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La leçon des attentats ?

Le correspondant du  Figaro à Moscou, Pierre Avril, que j’ai cité dans ma dernière tribune sur Ria Novosti a repris sur son blog le sujet dans un post intitulé “la leçon des attentats“. 
Bien sur je n’ai rien contre Pierre Avril, dont les articles sont selon moi un baromètre de la température qui règne au Figaro sur la Russie.
Je déplore juste que ses articles aient souvent un ton trop négatif sur la Russie.
Je suis néanmoins très heureux d’apprendre que Pierre Avril pense que: “la presse francaise est loin d’être exempte de tous reproches (personnellement je ne partage pas les commentaires du Nouvel Obs et de Vincent Jauvert que je juge outranciers et pense que ma consœur de France Inter devrait se montrer plus prudente s’agissant des attentats de 1999)” ou alors que ” la majorité des journaux russes se sont montrés bien plus sévères que les journaux français“.
La presse Russe, cela fait bien longtemps que je dis qu’elle est assez libre, au moins autant que la presse francaise, et non comme nombre de journalistes nous le répètent aux ordres du Kremlin 😉
Pierre Avril termine son post en se posant la question suivante : “Pourquoi faudrait-il être soupçonné de soutenir les terroristes à partir du moment où l’on critique les pouvoirs ? Étrange amalgame“. 

Je n’ai jamais soupçonné quiconque de soutenir les terroristes, sous prétexte de critique envers le pouvoir, et du reste ce n’est pas écrit dans ma tribune. Je ne me spécialise pas dans la critique facile et l’obsession Kremlinophobe, comme nombre de journalistes francais, même si c’est vendeur chez les lecteurs francais.
La presse Française nous a bien longtemps présenté les parents des terroristes Caucasiens comme des combattants pour la liberté, et en ce sens elle porte une “lourde” responsabilité morale et éthique à l’égard de la Russie.

Néanmoins je me demande la chose suivante, pourquoi Pierre Avril n’a t-il pas expliqué sa phrase que je citais dans ma tribune a savoir: ” C’est un président en proie à une quasi-guerre civile dans son propre pays qui s’est présenté mercredi soir au forum de Davos..

“A la base, c’est quand même la question que je soulevais dans mon texte 🙂

Des critiques malgré les bombes

Cet article a été publié originalement sur Ria Novosti
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Ainsi l’abominable s’est encore produit. Vers 14h30 lundi dernier, un kamikaze a fait exploser sa bombe dans le hall d’arrivée de l’aéroport international de Domodedovo. L’attentat, qui survient après la visite du président Russe au Proche-Orient et à la veille du sommet mondial de Davos, visait clairement tant à fragiliser le pouvoir russe qu’à inquiéter la communauté internationale, notamment en ciblant des étrangers. Le bilan est lourd, 35 personnes sont mortes et 180 blessées. La Russie apprend-on aurait pu en outre plus mal terminer l’année 2010 puisque le kamikaze de l’aéroport serait lié à une cellule terroriste, en cours d’identification et de démantèlement, qui avait planifié un attentat sur la place rouge le 31 décembre au soir.

Même dans ce moment difficile, la Russie n’a encore eu droit qu’à beaucoup de critiques et peu de soutien.Mention spéciale à la presse française qui s’est encore distinguée. Pour Hélène Blanc sur France-info par exemple, il faut se montrer particulièrement prudent car nous dit-elle en citant la série d’attentats qui avait fait 293 morts en Russie en 1999 : “ces attentats n’étaient pas du tout l’œuvre des Tchétchènes auxquels on les a attribués mais l’œuvre du FSB”. Pour Anne Nivat: “Poutine comme Medvedev exploitent l’obsession sécuritaire pour gagner des votes et ils se sont fait élire grâce à leur rhétorique sur la Tchétchénie”. Pour le correspondant du Figaro en Russie, Pierre Avril: “le pays serait en proie à une quasi guerre civile”. Enfin pour Vincent Jauvert, l’attentat démontrerait “la faillite du système Poutine”. Cette affirmation nous a déjà été martelé cet été, lorsque les incendies qui ont frappé la Russie avaient soit disant démontré une faillite d’un hypothétique système Poutine. En outre, ce dernier ajoute: “corrompus et incompétents, les services de sécurité n’ont pas repéré le kamikaze”.
Pourtant, bien loin des bureaux des rédactions des quartiers huppés de Moscou ou Paris, sur le terrain, les résultats de la Russie en matière de lutte anti-terrorisme sont assez éloquents. Pour la seule année 2010, dans le Caucase du nord, 301 terroristes ont été abattus et 468 arrêtés, 4.500 raids ont été réalisés, ainsi que 50 opérations antiterroristes d’envergure. 66 attentats ont été déjoués, même si 500 actes terroristes (dont 92 explosions et attentats) ont coûté la vie à plus de 600 personnes. En Russie pour la seule année 2010, plus de 360 policiers russes sont  morts dans l’exercice de leurs fonctions.

Bien sur, le Caucase musulman, Tchétchénie en tête, à longtemps été présenté par les médias occidentaux comme une région du monde occupée par la tyrannique Russie, mais aspirant à l’indépendance et à la liberté. Le terrorisme dans le Caucase serait une sorte de réaction désespérée de peuples opprimés. Les Français, ayant la nostalgie du village Gaulois assiégé par la puissante Rome, et désinformés sur la réalité du terrain, ne pouvaient que se laisser séduire, du moins pour une grande partie d’entre eux. Pourtant, il n’en est rien. Le but des terroristes n’est pas de libérer des peuples opprimés mais de les asservir. Les terroristes du Caucase sont liés à une nébuleuse islamiste sous forte influence étrangère, Wahhabite, reliée elle à une idéologie révolutionnaire et destructrice, qui vise à l’établissement d’un émirat Islamique dans tout la région. Ce noyau Wahhabite a probablement ses racines dans la première guerre de Tchétchénie, lorsque de très nombreux supplétifs étrangers (Arabes, Afghans…) ont rejoint les rangs Tchétchènes, pensant transformer la guerre d’indépendance en un conflit religieux et amener la guerre sainte dans la région. On sait ce qu’il advint, les nationalistes Tchétchènes, s’ils ont perdu la guerre sur  le terrain contre l’armée fédérale, ont au final obtenu pour la Tchétchénie une autonomie très importante, politique et religieuse, mais au sein de la fédération. Les tensions entre caucasiens et étrangers ont même explosé au grand jour, les premiers ne reconnaissant que difficilement les méthodes des seconds et leur radicalité intransigeante, bien loin du soufisme du Caucase, qui s’est quand même un tant soi peu accommodé des traditions locales. Ramzan Kadyrov proclamait d’ailleurs récemment et symboliquement, la défaite du Wahhabisme en Tchétchénie.

La séparation du Caucase et de la Russie comme le souhaitent et les Islamistes Wahhabites et certains intellectuels étrangers ne représenterait en rien une solution. Il semble évident que la conséquence première d’une telle décision serait de livrer la région à des conflits internes avec la probabilité qu’elle ne devienne rapidement un foyer régional de terrorisme. Il faut aussi rappeler que ces régions du sud de la Russie sont pour la plupart russes depuis plus longtemps que Nice n’est définitivement devenue Française. Enfin, de très nombreux Caucasiens musulmans se sentent russes et citoyens à part entière de la fédération, dont ils représentent une des facettes de l’identité multiculturelle.

Il serait appréciable que les commentateurs étrangers concentrent leurs attaques et leur énergie sur les criminels et non sur l’Etat russe. A ce que je sache, de Madrid à Londres ou Moscou, les victimes sont les victimes d’un seul et même terrorisme. Je ne crois pas que lorsque des événements similaires ont frappé d’autres démocraties européennes, comme l’Espagne ou l’Angleterre, en 2004 et 2005, avoir lu de la part de commentateurs russes que les attentats signifiaient un échec des gouvernements de ces pays ou que les services de sécurité n’auraient pas bien fait leur travail. Cela pour la simple et bonne raison qu’il est quasiment impossible d’empêcher tous les attentats terroristes. Les Espagnols, les Israéliens, les Turcs ou les Indiens, dont les pays sont souvent visés par le terrorisme ont depuis longtemps compris la nécessité de mesures de sécurité drastiques pour prévenir au maximum ces attentats, avec plus ou moins de succès. Ces mesures même si elles entravent certaines libertés individuelles sont sans doute essentielles pour que la vie puisse suivre un cours paisible malgré la menace.

Les esprits sont préparés si de nouveaux attentats surviennent, en Russie et peut-être encore dans la capitale, ce qui semble malheureusement inévitable. Le but des terroristes est toujours d’effrayer la population et déstabiliser la société. Mais aucun cas nous ne devons nous citoyens russes et étrangers nous laisser déstabiliser. Bien au contraire, c’est la coordination d’un état volontaire et décidé, et d’une population soudée et attentive qui est le meilleur rempart contre le terrorisme. La Russie a la capacité de surmonter ces épreuves. Comme l’a parfaitement résumé Alexeï Pimanov, le présentateur du programme Chelovek i Zakon (Homme et loi) dans l’émission récente consacrée à ces évènements: “Ceux qui ont spontanément et bénévolement proposé leur aide suite à cet attentat, qui ont transporté gratuitement de l’aéroport au métro des passagers, ceux qui ont donné leur sang ou aidé les secours dans les premiers difficiles moments, ces gens la représentent la vraie Russie”.

Les finalistes pour le centre orthodoxe russe à Paris

Chers lecteurs, comme vous le savez l’ancien bâtiment de Météo France, construit en 1948 sur ce terrain de 4.245 m2 vendu en mars dernier à la Russie par l’État français, sera détruit en grande partie. A la place on y trouvera bientôt une église orthodoxe et un centre culturel russes. Compte tenu des règles d’urbanisme, l’église orthodoxe “ne pourra pas dépasser 25 ou 27 mètres de haut, croix comprise”, a indiqué l’ambassadeur de Russie. Elle sera entourée d’un jardin ouvert au public et pourra accueillir 500 à 600 personnes.

Le Centre culturel russe donnera sur le Quai Branly. Ce sera une construction moderne, peut-être en pierre, verre et acier, avec un café ouvert au public. Un séminaire pour former de futurs prêtres orthodoxes sera également construit et l’église sera rattachée au patriarche de Moscou. (source).
Vous pouvez voter pour l’un des 10 projets finalistes ici
Pour bien regarder en détail les projets, c’est ici

Séminaire –> Russie : Terre d’opportunités

Chers lecteurs,

les étudiants du Master 2 Science du Management et Commerce à l’International de la faculté Jean Monnet à Sceaux (Université Paris Sud 11), vont organiser le séminaire « Russie : terre d’opportunités » le 9 février 2011, pour promouvoir la connaissance du marché russe.

L’entrée est libre et je joins le programme ci dessous :

9h15 : Ouverture par Jérôme FROMAGEAU, Doyen de la Faculté Jean Monnet.
Présentation : Florent PESTRE, Responsable de Master 2 Commerce International.
Animation : M. LUTIQUE, Président du Cercle Kondratieff
9h30 : Géopolitique
– Mutations économiques, sociales et politiques, Patrick DOMBROWSKY, Directeur de l’Observatoire d’Analyses des Relations Internationales Contemporaines (OARIC).
– Système des fédérations et exemple du Tartastan, Pascal K. MAS, Conseiller spécial du Ministre-représentant permanent de la République du Tatarstan à Paris.
11h00 : Economie rentière et modernisation  
– Une économie rentière mise à mal par la crise & Les atouts de l’économie russe, M. TRUEL, Vice président du cercle Kondratieff et directeur de la société IBD.
– Les défis de la modernisation, Anna TCHOUB, doctorante à l’Université Paris 1 Sorbonne.
12h30-14h00 : Déjeuner libre
14h00 : Les relations commerciales franco-russes
– Par le chef de la délégation économique et commerciale de l’Ambassade de Russie en France.

maître de conférences à l’Université Paris IV.
–Témoignage d’une expérience professionnelle, Yulia PELEVINA,  ex-commerciale export Russie.

15h30 : Les aspects sectoriels : agriculture et tourisme
– Les enseignements  des partenariats franco-russes dans les investissements agro-alimentaires en Russie, Maurice ROSSIN, ancien conseiller agricole auprès de l’Ambassade française à Moscou.
– Les perspectives du tourisme, Laure JACQUET, Directrice France de Tsar Voyages.
17h00 : Clôture du Séminaire par Florent PESTRE. 
Mail: seminaire.russie@yahoo.fr
Adresse : 
Université Paris Sud XI, Salle Vedel, 54 Bd Desgranges, 92330 Sceaux
RER B : ROBINSON

Polémiques vestimentaires

Cet article a été publié originalement sur Ria Novosti
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Dans le petit futé 2006-2007, un paragraphe intitulé Moscou en 25 mots clefs décrit la devouchka (entendez la jeune femme russe) comme “une créature très apprêtée”  et affirme que “l’occidental en simple visite touristique fait souvent pâle figure, particulièrement l’hiver où il a du mal à s’adapter aux possibles changements de température”. Le paragraphe se termine de la façon suivante: “il vous sera bien difficile en face de défendre la réputation d’élégance dont la France doit porter le terrible fardeau”. Je précise que la tribune du petit futé était rédigée par une femme, et donc sans doute à destination des lectrices femmes en grande majorité puisque ces dernières ont bien évidemment à cœur ce sujet de l’élégance.

Cette guerre des élégances entre Françaises et Russes n’est pas nouvelle. En 1842 lorsque le secrétaire d’ambassade à Paris Victor de Balabine prend son poste, celui-ci remarque la compétition des genres, entre femmes françaises et femmes russes, et la décrit de façon très intéressante dans son journal. Il y note que: “si les Françaises, dans leur accoutrement de promenade, à la fois simple et élégant, ont sur elles un avantage marqué (…) En revanche, le soir dans un salon et au bal, les nôtres l’emportent par leurs toilettes d’abord, toujours fraîches et de bon goût, ensuite par un certain bel air, une certaine tenue un peu raide peut-être, mais qui leur donne un je ne sais quoi de distingué et de grande dame”.

Cette affirmation sur la supériorité de l’élégance russe devient une évidence pour quiconque, femme ou homme, voyage en Russie ou à Moscou de nos jours. La Russie n’a du point de vue de l’élégance des femmes aucun concurrent sérieux et certainement pas la France, ou depuis bien longtemps et pour diverses raisons pratiques, nos concitoyennes nous ont affirmé qu’un look moderne et neutre (entendez là jean large, basket et blouson sport) était le plus adapté à la vie urbaine, bien que vraiment peu sexy. Les hommes français qui viennent à Moscou sont donc généralement très agréablement surpris d’y découvrir une gent féminine très apprêtée, comme dirait notre commentatrice du petit futé. Quand aux femmes françaises, elles découvrent généralement avec stupéfaction et souvent une pointe de jalousie, que les Moscovites savent rester très élégantes, malgré le fait que les distances à parcourir à pied y soient souvent longues ou encore que l’architecture urbaine soit moins propice à la marche que dans les villes françaises.

Cette élégance marquée à travers les saisons, étonne également souvent l’étranger de passage en Russie. L’hiver, l’élégance féminine est animale, en fourrure et talons hauts, les femmes moscovites, avec leur comportement digne, le regard droit et clair ont indéniablement une classe et un style à part. La généralisation de la fourrure ne souffre pas en Russie de cette mode récente, soi disant écologique mais surtout très bourgeoise bohème, portée et propagée par notre égérie Brigitte Bardot, et qui veut qu’on ne porte pas de fourrures au nom du droits des animaux. L’été, le déshabillé excessif russe n’a sans doute non plus aucun égal, la beauté extra-terrestre des femmes Russes est aussi grande que les minijupes sont petites. Les étrangers sont d’ailleurs souvent estomaqués de voir à quel point les femmes russes sont libres de choisir leurs vêtements sans aucune crainte. C’est vrai que la légèreté vestimentaire russe n’a pas d’équivalent en Europe de l’ouest et surtout pas en France. L’explosion de l’insécurité et des incivilités dans les villes françaises est en effet sans doute la raison principale du choix de nombre de femmes à l’ouest de ne plus opter pour des looks sexy ou aguicheurs, mais au contraire très neutres et discrets.

A contrario en Russie, l’absence d’incivilités dans la rue à l’égard des femmes dévêtues permet je dois dire tous les excès, généralement pour le plus grand bonheur des yeux masculins. Cette équation féminine russe est sans doute un des raisons principales du succès des femmes russes auprès des hommes du monde entier, mais pour autant, cette mode vestimentaire estivale n’est pas approuvée par toute l’opinion en Russie.

Récemment l’une des principales têtes pensantes de l’Eglise orthodoxe, l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, a exigé l’instauration d’un dress-code pour les femmes en Russie, estimant que “certaines d’entre elles confondent la rue avec un club de strip-tease”. Ce pamphlet contre les spécialités Russes modernes que sont le micro-short ou la mini-jupe pourrait faire sourire si l’homme d’église n’avait rajouté que “la minijupe provoquerait des conflits interethniques et la violence et des crimes de la part de Caucasiens, mais aussi de Russes”. Cette analyse des conséquences d’un tel code vestimentaire est à mettre en lien avec l’idée de création d’un “code des Moscovites”, annoncé par le président du comité chargé des liens inter-ethniques l’année dernière, qui visait à réguler le comportement des non Moscovites, en vue de leur bonne intégration dans la capitale. Le code prévoyait notamment l’interdiction de marcher dans la ville en tenue traditionnelle.

Cette volonté de l’église d’influer sur les comportements est à comprendre dans une double logique. Tout d’abord tenter de sauver une structure familiale garante d’une démographie en bonne santé et qui est aujourd’hui gangrénée par la tentation, les avortements et les divorces. Mais surtout désamorcer les tensions pouvant résulter de la cohabitation à Moscou de nombreux peuples aux habitudes et mœurs très différentes. L’archiprêtre l’avait annoncé en décembre dernier, l’église orthodoxe va désormais interférer dans la politique et se poser en garant de la cohabitation et de l’harmonie entre les communautés. Comme je l’avais écrit dans une précédente tribune, le maintien du fragile modèle multiculturel russe est en effet menacé par la confrontation des mondes modernes et traditionnels.

Bien entendu, cette phrase de l’archiprêtre a provoqué un tollé dans les milieux laïcs, féministes ou libéraux, mais en revanche elle a immédiatement trouvé le soutien du clergé musulman de Russie, des représentants des autorités juives du pays, ou encore du président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov. Quoi qu’on puisse donc penser, individuellement, d’une telle initiative contre les excès de la mini jupe, on doit admettre que ses objectifs sont nobles, et se féliciter quand à la concorde religieuse qu’elle à permis d’établir sur le sujet.

Les préjugés sur la Russie sont irritants

Qui à écrit: 
“Au petit matin j’accède à internet (..) et lis les opinions sur la Russie, sur son gouvernement (..) Et je vous avoue que cela me réveille immédiatement (…) J’ai tout de suite envie de répondre, d’agir (…) afin de dissiper tout malentendu. 
Puis je me calme, car il ne faut jamais se précipiter (…) et la vérité finira toujours par triompher.” 
Réponse ici

La Russie des année 90 ? Un bordel géant..

Le magazine Flash à eu l’amabilité de m’interroger en tant que Français de Russie, sur les raisons motivant nos concitoyens à s’installer en Russie. Je reproduis donc mon interview ci dessous.

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Dans son livre ‘le parrain du Kremlin’, consacré à la Russie des années 90, le journaliste Paul Klebnikov décrit sa rencontre avec un des premiers européens expatriés  en Russie de l’après chute du mur. Ce dernier,  ébahi, lui confie ses premières impressions sur Moscou et la sur  la Russie en ces  termes: « Les filles, les filles, et un salaire mirobolant ».
La scène se passe dans une boite de nuit de la rue Arbat, célèbre rue du centre de Moscou, pendant que des beautés slaves se déhanchent sur la piste de danse, les yeux rougis par la drogue. Voila ce qu’était dans les années 90 l’image de la nouvelle Russie « libérale » et « libérée » du communisme : un bordel géant, un pays dont les ressources, énergétiques,  financières et génétiques  étaient pillées, livrées à diverses mafias et aux grandes corporations étrangères.  Cette histoire vous la connaissez plus ou moins, la Russie pour beaucoup rimant avec « armes », « mafia », « filles/Putes » , « pollution» et « vodka ».

C’est la description  d’une époque révolue, et la Russie d’aujourd’hui, n’a plus rien à voir avec la Russie des années 90.  Bien sur la prostitution existe encore (comme partout) mais les jeunes filles ne sourient plus par principe aux étrangers, les packages salariaux des expatriés ayant beaucoup  baissé et le niveau de vie des hommes Russes considérablement augmenté, dépassant souvent dans les villes celui des étrangers. Un récent sondage montrait que le mari étranger ne faisait plus désormais rêver qu’une petite minorité de femmes.

Et surtout, maintenant les Russes (femmes et hommes) peuvent regarder avec fierté leur pays, qui se développe à une vitesse météorique. Un développement soutenu par l’explosion du prix des matières premières mais également et surtout par un pouvoir politique efficace qui a su parfaitement utiliser les bénéfices de la croissance. Conséquence directe ? Aujourd’hui des milliers de francais résident à Moscou ou Saint Petersbourg principalement mais également dans des villes de Sibérie et Il n’est plus rare de rencontrer des couples franco-russes ou franco-français, qui après avoir vécu a l’ouest, ont délibérément choisi de s’installer en Russie.  Bien sur il y a l’amour, le travail, ou un réel intérêt pour le pays mais ce n’est pas tout. Pour nombre de Français de Russie, désormais vivre « chez Poutine », c’est bien.   

Et c’est même un choix volontaire !

Et il y a des raisons à cela, la Russie des années 2000 a certes changé à une vitesse incroyable, mais le pays a su garder une âme. La Russie présente aujourd’hui un nombre incalculable de points forts. On peut en citer quelques uns : en Russie par exemple, pas de problème d’insécurité, même dans les lointaines banlieues des grandes villes, les femmes prennent le métro ou marchent en mini jupe à n’importe quelle heure, avec très peu de risque.  En Russie pas de grèves à répétition, dans les grandes villes qui empêchent de vivre normalement. Dans les villes toujours, les magasins , les bars, les restaurants sont ouverts 24/24, ce qui confère une liberté importante.

En opposition aux villes, les villages ont su préserver une atmosphère très  traditionnelle et hors du temps.  La Russie d’aujourd’hui est un subtil mélange de modernité et de tradition, on y trouve à la fois le 19ième siècle, le 20ième et le 21ième siècle. Le pays est réellement multiculturel et multiconfessionnel mais contrairement aux sociétés occidentales , les tensions ethnico-religieuses n’y existent  quasiment pas.  J’ajoute que les étrangers qui font l’effort d’apprendre la langue y sont très bien acceptés.
Enfin la Russie est un pays qui offre un cadre de vie très varié, on y trouve des parfums d’orient comme d’occident, le Caucase chaud et l’Arctique glacial, ainsi qu’un mélange d’Europe et d’Asie. Cette variété reflète la taille du pays qui s’étale sur 11 fuseaux horaires. La sensation d’être dans un pays fort, qui sait ou il va et dans lequel la situation s’améliore, change énormément de la situation Française par exemple et de la sensation de déclin omniprésente que l’on y ressent. Enfin disons le, se sentir en accord avec la grande majorité des décisions prises par l’élite politique du pays est un sentiment fort plaisant.

Bien sur, vous trouverez toujours des étrangers, souvent des expatriés mutés pour raisons professionnelles et qui sont critiques sur la Russie. Ces critiques sont connues, et focalisées sur  une hypothétique « dictature Poutinienne ». Ceux la arrivent généralement dans le pays avec une vision très formatée « made in France », néo-coloniale (« moi y en à montrer toi ») et restent souvent critiques durant tout leur séjour (les contrats d’expatriés durant de 2 à 4 ans). Pour certains néanmoins, la vie en Russie remet les pendules à l’heure et leur fait prendre conscience de la réalité autre que l’on peut apprécier de vivre dans une démocratie dirigée, qui procure stabilité et liberté.


Si il y a 15 ans, les Russes, femmes en tête, fuyaient la Russie à la recherche de meilleures conditions de vie, alors que leur pays était en totale décomposition. Aujourd’hui,  de nombreux Russes de l’étranger sont déjà revenus en Russie et des centaines de milliers de citoyens de l’OCDE y résident.

On pense que ce nombre devrait sensiblement augmenter dans la prochaine décennie, au vu des prévisions économiques solides en Eurasie (Russie, Biélorussie et Kazakhstan, les 3 pays de la nouvelle union douanière) et relativement faibles en Occident (Amérique et Europe de l’ouest). Déjà la Russie se classe devant la France et juste derrière l’Allemagne selon le FMI, dans le classement des pays selon leur PIB à parité de pouvoir d’achat. Pour ma part, en tant que Français d’Eurasie, c’est décidé, je suis très bien «chez  Poutine » et pour rien au monde ne souhaite rentrer à l’ouest !

Coup de gueule ..

… Contre les médias Français. Alors qu’en ce 24 janvier 2010 un attentat vient de frapper Moscou, je me permets de pousser un coup de gueule.
Hier soir au JT de TF1, l’histrion Djamel Debouzze s’est permis une petite remarque sur les élections en 2012 (en France) en plaçant cette petite phrase: “Poutine ne doit pas repasser..” devant une Claire Chazal émerveillée devant son humour d’intellectuel et je cite de “Sociologue”, lui qui affirme par exemple que l’Islam est arrivé en France il y a 3.000 ans… 
Le niveau d’abrutissement qui frappe mes concitoyens me laisse songeur.. Imagines t-on un tel ramassis de bêtises sur Pervi Kanal ?
Mais également l’immonde ce soir, qui titre: “les bons conseils de l’ex KGB” et vomit purement et simplement un article qui me semble vraiment très mal venu, tant il est grossier et sans aucun intérêt, mais également marque un manque de respect envers les victimes.
Le Monde ce soir nous prouve ce jour que la qualité de ces articles n’a rien à envier au courrier de Russie. On attend désormais les commentaires de “Juliette” qui devrait sans doute appeler à une manifestation contre la “politique du FSB dans le Caucase”….
Une blogueuse Russe exilée (?) en France (SIC) postait après la condamnation de Kodhorkovski: “c’est pas demain que je retourne vivre en Russie” … 
C’est son choix, moi c’est pas demain que je retourne vivre en France tant mon pays me fait honte.
Ce soir plus que jamais, vive la Russie !

Divine Carélie

Cet article à été publié originalement sur Ria Novosti
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Divine Carélie
 
“Alexandre, tu passes le Nouvel an avec nous?”, m’ont demandé mes proches amis dans le courant du mois de décembre. J’avais une autre idée: passer les fêtes dans le Nord, à Petrozavodsk, capitale de la Carélie.
C’est à 1.000 kilomètres de Moscou, en direction de la mer Blanche, l’endroit où je passe le plus de temps, en dehors de la capitale. On y croise encore peu de touristes francophones et pourtant cette destination mérite le voyage pour ceux qui recherchent le dépaysement et des impressions nouvelles.
 
La République de Carélie, grande comme 1/3 de la France métropolitaine, n’est peuplée que de 680.000 habitants. Elle représente l’exemple de l’unité la plus décentralisée possible au sein de la fédération de Russie puisqu’elle a le statut de république, comme la Tchétchénie ou le Tatarstan. Les républiques russes sont des entités très autonomes, ayant leurs constitutions, leurs présidents et même parfois leurs langues officielles. Mais contrairement aux autres républiques russes, toutes fondées sur des peuples minoritaires ayant un territoire et des spécificités tant culturelles que religieuses ou linguistiques, en Carélie c’est le peuple indigène qui y est minoritaire. Les Caréliens ethniques représentent en effet moins de 10% de la population, les Russes ethniques plus de 76% et les Ukrainiens et Biélorusses 8%. La décentralisation y est donc uniquement politique, institutionnelle et non basée sur des principes ethno-religieux. Cette particularité donne à la République de Carélie une personnalité assez unique en Russie. La population de Carélie est donc très majoritairement slave orthodoxe, mais il y a aussi de nombreux Finlandais qui représentent près de 2% de la population de la République. A Petrozavodsk, on a l’habitude de dire que l’influence finlandaise est présente dans la gastronomie, dans le calme et dans le civisme des Caréliens, notamment au volant de leur voiture ou encore dans leur attachement parfois excessif à la propreté et à la nature.
 
Petrozavodsk, la capitale de la République, avec moins de 268.000 habitants fût construite par Pierre le Grand en 1703, lors de la grande guerre du Nord qui opposa la Russie à une coalition germano-scandinave. La ville était à l’origine bâtie autour d’une usine qui fabriquait des canons. Maintenant, elle est tournée vers son lac, le lac Onega, l’un des deux plus grands d’Europe avec son cousin, le lac Ladoga. Cette immensité d’eau calme est difficile à imaginer, on pourrait y plonger toute la Corse et il resterait de la place. L’été, des bateaux de croisière énormes s’arrêtent à Petrozavodsk. Ils vont de Saint-Pétersbourg à Moscou en traversant les lacs et en suivant le réseau de canaux gigantesque créé à l’époque soviétique. Dans la ville, le bord du lac est une promenade dans la verdure l’été et une piste de ski de fond l’hiver. En ville on trouve des bâtiments de style stalinien, mais aussi des hôtels de qualité, des centres commerciaux et un nouveau complexe hospitalier ultramoderne. Dans le centre, le réseau Wifi est accessible quasiment partout. Dans les restaurants on peut déguster une cuisine typiquement carélienne, délicieuse, composée notamment de poissons grillés et salés ou de viande de renne, d’élan ou d’ours, accompagnée de sauces aux baies de Carélie. 
 
La République de Carélie avec ses 60.000 lacs, ses 27.000 rivières et son territoire recouvert à 85 % par la forêt donne l’impression d’être entièrement verte et bleue. Sur cette terre d’eau et de verdure, ce qui frappe le visiteur c’est avant tout le calme, la sérénité et l’absence d’agitation qui y règnent. La Carélie est une riviera du nord, sans frasques, sans touristes bruyants, sans excès, une immense réserve d’air pur avec une nature préservée. Il faut rouler et sortir de la ville pour arriver à de petits villages composés de maisons et d’églises bariolés de couleurs vives, villages régulièrement visités par des ours, loups et lynx. Les pêcheurs du coin ne s’y trompent pas, ils emportent une carabine quand ils vont à la pêche aux truites saumonées.
 
L’hiver c’est une tout autre affaire, l’hiver carélien est réellement froid car venté et très humide. C’est un froid glacial, blanc, immaculé, polaire. La moto neige remplace le 4×4, les lacs sont gelés et dans le port de Petrozavodsk les bateaux de transport de bois sont figés dans la glace. Cette glace pourtant n’arrête pas les pêcheurs, qui bravent le froid et la neige au profit de leur activité préférée. Dans le centre-ville de Petrozavodsk les habitants sont toujours aussi calmes et chaleureux, bien qu’emmitouflés dans des combinaisons de ski en polaire, pour se protéger.
 
Le patriarche de toutes les Russies Alexeï II avait dit avant sa mort que le nord de la Russie était son cœur spirituel. On comprend mieux cette phrase après être allé en bateau, sur le lac Onega, de Petrozavodsk à l’île de Kiji. Cette traversée révèle toute la majesté de la nature en Carélie. En été seulement, le bateau de type Comèta file à 30 nœuds et il faut presque une heure et demie pour atteindre l’île. L’apparition des bulbes des églises, à l’horizon, au milieu d’une nature qui semble sans fin est simplement indescriptible. L’île de Kiji, ce chef-d’œuvre de l’art religieux, est connue pour ses deux églises entièrement en bois, assemblées sans clous, vis ni aucune pièce métallique. Cet ensemble paroissial est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le visiteur francophone sera agréablement surpris de pouvoir entendre le prêtre orthodoxe de l’île, le père Nicolas, s’exprimer dans un français parfait.
Si je devais conseiller où aller à un étranger qui visite la Russie pour la première fois, je lui conseillerais la Carélie. L’influence finlandaise procure un aspect très européen à cette république pourtant si russe, mais qui a su préserver son identité régionale. Le renouveau récent de cette identité régionale, qui n’entre absolument pas en conflit avec l’identité fédérale russe est sans doute un modèle pour l’Union Européenne au sein de laquelle l’agencement des relations entre régions, euro-régions, Etats et institutions européennes sont souvent délicates.