Bienvenue aux Serbes !

Philippe Muray, pour le journal La Montagne en 2000. Texte republié dans « Exorcismes spirituels III » (2003)

Bienvenue à nos amis les Serbes

Bienvenue aux Serbes ! Bienvenue chez nous !
Bienvenue sur le continent de la justice, de la solidarité, de l’égalité, des droits de l’homme, des ateliers d’écriture, des Nuits de la correspondance, des concours de tartes multiculturelles, des rollers citoyens, des musiques amplifiées et de la liberté !

Terminée la saison en enfer ! Aux poubelles, le tyran fou !
Bienvenue dans le Nouvel Ordre européen marchand, mondial, caritatif et victimocrate !

Bienvenue au pays où ça bouge bien !
Bienvenue au pays où ça télésurveille bien !
Bienvenue au royaume de la vie jeune !
Vous qui entrez ici, laissez toute désespérance !
Terminés les délires à rebondissements et les atrocités épiques !
Vous n’avez pas fini d’être libres !
Bienvenue sur le continent des valeurs ajoutées !
Et à vous d’y rajouter la vie qui va avec !
Bienvenue dans le nouveau monde concret !
Bienvenue au pays des trottinettes électriques !

Bienvenue sur le continent où la chasse aux sorcières ne s’exerce que contre les partisans de l’extrême chasse, où la persécution ne vise que les ringards, les raidis, les aigris, les apocalyptiques, les archaïques, les passéistes qui ne l’ont pas volé, et où les sorcières ont leur fête, comme tout le monde, le jour de Halloween !
Bienvenue dans le pays où le principe de précaution à remplacé le principe de réalité !
Bienvenue dans le pays où la réalité a disparu si vite et depuis si longtemps, avec ses petites rues noires, ses immeubles sales et ses vitrines pleines de choses invendables, que personne ne s’en souvient même plus !

Bienvenue dans la patrie des Chiennes de garde et de la chaîne du froid !
Bienvenue au pays des échassiers reconstitués, des cracheurs de feu engagés, des jongleurs reformatés et des carnavals au silicone !

Bienvenue sur la planète des fêtes !
Bienvenue au pays où la fête est une fête !
Bienvenue dans la contrée des implants en titane et des cybergardiens !
Bienvenue au pays des artistes en résidence dans le Morbihan !
Bienvenue au musée !
Bienvenue chez les métamorphoses !
Bienvenue dans le pays de la pub nomade et de l’accroissement exponentiel des maladies inconnues !
Bienvenue dans le pays où tout le monde est content !
Bienvenue dans le pays de toutes les prides !
Bienvenue dans la région des arts alternatifs, du théâtre de rue à la ferme et des anciens entrepôts de pompes funèbres reconvertis en bars à thèmes !
Bienvenue au pays où le juridisme monte plus vite qu’un cheval au galop !
Bienvenue dans le grand hospice où la parité se fout de l’hôpital !
Bienvenue dans le royaume de toutes les transformations dérangeantes, correctes et obligatoires !
Bienvenue dans le paradis de l’Europe unie, fictive, transfrontalière, humanitaire et pacifiée !
Bienvenue sur l’autoroute sans fin de la superdémocratie sans bretelles de sortie !
Bienvenue dans l’Europe fatale et désirable !
Bienvenue au pays de la tolérance qui fomente des lois !
Bienvenue au pays des mesures scélérates approuvées par cinq Européens sur trois !
Bienvenue au pays de la modernité confédérée s’imposant comme le Bien absolu qui ne saurait plus être critiqué ni changé jusqu’à la consommation des siècles !
Bienvenue sur le continent du despotisme positif auquel nul ne peut plus espérer apporter la moindre contradiction !
Bienvenue dans le monde de l’inéluctable enviable !
Bienvenue dans le moderne !
Bienvenue dans le sens du poil et dans le sens du vent !
Bienvenue dans le pays où l’on arrive toujours !
Bienvenue sur Atlantideworld !
Bienvenue !
Bienvenue à nos amis Serbes !
Oui, bienvenue parmi nous ! Bienvenue et bon courage !

L’Atlantisme comme nouveau totalitarisme ?

*

 

Après la domination espagnole (XVIIIe siècle) et anglaise (XIXe siècle), l’Amérique va entrer au XXe siècle dans un première phase de recomposition territoriale (unification après la guerre de Sécession, récupération de l’Alaska aux Russes, victoire sur les Espagnols, victoire sur les Britanniques…), puis se lancer dans un maillage intense de son territoire via des voies de chemin de fer qui stimuleront l’activité et le commerce et préfigureront sa position économique dominante pour le siècle suivant. Au début du XXe siècle, la guerre entre le Japon et la Russie (1904) préfigure le siècle à venir, l’Amérique devient un acteur à l’extérieur de son territoire, dans le Pacifique. Pour la première fois, deux empires s’affrontent selon les moyens de guerre dits « modernes », pour la première fois un empire asiatique affronte un empire européen, et s’impose et surtout, pour la première fois, la paix est négociée en Amérique, sous la houlette de Théodore Roosevelt et du conseiller du Tsar, Serge Witte (qui au passage prônait le tunnel sous Bering !)

C’est le début du siècle américain, de la thallassocratie transatlantique et transpacifique et du nouvel ordre mondial.

 

Du monde bipolaire au nouvel ordre mondial
La grande guerre civile européenne de trente ans (1914-1945) laisse l’Europe (et le monde) divisé en deux pôles concurrents, le pôle « américano-occidental » et le pôle « soviétique ». La guerre froide durera quarante-cinq ans, jusqu’en 1991, année qui verra la disparition d’un des pôles et l’instauration pratique du nouvel ordre mondial. Dans les vingt-cinq années qui suivirent, le monde entra dans une fiction de courte durée, pendant laquelle on crut que l’extension de l’Otan (parapluie étoilé protecteur) et du nouvel ordre économique mondial (FMI, OMC, BERD, Communauté européenne, OCDE, European Round Table, club de Rome, Forum de Davos…) assurerait la pérennité et la sécurité a jamais. Pour la première fois dans l’Histoire, un « empire » semblait avoir la velléité et les moyens d’imposer ses règles à la planète entière. On parla même de fin de l’Histoire. D’autres affirmèrent même que demain tous seraient Américains. La Chine s’éveillait doucement, l’Inde également, le monde musulman semblait abasourdi par la frappe irakienne de 1991, la construction européenne prenait son envol sur les parallèles de l’Otan pendant que le cœur du défunt concurrent soviétique se mourrait. En 1999, le dernier grain de sable à « l’extension Est » (la Yougoslavie) fut anéantie. La Serbie (qui était à la Yougoslavie ce que la Russie était à l’URSS) fut anéantie en 78 jours et y fut construite la plus grande base militaire américaine de l’étranger, sur le flanc Est-oriental de l’Europe. La présence militaire américaine dans le monde à l’entrée du XXIe siècle était plus importante qu’aucune puissance ne l’avait jamais fait dans l’Histoire (Cf Listes des bases américaines). Néanmoins l’accalmie fut de courte durée : le 11 septembre 2001, des pirates de l’air proches des mouvances islamistes radicales lancèrent la première version du jihad aérien en détournant des avions de ligne pour les écraser sur des infrastructures aux État-Unis. L’empire était frappé au cœur. Ce fut la fin du nouvel ordre mondial tel que certain nous l’avait promis, il n’avait duré que trente ans. L’Amérique déclara alors une guerre planétaire au terrorisme que, sept ans plus tard, elle n’a toujours pas vaincu, enlisée avec l’Otan dans des conflits à basse intensité et sur des territoires incontrôlables et incontrôlés (Irak, Afghanistan, Somalie…).

 

Pourtant cet élément qui modifia l’Histoire n’était pas une surprise pour tous les spectateurs du théâtre des opérations. Certains avaient préconisé ce choc à venir entre les « civilisations » et notamment entre le Sud (musulman) et le Nord (Occident). Ceux-là préconisaient aussi que le monde était « divisé » en grands espaces, différents, et résolument adversaires, ou ennemis. Cette théorie des « civilisations en conflit » avait même ses défenseurs, au cœur du dispositif atlantiste. Ceux-là avaient déjà affirmé que l’Est et l’Ouest étaient deux mondes différents, voir opposés. Curieusement, la frontière entre ces deux Europe (« catholique-protestante » et « orthodoxe ») se situait sur l’ancienne délimitation de l’Europe post-soviétique et de l’Europe de l’Ouest (americano-occidentale). Pour les stratèges américains, après le contrôle des mers (effectif à la fin de la guerre froide), restait le contrôle des terres, notamment celles que les stratèges visaient depuis le début du siècle : le Heartland.

 

Les néo-conservateurs à la conquête du Heartland
Le XXe siècle a vu l’Amérique passer du statut isolationniste à celui de puissance impérialiste et dominante. Cette expansion hors frontières de l’Amérique s’est faite en deux étapes principales, la prise de contrôle des mers tout d’abord, puis la prise de contrôle des terres. Tout d’abord l’expansion maritime (principe du contrôle des mers et du développement de la marine militaire pour protéger les échanges commerciaux). Ces théories ont été très clairement exposées par de nombreux stratèges américains à la fin du siècle dernier, dont Alfred Mahan qui énonça l’intérêt pour l’Amérique d’acquérir une marine aussi puissante que l’Angleterre afin d’acquérir une suprématie militaire et commerciale aussi importante. Cette théorie influencera grandement Théodore Roosevelt notamment au début du XXe siècle après la guerre russo-japonaise.
Cette prise de contrôle des mers effective, la guerre froide laissa néanmoins l’Amérique dans une position géopolitique difficile. Deux des plus grands stratèges en géopolitique, Nicolas Spykman et Halford John Mckinder de ce siècle vont en effet développer la théorie selon laquelle l’Amérique de par sa position insulaire éloignée ne peut, si elle veut rester aux commandes du monde (refus du déclin de la puissance américaine chez les néo-conservateurs) être éloignée du grand continent, du cœur des terres émergées, le Heartland eurasien. Le monde serait constitué selon ces stratèges d’un Heartland ou Continent géant (Europe-Asie), d’un océan géant (Atlantique-Pacifique) et d’un anneau d’îles (Amérique, Australie ou Outlyings Islands).

 

La maîtrise de ce cœur continental est donc essentielle. De la même façon, elle devait se méfier des alliances entre puissances de la terre, notamment entre les deux grandes puissances terrestres et continentales, l’Allemagne et la Russie (empêcher l’émergence d’une puissance rivale chez les néo-conservateurs). Pour ce faire, la Seconde Guerre mondiale sera l’occasion tragique et inespérée pour l’Amérique de prendre position sur le continent, pour y empêcher toute alliance qui pourrait exclure l’Amérique des affaires du monde. Pour les stratèges américains en effet, la fin de la guerre froide n’est que l’opportunité à saisir pour mettre pied en Europe (anciennement majoritairement sous contrôle soviétique) et pouvoir ainsi grignoter toujours plus à l’Est et au Sud-Est vers le contrôle de continent, cette zone située au cœur de l’Eurasie.
Le point commun entre les « défenseurs du choc inévitable des civilisations », « les partisans de la conquête de l’Est, et du Heartland » ? Un courant idéologique propre à l’Amérique qui a contribué à accélérer la politique interventionniste américaine dans le monde, une nouvelle idéologie qui s’est rapidement propagée dans toutes les sphères de direction américaine (politiques, militaires, économiques…). Elle a pris à contre-courant les anciennes idéologies pour devenir en quelque sorte la raison d’être de l’Amérique, comme le sang l’est à tout être humain. Cette idéologie projette l’Amérique comme point central de l’humanité, d’aujourd’hui et demain. Le « néo-conservatisme » nous dit Wikipédia : « se distingue du conservatisme traditionnel et du néo-libéralisme. Anticommuniste et antifasciste, le néo-conservatisme est né sur le principe de « plus jamais Auschwitz ». Ils défendent la puissance militaire des États républicains dans les relations internationales afin d’asseoir un nouvel ordre international. Cela passe par quelques grands axes, notamment le refus du déclin de la puissance américaine (première puissance républicaine du monde) ; empêcher l’émergence d’une puissance rivale ; la fin de la complaisance envers les dictatures ; et la revalorisation de l’outil militaire pour répondre aux agressions.
Pour les « néo-conservateurs » l’Amérique est le modèle de civilisation le plus abouti. Elle a vaincu les grandes idéologies (le nazisme et le communisme) et se prépare à affronter son troisième ennemi (tout au moins celui qu’elle a déclaré comme tel) à savoir l’islamisme radical. Pour eux, le monde doit être modelé par les démocraties républicaines, selon ce modèle de civilisation via le démocratisme imposé, militairement s’il le faut. Le cœur de cette pensée est donc un interventionnisme très fort à l’extérieur du territoire américain, que l’on peut qualifier d’impérialisme idéologique.
Aux États Unis, récemment, un conseiller du président Carter a théorisé et remodernisé les théories post-guerre froide pour les distiller dans les mouvances néo-conservatrices influentes et au pouvoir. Ce dernier, Zbigniew Brzezinski a grandement influencé la création de mouvements d’opinions, les fameux thinks tanks, destinés a promouvoir la politique américaine dans le monde (Cf. Le Grand Échiquier en 1997 et Le Vrai Choix en 2004). En 1989, Brezinski devient l’éminence des cerveaux démocrates pour l’Eurasie (son fils Markl étant le conseiller de Barak Obama) dont il est certain qu’elle sera la zone concurrente essentielle de l’Amérique. En effet, cette gigantesque zone eurasiatique serait le cœur des masses humaines et surtout des ressources énergétiques (pétrole, gaz, minerais stratégiques) ainsi que de leur voies d’acheminements. Ces théories de maîtrise du Heartland se couplent généralement à une maîtrise de l’océan Arctique (voir l’article lié) tout aussi important au niveau énergétique. (voir la carte la). Brezinski reprendra dans Le Grand Échiquier le projet de démembrement en trois de la Fédération russe (Moscovie, Oural, Sibérie), un projet déjà défini dans les années 1940 par le nazi Rosenberg. Cette théorie sera développée à la même époque en Pologne sous le nom de Prométhéisme qui fera son chemin pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, en France, en Turquie et en Allemagne, puis en Amérique. Curieux hasard ( ?) du destin, il s’agit des plus grandes puissances mondiales d’aujourd’hui et des piliers de l’Otan. Autre hasard, Brezinski est lui aussi d’origine Polonaise tout comme Joseph Pilsudski, fondateur du Prométhéisme.
Brzezinski va alors se consacrer à la lutte pour prévenir la réémergence de la Russie comme superpuissance et pour conquérir l’Eurasie. Il développe « un plan pour l’Europe » qui passerait par l’extension de l’Otan aux Républiques baltes, prônera le projet d’oléoduc Bakou-Tblissi-Ceyhan. Ce projet représente pour lui la meilleure concrétisation de ses ambitions qui visent à empêcher la Russie de se relever. Parallèlement, il préside dès 1999 le Comité américain pour la paix en Tchétchénie (American Committee for Peace in Chechnya), installé dans les locaux de l’association Freedom House. Cette union des extrêmes (indépendantistes musulmans et activistes américains) n’est que la continuité – sous sa variante anti-Russe – de l’alliance du même genre existant pendant la guerre froide, à l’époque où la CIA entraînait et finançait les Mujhaidins contre l’URSS.

 

Les armes des Atlantistes pour la conquête énergétique
Après la chute du mur et la fin de l’URSS, l’Amérique se retrouve sans ennemie, elle se lance alors dans une logique de conquête absolue des zones nécessaires au maintien de son hégémonie embryonnaire et notamment l’Eurasie. L’extension de l’Europe comme alliée indéfectible, l’adhésion de ces États à l’Otan et leur participation aux interventions armées à l’étranger en est le fil conducteur. L’Europe continentale de l’Ouest offre servilement à l’Amérique les moyens de sa domination planétaire. Lorsque l’Amérique créa en 1949 l’Otan pour répondre au pacte de Varsovie, celui-ci n’avait d’objectifs que défendre le monde occidental contre une éventuelle attaque soviétique. À l’effondrement de cette dernière, l’Otan ne disparut pas pour autant. Bien au contraire, il devint l’élément-clé de l’extension pan-occidentale, le porteur des messages préliminaires tout autant que le bourreau et le justicier des réfractaires. L’Otan devint l’arme destiné à faire plier les régimes non alignés, tout autant qu’à marquer la fin de la complaisance avec les « dictatures ». En 2001 néanmoins, les Américains ont commencé à prendre conscience de l’erreur tactique essentielle qu’ils avaient fait à utiliser les Moujahidines contre la Russie soviétique, les premiers retournant leur savoir (acquis par les stratèges de la CIA avec la bénédiction du Pentagone) contre leurs anciens maîtres.
Évidemment, la construction européenne qui marche main dans la main avec l’Otan s’est déjà sabordée. En étant incapable d’avoir ses propres systèmes de défense ou sa propre armée, en participant à des conflits qui ne la concernent pas, et n’ont pour conséquence que d’augmenter le ressenti de nombre d’États à son égard, cette dernière s’est fait entraîner dans une logique infernale de partage des dépendances américaines, en énergie tout autant qu’en besoin de protection.
Comme je l’expliquais dans un précédent article : pourquoi partager la croisade lancée contre le monde arabo-musulman à des fins énergétiques en nous aliénant des centaines de millions de musulmans dans le monde, alors qu’un partenaire disponible et fiable, la Russie, est à nos portes. Réponse toute simple : l’Amérique ne veut pas d’une alliance Europe-Russie qui constituerait une puissance concurrente. Pour preuve récente l’opposition violente de Zbigniew Brezinski au « Russo-Allemand » North Stream.
Les opérations militaires ne sont pourtant pas partout évidentes, ni pratiques. Les stratèges ont bien compris la grande difficulté de créer une entreprise de désinformation comme cela a été le cas pour la désintegration de la Yougoslavie (dès 1991) et la campagne violemment serbophobe qui a suivie. Parfois même les opérations militaires ne sont pas suffisantes. Voir injustifiées. Les stratèges vont développer une méthode de révolution pacifique, dite colorée, qui a le mérite de mieux passer au yeux de l’opinion internationale (toujours critique quant aux actions militaires). Experimentée en Serbie en 2001 (la campagne militaire n’ayant pas suffit à faire tomber Milosevic), elle consiste à lever une partie de la « société civile » contre le pouvoir, via des relais dans le pays, en fait officines de la CIA. Le schéma est toujours le même, utiliser des mouvements de jeunesses pour feindre le côté spontané. Le projet est de faire tomber un pouvoir politique jugé « hostile » pour le remplacer par un candidat démocrate, c’est-à-dire « aux ordres » de Washington. L’État concerné passe ainsi dans le giron « occidental » sans intervention militaire. Autre avantage : le changement passe pour une légitime révolution populaire d’une population lasse du « tyran » qui la gouverne. Pourtant en y regardant de plus près, ces mouvements de jeunesse révolutionnaires, que cela soit Zubr en Bielorussie, Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Mjaft en Albanie ou encore Oborona en Russie ne sont pas des émanations spontanées de la « société civile », mais au contraire des fabrications sponsorisées à millions de dollars par les relais de l’ingérence états-unienne dans les points chauds qui concernent directementl’Europe (Balkans, le Caucase, l’anneau circulaire de l’Eurasie (voir cette carte !). Leurs membres ont été entraînés, dressés au bazar de rue et à l’agit-prop politico-médiatique pour intervenir au moment opportun, recevoir la publicité des médias occidentaux et délégitimer les pouvoirs en place. Sur la base des théories dites de la « guerre civilisée » du Pr Gene Sharp (Albert Einstein Institution, ancien de la John Hopkins University), ces groupes naguère formés dans de grands hôtels de Budapest et de Sofia, conduisent des opérations de déstabilisation ciblées qui relèvent de la guerre psychologique et de la guerre civile et non d’une action pacifique ou de simple lobbying comme on voudrait nous le faire croire. (NB : lire cette analyse ici ou encore la).
Quant aux relais de ces mouvements révolutionnaires financés par la CIA, ce sont ces associations civiles du nom de USAID, National Endowment for Democracy (NED), Open Society Institute (Fondation Soros),le German Marshall Fund of the United States, Freedom House, la fondation héritage, ou encore la jamestownfondation, la fondation Carnégie, ou encore le mémorial des victimes du communisme, ces associations travaillant sous l’égide de quelques organisations plus importantes comme le PNAC, le CFR, la trilatérale,l’American institute.ou encore l’ICG , officie « publique »de la CIA (dirigé un temps par Morton Abramowitz l’homme qui livra naguère les missiles Stinger au moudjahidine afghan proches d’Osama Ben Laden) ! Nous sommes là au cours du dispositif d’ingérence américain en Eurasie. Ces mouvements ne sont pas seuls. On a fabriqué aussi pour les besoins de la cause une série de sites internet chargés de renforcer la propagande virtuelle, et des instituts de sondage (comme le CeSID en Serbie) qui « accompagnent » les élections des pays-cible, c’est-à-dire désignent à l’avance les vainqueurs et influencent psychologiquement les votes en donnant des résultats que n’ont pas encore les commission électorales.
Cette alliance de suprématie militaire et d’associations faussement civiles n’ont en fait qu’un but : encercler la Russie et prendre le contrôle des zones essentielles que sont les Balkans (anciennes colonies soviétiques et vitales à l’extension Est de l’Europe), le Caucase (avec la Caspienne) et enfin l’anneau de contour eurasien. La preuve ? Les États du Guam, visés par les révolutions colorées ceinturent la Russie. Le but ? Éloigner la Russie de l’Europe, la repousser au Nord et à l’Est pour lui couper l’accès aux mers et aux ressources énergétiques d’Asie centrale et faire cesser son influence sur la région centro-asiatique. N’oublions pas que la lutte pour cette région (tout comme pour le Nord arctique) l’est principalement pour des raisons énergétiques. (NB : cette révolutionnite aiguë ne frappe pas que l’Eurasie, mais également l’Amérique du Sud et le Venezuela de Chavez).

 

De Khodorkovski a Beslan
 
Lorsque le 31 décembre 1999, Boris Eltsine laisse les rênes à Vladimir Poutine, la décrépitude eurasienne est totale. L’URSS s’est effondrée, les Républiques se fragmentent, les communautés religieuses s’affrontent, le chaos est total. Dès sa prise de pouvoir, Vladimir Poutine va restaurer l’autorité et la souveraineté de l’État sur le territoire russe, ce qui passe par reprendre le pouvoir y crompris à des hommes d’affaires enrichis et devenus plus puissants que les élus eux-mêmes : les oligarques. L’histoire est connue, Vladimir Poutine va chasser un à un ces oligarques qui succédèrent aux « innombrables mafias » qui pillèrent la Russie dans les années 1990. Ceux qui affirmaient contrôler à une douzaine l’économie et le pouvoir russe durent répondre de leurs actes devant une justice réaffirmée. C’est en 2003, lors de l’arrestation du plus fameux d’entre eux que les atlantistes (néo-conservateurs) comprirent la détermination réelle du pouvoir russe. L’arrestation de M.Khodorkovski a ouvertement déclenché une contre-offensive néo-conservatrice qui dure encore à ce jour. Pourquoi ? Le réseau Voltaire nous donne quelques précisions (lisez cet article c’est à tomber par terre, ici)… La prise de contrôle de Yukos par Khodorkovski s’est faite par le biais du système de « prêts contre actions » organisé par Vladimir Potanine au gouvernement de Viktor Tchernomyrdin en 1995. Les oligarques ont ainsi pu racheter des entreprises pour des bouchées de paille, voire les posséder par de simples promesses d’investissements ! Celui-ci organise ensuite un système de sociétés off-shores pour s’auto-racheter du pétrole et des matières premières à très bas prix et le revendre sur le marché international. Simultanément, le géant bradait son pétrole à l’Amoco Eurasia Petroleum Company. Les sur-revenus générés lui permirent, une fois blanchis de prendre le contrôle politique de nombreux partis dont le Parti communiste, l’Union des forces de droite (SPS), Labloko et « Unité ». En 2003, Khodorkovski décida se présenter à l’élection présidentielle. Il essayait déjà de dicter ses vues au gouvernement concernant la guerre en Irak à laquelle il était favorable, comme en économie ou en politique intérieure. À cette même époque, Khodorkovski était sur le point de vendre la moitié de Yukos à Exxon Mobil. Il entendait aussi construire un réseau privé d’oléoducs assurant sa totale indépendance. Les liens entre Yukos et le monde de la finance et du renseignement anglo-saxon étaient déjà bien établis, les États-Uniens avaient compris que tant que le gouvernement contrôle les tuyaux, il est le seul à décider de la quantité de brut qu’il veut mettre sur le marché. Charles Ryan, le leader du United Financial Group, et d’autres investisseurs appelaient de tout cœur à une « Yukosization » de la Russie, en fait à une destruction de l’État, seul obstacle sur le chemin des vastes richesses russes. En lien avec Henry Kissinger et George Soros, il aurait trahi son pays et aurait préparé un renversement de Vladimir Poutine après avoir soudoyé des cadres de l’armée, la décision de son arrestation aurait été prise in extremis pour empêcher un « quasi-coup d’État », elle eut lieu le 25 octobre 2003, à Novossibirsk. Khodorkovski était devenu un maillon-clé du dispositif visant à mettre à genoux le géant russe. Devenu membre du Carlyle group, celui-ci se préparait à mettre une bonne partie des ressources pétrolières russes entre les mains des États-Unis.
On comprend mieux en effet la colère des « chacals » du Pentagone, lancés dans une guerre en Irak et privés des ressources eurasiatiques. Leur réponse ne s’est pas fait attendre, ceux-ci ont lancé une offensive de grande ampleur contre le pouvoir russe, la plus terrible étant la tragédie de Beslan (3 septembre 2004) que l’opinion internationale bien manipulée par la presse aux ordres continue d’attribuer à Poutine, tandis que les théoriciens néo-conservateurs affirmaient que la Russie n’échapperait pas à une guerre descivilisations, elle non plus, et devait donc rejoindre la croisade lancée par l’Otan. Pourtant, comme l’a très bien résumé Mikhail Alexandrov, un expert de l’institut CIS de Moscou dans le journal du ministère russe de la Défense, Krasnaya Zvezda : « La situation en Ossétie du Nord doit être appréhendée dans le contexte de la bataille croissante pour le contrôle de la Transcaucasie entre la Russie et les puissances anglo-saxonnes. Les Anglo-Saxons prétendent expulser la Russie de la Transcaucasie et ont besoin pour cela de déstabiliser le nord du Caucase et la Russie en général. » (lire ici sur la responsabilité anglo-saxonne à Beslan ou encore les liens étroits entre les Américains et les Tchétchènes).
L’affaire Beslan est un déclencheur fondamental puisque, à la suite de cette affaire, un « comité des 115 » se créa pour dénoncer la politique du gouvernement Poutine, jugé « responsable » de la prise d’otage de Beslan. Cette lettre ouverte, signée par 115 personnalités atlantistes, a été adressée, mardi 28 septembre 2004, « aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne et de l’Otan » avec copie à l’agence Reuters. Les auteurs affirment « qu’il est temps de repenser les modalités et les limites de notre engagement avec la Russie de Poutine ». Véritable déclaration diplomatique de guerre, il est tout à fait intéressant de lire le texte même de la lettre et les signataires de cet appel (ici et la). Lire à ce sujet la réponse aux intellectuels atlantistes du Pr Viatcheslav Dachitchev.

 

Comme l’explique très bien Alexandre Douguine en 2005 : « le complot contre Vladimir Poutine est en marche depuis qu’il a été élu. L’entourage de Eltsine ne s’attendait pas à ce que Poutine renforce les pouvoirs du gouvernement aux dépens des minorités libérales, oligarchiques ou pro-états-uniennes. Désormais, les opposants ont décidé de le faire sauter où au moins d’affaiblir sa position au maximum. C’est une forme de complot où agissent deux centres, un pour l’extérieur à Washington et Londres, et un pour l’intérieur constitué par les groupes oligarchiques et les libéraux au gouvernement. La zone de contact se trouve être dans certains pays de la CEI comme l’Ukraine ou la Géorgie. Pour moi, Mikhail Khodorkovsky a mené une véritable campagne contre la souveraineté de notre pays par l’intermédiaire de corporations transnationales et des États-Unis. »
La déstabilisation tchétchène a néanmoins connu deux coups d’arrêts en 2005 (liquidation de Maskhadov) et en 2006 (liquidation de Bassaiev), n’en déplaise aux intéressés dont les troupes sont enlisées dans les sables d’Irak et les montagnes d’Afghanistan.
Le réveil eurasien, vers un monde multilatéral
 

Nous l’avons vu, le réveil russe, maintien essentiel de l’équilibre en Eurasie, est la clé d’un monde multipolaire, ou tout du moins bipolaire en ce qu’il empêche l’Amérique de prendre contrôle du continent eurasiatique. La Russie, tout comme les « grands en devenir » de ce monde, l’Inde et la Chine, entendent maintenir sur le continent, et dans le monde, une approche multilatérale et multipolaire des problèmes, basée sur le dialogue et le consensus.
Pour l’élite russe, la Russie doit tracer une nouvelle voie entre l’orientation pro-occidentale et libérale et la nostalgie du passé communiste, tout en évitant les excès démagogiques du populisme extrémiste et du nationalisme étroit. Pour ce faire, a notamment été créée l’OCS, l’Organisation de la coopération de Shanghai, une gigantesque alliance militaire continentale regroupant plus d’un humain sur deux… Il est pourtant coutume d’entendre que la Russie a recours à des méthodes et des rhétoriques dignes de la “guerre froide”, mais que devait-on attendre comme réaction de la part de la Russie après que l’Europe laisse l’Amérique installer des bases militaires, des systèmes d’écoutes et des batteries missiles à ces frontières ? Que devrait-elle penser alors que ceux-la mêmes adhèrent à la théorie de détruire la Russie pour en faire trois Etats (Moscovie, Oural, Sibérie), tout comme ils ont fait de la Yougoslavie (devenue Serbie, Croatie, Slovénie) ? La vérité, c’est que la réciprocité logique au déploiement militaire à l’Est de l’Europe serait le déploiement militaire russe aux frontières américaines, par exemple à Cuba, ce que vient précisément d’évoquer le président Medevedev ! Enfin, un détail, mais sans doute d’importance, l’extension de l’Europe vers l’Est et l’obsession des Etats-Unis à y intégrer la Turquie (Seconde armée de l’Otan et pays non européen) sont bien les preuves de souhait d’inféodation totale à l’Otan d’une Europe qui n’a plus d’européenne que son appellation. Vladimir Poutine n’a-t-il pas cessé d’appeler les Européens à quitter l’Otan ?
 

La Russie et l’Amérique Latine

Lu sur Novosti, un article qui traduit la perte d’influence Américaine en Amérique du sud.

*

L’Amérique latine n’a jamais fait partie des régions dans lesquelles l’influence de l’URSS/Russie pouvait être qualifiée de déterminante, ni même de significative. L’absence d’influence politique s’est également ressentie dans la coopération militaire et technique, restée à l’état embryonnaire. La région, considérée comme la chasse gardée des Etats-Unis depuis les temps de la doctrine Monroe, a acheté tout au long du XXe siècle des armements américains et, beaucoup plus rarement, européens.

La présence militaire soviétique dans cette zone ne s’est affirmée qu’à la charnière des années 50-60, quand Cuba sollicita l’aide de l’URSS. Les livraisons d’armes soviétiques aidèrent les Cubains à déjouer le débarquement de la Baie des cochons, et à édifier une machine de guerre relativement crédible, capable d’influer sur les événements même sur d’autres continents: il suffit pour cela de se souvenir de la participation active des forces armées cubaines aux conflits africains.

Le deuxième pays de la région ayant commencé à coopérer avec l’URSS fut le Pérou, avec l’arrivée au pouvoir en 1968 de l’armée dirigée par le général de division Juan Velasco Alvarado, dont le régime prit le parti d’une coopération avec Moscou. Il faut dire que le gouvernement péruvien avait été pour le moins impressionné par l’aide soviétique envoyée lors du tremblement de terre dévastateur de 1970. L’URSS avait alors organisé en un temps record l’acheminement de l’aide humanitaire à l’autre bout de la planète grâce à ses avions de transport stratégiques An-22 Anteï.

Le troisième grand pays de la région à compter parmi les alliés de l’URSS et donc à devenir acheteur d’armements russes devait être le Chili, mais le coup d’Etat de 1973 et l’arrivée aux affaires d’Augusto Pinochet fit tomber à l’eau toutes ces perspectives. Finalement, outre Cuba et le Pérou, l’URSS dût se contenter d’une coopération avec le petit Etat du Nicaragua, où le mouvement sandiniste adepte des théories marxistes-léninistes accéda au pouvoir en 1979. C’est Cuba qui a été l’acheteur le plus actif d’armements soviétiques, équipant ainsi la totalité de son armée. Le Pérou est resté à la seconde place, continuant à acheter des armes en Europe notamment. Le Nicaragua a quant à lui reçu une certaine quantité d’armes d’infanterie et de véhicules légers.

Il a fallu attendre les années 90 pour que cette liste commence à s’agrandir et que des armements de fabrication russe commencent à apparaître dans d’autres pays de la région, par exemple, en Colombie et au Mexique. Cependant, il n’a pas été question d’une coopération militaire et technique organisée, il ne s’agissait en effet que d’achats d’armes limités sans perspective particulière de poursuite de ce genre de transactions.

La situation a commencé à changer avec le nouveau siècle. Le premier pays d’Amérique latine à avoir décidé d’instaurer une coopération militaire et technique à long terme avec la Russie après la chute de l’URSS a été le Venezuela. Cette décision, comme par le passé, a été motivée par des considérations politiques: Hugo Chavez est en froid avec les Etats-Unis. Résultat, le Venezuela et la Russie ont signé en 2005-2007 une série d’importants accords portant sur des livraisons d’armes, la formation de personnel et l’organisation de l’entretien technique des armements fournis. Caracas s’intéresse particulièrement aux chasseurs Su-30, aux hélicoptères, aux fusils d’assaut Kalachnikov et aux systèmes de DCA. L’exemple vénézuélien s’est avéré contagieux.

Certains géants de la région, comme le Brésil et l’Argentine, se sont à leur tour penchés sur l’opportunité d’une coopération militaire avec la Russie. Buenos Aires, qui s’intéresse aux systèmes de DCA, aux appareillages de commandes en vol et aux hélicoptères, a même envoyé son ministre de la Défense Nilda Garré à Moscou. Le Brésil étudie quant à lui la possibilité d’acquérir des chasseurs et des sous-marins.

Le pas suivant dans ce sens a été la visite au Brésil du secrétaire par intérim du Conseil de sécurité russe Valentin Sobolev, lors de laquelle un accord a été signé sur l’établissement d’une coopération dans le domaine militaire et technique. Le Brésil souhaiterait avoir accès aux dernières technologies russes dans le domaine aérospatial, notamment aux développements effectués dans le cadre du projet d’avion de cinquième génération. En outre, le pays voudrait équiper sa flotte d’un sous-marin nucléaire, et doit par conséquent se familiariser avec les dernières technologies étrangères en la matière. La Russie, comme en témoigne sa coopération avec l’Inde, est prête à partager ce genre d’informations. En outre, Moscou compte livrer au Brésil des Su-35 déjà développés, et considérés comme appartenant à la génération 4++.

Il faut bien comprendre que dans ce cas précis c’est la politique qui est la raison fondamentale poussant les pays de la région à opter pour une coopération avec la Russie et, pour être exact, il est question d’une volonté de réduire l’influence américaine, qui s’apparente beaucoup à un monopole. De ce point de vue, l’acquisition de matériel de guerre russe conjugué à l’apparition d’une “OTAN latino-américaine” serait la solution la plus évidente. Pour la Russie, une telle évolution des événements peut être considérée comme positive à tous points de vue.

Sur le plan économique, on assiste donc à une augmentation des exportations de produits de haute technologie. Sur le plan politique, “l’allié naturel” doit faire face à un nouveau problème. Sur le plan diplomatique, les achats massifs d’armements russes par les pays d’Amérique latine et l’apparition dans la région d’instructeurs et de conseillers russes contribuera sans aucun doute à renforcer l’autorité et l’influence de la Russie sur la zone Amérique du sud, comme dans le monde.

Enfin, le facteur “moral” n’est pas moins important. La coopération avec les pays du Proche-Orient et d’Asie centrale est condamnée par un nombre relativement important de gens reprochant à la Russie soit de “soutenir le fondamentalisme islamique”, soit de “complicité avec le terrorisme”. En ce qui concerne la coopération avec les pays chrétiens d’Amérique latine, gouvernés par des dirigeants démocratiquement élus, de telles accusations sont tout bonnement impossibles.

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Lire aussi cette ITV de Noah Chomsky, c’est la

L’Eurasisme au centre du débat

On parle beaucoup et sans arrêt de la place de la Russie dans le ‘monde’, serait elle tournée vers l’Ouest ou vers l’Est ? Serait elle “Occidentale” ou “Eurasienne” ?

Vladimir Poutine avait déclaré en 2000 que la Russie était “Eurasiatique”, entrainant une multitude de commentaires sur le sens réel de cette affirmation .. Dmitri Medvedev a lui affirmé en 2008 qu’il était avant tout un “défenseur de la Russie“.
La question avait aussi récemment animé un “article” du blog echo de russie intitulé “Medvedev, Dostoievski et les asiates blonds” et suscité des commentaires assez passionnés !

Qu’en est il vraiment ?
L’Eurasisme (lire la définition en lien) est une théorie politique et géopolitique Russe qui considère l’ensemble formé par la Russie et ses voisins proches, slaves et musulmans, comme un continent à part entière, appelé Eurasie.

Cette doctrine a été construite au début des années 20 avant de tomber dans l’oubli. Depuis la fin de l’URSS, cette doctrine a été remise en avant, parfois sous le nom de néo-Eurasisme, par le philosophe et géopoliticien russe Alexandre Douguine ( lire son excellente biographie).

Ce dernier a creusé son trou dans l’entourage du Président Poutine et prône une contre thèse aux affirmations Atlantistes (théorie de Mackinder en 1904, qui prévoyait l’endiguement et l’encerclement de la Russie) et conçoit l’histoire comme l’affrontement éternel entre un “Léviathan” et un “Béhémoth”, soit entre la “Terre” et la “Mer”. L’Allemagne et la Russie sont les forces de la Terre en lutte contre les forces malfaisantes et déliquescentes de la Mer, représentées aujourd’hui par les Etats-Unis et l’Angleterre. Douguine s’inscrit dans la tradition de la “politique hermétique”: ce sont en effet des forces spirituelles qui guident le monde et l’ont toujours guidé. Originalité de sa position : le communisme russe, après l’éviction des comploteurs “atlanto-trotskistes” (selon sa terminologie), est devenu une sorte de “voie de la main gauche”. Cela signifie qu’une force en apparence anti-traditionnelle (comme l’a été l’URSS rouge et antiChrétienne) peut en réalité dissimuler une puissance active et positive qui va subrepticement dans le sens de la Tradition, donc de l’esprit de la “Terre” par opposition à celui de la “Mer”. Douguine se place tout naturellement dans le sillage de la révolution conservatrice allemande des années 20 et 30. Il est l’homme qui a réintroduit en Russie les thèses énoncées par le néo-nationalisme soldatique allemand d’après 1918, période de défaite pour Berlin, comme l’effondrement de l’URSS était, finalement, une période de défaite pour la puissance russe.

Douguine est évidemment séduit par la russophilie des “révolutionnaires conservateurs”, dont la première source d’inspiration a été l’œuvre de Dostoïevski, traduite à l’époque en allemand par l’exposant principal de la “révolution conservatrice”, Arthur Moeller van den Bruck, dont toutes les idées politiques dérivent de l’oeuvre du grand romancier russe du 19ième siècle. La “révolution conservatrice” allemande est donc essentiellement “dostoïevskienne”. Il est donc naturel et licite de la ramener en Russie, où, espère-t-il, elle trouvera un terreau plus fécond.

Douguine a introduit ensuite la “pensée traditionaliste” en Russie en y vulgarisant, en y traduisant et en y publiant les œuvres de René Guénon et Julius Evola. Dans cette optique, Douguine n’adopte pas entièrement les mêmes positions que ses homologues ouest-européens. A l’influence des deux traditionalistes français et italien, il ajoute celle du Russe Constantin Leontiev pour qui la Tradition est ou bien othodoxe ou bien islamique. Pour Leontiev, le catholicisme et le protestantisme sont des voies résolument anti-traditionnelles, produits de l’Occident dégénéré”.

Pour en savoir plus :
Le site du mouvement Eurasien et en francais et son “manifeste
– Le mouvement de la Jeunesse Eurasiatique
– Le site TV Eurasie
Divers textes de Alexandre Douguine (lire les archives)
Le néo-eurasisme vu par Marlène Laruelle (téléchargez le .pdf)

Bataille pour l’arctique

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Depuis quelques mois, flambée des prix des hydrocarbures et crise alimentaire en vue, les spectateurs avisés auront noté la hausse susbtancielle de dépêches d’actualité concernant la zone arctique. Ce n’est pas une surprise, après les ressources OPEP, l’Off shore Russe, l’Arctique représente la 3ième et dernière étape d’extraction énergétique, avant le basculement aux «techniques d’extractions avancées» (EOR).

Certains prédisent déjà aujourd’hui que l’arctique, plus que le Heartland représentera le thêatre de conflit majeur du 21ième siècle.

Comme l’expliquait très bien Krauss Clifford, journaliste et membre du CFR (Think Tank très profondémment Atlantiste) «Les différends territoriaux concernent les états du monde entier, mais c’est bien en Arctique que les experts s’attendent à voir le plus de conflits» (Krauss Clifford, The New York times, Oct. 2005).

L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la terre, aux abords du cercle polaire Nord. L’Arctique inclut le Groenland (territoire autonome du Danemark), une partie du Canada, de la Russie, des Etats Unis (Alaska), de l’Islande, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et la totalité de l’océan Arctique. Le nom Arctique vient du grec ancien ἄρκτος (árktos) qui signifie ours. Il est intéressant de noter qu’on ne trouve les ours polaires que sur la “Terre des Ours” (Arctique) et pas en Antarctique. Si cette région du Nord, au-delà du cercle polaire, couvre 8% de la superficie du globe, elle ne compte qu’à peine 1% de la population mondiale. Les trois-quarts habitant en Russie.

Dès la fin de la guerre froide, les pays riverains de l’Arctique (Russie, Canada, Norvège, Danemark, Etats-Unis) constituent trois grandes instances de coopération régionale :

  • Le Conseil de l’Arctique créé en 1996 sur une initiative canadienne, réunissant les huit états arctiques et les populations autochtones, la Finlande, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Pologne.
  • La Coopération de Barents décidée le 11 janvier 1993 à la suite d’une initiative norvégienne. Son but est de favoriser les contacts entre les individus de la région de Barents, ainsi que son développement économique. Le Conseil euro-arctique de la mer de Barents réunit les ministres des affaires étrangères des six pays membres et de la Commission européenne. La France a le statut d’observateur.
  • Le Conseil des Etats de la mer Baltique (CEMB) crée en 1992, réunit les pays riverains de la mer Baltique. Le Conseil, par son intitulé, favorise les coopérations inter-arctique en rapprochant ses membres de la Russie notamment.

La région arctique, dans laquelle vivent entre deux et quatre millions de personnes, s’est transformée ces dernières années en pomme de discorde entre les Etats riverains. Et il y a de quoi : ce territoire de seulement 1,2 million de km2 de fonds marins contiendrait tout simplement le quart des réserves mondiales d’hydrocarbures !

Pour résoudre les tensions, lors de la dernière réunion du conseil de l’arctique les états ont confirmé le maintien des accords issus de la convention des Nations-unies de Montego Bay (CMB) du 10 décembre 1982, sur le droit de la mer qui a permis la création de la ZEE et surtout la théorie des secteurs (qui définit tout territoire sans maître adjacent comme le prolongement naturel d’un territoire étatique. Cette théorie réserve aux seuls Etats dotés d’un littoral sur l’Arctique la souveraineté des terres émergées de cet océan). Ses dispositions donnent encore lieu à des interprétations contestées et tous les pays riverains de l’Arctique entretiennent des contentieux mais la Russie, dont la côte arctique embrasse 160° de longitude, a été la plus grande bénéficiaire de cette théorie et l’a naturellement reprise à son compte en 1926. En revanche, les autres Etats riverains (Danemark, Norvège et Etats-Unis) s’y sont opposés, le Canada l’ayant abaodonné récemment. La Russie entend donc maintenir la réclamation de ces droits sur le plateau continental au-delà de la zone de 200 milles, conformément aux objectifs de l’opération Arctica 2007.

Bien que l’accès à ces ressources soit difficile, la fonte des glaces facilite l’accès aux gisements d’hydrocarbures. Pourtant selon les estimations des spécialistes, notamment de chez Rosneft, d’ici 2030, il faudra dépenser 345 milliards d’euros pour effectuer la prospection et prouver l’existence des ressources, et plus d’un milliard d’euros pour effectuer leur mise en valeur. “Ces sommes ne sont prévues dans aucun budget. Bien plus, il faut reconnaître que Gazprom et Rosneft n’ont ni l’expérience, ni les technologies nécessaires pour travailler dans les conditions du plateau continental arctique“, affirme Mikhaïl Kroutikhine, en effet “les chiffres peuvent doubler, voire tripler sur le plateau arctique. Par conséquent, l’extraction ne sera rentable qu’à la condition d’une hausse des prix des ressources énergétiques jusqu’à un point qu’il est difficile d’imaginer aujourd’hui“, résume l’expert.

Cette fonte des glaces à une autre conséquence d’une importance capitale, elle permet de rentabiliser de nouveaux corridors de transports. Parmi les deux principaux :

– La Route Grand Nord contourne le continent eurasiatique par le nord et permet de passer de l’Atlantique au Pacifique en longeant les côtes de la Sibérie. Longue de 13 000 km, elle traverse les mers de Kara, de Lapev, de Sibérie orientale et des Tchoutchktes. Elle est considérée aujourd’hui « comme la voie de communication unique et la plus accessible qui relie Mourmansk à Vladivostok et les gisements naturels du Grand Nord russe, de Sibérie et de l’Extrême-Orient entre eux ». Inaugurée à la fin du 19ième siècle, c’est Gorabtchev qui le 1er juillet 1991, fera ouvrir par l’URSS cette route maritime du nord à toutes les nations. Pour la développer, les Russes vont développper une flotte de 75 navires à étrave et coque renforcée dès 2010 pour principalement transporter les exportations de pétrole et de gaz du Grand Nord russe. Cette route GN (en rouge sur la photo)

– La Route Pont Arctique qui relie le port de Mourmansk à celui de Churchill, au nord du Canada. Elle est ouverte de juillet à octobre et serait le chemin le plus court pour acheminer l’abondant pétrole russe vers les marchés canadien et américain .

Par conséquent la Russie doit être prête à la guerre dans l’Arctique pour «protéger ses intérêts nationaux si ils sont menacés, car la une région contient de grands dépôts inexploités de ressources naturelles» a récemment déclaré Vladimir Chamanov. En effet, à la suite de l’opération sus citée Arctica, de nombreux pays ont contesté le droit de la Russie de réclamer les surfaces territoriales qu’elle estime lui être due. Par conséquent celle ci a immédiatement révisée les programmes militaires pour accélerer le développement de troupes dans l’arctique, en cas de conflit potentiel.

La presse «internationale» depuis l’année dernière a dénoncée de façon perpetuelle les revendications Russes en parlant notamment de «bataille pour l’arctique» ou encore de «guerre froide pour l’arctique», mais également la militarisation de la situation. En effet, l’Ours a dans le désordre, violé l’espace aérien Norvégien, fait patrouiller des chasseurs bombardiers (Tupolevs) ou encore acceleré le développement du «Boulava». A cela s’ajoute les déclarations de la Russie sur sa préparation armée à défendre son territoire, et aussi ses frontières.

Pourtant, très curieusement, personne n’a «dénoncé» les récentes grandes manoeuvres militaires Américaines, ceux ci ayant récemment procédé à 12 jours d’exercice à grande échelle en Alaska, impliquant environ 5.000 personnes, 120 avions et plusieurs navires de guerre. La Russie par la voix du lieutenant colonel Chamanov a affirmée ne pas pouvoir ignorer une telle démonstration de force militaire à proximité des régions essentielles arctiques. Est ce que ces manoeuvres ont un lien avec les prédictions du «north institut», Think Tank violemment Atlantiste (tout comme le CFR) et qui «ressort» le risque d’une alliance (continentale) Russie-Chine et une prise de controle des réserves du nord Heartland (lore à ce sujet le scénario II sur la constitution d’un corridor énergétique eurasiatique). Il est vrai que récemment, des états comme l’Iran ont exprimé leur visée sur le continent blanc.

l’Arctique est donc devenu le theâtre des opérations sur lequel tous les pions du grand échiquier sont présents et témoignant bien de la totale continuité de la guerre froide (a plus basse intensité) que les Américains et les Russes n’ont jamais cessé de se liver.

Au plus fort moment de ce conflit gelé (coincidence), les Etats-Unis ont compris l’intérêt de l’Arctique, sa traversée constituant pour ses bombardiers B52, puis pour ses missiles, le plus court chemin en direction …. de l’Union soviétique. Ils ont développé un réseau nordique de bases aériennes, qui a progressivement perdu de son importance avec le développement des missiles et du ravitaillement en vol. Au début des années 60, le commandement du NORAD a converti ces bases en des centres de détection, qui ont été modernisés dans les années 80, et rebaptisés North Warning System (NWS). Aujourd’hui, les Etats-Unis maintiennent leurs efforts pour y renforcer le réseau des sites radars nécessaires à l’alerte avancée de leur défense anti-missile. « La stratégie américaine d’affrontement avec l’URSS remonte de plus en plus vers le Nord[…], la bataille de l’Atlantique évolue pour aboutir, à partir de 1985, à une bataille purement américaine et sous-marine, la bataille de l’Arctique permettant la confluence des deux flottes Atlantique et Pacifique. Elle entraîne la marginalisation progressive de l’Europe de l’ouest ».

Durant la guerre froide, l’Arctique a été le théâtre d’un duel russo-américain où les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) américains se sont toujours efforcés de pister les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) soviétiques. Seuls les Américains et les Russes possèdent de tels sous-marins, capables de naviguer en milieu polaire. Il raisonnable de penser que l’Océan arctique continue à abriter aujourd’hui des sous- marins américains et russes, non plus dans la cadre d’une guerre sous-marine déclarée entre deux superpuissances, mais plutôt dans celui d’une stratégie de dissuasion « tous azimuts ». De surcroît. Aujourd’hui, l’Océan arctique permet de faire peser une menace de représailles nucléaires sur toutes les grandes villes de l’hémisphère nord.

De nombreux thinks tanks US reflechirainet deja aux implications en matière d’équipement et d’entraînement. Dans son livre « Globalization and maritime power », Sam Tangredi consacre un chapitre entier aux implications stratégiques et économiques du réchauffement de l’Arctique. L’auteur regrette que les Etats-Unis n’y aient pas encore affiché une position de leadership, alors qu’ils « devraient et pourraient » le faire. Il imagine déjà les conséquences stratégiques de la réduction de la calotte glaciaire ; qui obligerait en particulier l’US Navy à mener une « vieille mission dans une région nouvelle », qui est celle de la protection des voies maritimes.

Pourtant malgré ces tensions ravivées, la Russie « ne redoute pas un conflit d’intérêts entre les différents Etats riverains de l’Océan arctique » a déclaré Sergueï Lavrov lors de la conférence des cinq pays arctiques. Nous ne partageons pas les prévisions pessimistes de montée en puissance d’un conflit d’intérêts entre les Etats arctiques et extrarégionaux, qui envisageraient presque une “bataille de l’Arctique” sur fond de réchauffement climatique, qui facilite l’accès à des ressources naturelles dont le prix flambe dernièrement et ouvre de nouvelles voies de transport maritime“.
Le chef de la diplomatie russe estime que l’ensemble des problèmes de la région doivent être résolus de manière civilisée en se basant sur le droit international et les négociations.

Que conclure ? La zone arctique n’est pas seulement la zone energetique essentielle pour la periode d’apres OPEP, qui est sans doute très proche. Elle est aussi et probablement devenu le principal thêatre des opérations, car après la bataille pour le Heartland (qui contrôle le heartland contrôle le monde), peut être pourra t’on dire que «qui contrôle l’Arctique contrôle le monde».

«Conquis par les airs et sous la glace, l’Arctique a été le siège du seul véritable changement stratégique depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le cœur de la stratégie océanospatiale américaine face à l’union soviétique. Il est désormais le centre de gravité géographique désert et glacé de la CSCE ». (Guy Labouérie en 1993).

A méditer.

Sources :

« Une minute par jour » Par Alexandre Soljénitsyne

Ces entretiens d’une quinzaine de minutes chacun ont été diffusés d’avril à septembre 1995 à Moscou par la chaîne ORT une fois tous les quinze jours.
Extraits :
Dans le peuple et l’histoire russe, l’orthodoxie occupe une place absolument à part sous deux rapports : le rapport historique d’abord car, sans l’orthodoxie, ni notre grand Etat ni notre grand peuple n’existeraient ; le rapport gnoséologique ensuite car c’est par la Weltanschauung orthodoxe que toute notre culture et nos penseurs se sont frayés un chemin. Ces deux mérites de l’orthodoxie, je l’espère, viendront contrebalancer l’épouvantable état où l’a conduite le bolchevisme “.
En Occident, c’est l’abondance, oui, tout est splendide, on a tout. L’Occident est florissant, oui, sur le plan matériel. Mais les âmes, les âmes des gens se changent en déserts, la facilité les prive de ressort. Le XXIe siècle sera le théâtre d’un terrible conflit entre ce qu’on appelle le tiers-monde, la plus grande part de l’humanité, et ce qu’on appelle la race blanche. Il y aura des événements pénibles à vivre. Tout le monde sera concerné et, si nous n’arrivons pas à élever nos cœurs, à être affermis et purs intérieurement, nous tous, l’humanité, serons condamnés à périr“.
Je me réjouis qu’il y ait des nationalités ; j’estime qu’elles sont la richesse de l’humanité, les différentes facettes du projet Divin,
(…).
Il faut donc les préserver. En Occident, les Lumières depuis le XVIIIe siècle ont propagé cette idée mensongère que toutes les différences nationales seraient un jour gommées et que toute l’humanité serait une, réunie. Le XXe siècle nous a montré avec une évidence particulière qu’il n’en était rien. Les nationalités essaient toutes de se renforcer et d’affirmer leur originalité. C’est une bonne chose”.
“Notre tâche majeure la plus haute c’est de préserver notre peuple déjà tellement éprouvé, de préserver son être physique mais aussi moral, sa culture, ses traditions“.

Les Kanty en voie de disparition ?

En lien avec le post précédent, un article très interessant posté par Fabrice Nodé Langlois sur le blog Russie du FIGARO, concernant le peuple Kanthy. Lire les commentaires qui vont avec .. 😉 Pour plus d’informations, vous pouvez vous réferer au blog de Palpatine qui foisonne d’informations sur les “petits peuples” du cercle polaire …

Medvedev : 1 UE : 0

KHANTY-MANSIISK, 28 juin – RIA Novosti. Le président russe Dmitri Medvedev a dénoncé samedi à Khanty-Mansiisk (Sibérie) les spéculations politiques autour de la vie des ethnies finno-ougriennes en Russie
Extraits :

En règle générale, les critiques émanent de ceux qui n’ont qu’une idée superficielle de la vie des Finno-Ougriens en Russie, mais taisent les faits réels d’assimilation accélérée observés dans certains pays européens”

” Beaucoup de pays européens, font face à des conflits interethnique et à des flux migratoires, souvent incontrôlables”.

Dans tous les cas de figure, ces modèles devraient reposer sur le respect mutuel et la prospérité de toutes les cultures, langues, coutumes et traditions spirituelles nationales“.

En Russie, les peuples finno-ougriens ont toujours été un élément organique de la mosaïque ethnoculturelle russe, ils ont activement participé à la consolidation de l’Etat russe, à la mise en valeur d’immenses richesses naturelles et à l’industrialisation du pays“.

Le président russe a enfin prôné le dialogue interculturel, clé de voûte selon lui de la coexistence pacifique au sein d’une Russie multiethnique. “Le parcours historique de la nation russe repose largement sur la richesse et la préservation d’un milieu multiethnique et multiconfessionnel, sur l’expérience séculaire de la coexistence pacifique de plus de 160 ethnies au sein d’un Etat. Cette unité a permis à la nation russe de surmonter pas mal d’épreuves, et elle demeure jusqu’à présent un élément important de lutte contre les manifestations d’extrémisme, de nationalisme et d’intolérance religieuse“, a résumé M. Medvedev.