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Que pensent les russes de l’opération spéciale en Ukraine ? (août 2022)

J’ai déjà publié quelques sondages (Voir la fin de ce message) sur l’opinion des russes sur l’Ukraine.

Kommersant a publié les résultats d’un sondage de rue.

59% des Russes estiment que l’opération militaire spéciale en Ukraine traîne en longueur, et 30% pensent que les hostilités dureront plus d’un an.

Dans le même temps, 60% des personnes interrogées soutiendraient la décision de Vladimir Poutine de lancer une “nouvelle offensive contre Kyiv”, mais dans le même temps 65% approuveraient également l’intention du président d’arrêter l’opération spéciale et de signer un accord de paix.

62% des Russes sont convaincus que l’opération spéciale est “certainement” ou “plutôt” réussie, et seuls 19% sont d’un avis contraire, et 19% ont du mal à répondre.

62% des hommes interrogés ne sont pas prêts à participer personnellement aux hostilités en Ukraine, s’ils en ont la possibilité – c’est cependant six pourcents de plus que dans une enquête similaire qui a eu lieu en la seconde quinzaine de mai.

29% des répondants ont exprimé leur désir de participer à l’opération spéciale, et le plus souvent les 45 à 59 ans (37%) l’avouent, alors que chez les hommes de 18 à 29 ans seulement 23%.

La menace de pénurie inquiète les Russes plus que l’utilisation de l’arme nucléaire.

La décision de Vladimir Poutine “d’annoncer demain le début d’une nouvelle attaque contre Kyiv” serait soutenue par 60% des personnes interrogées, 26% seraient contre. 65 % approuveraient une hypothétique décision du président « demain » d’arrêter l’opération spéciale et de signer un accord de paix et 28 % seraient contre.

En général, 52% des personnes interrogées sont favorables à la poursuite de l’opération militaire et 38% favorables à des négociations de paix.

Les auteurs de l’étude notent que sur la période de mi-mars à fin juillet, le ratio partisans et opposants à l’opération spéciale est resté pratiquement inchangé : 69% des sondés la soutiennent et 23% ne la soutiennent pas, tandis que 8 % ont trouvé difficile ou ont refusé de répondre.

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Russie : interdiction des téléphones dans les écoles russes

J’ai déjà longuement écrit sur le profond tournant conservateur de l’éducation russe illustre par la rentrée du premier septembre de cette année 2022.

Une autre bonne nouvelle vient de tomber, désormais les telephones portables sont interdits dans les écoles.

Source

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La rentrée scolaire en Russie le 01/09/2022
URSS 2.0 : le retour des Pionners en Russie ?
Russie : confirmation de la reprise en main de l’éducation fédérale
Education en Russie : vers un système national russe pour l’éducation ?
Réunion des BRICS sur l’éducation
Vers la reconnaissance faciale dans les écoles de Moscou ?
La Russie va créer 30 nouvelles écoles d’ingénieurs
La décolonisation de l’éducation russe ?
Rentrée scolaire 2022 : hymne et lever de drapeau dans les écoles russes
Russie : vers l’école idéale
Russie : vers un remplacement du baccalauréat par le portfolio numérique ?
Moscou : ouverture du premier technoparc des industries créatives pour enfant
La migration vers du digital Made in Russia dans l’éducation
Le ministère de l’Éducation russe va confiera à l’IA la vérification des devoirs des écoliers
Les universités russes adoptent la Biométrie
Nouvelle matière dans les écoles russes : “Ma RUSSIE”
L’enseignement des valeurs familiales comme nouvelle matière dans les écoles russes
Russie : révisions des programmes d’histoires
L’enseignement du patriotisme comme nouvelle matière dans les écoles russes
Vers la création d’un Internet blanc en Russie ?
Vers la création d’un profil d’identifiant numérique dans l’éducation nationale russe
Nouvelles facultés liées à l’étude du cerveau et à l’intelligence artificielle
La littératie financière désormais enseignée à partir de l’école primaire
50% des sujets de la fédération de Russie verront de nouvelles écoles
La rentrée scolaire en Russie le 01/09/2021

Humeurs pre-electorales a Moscou

Ces 9, 10 et 11 septembre se tiendront des élections locales / municipales à Moscou.

A ce titre l’organisation de sondage RussianField a fait une enquête sur 2.000 moscovites pour définir les 7 humeurs qui caractériseraient la population moscovite au devant de ses élections :

  • 79,1% des gens sont satisfaits ou plutôt satisfait de la situation dans la ville tandis que 18,2% ne sont pas satisfaits de la situation à Moscou.
    La part de ceux qui sont satisfaits de la situation diminue avec l’augmentation de l’âge et augmente en fonction de la hausse des revenus.
    En clair, les jeunes et les gens sans soucis financier sont plus satisfaits que les gens plus âgés et plus pauvres.
    86% de ceux qui sont satisfaits de la situation dans la capitale ont déclaré qu’ils iraient certainement aux urnes. Parmi les mécontents, seuls 11% sont déterminés à participer au vote.
  • La majorité des Moscovites (59,2%) pensent que la situation dans la ville s’est améliorée au cours des 2 dernières années. 25% ont déclaré que la situation restait inchangée et 13% des répondants estiment que la situation dans la capitale s’est aggravée.
    Ceux qui se rendent aux urnes évaluent plus positivement la situation à Moscou : parmi eux, la part de ceux qui pensent qu’il y a eu des améliorations atteint 70,6 %. Plus le revenu du répondant est bas, plus il est pessimiste dans l’évaluation des changements dans la ville.
  • Moins d’un tiers des personnes interrogées souhaiteraient annuler la décision de lancer l'”opération militaire” dans le passé s’ils le pouvaient.
    Chez les hommes, la proportion de partisans de « l’opération militaire » est sensiblement plus élevée que chez les femmes : 52 % et 46 %, respectivement.
    Plus le sondé est âgé, plus il est probable qu’il n’aurait pas annulé la décision de lancer l’ « opération militaire » dans le passé s’il le pouvait.
  • 57,3% des Moscovites savent que les élections auront lieu le 11 septembre contre 41,6% toujours pas au courant du vote à venir.
    La proportion de ceux qui sont au courant des élections à venir augmente avec l’âge : la majorité des répondants âgés de 18 à 29 ans ne pouvaient pas nommer la date du vote.
  • La majorité des sondés (59,5%) prévoient de participer aux élections si elles avaient lieu dimanche prochain (+2 points de pourcentage).
    La part de ceux qui vont voter augmente avec l’âge et le niveau de satisfaction à l’égard de la situation actuelle.
    Les répondants à faible revenu sont moins enclins de déclarer leur intention d’aller aux urnes que les répondants à revenu moyen et supérieur.
  • Le nombre de partisans du vote à l’urne est de 49,2% et le nombre de partisans du vote électronique de 48,7%.
    La proportion de ceux qui choisissent de voter à l’urne est significativement plus élevée chez les répondants de plus de 60 ans.
    Parmi les tranches d’âge de moins de 60 ans, la majorité des répondants ont au contraire tendance à souhaiter voter par voie électronique.
    Plus le revenu du participant est faible, plus il choisit souvent de vote à l’urne.
    Enfin la part de ceux qui envisagent de participer aux prochaines élections sous forme de vote électronique est légèrement plus élevée parmi les répondants les plus susceptibles de participer aux élections.

    Maintenant, les partis politiques :
  • Russie unie est largement en tête avec 37,1 % parmi tous les répondants et 50,3 % parmi ceux qui vont voter.
  • Le LDPR (10,3%) occupe la deuxième place en popularité avec 10,3 % parmi tous les répondants et 7,7 % parmi ceux qui vont voter.
  • Le Parti communiste de la Fédération de Russie est en troisième lieu avec 9,9% parmi tous les répondants mais 11,1 % parmi ceux qui vont voter.
  • Les autres partis n’obtienent pas 5%.

    A noter que la cote de Russie unie est nettement plus élevée parmi ceux qui vont voter par voie électronique (50,3%) et elle augmente aussi chez les partisans du LDPR et du parti gens Nouveaux.

    12 5% des répondants et 9,6 % parmi ceux qui vont voter ne savent toujours pas pour qui voter.

    Le rating de Russie Unie est le plus fort chez les sondés avec éducation supérieure (46,9%) et le plus faible chez les sondés avec éducation basse (7,2%).
    A l’inverse le LDPR et le KPRF obtiennent 12,2% et 12,8% chez les sondés avec éducation basse et 4,9% et 3,3% chez les sondés avec éducation supérieure.

    Autre (petit) fait marquant : le LDPR est crédité de 12,8% et Gens Nouveaux de 8,4% chez les 18-29 ans.

Pourquoi de plus en plus d’européens (et de francais) souhaitent vivre en Russie et devenir russe ?

Devenir russe devient l’objectif d’un nombre croissant d’étrangers, du monde entier certes, mais aussi d’européens et donc de francais.

Comment en est-on arrivé là ?

Dans les années 90, à la chute de l’URSS, de millions de russes de l’étranger (les pieds rouges) sont revenus des nouveaux pays soviétiques vers la Russie pour devenir des citoyens de la fédération de Russie. La Russie était un enfer sur terre mais être étranger dans une nouvelle nation l’était au moins autant, voir plus.

Dans les annees 2000, ce processus s’est plus ou moins achevé et le relai de naturalisation russe a été pris par les habitants des pays voisins de la CEI avec un pic en 2005 de 504.518 personnes.
La Russie se re-développait et bien plus rapidement que ses voisins de CEI, devenant un aimant à une forte immigration de travail mais pas que.

En 2009 avec la crise financière, ces processus se sont ralentis et n’ont recommencé à accélérer qu’après 2015 et les événements en Ukraine mais avec un temps tampon.
2019 a vu 497.817 naturalisations, 2020 a vu 656.347 naturalisations et 2021 a vu 735.385 naturalisations, le record historique de la Russie.
2022 semble partie pour terminer sur le niveau de 2021 avec entre 600 et 700 000 naturalisations.

Pour autant devenir russe, restait jusque peu une décision prise quasi uniquement par les gens du “monde russe” ou des russes de l’étranger souhaitant se rapprocher de leurs racines alors que pourtant les raisons objectives de fuir l’Europe et s’installer en Russie étaient (et sont toujours) légions comme les lecteurs de mon blog ont pu des 2011 le lire dans ma : “lettre à Clara“, mon conseil de venir travailler en Russie en 2012, ou en 2013 via l’interview d’un fromager francais qui expliquait pourquoi il : “souhaitait devenir russe“.

Durant cette période, rarement, quelques célébrités (acteurs, sportifs..) se faisaient attribuer la nationalité russe par exemple
– en 2003, le basketteur américain Robert John Holden,
– en 2008, la patineuse artistique japonaise Yuko Kawaguchi
– en 2011 le chef d’orchestre et pianiste italien Fabio Mastrangelo et le patineur de vitesse sud-coréen An Hyun-soo
– en 2012, le snowboarder américain Vic Wilde (Victor Ivan Wilde).
– en 2013 l’acteur français Gérard Depardieu
– en 2014 le chef d’orchestre grec Teodor Currentzis
– en 2015 le boxeur professionnel américain Roy Jones Jr et le gardien brésilien du club de football du Lokomotiv Moscou, Marinato Alvim Guilherme.
– en 2016 le judoka italien Ezio Gamba, le défenseur brésilien du CSKA Moscou Mario Fernandez et aussi l’acteur et producteur américain Steven Seagal.
– en 2017 le cycliste australien Shane Perkins
– en 2018, la basketteuse américaine Jamir Faulkner et l’artiste américain d’arts martiaux mixtes Jeffrey Monson.
– en 2019, l’avocat et poète américain Julian Henry Lowenfeld, traducteur anglais d’Alexandre Pouchkine et aussi le Français André-Marc De-loche.
– en 2021, l’acteur serbe Milos Bikovic.

Et puis quelque chose a frémi quelque part, très profond, et des lignes ont bougé.
des lignes humaines profondes … Des lignes tectoniques et civilisationnelles.

Au sein de la communauté francaise de Russie, il m’est ces dernières années, arrivé de plus en plus de fréquemment de rencontrer des francais qui avaient “choisi” de prendre la nationalité russe.
Parce qu’ils habitent en Russie bien sur, mais pas que.
Aussi par Choix.

Ces francais, belges ou suisses sont devenus tellement nombreux que certains ont créé une communauté sur Telegram les fédérant à travers de nombreuses différentes villes de Russie.

Pour comprendre cette hausse factuelle du nombre d’européens qui prennent la nationalité russe malgré le contexte et les difficultés réelles à l’obtenir on peut comparer l’évolution sur 2020 / 2021.

En 2020 : 283 allemands, 90 Grecs, 78 francais, 7 suisses et 5 belges ont pris la nationalité russe ;
en 2021 : 481 allemands, 183 Grecs, 167 Français, 21 Suisses, 17 Belges ont pris la nationalité russe ;

Depuis quelques annees (2015 et les premières sanctions) mais surtout depuis ces deux dernières années, je suis contacté par un nombre croissant de francais, belges, suisses, canadiens… Qui me font part de leur souhait profondément réfléchi de venir habiter en Russie.

Un choix profondément muri par de multiples axes de réflexions dont la variété, la sincérité et surtout le bien-fondé m’ont donné envie de les aider et conseiller, sachant (pour les avoir traversé) les difficultés objectives d’un tel projet.

Pour cela j’ai monté un module sur mesure d’accompagnement : Ruspatriation.

Depuis l’automne 2021, ce sont pas moins de 329 personnes qui sont entrées en contact avec moi et 76 d’entre eux (hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, familles .. ) ont été Ruspatrié, et donc conseillé voir pour certains accompagné, au moins durant la première étape de leur émigration.

*

Les changements tectoniques qui sont en train de se produire, malgré le lot de complications qu’ils ont créés, rendent clairement l’objectif encore plus compliqué à atteindre, mais n’ont pas finalement fait diminuer les aspirations à partir vivre en Russie.

Bien au contraire, le flux d’européens et de francais qui souhaitent venir vivre en Russie, dans ce nouveau bastion du conservatisme et des valeurs traditionnelles et familiales (cela s’appelle le conservatisme dynamique), ne fait que grossir et selon toute vraisemblance, devrait que continuer à grossir au vu de la tournure de la situation globale (sociétale, sécuritaire, économique ..) en occident.

Ces changements tectoniques ont par contre accentué les ligne de ruptures et de désaccords profonds entre les partisans du système d’exploitation russe actuel et ceux qui, au contraire, se retrouvent plus dans le système d’exploitation occidental actuel.

Entre les deux, un fossé de plus en plus profond.

Il est désormais plausible que dans les années qui viennent, les secousses qui vont bouleverser l’Occident et surtout la grande reconfiguration russe n’accentuent encore plus ces trajectoires divergentes et donc le fossé, entre les premiers et les seconds.

Une grande reconfiguration russe qui devrait, cette fois et pour de bon, sortir pour longtemps la Russie de cette ornière qu’aura finalement été son voyage vers l’Europe et l’Occident.

Moscou, le 08 septembre de l’an de grâce 2022.

«Sur la voie d’un monde multipolaire» : synthèse du discours de Vladimir Poutine au Forum économique oriental de Vladivostok

– «Ces dernières années, des changements tectoniques se sont produits dans le système des relations internationales, le rôle des pays d’Asie-Pacifique s’est considérablement accru».

– De nombreux pays ont «besoin des ressources» russes, et en particulier du gaz, notamment la Chine en raison de sa croissance (…) Les Chinois sont «des partenaires stables».

– «Le marché européen était considéré comme primordial par le passé», précisant que cela a «cessé» avec début de la crise ukrainienne, en raison des actions des pays européens.

– Le monde ne doit pas être basé sur les «diktats» d’un pays qui s’imagine être supérieur aux autres.

– Les États-Unis, poursuivant leurs propres intérêts, ne se limitent jamais à rien et ne sont gênés par rien pour atteindre leurs objectifs

– C’est l’OTAN qui a ramené la guerre au cœur de l’Europe en bombardant Belgrade. Il s’interroge par ailleurs, au regard du précédent du Kosovo, sur le droit à l’indépendance des républiques de Donetsk et de Lougansk, que Moscou a reconnue.

– Vladimir Poutine a rappelé que des restrictions perdurent, tout en saluant l’action du secrétaire général de l’ONU pour dénouer la situation. «Ces restrictions nous empêchent de travailler dans l’intérêt des consommateurs du marché mondial et continuent à tirer les prix à la hausse, alors que les pays en développement ont besoin d’accéder aux produits agricoles».

– Les pays africains, particulièrement, ont été «trompés» par des pays «colonisateurs», qui «se moquent de l’intérêt des pays en voie de développement», (…) «Presque toutes les céréales exportées d’Ukraine sont envoyées non pas aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, mais aux pays de l’Union européenne».

– Sur les enjeux de l’opération militaire russe en Ukraine : «Nous n’avons rien perdu et nous n’allons rien perdre.» Il a par ailleurs estimé que le gain de cette offensive serait le «renforcement de notre souveraineté». Évoquant une certaine «polarisation» sur le sujet, il a estimé que celle-ci serait «bénéfique» et favoriserait l’accélération du développement de la Russie, en rejetant ce qui nuit à cela. Il est ensuite revenu sur les débuts de l’offensive russe, soulignant que les «opérations militaires [avaient] commencé en 2014 après le coup d’Etat en Ukraine par ceux [qui tentent de] supprimer leur propre population».

– «Nous n’avons rien commencé du point de vue militaire, nous essayons simplement d’y mettre un terme.» (…) «C’est notre devoir d’aider la population du Donbass, et nous le remplirons jusqu’à la fin.»

– «Le programme de développement de la route de la mer du Nord – longeant la côte arctique russe de la mer de Kara jusqu’au détroit de Béring – recevra un financement de 1,8 trillion de roubles jusqu’en 2035, a annoncé le chef de l’Etat russe.

– «L’aviation civile russe prévoit de se «rééquiper systématiquement» avec des avions produits sur son propre territoire» a annoncé le président russe.

– «Il faut continuer à renforcer l’attractivité de l’Extrême-Orient russe et encourager l’installation de nouveaux citoyens, tout comme la natalité. La construction de logements et «la modernisation des infrastructures» doivent y concourir. Les «technologies vertes» seront utilisées pour les nouveaux habitats, et des crédits plus faciles doivent encourager l’arrivée de familles et d’étudiants pour développer les villes de l’Extrême-Orient. Cela permettra de prévenir les pénuries de main-d’œuvre».

– La Russie dispose de ressources, notamment minières, sur son propre sol, et il faudra encourager l’exploitation de certains minerais tels que le manganèse, souligne le dirigeant. Les programmes d’infrastructures et de génie civil lancés dans l’Extrême-Orient appuieront le développement des échanges commerciaux : la région connaît un véritable «boom logistique mais seules les «entreprises opérant dans la juridiction russe» pourront exploiter ces ressources.

– Les volumes de fret transitant via les ports russes n’a quasiment pas diminué, et, de manière générale, «il est impossible d’isoler la Russie», (…) tandis que les sanctions contre Moscou «menacent le monde entier».

– Vladimir Poutine table sur une croissance des échanges avec la zone Asie-Pacifique, qui doit permettre «le développement de l’Extrême-Orient russe» et notamment de la production industrielle, qui a connu une forte croissance ces dernières années. Des mesures fiscales et de soutien ont déjà adoptées pour les régions à fort potentiel de développement, afin de créer «un environnement favorable pour les entreprises».

– «La Russie soutient sa stabilité économique et monétaire, le taux de chômage avoisine les 4% et les prévisions économiques sont bien plus positives qu’au début du printemps», a affirmé le chef de l’Etat russe, soulignant que Moscou parvenait à gérer l’«agression» financière, économique et technologique de l’Occident.

– Selon Vladimir Poutine, «les milieux d’affaires veulent renouer des liens avec la Russie» et le monde est en train de basculer, avec le recul de la confiance dans le dollar et la livre sterling, puisque «le nombre de règlements dans cette devise est en baisse la Russie s’éloigne de leur utilisation».

– «Il est possible que la niche du business européen touchée par les sanctions dans le monde soit occupée par les Américains».

– «Le rouble et le yuan seront utilisés dans les paiements de gaz avec la Chine à parts égales

– «Les pays occidentaux violent constamment leurs propres règles, les adaptant à leur conjoncture» (…) «L’épidémie a été remplacée par d’autres défis mondiaux qui menacent le monde entier. Je veux dire la fièvre des sanctions de l’Occident, ses tentatives non déguisées et agressives d’imposer des modèles de comportement aux autres pays, de les priver de leur souveraineté et de les soumettre à leur volonté».

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Inflation en Russie sur 2022

La presse anglaise a titré sur le fait que les prix montent en Angleterre tandis qu’ils baisseraient en Russie 🙂

Ci-dessous un graphique qui montre l’inflation officielle annuelle en Russie entre 2002 et 2022.

Comme on peut le voir l’inflation était de 20% en 2000 / 2001, puis elle a continuellement baissé hormis des pointes / hausses lors des crises de 2008 / 2009, 2014 / 2015 et bien entendu en 2022.

Il faut noter sur la courbe ci dessous qui est la courbe d’inflation officielle mensuel que, vraisemblablement, la Russie connaîtrait actuellement une faible déflation.

Si l’on prend la hausse mensuelle sur les 7 premiers mois de l’année (mois VS mois de l’année précédente) :
Janvier : +0,99%
Février : +1,17%
Mars: +7,61%
Avril : +1,56%
Mai : +0,12%
Juin : -0,35%
Juillet : -0,39%

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Le bêtisier de Liz Truss sur la Russie et l’Ukraine

Liz Truss vient d’être élue en succession de Boris Johnson 🙂

Quelles sont les principales bévues de la nouvelle dirigeante britannique Liz Truss concernant le dossier Russo-ukrainien ?

#BestOff :

▪️ En février, elle a annoncé qu’elle ne reconnaissait pas la souveraineté de la Russie sur les régions de Voronej et de Rostov.

▪️ Elle a déclaré que la Grande-Bretagne apportait un soutien aux “alliés baltes de l’autre côté de la mer Noire”.

▪️ Elle a qualifié l’Ukraine de pays qui “a connu les invasions auparavant – des Mongols aux Tatars”

▪️ Elle a annoncé un soutien “absolu” à tous les Britanniques qui iront en Ukraine pour participer au conflit, mais a ensuite changé d’avis et décidé qu’elle ne soutenait pas la “participation directe des troupes britanniques”.

▪️ Lors d’un des discours, elle a fait un lapsus, disant qu’elle se “battrait pour” Poutine, mais s’est immédiatement corrigée.

▪️ Elle s’est déclarée prête à utiliser des armes nucléaires si nécessaire, après quoi elle a été critiquée pour son attitude frivole sur cette question.

▪️ Enfin a déclaré qu’elle ne “ferait pas d’aumônes” à la population pour aider dans un contexte d’augmentation record des prix.

Le Figaro s’inspire de mon article sur la rentrée scolaire en Russie

«Valeurs traditionnelles», «unité», «désarmer l’Ukraine»… Le nouveau programme «patriotique» des écoliers russes

Le ministère de l’Éducation russe a annoncé instaurer le lever de drapeau chaque lundi à compter du 1er septembre, ainsi qu’une nouvelle matière obligatoire sur les «valeurs spirituelles et morales russes traditionnelles».

Dans la boîte mail des parents d’élèves en Russie est arrivé un message inhabituel à la veille de cette rentrée scolaire 2022. Signé du ministère russe de l’Éducation, le mail, traduit sur le blog d’un Français vivant à Moscou, explique qu’à partir de ce 1er septembre, les questions «de l’éducation des enfants, la formation aux valeurs spirituelles et morales russes traditionnelles, le sens du patriotisme et de la citoyenneté», seraient intégrées de manière «obligatoire» dans les activités parascolaires.

En plein contexte de guerre en Ukraine, le ministère annonce notamment la création d’une nouvelle matière obligatoire, intitulée «Parler de l’important». Cette discipline sera l’occasion de traiter «des valeurs familiales, de la culture, des opportunités et des valeurs de l’éducation, des dates importantes», explique le message adressé aux parents. Les nouveautés 2022 ne s’arrêtent pas là. À compter du 1er septembre également, «chaque semaine commencera par la levée du drapeau d’État de la Fédération de Russie», une cérémonie effectuée «sous la direction de l’enseignant de la classe».

Protéger les écoliers contre «la guerre de l’information»

Vendrediplusieurs parents d’élèves français scolarisés dans des écoles publiques à Moscou confirmaient avoir vu le drapeau aux bandes horizontales bleu, blanc, rouge dressé dans la cour de l’école. Cette tonalité patriotique n’est pas nouvelle en Russie. Déjà en 2013, le Kremlin publiait un décret ordonnant aux écoles russes de déployer le drapeau national en permanence, et de jouer l’hymne russe le jour de la rentrée scolaire. Le président Vladimir Poutine, à l’initiative du texte, estimait que cette réforme contribuerait «à former des patriotes surtout chez les jeunes générations».

Dans le nouveau programme ébauché en cette rentrée par le ministère de l’Éducation, le conflit en Ukraine est présent en filigrane. Parmi les thématiques proposées jusqu’à fin novembre, de «Notre pays, c’est la Russie» aux «Valeurs familiales traditionnelles», chaque niveau a son propre programme. Au primaire, les élèves parleront «de l’unité du pays, de la nécessité de préserver et de protéger sa culture, son peuple». Les collégiens, eux, seront invités à discuter de l’«opération militaire spéciale», nom donné par Moscou à l’invasion de l’Ukraine, comme une «manifestation du vrai patriotisme». L’enseignant devra expliquer que l’objectif est de «protéger la population du Donbass, qui a été victime d’intimidation et d’oppression par le régime de Kyiv, désarmer l’Ukraine, empêcher l’installation de bases militaires de l’OTAN sur son territoire».

Quant au lycée, les élèves se verront expliquer «le fait que les habitants des Républiques populaires de Lougansk et Donetsk», dans le Donbass, «sont des Russes, et que leur retour en Russie est important». Selon un site russe d’information sur l’éducation, le ministère aurait alloué 22 millions de roubles (360.000 euros) pour fournir les supports pédagogiques de cette nouvelle discipline traitant de «l’important». Ainsi, «les enfants seront sensibilisés chaque semaine au patriotisme et à la morale pendant les heures de classe», détaille le site russe, afin de «ne pas laisser les écoliers “en tête à tête avec la guerre de l’information”».

Autre aspect de la réforme entrant en vigueur ce 1er septembre, l’apprentissage de l’Histoire dès la première année. L’annonce en avait été faite en avril dernier par Sergueï Kravtsov, ministre de l’Éducation. «Vous pouvez toujours (…) instiller l’amour pour la patrie, même à partir de la première année», avait-il fait valoir lors d’un forum sur l’éducation, disant faire confiance aux historiens russes pour construire un programme adapté aux plus petits. «Nous sommes très sérieux quant à la mise en œuvre de ces tâches importantes, nous nous préparons et attendons nos enfants !», conclut le ministère de l’Éducation dans son mail aux parents.

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Moscou : record de mariage et baisse des divorces

Selon l’Office de l’état civil de Moscou, depuis le début de cette année 2022, le nombre de divorces à Moscou a diminué de 1,6 % par rapport à la même période en 2021.

En conséquence, le nombre de divorces est revenu au niveau de 2015 et est donc le plus faible des six dernières années.

En outre, en 2022, 40 000 couples se sont déjà mariés dans la capitale – c’est un chiffre record depuis près de six ans et près de 20 % de plus qu’à la même période de 2021.