La presse Française se prend une gifle

Il n’y a pas que Alexandre LATSA qui en a visiblement marre de la “presse” étrangère et spécialement Française. Au moins de janvier 2010 ARTE faisait passer ce reportage pour expliquer les procès que l’organisation NASHI a intenté à quatre journaux étrangers, dont deux Francais : “le monde” et “le journal du dimanche”.
Je suis très heureux de vous annoncer chers lecteurs que justice à commencé à être rendue puisque avant hier le “journal du dimanche” a été condamné par le tribunal civil du quartier Saviolovski, à Moscou, à verser aux NASHI 250 000 roubles (6 400 euros) pour “atteinte à la réputation” de l’organisation, et pour avoir publié des informations qui “ne correspondent pas à la réalité”
Source sur le site des NACHI
Comptant sur la bonne volonté du Journal du dimanche, les Nachi veulent utiliser les 6 000 euros accordés par la juge pour acheter des “rubans de Saint-Georges”, symbole en Russie de la victoire contre l’Allemagne nazie. Ces rubans, orange et noir, seront distribués “dans les pays baltes, pour lutter contre les sentiments pro-fascistes et xénophobes”. Si l’hebdomadaire français ne s’exécute pas, “nous allons chercher sur le territoire russe des biens leur appartenant”, assure l’avocat des Nachi, Sergueï Jorine, qui reconnaît cependant préférer “la voie diplomatique”“Après tout, c’est l’Année de la France en Russie”, a-t-il expliqué au quotidienKommersant jeudi. (source) A notre que la procédure engagée contre “le Monde” pour les mêmes motifs est en cours d’examen devant un tribunal de Moscou.
Je ne résiste pas par conséquent au bonheur de vous retranscrire ces images d’un reportage de France24 sur nes NASHI (datant de 2007).

Jon Hellewig

Le courrier de Russie, bien loin des âneries de Juliette Rabat a fait une interview intéressante de Jon Hellewig.
Pour lire une biographie complète de Jon Hellewig c’est ici.
Ce dernier est également l’auteur du livre “All is art” (2007), qui traite dans une première partie “des pratiques sociales et de l’interprétation des sentiments, ainsi que de la concurrence démocratique”. La seconde partie traite de “l’essence de la démocratie” et la Russie sert de point de référence, le lecteur pourra ainsi comprendre pourquoi le président Poutine est un homme avec de bonnes références démocratiques.
Quadrilingue russe, anglais, suédois et finlandais (sa langue maternelle), Jon Hellevig avoue parler aussi un peu français… après un bon verre de rouge ! « La Russie était dans une situation d’après-guerre » affirme-t-il lorsqu’il évoque son arrivée à Moscou en 1992. Et, malgré le « miracle » des deux décennies suivantes, le co-fondateur du cabinet d’avocats Hellevig Klein Usov Partners (HKU) considère que les défis les plus importants restent, aujourd’hui, à relever.
Le Courrier de Russie : Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis votre arrivée ?
Jon Hellevig : Tout a changé. Quand j’ai débarqué pour la première fois à Moscou, on manquait de tout. À chaque fois que vous alliez dans un restaurant, vous vous retrouviez confronté à des pratiques étranges, et tout se négociait. Les rayons des  magasins étaient vides. La situation, au début des années quatre-vingtdix, était digne des mauvaises blagues que l’on a tous entendues sur l’Union soviétique. Et c’est un vrai miracle d’avoir atteint, en 2010, un tel niveau d’offre de produits et de  services. Nous revenons de très loin.
LCDR : Pourquoi êtes-vous venu en Russie ?
J. H. : La Russie est un pays avec lequel la Finlande a toujours eu des relations privilégiées, en raison, bien sûr, de sa proximité. L’ouverture à l’économie de marché signifiait, pour nous, de nouveaux débouchés, et il était parfaitement naturel d’y envisager un avenir. Mon idée, quand je suis arrivé, était de devenir consultant. Mais je me suis rapidement rendu compte que les affaires se géraient trop différemment ici pour que je puisse conseiller qui que ce soit. J’ai donc d’abord travaillé comme directeur financier d’une joint venture russo-américano-finlandaise. Et cette expérience m’a permis de mieux appréhender un système russe qui était encore, en fait, le système soviétique.
LCDR : Mais aujourd’hui, près de vingt ans après la chute de l’Union soviétique, le système n’a plus rien à voir.
J. H. : Détrompez-vous ! J’ai dit que tout avait changé, c’est vrai, mais fondamentalement, la culture économique est toujours façonnée par les pratiques de l’administration soviétique. Et elle n’évolue, malheureusement, pas beaucoup. Même lorsque le pouvoir décide d’instaurer une nouvelle loi, et même lorsque la loi est bonne – comme la loi antimonopole, qui est plus que nécessaire –, elle est appliquée dans une structure qui reste soviétique, et la bureaucratie l’emporte finalement sur la volonté de changement. La bureaucratie est un véritable fardeau pour ceux qui viennent faire des affaires en Russie.
LCDR : Cette situation est intéressante, en tout cas, pour des sociétés de conseil comme la vôtre…
J. H. : Vous savez, j’ai une haine viscérale de la bureaucratie. Notre travail n’est pas de conseiller nos clients pour qu’ils se plient à toutes les procédures – ce qui est d’ailleurs impossible – mais de trouver des solutions limitant au maximum les risques. On pourrait penser que toutes ces formalités administratives nous arrangent, en nous permettant de gagner notre pain. Mais en réalité, si l’appareil bureaucratique ne pesait pas si lourd sur la croissance, plus d’entreprises viendraient s’installer en Russie. Ce qui représenterait pour nous plus de travail à valeur ajoutée.
LCDR : Cette conjoncture est-elle propre à la Russie ?
J. H. : La bureaucratie n’existe pas qu’en Russie. L’administration est très présente dans d’autres pays d’Europe, en Chine également. Mais pas omniprésente comme ici. La bureaucratie en Russie est culturelle. C’est un héritage d’avant la Révolution, lié à l’influence de la Prusse, puis de soixante-dix ans d’Union soviétique. La Russie fait aujourd’hui face à trois difficultés fondamentales qu’il lui faut surmonter pour devenir une économie compétitive : l’infl ation, la corruption et, surtout, la bureaucratie. Le gouvernement a pris à bras le corps le problème de l’infl ation, il commence à s’attaquer à celui de la corruption, mais il n’a pas encore pris conscience de la nécessité de combattre le fléau bureaucratique.
LCDR : Vous affirmez que le phénomène est culturel : est-il vraiment possible de le combattre ?
J. H. : Il ne s’agit peut-être pas de changer la culture, mais au moins de l’orienter différemment. Il revient aujourd’hui au gouvernement de donner le cap. Et définir ce cap suppose, avant tout, d’identifier le problème. Les dirigeants en ont aujourd’hui la capacité, mais ne sont pas disposés à le faire, pour la simple et bonne raison que la question ne leur a même pas traversé l’esprit.
LCDR : Comment attirer leur attention ?
J. H. : Je le ferais avec joie si on m’en donnait l’opportunité, mais je ne suis franchement pas certain que je serais entendu !
LCDR : Dans le contexte cauchemardesque que vous venez de décrire, pourquoi tant d’entreprises étrangères continuent-elles d’investir en Russie ?
J. H. : Parce qu’il y a toujours de nombreuses opportunités et d’importants profits à réaliser. Les choses commencent à changer. Loin d’être, à l’heure actuelle, un marché mature, la Russie a, en tout cas, franchi une première étape qui consiste à pouvoir satisfaire les besoins des consommateurs. Le challenge de la décennie à venir ne se situe plus à ce niveau. Le défi, à présent, est celui de l’efficacité. Si l’on compare la Russie à une entreprise, il lui faut désormais faire évoluer sa culture d’entreprise. La Russie doit devenir « consumer oriented ».

Enfin la vérité sur la Russie ?

Loin du venin Orange, Maurice Gendre à interviewé le spécialiste de la Russie : ” Romain BESSONET”.
Romain Bessonnet est un ancien militant communiste et secrétaire de cellule, en charge de la solidarité internationale d’une fédération du mouvement des jeunesses communistes, responsable de ville et membre du collectif national de l’Union des étudiants communistes. Il a quitté le PCF en 2001, car il était opposé à la résignation de ce parti face à l’Europe fédérale et en colère contre l’abandon des principes républicains qui était « flagrant dans le cadre des Accords de Matignon sur la Corse ».
A cette époque, il rejoint le Mouvement des citoyens (MDC), futur MRC, qu’il n’a pas quitté depuis.
Romain Bessonnet a été responsable de la campagne « jeunesse » de Jean-Pierre Chevènement dans la région Ouest en 2002.
Il présente un cursus universitaire en Droit et Sciences Politiques, ainsi qu’en russe. Passionné par le pays de Pierre le Grand, lassé par la propagande russophobe occidentale, il essaie de combattre les mensonges et les contrevérités qui circulent sans cesse à l’encontre de ce grand pays.

Quelques extraits :

Sur le concept de démocratie souveraine

 La démocratie souveraine est l’un des concepts clefs de la politique du pouvoir russe. Il a été élaboré par le premier adjoint au chef de l’administration présidentielle, Vladislav Surkov. Elaboré et formalisé par deux articles de presse, dont un, fondamental, dans la revue Expert  en 2005, intitulé Nationalisation du futur. Ce concept est né après les années 90 qui avaient vu les idées ultralibérales et occidentalistes l’emporter et être portées, avec Boris Eltsine, Egor Gaidar, Anatoly Tchoubaïs, ou Andrey Kozyrev, à la tête du pouvoir, et ce, jusqu’en 1998. Il traduit une volonté de rupture avec cette époque à partir de plusieurs axes :
– La fin de l’influence étrangère sur la politique russe (intérieure comme extérieure) 
– La fin de la mainmise étrangère sur la politique économique russe 
– Le rôle d’orientation de l’État dans l’économie, comme garant du long terme

Sur les organisation d’extrême droite Russes dont la presse Occidentale se gausse :
” La DPNI .. L‘Union slave … La RNE (unité nationale russe) …. 
La biographie de ses chefs et ses financements sont très opaques. Ces organisations se plaignent de « harcèlement » par les autorités qui les ont classées comme extrémiste. En effet, en faisant monter la haine, à grand renfort de publicité dans les médias étrangers, ils sont utilisés, consciemment, par les ennemis de la Russie comme l’incarnation d’un « peuple russe imbécile et raciste ».
De plus, en interne ils promeuvent une idéologie visant à lâcher le fardeau des républiques non-russes ethniquement pour recentrer le pays sur sa partie européenne jugée « ethniquement pure ». En fait, avec les élites occidentales, ils sont l’autre face de la même médaille : d’un côté on encourage le séparatisme dans les républiques non-russes et de l’autre on finance, on promeut et on tend le micro à ces organisations qui exigent de l’État le retrait de ces territoires. L’ensemble ayant en commun de vouloir démembrer la Fédération de Russie “.
Sur Berezovsky et Kodorkovski, victimes de la politique du Kremlin :
 Berezovsky était, dans les années 90, le plus influent et le plus connu des oligarques. Il a édifié sa fortune par la vente de Lada dans le cadre d’une joint-venture avec des investisseurs italiens. Toutefois, avec l’argent de la société il a acheté des actifs dans le secteur pétrolier et a liquidé sa société de voitures, laissant ses investisseurs sur la paille. Grâce à cette affaire il va faire beaucoup d’argent, notamment en fraudant les droits de douanes et les contingents pétroliers à l’exportation en faisant transiter ses hydrocarbures par la Tchétchénie.Il va ensuite fréquenter assidûment le club de tennis du président Eltsine. Lieu où se partage le gâteau des privatisations. Il va se faire privatiser la première chaîne de TV (ORT) et faire assassiner son directeur, Vladislav Listiev. Ce journaliste est un pionnier de la TV de la glasnost avec l’émission de jeunesse « vzglyad » ou « tchas pik », dans laquelle il brocardait politiques ou chefs d’entreprises. Il refusait de recevoir des ordres quant à la « ligne éditoriale » de la chaîne (notamment le montage de vidéos compromettantes, diffusées en « prime time » contre les adversaires politiques du « boss »).
Lors de l’élection présidentielle de 1996, tous les sondages donnent Guennadi Ziouganov, chef du parti communiste russe, vainqueur de l’élection. Boris Berezovsky va exécuter un plan en deux temps : rassembler ses amis oligarques (Goussinsky, Khodorkovsky, Potanine…) avec un mot d’ordre : « Il y a le feu à la baraque et il faut mettre la main au portefeuille. ». Et ses associés entendent bien le discours et vont ouvrir une ligne de crédit illimitée au candidat Eltsine, confiée à Anatoly Tchoubaïs  (le père des privatisations) et utiliser (à son corps défendant) le général Lebed, candidat patriotique, pour prendre des voix aux communistes (l’un des bailleurs de fonds de Lebed est à cette époque un certain Gary Kasparov) et ensuite appellera à voter Eltsine en lui donnant le poste de secrétaire du conseil de sécurité de la Fédération de Russie.
Une fois Eltsine réélu, Berezovsky prend, avec ses compères, les rênes du pouvoir. Ils vont continuer à sucer le sang de l’économie russe tels des vampires, en se répartissant les gisements pétroliers et les matières premières. Résultat : krach complet du système financier en août 1998.
Berezovsky, durant cette période de relative paix en Tchétchénie, va financer le chef islamiste le plus dur et « premier ministre » tchétchène Chamil Bassaev. Avec l’aide de ses amis de la mafia locale bien entendu, il perçoit aussi des commissions pour que Moscou ferme les yeux et laisse la frontière ouverte aux trafics divers et variés (armes, drogues, pétrole, métaux précieux…) en cours en Tchétchénie à cette époque.
En 1996, il devient adjoint au secrétaire du conseil de sécurité de la Fédération de Russie, où le FSB l’accuse de transmettre des informations sensibles vers des Etats étrangers (en l’occurrence Israël, les USA et la Grande Bretagne) et de désinformer le président Eltsine sur le conflit yougoslave et la situation en Tchétchénie. Il répondra en sortant de son chapeau un certain Lieutenant-colonel du FSB Litvinenko (son « ami » depuis 1994) qui accusera la haute hiérarchie du FSB d’avoir ordonné l’assassinat de l’oligarque, après son éviction de l’institution en 1998.
Le 17 novembre 1998, commence le déclin de l’oligarque. En effet, ce jour-là, celui qui était aussi à cette époque le ministre de l’Intérieur de Russie, Sergueï Stepachine (aujourd’hui président de la Cour des Comptes de Russie), remet en main propre un rapport au Premier Ministre Evgueni Primakov, chevalier de la lutte anti-corruption. Ce document fait état de transferts illicites d’argent liquide vers la Suisse, de son blanchiment et du retour de ces capitaux frauduleux.
Au cœur de ces opérations illégales se trouve : Boris Abramovitch Berezovsky.
Primakov prend une résolution qui ordonne aussitôt une enquête administrative et judiciaire pour transfert illicite de capitaux et fraude fiscale à l’encontre des auteurs. Berezovsky commence alors une campagne contre Primakov et son entourage qui se termine par la destitution de ce Premier Ministre gênant.
Il tombe en disgrâce quand Poutine devient président et réclame le retour à l’État de l’Aeroflot, de sa chaîne ORT et de ses avoirs pétroliers, ainsi que le paiement de ses arriérés d’impôts. Face à cela, Berezovsky se réfugie en Grande-Bretagne. Certaines sources affirment qu’il est agent d’influence de  l’Intelligence Service.

Quant à Khodorkovsky, à la fin de l’URSS, il va avec des copains de fac (comme Sergueï Monakhov) piquer la caisse de sa section des jeunesses communistes et avec ces fonds, ils vont faire de la « spéculation » de marchandises d’importations (faux cognac, matériel informatique…) puis vont créer une banque, la Menatep, qui se spécialise dans le blanchiment de l’argent de la mafia moscovite (la bande de Solntsevo) et ouzbèke.
Avec cet argent, ils vont commencer à se lancer dans l’aventure des privatisations, en rachetant pour une bouchée de pain les entreprises les plus rentables de l’économie russe dans divers domaines (matériaux de construction, engrais …), le tout en étant vice-ministre de l’industrie pétrolière en 1992-93.
En 1995, Eltsine et ses ministres de l’Intérieur et de la Défense ont un problème : les caisses sont vides pour mener la guerre en Tchétchénie. Berezovsky et Khodorkovsky vont proposer à Eltsine et son éminence grise Korjakov (chef de la sécurité présidentielle) d’échanger des crédits en dollars gagés sur les entreprises d’État les plus rentables (pétrole, nickel, aluminium…).
Marché conclu ! C’est grâce à ce système diabolique que Khodorkovsky va acquérir la compagnie pétrolière Ioukos.
Avec sa banque, Khodorkovsky, va en plus se servir dans la caisse de l’État russe en plaçant les obligations d’État et en prélevant sur celles-ci des commissions prohibitives, ce qui amènera à la cessation de paiement de la Russie en août 1998.
A l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, celui-ci lui demande, en 2002, de remettre la plus grande partie de ses avoirs pétroliers à l’État contre une somme modique. Celui-ci s’y refuse et se met à monter un courant politique libéral en utilisant les ressources de son entreprise et d’autres entrepreneurs pour reprendre le pouvoir perdu en 2000 et refaire le coup de 1996, mais cette fois contre Poutine. Celui-ci a alors laissé tomber la voie amiable et a déclenché des poursuites pour fraude fiscale “.
L’interview est extrêmement intéressante et est consultable ici. A diffuser !

La Russie menace t’elle l’Occident ?

C’est le titre du dernier livre de Jean-Sylvestre Mongrenier (professeur agrégé, docteur en géographie-géopolitique, chercheur à l’Institut français de géopolitique (Paris VIII) et chercheur associé à l’Institut Thomas More), aux éditions Choiseul. Cet ouvrage a donné lieu à une interview très intéressante de Yannick Harrel à ce sujet, interview que je vous incite à lire.
Je viens de terminer cet ouvrage et au delà de son aspect ludique, concis, et relativement clair, et d’une préface très intéressante de Yves Lacoste, j’ai trouvé que c’était un ouvrage extrêmement orienté et teinté d’une relative hostilité à la Russie de Poutine et Medvedev. Pour parler plus clairement, ce livre est un relai des théories oranges et Atlantistes. Quelques exemples ?

– Page 85 : ” L’état globalement désastreux de la “Russie-Soviétie” en 1945 n’a pas dissuadé Moscou de se poser en rival de l’Occident et de nourrir des ambitions grandiloquentes “.

– Page 86 : ” Ideas have consequences. Telle est la devise d’un think-tank de renom : la Heritage Fondation

– Page 116 : ” Il faut attendre que Vladimir Poutine prononce un discours très hostile à Munich pour qu’une partie des dirigeants ouest-européens commencent à prendre la juste mesure des Choses

– Page 117 : ” L’affaire Géorgienne est un cas d’école : des mois durant, les provocations de Moscou sont présentées comme de la désinformation et lorsque les Russes passent à l’action militaire directe (aout 2008) la responsabilité est rejetée sur Tbilissi (exemple type de discours infalsifiable). ” 

– Page 126 : ” La Géorgie occupe une position clef, essentielle pour accéder en toute liberté à la Caspienne et et contribuer au pluralisme géopolitique de l’Asie Centrale. L’orientation Occidentale de la Russie est importante pour le développement de projets que Bruxelles s’efforce de développer (gazoduc Nabucco, Corridor énergétique Méridional, Partenariat Oriental) afin de sécuriser les approvisionnements Américains et de promouvoir un arc de sécurité et de bonne gouvernance sur ces confins orientaux

– Page 168 : ” L’après 2001 laissait à penser que Vladimir Poutine privilégierait les relations avec Israël, intégré dans une grande alliance civilisationelle, depuis Vancouver jusqu’à Vladivostok

Pourtant la relance de la diplomatie Russe dans le monde Arabo-musulman, le renforcement des liens diplomatiques avec le front du refus (Syrie, Iran ..) et les rapports avec divers mouvements Islamistes régionaux (Hezbollah, Hamas ..) ne facilitent pas les relations Russo-Israéliennes
.”
– Page 217 et 218 la conclusion est un summum : ” l’état Russe n’est pas au bout de ses peines et l’activisme dont fait preuve ses dirigeants n’est pas la réponse adéquate aux défis qui lui sont jetés, bien au contraire ils les aggravent. Aussi devraient il se garder de toute forme de géopolitique de pavlovisme et ne pas insulter l’avenir. Consolider le pays, aménager le territoire et ouvrir des opportunités en coopération avec l’Occident, plutôt que de rêver de sphères de contrôle et d’état monde “.

Kirghizie verte / marron

Des infos dissonantes sur les évènements à Bichkek .. La Kirghizie bleue tournerait brune .. La révolution prend le total contre pied des évènements Oranges de 2005. La révolution de avril 2010 prend une couleur verte / marron. A savoir une forte orientation nationale.
Le président déchu à démissionné et aurait été exfiltré par des Russes grand seigneurs au Kazakhstan voisin.
En même temps, les autorités Russes se montreraient inquiètes des incidents reportés contre les ressortissants Russes et leurs biens.
Ce grand jeu oppose les Russes, les Américains et les Chinois mais implique désormais les Turcs chez qui le nouveau gouvernement Kirghize cherche un appui financier. L’immixtion Turque dans une zone frontalière de la zone Turcophone et indépendantiste Chinoise, le Yogurtistan (pour paraphraser notre sublime MAE) pourrait être un déclencheur de futures tensions régionales avec la Chine.

Je rappelle que le Kirghizstan est un petit pays de un peu plus de 5 millions d’habitants et que 1 habitant sur 3 à moins de 15 ans.La population est composée de 65% de Kirghizes (peuple Turc nomade), mais également d’ouzbèkes (14,5 % de la population), principalement situées dans le sud, de russe (9,0 %, essentiellement dans le nord), mais aussi de petite communautés doungane (1,2 %), ouïghour (1,1 %), tadjike (1,1 %), turque (0,9 %), kazakh (0,7 %), ukrainienne (0,5 %) et coréenne (0,3 %). Il existe également de petites communautés d’origine allemande. Le pays comprend 75 % de sunnites (Islam) et 20 % d’orthodoxes (Chrétiens). 
Comme vous pouvez le constater chers lecteurs, le pays est coupé en 3 : les Russes concentrés au nord, les Kirghizes au centre et les Ouzbeks au sud.
Les Evènements récents ont comme d’habitude été “mal” retranscris par les médias nationaux Français, incapables d’en percevoir les enjeux réels, visiblement le “grand jeu” n’est pas à la portée de la majorité des journalistes issus des écoles de journalisme ou autres instituts de journalisme Français mais on en a l’habitude ..
Israël par exemple a été totalement laissé hors des événements, pourtant le mouvement révolutionnaire semble particulièrement viser la communauté juive locale qui comprend 1.200 personnes et est concentrée à Bichkek mais également près de Och et Djalal Habad, soit dans le fief du président déchu Bakaiev. Les bureaux et locaux des hommes d’affaires juifs ont été visés et détruits (sources).
L’affiche ci dessous pendue sur les grilles de la chambre du gouvernement et traitant le fils du président Maksim Bakaiev de sale juif en l’incitant à quitter le pays, après les affaires de détournement d’argent dont a été accusé le gouvernement. Maksim Bakaiev serait au jour d’aujourd’hui aux états unis (?).
Israël a par ailleurs appelé à d’éventuelles mesures drastiques contre le nouveau gouvernement si celui ci ne prenait pas les mesures adéquates pour lutter contre l’antisémitisme croissant.
Dans l’ordre des populations “visées”, il ressort :
1 – Juifs
2 – Chinois
3 – Américains
4 – Russes (?)
Ci dessous quelques photos prises par un journaliste Russe sur place