autre Russie (avec Kasparov et Kassianov, et co-organisateur de la manifestation de ce jour.

 Photo ci dessous, présence de quelques anarchistes également, leur drapeaux m’ont fait penser a ce mouvement qui s’appelle la CNT-AIT en France.
 Ci dessus une banderole éait en Arabe (?) je n’ai pas eu le temps de voir de qui il s’agissait, plus au milieu de la manifestation, des tracts pro Kadhafi étaient distribues par un vieil homme tout seul..
 Notez ci dessus les visages cachés et dissimulés par des foulards…
 Des 15 heures et juste après les groupuscules d’extrême gauche, 2.000 ultra nationalistes ont rejoint la manifestation… Les seconds et les premiers ce jour la avaient un même slogan : La Russie sans Poutine.

 Ci dessus, idem qu’a l’extrême gauche, les visages masques, même par des cagoules ( ci dessous )


Ci dessus tout encagoulés…
Noter sur la photo ci dessous la cagoule blanche assez spectaculaire!

 Des monarchistes étaient présents…
 Derrière  tout ça quelques libéraux…

 Des monarchistes ?

 Photos prises du restaurant Рис и Рыба vers 16h30. Des 14h30 des flux de sorties et d’entrées étaient parfaitement visibles, ce qui laisse penser que pas plus de 30.000 personnes n’ont stationné en meme temps SUR la place, mais qu’un plus grand nombre est passé par la manifestation.

Comme on peut le constater ci dessus, l’atmosphère était tres détendue entre manifestants et journalistes, tout comme avec la presse j’ai trouvé. J’étais accompagne de personnes non journalistes et les policiers n’ont procédé a aucune demande pour les laisser m’accompagner ou de droit.

 Le président de la commission électorale est traite de sorcier créant des miracles 🙂

 A la tombée de la nuit la foule s’est très tanquillement dispersée
..
 Ci dessus, un nationaliste.
Ci dessous sur un banc un appel a la libération de Navalny.

 Ci dessous, des critiques de la reforme de l’éducation
Ci dessous un appel a une éducation et une médecine non payante…
On est bien loin du rêve libéral.. 

Dans le métro au retour, un sympathisant de Iabloko !
Mes impressions sont assez partagées.
Une grande majorité des gens qui étaient a la manifestation me semblaient être des gens tout a fait corrects, normaux et qui souhaitaient se faire entendre. J’ai du mal a cependant comprendre comment des antifascistes et des hooligans d’extrême droite peuvent aller a la même manifestation, en étant juste d’accord sur le départ de Poutine. Idem j’ai du mal a comprendre comment la galaxie libérale peut s’allier a ces gens la il faudra que quelqu’un m’explique un de ces jours..

Le parti communiste était représenté, ainsi que Russie Juste, j’ai eu l’occasion de toucher deux mots au député Guennady Gudkov de Russie Juste. Les délégations de ces gros partis étaient pourtant minimes ce qui est assez surprenant. Je ne saisis que peu comment le parti communiste peut manifester a cote de Iabloko ou des libéraux de Nemtsov 🙂

De la fenêtre du restaurant qui surplombait, il était facile de voir beaucoup d’entrées et de sorties, ce qui me laisse penser que beaucoup de gens sont justes venus voir. J’étais accompagné de 2 personnes qui par exemple n’avaient au préalable pas du tout souhaité aller a la manifestation. Pourtant ils sont sur les photos 🙂
La fameuse Tina kandelaki était la aussi, elle qui a pourtant voté Russie-Unie.

J’ai du mal a saisir un réel lien entre tout ça si ce n’est la Haine de Poutine. 
Une chose est sure, le mythe de l’état russe répressif est tombé. Désormais il est clair qu’une manifestation autorisée et de grande ampleur peut avoir lieu sans problèmes a deux pas du Kremlin, si il n’y a pas de provocations.
Des photos de la manifestation sont consultables ici.
A suivre!

Présentation de la version russe de la revue défense nationale a RGTU / Презентация русского издания французского журнала la Revue Défense Nationale в РГТЭУ

Ce 7 décembre j’ai pu participer a la présentation de la version russe de la revue de la défense nationale en compagnie de Olivier Vedrine, qui a en charge la version russe de la revue. Mes lecteurs les plus fidèles savent déjà que j’ai eu la grande chance de pouvoir contribuer au dernier numéro de la revue de la défense nationale (en Français) sur l’Arctique. La présentation a eu lieu a la faculté RGTU et le compte rendu est disponible ici.

Le mouvement prométhéen?

L’article original a été publie sur Ria Novosti.
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Dans mon avant dernière tribune, j’ai abordé la situation de certains groupuscules radicaux russes qui prônent la sécession d’avec certaines républiques musulmanes du nord du Caucase russe pour supprimer le fardeau financier qu’elles feraient peser sur la fédération de Russie. Ces partisans de la sécession territoriale avancent des arguments qui sont que certaines républiques caucasiennes sont plus qu’instables, mais que surtout elles se dépeupleraient de leur population russe orthodoxe et qu’ainsi leur appartenance à la fédération de Russie devrait être remise en cause. C’est surtout la Tchétchénie qui est visée. Dans la population de Tchétchénie, il y avait 23,1 % de russes avant le recensement de 1989, il n’en reste que 3,7% aujourdhui. Le phénomène Kadyrov (on dit qu’il aime ce surnom) dirige la république d’une main de fer depuis 2007, en y ayant réinstauré un régime hybride, mélange de traditionalisme Tchétchène et de rigueur religieuse, le tout subventionné par Moscou. Cette vidéo récente montre des images de la capitale Tchétchène reconstruite et même si la vidéo est en russe, les images sont vraiment spectaculaires. Aujourd’hui, le centre ville de Grozny est d’une beauté à couper le souffle. Pour autant, si on peut reconnaître que Ramzan Kadyrov a réellement pacifié la république (contrairement à sa turbulente voisine le Daghestan) on ne peut que sourire lorsque celui-ci affirme que le budget des luxueuses festivités de son 35ème anniversaire en octobre dernier lui a été fourni par “Allah”. 
 
Il est évident aujourd’hui qu’un morcellement du Caucase russe pourrait déclencher des affrontements multiples dans l’ensemble du Caucase, et dans tous les pays limitrophes. Cette région est stratégique pour la fédération de Russie, et on n’imagine pas qui, à part la fédération de Russie, serait capable d’y maintenir la paix et la sécurité.  C’est tellement vrai que le Caucase est aujourd’hui et a toujours été un objectif géopolitique prioritaire, pour la Russie comme pour les occidentaux. Dès la première partie du 19ème siècle, pendant que le grand jeu faisait rage en Asie centrale (pour aboutir notamment à la création de l’Afghanistan), l’Angleterre avait bien compris l’importance et la menace pour elle des récentes conquêtes russes aux dépens de l’empire Ottoman dans la région du Caucase. Elles ouvraient en effet à la Russie l’accès à la mer noire et à la méditerranée, aux détroits,  et à une position géostratégique renforcée. L’Angleterre (puissance maritime) a donc tenté de déstabiliser la Russie notamment par des livraisons d’armes dans le Caucase ou par la création de comités Tchétchènes et Tcherkesses lors du congrès de Paris en 1856, après la guerre de Crimée. Le but était déjà clair, créer et soutenir un front Caucasien pour repousser l’empire russe (puissance continentale) loin des mers. Cette mosaïque de peuples, dans le Caucase, restera au cours du 20 ème siècle une sorte de ventre mou de l’impérium russe. Dès le début du 20 ème siècle du reste, des responsables des républiques musulmanes de Russie, principalement dans le Caucase et en Asie centrale, tenteront d’organiser la bataille vers leur indépendance avec le soutien de l’occident. C’est la naissance du“Prométhéisme“, un mouvement peu connu qui à travers le siècle va lutter pour réveiller les identités et encourager les séparatismes, afin d’affaiblir la Russie. Le prométhéisme aura son centre névralgique en Pologne, comme viennent de le démontrer certaines archives déclassifiées. Elles démontrent en effet “l’existence d’une unité spéciale chargée de travailler avec les minorités nationales sur le territoire de l’URSS (…) et ce fin de déstabiliser la situation en Ukraine, dans la région de la Volga et au Caucase, ainsi que de démembrer et d’anéantir l’Union Soviétique”.


 
Les Bolcheviques ne pouvaient pas tolérer ces tendances au morcellement du territoire et en 1922, les principaux responsables politiques indépendantistes (Ukrainiens, Georgiens, Bachkirs, Tatars, Azéris…) s’exilent dans deux directions différentes: une première vague vers Istanbul, qui contribuera à développer la “conscience turque” au sein du mouvement et une seconde vague vers l’Europe notamment en France et en Allemagne pré-nazie. La France est déjà qualifiée à cette époque par le Bachkir Zeki Velidov  de “centre de combat” contre la Russie. En 1924, à Berlin, une rencontre a lieu entre Velidov et un officiel polonais qui lui explique une idée polonaise: Lancer un mouvement des “indigènes de Russie” pour aider ces peuples à obtenir leur indépendance. 


 
Ensuite, la revue Prométhée se développera dans de nombreux pays (France, Allemagne, Angleterre, Tchécoslovaquie, Pologne, Turquie ou Roumanie) mais la montée du nazisme en Allemagne change la donne et après le pacte Germano-Soviétique le mouvement se déclare “anti nazi et anti soviétique”. Les prométhéens se rangeront du côté de l’Angleterre et de la Pologne, contre l’Allemagne et l’URSS. Dès lors le mouvement bénéficiera de forts soutiens financiers en Pologne ou de soutiens politiques en France, avec par exemple la création du comité France-orient sous le parrainage du président du sénat Paul Doumer. Le principal projet du comité sera la création d’une fédération du Caucase sur le modèle helvétique. Mais ce projet n’aboutira jamais, la Société Des Nations reconnaissant finalement les frontières de l’URSS et surtout les tenants de ce prométhéisme se révélant incapables de s’unir.  En 1939, la perte de la Pologne fut un choc pour le mouvement qui fut rapidement happé par l’Allemagne hitlérienne. Les stratèges nazis envisagèrent eux aussi un éventuel morcellement de l’URSS en petites entités, plus faciles à contrôler. Les Allemands créeront notamment une légion Turkestan constituée de Tatars et de Turkestanais mais celle-ci disparaîtra dans l’échec de l’offensive allemande à l’est. A la fin de la guerre, l’URSS est plus forte que jamais et les Prométhéens se tournent vers l’Amérique avec la création d’une “ligue prométhéenne de la charte de l’Atlantique”. Le mouvement deviendra un pion made in USA de lutte contre l’URSS pendant la guerre froide via la création d’organisations tel que “l’Institute for the study of URSS” ou “l’American Commitee for Liberation of Bolchevism”. 


 
La grande confusion idéologique qui ressort de cette période amènera au développement d’une ligne “prométhéenne” qui se définira par défaut comme défendant un projet fondé sur le nationalisme ethnico-régional en Eurasie. Ce projet de démembrement de la Russie en de multiples entités a été pensé tant par des stratèges nazis comme Alfred Rosenberg en 1939, que par des stratèges Américains comme Zbigniew Brezinski dans son ouvrage le grand échiquier publié en 1997. Alors ce n’est pas une surprise si ces idées de découpage de la Russie « pour le bien des peuples » sont aujourd’hui reprises tant par des groupuscules néo-nazis que par les porte-voix de l’influence occidentale. 


En Russie, il y a une multitude de peuples éparpillés sur un immense territoire. L’organisation du pays est  un modèle  de société fédérale unique au monde. On voit que les appels à la destruction de ce modèle de société unique ne sont pas une nouveauté, ils sont le dernier épisode d’une histoire commencée au 19° siècle.

 

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Les lecteurs souhaitant en savoir plus sur le Prométhéisme peuvent lire cetteanalyse très instructive en Français.