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Divine Carélie

Cet article à été publié originalement sur Ria Novosti
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Divine Carélie
 
“Alexandre, tu passes le Nouvel an avec nous?”, m’ont demandé mes proches amis dans le courant du mois de décembre. J’avais une autre idée: passer les fêtes dans le Nord, à Petrozavodsk, capitale de la Carélie.
C’est à 1.000 kilomètres de Moscou, en direction de la mer Blanche, l’endroit où je passe le plus de temps, en dehors de la capitale. On y croise encore peu de touristes francophones et pourtant cette destination mérite le voyage pour ceux qui recherchent le dépaysement et des impressions nouvelles.
 
La République de Carélie, grande comme 1/3 de la France métropolitaine, n’est peuplée que de 680.000 habitants. Elle représente l’exemple de l’unité la plus décentralisée possible au sein de la fédération de Russie puisqu’elle a le statut de république, comme la Tchétchénie ou le Tatarstan. Les républiques russes sont des entités très autonomes, ayant leurs constitutions, leurs présidents et même parfois leurs langues officielles. Mais contrairement aux autres républiques russes, toutes fondées sur des peuples minoritaires ayant un territoire et des spécificités tant culturelles que religieuses ou linguistiques, en Carélie c’est le peuple indigène qui y est minoritaire. Les Caréliens ethniques représentent en effet moins de 10% de la population, les Russes ethniques plus de 76% et les Ukrainiens et Biélorusses 8%. La décentralisation y est donc uniquement politique, institutionnelle et non basée sur des principes ethno-religieux. Cette particularité donne à la République de Carélie une personnalité assez unique en Russie. La population de Carélie est donc très majoritairement slave orthodoxe, mais il y a aussi de nombreux Finlandais qui représentent près de 2% de la population de la République. A Petrozavodsk, on a l’habitude de dire que l’influence finlandaise est présente dans la gastronomie, dans le calme et dans le civisme des Caréliens, notamment au volant de leur voiture ou encore dans leur attachement parfois excessif à la propreté et à la nature.
 
Petrozavodsk, la capitale de la République, avec moins de 268.000 habitants fût construite par Pierre le Grand en 1703, lors de la grande guerre du Nord qui opposa la Russie à une coalition germano-scandinave. La ville était à l’origine bâtie autour d’une usine qui fabriquait des canons. Maintenant, elle est tournée vers son lac, le lac Onega, l’un des deux plus grands d’Europe avec son cousin, le lac Ladoga. Cette immensité d’eau calme est difficile à imaginer, on pourrait y plonger toute la Corse et il resterait de la place. L’été, des bateaux de croisière énormes s’arrêtent à Petrozavodsk. Ils vont de Saint-Pétersbourg à Moscou en traversant les lacs et en suivant le réseau de canaux gigantesque créé à l’époque soviétique. Dans la ville, le bord du lac est une promenade dans la verdure l’été et une piste de ski de fond l’hiver. En ville on trouve des bâtiments de style stalinien, mais aussi des hôtels de qualité, des centres commerciaux et un nouveau complexe hospitalier ultramoderne. Dans le centre, le réseau Wifi est accessible quasiment partout. Dans les restaurants on peut déguster une cuisine typiquement carélienne, délicieuse, composée notamment de poissons grillés et salés ou de viande de renne, d’élan ou d’ours, accompagnée de sauces aux baies de Carélie. 
 
La République de Carélie avec ses 60.000 lacs, ses 27.000 rivières et son territoire recouvert à 85 % par la forêt donne l’impression d’être entièrement verte et bleue. Sur cette terre d’eau et de verdure, ce qui frappe le visiteur c’est avant tout le calme, la sérénité et l’absence d’agitation qui y règnent. La Carélie est une riviera du nord, sans frasques, sans touristes bruyants, sans excès, une immense réserve d’air pur avec une nature préservée. Il faut rouler et sortir de la ville pour arriver à de petits villages composés de maisons et d’églises bariolés de couleurs vives, villages régulièrement visités par des ours, loups et lynx. Les pêcheurs du coin ne s’y trompent pas, ils emportent une carabine quand ils vont à la pêche aux truites saumonées.
 
L’hiver c’est une tout autre affaire, l’hiver carélien est réellement froid car venté et très humide. C’est un froid glacial, blanc, immaculé, polaire. La moto neige remplace le 4×4, les lacs sont gelés et dans le port de Petrozavodsk les bateaux de transport de bois sont figés dans la glace. Cette glace pourtant n’arrête pas les pêcheurs, qui bravent le froid et la neige au profit de leur activité préférée. Dans le centre-ville de Petrozavodsk les habitants sont toujours aussi calmes et chaleureux, bien qu’emmitouflés dans des combinaisons de ski en polaire, pour se protéger.
 
Le patriarche de toutes les Russies Alexeï II avait dit avant sa mort que le nord de la Russie était son cœur spirituel. On comprend mieux cette phrase après être allé en bateau, sur le lac Onega, de Petrozavodsk à l’île de Kiji. Cette traversée révèle toute la majesté de la nature en Carélie. En été seulement, le bateau de type Comèta file à 30 nœuds et il faut presque une heure et demie pour atteindre l’île. L’apparition des bulbes des églises, à l’horizon, au milieu d’une nature qui semble sans fin est simplement indescriptible. L’île de Kiji, ce chef-d’œuvre de l’art religieux, est connue pour ses deux églises entièrement en bois, assemblées sans clous, vis ni aucune pièce métallique. Cet ensemble paroissial est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le visiteur francophone sera agréablement surpris de pouvoir entendre le prêtre orthodoxe de l’île, le père Nicolas, s’exprimer dans un français parfait.
Si je devais conseiller où aller à un étranger qui visite la Russie pour la première fois, je lui conseillerais la Carélie. L’influence finlandaise procure un aspect très européen à cette république pourtant si russe, mais qui a su préserver son identité régionale. Le renouveau récent de cette identité régionale, qui n’entre absolument pas en conflit avec l’identité fédérale russe est sans doute un modèle pour l’Union Européenne au sein de laquelle l’agencement des relations entre régions, euro-régions, Etats et institutions européennes sont souvent délicates.

Le point démographique en novembre 2010

La natalité 
Les statistiques démographiques de la période Janvier à Novembre 2010 sont disponibles et elles sont encourageantes.
Pour ces 11 premiers mois de 2010 : 1.636.657 naissances.
Pour les 11 premiers mois de 2009 : 1.610.254 naissances. 

Il y a donc 26.403 naissances de plus que sur la même période en 2009, qui était le précédent record.

En comparaison :
Pour les 11 premiers mois de 2006 : 1.357.500 naissances
pour les 11 premiers mois de 2007 :  1.467.900 naissances 
pour les 11 premiers mois de 2008 : 1.566.900 naissances

La mortalité
La mortalité elle est clairement en hausse, puisque ces 11 mois ont vu 1.862.875 décès contre 1.834.654 pour la même période en 2009 soit 28.221 de plus que l’année dernière. Je rappelle aux lecteurs que la mortalité est exceptionnellement élevée à cause de l’été terrible que le pays à vécu en 2010, sur-mortalité que j’ai déjà mentionnée ici et estimée à 41.000 décès “en trop”.
Le gap négatif de population s’établit donc à 226.218 sur ces 11 premiers mois.
Sans cet été tragique et ces 41.000 décès en trop le gap de population n’aurait été “que” de 185.218, soit déjà inférieur en 10 mois au total de 2009, qui a vu un déficit négatif de population sur l’année de 190.000 habitants.
En comparaison :
Pour les 11 premiers mois de 2006 : 1.995.700 décès
pour les 11 premiers mois de 2007 :  1.910.500 décès 
pour les 11 premiers mois de 2008 : 1.904.200 décès


Mariages et divorces
Ces 11 premiers mois de 2010 ont vu1.133.531 mariages contre 1.117.089 pour la même période en 2009 soit 16.442 de plus. 
Le taux de divorce continue de fortement diminuer, 582.854 contre 636.933 pour l’année dernière, soit 54.079 de moins.

En comparaison :
Pour les 11 premiers mois de 2006 : 1.031.600 mariages et 584.800 divorces
pour les 11 premiers mois de 2007 :  1.146.000 mariages et 627.600 divorces
pour les 11 premiers mois de 2008 : 1.102.300 mariages et 642.100 divorce

La démographie russe objet de tous les fantasmes

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
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En octobre 2010, un grand quotidien français,  réputé pour le sérieux de ses analyses internationales consacrait 6 pages à un dossier sur la démographie Russe. Le titre: “Quand la Russie disparaitra: enquête sur un désastre démographique” était posé en grosses lettres sur la photo d’un enfant à l’air hagard et aux mains sales, dont on ne sait trop s’il était en haillons ou pas. Un correspondant ayant vu la photo  m’a demandé si c’était une photo colorisée datant du siège de Stalingrad. Le dossier analysait la période de déclin démographique que la Russie a connu après l’effondrement de l’Union soviétique et concluait que la population Russe devrait chuter à 80 millions d’habitants en 2050, le peuple Russe ayant plausiblement disparu en 2150.

 

Certes, l’effondrement politique, économique et institutionnel qui a suivi la disparition de l’URSS a contribué au déclenchement d’un désastre sanitaire et démographique sans précédent. En quelques années, l’espérance de vie s’est écroulée, et l’état sanitaire moyen s’est considérablement détérioré. La surconsommation d’alcool souvent frelaté, les empoisonnements liés et les suicides ont provoqué une explosion du taux de mortalité. Les maladies sexuellement transmissibles dont le sida, se sont développées, parallèlement à l’augmentation de la consommation de drogue.  Mais surtout, alors que de plus en plus de Russes mourraient, de moins en moins naissaient. L’augmentation de la mortalité s’est accompagnée d’une baisse de la natalité. Face à la crise économique, l’avortement était souvent la seule solution pour beaucoup de femmes. Par ailleurs pour 1993 on a estimé que sur 1,6 millions de naissances, il y a eu près de 5% d’abandons d’enfants.

 

La démographie russe est un sujet complexe, certes alarmant, mais qui bien souvent est traité de façon excessivement pessimiste dans la presse étrangère. Par exemple il nous est annoncé dans cet article que la Russie perdrait 900.000 habitants chaque année, puis une carte du taux d’accroissement naturel des régions Russes datant de 2009 était agrémentée d’un commentaire expliquant qu’en 2007, le solde migratoire positif de la population russe ne compense pas l’accroissement naturel négatif. Tous ces chiffres mélangés semblent extrêmement inquiétants, mais la disparition annoncée de la population de la Russie ne tient pas compte de tous les paramètres de la situation. Reprenons: la population Russe est passée de 147,7 millions en 1990 à 141,9 millions en 2009, une diminution de 5,8 millions d’habitants en 19 ans, soit une baisse annuelle moyenne de 305.000 personnes. La population a donc diminué de 5,8 millions d’habitants malgré plus de 6 millions de naturalisations réalisées  en 17 ans, de 1992 à 2009, soit une moyenne annuelle de 350.000. Les personnes naturalisées  étaient principalement des Russes des ex-républiques de l’Union Soviétique, dont plus de 30 millions se sont retrouvés en 1991 hors des frontières de la Russie. Ainsi si l’on devait établir une moyenne de la diminution de la population Russe, elle s’établirait pour la période de 1990 à 2009 à environ 650.000 personnes chaque année.

La situation s’est considérablement aggravée après 2000. De 2001 à 2006, la population chute de 146,3 à 142,8 millions d’habitants, soit une perte de 3,5 millions d’habitants en 5 ans. Pour la seule année de 2005, la population a diminué de 780.000 habitants. Cette année catastrophique est également l’année ou l’Etat a lancé un programme national « santé » confié à Dimitri Medvedev, alors vice-Premier ministre en charge des projets nationaux et prioritaires. Destiné à relancer la natalité et faire baisser la mortalité, ce new-deal démographique a déjà eu des résultats assez consistants. Les chiffres sont parlants. En 1990, il y eut 2 millions de naissances et 1,7 millions de décès contre 1,2 millions de naissances et 2,1 millions de décès en 1999. Mais dès 2005, un mouvement de hausse de la natalité et de baisse de la mortalité s’est amorcé, mouvement qui se confirme aujourd’hui. En 2009, avec 1,76 millions naissances, 1,95 millions de décès, 100.000 émigrants et 330.000 naturalisations, la population russe a augmenté pour la première fois depuis 15 ans, de quelques 50.000 habitants. Le taux de fécondité de 1,9 enfant/femme en 1990, tombé à 1,1 enfant/femme en 2000 est remonté à 1,56 enfants/femme en 2009, soit un taux similaire à celui de l’Union européenne qui était de 1,57 enfants/femme en 2008. 

Un autre volet du plan démographique a  notamment pour objectif la diminution du nombre d’avortements. Bien que le nombre d’avortements ait diminué de 25 % entre 2003 et 2008, on en a tout de même recensé en 2008 1,234 million, pour 1,714 million de naissances la même année. La seconde partie du plan vise aussi la diminution du taux de mortalité. Il est axé sur  le développement des hôpitaux et de l’accès aux soins, tout particulièrement dans le domaine des maladies cardio-vasculaires qui ont été la cause de plus de la moitié des décès en 2008. Désormais, il est prévu que la natalité dépasse la mortalité dès 2012 et qu’ainsi la population recommence à augmenter naturellement, sans besoin d’apport extérieur. L’espérance de vie est également encore trop basse, 66 ans contre 78 ans dans l’Union européenne, même si depuis 2005 elle a augmenté de 4 ans. Bien sûr, tout n’est pas réglé, loin de là. Egalement, la natalité actuelle est le fait des enfants qui sont nés dans les années 80, soit avant le déclin démographique. Lorsque la génération du déclin, moins nombreuse, sera en elle âge de procréer, la population devrait baisser mais également vieillir. 
 
Quelle  pourrait alors être la situation démographique Russe en 2030 ? Des prévisions démographiques sans aucun doute plus sérieuses que celles de certains journalistes  ont été faites par le principal centre russe de statistiques, elles envisagent une population comprise entre 128 et 144 millions d’habitants en 2030, selon le taux de fécondité et l’immigration que connaitra le pays. La démographie est une science incertaine, et l’étude de la démographie russe d’après-guerre nous montre que la hausse du niveau de vie et la confiance dans l’avenir sont des facteurs essentiels dans ce domaine. La croissance économique actuelle de la Russie est donc certainement un point très positif, pour le “new deal démographique” en cours. En tout état de cause, nous sommes très loin de certaines prévisions catastrophistes, et en 2010, la Russie n’est pas dans une situation démographique pire que certains pays Européens. Une chose est sûre: contrairement à ce que pensent certains, non, la Russie ne disparaitra pas!

MISTRAL. Vers le rapprochement Franco-Russe ?

La France l’avait annoncé, par la voix de son nouveau ministre de la Défense Alain Juppé, elle souhaite désormais sortir “de l’ère de la méfiance pour entrer dans celui de la confiance” avec la Russie. Cela tombait à point, cette année 2010 s’est déroulé l’année croisée franco-russe, qui a vu l’organisation de plus de 400 évènements dans les deux pays. Une coopération fructueuse qui a touché à divers domaines, l’art, le sport, la littérature ou encore l’éducation. Mais c’est surtout l’économie qui était visée, le niveau des échanges entre la Russie et la France étant presque revenus à leur niveau d’avant crise. Evidemment, le “gros morceau” était ce projet d’acquisition de navires militaires de classe MISTRAL. Une acquisition souhaitée dans le cadre de la modernisation de l’armée, mais également comme prélude au futur développement d’une flotte de portes avions pour le milieu du siècle, comme l’a affirmé l’amiral Vladimir Vysotsky lors du salon Euronaval en 2008. Cette volonté de la Russie de se doter d’une flotte de porte avions est à mettre en lien avec l’évolution des rapports de force entre grandes puissances dans le siècle qui commence et notamment sur les mers.

Les deux conflits mondiaux ont abouti au monde bipolaire de 1945, dominé par une puissance continentale, l’Union soviétique et une puissance maritime, les Etats-Unis d’Amérique. Moins d’un demi-siècle plus tard, l’effondrement du bloc de l’est a laissé l’humanité sous domination d’une seule super puissance: l’Amérique. Celle-ci il est vrai dominait les océans de la planète, sa flotte militaire étant présente aux quatre coins du globe. Moins de deux ans après la chute de l’Union soviétique, le président Américain Bush père, déclarait dans les sables d’Irak l’avènement du Nouvel Ordre Mondial, unilatéral et Américano-centré. La domination Américaine était totale et d’autant plus forte que la Russie s’effondrait et que la Chine ne s’affirmait pas encore. Pourtant ce nouvel ordre mondial ne dura pas. 2001 marqua le début de l’effondrement de l’empire et le réveil des pôles régionaux, prélude au monde multilatéral en devenir. Ce réveil des puissances régionales se traduisit par une volonté de ces pays à vouloir également participer à la gestion des affaires du monde, y compris sur les mers. La Russie n’est d’ailleurs pas le seul pays à vouloir développer sa flotte de porte avions: Chine, Brésil, Turquie, Japon, Corée du sud font partie des états qui souhaitent se doter d’une capacité d’intervention maritime, militaire ou logistique, à l’autre bout du monde.

Le souhait Russe d’acquisition de BPC Mistral est donc à interpréter dans ce sens. Ces navires sont avant tout des outils de projection, destinés à réaliser des opérations terrestres, à distance, via la mer. Le Mistral existe sous différentes variantes, et peut transporter jusqu’à 1.200 hommes, 16 hélicoptères, 120 véhicules (dont des blindés), deux aéroglisseurs et des navettes de débarquement. Le navire comprend en outre des canons, des batteries de missiles, des installations médicales, ainsi qu’un centre de commandement. La forte autonomie et capacité d’action de ce navire permet en outre à son détenteur d’intervenir sur des théâtres d’opérations très éloignés. Or la Russie ne dispose plus de bâtiments de cette envergure, depuis le retrait des navires de type Rogov, dans les années 2000. Aujourd’hui elle dispose de vaisseaux de type Ropucha, de plus petites dimensions, qui permirent une intervention régionale efficace en 2008 lors du conflit dans le Caucase, mais qui n’authorisent pas la Russie à intervenir à trop grande distance. Or la Russie, qui fait son retour sur la scène internationale souhaite être capable d’intervenir à l’autre bout du monde. Il faut préciser que le Mistral n’est pas destiné qu’à des interventions militaires, mais peut également être utilisé à titre défensif (lutte contre la piraterie) ou logistique (intervention humanitaire).

Lorsque le gouvernement Russe a donc publiqueemnt manifesté son souhait d’achat de MISTRAL en 2009, des réticences ont été rendues publiques par certains états voisins de la Russie, comme les états baltes ou encore la Géorgie, qui sortait d’un conflit avec la Russie un an auparavant. L’argument de ces états, sous marins de la politique Américaine en Europe via l’Otan, était justifié par les risques de déstabilisation régionale, mais Washington craignait surtout que cette acquisition par la Russie de matériel de l’Otan ne rompe un fragile verrou encore présent dans nombre de chancelleries occidentales: la méfiance envers la Russie. Cela est confirmé par l’un des câbles diplomatiques révélé par Wikileaks puisque lors d’un déjeuner avec le ministre français de l’époque Hervé Morin, le chef du Pentagone Robert Gates avait déclaré que: “Cet accord enverra un mauvais message à la Russie et à nos alliés en Europe centrale et orientale”. Pour autant, malgré des annonces contradictoires, et la décision au dernier moment de la partie Russe de réintroduire des concurrents à la France dans un dernier appel d’offre, l’accord semble être scellé en cette fin 2010. Les détails techniques semblent en outre résolus puisque au final 4 bâtiments devraient être négociés, deux fabriqués en France et deux en Russie, la France s’engageant en outre à livrer les technologies liées, notamment les systèmes de guidages.

Beaucoup de choses ont été écrits sur l’utilisation de ces navires militaires par la Russie, notamment dans la mer noire, en cas de nouveaux troubles dans le Caucase ou alors en Ukraine, à la fin du bail de Sébastopol. Pourtant, si l’on lit attentivement les commentaires d’officiels Russes, notamment ceux de l’amiral Viatcheslav Popov, président de la commission navale du sénat Russe, en juin 2010 ces navires seraient en priorité destinés à la façade Pacifique: “la Russie aurait besoin de navires de type Mistral en premier lieu pour améliorer la manœuvrabilité de sa Flotte du Pacifique (…) Un navire de cette classe nous aidera à élever la manœuvrabilité de nos troupes dans le Pacifique, compte tenu de l’importance géographique de cette région et de l’absence de troupes suffisantes pour couvrir, notamment, les Kouriles”.

On peut donc imaginer que l’année franco-russe se termine de la meilleure des façons pour les deux pays et qu’un accord commercial militaire sur la vente des Mistrals symbolise le début de la réconciliation euro-continentale. Pour la France l’enjeu serait financier bien sur mais également politique, afin de prouver sa relative liberté d’action, malgré le retour dans le giron de l’Otan. Pour la Russie, il s’agirait de faire sauter le verrou de la méfiance qui en Occident, parasite totalement les relations entre l’ouest et l’est du continent.

Qui a obtenu la nationalité Russe de 1992 à 2006

De 1992 à 2006 : la nationalité Russe a été donnée à 6 millions de personnes. Le détail de ces naturalisations est en grande partie disponible (depuis l’année dernière uniquement) sur le site du FMS. Je reproduis ici quelques données issues de cet article de DEMOSCOPE.
La première information essentielle est que les attributions de nationalités concernent en majorité des citoyens venus en Russie dans la dernière décennie et non des nouveaux arrivants. Il s’agit plutôt de gens qui ont vécu en Russie souvent assez longtemps avec un passeport Soviétique, et qui ont dès 2002 ont souhaiter régulariser leur situation, puisqu’une loi a facilité cette conversion de passeport.

Le schéma ci dessous montre bien cela : la courbe bleue est la courbe des entrants en Russie (de l’étranger), et la courbe orange/jaune celle de l’obtention de la nationalité. On voit bien que dès 2002, les obtentions de nationalité augmentent fortement, alors que les entrées sont toujours en diminution, ce qui signifie bien que les nationalités sont obtenues par des gens déjà résidents.
De 1992 à 2006 sur 4.205.372 personnes qui ont obtenu la nationalité Russe :
– 1.325.800 venaient du Kazakhstan 
– 816.477 venaient d’Ukraine 
– 430.050 venaient d’Ouzbékistan

– 254.631 venaient d’Azerbaïdjan
– 253.762 venaient de Géorgie 
– 249.984 venaient du Kirghizistan
– 228.329 d’Arménie

– 190.134 venaient du Tadjikistan
– 96.812 venaient de Moldavie
– 92.642 venaient de Biélorussie
– 68.343 venaient du Turkménistan

– 158.020 venaient d’autres pays.

Évidemment, nombre de ressortissants des états d’Asie centrale sont des Russes ‘ethniques’ qui après 1992 et l’effondrement de l’URSS ont émigré de retour en Russie et ont récupé la nationalité Russe.


La tendance pour les 5 dernières années est la hausse des obtentions de passeport pour les Arméniens, les Kirghizes, les Moldaves et les Biélorusses. 
L’article nous informe que en outre, 10.000 personnes sont déchues de leur nationalité chaque année.

La glisse en Eurasie, de Magadan à Soukhoumi

Au printemps de cette année, une surf parade a été organisée à Moscou. J’en avais rendu compte sur mon blog en mai dernier ici.
Cet été, en août, je postais sur Dissonance cette vidéo d’un des plus légendaires surfers du monde, Tom Curren, en suftrip en Russie (!), Surftrip qui l’amena vraisemblablement sur les côtes de l’extrême orient et la mer d’Okhotsk. J’avoue avoir été bluffé, ex-surfer, je ne savais pas qu’il y avait des vagues de cette qualité en Russie, et je pense désormais à me remettre à surfer, pourquoi pas sur la côte pacifique Russe ?
Désormais c’est l’hiver, et Rip-Curl semble s’être pris de passion pour l’Eurasie !
Saviez vous que l’Abkhazie est un spot de première qualité pour le ski et le snowboard ?
Vous avez des doutes : en image ci dessous …

Source : le blog de Bruce TALLEY

En mémoire, et pour comparer : une vidéo de présentation de l’Abkhazie :

Pour le modèle multiculturel russe

L’article original a été publié chez ria novosti
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Moscou a connu en ce mois de décembre 2010 des tensions entre ressortissants du Caucase et jeunes nationalistes. S’il ne s’agit pas d’un fait nouveau, certains commentateurs ont comparé ces incidents aux émeutes urbaines de plus en plus fréquentes qui se produisent dans les villes d’Europe de l’ouest. Pourtant, malgré les similitudes que les événements semblent présenter, les situations de fond sont fondamentalement différentes.
Jusqu’à la moitié du siècle dernier les nations d’Europe de l’ouest étaient très homogènes sur le plan ethnique et religieux, et les migrations en leur sein étaient principalement intra-Européenes. Ce n’est qu’après le second conflit mondial que ces Etats ont fait appel à une immigration non européenne, issue de leurs ex-colonies.
La première vague de ces migrants économiques n’a rencontré que “peu” de difficultés d’intégration, grâce à la forte croissance d’après-guerre. Mais peu à peu, l’embellie économique a disparu et l’immigration économique se transforme en une immigration de fuite de la misère qui a, en quelques décennies, profondément modifié le visage de l’Europe. L’actualité regorge de manifestations de l’échec de l’intégration de ces migrants dans leurs nouveaux pays de résidence.
L’absence de contrôle des flux migratoires et les calamiteuses politiques d’intégration des Etats européens ont favorisé le repli communautaire, culturel et parfois religieux de certaines communautés, et entraîné la création de ghettos au sein de la plupart des grandes villes occidentales. Ni le modèle communautariste anglo-saxon, ni le modèle d’intégration français n’ont donné de résultats satisfaisants en Europe occidentale, quant à la cohabitation de populations différentes. La situation est telle que récemment, la chancelière allemande a dénoncé l’échec du système multiculturel en Allemagne. Un constat que l’on pourrait appliquer à toute l’Europe qui pour beaucoup d’analystes serait en cours de balkanisation.
La Russie a quant à elle une expérience de cohabitation plutôt harmonieuse sur son territoire entre populations possédant des religions différentes. Sous le règne d’Ivan IV, la victoire sur les Tatars et l’intégration de divers peuples de la plaine qui a suivi a transformé la Russie en un état multiethnique et multiconfessionnel, il y a de cela 500 ans. Comme l’explique l’historienne Natalia Narotchnitskaya: “La Russie a une différence avec tous les pays européens dans la façon dont elle a absorbé ses différents peuples conquis. Lorsque les Tatars et les Caucasiens l’ont été, leurs chefs ont été plus qu’intégrés, même anoblis. Ils ne furent jamais traités en colonisés ou comme les égaux des aristocrates russes. Ils avaient même des serfs russes. Peut-on imaginer des Lords indiens avec des domestiques anglais”?
L’expansion territoriale de la Russie a fait que tous les peuples conquis ont ensuite été incorporés au sein de l’Union soviétique, qui excluait toute forme de racisme. Cette dissémination géographique de peuples très différents sur l’immense territoire russe a contribué à façonner l’aspect multiculturel de la Russie, qui a fait ses preuves. La Russie, qui est un empire, s’est efforcée de maintenir jusqu’à ce jour la cohabitation sur son territoire de plus d’une centaine d’ethnies, de nombreuses religions, et ces peuples ont pu préserver leurs traditions culturelles. Elle a su éviter les tensions qui auraient pu survenir après les guerres dans le Caucase ou après les attentats qui ont frappés sa capitale ces dernières années. La Russie s’est aussi préservée de la création de ghettos communautaires dans ses villes, malgré une situation économique bien plus difficile qu’en Europe. Enfin, l’intégration des minorités et leur représentation aussi bien au sein du peuple qu’au sommet de l’Etat est réelle, ce qui est encore une différence majeure avec l’Europe.
Les incidents de ces derniers jours ne sont donc pas comparables aux émeutes d’Europe occidentale lorsque des jeunes d’origine immigrés affrontent l’Etat, via sa police par exemple. Ni les nationalistes, ni les Caucasiens qui étaient dans les rues de Moscou n’ont exprimé un rejet réel de l’Etat russe. De plus, aucune casse massive n’a été constatée. En revanche, une frange de la population a exprimé un mécontentement que les autorités devraient sans doute écouter. Suite à la mort d’un jeune lors d’une rixe, cinq des six suspects ont été relâchés le jour même. Le sentiment d’injustice compréhensible que cela a créé est sans doute la raison principale du déclenchement de ces tensions. Cette anomalie a, par ailleurs, soulevé de nombreuses autres questions majeures, dont le disfonctionnement évident de certains services publics. C’est plus cela, que le rejet du “vivre-ensemble” à la russe qui est fondamentalement remis en cause par les divers manifestants.
Comme le rappelait Natalia Narotchnitskaya: “La Russie vit en même temps au XIXe, au XXe et au XXIe siècle. Elle combine l’opulence et la misère; la technologie de pointe y côtoie les conditions de vie les plus primitives; on trouve, sur son territoire, tous les climats possibles; de nombreuses religions et civilisations y cohabitent. La coexistence relativement harmonieuse de toute cette diversité confère à la Russie une expérience unique. En tout cas, nous n’avons jamais eu de guerres de religions comparables à celles qui ont sévi en Europe”.
La taille de la Russie fait donc qu’un Caucasien, par exemple, peut avoir un style de vie et un système de valeurs très différents d’un jeune cadre moscovite urbanisé. La confrontation des mondes modernes et traditionnels est toujours difficile et conflictuelle, et exacerbée en Russie par la dimension et la diversité du pays. La question n’est donc pas tant le problème de la nationalité ou de la religion mais bel et bien le maintien d’une identité suffisamment forte et ouverte pour que chacun garde la capacité et surtout la volonté d’appartenir à cette maison commune qu’est la Fédération de Russie. Un proverbe russe dit que dans la steppe immense, chaque population a pu trouver sa place sans gêner l’autre. Pour cette raison, il faut défendre le “modèle russe” et continuer à être fier d’habiter dans ce pays multiculturel qu’est la Russie d’aujourd’hui.

Moscou capitale de l’Europe

Cet article à été publié initialement sur Ria Novosti
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Presque tous les Français sont profondément europhiles, c’est assez paradoxal car les étrangers qui vont en France sont souvent frappés par leur relative fermeture d’esprit, leur méconnaissance des langues étrangères et leur chauvinisme souvent excessif.

Pourtant les Français sont à l’origine de la première tentative de construction européenne, puisque au 9e siècle, Charlemagne, empereur de l’Occident, est à la fin de son règne à la tête d’un empire continental qui comprend la France actuelle, une partie de l’Espagne et de l’Italie, ainsi qu’une partie du monde germanique et des Balkans. Pour de nombreux intellectuels et historiens, Charlemagne est le père de l’Europe. Malheureusement ou heureusement pour l’Europe, après sa mort, son empire sera démembré. La seconde tentative française pour faire l’Europe est celle de Napoléon, ce dernier s’imaginant contrôler un immense territoire, continental, allant de la Corse à Moscou. On sait bien, surtout en Russie, comment cette tentative corse de construire l’Europe par les armes échoua en 1812 face à la résistance du peuple russe et un hiver effroyable.Après la Seconde guerre mondiale, l’Europe se retrouve divisée en deux blocs, un bloc américain, transatlantique, et un pôle soviétique, continental. A l’Ouest, l’Europe se construisit avec l’argent américain du plan Marshall, en contrepartie d’une intégration à l’Otan, une alliance militaire d’obédience américaine, créée en 1949 et destinée à prévenir toute volonté impérialiste de l’Union soviétique.
En 1955, les pays d’Europe de l’Est, sous domination soviétique, sont eux incorporés au pacte de Varsovie, une alliance militaire créée en réaction à l’Otan. L’europhilie française se manifeste de nouveau lorsqu’en 1967 le général de Gaulle fait sortir son pays de l’Otan et lui donne accès à la puissance nucléaire. Tournant le dos au monde anglo-saxon, ce dernier affirme son projet visionnaire d’Europe continentale, gomme le provisoire rideau de fer et prône le rapprochement  historique avec l’Allemagne, puis la Russie, dans le cadre d’une Europe continentale de l’Atlantique à l’Oural. En 1960, Paris se positionne donc comme capitale politique et la France amorce une nouvelle tentative de créer l’Europe. Cette idée gaullienne d’un axe Paris-Berlin-Moscou, et cette affirmation que la Russie, Union soviétique à l’époque, est européenne, se révèle avec le temps de plus en plus juste.Il y a toujours des discussions en France sur l’appartenance de la Russie à l’Europe. Nombreux sont ceux qui, connaissant peu ou mal la Russie, me questionnent sur cette frontière gaullienne que serait l’Oural. L’Oural, frontière géographique entre l’Europe et l’Asie, est-il vraiment une frontière au cœur de la Russie ou de l’Europe? Les peuples que l’on peut rencontrer au-delà de l’Oural seraient- ils différents des peuples de la partie ouest de la Russie? Ces questions peuvent sans doute faire sourire quiconque connaît le pays, mais elles ne sont pourtant pas inventées et à mon sens compréhensibles tant par l’erreur sémantique du général de Gaulle que par la relative méconnaissance de la Russie d’aujourd’hui.

Depuis que j’habite en Russie, je ne peux que confirmer ce que je pensais avant de venir, à savoir que la Russie est un pays très européen. Très européen que ce soit par la nature même de son peuple majoritaire, les slaves orthodoxes, ou encore par son héritage culturel dominant, l’héritage de Rome et d’Athènes. Cet aspect européen de la Russie est présent sur tout le territoire, que ce soit à Moscou, au cœur de la Sibérie, à Vladivostok sur la côte pacifique, dans le Caucase ou encore dans le Nord de la Carélie. Même Kazan l’orientale ne fait pas moins européenne que Sarajevo. Cependant il faut bien le reconnaître, la Russie n’est pas un pays comme les autres pays d’Europe. Par sa taille, la multitude de peuples qu’il comprend, sa géographie étalée vers l’Asie et le Pacifique, la Russie est un empire, un colosse dont la colonne vertébrale est certes européenne mais dont certaines vertèbres sont tantôt asiatiques ou tatares, tantôt musulmanes ou bouddhistes. J’ai d’ailleurs souvent dit à mes amis français que l’on avait beaucoup de leçons à prendre de la Russie quant à la gestion du “modèle multiculturel” que l’Europe peine tant à établir.

Aujourd’hui, si la Russie et l’Otan discutent la création d’une architecture de sécurité de l’hémisphère nord, allant de Vancouver à Vladivostok, des divergences persistent. Les Etats-Unis, via un Otan étendu à l’Europe de l’Ouest et de l’Est, pénètrent le continent eurasien, théâtre d’opération jugé essentiel pour la gestion des affaires du monde. La Russie qui est membre de l’Organisation de la coopération de Shanghai, souvent qualifiée d’Otan asiatique, souhaite, elle, associer l’Europe à une nouvelle architecture continentale de sécurité, complémentaire. En ce sens, les propositions russes de création d’une architecture continentale de sécurité et d’un marché commun économique unique de Lisbonne à Vladivostok sont tout autant visionnaires que totalement gaulliennes.

La seule différence est que l’impulsion politique désormais vient de Moscou, et non plus de Paris comme il y a 40 ans. Il y a sans doute une raison à cela, de Moscou, l’Europe s’étend à l’ouest sur 4.000 kilomètres, jusqu’à l’Atlantique, et à l’est sur 6.500 kilomètres, à travers la Sibérie et jusqu’au bord du Pacifique. Le centre de gravité politique de l’Europe s’est simplement déplacé vers l’est. L’alliance Paris-Berlin-Moscou permettrait aux Européens, qui n’ont pas pu se doter après 1945 d’une réelle autonomie politique et militaire, de ne pas rester enfermés dans le carcan unilatéral de l’Otan et de s’offrir un débouché sur des régions aussi importantes que seront, dans le monde multipolaire de demain, le Caucase, l’Asie centrale et l’Asie-Pacifique. Et si, après Paris hier et Bruxelles aujourd’hui, Moscou devenait demain la capitale de l’Europe ?

Le point démographique et migratoire en Octobre 2010

La natalité

Les statistiques démographiques de la période Janvier à Octobre 2010 sont disponibles et elles sont plutôt encourageantes, malgré la surmortalité exceptionnelle de cet été, que j’ai déjà mentionné ici.

Pour ces 10 premiers mois de 2010 : 1.487.426 naissances.
Pour les 10 premiers mois de 2009 : 1.475.081 naissances. 
Il y a donc 12.345 naissances de plus qu’en 2009, qui était le précédent record.
Pour rappel, la même période en 2006 avait vu 1.105.500 naissances.

La mortalité
La mortalité elle est clairement en hausse, puisque ces 10 mois ont vu 1.703.628 décès contre 1.673.500 en 2009, soit 30.128 en plus. 
Sans la surmortalité exceptionnelle de l’été 2010 (estimée à 41.000 décès), il y aurait donc un décroissement naturel de – 175.202 personnes contre – 198.419 en 2009.
Avec cet été, le gap naturel pour les 9 premiers mois de 2010 est de – 216.202 personnes.

Mariages et divorces
Ces 10 premiers mois de 2010 ont vu 1.046.961 mariages contre 1.031.794 en 2009 soit 15.167 mariages de plus. En outre, et c’est très bon signe, cette période à vu 527.292 divorces contre 580.539 en 2009, soit 53.247 de moins ! 

Immigration et solde migratoire 
Qu’en est t-il de l’immigration alors que la loi sur les travailleurs qualifiés est sur toutes les lèvres ?  Au cours de la période allant de janvier à septembre 2010 le solde migratoire de la population de la Russie a diminué de 35,7% avec notamment une baisse des migrants en provenance de la CEI de 67 600 personnes, soit 33,4%.
– Sur les 10 premiers mois de 2009 : 216.071 entrées et 24.653 sorties soit un solde de +191.508 

– Sur les 10 premiers mois de 2010 148.548 entrées et 25.424 sorties soit un solde de +123.124 entrées.
L’immigration, qui était stable depuis 2006 commence donc à baisser.

Immigration illégale
En Russie travailleraient 7 millions d’étrangers, dont 3 à 4 millions illégalement. 
Près de 2 millions de ces illégaux seraient à Moscou, et 500.000 dans la région de Moscou.