La marche des milliers à Moscou (6 mai 2012)

  Hier dimanche 6 mai a eu lieu a Moscou la “marche des millions”, cette grande marche d’opposition qui devait soi disant rassembler l’opposition russe. La marche s’est en fait transformée en une marche des 10.000, qui a dégénéré en début de soirée.

Des incidents ont en effet opposé des jeunes casseurs à la police.  

La presse francophone a commenté ces incidents en accusant le pouvoir russe et sa police.   Pour le nouvel observateur: “Un rassemblement contre le retour au Kremlin de Vladimir Poutine, à la veille de son investiture, a été marqué par des violences dimanche 6 mai à Moscou, la police frappant les manifestants avec des matraques et interpellant nombre d’entre eux, dont des leaders de l’opposition”.   Pour RTBF: “Un rassemblement contre le retour au Kremlin de Vladimir Poutine a été marqué par des violences dimanche à Moscou, la police frappant les manifestants avec des matraques et interpellant nombre d’entre eux, dont des leaders de l’opposition”.  

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Un regard eurasien sur le Moscou du futur

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
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L’exposition du peintre Alexey Guitovt à la Gallerie Triumph  de Moscou aura duré près de 15 jours et elle a attiré de nombreux visiteurs fascinés par son oeuvre. Le sujet de l’exposition était : “55° 45′ 20.83 N – 37° 37′ 03.48 E” ou : “Le Moscou du futur”. Ces coordonnées sont celles du point kilométrique zéro de Moscou. Il se trouve à quelques mètres des portiques qui mènent à la Place Rouge. Une fois arrivé là, vous apercevrez, à moins de 500 mètres, la cathédrale Saint Basile le Bienheureux, l’un des symboles de Moscou.

 

 

L’artiste est né en 1965 à Moscou et a il a étudié à l’école technique d’architecture et de construction de Moscou, département d’aménagement urbain. En 2008 il a reçu le “Prix Kandinsky” dans la catégorie “Projet de l’année”. Ce prix prestigieux, lancé en 2007 a pour but d’aider à la diffusion de l’art contemporain russe. Alexey Guitovt a aussi réalisé de nombreuses expositions en Russie et à l’étranger. Au moment de la présentation de l’exposition, j’ai pu échanger quelques mots avec ce créateur qui s’explique et qui ne fait pas de mystères: Son art futuriste illustre des idées “impériales avant-gardistes” et la vision  d’un “eurasisme de gauche”.

Trois extraits d’une interview qu’il a donnée en 2009 permettent de comprendre pour quoi Alexey Guitovt est contesté dans une partie du monde artistique, en Russie ou ailleurs. A travers son art, il veut faire passer à la fois un rêve pour le  futur, un message politique, son amour pour Moscou, la grande Russie et les grands espaces de la steppe eurasiatique. “Mon but est effectivement d’élaborer ce que j’appelle le grand style eurasien unificateur. J’aspire à parler au nom de tous les peuples de notre pays, y compris des anciennes républiques soviétiques. La Fédération de Russie est aujourd’hui un pays presque mono-ethnique. Les Russes n’ont jamais vécu dans ce type d’état, et cela leur est totalement étranger. D’ailleurs, les statistiques le disent : 82 % des citoyens de l’ancienne Union soviétique sont pour la réunification”.

“Mon style s’appuie sur l’esthétique soviétique, qui elle-même est l’héritière du grand style de l’Empire russe et plus loin encore des merveilles de l’art byzantin. Je m’appuie donc sur des fondements gigantesques. Bien que je fasse appel à la tradition, mon art, face à ce qui se fait dans le domaine aujourd’hui, est paradoxalement à la pointe de l’avant-garde. Ce prix le démontre. Il prouve que je représente mieux que les autres l’état d’esprit de la Russie d’aujourd’hui”.

“Si l’on en juge d’après les scandales qui ont lieu périodiquement dans le monde de l’art, on comprend que la vision du monde triviale et vulgaire véhiculée par l’art contemporain s’oppose radicalement à celle de la majorité du peuple russe. Par ailleurs, mon art fait l’éloge du travail et de l’effort, contrairement à l’art contemporain où règne l’absence de limites et la facilité”.

Alexey Guintovt est bien plus connu en Russie qu’en France, même s’il a déjà exposé à Paris il y a quelques années, notamment à la salle d`expositions la Chapelle Saint-Louis ou encore à la Galerie de la Cité Internationale des Arts, en 1996, 1998 et 2002. En France à cette époque, le public parisien attendait peut être des images de la Russie des années 1990, un pays en plein effondrement, une puissance du nord livrée à des mafias rouges et brunes. Rien de surprenant à ce que l’oeuvre de Guintovt ait été qualifiée à Paris de néo-fasciste, néo-communiste ou encore de fiction eurasiatique par le politiquement correct artistique régnant. Pour autant, là encore, l’auteur ignore le politiquement correct, on sent bien que c’est à prendre ou à laisser, et il défend l’aspect totalitaire de son oeuvre en affirmant que “la démocratie est un mode de gouvernement
totalement étranger à la Russie. Les régimes de type totalitaire correspondent mieux à la nature de notre peuple”.

L’exposition “Le Moscou du futur” a offert un voyage dans ce rêve futuriste qui mêle la culture, la politique et la métaphysique. La ville est représentée comme un gigantesque centre métapolitique survolé par vaisseaux spatiaux en forme d’étoiles rouges, il y a partout d’immenses tours en forme de yourtes mais aussi des aigles et des chameaux, représentants de la grande steppe. Les toiles sont peintes sur des feutres de yourtes, comme pour traduite un attachement aux traditions de la steppe, et le rouge et l’or, couleurs qui symbolisent la puissance de l’empire se retrouvent partout. Ces peintures ne sont qu’une partie de l’oeuvre d’Alexey Guintovt, et la moitié de l’exposition était consacrée à des animations sonorisées de ces visions du “Moscou du futur”. Deux exemples de ces extraordinaires vidéos sont consultables ici et la.

Comme l’auteur l’a expliqué, ce Moscou est une utopie, un appel mais aussi un rêve. Il s’agit pour lui de créer des formes idéales, les formes radieuses du futur. C’est la représentation idéalisée d’un empire eurasiatique de la fin des temps, dont le Kremlin serait le cœur sacré, et qui combinerait les traditions religieuses du monde, l’orthodoxie, l’islam et le Bouddhisme. En écoutant ces explications, en regardant ces images du futur, j’ai pensé à l’œuvre du regretté Jean Parvulesco sur “l’empire eurasiatique de la fin“.

Евразийский взгляд на Москву будущего

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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Выставка художника Алексея Гинтовта в московской галерее «Триумф» продлилась 15 дней и привлекла многочисленных поклонников его творчества. Выставка называлась «55° 45 ’20 0,83 N ― 37 ° 37 ‘03,48 E» или «Москва будущего». Это координаты нулевого километра в центре столицы. Он находится в нескольких метрах от ворот, ведущих на Красную площадь. Оказавшись там, менее чем в 500 метрах от себя вы увидите собор Василия Блаженного, один из символов Москвы. Художник родился в 1965 году в Москве, закончил московский архитектурно-строительный техникум, отделение жилых и общественных сооружений. В 2008 году он получил «Премию Кандинского» в категории «Проект года». Эта престижная награда вручается с 2007 года с целью содействия распространению современного российского искусства. Алексей Гинтовт также участвует в многочисленных выставках в России и за
рубежом. На открытии выставки мне удалось обменяться несколькими словами с этим художником, который не делает никакой тайны: его футуристическое искусство иллюстрирует «имперские авангардистские» идеи и «левый евразийский» взгляд.Три отрывка из интервью, которое он дал в 2009 году, позволят понять, почему Алексей Гинтовт вызывает споры у части художественного мира, в России и в других странах. Через свое искусство он хочет выразить одновременно мечту на будущем, политическое послание, свою любовь к Москве, великой России и огромным пространствам евразийских степей. «Моя цель, действительно, состоит в развитии того, что я называю большим евразийским объединяющим стилем. Я стремлюсь говорить от имени всех народов нашей страны, в том числе бывших советских республик. Российская Федерация в настоящее время является почти моноэтнической страной. Русские никогда не жили в подобном государстве, и это им совершенно непривычно. К тому же, статистические данные говорят, что 82% граждан бывшего Советского Союза за воссоединение».

«Мой стиль основан на советской эстетике, которая в свою очередь является наследницей большого стиля Российской Империи, а также византийского искусства. Я опираюсь на гигантский фундамент. И хотя я обращаюсь к традиции, мое искусство, относительно того, что происходит в этой области сегодня, парадоксальным образом оказалось в авангарде.

Премия это доказывает. Она доказывает, что я лучше других отражаю умонастроение современной России». «Если судить по скандалам, периодически происходящим в мире искусства, понимаешь, что тривиальное и вульгарное мировоззрение современного
искусства радикально противостоит мировоззрению большинства русского народа. Кроме того, мое искусство восхваляет труд и старание, в отличие  от современного искусства, где отсутствуют ограничения и царит поверхностность».

Алексей Гинтовт гораздо более популярен в России, чем во Франции, хотя он уже выставлялся в Париже в выставочном зале Chapelle Saint-Louis и в галерее Cité Internationale des Arts в 1996, 1998 и 2002 годах. Во Франции в т время парижская публика ожидала, вероятно, увидеть образы России 1990-х годов: страна в разрухе, северная держава, отданная красно-коричневой мафии. Ничего удивительного, что в Париже творчество Гинтовта из-за политкорректности, царящей в художественной среде, было названо
неофашистским, неокоммунистическим или же евразийской фантазией. Однако автор не считается с политкорректностью, это можно принимать, или не принимать, но он защищает тоталитарный аспект своего творчества, утверждая, что «демократия ― совершенно чуждая России форма правления. Тоталитарные режимы в большей степени соответствуют характеру нашего народа».

Выставка «Москва будущего» предложила путешествие в эту футуристическую мечту, в которой смешались культура, политика и метафизика. Город представлен в виде гигантского метаполитического центра, над которым пролетают космические корабли в форме красных звезд, повсюду огромные башни в форме юрт, но также орлы и верблюды, представители великой степи. Картины написаны на войлоке, как будто для выражения преданности традициям степи, а красный и золотой цвета, символизирующие могущество империи, повсюду. Эти картины являются лишь частью творчества Алексея Гинтовта, половина выставки была посвящена видео «Москва будущего». С двумя примерами этих удивительных видеороликов можно ознакомиться здесь и здесь.

Как объяснил мне автор, эта Москва ― утопия, вызов, но еще и мечта. Он создает идеал, лучезарные формы будущего. Это идеализированное представление о евразийской империи конца времен, священным сердцем которой может быть Кремль, объединяющей религиозные традиции мира, православие, ислам и буддизм. Слушая эти объяснения, глядя на эти образы
будущего, я вспоминал о книге покойного Жана Парвулеско о «евразийской империи».

 
Перевод : Уголин (Ursa-Tm) Мой Фоторепортаж  здесь

Demogaphie russe, premier trimestre 2012

Les chiffres sont disponibles. Que constate t-on?
 

Le nombre de naissances pour le mois de mars 2012 est un peu inférieur au nombre de naissances pour le mois de mars 2011, 157.323 contre 157.425 l’année dernière mais a comparer avec 161.000 naissances en mars 2010 (?).
Mars 2012 a vu 162.426 décès contre 177.662 en mars 201 soit une baisse de 8,6%.
   

Pour les 3 premiers mois de 2012, il est né 451.657 bébés, contre 423.972 l’année dernière pour la même période, soit une hausse de 6,5%.
Le nombre de décès est lui très fortement en baisse, puisque les trois premiers mois de 2012 ont vu 486.600 décès contre 503.212 pour les 3 premiers mois de 2011 soit une baisse de 3,4%, et ce malgré une mortalité assez élevée en ce début 2012 (traditionnellement de par l’hiver), et un mois de février avec 29 jours.

La baisse de la mortalité concerne :
– Les décès pour des raisons cardio-vasculaires (1 décès sur 2 en Russie) : -9,5%
– Les décès par cancers : -2,4%
– Les décès pour raisons extérieures : – 14,6%
– Les suicides : – 5,2%
 

Pour la première fois depuis 1991 il y a eu moins de 500.000 décès sur les trois premiers mois de l’année. 

La dépopulation pour le 1ier trimestre 2012 est de 35.000 habitants contre 79.200 habitants pour le 1ier trimestre 2011.

Il est plausible désormais que le nombre de naissances frôle cette année les 1,8 millions et que le nombre de décès soit inférieur a 1,9 millions, entrainant probablement une baisse naturelle de population inférieure a 100.000 habitants, sans doute comprise entre 65.000 et 80.000 habitants.
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Ульяновск, а затем?

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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В воскресенье 15 апреля 2012 несколько взрывов сотрясли Кабул. В очередной раз нападения были совершены талибами, это название
используется для определения афганских боевиков в большей или меньшей степени связанных с исламистским движением Аль-Каида. Талибы заявили, что приоритетными целями были штаб-квартира сил НАТО, а также посольства Великобритании и Германии. Затронуто было и российское посольство, по которому были произведены выстрелы из гранатомета. Инцидент произошел в
момент, когда Россия ведет с Атлантическим альянсом переговоры о создании на российской территории перевалочной базы Международных сил содействия безопасности (МССБ).

Прежде всего, Альянс находится в очень нестабильных отношениях с Пакистаном, но также с Узбекистаном, которые отказываются предоставить свою территорию для транспортировки оборудования в Афганистан. Мы помним, что в начале войны в Ираке Турция также показала себя ненадежным союзником НАТО, отказав в последний момент в транзите американских военных транспортных средств через территорию Турции. Эта катастрофическая ситуация привела к тому, что Североатлантический альянс подал заявку на организацию транзитной базы в России, чтобы иметь возможность продолжать снабжение своих войск в Афганистане. Предполагается, что транзитный центр появится в Ульяновске, российском городе, который расположен на Волге, в 893 км к юго-востоку от Москвы. Речь идет о временных складах для хранения, отправки и получения невоенных грузов, которые будут транспортироваться невоенными самолетами для Международных сил содействия безопасности (МССБ) в Афганистане.


Иностранные комментаторы, которые, как правило, готовы осудить предполагаемый антиамериканизм нынешнего российского премьер-министра, например, когда он в своей последней речи перед парламентом назвал Атлантический альянс «пережитком холодной войны», очень скупо комментировали это новое российское разрешение. Однако Россия с 2009 года разрешает транспортировку грузов для МССБ через свою территорию в Афганистан, при условии, что это не будет оружие. Внутри страны новое
разрешение, предоставленное НАТО, вызвала
гневную реакцию коммунистической партии, основной оппозиционной партии России.
Российские коммунисты опасаются, что база будет использоваться для контрабанды наркотиков из Центральной Азии и тайных поставок оружия сепаратистским группам. Символично, если знаешь, что Ульяновск также является родиной Владимира Ленина.


Однако эти опасения коммунистической партии кажутся сегодня малообоснованными. Согласно договору между Россией и НАТО разрешается транспортировка лишь гражданского имущества, все пересылаемое имущество должно быть упаков ано и опечатано. Как с
юмором заметил российский вице-премьер, отвечающий за оборону: «Транспортировка туалетной бумаги для американских солдат через территорию России не является предательством наших национальных интересов». Кроме того, центр будет подчиняться российскому праву и российскому таможенному законодательству, если бы речь шла об американской военной базе, это было не так. Наконец, переговоры ведутся с министерством транспорта (а не с министерством обороны).


Транспортировку будут осуществлять российские авиакомпании, вероятно, компании
«Волга-Днепр» и «Полет», а также российские железные дороги. Можно предположить, что первым следствием размещения этого перевалочного центра станет создание новых рабочих мест, поскольку согласно предварительным оценкам, огромная логистическая реорганизация МССБ в Евразии затронет 72.000 транспортных средств и 125.000 контейнеров. Стоимость доставки контейнеров должна составить от 5.000 до 6.000 долларов, а вывод МССБ, теоретически намеченный на 2014 год, приведет к значительному увеличению количества контейнеров. Именно по
этой причине, несомненно, контракт должен быть подписан только до 2014 года, даты вывода МССБ из Афганистана.


Подобное решение недавно было принято киргизским президентом, который неоднократно заявлял, что после лета 2014 года в аэропорту Манас больше не останется военного контингента Североатлантического Альянса, а только гражданские лица. Страна, тем не менее, выразила готовность продолжить участие в перевозке невоенных грузов в Афганистан и после 2014 года. Согласованные российское и киргизское решения появились в критический момент, когда должна быть продлена аренда русской базы в Канте в Киргизии. Нужно напомнить, что аэропорт Канта также служит базой для ОДКБ, военно-политической организации по
безопасности и сотрудничеству, в которую на сегодняшний день входят Армения, Беларусь, Казахстан, Кыргызстан, Узбекистан, Россия и Таджикистан. Для ОДКБ безопасности этого региона станет ключевым моментом, особенно после ухода Международных сил содействия безопасности из Афганистана. По мнению генерального секретаря ОДКБ Николая Бордюжи: «Намеченный вывод
международных сил не замедлит ухудшить ситуацию. Радикальные и националистические структуры активизируют свою деятельность, направленную на содействие протестным тенденциям и усиление межнациональных и межконфессиональных конфликтов в странах-членах ОДКБ».


Политолог
Андрей Цыганок полагает: «Разрешение американцам использовать Ульяновск позволит России более уверенно обсуждать другие вопросы, например, важнейшую проблему противоракетного щита». Кроме того, «уже 10 лет они (американцы) косвенно защищают Россию от талибов». Можно действительно задаться вопросом, что произойдет, когда Афганистан менее чем через 18
месяцев будет предоставлен сам себе. На какие фронты пойдут сражаться тысячи моджахедов, закаленных десятилетней войной, когда ни одного иностранного солдата больше не будет на афганской земле? В декабре 2011 года члены ОДКБ приняли призванный противодействовать новым угрозам план, который предусматривает создание пояса безопасности вокруг Афганистана. Как метко сформулировал Иннокентий Адясов: «Было бы абсурдно по-прежнему воспринимать НАТО через призму советской идеологии. Но было бы наивно представлять Альянс безобидным клубом, который исполняет исключительно мирные функции. Очевидно, что
сотрудничество между Россией и НАТО возможно лишь постольку, поскольку это не противоречит национальным интересам России, в том числе интересам России на постсоветском пространстве».


Даже если Россия захочет временно поддержать американское присутствие в Афганистане, эта страна, тем не менее, не больше, чем элемент большой игры, которая разворачивается в Евразии, игры, включающей в себя и другие важнейшие элементы, среди которых Иран и противоракетный щит.
 
Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

Oulianovsk, et ensuite ?

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
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Dimanche 15 avril 2012 plusieurs attentats ont secoué Kaboul. Les
attaques ont été perpétrées une fois de plus par les Talibans, cette
appellation contrôlée utilisée pour définir les combattants Afghans plus
ou moins liés à la nébuleuse Islamiste d’Al-Qaïda. Les Talibans ont
affirmé que le quartier général des forces de l’OTAN de même que les
ambassades de Grande-Bretagne et d’Allemagne étaient des cibles
prioritaires. La Russie a également été concernée puisque l’ambassade
russe a été visée par des tirs de grenades. Cet incident survient alors
que la Russie est en discussion avancée avec l’Alliance atlantique pour
autoriser la création d’une base logistique de l’ISAF sur le territoire
russe.


Tout d’abord l’Alliance atlantique se trouve dans une relation très instable avec le Pakistan,
mais aussi avec l’Ouzbékistan, qui refusent sur leurs territoires le
transfert de matériel vers l’Afghanistan. On se souvient que la Turquie
lors du début de la guerre en Irak, s’était également révélée être un
allié peu fiable pour l’OTAN, en refusant au dernier moment le passage
de véhicules de l’armée américaine sur le territoire turc. Cette
situation catastrophique fait que l’Alliance atlantique a déposé une
demande pour disposer d’une base de transit en Russie afin de pouvoir
continuer à assurer le ravitaillement de ses troupes en Afghanistan. Le
centre de transit serait localisé à
Oulianovsk, une ville russe située sur la Volga, à 893 km au sud-est de
Moscou. Il s’agirait de dépôts provisoires pour le stockage
l’expédition et la réception de frets non militaires transportés par des
avions civils, pour le compte de la Force internationale d’assistance
et de sécurité (ISAF) en Afghanistan.

Les commentateurs
étrangers qui sont en général prompts à dénoncer l’américanophobie
supposée du premier ministre russe actuel, par exemple lorsque comme
dans son dernier discours devant l’assemblée il a qualifié l’Alliance
atlantique de “vestige de la guerre froide”, n’ont que peu analysé ou
commenté cette nouvelle autorisation russe alors que pourtant la Russie
permet depuis 2009 le transport à travers son territoire de fret destiné
à l’ISAF d’Afghanistan, à condition que ce ne soit pas des armes. Sur
le plan intérieur, cette nouvelle facilité accordée à l’OTAN a provoqué
une réaction de colère du
principal parti d’opposition russe, le parti communiste. Les
communistes russes  craignent en effet que cette base ne serve de plaque
tournante au trafic de drogue en provenance d’Asie centrale et présente
également un danger de livraison clandestine d’armes à des groupes
séparatistes. Tout un symbole, sachant qu’Oulianovsk est également le
lieu de naissance de Vladimir Lénine.

Pourtant ces craintes de
conspirations soulevées par le parti communiste ne semblent que peu
fondées à ce jour. Le contrat  entre la Russie et l’OTAN n’autorise que
le transport de matériel civil, et tout matériel devra être acheminé
fermé et sous scellés. Сomme l’a rappelé avec beaucoup d’humour le
vice ministre russe en charge de la défense: “Le fait que le papier
toilette des soldats américains transite par la Russie ne constitue par
une trahison de nos intérêts nationaux”. De plus, le centre sera soumis à
la loi russe et à la législation douanière russe, alors que s’il
s’agissait d’une base militaire américaine, cela ne serait pas le cas.
Enfin, les négociations sont menées avec le ministère des transports (et
non avec le ministère de la défense).

Les transports seront effectués par des compagnies aériennes russes, probablement les compagnies Волга-Днепр и Полет mais aussi par les chemins de fer russes.
On peut imaginer que la première conséquence de l’installation de ce
centre logistique sera donc la création de nombreux emplois puisque
selon des estimations basses, cette immense réorganisation logistique de
l’ISAF en Eurasie concernera 72.000 véhicules et 125.000 containers. Le
prix de transport d’un container devrait être de 5 à 6.000 dollars et
lors du retrait de l’ISAF théoriquement prévu pour 2014, la quantité de
containers devrait très fortement augmenter. C’est pour cette raison
sans doute que le contrat ne devrait être signé que jusqu’en 2014, date à
laquelle le retrait de l’ISAF d’Afghanistan devrait être effectif.

Une
décision similaire vient également d’être prise par le président
Kirghize qui a indiqué à maintes reprises qu’après l’été 2014, il ne devrait plus
y avoir de contingent militaire de l’Alliance atlantique à l’aéroport
de Manas, mais uniquement des civils. Le pays s’est en revanche dit prêt
à continuer à participer à l’expédition de fret civil
en Afghanistan après 2014. Ces deux décisions coordonnées russes et
kirghize arrivent à un moment crucial, au moment ou le bail de la base
russe de Kant au Kyrgyzstan  devrait être prolongé. Il faut rappeler
que l’aéroport de Kant fait aussi office de base pour l’OSTC, une
organisation de sécurité et de coopération à vocation politico-militaire
qui regroupe à ce jour l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le
Kirghizstan, l’Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan. Pour l’OSTC,
la sécurité de cette région va devenir un point essentiel, surtout
après le départ de l’ISAF d’Afghanistan. Pour le secrétaire national de
l’OSTC Nikolaï Bordiouja: “Le retrait envisagé de la Force
internationale d’assistance à la sécurité ne tardera pas à aggraver la
situation. Les structures radicales et nationalistes intensifieront
leurs activités visant à encourager les tendances contestataires et à
accentuer les contradictions inter ethniques et inter confessionnelles
dans les pays membres de l’OTSC”.

Pour l’analyste Andrei Tsiganok:
“Laisser les américains utiliser Oulianovsk devrait permettre à la
Russie de discuter plus fermement sur d’autres sujets, comme le point
essentiel du bouclier anti-missiles”. En outre “cela fait 10 ans qu’ils
(les américains) protègent indirectement la Russie des Talibans”. On
peut en effet se poser la question de savoir ce qui se passera lorsque
l’Afghanistan dans moins de 18 mois sera livré à lui-même. Sur quels
fronts iront combattre les milliers de Moudjahidines aguerris par 10 ans
d’affrontements, lorsque plus un soldat étranger ne sera présent sur le
sol Afghan? En décembre 2011, les membres de l’OTSC ont adopté un plan
d’action appelé à contrer les menaces nouvelles, en prévoyant la
création de ceintures de sécurité autour de l’Afghanistan. Comme l’a
parfaitement résumé Innokenti Adiassov:
“Il serait absurde de continuer à voir  l’Otan à travers le prisme
idéologique soviétique. Mais il serait naïf de s’imaginer l’Alliance
comme un club inoffensif qui remplit des fonctions exclusivement
pacifiques. Il est évident que la coopération entre la Russie et l’Otan
n’est possible que dans la mesure où elle ne contredit pas les intérêts
nationaux russes, y compris les intérêts de la Russie dans l’espace
postsoviétique”.

Si la Russie peut donc finalement en arriver à
souhaiter provisoirement le maintien de la présence américaine en
Afghanistan, ce pays n’est pour autant qu’une pièce du grand jeu qui se
déroule en Eurasie, un grand jeu qui inclut d’autres pièces essentielles
parmi lesquelles: l’Iran ou encore le bouclier anti-missiles.

Système antimissile : une polémique à l’origine d’un nouvel axe politique?

Je me permets de reproduire la très fine analyse d’Emmanuel Archer concernant le systeme antimissile, parue sur realpolitik.tv
Du
discours de Munich en 2007 à l’article pour le Moskovskie Novosti en 2012: Un
retour à la case départ !
L’idée de coopération entre la Russie et l’Otan sur la création
du bouclier antimissile en Europe a été posée sur la table des négociations de
Lisbonne, lors du sommet Russie-Otan en novembre 2010. Lors de ce sommet,
auquel participait le président russe Dimitri Medvedev, Moscou avait accepté de
collaborer au projet avec l’Alliance Atlantique. De nombreux observateurs
avaient parlé du résultat positif de la rencontre. Les relations entre Medvedev
et Obama avaient alors été qualifiées de « cordiales » par le président russe,
et le premier ministre italien Berlusconi s’était même risqué à jouer la carte
de l’optimisme, en annonçant « un grand pas en avant mettant définitivement un
terme à la guerre froide ». Les craintes dénoncées lors de la conférence sur la
sécurité à Munich en 2007, par le président Poutine semblaient n’être qu’un
mauvais souvenir. Et les signes encourageants d’un nouveau départ entre Moscou
et les États-Unis, envoyés lors de la signature du traité sur les armes
stratégiques (START-3) quelques mois auparavant, semblaient se confirmer.
L’heure était à la détente et au réchauffement diplomatique.
Et pourtant, en février 2012, dans son article pour le quotidien
Moskovskie Novosti consacré à sa politique étrangère, le candidat Poutine
réitère les critiques de 2007. Il y dénonce à nouveau l’attitude de l’Otan, des
États-Unis ainsi que l’architecture du bouclier antimissile en Europe. Ces propos qui rappellent étrangement ceux tenus quelques années
auparavant lors de son discours musclé de Munich, marquent l’échec des
négociations entre la Russie et le Bloc Américaniste Occidentaliste (BAO) sur
les principaux points de sécurité internationale.

Les
raisons d’un échec
Rappelons d’abord que quelques mois après les attentats du 11 septembre
2001, le président Bush s’était retiré de façon unilatérale du traité ABM de
1972 ; traité qui interdisait dans ses statuts aussi bien le déploiement du
système global anti-missile, que le déploiement des systèmes ABM en dehors des
frontières du pays signataire.

Libérée des
différentes contraintes juridiques, l’administration américaine s’est alors
employée à développer des partenariats stratégiques avec un certain nombre de
pays européens, de façon à obtenir des accords visant à implanter des systèmes
ABM sur leurs sols. Des discussions sous forme de négociations sont toujours en
cours avec la Bulgarie, la République Tchèque, la Lituanie et même la Géorgie.
Des accords ont en revanche déjà été trouvés en 2011 avec la Turquie – qui
possède un radar couvrant une partie de l’espace russe – la Pologne (2008), et
la Roumanie (2011)- qui devrait accueillir un radar couvrant le territoire
russe jusqu’en Oural.
Pourtant, dès le début des négociations, la Russie avait été
très claire. La coopération sera pleine et entière ou elle ne sera pas.


Aussi le Kremlin avait-il milité pour l’installation d’un seul
système, intégrant les dispositifs des deux parties, Russie et Otan. Cette
proposition avait l’avantage, malgré le désengagement des États-Unis sur le traité
ABM de 1972, de conserver un statu quo et ainsi garantir un bon équilibre
stratégique et géopolitique entre les puissances.

L’Otan,
seule force décisionnelle en la matière n’ayant alors pas jugé bon de prendre
en considération les demandes répétées du Kremlin, l’ex-président Dimitri
Medvedev mit en garde les États-Unis et l’Alliance Atlantique, sur les mesures
de rétorsion qu’il pourrait mettre en œuvre si de tels agissements persistaient
: déploiement de missiles de type Iskander dans la région de Kaliningrad qui,
rappelons le, vient de mettre en service un radar capable de contrôler jusqu’à
500 cibles dans un rayon de 6000 km (soit l’ensemble de l’Europe et de
l’Atlantique) ; mise en place dans le sud et l’ouest du pays, de systèmes
offensifs modernes capables de détruire les installations du bouclier antimissile ; abandon, si nécessaire, du traité russo-américain de désarmement
nucléaire, START, entré en vigueur en février 2011 et considéré comme le
symbole du réchauffement des relations entre les deux pays.
Si un tel scénario devait se produire, nous assisterions alors à
une rupture de l’équilibre fragile des forces dans le domaine nucléaire : la
parité stratégique en serait modifiée et l’équilibre militaire et politique
s’en trouverait ébranlé.
Pourquoi
l’actuel développement du système ABM ne sera jamais accepté par la Russie ?
L’argument majeur avancé par les États-Unis pour justifier
l’implantation du bouclier antimissile en Europe, consiste à répéter que cette
installation est nécessaire pour assurer la protection des populations contre
les menaces balistiques des pays qualifiés selon leurs critères de « voyous »,
notamment l’Iran. Vis à vis de la Russie, le caractère uniquement défensif du
bouclier revient comme un leitmotiv pour apaiser Moscou, qui selon l’Otan n’a
rien à craindre d’un « ennemi imaginaire ».
Malgré cela, en février 2012, Poutine alors encore premier
ministre déclarait « le bouclier antimissile américain qui est en train d’être
déployé en Europe, vise la Russie ». Le maintien de la position russe sur le
dossier s’explique pour les raisons suivantes :
       
– Un bouclier antimissile même défensif, procure, comme tout
bouclier un avantage certain sur l’adversaire qui en serait dépourvu.
Lapalissade ? peut-être. Mais il est utile de rappeler que celui qui a l’arme
et le bouclier est maître d’un jeu dont il peut déclencher le signal à sa
convenance, face à celui qui n’a que l’arme. Le système offensif/défensif
contre le système défensif seul, entraîne un déséquilibre évident dans le rapport
des forces.
       
 
       
– La grille de lecture des États-Unis en ce qui concerne le
ciblage des menaces potentielles ne saurait être un argument recevable pour les
Russes qui ne prennent au sérieux ni la raison invoquée, ni la menace
balistique iranienne. Tout d’abord parce que la Russie a proposé à plusieurs
reprises une alternative plus efficace consistant au déploiement de missiles
intercepteurs à proximité immédiate des frontières de l’Iran, en Turquie, au
Koweït, ou même encore en Irak. Propositions restées lettres mortes. Ensuite
parce que la Russie ne partage pas les craintes des États-Unis concernant la
politique extérieure iranienne. Enfin, parce que nombre de spécialistes
s’accordent à dire que l’Iran ne possède ni la technologie ni le potentiel
industriel permettant de concevoir et de fabriquer des missiles
intercontinentaux capables de parcourir les quelques 10000 Km qui les séparent
des États-Unis.
       
– La confiance que la Russie accorde aux États-Unis et à l’Otan
est aujourd’hui sapée par de lourds antécédents. La Russie n’a toujours pas
oublié que, contrairement aux promesses faites en 1989 à Gorbatchev, l’Otan a
continué de s’étendre vers l’Europe de l’est et notamment vers les pays du
Pacte de Varsovie. Elle n’a pas apprécié non plus le retrait unilatéral du
traité ABM par les États-Unis en 2002. Plus récemment, elle n’a pas digéré les
libertés que l’Otan a pu prendre en Libye pour renverser le gouvernement en
place. Enfin, la Russie reste méfiante sur la politique étrangère du BAO, à qui
elle reproche une attitude générale belliciste et d’ingérence.
       
– Les nombreuses tergiversations et revirements concernant les
négociations avec les pays comme la Pologne ou la République tchèque sur
l’adoption du bouclier antimissile ne sont pas de nature à rassurer la Russie.
De même que le refus de l’administration américaine de fournir des garanties
juridiques attestant que le système déployé ne sera pas dirigé contre les
forces de dissuasions russes, inquiète le Kremlin.
Pour toutes ces raisons, la Russie considère que l’implantation
du bouclier antimissile en Europe est une tentative de prendre un avantage
stratégique structurel décisif sur la Russie au profit de la puissance
américaine.
Vers
un nouvel axe politique : sino-russo-iranien
Les relations entre la Russie, la Chine et l’Iran ne datent pas
d’hier. En revanche les récents rapprochements entre la Russie et les deux
pays, Chine et Iran, sont liés aux rapports de force qui ont animé les
relations entre le Kremlin et la Maison Blanche au moment de la chute de
l’URSS.
Relations
Russo-Chinoises
A la chute du mur de Berlin, avec l’expansion de l’Otan vers
l’est, la Russie a vu sa zone d’influence géopolitique diminuer d‘autant. Afin
de contrer cet encerclement stratégique, la Russie finit par se tourner vers la
Chine, inquiète elle aussi de son isolement croissant sur la scène
internationale. En 2001, les deux pays mettent en place l’Organisation de
coopération de Shanghai. La même année, la Russie et la Chine signent le traité
de bon voisinage, d’amitié et de coopération, dont l’article 12 stipule que la
Chine et la Russie respecteront « les accords fondamentaux relatifs à la
sauvegarde et au maintien de la stabilité stratégique ». Cet article est
symboliquement important. Il est à la fois un signe fort envoyé aux États-Unis
et à l’Otan, et un marqueur de séparation entre deux blocs.
Relations
Russo-Iraniennes
Au moment de l’implosion de l’URSS en 1991, la Russie se
retrouve dans une situation de fragilité économique importante. La survie de
celle-ci dépend en partie de la santé de son complexe militaro-industriel qui
tient traditionnellement une place économiquement importante aussi bien dans
l’ex-URSS que dans la Russie d’aujourd’hui. C’est ainsi que la Russie va se
tourner vers l’Iran, qui deviendra l’un de ses trois plus grands marchés
extérieurs avec l’Inde et la Chine. Les relations bilatérales vont se renforcer
petit à petit avec la mise en place, en 1995, d’une coopération nucléaire et la
signature d’un partenariat pour la construction de la centrale nucléaire de
Bouchehr. En 2001, Poutine signe également avec son homologue iranien un «
pacte de coopération civile et militaire». Au-delà de ces relations économiques
et énergétiques, l’Iran est aussi l’un des membres observateurs de l’OSC, lui
conférant de facto une position au moins diplomatique dans cette organisation.
D’une relation
trilatérale conjoncturelle à la création d’un axe structurel
Les relations trilatérales entre la Russie, la Chine et l’Iran
étaient surtout d’ordre diplomatique, économique, énergétique et elles étaient
motivées, au moins dans leur démarrage, par des causes circonstancielles. Mais
en réaction au durcissement de la stratégie européenne et eurasiatique des
États-Unis et de l’Otan, les relations trilatérales de ces trois pays sont en
passe de rentrer dans une phase d’alliance objective.
Tout d’abord parce que la Chine, la Russie et l’Iran ont
aujourd’hui bien conscience de la volonté du bloc BAO d’instaurer un nouvel
ordre mondial (ou monde unipolaire), en totale opposition avec leurs intérêts
propres et leur conception multipolaire du monde. Cette conscience maintes fois
exprimée aux travers des discours de Vladimir Poutine peut se résumer dans
cette phrase tenue devant les étudiants de l’université polytechnique de Tomsk lors
de sa campagne présidentielle « ils (ndlr : les Américains) veulent tout
contrôler (…). J’ai parfois l’impression que les États-Unis n’ont pas besoin
d’alliés mais de vassaux, et qu’ils préfèrent la domination à un partenariat
d’égal à égal ».

 Ensuite parce que le double veto sino-russe dans le dossier
syrien a rapproché les deux pays non seulement pour des raisons intrinsèques
(accord sur la stratégie à suivre et succès diplomatique commun) mais aussi
pour des raisons extrinsèques (schéma particulier du « Seuls contre tous »).
Les succès dans ce dossier renforcent évidemment la position de l’Iran qui n’a
jamais caché son soutien au gouvernement syrien en place.
L’implantation du bouclier antimissile en Europe est perçue par
ces trois pays comme un danger mortel : l’Iran, parce qu’il craint que ce
bouclier défensif ne puisse se transformer en un bouclier offensif pour une
future attaque contre son territoire. La Russie par sa crainte de voir son
potentiel stratégique neutralisé et donc son influence sur la scène
internationale diminuer. Et enfin la Chine, qui craint avec l’affaiblissement
de ses principaux alliés, de se retrouver dans une situation d’isolement à la
fois économique et stratégique.
Ainsi, l’implantation du système ABM, pourrait
devenir, au-delà du rapport de force militaire et stratégique entre nations, le
symbole d’une ligne de démarcation, voire même de fracture entre deux
conceptions du monde qui s’affrontent aujourd’hui sur la scène internationale.
D’un côté celle des américains soutenue par l’Alliance Atlantique, perçue par
de plus en plus de pays, comme interventionniste et unipolaire. Et d’un autre
côté, celle des pays comme la Russie, la Chine ou encore l’Iran, favorable à un
monde multipolaire et à un équilibre des forces.
Emmanuel
Archer