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Les subbotnikis de Pâques!

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 Cet article a été publié originellement sur Ria-Novosti

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Се week-end, le printemps est arrivé à Moscou. Je ne vous parle pas du timide printemps que Moscou connaît parfois à la sortie de l’hiver, non je vous parle du vrai printemps, celui qui s’accompagne de lumière, de verdure, de chaleur et de vie.
La température a atteint 16 ou 17 degrés, la ville s’est retrouvée sous un intense soleil, et les Moscovites en ont profité pour aller flâner dans les rues et les parcs de la capitale, afin de bénéficier de la lumière et surtout des premières chaleurs. J’ai insisté dans ma précédente tribune sur la rigueur de l’hiver moscovite. C’est vrai qu’il a encore récemment neigé et que cet hiver a été vraiment difficile. Chaque année, le basculement définitif vers le printemps et l’été se fait avec une rapidité et une violence qui me laisse pantois. Le froid semble si totalement et profondément incrusté que je me demande comment l’herbe peut surgir si rapidement et la nature si facilement reprendre sa place.
Cette année bat des records, puisque les températures en cette dernière semaine d’avril devraient frôler les 20 degrés. “Que du bonheur”, me disait ma voisine d’étage, Inna, que j’ai croisée samedi matin et qui s’apprêtait à aller passer un moment sur un banc dans un parc du quartier afin de profiter du beau temps. Tous les Moscovites vous le diront, après un hiver à Moscou et le terrible manque de lumière lié, votre organisme ne vous demande qu’une chose: de la lumière et du soleil. Par conséquent comme Inna, j’ai également opté pour un week-end à l’extérieur à me balader dans mon quartier, tout au bout d’une de ses interminables lignes de métro. J’ai passé une bonne partie de mon temps à déambuler, flâner et simplement profiter de l’arrivée du printemps tout en célébrant cette journée fériée qu’est Pâques.
D’ailleurs les Russes sont de plus en plus nombreux à célébrer cette fête, selon le site chrétienté info si seulement 10 % des Russes déclaraient faire carême en 2000. Ils sont 35 % en 2011. De la même façon, plusieurs dizaines de millions de Russes suivront aussi l’office du soir, puis la procession de minuit autour de chaque église. Ce renouveau religieux prend de l’ampleur, il est accompagné par le pouvoir et finalement assez similaire à celui qu’on observe dans les autres pays anciennement communistes et qui ont souffert d’une transition démocratique et économique souvent difficile lors des bouleversements politiques.

Le quartier dans lequel je réside est un quartier assez typique de la banlieue moscovite, un spalny rayon (quartier dortoir) très vert. Samedi je me suis assis à la terrasse d’un Elki-Palki, cette chaîne russe de restaurants traditionnels. La terrasse était pleine et faisait face à la terrasse d’un McDonalds, également pleine. Cela reste une énigme pour moi, alors que certains fantasment sur l’obsessionnel anti-américanisme primaire des Russes de constater que finalement McDonalds est si populaire à Moscou, en tout cas à mon avis au moins autant que les supermarchés Auchan. La densité de la population dans les rues avait peut être aussi une autre explication. Samedi était une journée un peu inhabituelle puisqu’il s’agissait du premier subbotnik de l’année. Explication: Dans les premiers temps de l’URSS, les communistes travaillaient bénévolement les samedis (samedi = subbota), afin de contribuer à une édification plus rapide du socialisme. Le premier samedi communiste a eu lieu le 1er mai 1920 à Moscou, Lénine y participa et la scène fut immortalisée en peinture. Dans les années 50, cette tradition fut reprise dans nombre de pays du bloc communiste, en Europe et en Asie centrale. L’état russe a relancé ces dernières années cette tradition. Tous les ans, le nombre de participants augmente. Ce Week-end à donc eu lieu le premier Subbotnik de l’année, et près de 1,5 million de Moscovites y ont participé, soit un habitant sur dix. Les activités sont tant le nettoyage des routes que des passages piétons, des parcs ou des poubelles. A cette occasion, 20.000 façades ont été rénovées dans Moscou et environ 2.000 arbres et 9.000 arbustes plantés. Tout cela je le répète est bénévole et traditionnel. Les étrangers, notamment français, ne peuvent qu’être surpris par une telle initiative, le travail du week-end, même rémunéré étant très tabou en France et sujet à de nombreuses polémiques.

La forte densité de la foule présente dans les rues adjacentes aux sorties de métro durant tout le week-end avait quelque chose de vivant, qui inspirait également une certaine insouciance. Une multitude de gens poussés vers l’extérieur par un étrange mélange de religion, de tradition soviétique et de fête du soleil. En observant la foule qui déambulait dans les rues, je me disais que finalement ce printemps russe se présente assez bien, et pas seulement dans le domaine du climat. Sur la scène internationale, la Russie semble être épargnée tout du moins provisoirement par les secousses qui frappent le monde arabe et l’Afrique. Elle ne devrait pas par exemple craindre de vagues d’immigration incontrôlée, comme l’Europe en subit actuellement à travers ses frontières sud. Le pays n’est pas non plus engagé dans un quelconque conflit armé à l’étranger, et donc à l’abri d’un éventuel effet boomerang à son encontre.

La baisse de tension avec l’Otan à l’ouest et le renforcement des liens avec les pays asiatiques au sein du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et République sud-africaine) consolide sa position de puissance régionale. Les tensions dans le monde arabe ont par contre entraîné une hausse du prix du pétrole qui devrait permettre à la Russie d’augmenter ses rentrées financières et de terminer l’année avec un déficit budgétaire bien plus faible que prévu. Sur le  plan intérieur, cette trésorerie inattendue mais bienvenue devrait rendre plus facile pour l’état la tenue de promesses et d’engagements sociaux colossaux, exprimés par le premier ministre Vladimir Poutine le 20 mars dernier dans son discours sur le travail du gouvernement à la Douma. Les indicateurs économiques globaux semblent au vert, alors que la Russie devrait connaître une croissance économique assez forte en 2011 mais également en 2012, année de l’élection présidentielle. Tous ces éléments permettent de ressentir un optimisme prudent pour les mois à venir, optimisme qui rend encore plus doux cet agréable printemps moscovite.

Le point démographique – Janvier, Février 2011

Les statistiques démographiques de la période janvier / février 2011 sont disponibles et elles sont encourageantes.

La natalité

Janvier 2011 a été un bon mois, avec 132.954 naissances contre 132.371 en janvier 2010, soit une hausse de 583 naissances. Février 2011 a lui vu par contre une baisse du nombre de naissances assez significative, 133.593 naissances contre 135.015 l’année dernière, soit 1.422 naissances de moins.

Ces deux premiers mois de 2011 ont vu 266.547 naissances contre 267.386 durant les deux premiers mois de 2010 soit 839 naissances de moins.



La mortalité

La mortalité est très fortement en baisse, 170.508 décès en janvier 2011 contre 176.316 en janvier 2010. Même schéma en février 2011 avec 155.042 décès contre 160.701 en février 2010.

Ces deux premiers mois de 2011 ont vu 325.550 décès contre 337.017 durant les deux premiers mois de 2010 soit 11.467 décès de moins.



Mariages et divorces

Le nombre de mariage sur ces deux premiers mois est en légère baisse, 126.846 sur les deux premiers mois de 2011 contre 127.835 sur les deux premiers mois de 2010, soit 929 mariages en moins.

Les divorces sont eux en baisse, avec 88.060 contre 92.112 pendant la même période l’année dernière soit 4052 divorces en moins.



Analyse et prévisions

La perte de population sur les deux premiers mois de 2010 était de 69.631 habitants, elle n’est « que » de 59.003 habitants pour ces deux premiers mois.


Janvier et février sont traditionnellement (depuis 2 ans) des mois à natalité faible et à mortalité assez élevée, à cause de l’hiver. Mars sera un moins crucial, pour déterminer la tendance sachant que c’est régulièrement un mois à haute fertilité et ce depuis 10 ans. 

On peut imaginer en étant un peu optimiste que le nombre de naissances devrait sensiblement augmenter cette année et dépasser 1,8 millions. La baisse de la mortalité semble confirmée. L’année dernière à encore connu plus de 2 millions de décès. Cette année, et sans accident climatique type canicule, le nombre de décès devrait être inférieur à 2 millions, vraisemblablement plus proche de 1,9 millions.

Par conséquent la perte nette de population pour 2011 devrait encore se réduire, et avoisiner les 100/120.000 habitants, contre 240.000 en 2010. Vraisemblablement, sur la même logique, l’équilibre démographique pourrait être atteint en 2012, avec un shéma du genre: 1.850.000 naissances et autant de décès.

Survivre à Moscou

Cet article a été publié originellement sur Ria-Novosti

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Bonjour Alexandre, j’ai lu avec beaucoup d’attention ta tribune Far-est, ainsi que d’ailleurs tes autres tribunes sur Ria-Novosti. J’habite Bordeaux et me pose la question de déménager  à Moscou, comment y est la vie pour un étranger? Merci d’avance, Ludovic.


Cher Ludovic, un déménagement à Moscou est presque une aventure. “J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance, j’étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares”, c’est Blaise Cendrars qui a écrit ça. Moi, mes premières impressions, c’était de me sentir assommé par la densité des foules disciplinées qui s’engouffraient dans le métro, et par le bruit des rames qui arrivent dans les stations.

Au premier abord, la ville me semblait plutôt difficile à appréhender, et même hostile. C’est une mégalopole de 12 ou 15 millions d’habitants, mais pas tout à fait comme les autres mégalopoles de la planète, il y a des particularités bien russes, et tout de suite, la rencontre avec l’alphabet cyrillique ajoute une difficulté. Au début je l’avoue j’étais écrasé par la largeur des artères et des rues, et la relative difficulté à trouver certaines adresses. Bien sur tu vas me dire, autant circuler en voiture! La belle affaire, on voit bien que tu n’as encore jamais conduit à Moscou.

La ville est entre 6 heures du matin et 22 heures un bouchon géant, il n’est pas rare de mettre 2 heures pour un déplacement du centre, dans le centre, vers le centre! La circulation est la plaie de cette ville, et je préfère ne pas aborder le problème des places de parking, impossibles à trouver.

Après, pour celui qui arrive, il y a la rencontre avec l’hiver russe. Au début, c’est dur à supporter. Certains jours, même le petit trajet à pied, entre la station de métro et le bureau est une épreuve physique, quand on vient d’un pays tempéré. Les russes marchent sans aucun problème sur le verglas, et on comprend qu’il va falloir apprendre. L’hiver dure 5 mois (il a par exemple encore neigé la semaine dernière), les températures dépassent fréquemment les -15° (il a fait -30° en février dernier), et le ciel est presque tout le temps couvert.

La ville est vraiment grande, les stations de métro sont bien plus espacées qu’à Paris, donc on passe beaucoup de temps dehors, ce qui permet de “profiter” un maximum du froid. Les étés sont généralement trop chauds et trop courts, sauf le dernier, caniculaire, et pendant lequel Moscou est restée noyée dans une épaisse fumée et une odeur de brûlé pendant presque deux mois, à cause des incendies qui ont ceinturé la ville. A Moscou enfin l’immobilier est cher, vraiment cher, trop cher. Sauf par exemple pour Naomi Campbell, qui vient de s’installer dans un nouveau complexe du centre ville.

Pour clore le tableau négatif, Moscou est une capitale visée par le terrorisme: pendant les douze derniers mois, deux attentats ont coûté la vie à une centaine de personnes, il y a eu plusieurs centaines de blessés.

Pour autant, je ne souhaite pas te décourager, j’ai juste voulu être objectif, en listant ces divers points négatifs qu’il ne faut pas oublier. Il y a aussi des points positifs, et il y en a beaucoup, en tout cas suffisamment pour que, comme de nombreux Français de Moscou, je n’aie jamais eu envie de quitter cette ville et même que j’envisage d’y rester encore une bonne partie de ma vie.

Moscou est fascinante, c’est une ville tout simplement exceptionnelle. Elle a les avantages des vraies mégalopoles, et beaucoup de choses fonctionnent ici   H-24. A n’importe quelle heure du jour et de la nuit, il est possible de faire tant les courses que de manger ou boire quelque chose, sortir, trouver de l’animation, de la vie. Les bars et les restaurants sont ouverts, il y a des boutiques qui ne ferment jamais et même des banques et des immeubles de bureaux qui ont un service de nuit.

Ici, l’énergie de la ville se ressent tant dans le rythme des jeunes Moscovites qui dansent sur les pistes des boîtes de nuit, que dans la densité du trafic automobile, ou dans la masse de gens que l’on peut rencontrer partout à n’importe quelle heure. Cette ville est plus vivante que les autres, ce n’est pas une illusion. Elle est toujours en activité et moi, Ludovic, j’aime Moscou pour ça. Pour le travail c’est pareil, il n’est pas rare qu’à Moscou des rendez-vous d’affaires se déroulent en soirée ou alors le week-end.

Il faut bien avouer, cher Ludovic, que ça pourrait drôlement te changer de Bordeaux, ville musée et somnolente, avec ses supermarchés qui ferment à 22 heures en semaine, ou ses boîtes de nuit des quais de Paludate, qui ouvrent et ferment à heures fixes. A Moscou, cette notion d’horaires fixes n’existe pratiquement pas. Un hit musical sorti en 2009 a d’ailleurs parfaitement résumé la situation dans son titre: “Moscow Never Sleeps“ (Moscou ne dort jamais). Dernière bonne surprise, la ville est relativement verte, puisque près de 40% de sa surface est composée de parcs et jardins, c’est nettement plus que dans nombre de villes européennes et réellement plaisant surtout pendant le printemps et l’été.

Les Russes sont accueillants même si au premier abord les Moscovites ont toujours un air pressé et peu souriant. Les habitants de la capitale russe ont l’habitude des “autres”. Le pays est un empire, qui comprend une immense variété de gens et de religions. A condition de faire les efforts nécessaires et de respecter certaines règles, toute cette diversité trouve assez facilement sa place dans la vie à Moscou, y compris les étrangers.

Il est plausible qu’une ou des jeunes Moscovites te sourient assez rapidement, prudence Ludovic, un peu de discernement peut être utile. Beaucoup de visiteurs tombent sous le charme de Moscou, ville de l’amour et du romantisme, et de ses beautés. Ca ne marche pas toujours, mais je connais beaucoup d’hommes qui y sont très heureux d’un point de vue sentimental, la chaleur des femmes russes n’ayant, selon mon expérience de globe-trotter, absolument aucun équivalent sur notre petite planète.

Venir à Moscou comme expatrié employé d’une multinationale évite certes beaucoup de difficultés. C’est une vie entre un bureau de l’hyper-centre et un appartement luxueux de ce même hyper-centre, entre deux déplacements vers l’hyper-siège de son hyper-société. Ce type d’expatrié ne fait cependant que “passer” à Moscou. Il a un style de vie quasi identique à celui qu’il pourrait avoir à Shanghai, New-York ou Bruxelles.

C’est bien différent pour celui qui veut tenter sa chance seul, avec l’idée d’immigrer et de s’intégrer à la société russe, voir se trouver une nouvelle patrie d’adoption. Il va rencontrer en dehors des difficultés de la langue russe des rythmes différents, un système de pensée différent, et il devra se plier à quelques difficultés administratives qui rendent généralement fous les étrangers. On n’entre pas en Russie comme dans un moulin ou un hôtel, l’administration russe est souvent très pointilleuse, c’est un labyrinthe qui demande des efforts de compréhension et de la patience. Mais finalement, le jeu en vaut bien la chandelle.

La Russie ne laisse personne indifférent, et pour ce qui est de Moscou c’est encore plus vrai, mais elle peut te mettre assez rapidement K.-O. debout. Nombre de gens qui ont vécu un temps dans cette ville se sentent parfois difficilement capables de le refaire, c’est sans doute seulement en la quittant qu’on se rend compte quel rythme impitoyable et stimulant elle impose.

Pour autant Ludovic, je suis attaché à cette ville et à son mode de vie, surtout quand je peux régulièrement m’en échapper pour aller reprendre des forces ailleurs. Après une absence de quelques jours, j’ai néanmoins toujours envie de rentrer de nouveau sur le ring et comme nombre de Moscovites être content de “survivre” à Moscou.

Le son du canon

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Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà sans doute Oncle-Vania, qui en 2009 et 2010 à publié d’excellentes analyses sur les médias Français et la Russie, dans le Courrier de Russie. Afin de garder sa liberté de ton et pouvoir continuer à donner son analyse de Français de Russie, Oncle Vania va désormais collaborer à Dissonance et tenir une rubrique régulière. Nul doute que ses analyses dissonantes ont totalement leur place sur ce blog!

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La république est devenue folle, elle sʼen va t-en guerre , fanfaronne, sur les conseils insistant des amis de la première dame. BHL, dont la seule légitimité, je le cite, est sa conscience, se vante dʼavoir poussé le président français à engager les hostilités contre le régime du colonel Kadhafi et à reconnaître les rebelles comme représentants légitimes de la Libye. Dans la même interview, il avoue ne connaître ses interlocuteurs insurgés que depuis moins de trois semaines. Un vrai travail en profondeur. Il avait déjà soutenu les deux guerres Irakiennes, et il semble que les centaines de milliers de vies innocentes perdues lors de ces conflits ne pèsent guère sur sa conscience sélective .

La presse française dans son ensemble participe aussi à cette farce, comme les médias américains à leur époque en Irak. Sur la Libye en revanche, le ton des médias outre-atlantique est plus critique. Le New-York Times sʼest gentiment moqué des gesticulations du président français qui lança ses premiers avions à l’assaut sans prévenir ses partenaires, puis qui voulut garder le contrôle des opérations en écartant lʼOTAN. Dans cet article il est mis en avant les motivations de politique intérieure française dʼun président à la dérive dans les sondages. Sarkozy ne trouve grâce quʼaux yeux de lʼultra-conservatrice chaîne FOX qui le compare à Bush !!!! Comparaison intéressante, BHL, conseiller préféré du président et de madame, totalement inféodé à certains milieux ultra conservateurs américains théorise ses orientations géopolitiques en fonction dʼun ultra sionisme militant, à lʼinstar des conseillers de Bush, Perl, Rumfelds, Wolwovitz. Dans un ouvrage récent “Ce grand cadavre à la renverse” le pseudo-philosophe sʼétait attelé à la réhabilitation de lʼimpérialisme américain et avait comparé lʼantiamericanisme des milieux anti-impérialistes à de lʼantisémitisme !!! Dans le même temps, Israel a repris la colonisation, le nettoyage ethniques rampant de Jerusalem Est et le bombardement de civils a Gaza dans lʼindifférence générale, sabordant encore une fois le fragile processus de paix.

Pour revenir à la Libye, la presse américaine est aussi beaucoup plus critique envers le profil des insurgés, se faisant écho de la présence de cadre de Al-Quaida et de transfuges, ex piliers du régime et impliqués dans les tortures infligées aux infirmières bulgares. Le 11mars a Bruxelles, le premier ministre bulgare, Boiko Borissov a dʼailleurs violemment réagi a la décision française de reconnaître la légitimité du CNT. La présence dʼAl Qaeda en Lybie est un sujet bien connu des milieux informés, lʼamiral James Stavridis, commandant des forces de lʼOTAN en Europe vient de reconnaître implicitement la présence de jihadistes et de cadres de Al Qaeda au sein des insurgés, justifiant la prudence de Washington et le refus dʼarmer lʼinsurrection. Sur le terrain les actions de la coalition dépassent largement le cadre de la résolution 1973 de lʼONU, les avions de l’OTAN fonctionnant plus comme les forces supplétives des insurgés. Les raids aériens sur Tripoli qui ont fait des victimes civiles, sont aussi une violation majeure du mandat donné par les nations unies. La question se pose de la réelle fonction de cette institution, ignorée pour lʼIrak, roulée dans la farine pour la Libye…Les Bric réunis en Chine cette semaine démontrent la volonté des pays émergent de sortir de lʼunilatéralité occidentale de la gestion des crises, et demandent une solution politique et diplomatique à la crise libyenne, assortie dʼun cessez le feu immédiat.

Il semble devenu évident pour tout le monde quʼune solution purement militaire est improbable, sauf pour les deux agités du bocal, Sarkozy et Cameron qui ne cessent de geindre et de demander plus de bombardements a lʼOTAN. Nous devrions nous méfier encore plus du président français, qui après sa mini campagne africaine se sent dʼhumeur belliqueuse. Espérons que les moines tibétains assiégés par les troupes chinoises dans le Sichuan nʼauront pas la malencontreuse idée dʼécrire à Carla ou BHL, sinon la France est bien partie pour aller bombarder Pékin.

Le Figaro, la Corruption et Vladimir Poutine

Le 20 avril dernier, le premier ministre de la fédération de Russie, Vladimir Poutine à comme à l’accoutumée présenté aux députés le travail de son gouvernement. Une bonne synthèse de ce qui s’est dit durant cette journée est consultable sur le site de Ria Novosti.
 
Une autre interprétation a été donnée par le Figaro sur ce qui s’est dit durant ces 2h45 de discours, puisque selon le correspondant du Figaro: “L’appel à la continuité politique lancé par Poutine tranche apparemment avec la ligne libérale défendue par Dimitri Medvedev. Mercredi, le chef du gouvernement n’a fait aucune référence à la corruption, ce mal endémique que dénonce régulièrement le président russe“.
 
Pourtant un rapide tour sur le site du gouvernement permet de trouver les versions russes et anglaises du discours de Vladimir Poutine. 

Нужны эффективная поддержка предпринимательства, подавление коррупции, которая тянет нас назад и деморализует общество

Сегодня речь идёт о необходимости существенно повысить качество государственного управления, нацеленности государственного аппарата на интересы граждан, и, конечно, о борьбе с коррупцией, повышении ответственности чиновников и искоренении самих условий для противозаконного поведения и для мздоимства.

Конечно, мы должны устранять саму почву для коррупции, чистить наше законодательство, административные процедуры от разного рода лазеек и размытых мест. 

“We must be effective in our support for businesses as we rein in corruption, which slows us down and erodes the moral fabric of society“.

We must substantially improve the quality of public administration and orient the state apparatus to the interests of the people. Needless to say, we must counter corruption, increase the responsibility of officials, and eradicate the very conditions for illegal conduct and bribery“.

“It goes without saying that we must remove the grounds for corruption by ridding our legislative and administrative procedures of loopholes and vague wording“.

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En Francais, Ria Novosti avait relayé l’information: “La corruption empêche le développement de la Russie et rend la société très pessimiste sur l’avenir.” 

**Alors, mauvaise foi ou simple erreur ? 

 

Dokou Oumarov: mort ou vif?

Cet article a été publié originellement sur Ria-Novosti

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Le 28 mars dernier, la Russie commémorait le triste anniversaire des attentats  qui ont frappé le métro de Moscou il y a tout juste un an. Alors que les Moscovites se recueillaient dans les stations de métro et déposaient des fleurs à la mémoire des 39 victimes, tout au sud du pays une opération militaire de grande ampleur avait lieu en Ingouchie, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

 

L’assaut terrestre appuyé par des frappes aériennes, a permis l’élimination de 21 terroristes, liés à l’organisation “Emirat du Caucase“ qui est la principale branche terroriste de la région.

L’Emirat du Caucase a été créé en Octobre 2007 par le Tchétchène Dokou Oumarov, qui a participé aux deux premières guerres de Tchétchénie. L’Emirat du Caucase remplace la république Tchétchène d’Itchkérie, un Etat non officiel qui se voulait indépendant de la Russie, prônait la Charia sur le modèle du Soudan et qui ne fut reconnu que par les Talibans Afghans et le premier gouvernement de la Géorgie indépendante. La déclaration d’indépendance de cette république imaginaire amena à la première guerre de Tchétchénie.

 

Dokou Oumarov abolit ensuite la République tchétchène d’Itchkérie dont il était président en octobre 2007 et proclama à la place un Émirat du Caucase, dont la Tchétchénie n’était qu’une simple province parmi bien d’autres. Dokou Oumarov a revendiqué les principaux attentats de ces dernières années, que ce soit l’attentat contre le train Nevski-express de novembre 2009 (26 morts et une dizaine de blessés), celui du métro à Moscou de mars 2010 (39 morts et 102 blessés) ou l’attentat de janvier 2011 à l’aéroport Domodedovo (35 morts et 180 blessés).

 

En février dernier, Oumarov avait prédit une année de sang et de larmes à la Russie, menaçant de faire déclencher des attentats sans répit. Début mars, il avait appelé dans une vidéo à un Djihad total en Russie, s’adressant à tous les musulmans de Russie. Depuis sa création en 2007 l’Emirat du Caucase à mené près de 1.600 attaques en Russie, dont 99% dans le Caucase du nord. Ces attaques ont tué près de 1.400 personnes (dont 300 civils) et blessé près de 1.700 personnes (dont 900 civils). Pour la seule année 2009, 511 attaques terroristes ont eu lieu sur le territoire russe, dont 508 dans le Caucase nord, et 159 en Tchétchénie.

Ces attaques ont causé la mort de 427 personnes (dont 51 civils) et ont blessé 844 personnes (dont 199 civils).

 

En 2010, la situation ne s’est pas améliorée. L’Emirat du Caucase à directement perpétré 583 attaques, ayant entrainé la mort de 410 personnes (dont 119 civils). Cela représente la moitié des attaques terroristes dans le Caucase pour cette seule année. Ces attaques ont au total coûté la vie à 754 personnes, en blessant 956 autres. La moitié de ces attaques ont eu lieu au Daguestan avec 378 morts. Toujours en 2010, 375 terroristes ont été tués, plus de 600 arrêtés, et 93 attaques prévenues. En 2011 l’activité terroriste reste élevée, par exemple pour la seule semaine du 28 Mars au 3 avril, 38 personnes ont été tuées dans le Caucase du Nord.

 

L’opération anti-terroriste de mars dernier a semble-t-il visé les dirigeants de l’Emirat du Caucase. De nombreux lieutenants et proches d’Oumarov ont été tués, notamment son médecin mais également son plausible successeur. Les autorités russes ont affirmé qu’il était fort possible que Dokou Oumarov soit parmi les victimes mais ce n’est pas la première fois que sa mort est annoncée après une opération anti terroriste. En 2006 après l’élimination de Chamil Bassaïev, l’élimination d’Oumarov avait été annoncée comme imminente. En 2009, il avait également été tenu pour mort après une opération spéciale des troupes fédérales. Cette fois, son décès n’a pas encore été confirmé, et il faudra sans doute attendre la fin des analyses ADN pour le savoir.

Les conflits dans le Caucase sont généralement présentés par la main stream médiatique comme des guerres pour l’indépendance. Pourtant, les liens entre l’Emirat du Caucase et la nébuleuse Islamiste terroriste internationale sont avérés. Ils datent de la guerre en Afghanistan et des guerres de Tchétchénie. Des groupes qui ont soutenu Chamil Bassaïev dans sa lutte contre Moscou ont, après la chute de Grozny en 2000, ont notamment formé une organisation appelée Jamaat. Ce mouvement terroriste qui a combattu tant en Asie centrale que dans le Caucase est lié directement au chef de guerre saoudien Khattab.

 

Ce saoudien, qui avait combattu au sein des Moudjahidines en Afghanistan et était devenu proche d’Oussama Ben Laden et d’Al-Qaïda, avait ensuite importé le Djihad dans le Caucase, avant d’être tué en 2002 par les forces spéciales Russes. Ces liens sont avérés depuis longtemps et pourtant, ce n’est que cette année que le conseil de sécurité de l’Onu, via le Comité chargé de la lutte contre Al-Qaïda, a inclu Dokou Oumarov dans sa liste des terroristes internationaux les plus dangereux. L’adoption de cette résolution est un progrès important, car jusqu’au début de l’année, les autorités américaines bloquaient son adoption, en affirmant que: “Le lien entre Al-Qaïda  et le groupe terroriste d’Oumarov n’était pas suffisamment démontré dans la requête russe“. Les russes ont souvent mal compris la relative tolérance occidentale envers ces anciens chefs de guerre. C’est le cas par exemple pour Akhmed Zakaïev,  ancien ministre de la “République Tchétchène d’Itchkérie“ et ancien commandant militaire du mouvement indépendantiste Tchétchène. Celui-ci depuis les années 2000 bénéficie d’un confortable asile politique au sein de l’UE.

 

La guerre dans le Caucase a changé de forme et les autonomies relativement importantes dont bénéficient maintenant les entités politiques locales, par rapport au pouvoir fédéral ne justifient sans doute plus les guerres pour une autonomie déjà acquise. Aujourd’hui la région est menacée par une métastase terroriste radicale, à laquelle le pouvoir fédéral Russe et les autorités locales répondent avec le maximum d’énergie. L’affirmation forte de l’autorité centrale de l’état dans le Caucase nord doit bien sur accompagner un développement humain et économique important,  mais rien ne sera sans doute possible tant que la situation ne sera pas réellement stabilisée.

La méthode de stabilisation russe pour paraitre excessivement énergique pour des observateurs français, pourtant elle est sans doute la seule alternative d’affirmation de l’autorité de l’Etat dans le Caucase nord. La fédération de Russie ne souhaite pas que se développent sur son territoire des foyers de terrorisme. Il en va tant de l’intérêt de la Russie et de ses citoyens bien sur, mais également de la stabilité de la région toute entière.

 

La presse occidentale a souvent critiqué la Russie pour son “recours démesuré“ à la force brutale dans le maintien de l’ordre pendant les conflits du Caucase. Pourtant deux guerres interminables, en Afghanistan et en Irak, ont commencé sous la forme d’opérations de représailles anti terroristes après l’attentat du 11 septembre. Mais la comparaison doit s’arrêter là: pour la Russie, il s’agit de maintenir son intégrité territoriale et sa sécurité nationale.

 

L’état de droit en Russie – Colloque à Sciences Po paris (11 AVRIL 2011)

Le 11 avril dernier, s’est tenu à Sciences-po à Paris un colloque ayant pour thème: “la Russie et l’état de droit”. Le colloque se voulait (je cite) intervenir à un moment crucial de l’agenda politique russe:
– 8 mois avant les élections parlementaires à la Douma d’État (décembre 2011)
– 1 an avant les élections présidentielles (mars 2012)
– trois semaines avant le jugement en appel de Mikhaïl Khodorkovsky et de Platon Lebedev
Deux thèmes de discussion se devaient d’être discutés:
–> Quel rôle pour la société civile dans le système politique russe ?
–> L’état du système judiciaire russe
La liste des invités, tout autant que l’affiche utilisée pour promouvoir cet événement en dit long sur ce que l’on pouvait attendre d’un tel évènement:

– Mikhail KASSIANOV, co-président du parti d’opposition “Narodnaya Svoboda”
– Lecture d’un message d’Heidi HAUTALA, Présidente de la Sous Commission des Droits de l’Homme au Parlement Européen, députée européenne Les Verts.
– Zoya SVETOVA, journaliste d’investigation à l’hebdomadaire russe Новое Время
– Leonid GOLOVKO, Docteur en Droit et Professeur à l’Université d’État de Moscou Lomonossov (МГУ им. Ломоноссова), expert de la réforme du système pénal russe 
– Vadim KEINER, Directeur de rechercher au Hermitage Capital Management Group : affaire Serguey MAGNITSKY avocat de HCMG, décédé en prison en novembre 2009
– Un membre de l’équipe de défense de Mikhail KHODORKOVSKY.
– Cyril TUSCHI, cinéaste allemand, réalisateur du film documentaire “Khodorkovsky”, présenté au Festival International du Film de Berlin 2011
– Natalia IVANOVA, rédactrice en chef adjointe de la revue Znamia (Знамя), éditrice de la correspondance entre Mikhail Khodorkovsky et Ludmila Oulitskaïa
– Andrey ILLARIONOV, économiste, ancien Conseiller économique et Sherpa au G8 du Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine
– Natalie NOUGAYREDE, journaliste au service International du Monde, ancienne correspondante du Monde à Moscou
– Galia ACKERMAN, Présidente de l’Association Franco-Russe des Journalistes, ancienne chef du service Russe à RFI
– Ella POLIAKOVA, Présidente du Comité des Mères de Soldats de Saint-Pétersbourg (ONG)
– Anne NERDRUM, Amnesty International France
– Yury SAMODUROV, Collaborateur Scientifique en Chef du Département des Programmes et Projets Expérimentaux au Centre National pour les Arts Contemporains du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie (ГЦСИ), ancien Directeur du Centre Sakharov, condamné en 2010 avec Andrey EROFEEV pour “incitation à la haine religieuse” pour l’exposition “Art Interdit 2006”
– André GLUCKSMANN, philosophe et essayiste français
– François ZIMERAY, Ambassadeur français pour les Droits de l’Homme
Le colloque était précédé de l’AVANT-PREMIÈRE française du film documentaire “KHODORKOVSKY” du réalisateur allemand Cyril TUSCHI, en sa présence. 
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J’ai reçu de la part de Henri Paul FALAVIGNA, Président association humanitaire “solidarité enfants de Beslan” cette lettre de réponse que je me permets de publier ici.

Chers Amis,
Lors du colloque de lundi 11 avril 2011, organisé amphithéâtre Emile Boutmy,  par les étudiants  de l’association franco-russe de Sciences Po Paris, sur l’Etat de droit en Russie : nous avons été invités, puis bien accueillis par l’organisatrice «  j’espère que vous répondrez à nos interrogations » mais très vite, Il ne nous échappe pas que les entrées sont étroitement surveillées, pas d’accès sans invitation, et que la parole n’est jamais accordée à la salle, celle-ci à plusieurs reprises tente de s’exprimer , ce sera sans succès en dépit de ses cris !
André Glucksmann,  présente  les conclusions du colloque et  dénonce un pays  brutal qui ne  respecte pas les Droits de l’Homme, pour preuves : l’  attaque de l’école de Beslan par l’armée russe avec des lance-flammes  et l’invasion de la Géorgie en 2008! Nous protestons, nous n’obtenons pas la parole, et pourtant, nous avons une expertise de l’Ossétie?
 ***Beslan : nous avons  enquêté  en 2008 avec des journalistes de l’AFP, les enfants et  les adultes survivants que nous avons interrogés,  donnent le nom de « bandits » aux barbus qui les ont torturés pendant 3 jours. Ils situent la  bombe qui a explosé prés du panneau de basket, au fond à gauche du gymnase. La seule interrogation  comment et pourquoi a-t-elle explosé à 13 heures ? 
***Ossétie du Sud  deux journalistes de France3, effectuait un reportage sur les enfants à Beslan, lorsque nous avons appris le 8 aout 2008, l’invasion de l’Ossétie du sud par les géorgiens et leur bombardement de Tshinkivali. A notre demande, Les 2 journalistes : Sylvain Lequesne et son cameraman Jean Jacques Buty , sont allés sur place le 9 aout 2008, recueillir les témoignages de la population ossète sinistrée, traitant leurs agresseurs géorgiens de fascistes, leur reportage   transmis au JT de France3  le soir même .son   DVD est à  disposition.
 Il faut attendre la clôture du colloque pour enfin nous approcher André Glucksmann : « faites attention : vous vous décrédibilisé, et nous faites beaucoup de peine, avec d’énormes contre vérités : à Beslan et Tshinkivali la Russie est la victime d’agressions elle ne fait que se défendre, et c’est reconnu actuellement par toutes les diplomaties»
André Glucksman se  retourne  vers sa voisine  et nous présente Nathalie Nougayrède, journaliste du journal Le Monde : “Voici la source de mon information, elle était  présente à Beslan. Elle a vu l’emploi de lance-flammes » « Oui, à Beslan, j’ai vu l’emploi de lance-flammes par l’armée russe »,
Nous l’interrogeons « à quelle heure ? » pas de réponse … Nous lui rappelons qu’un assaut organisé et planifié ne dure pas 4 heures comme à Beslan. Lorsqu’à 13 heures les bombes des terroristes explosent, des enfants  projetés à l’extérieur, s’enfuient  (photos de Paris Match d’une gamine qui cherche à rentrer à nouveau dans l’école pour retrouver sa famille)  Tandis que les policiers, surpris, sans prendre le temps de mettre leurs gilets pare-balle, se précipitent  au secours des enfants, fendent la foule des familles (il n’y avait pas d’intervention programmée, donc pas de périmètre de sécurité). Les terroristes islamistes étaient une trentaine, ingouches et tchétchènes. Pour les mettre hors de combat dans des divers bâtiments du groupe scolaire proche du gymnase, il faudra plusieurs heures et c’est là seulement que des moyens lourds ont été mis en œuvre pour éliminer les derniers terroristes. Un seul terroriste survivra, il échappe à son lynchage par les familles des enfants de Beslan,  jugé il est condamné à la prison à perpétuité (en Russie un moratoire évite la peine de mort)
Lors des prises d’otages, Les protocoles d’assaut des forces spéciales anti-terroristes sont  toujours d’une exécution rapide.  En France le GIGN est intervenu à l’aéroport de Marseille en moins de 20 minutes….comme  Israël à Entebbe et Alpha et Vimpel à la Doubrovka de Moscou.
Il ne faut pas effacer les 3 jours de tortures des enfants: dés  le 1er septembre 2004, les terroristes islamistes ont assassiné des parents et des enfants et disposé des bombes dans le gymnase où leurs 1127 otages étaient entassés. Pendant 3 jours les enfants ont été torturés, obligés de survivre devant le sang de leurs parents assassinés, privés  de boissons en dépit d’une forte chaleur estivale, les enfants humectent leurs bouches avec leurs urines ! 
Le 3 septembre ,les terroristes tirent sur les enfants qui s’enfuient, ici photo de Georgi illil, une balle des terroristes reçue dans le dos, sa photo a fait le tour du monde, il est désormais parrainé par notre vice présidente Victoria Faddeeff qui lui adresse beaucoup de tendresse
Comme les américains à  la Nouvelle Orléans pour Catherina, à Beslan les russes ont été dépassés par les dimensions exceptionnelles de leur drame.
Les responsables OSSETES  avaient leurs enfants dans l’école et redoutaient une intervention. Les explosions ont surpris les autorités et  il n’y a pas eu d’assaut organisé.
André Glucksmann : «  l’état de droit n’existe pas en Russie: rappelez vous, L’agression de la Russie sur la Géorgie » … Encore une contre vérité reconnue par la diplomatie internationale. La capitale Tshinkivali a été gravement bombardée par les géorgiens lors de leur invasion d’Ossétie du sud le 8 aout 2008. Nous avons le DVD  témoignage des journalistes de  France3 en reportage en Ossétie, présents à notre demande le 9 aout 2008 à Tshinkivali, au milieu des ruines, après les bombardements de la population civile  par les géorgiens.
Pourquoi   accuser les victimes ?  Pour tenter d’innocenter les coupables ?  
Pourquoi oublier la responsabilité première  des terroristes islamistes et leurs 3 jours de tortures et d’assassinats d’enfants, qui précédent les explosions du 3 septembre 2004.

André Gluksman: respectons  la mémoire des enfants innocentes victimes des terroristes   
Henri Paul FALAVIGNA
Président association humanitaire “solidarité enfants de Beslan

L’opium du people

Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà sans doute Oncle-Vania, qui en 2009 et 2010 à publié d’excellentes analyses sur les médias Français et la Russie, dans le Courrier de Russie. Afin de garder sa liberté de ton et pouvoir continuer à donner son analyse de Français de Russie, Oncle Vania va désormais collaborer à Dissonance et tenir une rubrique régulière. Nul doute que ses analyses dissonantes ont totalement leur place sur ce blog!

 

L’analyse ci dessous date de près d’un an, mais est plus que d’actualité. A rapprocher de mon précédent article sur le trafic de drogues en Russie.

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La Russie , par les voix de Dimitri Rogozine, représentant permanent de la Russie auprès de l”OTAN et de Viktor Ivanov, responsable de l’agence fédérale de lutte contre la drogue, hausse le ton  contre la politique  de l’administration Obama et de l ‘OTAN dans la lutte contre le narco-trafic en Afghanistan. La Russie paye un lourd tribut a l’héroïne. Entre deux millions et deux millions et demi de russes dépendants a l’héroïne ont été recenses, 30.000 personnes perdent leur vie par an sur overdose, sans compter les effets induits sur la transmission du virus HIV. Dimitri Rogozine engage le débat sur deux fronts. Le premier sur le fait que la production de pavot a opium a été multipliée par 40 depuis le début de l’intervention américaine (données ONU et service fédéral russe pour le contrôle des stupéfiants), le second  sur l’exportation croissante de produits précurseurs de drogues synthétiques d ‘Europe vers l’Afghanistan.

 

Ces précurseurs permettent de transformer l’opium brut en héroïne pure sur place. L’Afghanistan produit aujourd’hui 90% de l’héroïne mondiale. Les cultures et les laboratoires de transformations sont situes majoritairement dans les zones sous contrôle de l’OTAN, d’ou la mise en cause par Moscou  de l’organisation devant le conseil de sécurité de l’ONU.

 

Les liens entre le narco trafic et les États-Unis via la C.I.A ne datent pas d’aujourd’hui. La plupart des guerres clandestines de l’agence ont mêle le narco-trafic aux mouvements de guérillas anti communiste. La Birmanie dans les années 50, le Laos puis le Vietnam dans les années 60. L’Amérique latine dans les années 70 et 80, puis l’Asie centrale.

 

Tout le monde a encore en mémoire le scandale de l ‘Irangate a la fin des années 80 ou l’administration Reagan avait été mouillée dans un vaste scandale de traffic de cocaïne mêlant les contras nicaraguayens et des ventes d’armes a l’Iran. Le marche de la drogue fonctionne avec une dynamique qui lui est propre, basée sur la demande, tandis que les centres de productions fluctuent.

 

Les cinq grandes guerres contre la drogue initiées depuis Nixon par la plupart des administrations présidentielles américaines ont coutées 150 milliards de dollars et n’ont abouti a rien . Pendant que la D.E.A, l’agence américaine de lutte contre la drogue enquêtait sur le terrain la C.I.A organisait et finançait le traffic pour servir ses intérêts propres. Il serait intéressant de superposer les cartes des fluctuations des grands centres de productions de pavot et d’héroïne a celle de la géopolitique et des guerres clandestines des États-Unis.

 

Le glissement de l’Asie et du triangle d’or vers l’Asie centrale, l’Afghanistan et le Pakistan illustre parfaitement cette théorie. Pour revenir a Kaboul, les américains s’opposent a éradication des champs de pavots et a la régulation des précurseurs. Le cout géopolitique est il trop élevé ? Il est vrai que l’essentiel du traffic est organise par Ahmed Wali Karzai, le frère du président afghan, et que dans la filière de distribution nous retrouvons les groupes criminels organises du Kosovo et leurs liens avec Hashim Thaci, premier ministre kosovar et grand ami de Washington….

Pour terminer sur une note un peu plus légère sur les abus de produits illicites, notre ami le président géorgien Saakashvilli a du forcer sur quelque chose pour se laisser aller a cette incroyable provocation télévisuelle mettant en scène l’invasion de la Géorgie par les troupes russes !!!

 

Nous lui souhaitons un prompt et bon rétablissement.

A quand une croisade contre le trafic de drogue?

Cet article a été publié originalement sur Ria-Novosti
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Jeudi 31 mars 2011, les forces de l’ordre ont interpellé dans les environs de Krasnoïarsk (Sibérie) un individu qui transportait un sac contenant 10 kg d’héroïne, pour un montant de plus de 300 millions de roubles (7,5 millions d’euros). Deux jours auparavant, le 29 mars, ce sont près de 82 kg d’héroïne cachés dans une cargaison de pommes qui ont été saisis à Novossibirsk en Sibérie occidentale.

Le 23 mars, près de Voronej, ce sont près de 10 kg d’héroïne qui ont été saisis sur un citoyen du Tadjikistan. Ces chiffres ne sont que l’illustration d’une semaine ordinaire de la lutte contre le trafic de drogues en Russie. L’explosion du trafic et de la consommation de drogue depuis les années 90 a été tellement forte qu’aujourd’hui le pays comprendrait près de 2,5 millions de toxicomanes.

 

Près de 75 tonnes de drogue pénètrent chaque année en Russie, dont près de 35 tonnes d’Afghanistan qui est le premier producteur au monde avec plus de 80% de la production mondiale. Près de 60% de cette production transiterait par l’Asie occidentale et 20 % par l’Asie centrale pour rejoindre ensuite essentiellement l’Europe et la Russie. Rien que dans la province du Badakhchan, au nord de l’Afghanistan, plus de 500 laboratoires fabriqueraient des stupéfiants destinés au marché russe. En 2010 environ 711 tonnes de stupéfiants en équivalent opium ont été consommées dans les pays européens, contre 549 tonnes en Russie. La Russie consommerait à elle seule 20% de l’héroïne produite dans le monde et plus d’un tiers de l’héroïne afghane serait acheminée en Russie via l’Asie centrale, notamment par le Kazakhstan, comme on peut le voir sur cette carte. En Russie, ou la situation démographique est en redressement fragile depuis une décennie, l’état doit faire encore face à une surmortalité importante car bien sur, la grande majorité des toxicomanes sont des jeunes (18 et 39 ans), et ils sont fréquemment touchés par le Sida, ce qui réduit d’autant leurs chances de réinsertion, mais également de survie. Bien conscient du péril, la plupart des Russes (57%) considèrent toujours l’alcoolisme et la toxicomanie comme les problèmes principaux du pays, selon des sondages du Centre d’étude de l’opinion publique russe (VTsIOM).

 

L’explosion de la production de l’héroïne date des années 70, les filières ont été un temps contrôlées par les mafias françaises (la fameuse french-connexion, qui acheminait la drogue d’Afghanistan vers l’Amérique par la France), puis ce sont les réseaux Asiatiques, Albanais et Turcs qui reprirent la juteuse affaire. En 2000, après la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan, le Mollah Omar déclara que la culture du pavot était anti-islamique et devait donc cesser. Malheureusement, après l’intervention de l’Otan et les Talibans une fois chassés du pouvoir (en 2002), la culture du pavot repartit à la hausse. Dès 2006 l’Afghanistan était redevenu le premier producteur mondial, le pavot somnifère étant cultivé par environ 3,5 millions de paysans.

 

Pour cette raison, consciente du total échec de la coalition occidentale à lutter contre ce fléau, la Russie à dès l’année dernière participé à des opérations communes avec l’Otan pour tenter de lutter contre ce problème dans le cadre du conseil Russie-Otan.
Pour la seule année 2010, 1.277 opérations anti-drogue ont été menées en Afghanistan, permettant la saisie de près de 52 tonnes d’opium, de 7 tonnes d’héroïne, de 65 tonnes de haschisch, de 3,4 tonnes de morphine et de 180 tonnes de précurseurs chimiques. 64 laboratoires de fabrication de stupéfiants ont été détruits, tandis que 1.186 personnes suspectées de trafic de drogue, dont dix étrangers, ont été arrêtées. En Russie, plus 120.000 personnes ont été traduites en justice pour des délits liés à la drogue pour la seule année 2010. Le trafic de drogue afghane est en outre l’une des méthodes de financement du terrorisme dans le Caucase du nord. Pour cette raison, lors du forum international antidrogue de juin dernier à Moscou, le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov à appelé à ce que la drogue afghane soit qualifiée par le Conseil de sécurité de l’ONU comme une menace à la sécurité et à la paix.

 

D’après les experts, ces dix dernières années, les stupéfiants afghans ont causé la mort de plus d’un million de personnes dans le monde. Selon le ministre Russe de l’intérieur Rachid Nourgaliev, la drogue ces dernières années tue en moyenne 30.000 russes chaque année, et ce sont près de 70.000 décès chaque année qui sont lés à la consommation de stupéfiants soit près de 200 chaque jour. Il est difficile de se rendre compte de l’importance de ces chiffres, mais on peut faire une comparaison en disant qu’il s’agit chaque jour de l’équivalent en nombre de victimes de 6 attentats comme celui de Domodedovo de janvier dernier. Début mars 2011, le directeur de l’Institut de recherches politiques, Sergueï Markov a rappelé la volonté de la Russie de totalement détruire l’agriculture de la drogue en Afghanistan. Pour autant, jusqu’à ce jour, on doit constater que seuls les Talibans, quand ils étaient au pouvoir, ont su réellement freiner la production de pavot dans le pays.

 

D’après l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé), le trafic de stupéfiant est le troisième commerce en importance dans le monde derrière le pétrole et l’alimentation, mais avant le commerce des armes et des médicaments. C’est un réseau mafieux international qui continue à se développer, et l’importance des sommes en jeu favorise la corruption à tous les niveaux.  Peu à peu, les états prennent conscience que la cocaïne d’Amérique latine, l’héroïne d’Afghanistan et le cannabis du Maroc et de l’Asie centrale constituent une menace globale. Il y a les conséquences sur la santé publique, sur la démographie, sur la criminalité dans chaque pays, et aussi le risque de voir des mouvements terroristes se financer en faisant du trafic de drogue.

 

Cette prise de conscience incite les états à de nouvelles collaborations internationales dans l’intérêt commun. Dans le cadre du conseil de l’Europe dont la Russie est membre depuis 1999, pendant les réunions du conseil Russie-OTAN, aussi bien que devant l’assemblée générale de l’ONU, la lutte contre le trafic de stupéfiants est devenu un sujet majeur. Une guerre totale serait peut être la seule croisade juste.