Réflexions et mise au point sur le “carnage sanitaire russe de France Inter”

Un lecteur m’a, en commentaires, demandé ce que j’avais a commenter sur une Chronique de Franсe-inter sur la mortalité en Russie et le Covid19 et intitulée : “Covid- 19 : la Russie, pays du carnage sanitaire“.

La chronique, d’Anthony Bellanger, laisse entendre que : “la mortalité officielle en Russie en ferait le 6ieme pays au monde en terme de nombre de décès, tandis que dans ce pays très peuplé (?), selon les derniers médias indépendants qui parviendraient encore à publier des informations vérifiées (?) sauraient que le kremlin mentirait en ne comptabilisant que les décès autopsiés, ce qui entraînerait une sous déclaration chronique et abyssale concernant la mortalité du Covid19 en Russie, faisant de la Russie le second pays avec le plus de décès, après les États-Unis”.

Une grande confusion règne quand aux chiffres russes concernant le Covid19 et la façon dont le Covid est géré en Russie, amenant ce sujet a être traité de façon erronée, dans un sens ou dans l’autre par les journalistes et les commentateurs qui ne comprennent juste pas comment est structuré et fonctionne l’écosystème de réponse au Covid19 en Russie.

Comment sait on le nombre de naissances et décès en Russie ?

  • Il existe une source unique, en Russie d’aujourd’hui, publiant des informations notamment sur la mortalité et la natalité du pays qui est le Service fédéral des statistiques de l’État russe (Rosstat) qui est le pendant russe de notre INSEE.
    Rosstat est un opérateur et ne procède donc à aucun calcul concernant la démographie, sauf sur la conception des trois scénarios démographiques pour le pays (bas / moyen / haut).
  • Le 29/01/2020, une structure a été créée sur décret du premier ministre Mikhaïl Mishoushtine qui s’appelle l’OperShtab et dont la mission la coordination des actions des organes du gouvernement fédéral dans la lutte contre la propagation du COVID-19 en Russie. Cette nouvelle structure comprend 12 personnes dont notamment le ministre de la santé et la responsable de l’agence sanitaire Rospotrebnadzor et est dirigé par Tatyana Golikova, la vice-présidente du gouvernement russe chargé de la Politique L’sociale, du Travail, de la Santé et des Retraites.
    Cette structure qui travaille dans le bâtiment du gouvernement à Moscou (la maison blanche) est donc une structure sous contrôle direct du premier ministre. Contrairement aux rumeurs, le maire de Moscou Sergueï Sobianine n’a aucun lien avec l’OperShtab dont il n’est même pas membre.
    L’OperShtab a un site Internet qui s’appelle StopCoronavirus qui communique énormément sur le Covid19 en Russie.
    C’est notamment l’OperShtab qui est le point de liaison, d’information et de communication sur la situation du Covid19 en Russie avec l’international au sens large.
  • Une troisième structure existe, créée sur décret du président Poutine le 15/03/2020 : il s’agit du groupe de travail du Conseil d’État sur la lutte contre la propagation du coronavirus. Il est composé de 19 personnes dont le ministre de la santé, la vice-présidente du gouvernement russe chargé de la Politique sociale, du Travail, de la Santé et des Retraites, le numéro deux du MVD (la police), le ministre des transports ou encore le premier vice-Premier ministre russe Andrei Belousov.
    Cette structure créée par le président russe est elle dirigée par le maire de Moscou Sergueï Sobyanine et a pour mission l’élaboration de recommandations pour les régions ainsi que la collecte d’informations de ces mêmes régions et leur remontée au gouvernement et à l’OperShtab.

    Le Conseil de coordination du premier ministre a la priorité sur le groupe de travail du Conseil d’État et le maire de Moscou est ainsi le “premier adjoint” du premier ministre dans le cadre des deux organes de lutte contre le Covid19.

Qui donne quels chiffres et comment ? ?

Seules Rosstat et l’OperShtab donnent des chiffres concernant la mortalité en Russie.

  • Pour le calcul du nombre de morts et de naissances, ROSSTAT ne fait qu’un décompte des certificats de décès / naissances publiés par les ZAGs (ЗАГС), qui sont les institutions émettrices de tous les documents liés à l’état civil.
    Les ZAGs (qui dépendent du ministère de la santé) remontent également leurs informations depuis 2016 dans un Registre d’État unifié (ЕГР ЗАГС) qui dépend du Service fédéral des impôts.
    Rosstat collecte les données en les vérifiant, demande des vérifications si besoin et en général publie les données démographiques avant le 10 du mois suivant.
    Rosstat fait souvent des ajustements ultérieurs de chiffres via de permanentes vérifications, consolidations et notamment dans les régions ou les informations :
    – mettent beaucoup de temps à remonter (comme en Novembre, décembre et Juillet dans de nombreux sujets à cause de la surmortalité).
    – nécessitent d’être consolidées par des re-croisements statistiques ultérieurs
    – soit par particularité culturelle comme par exemple dans le Caucase ou on enterre les morts mais ils sont déclarés avec parfois 1 ou 2 mois de retard au ZAGs localю
  • l’OperShtab fonctionne différemment en faisant une collection d’informations dite opérationnelle, ne prenant en compte sur sa publication journalière que des données disponibles au jour J des décès qui :
    – ne sont dus qu’au Covid cause unique et principale.
    – ont bien été autopsiés.
    Mais au final, sans procéder a une correction / MAJ des données ce mode opératoire voit une sous estimation des décès (ce que l’OperShtab confirme sur son site) car
    – Au moment de l’enregistrement du décès d’un défunt de Covid-19, le certificat médical final de décès peut ne pas encore être prêt.
    – L’autopsie est délivrée après réception des résultats de tests pertinents pouvant entraîner un reclassement des causes de décès.
    – La délivrance d’un certificat peut prendre un mois et demi dans certains sujets russes.

    Mais ce mode opératoire a un avantage “politique” évident : il permet de lisser la mortalité en donnant un chiffre à la baisse concernant le Covid19 en Russie et donc d’améliorer le rating extérieur de la Russie sur ce dossier.

Ou en est-on de l’épidémie de COVID19 en Russie du point de vue de la mortalité?

Sur 9 mois de 2020 soit d’avril à décembre, soit les mois sur lesquels le Covid a impacté la mortalité, voila les chiffres disponibles :
– Selon l’OperShtab la Russie a connu 57.019 décès du Covid comme cause unique.
– Selon Rosstat la Russie a connu :
/ 162.249 décès avec le Covid (le Covid est la cause unique ou a contribué à déclencher la mort).
/ 103.968 décès du Covid comme cause unique.
/ 323.800 décès de plus que en 2019 (la fameuse surmortalité).

Sur les 7 premiers mois de 2021 soit de janvier à juillet, période pour laquelle les chiffres des deux structures sont disponibles
– Selon l’OperShtab la Russie a connu 101.544 décès du Covid comme cause unique.
– Selon Rosstat la Russie a connu :
/ 161.500 décès du Covid comme cause unique.
/ 204.200 décès avec le Covid
/ 187.291 décès de plus que sur les 7 premiers mois de 2020 et 245.252 décès de plus que sur les 7 premiers mois de 2019 (la fameuse surmortalité).

Sur 16 mois de Covid19 en Russie soit d’avril 2020 à Juillet 2021
– Selon l’OperShtab la Russie a connu 158.563 décès du Covid comme cause unique.
– Selon Rosstat la Russie a connu :
/ 306.500 décès du Covid comme cause unique.
/ 367.500 décès avec le Covid
/ Une surmortalité de 588.252 personnes (les fameux 600.000 d’Anthony Bellanger ?).

Mais alors la Russie cache ses chiffres ?

Contrairement a ce que semble dire Anthony Bellanger sur les derniers médias indépendants qui parviendraient encore à publier des informations vérifiées
NON ce n’est pas vrai, les chiffres de la surmortalité sont publics et disponibles sur Rosstat qui est l’INSEE russe et en accès libre.
La presse russe d’État publie en outre régulièrement les chiffres d’attribution des décès du Covid et de l’OperShtab et de Rosstat que ce soit par exemple sur Interfax, RBC, Lenta etc.

En outre, l’idée que les autorités cacheraient les données est fausse car les autorités elles mêmes, en la personne de Tatiana Golikova qui dirige donc l’OperShtab, ont reconnu que 81% de la surmortalité de 2020 était due au Covid19.
Fin 2021 l’OperShtab fera sans doute un calcul similaire.

La surmortalité est elle explicable ?

Il se tient d’un point de vue démographique de défendre que sans le Covid19 la mortalité aurait continué à baisser en Russie à son rythme comme elle le faisait depuis 2003 sans discontinuer.

Il faut noter qu’en 2020, la mortalité était en baisse lors du premier trimestre (pourtant au cœur de l’Hiver qui est traditionnellement le moment de l’année ou il y a le plus de morts en Russie) tandis que durant l’année 2020 la mortalité a continué de baisser en règle générale (voir ici et ici) hormis pour quasi exclusivement le Covid, les pneumonies et le diabète.

L’idée que le vieillissement de la population et / ou l’optimisation du système de santé serait les explications de la hausse de la mortalité ne tient sans doute pas / peu la route.

– En effet la population russe vieillit mais lentement. L’age moyen de la population est passé de 38 ans en 2010 à 39,6 ans en 2020 tandis que dans le même temps le nombre de décès par an est passée de 2,085 millions à 1,8 millions soit une diminution de 10% !

Dans le même temps l’espérance de vie est passée de 63 ans pour les hommes en 2010 à 68,2 ans en 2019 et de 68,9 ans en 2010 pour la population russe en moyenne à 73,34 ans.

Si l’on suit ces dynamiques, la population en 2020 aurait certes un peu vieillie par rapport à 2019 mais la mortalité aurait malgré tout baissé, car ce vieillissement est largement compensée par l’amélioration de l’écosystème médical global et les changements de fond de comportements des russes (alimentation, alcool, prises de risques, etc ..) qui voient une forte baisse depuis 2002 des décès pour causes externes notamment la mortalité par alcool qui a diminué de 60% en 12 ans.

– Quand au fameux sujet de l’optimisation du système de santé qui revient sur la table dans de nombreux articles, il ne semble pas justifier une telle hausse de la mortalité, tout d’abord car il ne s’est rien passé en 2020 “d’autre” que le Covid qui ne justifierait une telle hausse fulgurante et soudaine.
Mais aussi car cette optimisation est initiée depuis 2010 (et souvent critiquée par les autorités elles mèmes et jugée peu efficace) et que comme on vient de le voir, dans cette période le nombre de décès par an est passée de 2,085 millions à 1,8 millions soit une diminution de prés de10%.

Quelle est la proportion du Covid dans la mortalité ?

Il est plausible que ROSSTAT sous-estime la mortalité du Covid. Rosstat centralise les informations que lui remontent les ZAGs, transmises par les hôpitaux locaux.

Il en ressort que la part officielle du Covid dans la surmortalité totale est la plus importante dans les sujets de la fédération de Russie qui sont traditionnellement, politiquement, statistiquement les plus transparents et les plus honnêtes comme on peut le voir ici.
A contrario, les sujets qui annoncent pas / peu de décès du Covid malgré une surmortalité aussi haute que la moyenne, voir plus haute que la moyenne, sont majoritairement des sujets de la fédération de Russie qui sont traditionnellement, politiquement, statistiquement pas / peu transparents comme on peut le voir ici.
Par exemple si on prend la moyenne des 4 régions les plus connues pour leur transparence (Moscou, Saint-Pétersbourg, Arkhangelsk et la Bouriatie), ces 4 sujets ont sur 2020 une surmortalité de 16,5% qu’ils expliquent à 85% par le Covid19, soit proche des chiffres officiels du gouvernement russe.
Si on prend la moyenne des 4 régions du bas du classement, le Bachokorstan, la Tchetchenie, l’Oblast de Ryazan et celui de Leningrad, ces 4 sujets ont sur 2020 une surmortalité de 22,5% qu’ils expliquent à 7% par le Covid 🙂
Au Bachokorstan (sur lequel j’avais déjà écrit sur ce blog 😉 le nombre de décès de surmortalité est notamment 73 fois le nombre de décès officiels du Covid19, en Tchetchenie 29 fois.

Cette incroyable explosion des décès par pneumonies (+38.000) par rapport à 2019 révèle peut être et sans doute une surmortalité Covid dissimulée ; en effet les décès par pneumonies durant l’hiver 2020 (avant Covid) ont diminué par rapport à 2019 tandis qu’ont augmenté uniquement “après” le déclenchement du Covid et ce majoritairement dans les régions qui ont une forte surmortalité mais peu de décès dus au Covid comme on peut le voir ici ; en outre dans ces régions plus corrompues et/ou voir religieuses, on peut imaginer que les autopsies ou le respect des protocoles médicaux sont moins suivis.

Mais alors pourquoi beaucoup de morts du Covid en Russie ?

Les raisons sont nombreuses :

– Le gros des décès concerne des russes au delà de 60 ans (voir ici, la et ici). Cette génération née en 1960 avait 20 ans en 1980 et 30 ans en 1990. C’est une génération qui a vécu à la dure en traversant la fin du communisme et les années 90 avec ce que ça implique : être mal logé, mal nourri et mal soigné donc se retrouvant dans un mauvais état global relativement tôt par rapport à l’Europe.
En gros un russe de 60 ans en 2020, c’est un français de 80 ans sur le niveau de l’état de santé.

– Les russes sont un peuple traditionnel, archaïque dans le bon sens du terme mais relativement superstitieux. Beaucoup de russes ne croient pas au Covid19 et ne se sont pas inquiétés du Covid19, d’ailleurs il ne s’en inquiètent toujours pas, même si de plus en plus.

– La défiance profonde des russes envers l’État (mème si elle s’amenuise depuis la période Poutine), reste profondément ancrée, surtout à cause des années 90. Hors des grands centres urbains la population d’une Russie plus profonde est restée fortement méfiante envers les institutions, et donc peu enclin à tant craindre le Covid que de ne faire confiance au système sanitaire. Plausiblement, l’auto médication pour le Covid ne fonctionne pas, ni en Russie, ni ailleurs et amène des malades a arriver trot tard à l’hôpital.

Ci dessous la courbe de mortalité par années : en bleu foncé la courbe de 2010 avec le pic de l’été 2010 et les incendies / grandes chaleurs, en mauve la courbe de 2020 qui comme on le voit n’augmente qu’a partir d’Avril et en marron la courbe de 2021.

Source

– Le système sanitaire russe s’est fortement retrouvé sous pression et clairement dans une grande partie de la Russie n’a pu faire face. Le Covid a plausiblement beaucoup circulé en Russie et beaucoup plus qu’en France par exemple.

Avec des vagues (montée et descente) d’amplitudes longues comme on peut le voir ci-dessous, de 3 / 6 mois en moyenne, le virus a eu plausiblement largement le temps de se balader.

Autour de moi, à Moscou, on cherche les personnes qui n’ont pas eu le Covid tandis que lorsque je parle avec des français, la proportion de gens qui l’ont eu semble beaucoup plus faible.
La Russie selon moi a eu environ 30% de sa population touchée par le Covid soit autour de 45 millions d’habitants. Cela expliquerait logiquement, via une mortalité d’environ 0,8 ou 1%, les chiffre de mortalité que le pays connaît. A noter qu’il semblerait que ce soit la même chose dans un autre pays comme l’Amérique par exemple.

La Russie, donc seconde du classement ?

Il existe plusieurs façon de mesurer les décès.

  • La première est le nombre total de décès officiels, en valeur pure, du Covid19.
    Avec officiellement 197.425 décès du Covid19 au 18/09/2021, la Russie occupe la 6ieme place mondiale en terme du nombre officiels de décès dans le monde.
    Si l’on prend en compte la version Rosstat qui doublerait les décès dans ce cas la Russie serait à la 4ieme place mondiale.
  • Une autre façon est de calculer le nombre de décès par million d’habitants.
    Avec officiellement 197.425 décès du Covid19 au 18/09/2021 la 49ieme place par le nombre de décès / million d’habitants, derrière la Suède et la France.
    Si l’on prend en compte la version Rosstat qui doublerait les décès dans ce cas la Russie serait à la 10ieme place juste derrière le Brésil et la république Tchèque.
  • Une autre façon de calculer est de mesurer la hausse en %age de la mortalité par rapport à soit l’année précédente, soit une moyenne des 5 années précédentes, soit une moyenne d’une année normale telle qu’évaluée sur une période définie.

    Sur 16 mois de Pandémie, la surmortalité en Russie est de 36% par rapport à une année “normale”.
    En tête de ce classement
    Pérou + 160%
    Équateur + 83%
    Bolivie + 75%
    Mexique + 61%
    Colombie + 60%
    Macédoine + 50%
    Albanie + 47%
    Inde + 45%
    Paraguay + 44%
    Afrique du Sud + 42%
    Brésil + 41%
    Kosovo + 41%
    Saint-Marin + 41%
    Oman + 38%
    Égypte + 38%
    Liban + 36%
    Iran, Biélorussie, Nicaragua, Turquie (>35%)
  • Si l’on compare la surmortalité de Russie qui serait 3 fois plus élevée que le nombre de décès officiels fournit par l’OperShtab (ce que fait Anthony) alors il faut la comparer avec non pas le nombre de décès Covid officiels des autres pays mais avec la surmortalité des autres pays ce qu’Anthony ne fait pas dans son analyse 🙂

    Par exemple on sait qu’en Inde, vraisemblablement plus de 4 millions de personnes qui sont morts du Covid selon ce qui semble estimable au lieu des 400 000 officiels, soit 10 fois plus que le bilan officiel avec des hausses de mortalité de 400% dans certaines régions.

    La Serbie a une surmortalité qui est 5 fois supérieure à la mortalité Covid19 officielle.

    L’Afrique du sud a une surmortalité qui est visiblement au moins 3 fois déjà supérieure au bilan officiel de décès Covid19.

    Par exemple le Mexique, qui annonçait 221.647 décès du Covid au 20/05/2021 reconnaissait une surmortalité de 351.379 décès.

    Au 10/09/2021, le Mexique reconnaissait 244.400 décès du Covid et une surmortalité de 485.980 décès soit plus du double.

    etc. etc.

    De facto la surmortalité globale créée directement par le Covid19 excède elle même la mortalité officielle du Covid19 d’au moins 3 fois et c’est une estimation basse car elle n’inclue que les estimations remontées dans les pays dans lesquels des systèmes d’analyses démographiques centralises existent et fonctionnent de façon transparentes ce qui n’est pas le cas dans la majorité des pays.

7 thoughts on “Réflexions et mise au point sur le “carnage sanitaire russe de France Inter”

  1. Fred

    Excellente Analyse , Bravo !

    Quant à moi ayant le grand-plaisir de connaitre (un peu … par la connaitre vraiment sans être né là : une vie ne suffirait probablement pas ! 😉 ) la Russie , il y a belle lurette que j’ai arrêté de croire les “Avis éclairés” de “Nos” spécialistes …

    et l’INSEE , j’ai eu le privilège de rencontrer un des statisticiens ayant “pondus” le fait que le passage à l’€ n’avait fait aucune inflation remarquable … il ne faisait pas mystère de la technique Ad Hoc : ajouter une longue liste d’articles au panier de produit de référence servant au calcul … ne faisant pas mystère de la chose = il a été mis d’office à la retraite bien avant l’âge requis … mais seuls les esprits chagrin y verront une relation de cause à effet ! 😉

    Reply
      1. fred

        Pajalsta ! 😉

        pour revenir au sujet … il FAUDRAIT aussi comptabiliser les décès des quidam passés “Ad Patres” en raison de la suspension des chirurgies et autres interventions hospitalières pour cause de réquisition de nos hôpitaux et de nos vaillants personnels de santé à l’usage quasi-exclusif du Covid …

        mais nous devrions nous engager sur le terrain ultra-glissant de la gestion des dits établissements et de la prolifération des agents administratifs par rapport au personnel soignant …

        ainsi , il nous faudrait toucher du bout du doigt le ratio entre “Service de Santé” ( assez excellent en France) et de son coût (ouverture de la “Boite de Pandore” 😉 ) et comparer les coûts dans les pays étrangers ayants un niveau équivalent pour faire grincer pas mal de dents 😉

        autrement dit = on aperçoit la paillette dans l’œil de son voisin , plus rarement le baobab poussant dans le sien ! 🙂

        Reply
        1. Alexandre Latsa Post author

          En France ? Bon en France la mortalité n’a pas tant monte que ça, le Covid19 sur 18 mois en gros c’est 8 ans de mortalité de grippe en moyenne c’est ça ?

          En Russie par contre c’est plus, et on a pas tant repousse que ça d’opérations generales, les gens ont sans doute plus eu peur d’aller a l’hôspital que l’hôspital ne leur était fermé.

          De toute façon cette mortalité ne peut être instantanée, elle va mettre du temps a sortir et sans doute se déverser,se diluer sur les 18 prochains mois ?(ex les cancers par déclarés etc).

          Pour le reste oui bien d’accord.

          Reply
          1. Fred

            Tout à fait d’accord !
            je crois que le Covid a surtout été un “révélateur” de problématiques différentes dans les différents pays , donc par définition assez incomparables …(malgré tout ce que les journalistes essayent de nous faire croire !)

            la France et son acharnement à réduire les coûts en multipliant les agents incapables de soigner , coutant aussi cher voir plus …mais cherchant à réduire les autres postes de dépenses que les leurs : c’est un grand classique Franco-français = la dépense de fonctionnement de notre État coûte 64% du PIB là où la moyenne EU est 10 à 15% moindre ou l’Allemagne = 43% du PIB 😉

            Faut-il s’étonner ? quand on sait que la France a plus d’élus à l’Assemblé Nationale que les USA n’ont de parlementaires dans leurs 2 chambres … un a 328 millions d’habitants , l’autre 67 … cherchez l’erreur ! 😉

            je crois que la Russie a pour principale “défaut” sur le sujet la “Mentalité du Russe moyen (si ça existe ? 🙂 ) qui est beaucoup plus fataliste , trait lié à “l’influence Asiatique” ainsi qu’à l’histoire des 100 dernières années du pays , ainsi , il ne faut pas le nier , qu’à la qualité des infrastructures dans encore beaucoup (trop ) d’endroits … (en partant du principe que cela soit possible sur l’ensemble du territoire de manière + ou – équivalente …)

            Rome ne s’est pas faite en une nuit … la Russie ne sera pas revenue de la période Soviétique demain matin non plus !

  2. Fred

    Merci pour cette appréciation ! 😉

    et encore plus merci pour cette compréhension qui fait tant défaut dans notre pays d’origine …
    (en parler est le meilleur moyen de s’attirer les foudres des tenants/profiteurs du système ou de l’indifférence/ refus de comprendre de la grande majorité des autres … le fameux “Qu’est-ce qu’on peut y faire ? ” )

    j’exprime souvent ce fait dans une blague (mauvaise , il va de soit!) = “Comment fait-on pour compter 25 doigts sur 2 mains sans être un phénomène de foire ?”

    réponse : il suffit de faire l’E.N.A !
    (nous avons 250 Préfets en poste à l’heure actuelle …mais “Seulement” 101 départements ! 🙂 )

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