Une belle initiative, à soutenir et sans nul doute, à reproduire.
Et l’Allemagne aura beaucoup de mal à satisfaire son ambition légitime d’avoir un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU”.
Le 10 mars, Sarkozy annonce personnellement la reconnaissance du CNT par la France en tant que gouvernement légitime de la Libye. Juppé a été pris au dépourvu par cette décision.
Ces phrases de Lévy ont accompagné la discussion avec Sarkozy et ont beaucoup impressionné les Libyens. Seul un philosophe du calibre de Lévy ou de Glucksmann peut se permettre de tutoyer le président français.
Rappelons que de la même manière en 1999, après l’attaque contre le Daguestan par Chamil Bassaïev, Lévy avait recommandé à l’Occident de reconnaître l’autorité de Maskhadov en Tchétchénie.
Probablement, Alain Juppé, qui a rencontré le philosophe hyperactif pendant son premier mandat à la tête du ministère des Affaires étrangères en 1993-1995, aurait même accepté de l’accompagner.
A l’époque, après s’être rendu à Sarajevo, Lévy exigeait des pays de l’OTAN qu’ils bombardent sans attendre les positions serbes en sabotant ainsi les actions des diplomates français et allemands, qualifiées à l’époque de “plan Kinkel-Juppé”, qui cherchaient un règlement politique du conflit.
Les combattants tchétchènes, les moujahids afghans (la mention du nom de Massoud dans l’appel téléphonique de Benghazi n’est pas un hasard), les miliciens bosniaques d’Alija Izetbegovic. Et le tout dernier: Mikhaïl Saakachvili. Voici ce qu’a écrit Lévy à son sujet le 20 août 2008 dans Le Monde: “Il est francophile et francophone. Féru de philosophie. Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen, du mot. De tous les grands résistants que j’aurai rencontrés dans ma vie, de tous les Massoud ou Izetbegovic dont il m’a été donné de prendre la défense, il est le plus évidemment étranger à l’univers de la guerre, à ses rites, ses emblèmes, sa culture – mais il fait face.”
L’algorithme est toujours le même: il faut d’abord trouver un conflit, suivi de “l’hystérie pour la défense des droits de l’homme”, puis un règlement militaire (et seulement militaire, jusqu’à l’anéantissement total de l’ennemi!).
Ces derniers mois, la presse russe a relaté un certain nombre d’évènements plus ou moins graves qui paraissaient au premier abord sans aucun rapport entre eux. En examinant de plus près ces évènements, un certain nombre de liens apparaissent pourtant qui peuvent laisser penser qu’il ne s’agit pas seulement de faits divers, mais bel et bien de manifestations ayant une même origine.
Dimovsky. Cet officier de police présenté comme un héros par le Main-Stream médiatique occidental pour avoir durant l’automne 2009 dénoncé la corruption régnante au sein de l’état et de la police russe. Ce policier pouvait se payer gardes du corps et voitures privés, conférences de presses et billets d’avions. Il a été suspecté par Sergueï Kucheruk (chef de la police de la région de Krasnodar) d’être un agent des services Occidentaux et notamment via le comité des droits de l’homme de Novorossisk, une sous filiale de l’USAID, une des têtes de ponts du dispositif orangiste en Eurasie. Celui-ci a simplement affirmé que «l’union des résidents du Kouzbass» était réelle et qu’il était prêt à travailler pour cette dernière. Or cette organisation est virtuelle. Comment se sont établis les liens entre eux? Pour le député Serguey Shatirov, ces manifestations sur le terrain ou sur internet sont liées, organisées de l’extérieur et ont vraisemblablement un fondement «orange».
Frères de la forêt est le nom donné aux anciens groupes d’ex-collaborateurs laissés derrière eux par les Nazis dans les pays-Baltes et en Ukraine après l’avance des troupes Soviétiques en 1944. La révolte des frères de la forêt s’est terminée après l’assaut des forces spéciales qui a abouti à la capture de quatre membres et au décès du dernier. Le groupe entendait dénoncer la corruption du système de police (certains membres ayant été victimes de tortures) mais également la déliquescence de la société puisque dans leur dernière vidéo postée sur internet avant leur mort, ils dénoncent notamment: «la corruption, la consommation de drogues et la difficulté de trouver des filles encore vierges à 15 ans». Plus surprenant sans doute, leur haine de l’empire Russe et de la fédération est traduit dans cette phrase: «Nous ne reconnaissons ni les lois fédérales ni les lois locales, nous rejetons totalement l’autorité de votre Fédération de Russie et nous saluons ceux qui ont rejoint la résistance, dans le Caucase nord, et les autres, individus dignes, honnêtes et nobles». Ainsi ces révolutionnaires d’extrême droite soutiendraient les rebelles Islamistes et wahhabites contre l’armée fédérale Russe. Encore une fois, la rhétorique sécessionniste et anti fédérale semble au centre des revendications.Dans un texte
paru sur le site du DPNI (le principal mouvement d’extrême droite Russe), les membres du groupe disaient s’être dressés contre le fascisme juif, comme leurs glorieux ancêtres s’étaient dressés contre le fascisme Allemand. En même temps que ce «soutien» plutôt logique des mouvements d’extrême droite russes il y a eu des soutiens plus surprenants. Des associations de droits de l’homme ont dénoncé la brutalité policière lors de l’intervention contre ces jeunes rebelles, comme par exemple l’association Agora, dont la promotion est faite par exemple sur le site de l’opposant libéral Garry Kasparov. Il est à noter que l’association Agora est également accusée de financement de terrorisme sur le territoire de la fédération de Russie, à savoir dans la république musulmane du Tatarstan. Une enquête à d’ailleurs été ouverte pour déterminer les financements de cette organisation. Ce soutien de groupuscules d’extrême droite, par des associations libérales et de défense des droits de l’homme est une caractéristique ce front Orange-Brun qui opère en Eurasie, et particulièrement en Russie.
Perm, Kirov, Kaluga, Samara, Izhevsk, Voronezh, Tomsk, Ufa, Kaliningrad…). Si ces manifestations pouvaient sembler spontanées, des doutes subsistent quand à leur déclenchement et également leur utilité. L’excellent commentateur de Ria-Novosti, Ilya Kramik à démontré dans un article: La très curieuse agitation sur la toile, notamment l’envoi de faux messages invitant les Caucasiens à s’armer et se rassembler dans la soirée du 15 décembre. Ce message contenait dans les destinataires des listes de faux dirigeants Caucasiens.En parallèle, de nombreux messages appelant à «casser du Caucasien» sont apparus sur de nombreux forums russes. Des bruits ont couru sur des colonnes de véhicules du Caucase qui montaient sur Moscou etc. Cette cyber-agitation destiné à créer une déstabilisation au cœur de la société civile russe a entrainé la création d’une brigade informatique spécialisée pour surveiller l’espace internet. Il est aussi à noter qu’encore une fois, des soutiens de nationalistes
d’Ukraine se sont fait entendre, or en Ukraine la très grande majorité des mouvements d’extrême droite ne cachent pas leur hostilité totale au pouvoir Russe et ont très largement soutenu la révolution orange en 2004.
Cet article a été publié originalement sur Ria-Novosti
Oncle-Vania
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Pour la sociologue française Françoise Picq, le mouvement d’émancipation des femmes en Europe trouve son origine dans la lutte des classes, et dans une volonté de contrecarrer l’influence du féminisme petit bourgeois sur les femmes du peuple. Pour cette raison sans doute, le concept d’une journée de la femme est né en 1910 à Copenhague, lors de la deuxième conférence de l’Internationale socialiste des femmes. L’idée d’une telle journée est adoptée, sur une proposition de Clara Zetkin, représentante du Parti socialiste Allemand.
Cette idée s’inscrivait alors dans une perspective socialiste, internationaliste et révolutionnaire. En Russie, dès 1913, les femmes russes ont commencé à célébrer leur première Journée internationale de l’ouvrière et ce en organisant par exemple des rassemblements clandestins. C’est seulement quatre ans plus tard, le 8 mars 1917 (selon le calendrier Julien qui n’était pas encore en vigueur) que commence en Russie la contestation sociale à laquelle les femmes participeront activement. A Saint-Pétersbourg (Petrograd à l’époque) elles manifesteront aux cris de: “du pain, de la chaleur“, traduisant leur souhait de voir leurs maris revenir du front mais aussi leur contestation face à la misère et à la hausse du prix du pain. Ces émeutes de la faim sont une étape importante de la révolution bolchevique et contribueront à l’écroulement du régime impérial russe, en moins d’une semaine.
Dès 1919, le statut de la femme soviétique sera matérialisé dans un “Code de la famille“ qui prône l’émancipation des femmes par le “travail et la maternité“ et qui garantit un grand nombre de droits nouveaux, notamment pour les femmes, comme l’accès aux soins et au marché du travail, ainsi que des aides à l’éducation et à la garde des enfants. Plus tard, en 1921, Lénine déclare que le 8 mars sera la “Journée internationale des femmes”. Lénine rappelle à cette occasion que l’égalité homme/femme est une condition nécessaire à l’avènement d’une société nouvelle. En Russie, l’avortement avait été légalisé en 1917, et les femmes ont eu le droit de vote en 1918. A titre de comparaison, les femmes françaises n’obtiendront le droit de vote qu’en 1944, le droit à l’avortement en 1975 et ce n’est qu’en 1982 que la journée de la femme sera officiellement décrétée dans l’hexagone.
A l’époque de l’URSS, les femmes seront régulièrement mentionnées et mises en valeur par la propagande d’état. Elles seront d’ailleurs appelées à lutter contre le fascisme durant le second conflit mondial, confirmant leur rôle de citoyennes à l’égal des hommes, puisqu’elles sont aptes à défendre le pays en prenant les armes. Durant ce conflit meurtrier près de 800.000 femmes ont fait partie des troupes combattantes (médecins, infirmières, pilotes d’avion de bombardement ou snipers au front) et beaucoup d’entre elles ont été faites héroïnes de l’Union Soviétique. Pendant cette période, la phraséologie de l’idéologie communiste mythifie le rôle de la femme. Elle est associée à toutes les facettes de la société en marche. Elle est mise en valeur par des textes, des images, par des films ou des monuments qui la montrent tour à tour ouvrière, paysanne, mère ou héroïne.
A la fin de l’URSS, en 1991, l’Institut allemand de la jeunesse coordonne une enquête sociologique sur la condition de la femme notamment en Russie. Il en ressort que en 1991, les femmes “représentaient 53 % de la population active et prédominaient parmi les spécialistes ayant une instruction secondaire ou supérieure”. Egalement, il ressort de cette étude qu’une “majorité écrasante de femmes russes s’est orientée vers une combinaison de leurs rôles familial et professionnel, mais que seule une infime minorité d’entre elles a pensé à une véritable carrière professionnelle”. Ce cumul des rôles est l’une des manifestations de la place qu’à la femme comme pilier de la société en Russie. L’effondrement de l’URSS et l’anarchie qui s’installera entraineront un renouveau provisoire du féminisme politique et revendicatif en Russie. Aux élections législatives de 1993, un mouvement politique des femmes de Russie obtiendra même 8% des voix, mais le phénomène ne durera pas car l’émancipation des femmes est il est vrai déjà totale et dès la fin du chaos libéral des années 90, l’état est revenu à sa conception de la femme en tant que mère, pilier de la famille et de la société. C’est tout le sens des mesures prises par le pouvoir russe dans les années 2000, pour relancer une natalité en chute libre.
La journée de la femme en Russie, le 8 mars n’a donc rien d’une journée de revendications, c’est au contraire une fête. L’atmosphère de la journée est toute en fleurs et charme, les hommes offrant des bouquets et des cadeaux aux représentantes de la gent féminine. Illustration de l’ambiance: les femmes qui travaillent au ministère de la défense (elles sont près de 40.000) ont cette année organisé un concours de beauté à l’occasion de cette journée, histoire de rappeler qu’elles sont avant tout des femmes. Car comme l’a dit le premier ministre russe l’année dernière à l’occasion de la journée de la femme: “nous estimerons toujours dans la femme ce qui fait qu’elle est unique: sa douceur, son élégance et son charme“.