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La Russie, au coeur des BRIC et de l’Eurasie

La Russie, 8ème économie du monde a été inclue dans un nouvel ensemble économique créé en 2003 par Goldman Sachs et appelé BRIC . Qu’est ce que les BRIC ?

 

L’ensemble hétéroclite Brésil-Russie-Inde-Chine, ensemble qui représente 40% de la population du monde, 15% du  produit intérieur brut mondial, 1/4 de la surface de la planète, 1/3 des terres agricoles et 40% des réserves de devises. Mais les BRIC cumulent surtout 50% de la croissance économique.  Un ensemble dont l’économie s’est rapidement développé et dont le PIB confondu devrait égaler en 2040 celui du G6 (les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie). 
Chacun des BRIC se situerait en 2050 au même niveau que les principales puissances économiques actuelles : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, etc. Dans un rapport récent il est estimé que le poids des BRIC dans la croissance mondiale passera de 20% en 2003 à 40 % en 2025.  Par ailleurs, leur poids total dans l’économie passera de 10 % en 2004 à plus de 20 % en 2025. récemment, d’autres acronymes ont été créés, préfigurant bien la très grande multipolarisation de l’économie mondiale :
 

 

A titre d’exemple, pour cette année 2010, la Chine devrait connaître une croissance de 10%, l’Inde de 7,7%, le brésil et la Russie de près de 5%. En ce qui concerne l’Europe, lire cette analyse qui définit la Russie d’après crise comme l’éclair de croissance de l’Europe ! En 2030, la Russie devrait être la première puissance économique Européenne, devant l’Allemagne.
Pourtant la Russie n’a pas été épargné par les 18 derniers mois de crise financière mondiale. La production industrielle y a baissé de 10,8% sur l’ensemble de 2009 et le PNB dans son ensemble de 7,9 %. Une chute du PIB liée et corollaire à la chute du prix du pétrole.

 

Cela alors que l’économie Russe a depuis 10 ans connu une croissance formidable :
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
10,0 5,1 4,7 7,3 7,2 6,4 6,7 8,1 5,6 – 7,9
La chute des matières premières est une des équations majeures dans ce ralentissement économique, le cours du baril a chuté de 147 dollars en juillet 2008 à 35 dollars fin décembre 2009. Le cours de l’aluminium se situait à 3370 dollars la tonne le 10 juillet.Il s’est effondré aux environs de 1600 dollars en décembre. La tonne de cuivre était cotée le 4 décembre à 3 422 dollars, alors qu’elle dépassait les 8000 entre mars et juillet 2008. Le cours du Nickel a également subi une chute spectaculaire.
Voir ici l’évolution des indices de prix du laiton / aluminium / cuivre.
Des la moitié de l’année 2009, dans un contexte international hautement bouleversé, et alors que l’on nous assurait qu’une terrible seconde vague économique était inévitable pour l’automne, de nombreuses voix se sont fait entendre pour proposer d’évincer la Russie des BRIC (devenant des BIC). Ces fantasmes émanaient le plus souvent de médias,  think-tank ou d’intellectuels Atlantistes et anglo-saxons, terrorisés par cette perte d’influence de l’Amérique et du monde anglo-saxon dans les “affaires de la planète”. 
Néanmoins dès la fin 2009, un fort vent de reprise se faisait sentir en Russie et le figaro nous donnait les prévisions suivantes :

En avril 2010, mieux, Reuters donnait cette synthèse fort intéressante de l’économie des BRIC montrant que sur la période de  1999 à 2008, le taux de croissance réel de la Russie a été égal à celui de l’Inde, supérieur à celui du Brésil et juste inférieur à la Chine. En outre, la Russie à la baisse du taux de pauvreté de loin la plus réussie, la plus forte, puisque ce taux a été divisé par deux en Russie, pensant qu’il stagnait en Inde et ne baissait que de 25% au Brésil.

 

 

Mieux, Goldman Sachs affirmait dès le début de l’année 2010 que : “Au sein du groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Brésil) la Russie constituera dans un avenir proche le pays le plus attrayant sur le plan des investissements … Si d’aucuns appellent à exclure en général la Russie du BRIC, nous jugeons que son marché est le plus attrayant pour le capital social. Nous le recommandons pour les investissements, celui-ci affichant les meilleurs résultats .. Nonobstant toutes les difficultés économiques de cette dernière décennie, la Russie a réussi à accroître son PIB libellé en dollars plus que le Brésil et l’Inde.”

 

Selon les estimations de Goldman Sachs, la croissance s’élèvera en 2010 à 5,8% au Brésil, à 4,5% en Russie, à 8,2% en Inde et à 11,4% en Chine, soit 9,2% pour l’ensemble du BRIC contre 4,4% pour le reste du monde. 
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Toujours au début de cette année, Bloomberg affirmait que en 2030 le G7 serait éclipsé par le E7 (emerging 7) soit les 7 puissances émergentes les plus significatives. Toujours en 2030 donc (alors que la Russie devrait être la principale puissance économique Européenne) le PIB combiné des BRIC + l’Indonésie, la Turquie et le Mexique devrait être 30% supérieur à celui de l’ensemble Amérique-Japon-Allemagne-France-Angleterre-Italie-Canada. Toujours selon le rapport, la Chine devrait devenir la première puissance économique mondiale en 2020.
Je m’arrête sur la Turquie car les échanges entre la Turquie et la Russie  sont croissants : “Le chiffre d’affaires des échanges commerciaux entre les deux pays ne s’est pas seulement accru d’environ 8 fois depuis 2000, mais en 2008, l’année d’avant la crise, la Russie est devenue le premier partenaire commercial de la Turquie et les exportations de la Russie vers ce pays se sont chiffrées à 27,1 milliards de dollars (+ 47,5%) avec des importations en provenance de Turquie pour un montant de 6,1 milliards de dollars (+45,2%).(..) En outre le consortium russe Gazprom livre à la Turquie 63% de ses besoins en gaz (la troisième place après l’Allemagne et l’Italie). En 2008, les livraisons de gaz russe ont dépassé 24,5 milliards de m3 (contre 23,5 milliards de m3 en 2007), y compris 10,5 milliards de m3 acheminés par le gazoduc Blue Stream (qui fonctionne depuis novembre 2005).” Une Turquie qui en ce début 2010 témoigne d’un comportement qui laisse penser que le pays souhaite affirmer son statut de puissance régionale indépendante d’envergure, pont entre l’Orient et l’Europe, comme la Russie l’est au coeur de l’Eurasie entre les mondes asiatiques, européens et musulmans.  Symbole de cette alliance des civilisations, la place de la Russie qui participe à diverses institutions et forums reliant l’Asie à l’Europe, on peut citer l’OSCE, la CEI, la CEE, l’OTSC, l’OCS, ou encore l’ASEM et le BRIC, ou encore l’OCI. Ces organisations pourraient préfigurer la création à court ou moyen terme d’une “Union Eurasiatique”, telle que l’a souhaité avec clairvoyance et lucidité le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev et en ce sens, l’union douanière commune créée par la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan en est le premier pas (source).


Cette situation a été confirmé lors du sommet Eurasiatique de Iekaterinbourg, des 15 et 16 Juin 2009 durant lequel ont eu lieu les discussions de l’ Organisation de Coopération de Shanghai  (qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan et ou l’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs) mais également  entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) à vu ces pays émergents pré-tracer les grandes lignes géopolitiques et géo-économiques de l’avenir comme la création de nouvelles institutions militaires et financières et notamment créer une monnaie de réserve « indépendante d’une nation particulière » (le Yuan ?).
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Le FMI à récemment listé les 10 premières économies mondiales en 2009 par PIB nominal :
 
 
… Et également par PIB à parité de pouvoir d’achat : les 4 BRIC sont dans les 9 premiers et la Russie est devant la France et l’Italie, prédéterminant le tournant historique qui s’annonce dans les décennies à venir ..
 
 

 

 

Oleg Deripaska joue la carte de l’Europe Continentale

Oleg Deripaska, directeur de Rusal a été interviewé par le journal “les échos” après l’introduction de sa société aux bourses de Paris et Hong Kong. 

Oleg Deripaska, l’un des hommes les plus riches au monde, est un industriel chevronné. Il est à la tête d’un géant des mines et de la métallurgie, le groupe russe Rusal. Les actions de son entreprise font leur entrée aujourd’hui aux Bourses de Paris et Hong Kong. Oleg Deripaska explique aux « Echos » son parcours et sa vision.

Extraits :

– Sur le recentrage des activités de RUSAL vers l’Asie et l’extrême orient, notamment la Chine – 
“L’existence d’anciennes relations de bon voisinage entre les deux pays a certainement joué un rôle positif. Les Chinois à Hong Kong ont fait preuve d’un grand professionnalisme, d’une excellente connaissance des atouts de Rusal et se sont révélés d’excellents partenaires. Comment être absent d’un marché de telles dimensions ?”

Oui, en Russie, aujourd’hui, il est possible d’être un acteur économique sans faire de la politique. J’en suis l’exemple“.

– Sur le choix de la bourse de Paris plutôt que de Londres –
Je prends le pari de l’Europe continentale. Vous avez une grande industrie, des compétences avérées et reconnues. Au Royaume-Uni, l’industrie n’est pas en bonne forme malgré la qualité indéniable de ses travailleurs. Vous êtes mieux placés pour comprendre la problématique de Rusal” .

La fin de la crise en Russie ?

Je me permets de vous retranscrire une analyse intéressante de Jacques SAPIR sur la crise et la Russie, datant de janvier 2010 et intitulé : “un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses“.
Extraits :
La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

La Russie face à la crise systémique ..

Le LEAP dont je ne partage pas du tout toutes les analyses a dans son dernier numéro tenu à souligner que la Russie était de loin le pays le mieux préparé pour affronter les prochaines années, je me permets de retranscrire le texte car les exemplaires sont payants ..
La Russie : Mieux préparée que les autres grands acteurs globaux pour affronter les années à venir
Cela peut paraître paradoxal ; notamment si on se contente de lire les médias occidentaux, pourtant ce pays a connu sa grande période de transition vers le monde qui succèdera à celui construit après 1945 … dès 1989. Avec une probable domination du pouvoir russe par Vladimir Poutine pour l’essentiel de la décennie à venir (comme Président ou comme Premier Ministre), la Russie est a priori assurée d’une période durable de stabilité du pouvoir central, ce qui est loin d’être le cas pour les autres grands acteurs globaux.Les revenus du gaz et du pétrole (qui ne connaîtront plus de repli significatif durable par rapport aux prix moyen de l’année 2009) lui permettent de planifier son développement stratégique interne et externe. Trois exemples illustrent le fait que nous voyons dès aujourd’hui une Russie qui est en train de reprendre la maîtrise de son environnement direct : 
* L’ouverture fin Décembre 2009 du Sapsan, premier train à grande vitesse russe entre Moscou et Saint Petersbourg, ouvre ainsi ce qui va être une décennie de forte modernisation des infrastructures de transport, y compris sous formes d’oléoducs et gazoducs.
* Les projets de pipelines visant à « contourner » la Russie, à l’image de Nabucco (1), sont en train de faire long feu puisque, sans le soutien actif politique et financier américain (2), ils dérivent lentement mais sûrement vers de simples logiques économiques qui vont conduire à y réintégrer la Russie ou à abandonner le projet.
* Et l’ouverture en décembre 2009 du premier terminal pétrolier russe, à Kozmino sur la côte pacifique (seuls deux terminaux sur la Baltique et la mer Noire existaient jusqu’à présent), va permettre au pays de s’impliquer pleinement dans la croissance asiatique des années à venir (3).
C’est d’ailleurs le grand enjeu de cette décennie charnière pour le Kremlin : être en mesure de profiter du dynamisme de l’Asie sans se faire bousculer par les Asiatiques (et notamment les Chinois de plus en plus présents en Sibérie) et assurer une forte relation stratégique avec l’Union européenne tout en tenant les prétentions européennes sur l’avenir de la Russie à distance (4). Français et Allemands ont un rôle-clé à jouer dans la relation UE-Russie des prochaines années : tout équilibre européen sera impossible sans une étroite coordination de ces trois partenaires, surtout à un moment où le « cousin d’Amérique » est en train de plier définitivement bagages (5). Français et Allemands ensemble occupent la plus grande part de l’imaginaire russe en terme d’ « Occident » et ils possèdent donc une force d’attraction et de partenariat sans équivalent du point de vue de Moscou. Mais cela n’est vrai qu’à la condition expresse que cet intérêt européen soit bien celui de l’UE et non pas un faux-nez de Washington ou d’ailleurs.
Le refus marquant de la France, l’Allemagne et la Russie (6) d’être entrainées dans la guerre et le mensonge historique de l’invasion de l’Irak en 2002/2003, donne un bon exemple du type de partenariats structurants au niveau mondial qu’Européens et Russes peuvent orchestrer s’ils trouvent des finalités communes. Il en existe une que la Russie met sur la table de négociations potentielles depuis le Sommet du G20 de Londres, c’est le remplacement du Dollar comme devise internationale de référence. C’est l’intérêt objectif de l’Euroland que d’entreprendre une telle démarche afin de faire cesser le chaos monétaire mondial actuel. Si la France et l’Allemagne avaient actuellement des dirigeants possédant une réelle vision stratégique et un sens de l’Histoire comme pouvaient en posséder des De Gaulle et Adenauer, ou Mitterrand et Kohl, nul doute que le tandem franco-allemand aurait déjà poussé l’UE à saisir cette occasion d’en débattre avec Moscou et que ce tandem (représentant officieux de l’UE) serait l’invité spécial du prochain Sommet BRIC.
Source : Global Anticipation Bulletin N°42 du 15 février 2010
(1)  Ce projet censé contourner la Russie n’a toujours pas de fournisseurs clairement engagés et est en train de voir ses partenaires se joindre également au projet russe South Stream (soutenu par l’Italie) … qu’il était pourtant censé concurrencer. De l’Autriche à la Slovénie, en passant par le géant énergétique français EDF, la Russie accumule ainsi les partenaires au détriment du projet Nabucco que soutient officiellement l’UE. Ce dernier est un « projet otanesque » de pipeline officiellement lancé en 2002 avec le soutien de Bruxelles et de Washington. Sources : F Bordonaro, 11/01/2010 ; Rzd Partner, 11/11/2009 ; Reuters, 03/12/2009

(2) Et les Etats-Unis n’ont désormais plus ni les moyens financiers ni la puissance diplomatique pour le faire.

(3) L’ouverture de ce terminal en Décembre 2009 marque en effet une étape majeure dans la diversification des débouchés pétroliers de la Russie et la clé de voute d’un des plus grands projets d’infrastructures de la Russie contemporaine (près de 20 Milliards € au total). Source : Reuters, 27/12/2009

(4) Un éminent membre de l’Académie des Sciences de Russie a résumé admirablement ce dilemme à notre équipe en disant : « Au XXI° siècle, soit nous gèrerons efficacement notre relation avec Bruxelles, soit nous tomberons sous l’influence de Pékin ». Derrière les déclarations parfois très provocatrices du Kremlin, il y a en effet la conviction profonde que c’est à l’Ouest qu’un partenariat solide peut se nouer. Aux Européens, et à ces deux partenaires privilégiés que sont les Français et les Allemands, de s’y atteler honnêtement.

(5) Pour ceux qui doutent encore de cette évolution, il faut lire l’article très intéressant de Judy Dempsey dans le New York Times du 08/02/2010 qui décrit la manière discrète dont le gouvernement allemand, pourtant atlantiste, organise, malgré les protestations de Washington, la suppression définitive des 200 dernières armes nucléaires américaines sur le sol de la RFA.

(6) C’est d’ailleurs un bon exemple de ce que pourrait donner, de manière très constructive, une participation européenne à un  sommet BRIC.
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La phrase “Cela peut paraître paradoxal ; notamment si on se contente de lire les médias occidentaux ” est révélatrice de la propagande sournoise distillée sur la “mauvaise santé Russe”. Pourtant, l’économie Russe, malmenée par la crise comme tous les autres états a passé le “choc” des 18 derniers mois en limitant la casse. La dévaluation a été contrôlée, les colossales réserves de change habilement utilisées pour soutenir l’économie et la stabilité politique (essentielle) a été maintenue. Je rappelle que les réserves de change du pays ont en effet baissées de 568 milliards de dollar en aout 2008 à 384 milliards en avril 2009. Depuis elles sont remontées et s’établissent à 437 milliards de dollars (janvier 2010).

La Russie, seul Européen des BRIC devrait en effet faire partie des 6 économies dirigeantes de la planète, selon les analyses de PricewaterhouseCoopers LLP. D’après eux, le E7 (Chine, Inde, Brésil, Russie,  Mexique, Indonésie et Turquie) devrait remplacer le G7 et en 2030, la Russie être une des 6 premières puissances économieques mondiales.

Les prévisions économiques indiquées ci dessous par un panel d’experts sont également rassurantes, la Russie devant être le pays avec la croissance économique la plus forte d’Europe cette année 2010. Des chiffres économiques liés à une bonne gestion économique …

Indicator Average Median Min / Max
GDP, % 3.3 3.3 -1 / 7
Inflation, % 8.3 8.5 5.5 / 11
Industrial Production, % 4.1 4.7 -3 / 8.2
Fixed capital investment, % 5.3 4.2 -4 / 20
Retail goods sales, % 4.2 4 0.5 / 10
Nominal wages, & 8.5 9.3 1.2 / 16.6
Real household incomes, % 3.4 3.1 1 / 8.4
Exports, $Bln 358 353 290 / 413
Imports, $Bln 230 226 184 / 270
Current account balance, $Bln 56 61 16 / 103
Capital inflows / outflows, $Bln 10 16.5 -60 / 60
Direct foreign investment, $Bln 39 45.5 6 / 70
Central Bank refinancing rate 7.9 8 6.5 / 9
Lending rate to nonfinancial sector 12 12.3 10 / 13.6
Increase in lending volume to nonfinancial sector, % 11.4 10 6 / 18
Increase in consumer lending volume, % 9.5 7.6 2 / 18
Average Urals crude price, $ / barrel 72.1 73.4 60 / 90
Ruble / dollar rate at the end of 2010 28.4 28.5 26.2 / 33
Unemployment, % 7.7 7.6 7 / 9
Participants: Alfa Bank, Bank of Moscow, BDO Unicon, Center for Macroeconomic Analysis and Short-Term Forecasting, Citibank, Higher School of Economics’ Development Center, HSBC, ING, Merrill Lynch, Otkritie, Renaissance Capital, Sberbank Macroeconomic Forecasting Center, Troika Dialog, Trust National Bank, UralSib
— Vedemosti

La crise, de 2006 à 2010

Publication d’un recueil de textes de Dmitry ORLOV sur la fameuse crise économique mondiale, des articles de 2006, 2008 et 2009. Je vous incite à les lire, il ne faudra pas dire que nous n’avions pas été prévenus …

L’Union Soviétique (URSS) s’est effondrée il y a environ dix-sept ans. Les États-Unis (ÉU) s’effondreront (économiquement ou politiquement) à un certain point

Les 5 stades de l’effondrement (11/2008)
Stade 1 : L’effondrement financier
Stade 2 : L’effondrement commercial
Stade 3 : L’effondrement politique
Stade 4 : L’effondrement social
Stade 5 : L’effondrement culturel

Zapping du mois de janvier 2009

Lu dans l’express, cette interview sur l’Europe (l’Union de Bruxelles NDLR) de Jean Claude Juncker intitulée : ““Le XXIe siècle ne sera pas européen”. 

Le malus de l’interview : “Aujourd’hui, nous avons une stratégie commune face à la Chine, face à la Russie“. Le bonus de l’interview : ” Mais le xxie siècle ne sera pas européen: il sera multipolaire “.

Tu l’as dit coco ….

Riga on fire

Il y a quelques semaine YAHOO faisait passer cette “nouvelle” aussi extraordinaire que tragique qui décrivait les émeutes en europe de l’est, émeutes en réponse à la dégradation économique due a la crise. On pouvait y lire que : “De violents affrontements se sont produits en Europe de l’Est cette semaine entre manifestants et forces de l’ordre, notamment en Lituanie, où la police est intervenue sans ménagement vendredi à Vilnius devant le Parlement…D’autres émeutes ont eu lieu en Bulgarie et en Lettonie, où les habitants manifestaient contre les difficultés économiques, les réformes de leur gouvernement et la corruption. Dans les trois pays, des rassemblements pacifiques se sont terminés dans le vandalisme et la violence pendant plusieurs heures.

Les analystes prévoient que les pays baltes entrent en récession cette année. Les experts parlent d’une contagion possible des violences à toute l’Europe, en particulier aux anciens pays communistes, en pleine crise économique, après avoir enregistré une croissance soutenue ces dernières années.

Deux jours plus tôt, mercredi, de violents affrontements avaient fait des dizaines de blessés en Bulgarie, où les tensions sont exacerbées par la crise de l’approvisionnement du pays en gaz naturel russe.

Mardi, plus de 100 personnes avaient été arrêtées et quelque 40 autres blessées en Lettonie au cours de manifestations. Ce pays balte a les plus mauvais résultats économiques de toute l’Union européenne, son taux de chômage ayant grimpé de 1% au cours du seul mois de décembre.

“C’est tout à fait spectaculaire d’avoir un PIB qui chute de 10% et passe à -5%, comme en Lettonie”, observe Thorbjorn Becker, le directeur de l’Institut de Stockholm pour la transition économique (SITE). “Les gens se retrouvent sans emploi et voient leurs revenus chuter cette année. On va régulièrement assister à des incidents de ce genre.”

La crise économique fait des ravages dans d’autres pays d’Europe de l’Est, particulièrement en Hongrie, en Ukraine et en Roumanie. La monnaie roumaine a ainsi perdu 17% de sa valeur en un an. La réduction des dépenses sociales en Estonie pourrait aussi provoquer des protestations dans cet autre pays balte.

“L’élite politique n’a pas de tradition de dialogue avec la société et ne sait pas comment faire”, analyse Raimundas Lopata, directeur de l’Institut des relations internationales et de sciences politiques de Vilnius. “Est-ce que le gouvernement retiendra la leçon, pour que cette violence n’éclate pas de nouveau? J’en doute.”

“Les gens voient comment l’Amérique a élu Barack Obama, symbole d’espoir et de changement, ils aspirent à quelque chose de semblable chez eux”, ajoute Ivars Ijabs, professeur adjoint de sciences politiques à l’Université de Lettonie. AP

Quelques photos ci dessus et ci dessous (source)


De la crise financière ..

Deux commentaires intéressants du commentateur Igor Panarin (Игорь Панарин) :

La crise financière Russe comme conséquence des médias Occidentaux
” La panique sur le marché boursier russe a été créée artificiellement par d’habiles opérations médiatiques auxquelles les dirigeants russes des sphères économiques et financières ne s’opposent pas. En effet 70 % des investisseurs sur le marché des valeurs russes étaient des étrangers. Et leur fuite de « l’îlot de stabilité » s’est produite jour pour jour après le discours virulent de Condoleeza Rice qui appelait à punir la Russie de sa reconnaissance de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie. Nous en voyons les conséquences. La Russie ne pouvait être touchée que par l’effondrement de son marché boursier. Les autres ripostes possibles, exclusion du G8 ou sanctions économiques n’auraient eu sur nous aucun effet “.

La « théorie du complot » contre la Russie n’est pas un pur produit de notre imagination, écrit KM.ru. Il suffit de se rappeler comment a été imposé le « marché » en Russie. En 1990, le G7 réuni à Huston a approuvé un programme de réformes économiques pour l’URSS. En 1992, la Russie est entrée au FMI. Le gouvernement Eltsine –Gaïdar a signé avec le Fond une « Lettre d’intention », s’engageant à appliquer les programmes de la « période de transition », les lois et les codes établis unilatéralement par les experts du FMI. Cela signifie que l’installation de l’économie de marché et de ses institutions a été entièrement remise entre les mains du FMI, qui représente les intérêts des USA et de l’UE. Dans la Constitution russe de 1993 a été inscrite cette clause : « Si des accords internationaux de la Fédération de Russie prévoient d’autres règles que celles qui sont fixées par la loi, on appliquera les règles des accords internationaux ». Autrement dit, la Russie est gouvernée de fait par l’extérieur.

En été 1991, le « Groupe de travail commun » (dont le coprésident du côté russe était Grégori Yavlinski) a présenté à la commission sénatoriale pour les relations extérieures des USA un plan de réformes « Une fenêtre d’opportunité. Transition de l’Union soviétique vers une démocratie à économie de marché ». Il réclamait pour sa mise en œuvre de 60 à 250 milliards de dollars. Le Congrès a décidé qu’il fallait « aider » la Russie à élaborer et mettre en place les programmes de la « période de transition », mais seulement sous forme de crédits commerciaux. Afin de garantir ces crédits, le gouvernement de Tchernomyrdine a confié aux USA et à l’UE les réserves en or et en devises (ROD) de la Russie.

Ce que les USA ont gagné grâce à la période de transition a été magnifiquement exprimé en 1995 par le président en exercice Clinton : « Les dix dernières années de notre politique envers l’URSS … ont démontré la justesse de nos prises de décisions visant à écarter l’une des plus grandes puissances du monde… Nous avons réussi ce que s’apprêtait à faire le président Truman à l’aide de la bombe atomique… A une différence près : nous avons gagné un réserve de matières premières… Oui, nous avons dépensé pour cela des milliards de dollars, mais dès aujourd’hui nous sommes pratiquement rentrés dans nos fonds ».

(La suite a lire ici)

L’Amérique vers une nouvelle guerre de sécession ?
La crise économique mondiale risque de provoquer l’éclatement des Etats-Unis, a estimé le politologue Igor Panarine dans une interview publiée lundi dernier par le quotidien russe Izvestia. Docteur en sciences politiques et doyen de la faculté des relations internationales à l’Académie diplomatique du ministère russe des Affaires étrangères, M. Panarine est persuadé que les Etats-Unis se scinderont d’ici l’automne 2009 en six parties: la côte pacifique, les Etats hispanophones, la côte atlantique, les cinq Etats peuplés par des Indiens et le Nord pro-canadien.

D’abord, il s’agira du littoral pacifique des Etats-Unis. Il suffit de citer San Francisco où 53% des habitants sont d’origine chinoise*. Cette région passe progressivement sous l’influence de la Chine, c’est évident. Le Sud est peuplé par des Mexicains, et l’espagnol est par endroits une langue officielle, alors que le Texas lutte ouvertement pour son indépendance. La côte atlantique est ethniquement et mentalement tout à fait différente par rapport au reste du pays. Enfin, il y a les Etats dépressifs du centre. Je vous rappelle que cinq Etats du centre des Etats-Unis, peuplés par des Indiens, revendiquent leur indépendance. Le nord du pays est sous l’influence du Canada.

M. Panarine juge vulnérable l’organisation politique des Etats-Unis où chaque Etat possède sa propre législation. Enfin, d’après lui, la crise a révélé d’importants clivages entre les différentes élites. “Aux Etats-Unis, il y a deux groupes: les “mondialistes” et les “étatistes” (…). Des représentants de ces deux clans figurent aussi bien dans le Parti démocrate que dans le Parti républicain”.

Les problèmes financiers s’aggraveront aux Etats-Unis. Des millions d’Américains ont déjà perdu leurs épargnes, alors que l’inflation et le chômage sont en hausse. General Motors et Ford sont au bord de la faillite, ce qui veut dire que des villes entières se retrouveront sans emploi. La grogne monte, elle n’a été enrayée jusqu’à présent que par la campagne électorale et l’espoir d’un miracle Obama. Mais, d’ici le printemps, il sera clair qu’il n’y aura pas de miracles.

Après le crash de Wall Street, les Etats-Unis céderont leur place de régulateur mondial à la Chine et à la Russie, deux pays disposant d’énormes réserves de change. Pour éviter des bouleversements en raison d’une éventuelle paralysie économique aux Etats-Unis, la Russie devrait développer le rouble en tant que monnaie régionale et créer une bourse du pétrole en roubles.

(La suite à lire la)

* NDLR du 21 janvier 2009 : le chiffre de 53% d’habitants d’origine Chinoise annoncé par Mr PANARIN “peut” sembler excessif, Wikipédia annonce lui un timide 20%, ici

BRIC uber Alles !

MOSCOU, 20 octobre – RIA Novosti. Les économies émergentes du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) restent la locomotive de la croissance mondiale, a déclaré lundi le premier ministre russe Vladimir Poutine lors d’une réunion du Conseil pour les investissements étrangers.

Les pays du BRIC – le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – sont la locomotive de l’économie mondiale“, a-t-il indiqué. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance de la Chine atteindra 9,3% en 2009, 6,9% pour l’Inde, 5,5% pour la Russie et 3,5% pour le Brésil.