« Une minute par jour » Par Alexandre Soljénitsyne

Ces entretiens d’une quinzaine de minutes chacun ont été diffusés d’avril à septembre 1995 à Moscou par la chaîne ORT une fois tous les quinze jours.
Extraits :
Dans le peuple et l’histoire russe, l’orthodoxie occupe une place absolument à part sous deux rapports : le rapport historique d’abord car, sans l’orthodoxie, ni notre grand Etat ni notre grand peuple n’existeraient ; le rapport gnoséologique ensuite car c’est par la Weltanschauung orthodoxe que toute notre culture et nos penseurs se sont frayés un chemin. Ces deux mérites de l’orthodoxie, je l’espère, viendront contrebalancer l’épouvantable état où l’a conduite le bolchevisme “.
En Occident, c’est l’abondance, oui, tout est splendide, on a tout. L’Occident est florissant, oui, sur le plan matériel. Mais les âmes, les âmes des gens se changent en déserts, la facilité les prive de ressort. Le XXIe siècle sera le théâtre d’un terrible conflit entre ce qu’on appelle le tiers-monde, la plus grande part de l’humanité, et ce qu’on appelle la race blanche. Il y aura des événements pénibles à vivre. Tout le monde sera concerné et, si nous n’arrivons pas à élever nos cœurs, à être affermis et purs intérieurement, nous tous, l’humanité, serons condamnés à périr“.
Je me réjouis qu’il y ait des nationalités ; j’estime qu’elles sont la richesse de l’humanité, les différentes facettes du projet Divin,
(…).
Il faut donc les préserver. En Occident, les Lumières depuis le XVIIIe siècle ont propagé cette idée mensongère que toutes les différences nationales seraient un jour gommées et que toute l’humanité serait une, réunie. Le XXe siècle nous a montré avec une évidence particulière qu’il n’en était rien. Les nationalités essaient toutes de se renforcer et d’affirmer leur originalité. C’est une bonne chose”.
“Notre tâche majeure la plus haute c’est de préserver notre peuple déjà tellement éprouvé, de préserver son être physique mais aussi moral, sa culture, ses traditions“.

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