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A ecouter aussi l’interview de Giulietto Chiesa sur Russia Today la
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Sources photos : Pravoslavie.ru
Pour les russophones, je vous incite a également à lire les excellentes analyses de l’institut Stoletie : http://www.stoletie.ru/
Réseau Voltaire : L’administration Bush a réorienté l’essentiel des ressources budgétaires fédérales pour développer ses forces armées au détriment des dépenses sociales. La Stratégie de sécurité publiée par la Maison-Blanche érige le terrorisme international en ennemi principal. Pourtant, au même moment, dans un article publié par Foreign Affairs, le Council of Foreign Relations évoque la possibilité d’une première frappe nucléaire US contre la Russie. Selon vous, à quel ennemi les États-Unis doivent-ils faire face ?
Natalia Narochnitskaya : Le plus grand ennemi des États-Unis, c’est leur pseudo-universalisme politique. Renouant avec une longue tradition, ils se présentent comme « la Nation rédemptrice » (Redeemer Nation). Dèja à l’issue de la Première Guerre mondiale, le président Woodrow Wilson avait choqué le président de la Conférence de Versailles, le Français George Clemenceau, en affirmant que les États-Unis avaient eu l’honneur de sauver le monde.
Comme à l’époque de la IIIe Internationale communiste, ils rêvent d’imposer un modèle au monde, sans égard pour les autres formes de civilisation. Loin de chercher l’harmonie dans la diversité, ils pensent l’humanité en termes simplistes. Ils ignorent le doute cartésien et les angoisses d’Hamlet pour se contenter de Mickey Mouse.
Condoleezza Rice s’exprime avec la même assurance que Nikita Kroutchev à la tribune du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique. Elle ignore les échecs économiques et militaires de son pays pour promettre au monde un avenir qu’elle estime radieux. Pourtant leur système est en faillite. Ils impriment des montagnes de papier-monnaie pour combler des déficits abyssaux. Par le biais du dollar, ils font payer leurs dépenses à leurs alliés comme jadis l’Empire romain collectait un tribu dans ses provinces. Leurs armées essuyent des défaites quotidiennes en Afghanistan et en Irak. Tandis que Cuba, le Venezuela et la Bolivie s’insurgent victorieusement contre leur impérialisme en Amérique latine. Leur impérialisme est trop lourd, il s’essoufle, mais ils sont les derniers à en avoir conscience.
Réseau Voltaire : Ce comportement des États-Unis, bien qu’enraciné dans la doctrine de la Destinée manifeste, n’est-il pas nouveau par bien des côtés ? Doit-on y voir l’influence de politiciens et de journalistes issus de l’extrême gauche comme Paul Wolfowitz ou Richard Perle ?
Natalia Narochnitskaya : Vous avez raison. Il ne s’agit pas seulement d’un entrisme des trotskistes au Parti républicain, mais d’une continuation du marxisme scientifique par les néo-conservateurs. Les mêmes structures de pensée persistent. C’est d’ailleurs pourquoi nos aparatchiks se sont si bien adaptés à leurs nouveaux parrains états-uniens. Ils se sentent spontanément à l’aise avec cette rhétorique.
Pendant la guerre idéologique [la Guerre froide], nous devions apprendre un catéchisme. À la question « Dans quelle époque vivons-nous ? », nous devions répondre « Dans une période de transition du capitalisme au communisme ». Aujourd’hui les dirigeants et les journalistes occidentaux pensent et parlent avec le même simplisme. Ils ont juste remplacé des slogans par d’autres. Si vous leur demandez « Dans quelle époque vivons-nous ? », ils vous répondrons avec le même automatisme « Dans une période de transition du totalitarisme à la démocratie ».
Cet universalisme de pacotille, qu’il s’exprime en termes marxistes scientifiques ou néo-conservateurs, va de pair avec un super-globalisme. Toutes les différences doivent disparaître et le monde doit être gouverné par un organe unique.
Réseau Voltaire : Vous appartenez à un parti politique, Rodina, que la presse occidentale dénigre volontiers en le qualifiant de « nationaliste » et l’on présente aujourd’hui votre pays comme un obstacle à la démocratisation des nouveaux États d’Europe orientale et d’Asie centrale. Quelle est votre conception de l’universalisme ?
Natalia Narochnitskaya : Reconnaître les aspirations communes du genre humain, ce n’est pas nier les cultures. La Fédération de Russie doit contester cette philosophie politique. Et nous sommes légitimes à proposer une cohabitation des identités.
Notre fédération est eurasienne. Notre emblème est l’aigle à deux têtes. Depuis des siècles, nous sommes à la fois Européens et Asiatiques, Russes et Tatars, chrétiens et musulmans. Nous sommes aujourd’hui majoritairement des Russes orthodoxes, mais aux temps médiévaux nous étions des Asiatiques convertis. Ceci n’est pas une réponse dilatoire, mais une réalité indiscutée qui a formé notre identité.
Lorsque les Tatars et les Caucasiens nous défendirent, leurs chefs furent annoblis. Ils n’étaient pas traités comme des colonisés, mais étaient les égaux des aristocrates russes. Ils avaient même des serfs russes. Les Anglo-Saxons n’ont jamais été capables de concevoir cela. Vous imaginez des Lords indiens avec des domestiques anglais ?
Réseau Voltaire : Si le projet anglo-saxon de démocratisation globale n’est pour vous qu’une imposture, comment analysez-vous la politique étrangère des États-Unis ?
Natalia Narochnitskaya : La politique étrangère des États-Unis est anglo-saxonne. Elle poursuit, sous une forme modernisée, la politique de l’Empire britannique. C’est un expansionnisme obsédé par la question des détroits. Une première ligne de pénétration part des Balkans à l’Ukraine pour le contrôle de la mer Egée et de la mer Noire. Une seconde ligne part de l’Égypte à l’Afghanistan pour le contrôle de la mer Rouge, du Golfe persique et de la mer Caspienne. Il n’y a rien de nouveau dans cette stratégie, sinon l’enjeu pétrolier qui l’a relancée.
Réseau Voltaire : Comment expliquez-vous que l’Union européenne se soit ralliée à cette stratégie qui sert uniquement les intérêts anglo-saxons ?
Natalia Narochnitskaya : C’est un aveuglement collectif. Les Européens n’ont rien à gagner et tout à perdre dans ce schéma. Le seul moyen pour l’Europe occidentale de continuer à jouer un rôle politique de premier plan sur la scène mondiale, c’est de s’allier à la Russie. C’est d’autant plus facile que nous sommes beaucoup plus proches culturellement les uns des autres que vous ne l’êtes des Anglo-saxons.
Réseau Voltaire : Certes. Cependant, les Européens n’ont rien à gagner non plus à quitter la suzeraineté d’un impérialisme pour tomber sous la coupe d’un autre.
Natalia Narochnitskaya : Vous vous méprenez. Nous ne sommes pas une autre puissance belliciste. Nous ne cherchons de confrontation avec personne, et surtout pas avec les États-Unis. Comme vous, nous voulons être libres de nos décisions et avoir de bonnes relations avec les États-uniens.
Au demeurant, notre intérêt est d’être pacifique. Notre économie ne réclame pas que nous fassions la guerre. Et dans la situation actuelle, une puissance forte et paisible sera toujours plus attractive qu’une autre belliqueuse. Le monde est interdépendant et le moment est venu de retrouver un équilibre des puissances.
Réseau Voltaire : Permettez-moi de revenir à la question de l’adoption par les Européens de la politique étrangère anglo-saxonne. Comment analysez-vous l’engagement de l’OTAN en Yougoslavie ?
Natalia Narochnitskaya : La politique anglo-saxonne sur le continent européen est un va et vient perpétuel entre la France et l’Allemagne. Elle s’est toujours appuyée alternativement sur l’une et l’autre pour combattre la Russie et les a poussé au conflit l’une contre l’autre pour les affaiblir. La politique de l’OTAN est basée sur l’alliance des Anglo-saxons avec l’Allemagne. Les adhésions à l’OTAN se font selon la carte des ambitions de l’Empereur Guillaume II [Madame Narotchnitskaya sort alors une carte allemande de 1911 que nous n’avons malheureuseement pas pu photographier]. C’est la continuation de la politique de Benjamin Disraeli lors du Congrès de Berlin, en 1878. À l’époque, les Anglais nous avaient obligés à réviser le traité de San Stefano. Ils avaient artificiellement créé des États balkaniques pour satisfaire l’Allemagne. Ils avaient séparés des populations mélangées pour créer des États éthniques et ils avaient en outre décidé de créer une colonie juive en Palestine. De la même manière l’OTAN a pulvérisé la Yougoslavie pour en finir avec les vestiges du bloc soviétique. Elle a créé artificellement des États ethniques. Elle vient de recréer le Monténégro de 1878 et bientôt le Kosovo.
Dans cette stratégie, l’Allemagne n’est qu’un jouet, un État à souveraineté limitée. Il existe en effet un Traité germano-états-unien imposé à l’Allemagne de l’Ouest pendant la période d’occupation et qui n’a pas été abrogé lors de la réunification. Celui-ci comprend des clauses secrètes subordonnant la politique étrangère et de défense de l’Allemagne au bon vouloir de Washington. Ces clauses n’ont été publiquement appliquées que lors de la Guerre du Kippour. Les Etats-Unis avaient installé un pont aérien pour soutenir Israël contre les Arabes. Ils avaient utilisé pour cela leurs bases aériennes en Allemagne. Lorsque Walter Scheel s’y est opposé en faisant valoir la neutralité allemande dans ce conflit, Henry Kissinger l’a remis à sa place. Et l’Allemagne a cédé.
Réseau Voltaire : Pensez-vous que la Fédération de Russie puisse ébranler la domination anglo-saxonne sur le monde ?
Natalia Narochnitskaya : Pour reprendre la célèbre formule du Prince Alexandre Gortchakov, « La Russie se recueille ». Nous modernisons notre société. Nous relevons notre économie. Nous nous préparons.
Deuxièmement, le monde doit être multi-polaire. Un seul pôle-monde est inacceptable. La omination est quelque chose que nous ne pouvons pas permettre. Nous ne pouvons pas accepter un ordre mondial imposé par un pays qui prendrait toutes les décisions, fut t’il aussi puissant et influent que États-Unis d’Amérique. Un tel monde est instable et sources de conflits.
Troisièmement, la Russie ne veut pas la confrontation avec d’autres pays. La Russie n’a pas l’intention de s’isoler. Nous allons développer des relations amicales avec l’Europe, les États-Unis et d’autres pays, autant que possible.
Quatrièmement, la protection de la vie et la dignité de nos citoyens, où qu’ils se trouvent est une priorité incontestable pour notre pays. Nos décisions de politique étrangère seront basée sur cette nécessité. Nous allons également protéger nos interêts économiques à l’étranger. Il doit être clair pour tous que nous répondrons à toute acte d’agression commis contre les nôtres.
Cinquièmement, comme c’est le cas des autres pays, il y a des régions dans lesquels la Russie a des intérêt privilégiés. Ces régions abritent des pays avec lesquels nous partageons des relations historiques particulières et avec lesquels nous sommes liés, comme avec des amis ou de bons voisins. Nous accorderons une attention particulière à nos travaux dans ces régions et à construire des liens d’amitié avec ces pays, et nos proches voisins.
Ce sont les principes que je suivront dans l’exécution de notre politique étrangère.
First, Russia recognises the primacy of the fundamental principles of international law, which define the relations between civilised peoples. We will build our relations with other countries within the framework of these principles and this concept of international law.
Second, the world should be multi-polar. A single-pole world is unacceptable. Domination is something we cannot allow. We cannot accept a world order in which one country makes all the decisions, even as serious and influential a country as the United States of America. Such a world is unstable and threatened by conflict.
Third, Russia does not want confrontation with any other country. Russia has no intention of isolating itself. We will develop friendly relations with Europe, the United States, and other countries, as much as is possible.
Fourth, protecting the lives and dignity of our citizens, wherever they may be, is an unquestionable priority for our country. Our foreign policy decisions will be based on this need. We will also protect the interests of our business community abroad. It should be clear to all that we will respond to any aggressive acts committed against us.
Finally, fifth, as is the case of other countries, there are regions in which Russia has privileged interests. These regions are home to countries with which we share special historical relations and are bound together as friends and good neighbours. We will pay particular attention to our work in these regions and build friendly ties with these countries, our close neighbours.
These are the principles I will follow in carrying out our foreign policy.
*
Первая позиция: Россия признаёт первенство основополагающих принципов международного права, которые определяют отношения между цивилизованными народами. И в рамках этих принципов, этой концепции международного права, мы и будем развивать наши отношения с другими государствами.
Второе, мир должен быть многополярным. Однополярность – неприемлема. Доминирование – недопустимо. Мы не можем принять такое мироустройство, в котором все решения принимаются одной страной, даже такой серьезной и авторитетной, как Соединённые Штаты Америки. Такой мир неустойчив и грозит конфликтами.
Третье, Россия не хочет конфронтации ни с одной страной. Россия не собирается изолироваться. Мы будем развивать настолько, насколько это будет возможно, наши дружеские отношения и с Европой, и с Соединёнными Штатами Америки, и с другими странами мира.
Четвёртое, безусловным приоритетом является для нас защита жизни и достоинства наших граждан, где бы они ни находились. Из этого мы будем исходить при осуществлении своей внешней политики. Мы будем также защищать интересы нашего предпринимательского сообщества за границей. И всем должно быть понятно, что если кто-то будет совершать агрессивные вылазки, тот будет получать на это ответ.
И, наконец, пятое. У России, как и у других стран мира, есть регионы, в которых находятся привилегированные интересы. В этих регионах расположены страны, с которыми нас традиционно связывают дружеские, добросердечные отношения, исторически особенные отношения. Мы будем очень внимательно работать в этих регионах и развивать такие дружеские отношения с этими государствами, с нашими близкими соседями. Вот из этого я буду исходить при осуществлении нашей внешней политики.
Что же касается будущего, то оно зависит не только от нас – оно зависит и от наших друзей, от наших партнёров по международному сообществу. У них есть выбор.
A noter la bonne initiative de l’association EURORUS à Bruxelles pour ce 1ier septembre :
1 сентября 2008 – 1 septembre 2008
День памяти трагедии в школе Беслана ! Там же можно посетить выставку фотографий ” ТРАГЕДИЯ БЕСЛАНА “ и выставку рисунков, сделанных детьми из Беслана.
Expositions de photographies sur le thème ‘La Tragédie de Beslan’ et de dessins exécutés par les enfants de Beslan
Avec le soutien du centre culturel Russe de Bruxelles, Российским центром Науки и Культуры в Брюсселе et RIA Novosti – Риа Новости
à 19h00/ в 19:00
Entrée livre. Свободный вход !
RUE89 récidive dans le bon sens du terme en livrant une explication haute en couleur qui met à mal la “théorie officielle” de l’affaire Ossète.
Les principaux extraits ci dessous :
La déformation systématique et volontaire des réalités autour du conflit d’Ossétie, la substitution d’un discours idéologique aux relents de racisme anti-russe à une analyse de fond traduit une dangereuse dérive. Il convient donc de revenir aux faits : La nuit du 7 au 8 août, la Géorgie attaque violemment l’Ossétie du Sud. Tous les médias soulignent la violence de l’attaque, le tir sans sommation sur des troupes d’une tierce puissance (la Russie) présentes au titre d’un mandat de l’ONU et le bombardement délibéré de la population civile par l’artillerie et les lance-roquettes multiples de 122-mm. Une partie de la ville de Tskhinvali a été détruite et il y aurait eu plus de 1500 morts et des dizaines de milliers de déplacés.
Ces actes sont extrêmement graves. Mais la désinformation qui a suivi ne l’est pas moins. La Géorgie est devenue le défenseur de la démocratie face à « l’impérialisme » russe et certains comparent les récents événements à l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie d’août 1968. Ceci insulte les participants du « Printemps de Prague », et la mémoire d’Alexandre Dubcek.
Il est inconcevable que Washington n’ait pas été au courant du projet géorgien
L’agression a eu lieu en présence d’officiers américains au sein des troupes géorgiennes dans le cadre du « Georgia Train and Equip Programme » (GTEP). Il est ainsi inconcevable que Washington n’ait pas été au courant du projet du Président géorgien. Force est de constater que rien ne fut fait pour l’arrêter. Il ne fut pas non plus donné ordre à ces officiers américains de se retirer des unités qu’ils entraînaient. Par son inaction, pour ne pas dire plus, le gouvernement américain s’est fait le complice d’actes de guerre contre les forces ossètes et russes et de crimes de guerre en ce qui concerne le bombardement de Tskhinvali.
Ceux-là même qui aujourd’hui critiquent la Russie pour sa réaction militaire, pourtant légitime dans ce contexte, n’ont rien fait pour prévenir l’irréparable tant qu’il était encore temps. On peut considérer excessive la réaction russe. Mais il ne faudrait pas alors oublier que, depuis 1999 la Russie a été sans cesse mise devant des faits accomplis : le Kosovo, la sortie unilatérale du traité antimissile par les États-Unis ou encore l’élargissement incessant de l’OTAN aux pays de l’ex-URSS en dépit des accords entre Gorbatchev puis Eltsine et Bush (père). Les États-Unis ont renié leurs engagements vis-à-vis de la Russie sur de multiples points et donné corps aux pires soupçons quant à leurs intentions profondes.
En réalité, les autorités russes ont fait preuve d’une réelle retenue en ne poussant pas leur avantage sur le terrain (Tbilissi aurait pu être prise le lundi 11 août) et en s’abstenant de faire prisonniers des instructeurs américains surpris au sein des unités géorgiennes qu’ils encadraient.
Enfin, les mêmes pays qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo au mépris du droit international reprochent à la Russie sa reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Cela fait cependant très longtemps que les populations de ces deux régions ont exprimé leur refus de rester dans le cadre de la Géorgie et ont souhaité rejoindre la Russie. Du temps de l’URSS déjà des manifestations avaient lieu en ce sens à Soukhoumi. Quant aux Ossètes, héritiers de l’ancienne Alanie, et proches des Abkhazes par leur appartenance à la Tcherkessie, ils souhaitent eux aussi rejoindre la Russie depuis fort longtemps.
Une indispensable zone de sécurité autour de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie
Les protestations occidentales sont donc bien hypocrites. Cette hypocrisie a des raisons. Le conflit en Ossétie du Sud, qui ne pouvait pas ne pas impliquer la Russie sert à relancer l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine à l’Otan après l’échec du sommet de Bucarest. La Russie est présentée comme une menace et le Président polonais signe les accords sur les missiles anti-missiles.
Venant après l’agression géorgienne, la Russie exige aujourd’hui la constitution d’une zone de sécurité autour de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Après le criminel bombardement de Tskhinvali ceci est indispensable. Les autorités géorgiennes ne peuvent espérer un simple retour à la situation de 2004 après ce qu’elles ont fait. L’envoi au-dessus de la ville martyre d’avions d’observation sans pilote est une nouvelle provocation qui justifie la volonté russe de mettre en place une importante zone de sécurité.
Soutenir l’agression de la Géorgie, vouloir ranimer à contre-temps les feux de la guerre froide, c’est mettre la paix en péril et oublier que nous avons besoin de la Russie et de ses alliés pour stabiliser la situation en Afghanistan. Les pertes tragiques que l’armée Française vient d’y subir témoignent de l’effondrement de la stratégie américaine dans la région. Pour la sécurité de notre propre pays, il convient de ne pas se tromper de combat.
L’article complet ici
Dimitri Anatolievitch Medvedev, 26 août 2008
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A lire :
http://community-dpr.org/
et
http://osinform.ru/
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Merci à alex lattanzio
« Fédération américaine ». Territoire Sud. Frontière mexicaine. Alentours de 2030.
An 2 de l’Etat de Mexicalifornie.
Le monde ancien n’est plus, l’Ouest a vécu. En 2020, l’humanité est dominée par l’Asie. Une nouvelle guerre froide oppose Chine et Amérique. L’OCS (Organisation de la coopération de Shanghai), s’est substituée à l’Otan qui a disparu en 2014, après la guerre du Caucase, durant laquelle ses deux principales armées (Amérique et Turquie) se sont affrontées militairement, sans vainqueur réel. Une coalition sino-russe sous mandat de l’OCS a fait cesser les hostilités.
L’Amérique est isolée avec le Canada, l’Europe de l’Ouest et l’Australie au sein des ruines de l’Otan qui a pris le nom d’OEO (Organisation des Etats occidentaux).
Ainsi est le monde de 2020. Bipolaire. Dominé par la Chine (avec ses 4 milliards d’habitants) qui dispose de bases militaires sur tout le continent eurasiatique, de Shanghai à Budapest.
Au cours des années 2010 à 2020, la crise économique mondiale a affaibli l’Amérique. Celle-ci s’est ruinée en de nombreux conflits (Irak, Syrie, Egypte, Liban, Caucase…). Les deux mandats du républicain McCain (2008 à 2016) ont été les derniers. A sa mort en 2014 (pendant la guerre du Caucase), l’Amérique a cessé d’être une démocratie pour devenir une « théocratie militaire », sous contrôle du Pentagone et du « Centre évangélique Impérial ».
Une théocratie ruinée. Seule la Californie, région quasi autonome, riche, concentre les organes culturels, politiques, militaires et économiques lui permettant de maîtriser les « autres Etats fédérés », appauvris et en révolte permanente.
Dans cette bataille pour le « Outland », les Chinois, qui désirent affaiblir l’Amérique (dernier pôle de résistance à l’OCS) ont bien compris l’intérêt que représente la Californie pour eux. En la « coupant » du reste de l’Amérique, c’en serait fini de l’Oncle Sam et de l’OEO. L’extension à l’Ouest ne rencontrerait alors plus aucun concurrent sérieux. Le « sea-power » prôné par les théoriciens anglo-saxons durant le XXe siècle, avant les grandes guerres, sera le leur.
La Californie est à l’Amérique ce que le Kosovo était à la Serbie en 2008, un cœur, plus économique que spirituel, mais un cœur, c’est-à-dire quelque chose de vital.
L’impossibilité (technique et morale) d’un affrontement direct avec l’Amérique va faire germer une idée dans l’esprit des stratèges chinois : déclencher une guérilla indépendantiste dans le Sud américain, pousser l’Etat américain à intervenir pour ainsi justifier une intervention militaire de l’OCS. Avec la crise économique, la Californie est restée comme l’eldorado pour des dizaines de millions d’Hispaniques bien sûr, mais aussi de Centro-Américains. La frontière Sud-Est des Etats-Unis est devenue une vraie passoire, sans contrôle sérieux. En moins de cinq ans, la population mexicaine des trois Etats que sont la Californie, l’Arizona et le Nouveau-Mexique a doublé. En 2022, la Californie a une population de 90 millions d’habitants, elle est devenue une gigantesque conurbation. Elle produit à elle seule 45 % du PIB américain et les Hispaniques représentent 75 % de sa population.
C’est une bombe à retardement que le gouvernement chinois va s’empresser de déclencher. Les Chinois vont financer et former des mouvements indépendantistes mexicains, politiquement, culturellement, mais aussi militairement, de façon plus discrète. L’agit-prop se transforme rapidement en agitation « terroriste », un mouvement indépendantiste va rapidement se créer, l’armée de libération de Mexicalifornie (ALM). Ce mouvement va cumuler entre 2020 et 2025 deux types d’actions bien distinctes, mais liées : former grâce à l’aide chinoise un grand nombre de « soldats politiques » et les faire rentrer en Californie. L’armée se finance aussi par le trafic de drogues (axe Colombie-Guatémala-Californie) et le trafic de femmes, principalement des Mexicaines prostituées en Californie où le gap entre homme et femme est très élevé (estimé en 2020 à cinq hommes pour une femme).
Rapidement, l’Etat de Californie commence à prendre conscience de ce qui se trame sur son territoire. La branche régio-étatique du congrès lance une opération « mains propres » de grande envergure, destinée à nettoyer cette nouvelle mafia. Des incidents armés éclatent. L’OEO diffuse sur son canal la version de faits qui sera démentie par l’OCS. D’influents lobbyistes chinois expliqueront que les Américains de souche chassent et déciment des milliers de clandestins mexicains pour tenter de renverser le rapport de force démographique. Des images circuleront en boucle et la communauté internationale sera bouleversée. De gigantesques manifestations ont lieu dans tous les pays contre le fascisme américain et le « pogrom » en cours de la pauvre minorité mexicaine.
On entendra que la Californie était mexicaine depuis toujours et que ce n’est que depuis 1847 que les Américains ont volé cette terre à leurs propriétaires. On « ré-apprendra » que les racines des Mexicains remontent aux Olmèques, 1 300 ans avant le Christ, soit à peu près à la même époque où, en Europe, les Illyriens s’installaient dans l’actuelle Albanie.
En 2026, la Californie étant soumise à des troubles massifs, la communauté mexi-hispanique élit son propre corps politique. Un journal mexicain demandera l’indépendance de la Mexicalifornie. Le président de la Fédération hexagonale (l’ancienne France) de l’époque, Necmettin Toparu (un gagaouze nommé par les 19 cultes religieux de l’Hexagone) affirmera : « L’indépendance du Mexicalifornie est inéluctable ! Les Mexicains et les Américains de souche ne veulent plus vivre ensemble, c’est comme ça et c’est tout. La Californie n’existe plus, de même que l’Union soviétique ! »
Ce fut cette même semaine que la Chine intervint militairement en Californie. Au début de l’automne 2026. Une campagne militaire « courte, ciblée et humanitaire » selon le gouvernement chinois et l’état-major de l’OCS. Les bombardements ne devaient durer que trois jours, selon le haut commandement de l’OCS, ils se prolongèrent en fait soixante-dix-huit jours.
Ce fut la fin de l’Amérique. La « Californie » fut occupée par une troupe de paix de l’OCS, sino-indienne. Les Américains de souche et de nombreuses minorités furent contraints d’abandonner leur territoire et de migrer au Nord, vers la frontière avec l’Oregon, victimes de pogroms d’une intensité et d’une violence considérable.
Au début de l’année 2027, l’Amérique n’existait plus. Contre la volonté de la grande majorité des Américains de souche, mais également des minorités non mexicaines, début 2028, les premières élections eurent lieu, marquées par des faits-divers étranges, elles consacrèrent le chef charismatique de l’ALM, qui prit le titre de procureur de la région. Lorsque le premier recensement de population eut lieu le 1er janvier 2029, les non-Mexicains ne représentaient plus que 12 % de la population, coincés dans le nord d’un Etat dont la langue officielle, la seule tolérée est devenue l’espagnol.
En 2030, on apprit que le « procureur » fraîchement élu était mêlé à un gigantesque trafic d’organes humains vers l’Amérique centrale, mais l’enquête fut close rapidement par la Cour chinoise de justice globale,
Fin des données…
Cette fable n’est en aucun cas le fruit d’une quelconque animosité de l’auteur à l’égard de la communauté mexicaine ou de la Chine, bien au contraire, le Mexique étant à ce jour un des nombreux États à ne pas avoir reconnu l’indépendance du Kosovo et la Chine à s’y être opposée.