La Russie, au coeur des BRIC et de l’Eurasie

La Russie, 8ème économie du monde a été inclue dans un nouvel ensemble économique créé en 2003 par Goldman Sachs et appelé BRIC . Qu’est ce que les BRIC ?

 

L’ensemble hétéroclite Brésil-Russie-Inde-Chine, ensemble qui représente 40% de la population du monde, 15% du  produit intérieur brut mondial, 1/4 de la surface de la planète, 1/3 des terres agricoles et 40% des réserves de devises. Mais les BRIC cumulent surtout 50% de la croissance économique.  Un ensemble dont l’économie s’est rapidement développé et dont le PIB confondu devrait égaler en 2040 celui du G6 (les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie). 
Chacun des BRIC se situerait en 2050 au même niveau que les principales puissances économiques actuelles : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, etc. Dans un rapport récent il est estimé que le poids des BRIC dans la croissance mondiale passera de 20% en 2003 à 40 % en 2025.  Par ailleurs, leur poids total dans l’économie passera de 10 % en 2004 à plus de 20 % en 2025. récemment, d’autres acronymes ont été créés, préfigurant bien la très grande multipolarisation de l’économie mondiale :
 

 

A titre d’exemple, pour cette année 2010, la Chine devrait connaître une croissance de 10%, l’Inde de 7,7%, le brésil et la Russie de près de 5%. En ce qui concerne l’Europe, lire cette analyse qui définit la Russie d’après crise comme l’éclair de croissance de l’Europe ! En 2030, la Russie devrait être la première puissance économique Européenne, devant l’Allemagne.
Pourtant la Russie n’a pas été épargné par les 18 derniers mois de crise financière mondiale. La production industrielle y a baissé de 10,8% sur l’ensemble de 2009 et le PNB dans son ensemble de 7,9 %. Une chute du PIB liée et corollaire à la chute du prix du pétrole.

 

Cela alors que l’économie Russe a depuis 10 ans connu une croissance formidable :
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
10,0 5,1 4,7 7,3 7,2 6,4 6,7 8,1 5,6 – 7,9
La chute des matières premières est une des équations majeures dans ce ralentissement économique, le cours du baril a chuté de 147 dollars en juillet 2008 à 35 dollars fin décembre 2009. Le cours de l’aluminium se situait à 3370 dollars la tonne le 10 juillet.Il s’est effondré aux environs de 1600 dollars en décembre. La tonne de cuivre était cotée le 4 décembre à 3 422 dollars, alors qu’elle dépassait les 8000 entre mars et juillet 2008. Le cours du Nickel a également subi une chute spectaculaire.
Voir ici l’évolution des indices de prix du laiton / aluminium / cuivre.
Des la moitié de l’année 2009, dans un contexte international hautement bouleversé, et alors que l’on nous assurait qu’une terrible seconde vague économique était inévitable pour l’automne, de nombreuses voix se sont fait entendre pour proposer d’évincer la Russie des BRIC (devenant des BIC). Ces fantasmes émanaient le plus souvent de médias,  think-tank ou d’intellectuels Atlantistes et anglo-saxons, terrorisés par cette perte d’influence de l’Amérique et du monde anglo-saxon dans les “affaires de la planète”. 
Néanmoins dès la fin 2009, un fort vent de reprise se faisait sentir en Russie et le figaro nous donnait les prévisions suivantes :

En avril 2010, mieux, Reuters donnait cette synthèse fort intéressante de l’économie des BRIC montrant que sur la période de  1999 à 2008, le taux de croissance réel de la Russie a été égal à celui de l’Inde, supérieur à celui du Brésil et juste inférieur à la Chine. En outre, la Russie à la baisse du taux de pauvreté de loin la plus réussie, la plus forte, puisque ce taux a été divisé par deux en Russie, pensant qu’il stagnait en Inde et ne baissait que de 25% au Brésil.

 

 

Mieux, Goldman Sachs affirmait dès le début de l’année 2010 que : “Au sein du groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Brésil) la Russie constituera dans un avenir proche le pays le plus attrayant sur le plan des investissements … Si d’aucuns appellent à exclure en général la Russie du BRIC, nous jugeons que son marché est le plus attrayant pour le capital social. Nous le recommandons pour les investissements, celui-ci affichant les meilleurs résultats .. Nonobstant toutes les difficultés économiques de cette dernière décennie, la Russie a réussi à accroître son PIB libellé en dollars plus que le Brésil et l’Inde.”

 

Selon les estimations de Goldman Sachs, la croissance s’élèvera en 2010 à 5,8% au Brésil, à 4,5% en Russie, à 8,2% en Inde et à 11,4% en Chine, soit 9,2% pour l’ensemble du BRIC contre 4,4% pour le reste du monde. 
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Toujours au début de cette année, Bloomberg affirmait que en 2030 le G7 serait éclipsé par le E7 (emerging 7) soit les 7 puissances émergentes les plus significatives. Toujours en 2030 donc (alors que la Russie devrait être la principale puissance économique Européenne) le PIB combiné des BRIC + l’Indonésie, la Turquie et le Mexique devrait être 30% supérieur à celui de l’ensemble Amérique-Japon-Allemagne-France-Angleterre-Italie-Canada. Toujours selon le rapport, la Chine devrait devenir la première puissance économique mondiale en 2020.
Je m’arrête sur la Turquie car les échanges entre la Turquie et la Russie  sont croissants : “Le chiffre d’affaires des échanges commerciaux entre les deux pays ne s’est pas seulement accru d’environ 8 fois depuis 2000, mais en 2008, l’année d’avant la crise, la Russie est devenue le premier partenaire commercial de la Turquie et les exportations de la Russie vers ce pays se sont chiffrées à 27,1 milliards de dollars (+ 47,5%) avec des importations en provenance de Turquie pour un montant de 6,1 milliards de dollars (+45,2%).(..) En outre le consortium russe Gazprom livre à la Turquie 63% de ses besoins en gaz (la troisième place après l’Allemagne et l’Italie). En 2008, les livraisons de gaz russe ont dépassé 24,5 milliards de m3 (contre 23,5 milliards de m3 en 2007), y compris 10,5 milliards de m3 acheminés par le gazoduc Blue Stream (qui fonctionne depuis novembre 2005).” Une Turquie qui en ce début 2010 témoigne d’un comportement qui laisse penser que le pays souhaite affirmer son statut de puissance régionale indépendante d’envergure, pont entre l’Orient et l’Europe, comme la Russie l’est au coeur de l’Eurasie entre les mondes asiatiques, européens et musulmans.  Symbole de cette alliance des civilisations, la place de la Russie qui participe à diverses institutions et forums reliant l’Asie à l’Europe, on peut citer l’OSCE, la CEI, la CEE, l’OTSC, l’OCS, ou encore l’ASEM et le BRIC, ou encore l’OCI. Ces organisations pourraient préfigurer la création à court ou moyen terme d’une “Union Eurasiatique”, telle que l’a souhaité avec clairvoyance et lucidité le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev et en ce sens, l’union douanière commune créée par la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan en est le premier pas (source).


Cette situation a été confirmé lors du sommet Eurasiatique de Iekaterinbourg, des 15 et 16 Juin 2009 durant lequel ont eu lieu les discussions de l’ Organisation de Coopération de Shanghai  (qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan et ou l’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs) mais également  entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) à vu ces pays émergents pré-tracer les grandes lignes géopolitiques et géo-économiques de l’avenir comme la création de nouvelles institutions militaires et financières et notamment créer une monnaie de réserve « indépendante d’une nation particulière » (le Yuan ?).
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Le FMI à récemment listé les 10 premières économies mondiales en 2009 par PIB nominal :
 
 
… Et également par PIB à parité de pouvoir d’achat : les 4 BRIC sont dans les 9 premiers et la Russie est devant la France et l’Italie, prédéterminant le tournant historique qui s’annonce dans les décennies à venir ..
 
 

 

 

Interview d’Olga, une Francophile sur l’Amour ..

J’ai déjà parlé des « Français  de l’amour » sur le forum des français de Russie (ver1). Olga Kukharenko a accepté d’en dire un peu plus et de se confier à Dissonance :

 
1/ Olga bonjour, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs du Blog DISSONANCE? D’ou vient votre intérêt personnel pour la langue et la culture Française?
Bonjour, Alexandre. Je suis enseignante de français à l’Université pédagogique de Blagovechtchensk. J’y travaille aussi comme responsable du Centre de ressources en français.
 
Il arrive souvent dans la vie que le hasard joue un rôle décisif et tourne la vie là où l’on ne s’est jamais imaginé se retrouver. Je suis née et ai étudié à l’école à Amoursk, une petite ville de la région de Khabarovsk. Dans mon enfance j’étais passionnée par l’apprentissage de l’anglais  mais je ne me voyais jamais devenir professeur. Je me préparais à partir à Vladivostok pour étudier l’Orient et des langues orientales, notamment le japonais. C’est le pur hasard qui m’a amenée vers le français et le métier d’enseignant. Je suis arrivée à Blagovechtchensk à l’âge de 17 ans et ça fera bientôt 17 ans que je vis ici.
Au moment où je suis entrée à l’Université pédagogique de Blagovechtchensk, au département anglo-russe de la faculté des langues étrangères, en 1993, et pendant toutes mes années estudiantines, c’était une époque assez dure pour mon pays, l’époque de “transition”, comme on dit maintenant. A vrai dire, c’était un peu le bazar partout. Malgré le fait que j’ai réussi tous mes examens d’entrée avec excellence, l’administration de l’université ne m’a pas permis de faire mes études gratuitement puisque je venais de l’autre région, celle de Khabarovsk. C’est avec cette déception extrême, face à l’obligation de payer mes études et à l’impossibilité de m’opposer contre cette injustice, que j’ai alors pris la décision de m’inscrire au département de français et d’anglais, afin d’apprendre deux langues étrangères.
Je me souviens de ce moment qui a décidé mon avenir avec beaucoup de tristesse. A l’époque ma famille n’avait pas l’argent nécessaire (1.250.000 roubles) pour payer mes études, et mon père a été presque obligé de se mettre sur les genoux devant son patron pour le supplier de donner de l’argent pour mes études. Et ce n’était pas du tout évident!  En fait vrai miracle car l’usine était déjà au bord de faillite, et elle s’est écroulée un ou deux mois après…
 
Voilà comment le français est devenu ma vie. Vous savez, comme on dit entre les collègues, la langue française en Russie a un charme magique et l’effet qu’elle produit chez ceux qui l’apprennent est difficile d’expliquer. Il y a deux extrémités lorsqu’on rencontre avec le français: soit on reste assez indifférent et on continue de l’étudier par l’obligation sans trop s’y impliquer, soit on y consacre toute la vie! Comme vous pouvez le deviner, je fais partie des amateurs fous de votre langue et votre culture!
 
2/ Pouvez vous nous présenter votre ville Blagovechtchensk et votre région, l’Amour ?
 
La ville de Blagovechtchensk est située sur la rive gauche du fleuve Amour, à 7985 km  de Moscou.  Elle se trouve au confluent de deux fleuves Amour et Zeya. Fondée en 1856 comme avant-poste militaire d’Oust-Zeïa, Blagovechtchensk porte le nom de l’église paroissiale de l’Annonciation (Blagovechtchenié en russe, blagaya vest’ qui se traduit comme une bonne nouvelle).
 
Depuis 1932 Blagovechtchensk est le centre de la région de l’Amourqui a une frontière commune avec  la République de Sakha, au nord, avec la région de Khabarovsk, à l’est, avec  la Chine, au sud et avec la Transbaïkalie, à l’ouest.
 
Se situant sur la frontière avec  la Chine, notre ville a de très étroites relation avec  la Chine et surtout avec  la ville voisine Heihe qui se trouve à quelques 800 mètres de l’autre rive du fleuve de l’Amour.
 
La région de l’Amour est spécialisée dans la construction d’infrastructures de transports, d’autoroutes avec notamment la société “Amour”. Elle est également fortement présente dans l’agronomie de tout l’Extrême-Orient. La principale activité exportatrice de notre région est l’industrie forestière.
 
Notre flore et notre faune sont très riches et fort diverses. C’est ici qu’on peut trouver le plus grand tigre de l’Amour (ou tigre de Sibérie).
 
3/ Vous animez une revue et un blog en français. Les revues dont j’ai lu presque la totalité sont vraiment d’un très bon niveau ! Pouvez-vous nous en dire plus sur ces projets ?

Notre journal a été crée il y a cinq ans, en décembre 2004, par une étudiante de première année de notre département de français, Irina Kornéeva, qui pour l’instant continue son chemin de professionnalisation en journalisme en France, à l’Université de Bourgogne. Au départ  l’objectif du journal était réunir sur ses pages des francophones russes, pour qu’ils parlent de leur vie liée avec le français: voyages, événements culturels et éducatifs, divers expériences francophones, etc.

Au cours des années le journal a beaucoup grandi et s’est développé, de huit à vingt pages en réunissant des articles de tous les genres. Il s’est embelli, en plus. Mais le principe reste le même: chaque auteur qui écrit pour nous, met dans son article une partie de son âme. C’est pour ça que souvent nos articles sont pleins d’émotions.
Ainsi, au cours des années les francophiles d’une vingtaine de villes de Russie, de Sakhaline à Kaliningrad, ont participé à divers numéros. Des passionnés de langue et de culture française d’Egypte, du Mexique, du Brésil, de Pologne, de Finlande, du Canada, des États-Unis, et, bien sûr, de France, tout en appréciant le travail effectué, ont voulu s’associer à notre projet. Notre journal est ainsi devenu le porte-voix de l’Association des enseignants de français de la région Amourskaya ainsi que de l’Alliance Française de Vladivostok.
Cette année, l’année croisée France-Russie, nous avons décidé de faire notre journal “croisé” pour toute l’année! Nous pensons offrir à nos lecteurs des portraits croisés de nos deux pays,  la Russie et  la France, pour montrer ce qui nous unit, mais aussi ce qui fait nos différences.
 
En plus, je voudrais partager avec vous notre joie: on peut dire que cette année 2010 est à marquer d’une pierre blanche pour notre journal! Elle nous a offert l’opportunité d’une belle rencontre avec le géant des médias francophones car il est lu aux quatre coins du monde : “Le français dans le monde”!  Aucun d’entre nous ne s’était imaginé que le FDLM parlerait un jour de notre petit “Salut!”. Lisez dans le numéro 369 Mai-Juin 2010 qui vient de paraître, aux pages 28-29, l’article sur notre journal!
 
Je crois que cet échange interculturel ne fait que renforcer l’intercompréhension de nos deux peuples. Il aide à se comprendre mieux. Le dialogue entre nos deux cultures apporte l’unique richesse qui compte, celle de l’esprit.
 
4/ Qu’est ce qui pousse les jeunes de Blagovechtchensk, à étudier la langue française ? Sur la dernière décennie, quel est le nombre d’étudiants qui ont étudié le français à Blagovetchensk ? Avez-vous l’impression que l’attrait pour la langue française est en augmentation ou au contraire en diminution ?
 
Ca peut paraître étonnant, mais à Blagovechtchensk il y a de plus en plus d’amateurs de français. Certes, le nombre est moins grand qu’à l’ouest du pays où le débouché professionnel avec le français est beaucoup plus important, mais la tendance est pareille pour toutes les régions de  la Russie, je trouve: l’attrait de la langue française est en augmentation. Le mérite est, sûrement, à l’activité dynamique de l’équipe du SCAC de l’Ambassade de France en Russie. Il nous propose un large éventail de programmes éducatifs et culturels, événements, projets à monter et réaliser, bourses, concours de langues, festivals de chansons et de théâtre francophones, etc. Nous élèves et étudiants voient de réelles possibiltés d’étudier en France! De l’autre côté c’est le développement (économique, politique, social, etc) de  la Russie et son ouverture aux autres pays et la multiplication des échanges de toutes sortes avec  la France qui fait que le français devient de plus en plus étudié par les Russes. 

 

Ainsi, il arrive de plus en plus souvent que des jeunes s’adressent à moi et à mes collègues pour demander de leur donner des cours privés de français. Chacun a ses raisons de l’apprendre: l’un tombe amoureux de sa beauté, l’autre veut poursuivre ses études supérieurs en France. Ce qui attire premièrement et le plus souvent c’est la mélodie magnifique du français et le charme et le romantisme qui font toujours l’image de  la France et le français pour les Russes. J’avoue que ce n’est pas pratique comme l’objectif d’apprendre une langue étrangère, mais c’est miraculeusement comme ça avec le français! 

 

 
5/ Cette année 2010 est l’année croisée France-Russie, qu’est ce que cela vous inspire ? En parle t’on dans les médias de votre région et de votre ville ?
 
La nouvelle de cette année croisée nous a fort réjouis! Enfin nous serions plus vus et entendu, il y aurait plus d’attention à notre activité de la part d’un plus large public et surtout des autorités locales…
 
A vrai dire, les festivités et les événements au niveau fédéral ne nous concernent pas beaucoup. C’est la presse qui nous fait savoir tout ce qui se passe à l’ouest de notre pays et en France. Nous, on s’efforce à nous associer aux activités franco-russes qui se déroulent dans tous les coins de nos deux pays, en organisant toute sorte de manifestations différentes chez nous: expositions thématiques de photos de dessins des élèves, festivals de théâtre et de la chanson française, concours de français pour les étudiants et les élèves su secondaire. Nous accueillons des hôtes français: acteurs, écrivains, chercheurs, professeurs de français.
 
Pour ce qui est de nos médias, en début de l’année 2010 ils se sont adressés à nous en nous demandant ce qui était prévus pour cette année. Ils sont aussi intéressés à participer à cette année croisée en informant le public de tout ce qui se passe dans la vie francophone de notre région. Ils viennent avec plaisir faire des reportages et écrire des articles sur nos évènements.
 
6/  La ville de Blagovechtchensk est située à un endroit géographique particulier, a la frontière Russo-chinoise. En 2007 c’était l’année de  la Russie en Chine, en 2008 l’année de la Chine en Russie, en 2009 l’année de la langue russe en Chine et 2010 l’année de la langue chinoise en Russie! Finalement d’après vous comment se porte la “francophonie” par rapport à la “sinophonie” ?
 
Franchement dire, pas très bien… Toutes ces années croisées Chine/Russie, depuis 2007, c’est incroyable! Et en plus les Chinois investissent énormément dans tous les évènements qui se passent dans ce cadre. Quand j’ai appris la nouvelle de l’année croisée Russie/France, j’ai été très contente, mais juste un peu plus tard j’apprends que 2010 c’est aussi l’année de la langue chinoise en Russie. Et comme vous pouvez devinez, à Blagovechtchensk, cela prend une envergure étonnante. Juste un exemple: nous, on a budget zéro pour l’année France-Russie à Blagovechtchensk, alors les Chinois donnent 150 000 dollars à notre Université pour toute sorte de manifestations ! C’est incroyable, étant donné que c’est déjà la 4ième année de la forte présence chinoise en Russie.
 
Par contre, nous, les francophones de Blagovechtchensk, nous avons notre place parmi les anglophones, germanophones et sinophones. Même si nous sommes peu nombreux de nouveaux amateurs de la langue et de la culture française nous rejoignent régulièrement, nous faisons toujours parler de nous dans les médias locaux et nous avons un grand soutien de la part de l’Ambassade de France et de tous les amis que nous avons en France!
 
7/ Les relations entre les Russes et les Chinois font l’objet de beaucoup de débats en Occident, beaucoup parlent d’un péril jaune voir d’une invasion de Chinois en Sibérie. Vous qui êtes Russes et “la bas”, quelle est votre opinion ? Quelles sont les relations entre les “russes” et les “chinois” dans cette région ?
 
Moi, les derniers temps j’y réfléchis de plus en plus et je constate l’augmentation de la présence chinoise dans tous les domaines. 

 

Les Chinois sont trop nombreux à venir à Blagovechtchensk pour des raisons différentes: faire du commerce, travailler sur les champs, dans la restauration, construire des maisons. Ils s’intéressent fort à venir étudier le russe chez nous, dans notre Université, et aussi apprendre d’autres disciplines. Le nombre d’étudiants augmente à une vitesse étonnante: en deux ans d’une centaine jusqu’a 400 étudiants dans notre université. Notre ville et notre région collabore beaucoup avec  la Chine a tous les niveaux dans tous les domaines: commerce, médecine, tourisme, éducation, culture, entraînements communs des gardiens de frontière, des pompiers, des militaires, des policiers, etc.
 
Les Chinois c’est une nation très laborieuse! Ils adoptent vite tout ce qui vient de nouveau de l’Ouest tout en gardant leurs traditions datant des milliers d’années. Presque tous les Chinois de la ville voisine Heihe parlent russe! C’est impressionnant! C’est indispensable pour eux pour attirer le plus de touristes, de clients, de partenaires de Russie. Malgré tout, moi personnellement, je n’éprouve aucun besoin ni envie d’apprendre le chinois.
 
8/ Bénéficiez vous dans le cadre de vos activités de “soutien” extérieurs, de “sponsors”, qu’ils soient Russes ou Français ? (état, administrations, alliance française, fonds pour la culture..) ? Qui concrètement vous aide à développer la francophonie sur l’Amour ?
 
C’est tout d’abord l’Ambassade de France en Russie. Ils proposent des bourses des stages linguistiques et pédagogiques, organisent des concours dont les récompenses sont des séjours culturels et éducatifs en France. Nous organisons avec leur aide et soutien des sessions des examens DELF DALF. Nos étudiants partent poursuivre leurs études en France. Tout cela motive bien des jeunes à apprendre plus le français.
 
Nous avons un soutien de la part de l’Alliance française Vladivostok pour l’édition de notre journal francophone “Salut! Ca va?”. L’Alliance nous “envoie” régulièrement des artistes et des experts français, et nous organisons leurs rencontres avec les francophones de Blagovechtchensk.
 
Et c’est l’administration de notre Université qui soutient beaucoup nos projets.
 
9/ Y a t’il une communauté de Français ou d’Européens de l’ouest dans votre ville ou votre région ? Ou alors s’agit-il de gens qui sont juste de passage ? 

 

Non, pas de communautés de Français ni d’Européens de l’ouest. Il s’agit justement des gens de passage dont je viens de vous parler, et des touristes qui viennent à l’invitation personnelle des gens de l’Amour. 

10/ Vous avez déjà voyagé en France, quelle a été votre impression sur notre pays ?

Ah! Ça, il faudrait que nous consacrions une interview à part à mes impressions de  la France et des Français! J’ai fait 5 voyages en France, chaque fois c’étaient des stages différents et chaque fois je revenais avec un énorme bagage d’impressions diverses! Ces voyages m’ont enrichi intellectuellement, ils m’ont fait découvrir encore et encore votre pays et connaître plus votre peuple. Je suis passée par des simples comparaisons des modes de vie, traditions et la manière de s’exprimer des Français en arrivant jusqu’aux déductions curieuses et inattendues pour moi. Tout cela à éveillé de plus en plus ma curiosité et m’a incité à plus observer. En découvrant votre culture, il m’est arrivé de tomber dans des situations tantôt rigolotes tantôt assez gênantes.

Plus j’apprenais  la France, plus les rencontres avec votre culture me faisaient réfléchir  sur de nombreux pourquoi  sur la nature humaine et les relations entre les gens, elles me donnaient des idées pour mon développement personnel et professionnel, m’aidaient à prendre du recul par rapport à la culture de mon pays et voire de ma personnalité, elles m’offraient des moments inoubliables me remplissant de l’enthousiasme incroyable que je n’évitais pas à partager avec mes étudiants! C’est justement le dialogue avec la culture de l’Autre qui est à l’origine de plein de mes découvertes passionnantes! Mais il est vrai que c’est un sujet à part, à discuter longtemps…

 
11 / Le 02 juillet prochain, le Président Russe va visiter votre université , que souhaiteriez vous lui demander ?
 
Oui, je me réjouis à l’idée d’avoir l’occasion de participer à cette rencontre. Enfin, j’espère que je serais parmi ceux chanceux qui seront là. Je vais encore refléchir… Je lui demanderais quelque chose d’intelligent (rire). Par contre ce que je ferais sûrement, je lui demanderais de passer mon bonjour à Vladimir Poutine! Et oui, je sais que c’est pas sérieux… Tout le monde autour de moi, surtout mes amis français, savent que j’admire cet homme!

 

12/ Avez vous quelque chose à rajouter ?

Euh… non, je pense…

Merci Olga pour cette interview, je rappelle l’adresse du site des “francisants” et “francophones” de Blagovechtchensk, vous pouvez également télécharger des revues ici, et consulter le blog des français de l’amour la.

Dissonance, projet Vox Populi

Le blog d’Alexandre LATSA donne la parole aux Russes, pendant 4 mois, tous les lundis, un article intitulé Vox-Populi sera publié sur ce blog, reprenant les sondages les plus parlants sur des thèmes divers et variés, sondages effectués par le centre Russe d’analyse Levada de fin 2007 à mi 2009 et dont la synthèse en Anglais est la.
Loin des préjugés, ces sondages ont été effectués auprès d’un échantillon de population variant de 1600 a 2000 personnes pour chaque question.
Les résultats sont la “voix du peuple Russe”.

Moscou capitale de l’Europe .. Et du monde ?

Non je ne suis pas un Russophile aveugle, loin de la, bien au contraire, je suis juste un citoyen avec les yeux ouverts, du bon sens et quelques neurones, ce qui n’est pas le cas visiblement de Juliette Rabat et des sous-pigistes du courrier de Russie …

En novembre 2008 j’écrivais que Moscou était devenue la capitale de l’Europe, cela était justifié par le fait que la vraie Europe va de l’atlantique au pacifique et ne s’arrête pas aux limites de la croupion Union de Bruxelles. Et que aujourd’hui ni Paris, ni Bruxelles, ni Berlin ne sont en mesure de contrôler efficacement ce territoire et devenir des coeurs civilisationnels, la principale raison étant la totale soumission de leurs élites à l’empire Américain. Deux Europes cohabitent territorialement, géographiquement voisines, mais séparés par un mur à bannière étoilée et des options politiques totalement différentes.

Ce thème de Moscou, capitale de l’Europe avait suscité l’incompréhension des gens qui ne connaissent pas la Russie et ne peuvent ressentir, voir à quel point la Russie renait, se reconstruit et devient un pôle de pouvoir et de volonté, non pas seulement régional comme “Marie-Jégo et consorts” voudrait nous le faire croire mais bien une puissance continentale et civilisationelle. La radio Française m’avait même interrogé sur ce thème (comme sur d’autres) mais il est difficile d’expliquer la Russie, la Russie se ressent et ne s’explique pas.

Un correspondant vient de m’envoyer cet article intitulé : “Moscou bien placée pour devenir capitale du monde” publié par Ria Novosti en Septembre 2009 ! Non lecteurs ne rêvez pas je n’y suis pour rien et ne travaille pas à Ria Novosti 😉
L’idée vient d’outre atlantique, de Forbes New-York qui écrit cela :
Moscou a toutes les chances de détrôner, en tant que “capitale du monde”, les mégapoles que sont New-York, Londres ou Paris, ou au moins de se placer sur un pied d’égalité avec ces dernières (..) Il y a quinze ans, Moscou était très vétuste, peuplée de gens qui faisaient tristement la queue pour acheter des marchandises de piètre qualité. Aujourd’hui ses hôtels, bon marché et douteux il y a un quart de siècle, sont parmi les plus chers au monde. L’immense industrie énergétique russe, dominante en Europe, est un facteur clé pour les transformations (…) Les experts indiquent que Moscou a radicalement changé d’aspect après la chute de l’Union soviétique. La ville qui ne comptait que quelques tours, parmi lesquelles celle de l’Université Lomonossov, a aujourd’hui tout d’une capitale moderne pour les hommes d’affaires, truffée de gratte-ciels déjà en service ou en cours de construction (..)
La liste de futures capitales du monde comprend aussi Shanghai et Pékin, Mumbai, São Paulo, Calgary, Dubaï, Perth ainsi que les villes texanes Houston et Dallas en pleine expansion (…) Les capitales mondiales de demain se trouveront non plus en Occident, mais plutôt dans les pays tels que la Chine, la Russie et l’Australie“, estime le magazine.

Je rajouterais juste que la crise a accéléré le mouvement et la décomposition des capitales Occidentales , y compris celles citées par Forbes mais au contraire à mis Moscou dans une situation de force de par sa très rapide récupération. 
Comme le rappelait le GEAB dans son bulletin du 15 février 2010 —> 

Les meilleurs matériels de guerre russes

Plusieurs lecteurs m’ont demandé quel matériel avait défilé pendant la parade et quelles étaient les nouveautés …
Dans le même temps, des amis Français avec qui j’ai récemment diné m’ont “affirmé” que aucune nouveauté militaire n’avait été présenté cette année …
RIA NovostiLes meilleurs matériales de guerre russeLes meilleurs matériels de guerre russes

16:21 11/05/2010 Description des matériels de guerre engagés dans le défilé du 9 mai sur la place Rouge
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Victoire sur le nazisme, anatomie d’une parade ..

Excellente analyse publiée sur RIA Novosti signée par Hugo Natowicz, à lire et diffuser ..

RIA NovostiParade de la Victoire le 9 mai 2010Victoire sur le nazisme: anatomie d’une parade

17:22 11/05/2010 Trait d’union entre présent et passé, la traditionnelle parade militaire du 9 mai sur la place Rouge, qui marquait les 65 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, n’a pas fait exception à la règle en permettant d’appréhender les ambitions russes sur l’échiquier mondial.

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Une journée dans un pays civilisé

Quizz Latsa, de quel pays parle-t-on ?

Plus de 17 millions de personnes ont pris part … aux commémorations … a annoncé à l’agence de presse un représentant du ministère de l’Intérieur du pays. 


Plus de 17 millions de personnes ont célébré .. dans les rues des villes et villages. Plus de 300.000 anciens combattants ont pris parts aux festivités. 16.000 manifestations publiques de grande ampleur se sont tenues dans l’ensemble du pays”, a précisé l’interlocuteur de l’agence. 


Selon lui, aucune violation significative de l’ordre public n’a été enregistrée. La sécurité a été assurée par 267.000 policiers, 12.000 militaires des Troupes de l’Intérieur, 11.000 élèves-officiers des universités du ministère de l’Intérieur, 15.000 volontaires et 7.000 cosaques, a ajouté l’interlocuteur de l’agence.


Vous vous en doutez, ce n’est pas en France ! 
Réponse la ..