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Malgré les sanctions occidentales mises en place depuis près d’un an, l’économie russe ne s’est pas effondrée.
Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié le 31 janvier, la Russie est certes tombée en récession l’an dernier mais la baisse de PIB est relativement modeste (-2,2%), loin des prévisions du FMI réalisées au printemps 2022 qui anticipaient une chute de 8,5 % du PIB russe en 2022.
Surtout, l’économie russe ne devrait pas tomber plus bas et repartir à la hausse avec une petite progression de 0,3% en 2023 (soit légèrement en-dessous des perspectives de croissance pour la zone euro établies à +0,7% en 2023) puis d’une hausse de 2,3% en 2024. Une croissance qui serait alors meilleure que celle de la zone euro qui remontera seulement de 1,6% d’après le FMI.
Le président russe Vladimir Poutine a chargé qu’au 1er septembre 2023 soient réalisés tous les ajustements nécessaires au sein des projets nationaux et des programmes gouvernementaux pour permettre l’introduction de technologies d’intelligence artificielle (IA) dans tous les secteurs de l’économie et de la sphère sociale.
Les instructions du chef de l’Etat sont données à l’issue de la conférence «Voyage dans le monde de l’intelligence artificielle».
En outre, des modifications aux programmes d’enseignement supérieur et aux programmes de perfectionnement vont voire le jour afin d’améliorer le niveau de compétence dans le domaine de l’IA des spécialistes des secteurs clés de l’économie et de la sphère sociale, ainsi que des spécialistes de l’administration publique et municipale.
Le 24 novembre 2022, lors de la conférence «Journey to The World of Artificial intelligence», Vladimir Poutine a souligné que les technologies de l’intelligence artificielle devraient être massivement introduites dans toutes les industries de Russie au cours de la décennie en cours. Selon lui, l’introduction massive de l’IA devrait recouvrir tous les secteurs de l’économie et de la sphère sociale, ainsi que le système de l’administration publique.
Poids moyen des nouveau-nés dans les régions de Russie en 202 : comme on peut le voir les nouveau-nés les plus lourds sont dans le Caucase, notamment en Tchétchénie, en Iamalie et Sakha, et les nouveau-nés les plus légers en Transbaïkalie, Bouriatie, Krasnoiarsk, Irkoutsk et dans l’Amour.
Carte des sujets de la fédération de Russie ci-dessous.

Le plus grand producteur de porc de Russie, l’exploitation agricole Miratorg, annonce avoir entièrement localisé EN Russie la sélection et l’élevage des porcs dans le pays.
“Nous avons localisé toute la chaîne, des noyaux et des stations d’insémination artificielle à l’évaluation des animaux reproducteurs”, a déclaré Miratorg, ajoutant que cette décision est nécessaire pour sécuriser le programme d’expansion des capacités lancé par l’entreprise en 2017.
Miratorg a mis en œuvre un projet dans les régions de Bryansk, Koursk et Oryol (les 3 régions frontaliéres de l’Ukraine) visant à court terme à doubler la capacité de production de sa division porcine pour répondre à la demande intérieure en forte croissance mais aussi et le potentiel d’exportation.
Dans ces 3 régions, outre la construction d’installations de reproduction, d’élevage et d’engraissement de porcs commercialisables, de nouveaux noyaux et verrats sont nécessaires pour obtenir du matériel génétique de haute qualité et des porcs de race pure qui présentent de nombreux avantages.
Miratorg avait précédemment annoncé son intention d’augmenter la production de porc à 1 million de tonnes d’ici 2024 soit deux fois plus qu’en 2020.
Les meilleurs porcs sont sélectionnés pour la reproduction et la mise en place de cette chaîne de sélection a minimisé la dépendance à l’égard de l’approvisionnement en matériel génétique importé.
À ce jour, Miratorg n’achète plus aux éleveurs étrangers que de tous petits lots de jeunes animaux d’élite”.
Les plans de Miratorg visent l’indépendance à 100% vis-à-vis des importations dans le domaine de la génétique porcine.
Miratorg a également ajouté que la stratégie visant à abandonner la dépendance à l’importation améliore l’efficacité des entreprises.
La génétique reste “problématique” pour les russes et selon le directeur de l’Institut panrusse de Recherche en Génétique et en Élevage d’animaux de ferme, en mars 2022 près de 80% du matériel de sélection de l’industrie porcine russe restait dépendant de sociétés étrangères telles que Dan AvI (Danemark), Genesus (Canada), PIC (Royaume-Uni), Hypor (Hollande) ou Nucleus (France).
En raison de la situation en Ukraine plusieurs éleveurs de porcs européens ont quitté le pays mais la plupart des entreprises de génétique continuent d’opérer en Russie.
Les autorités tchétchènes prévoient en 2023 de créer le premier cluster automobile dans le Sud de la Russie sur la base de l’usine “Tchétchénavto”.
Le cluster verra l’assemblage de voitures Lada Granta, puis l’assemblage d’un nouveau modèle “gazelle Next” en collaboration avec le “groupe GAZ”.
Le lancement de la chaîne de montage permettra de créer jusqu’à 100 nouveaux emplois et permettra l’assemblage de 16.000 véhicules.
Le Caucase du Nord ne comprend que 4% des sites industriels actifs de Russie et en plus de ce projet, il semblerait que les autorités tchétchènes envisagent aussi d’ouvrir une zone économique spéciale de type industriel et industriel “Grozny” comprenant une usine de production de matériel d’aérodrome en collaboration avec “BelAZ” (usine automobile Biélorusse).
Mercredi 25 janvier, Vladimir Poutine visitait le cluster Lomonosov qui est le fleuron du centre scientifique et technique Innovant de l’Université d’état de Moscou “Vorobyovy Gory” (INTC ou ИНТЦ en russe).
C’est un projet ambitieux et cool à la jonction de la science et de la technologie ; le nouveau cluster abritera notamment des entreprises effectuant des activités scientifiques, technologiques et leur réalisation.
Mais aussi des espaces de Coworking pour les étudiants, les diplômés et les jeunes scientifiques, avec la possibilité de participer à des programmes d’accélération pour développer des projets innovants.




Je vous incite à lire cet article juste incroyable d’Emmanuel Todd et la conférence ci-dessous sur le même sujet.
GRAND ENTRETIEN – Au-delà de l’affrontement militaire entre la Russie et l’Ukraine, l’anthropologue insiste sur la dimension idéologique et culturelle de cette guerre et sur l’opposition entre l’Occident libéral et le reste du monde acquis à une vision conservatrice et autoritaire. Les plus isolés ne sont pas, selon lui, ceux qu’on croit.
LE FIGARO. – Pourquoi publier un livre sur la guerre en Ukraine au Japon et pas en France?
Emmanuel TODD. – Les Japonais sont tout aussi antirusses que les Européens. Mais ils sont géographiquement éloignés du conflit, il n’y a donc pas un véritable sentiment d’urgence, ils n’ont pas notre rapport émotionnel à l’Ukraine. Et là-bas, je n’ai pas du tout le même statut. Ici, j’ai la réputation absurde d’être un «rebelle destroy», alors qu’au Japon je suis un anthropologue, un historien et un géopoliticien respecté, qui s’exprime dans tous les grands journaux et revues, et dont tous les livres sont publiés. Je peux m’exprimer là-bas dans une ambiance sereine, ce que j’ai d’abord fait dans des revues, puis en publiant ce livre, qui est un recueil d’entretiens. Cet ouvrage s’appelle La Troisième Guerre mondiale a déjà commencé, avec 100.000 exemplaires vendus aujourd’hui.
Il est évident que le conflit, en passant d’une guerre territoriale limitée à un affrontement économique global, entre l’ensemble de l’Occident d’une part et la Russie adossée à la Chine d’autre part, est devenu une guerre mondiale
LE FIGARO. – Pourquoi ce titre?
Parce que c’est la réalité, la Troisième Guerre mondiale a commencé. Il est vrai qu’elle a commencé «petitement» et avec deux surprises. On est parti dans cette guerre avec l’idée que l’armée de la Russie était très puissante et que son économie était très faible. On pensait que l’Ukraine allait se faire écraser militairement et que la Russie se ferait écraser économiquement par l’Occident. Or il s’est passé l’inverse. L’Ukraine n’a pas été écrasée militairement même si elle a perdu à cette date 16% de son territoire ; la Russie n’a pas été écrasée économiquement. Au moment où je vous parle, le rouble a pris 8% par rapport au dollar et 18% par rapport à l’euro depuis la veille de l’entrée en guerre.
Il y a donc eu une sorte de quiproquo. Mais il est évident que le conflit, en passant d’une guerre territoriale limitée à un affrontement économique global, entre l’ensemble de l’Occident d’une part et la Russie adossée à la Chine d’autre part, est devenu une guerre mondiale. Même si les violences militaires sont faibles par rapport à celles des guerres mondiales précédentes.
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