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Censure Occidentale?

Нашумевший в российской блогосфере ролик «Россия без Путина? Welcome to Hell!» (на утро сегодняшнего дня было свыше 550 тысяч просмотров — всего за 4 дня) был удален с YouTube.
Как говорится в сообщении сервиса, «видео удалено по причине нарушения правил Youtube в отношении шокирующего и непристойного содержания».

Après plus de 550.000 consultations , la vidéo ” La Russie sans Poutine ? Bienvenue en enfer ” a été censurée par YouTube .
Pour l’enregistrer et continuer de la regarder : http://62.213.86.242/

Un lien avec les récentes accusations du porte-parole du Comité d’enquête, Vladimir Markine, qui a dénoncé que les vidéos des fraudes commises lors du scrutin législatif du 4 décembre 2011 sont des trucages diffusés depuis un serveur américain?

Main Stream Mediatique et 04 fevrier..

Cet article est inspiré de l’article Who ya gonna believe de Patrick Amstrong.
 
L’AP est comme chacun le sait l’une des principales agences d’informations généralistes de la planète. L’agence a pour slogan : “Depuis plus d’un siècle et demi, les hommes et femmes de l’Associated Press ont le privilège d’apporter la vérité au monde” (For more than a century and a half, men and women of The Associated Press have had the privilege of bringing truth to the world)
Le lendemain des manifestations a Moscou l’AP a affirmé“qu’un grand meeting anti-Poutine de 120.000 personnes avait eu lieu a Moscou selon les organisateurs”, et qu’un meeting pro-Poutine: “n’a réuni que 20.000 personnes, dont une majorité de professeurs, d’employés municipaux de compagnies d’états ou  de militants syndicaux venus via des bus fournis par les employeurs”.
Une recherche google de la phrase

“‘Putin drew no more than 20,000 people’ Moscow” renvoie déjà a prés de 7.000 sources dont de soi disant journaux sérieux, comme Globe et Mail (au Canada), Daily Mail, Guardian (Angleterre), NY Daily News, Fox, ABC, NPR, Time, Salon (USA); Hurriyet (Turquie); Drogheda (Irelande); India Times (Inde), etc.Voila donc la version de l’AP qui apporte la lumière et la vérité.

Maintenant les faits, têtus et qui vont a l’encontre de ce qui est écrit par l’AP.

1/ Tout d’abord les photos du meeting de l’opposition qui a réuni soi disant 120.000 personnes.

Un simple coup d’œil permet de voir que la place Bolotnaya n’était pas pleine et que la manifestation était sans doute moins importante qu’en décembre dernier. Manifestation du samedi 10 décembre place Bolotnaya (40 a 50.000 personnes).

 


Manifestation du samedi 04 février place Bolotnaya (50 a 60.000 personnes???).
Comme on peut le voir, la manifestation du 04 février n’a pas vu le double de manifestants comparé aux précédentes.

A titre indicatif, ci joint un calculateur de foule permettant de mesurer la potentielle foule maximale de cette place. On arrive difficilement a plus de 60.000 personnes, ce qui est le juste milieu entre les annonces des organisateurs (et de l’AP) qui prétendent 120.000 et la police qui prétend 35.000.


2/ Maintenant les photos du meeting pro-Poutine qui a réuni soi-disant seulement 20.000 personnes.

A titre indicatif, ci joint un calculateur de foule permettant de mesurer la potentielle foule maximale de cette place. On arrive a 100.000 personnes, un juste milieu entre les 20.000 de l’AP et les 190.000 de la mairie de Moscou. RIA-Novosti propose egalement une visite en 3D de la manifestation.

Enfin ce film a 01:10 est très parlant:

Mais rappelez vous, “Depuis  plus d’un siècle et demi, les hommes et femmes de l’Associated Press ont le privilège d’apporter la vérité au monde”

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A titre comparatif, la presse française a presque été discrète, seul le Parisien s’est fendu d’une belle bourde en reprenant le chiffre de 120.000 manifestants pour l’opposition et en illustrant le tout avec une photo du meeting pro-Poutine! :0

Tellement ridicule et drôle que la presse russe sur le conseil d’un
observateur éclairé s’est fendu d’un article que vous pouvez consulter ici.

 

 

Travailler en Russie

L’article original a été publié sur  Ria-Novosti 

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Dans les pays occidentaux, les jeunes diplômés ou non diplômés qui cherchent du travail se trouvent confrontés à des difficultés de plus en plus importantes. Dans la plupart des pays de l’OCDE, le chômage est à un niveau élevé et en augmentation, que l’on pense à la France, l’Irlande, l’Espagne ou la Grèce, sans oublier les USA… Dans la plupart de ces pays, on constate que l’immigration est de plus en plus contrôlée et de plus en plus difficile, ce qui montre l’inquiétude des gouvernements face à l’avenir, au chômage  et à la situation sociale. Dans tous ces pays, pour ceux qui veulent partir, le rêve d’aller chercher du travail dans un autre pays occidental (Amérique, Irlande, Angleterre) s’est lentement effrité et si le Canada et l’Australie restent des zones d’immigration économique, les conditions d’accession au marché du travail et à la résidence y sont de plus en plus difficiles. Ainsi, ceux qui souhaitent venir travailler en Russie sont de plus en plus nombreux.

En Russie, la situation est particulière. Le chômage baisse, la croissance économique se poursuit, et il y a un manque de main d’œuvre dans certains secteurs. Les autorités commencent à lutter sérieusement contre l’immigration clandestine, mais en même temps, elles cherchent à encourager l’immigration définitive, dans le cadre d’une planification démographique qui se met progressivement en place. De l’extérieur de la Russie, il est difficile de comprendre à quel point les flux de populations étrangères sont importants dans le pays.
J’ai déjà parlé dans une autre tribune du très grand nombre d’étrangers qui émigrent vers la Russie et ceux-là ne sont pas des émigrants fantômes. Selon les chiffres officielsdes contrôles aux frontières  pour l’année 2010, ce ne sont pas moins de 13.6 millions d’étrangers qui sont entrés sur le territoire de la fédération de Russie. 65%  de ces 13,6 millions d’étrangers étaient des hommes et 35% des femmes. Bien sur tous ces étrangers ne sont pas restés en Russie et 9,7 millions d’entre eux sont ressortis du pays. Le gros des étrangers entrants pour l’année  2010 venait d’Ukraine (21% des entrées soit 2.856.000 personnes), devant l’Ouzbékistan (14% des entrées soit 1.906.000 personnes), Kazakhstan (10% soit 1.306.000 personnes), le Tadjikistan (7% soit 952.000 personnes), l’Azerbaïdjan (6% soit 816.000 personnes) et la Moldavie (680.000 personnes). Ces six pays du monde postsoviétique ont totalisé à eux seuls près de 8,5 millions d’entrées. Au 31 décembre 2010, les services d’immigration estimaient qu’un peu plus de sept millions d’étrangers se trouvaient sur le territoire de la Russie, tout du moins légalement. Bien sur l’oblast de Moscou à lui seul a attiré près de 2,4 millions d’étrangers.

 

Il faut préciser qu’a ces immigrés légaux, s’ajoutent des immigrés illégaux, très nombreux si l’on en croit les dernières estimations synthétisées par mon collègue Hugo dans une de ses récentes tribunes: “En juillet 2010, Dimitri Medvedev affirmait que 4 millions de travailleurs se trouvaient en situation irrégulière en Russie. Des associations de défense des droits de l’homme évoquent cinq à sept millions de personnes, dont la majorité se trouverait dans la région de Moscou. Selon la police moscovite, la capitale compterait à elle seule 500.000 immigrés illégaux, principalement originaires d’Asie centrale et des républiques caucasiennes (hors fédération de Russie)”. Une grande partie de ces clandestins vient des pays d’Asie centrale (hors Kazakhstan qui fait partie de l’union eurasiatique) et ces migrants constituent le gros des troupes des gaustarbeiters, ce nouveau lumpenprolétariat. Par exemple, pas moins de 580.000 citoyens kirghizes, soit un dixième de la population de ce pays centre-asiatique, résideraient en Russie, dont une infime partie d’entre eux de façon légale. Pour cette raison sans doute, le pouvoir russe a récemment indiqué vouloir durcir les lois sur l’immigration clandestine et obliger les migrants légaux à passer des tests de langue, d’histoire et de droit russe, et ce afin de rationaliser les flux migratoires.

 

Mais les citoyens de l’espace postsoviétique ne sont pas les seuls à émigrer en Russie, les Européens de l’ouest sont également de plus en plus nombreux à choisir la destination russe. C’est l’Allemagne qui est en tête en Europe puisque pas moins de 482.000 Allemands sont entrés sur le territoire de la Fédération de Russie en 2010! Il ne s’agit pas de 482.000 immigrants bien sur, mais la bonne santé des relations économiques entre les deux pays encourage l’expatriation des Allemands.

 

Pour ceux qui viennent travailler en Russie pour le compte d’une multinationale, la voie est toute tracée. Mais pour ceux qui veulent tenter leur chance à titre individuel, c’est plus difficile: le cadre légal est compliqué, la situation parait confuse, les indices donnés sont opaques et l’expatriation reste angoissante. A première vue, la Russie n’a rien de rationnel. Il est difficile de se faire une idée du marché du travail russe.
En 2010 le salaire moyen en Russie se montait à environ 22.700 roubles nets (soit 570 euros), avec certaines disparités régionales comme on peut le constater ici. A titre de comparaison, le salaire mensuel net moyen se monte en Pologne à 610 euros, en Roumanie à 325 euros, en Bulgarie à 310 euros, en Chine à 300 euros, et en Ukraine et Biélorussie à 250 euros. L’objectif que la Russie a fixé est d’atteindre dans les 3 ans est un salaire moyen de 800 euros, 800 euros étant déjà aujourd’hui le salaire moyen à Saint-Pétersbourg.  Je précise qu’en Russie on parle de salaire moyen déclaré, quand encore souvent, une partie du salaire ne l’est pas. On parle aussi toujours de salaires nets, impôts et charges sociales déjà déduits, ce qui signifie que les valeurs réelles sont plus élevées que les chiffres donnés. Comme Saint-Pétersbourg, Moscou est sans doute la meilleure façon d’arriver sur le marché du travail, pour la simple raison que la région de Moscou représente 20% du PIB du pays, mais aussi parce que la plupart des grandes sociétés internationales y sont représentées. Par exemple, on dénombre en Russie près de 400 sociétés françaises et 4.000 sociétés allemandes qui ont presque toutes des représentations à Moscou.

 

Les fortes perspectives de croissance de l’économie russe pour les prochaines années et le dynamisme du marché intérieur font de la Russie une zone à très fort potentiel pour les sociétés européennes, surtout depuis que la crise a profondément grippé la croissance de la zone euro. Le salaire moyen à Moscou est de 43.000 roubles nets (1.040 euros) mais pour des jeunes spécialistes les salaires sont à des niveaux “européens” et le taux de chômage y est quasi nul, 1% par rapport à 6,3% pour le taux moyen en Russie. Quand aux possibilités de trouver du travail, la région de Moscou offre une situation idéale.

 

Si vous souhaitez tenter votre chance en tant que francophone en Russie, sachez qu’il y encore très peu de Français en Russie : environ 8000, dont 6.600 enregistrés de façon permanente. Les français sont principalement à Moscou, mais également dans la circonscription Nord-Ouest (400), dans le pôle industriel de Kalouga (120), dans la région de Rostov-Krasnodar (100 personnes) et enfin dans l’Oural principalement à Iekaterinbourg (40 personnes).
Enfin sachez que Monster n’est pas le site de recherche d’emploi principal en Russie, il vaut mieux consulter le célèbre site hh.ru! Vous pouvez vous y inscrire et tenter votre chance en mettant votre CV en ligne, face  aux dizaines de milliers d’offres d’emploi  qui s’y trouvent … Bonne chance en Russie!

Bilan demographique de l’année 2011 en Russie

Les chiffres de la démographie russe pour l’année 2011 sont disponibles et ils sont exceptionnellement bons.

 

Il y a eu en Russie en 2011 1.793.828 naissances, contre 1.789.623 en 2010, soit 4.205 naissances de plus.
Il y a eu en Russie en 2011 1.925.036 décès, contre 2.030.963 décès en 2010 soit 105.927 décès de moins.

La baisse naturelle de population pour 2011 est de 131.208 habitants.

Rappel de l’évolution démographique de 2005 a 2011:

Année        Naissances                Décès                   Solde naturel
2005           1.457.376               2.303.935                 -846.559
2006           1.479.637               2.166.703                 -687.066
2007           1.610.100               2.080.400               -470.300
2008           1.717.500               2.081.000               -363.500
2009          1.764.000              2.010.500                -246.500
2010           1.789.600              2.031.000                -241.400
2011            1.793.828              1.925.036                -131.208
2012            1.795.000              1.875.000               -80.000 ?


Pour une opposition Made in Russia

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
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Les élections présidentielles approchent, et la politique intérieure russe est un thème qui est revenu de façon assez récurrente au sein des analyses et tribunes récentes de RIA-Novosti. C’est aussi l’un des thèmes les plus discutés sur l’internet russe, surtout depuis décembre 2011. Récemment Maria Selina se demandait si une nouvelle vague d’émigration aurait lieu et elle en déduisait très adroitement que les manifestations de décembre 2011 pourraient théoriquement rassembler le cortège de ceux qui, rejetant le système politique russe, pourraient choisir de faire leurs bagages. Mes lecteurs le savent, j’ai couvert les manifestations de décembre et publié des photos et des textes qui ont donné lieu à des débats enflammés sur le sujet. Bien sur la position d’étranger qui commente la scène politique russe n’est pas très confortable, mais néanmoins un regard extérieur et comparatif a parfois son intérêt. 
 
Lors de discussions sur Facebook, Marina (une jeune franco-russe d’une 30aine d’années, trilingue, étudiante en MBA) a résumé les raisons pour lesquelles elle était descendue dans la rue pour protester contre le régime. Elle m’a écrit: ” la scène politique en Russie est bloquée car le parti de Poutine ne laisse pas de possibilités de développement à d’autres partis “. Marina souhaite “l’apparition de nouveaux partis, forts et jeunes et ne plus vivre avec un seul parti dominant comme Russie-Unie”. Elle dénonce aussi le “multipartisme de façade” qui règne en Russie car pour elle “les partis d’opposition sont des vieux partis dirigés par des esprits soviétiques, pour lesquels les gens votent sans conviction, seulement afin de ne pas voter pour Russie-Unie”.


 
Cette revendication m’a entrainé dans une foule de réflexions et je ne peux m’empêcher en tant qu’étranger de tenter une comparaison avec la France. Que constatons-nous en France ? Certes une alternance existe depuis quelques décennies entre deux courants, représentés par les deux partis dominants. Mais ces deux vieux partis de centre droit (UMP) et de centre gauche (PS) présentent ils réellement des différences idéologiques fondamentales face aux contraignantes exigences supranationales de Bruxelles? Est-ce qu’on peut rêver en France, comme Marina en Russie, de “l’apparition de nouveaux partis, forts et jeunes” ? Est-ce cela “une scène politique non bloquée”? Pouvoir voter non pour un mais pour deux partis qui ne savent pas gérer l’économie française, qui ont presque le même programme et les mains totalement liées par 30 ans de mauvaise gestion préalable, qui est de leur fait? Ont-ils la moindre marge de manœuvre face aux déficits abyssaux qu’ils ont créés ? En France, des partis considérés comme plus ou moins anti système comme le Front national ou le Parti de Gauche sont tenus à l’écart de la gouvernance par de subtils mécanismes politiques. Par conséquent les représentations à l’assemblée ne sont pas non plus totalement proportionnelles, ni justes. En France aussi on choisit au premier tour et on élimine au second, cela veut dire qu’au final on ne vote pas forcement pour un parti mais contre un parti. C’est ce qu’a écrit Marina pour la Russie : “Le vote pour certains partis est principalement un vote contre Russie-Unie”. Ce rêve d’une opposition digne de ce nom est intéressant. Le but d’une opposition est de porter une politique alternative à celle en vigueur. 


 
Une opposition nouvelle et crédible en Russie devrait d’abord être identifiable, surtout quand à la teneur de son projet pour le pays, démontrer une aptitude à exercer le pouvoir, s’imposer par des élections,  et pas seulement s’opposer au pouvoir via des déclarations et des manifestations de rues.  La difficulté de s’opposer constructivement à Vladimir Poutine, d’après Viktor Loupan, est que “ce dernier est à la fois de gauche, de droite, patriote, libéral, nationaliste et mondialiste. Pour s’opposer ne serait-ce qu’à une position centriste, il faut une solide culture politique et une plateforme idéologique inébranlable. Pour devenir une véritable force politique, il faut du temps et de la patience. (…) Regardez : Mitterrand commença à s’opposer à de Gaulle en 1958 et ne parvint au pouvoir qu’en 1981”. 


 
Je ne suis pas seul à penser que les hommes et femmes politiques doivent avant tout défendre les intérêts nationaux et les citoyens de leurs pays. Je n’ai pas non plus de partis qui me satisfassent dans mon pays, la France, mais pour autant je ne sais pas ce que je penserais (et ce que penseraient mes concitoyens) si des immixtions étrangères palpables étaient constatées dans le processus politique et électoral du pays comme c’est le cas en Russie. Comme le rappelait la journaliste du courrier de Russie Clémence Laroque, le nouveau visage de la diplomatie américaine en Russie s’appelle Mike MacFaul . Ce nouvel Ambassadeur a toujours affiché ses positions en faveur d’un rétablissement des relations russo-américaines après l’ère Bush, mais il est également “considéré comme un spécialiste des révolutions de couleur”. Doit-on voir un lien avec les manifestations de décembre dernier et celle de février prochain? Ou avec les accusations de financement d’opposants actifs (Nemtsov ou Navalny) par des ONGs  américaines? Ou plutôt un lien avec cette bien curieuse invitation des représentants de l’opposition russe à l’ambassade américaine de Moscou le 17 janvier dernier, soit seulement 3 jours après la nomination de cet ambassadeur en Russie? 


 
Peut-on imaginer par exemple en France le Front National être reçu par l’ambassadeur de Russie pour se plaindre de ne pas avoir de députés? Ou Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) être reçu par l’ambassadeur  de Chine après avoir organisé des manifestations à Paris? Que penseraient les citoyens et électeurs français? J’ai publié récemment une tribune à propos de ce projet “national-démocrate” qui cherche à rassembler les deux courants que sont le courant libéral et le courant nationaliste modéré, et qui pourrait avoir émergé des manifestations de décembre dernier. Pour l’analyste russe Dimitri Olchansky les manifestations ont en effet traduit l’opposition d’un pan minoritaire de la société (qualifié de “population européenne”) avec le pan majoritaire de la société (qualifié de “population archaïque”). Pour lui, cette opposition devrait entraîner l’émergence d’une idéologie nationaliste dominante, avec tous les risques que cela comprend. Pour lui Russie-Unie serait donc aujourd’hui une sorte de valve de sécurité, dont la tache principale serait de garder le pouvoir et de déverrouiller progressivement certains blocages psychologiques de la société russe, en accompagnant une subtile libéralisation du système. Ainsi, Dimitri Olchansky conclut:” plus longtemps Poutine conservera le pouvoir, plus on aura de chances de voir la société russe évoluer de façon paisible et harmonieuse. Les nationalistes finiront de toute façon par prendre le pouvoir, c’est inévitable. Mais plus tard ce jour arrivera, plus ils seront civilisés”. 


 
Pour ceux qui rêvent de la disparition du pouvoir de Russie-Unie, la seule solution crédible serait sans doute l’apparition d’une opposition non déstabilisante pour le pays, bien sur compétente, mais et surtout “Made in Russia”. Certainement pas une opposition issue du passé ni une opposition financée par l’étranger. Mais une telle opposition peut elle éclore à quelques semaines des élections présidentielles?  La scène politique russe est plus passionnante que jamais.


Russie: l’idéologie nationale-démocrate devient manifeste

L’article original a été publié sur RIA-Novosti

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Des lecteurs français se sont étonnés de voir, sur les photos des manifestations de décembre 2011, à Moscou, à la fois des mouvements dits nationalistes, et des sympathisants de mouvements dits libéraux, puisque par essence ces idéologies sont théoriquement totalement opposées sur la scène politique. Plusieurs m’ont demandé ce que représente l’opposition anti Poutine qui a manifesté. Cette question est fondamentale, si on veut comprendre les évolutions politiques qui se dessinent dans la Russie d’aujourd’hui. La recomposition de la scène politique russe et le multipartisme existant au sein de la démocratie dirigée russe, font de la fédération un alien parmi les systèmes politiques européens.
A la fin de l’année 1999, le président Eltsine démissionne et s’efface au profit de son nouveau premier ministre Vladimir Poutine. Son ascension sera organisée par les oligarques d’Eltsine, et en septembre 1999, un nouveau parti centriste à été créé, le parti “Unité”. Ce parti était destiné à permettre l’accession de Vladimir Poutine au pouvoir. Unité fait face, à l’époque, à 15 autres structures dont principalement le Parti Communiste, le “Parti Libéral Démocrate” (étatiste-nationaliste), et le parti “Notre patrie-la Russie” dirigé par le puissant maire de Moscou Iouri Louzkov et par Evgueny Primakov. Aux législatives de 1999, Unité obtient 23.32% des voix, contre 24,29% pour le parti communiste et 13,39% pour le bloc de Louzkov et Primakov. L’opposition libérale (Iabloko et l’union des forces de droite) obtient près de 14%. La présidentielle de mars 2000 voit la victoire de Vladimir Poutine, qui jouit du soutien des leaders du bloc “Notre patrie la Russie”. En avril 2001, “Unité” et “Notre patrie la Russie” fusionnent pour créer un seul parti: Russie-Unie. Durant les 8 ans qui ont suivi sa création, le parti Russie Unie ne s’est pas défini une idéologie ou une orientation politique spécifique. Pendant cette période, Russie Unie s’est considéré comme le parti de  la reconstruction et de la restauration de l’état. Ce n’est qu’en 2009 lors du 11ème congrès du parti que la ligne idéologique du parti a été définie, à savoir le conservatisme russe. Cette ligne idéologique a été adoptée par les trois clubs ou courants qui composent Russie unie: le courant Social-conservateur, le courant Libéral-conservateur et le courant Étatique-patriotique.  On peut donc qualifier Russie-Unie de parti centriste et conservateur. Russie-unie est le parti de gouvernance principal en Russie et son poids électoral est devenu le plus important. Autour de Russie Unie qui gouverne, l’échiquier politique ne s’est pas organisé de manière linéaire, de l’extrême gauche à l’extrême droite, comme par exemple en France, mais plutôt en cercles concentriques.

Au centre, le cercle Russie Unie avec ses courants internes. Autour, un “premier cercle” est constitué de partis qui pratiquent l’opposition non systématique et qui ont une solide assise électorale en Russie. Le parti communiste qui est comme son nom l’indique un parti de gauche, étatiste et nostalgique de l’Union Soviétique. Plus à droite de l’échiquier politique, le Parti Libéral-Démocrate est un parti nationaliste, étatiste et qui défend un patriotisme plus ethnique, panrusse. Enfin récemment un parti étatiste et patriote de gauche, Russie-Juste, a fait son apparition. Il est une sorte de pendant de centre gauche de Russie-Unie. Ces partis ont un point commun: ils défendent une forme de patriotisme fédéral, post-impérial et non ethnique, un patriotisme pan-Russien. Le parti communiste et Russie Juste ont beaucoup progressé aux dernières législatives, au détriment de Russie Unie. Bien que faisant partie de l’opposition, ils forment avec Russie Unie une sorte de cercle global de gouvernance. 

Enfin un “cercle extérieur” d’opposition existe, qui rassemble une série de partis qui comprend à la fois des partis radicaux extrémistes, tout comme des partis libéraux. Certains ont parfois été présents aux échéances électorales des 15 dernières années. Ce cercle extérieur comprend aussi des mouvements non organisés en partis politiques. C’est précisément ce troisième cercle hétéroclite qui s’est exprimé politiquement dans la rue en décembre dernier. C’est ainsi qu’on a pu voir dans le rassemblement du 4 décembre 2011 à la fois les partis libéraux, l’extrême droite, ainsi que divers mouvements de la société civile, d’orientations plutôt libérale. Les manifestations de décembre dernier ont été cela dit coordonnées par des partis libéraux  d’opposition dont le poids électoral est passé de 14% aux élections législatives de 1999, à 4% en 2003, 1,56% en 2006 et 3,43% en 2011. Ces partis ont en général une vision ouest-orientée (pro-occidentaux). Des mouvements radicaux extrémistes de droite, et dans une moindre mesure de gauche ont aussi joué un rôle important, via le front de gauche ou les radicaux de l’ex DPNI, un mouvement d’extrême droite aujourd’hui interdit. 


Le charismatique blogueur Navalny est une fusion intéressante de ces différents courants. Ancien militant d’Iabloko (parti d’opposition libéral) cela fait plusieurs années qu’il tente de bâtir des ponts entre libéraux et nationalistes puisqu’en tant que membre d’Iabloko il avait rédigé un manifeste nationaliste et s’était défini comme un “nationaliste-démocrate”. Cette idéologie nationale-démocrate concerne donc l’opposition libérale mais également une frange nationaliste, créant ainsi une sorte de coalition Orange-brune. Un parti Nazdem (National-démocrate) a même fait son apparition fin 2010, prônant notamment la coopération avec l’OTAN ou encore la sécession du Caucase. Le point commun de ces mouvements? Leur grande proximité avec l’étranger, Navalny tout comme l’opposition libérale ayant été régulièrement accusés d’être financés de l’extérieur, notamment  par le département d’état américain. Des preuves ont récemment mis en évidence la réalité de ces accusations.  Pour autant cette idéologie “nationale-démocrate” n’est pas nouvelle. En 2005 déjà l’analyste Dimitri Kondrachov affirmait déjà qu’à la suite du renforcement de l’influence américaine et de l’idéologie de droite dans la politique de l’UE, la doctrine Brezinski (affirmant que la Russie doit être “refoulée à la périphérie est de l’Eurasie”) allait trouver des soutiens en Europe de l’ouest. En effet les pays de la vieille europe comme la France et l’Allemagne (jugés trop favorables à a la Russie), devaient désormais être refoulés a la périphérie ouest de l’Eurasie”, dans  l’arrière-cour de la nouvelle Europe, régie par ”l’idéologie nationale-démocrate”. 


Peut-on parler d’émergence d’un courant politique national-démocrate d’opposition comme résultat principal des évènements politiques de décembre dernier?
La question reste posée.

Bonne fin d’année 2011 (par Oncle Vanya)

Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà sans doute Oncle-Vania, qui en 2009 et 2010 à publié d’excellentes analyses sur les médias Français et la Russie, dans le Courrier de Russie. Afin de garder sa liberté de ton et pouvoir continuer à donner son analyse de Français de Russie, Oncle Vania va désormais collaborer à Dissonance et tenir une rubrique régulière. Nul doute que ses analyses dissonantes ont totalement leur place sur ce blog!

 
Les élections russes et les turbulences qui ont suivi ont agité le monde occidental, Etats Unis en tête, et démontré leur absence de grille de lecture de la vie politique russe. La palme revient à Hillary Clinton dont on se demande de plus en plus si elle est vraiment aussi stupide ou si elle fait semblant. Déclarer de but en blanc que les américains soutiennent l’opposition russe est leur donner le baiser de la mort. 
Cela dit, l’opposition russe, c’est qui ? les trois clampins de service, Nemtsov, Kasparov et Limonov qui ne représentent qu’eux mêmes… Les manifestations de Décembre, n’avaient rien à voir avec une quelconque opposition structurée, mais plutôt à une réaction mature et saine de la société civile. Il est clair que les dirigeants russes après une douzaine d’années de pouvoir, d’une réelle popularité, se sont coupés des aspirations de leurs administrés. Il est toujours utile de relire la bible de Roberto  Miquel, les partis  politiques et sa loi d’airin de l’oligarchie… 

La première erreur politique a été le tour de passe passe entre Medvedev et Poutine, je reprends la présidence et je te redonne le poste de premier ministre. Si les considérations derrière cet accord incestueux étaient surtout d’ordre de stabilité pour calmer les tensions entre les deux administrations, la société civile russe l’a très mal vécu, se sentant mise hors jeu, d’autant que le bilan de Dimitri Medvedev est loin d’être reluisant. Son cheval de bataille, la lutte contre la corruption a été un fiasco total, cette dernière aurait décuplée pendant sa présidence. 

La seconde erreur politique a été celle de Vladimir Poutine, endossant un costume de chef de parti pour défendre sectairement  à  chaud Russie Unie. Il est clair qu’il y a eut des irrégularités pendant le scrutin, pas aussi massives qu’annoncées, certes, mais indéfendables, et qu’une bonne partie des députés et cadre du partie sont lois d’être irréprochables. 

 
Depuis, Vladimir Poutine a repris la main, et de la hauteur, se représentant comme le futur président de tous les russes, offrant une main tendue à certaines personnalité d’opposition. Son vibrant hommage a Alexei Kudrin n’est pas passé inaperçu. 

En revanche il est resté très ferme sur cette opposition fantôme chérie par Miss Clinton, Nemtsov et consorts financés par des fonds étrangers. L’équation majeure est que la Russie a besoin de stabilité, et qu’il n’y a pas d’alternative crédible à Vladimir Poutine aujourd’hui,.

 
Les manifestations de décembre ont été une salutaire piqûre de rappel qui démontre que la dialectique entre le peuple et ses dirigeants est ce qui fera aller la Russie de l’avant.Le monde a besoin d’une Russie forte et stable, pour contrecarrer les délires belliqueux d’une Amérique arrogante et d’une Europe à la remorque. Il suffit d’écouter Alain Juppé, fier comme un paon de cette victoire à la Pyrrhus en Lybie, devenue le nouveau sanctuaire d’Aqmi et d’une partie de la branche Pakistanaise d’Al Qaeda, en rajouter pour se présenter comme le chef de file des vrais faucons pour aller attaquer la Syrie et l’Iran. 

On pensait avoir touché le fond avec Kouchner, mais non…..