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Sergey Lavrov, realpolitik.

Chers lecteurs, permettez moi de vous suggérer la lecture de cet excellent article de Realpolitik-TV intitulé: “la realpolitik en action” et qui fait écho à une interview tout simplement extraordinaire de Serguey Lavrov à  Russia-Today.

Extrait: “Je pense que, nous les Russes, avons eu assez de révolutions dans notre histoire et je ne pense pas que notre conseil à nos amis soit d’avoir leur propre révolution. C’est toujours sanglant, désordonné, cela ramène toujours le pays en arrière dans son développement”.

La francophonie en Russie

Cet article a été publié originalement sur Ria-Novosti
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Le 20 mars dernier, c’était la journée de la francophonie dans le monde. La francophonie c’est quelque chose. Pensez donc: près de 65 millions de Français, et on estime aujourd’hui le nombre de locuteurs réels du français dans l’ensemble des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie à près de 250 millions.
Dans le  Québec canadien, en Suisse Romande, à Monaco, en Wallonie belge, le français est la langue maternelle de la population. Dans les pays du Maghreb, c’est la seconde langue utilisée, et dans de nombreuses ex-colonies françaises d’Afrique sub-saharienne, le français est resté la langue officielle et administrative. En 2010, la langue française est la 8ème langue la plus répandue dans le monde par nombre de locuteurs, et c’est une des six langues de travail  de l’ONU avec le mandarin, l’espagnol, l’arabe, l’anglais et le russe.
La langue française, jusqu’au 20ème siècle, a bénéficié d’une aura exceptionnelle à l’étranger et notamment en Russie. Dès la fin du 18ème siècle, sous l’influence d’Elizabeth 1ère, le français s’impose progressivement comme langue des courtisans. Pour la haute société de Saint-Pétersbourg, parler français était même devenu parfois plus naturel que parler russe. Cette prédominance de la langue française est par ailleurs présente dans toute l’Europe des lumières, puisque l’élite intellectuelle de nombreux pays (monarques, diplomates, femmes du monde, écrivains) s’exprimait généralement en français.

 

Malgré de nombreuses interdictions liées au rejet de la révolution française, l’empereur russe Paul Ier communiquait lui-même presque exclusivement en français. Au début du 19ième siècle, la langue française était encore très répandue dans la noblesse russe. Pouchkine, par exemple, parlait mieux français que russe, ce qui lui valu le surnom de Француз (“Le Français“).
Autre exemple: dans Guerre et Paix, le célèbre roman  de Léon Tolstoï, l’un des personnages affirme que “même étant né en Russie, il pense en français“, car cette langue représente pour lui “la manière de parler mais aussi celle de penser“. Dans le courant de ce siècle, certains grands écrivains russes créaient leurs œuvres dans les deux langues, russe et français, puisque qu’ils parlaient français en famille, dès leur plus tendre enfance.

 

Jusqu’au début du 20ème siècle, le français était également la langue des diplomates. En 1905, le traité de paix russo-japonais fut, par exemple, rédigé en français. Pourtant, le 20ème siècle marqua le début du déclin de la langue française, déclin que les pessimistes affirment irréversible, en corrélation directe avec l’importance prise par la langue anglaise surtout depuis 1945. Malgré cela, l’attachement traditionnel et formel au français s’est prolongé durant le 20ème siècle en Russie, ou parler français était toujours la marque d’une éducation de bon niveau et aussi d’appartenance à une certaine élite.

 

Pour cette raison, de nombreuses familles soviétiques aimaient que leurs enfants parlent le français. Depuis la fin de l’Union Soviétique, la langue française n’a pas disparu en Russie, mais son influence s’est réduite. Elle est supplantée par l’anglais et l’allemand  jugés plus utiles pour travailler. Au début des années 1990, selon les données du ministère russe de l’Education, 55% des écoliers apprenaient l’anglais, 34,9% l’allemand et 8% seulement le français, contre 20% dans les années 1960.

 

Autres chiffres, selon l’ambassade de France, qui bénéficie des données communiquées par le ministère fédéral de l’Education et de la science, il y avait en 2009 en Russie 410.000 personnes apprenant le français dans l’enseignement primaire et secondaire et 344.000 dans le supérieur, ainsi que 6.250 enseignants de français dans le primaire/secondaire, et 5.750 dans le supérieur. Ce déclin de l’apprentissage de la langue française touche malheureusement la Russie comme le reste du monde, sauf l’Afrique qui est en très forte expansion démographique.

 

Parallèlement, il y a aussi un recul de l’enseignement de la langue russe en France. Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, confirmait cette baisse l’année dernière, durant l’année France-Russie. En 2008, 14.000 élèves apprenaient le russe en France dont 48% en 3ème langue, et 29% en 2ème langue. Il faut noter qu’en 20 ans, le nombre de ces élèves a diminué de 50%.  L’effectif des enseignants baisse aussi et sur les 85 universités françaises, seules 22 proposent l’enseignement du russe, contre 25 en2005, par exemple. Il y a environ 260 professeurs certifiés ou agrégés qui enseignent le russe aujourd’hui dans le secondaire français contre 487 en 1989.

 

Cette baisse de l’intérêt pour la langue russe en France s’explique sans doute en partie par l’image négative véhiculée par les médias depuis une douzaine d’années. Il faut pourtant rappeler que les perspectives économiques sont très encourageantes dans la zone russophone d’Eurasie, ce qui devrait inciter les Français à apprendre le russe mais également les Russes à apprendre le français. De nombreuses entreprises françaises, grandes et petites, sont en cours d’implantation en Russie et dans la zone russophone, mais il reste encore difficile de trouver, dans de nombreux domaines de l’activité économique, des spécialistes russes francophones ou des spécialistes français russophones.

 

Pour terminer sur une note positive, saluons ceux qui font vivre la langue de Molière jusqu’au bout de l’Eurasie. C’est le cas de la principale agence d’information multimédia russe, RIA Novosti qui dispose d’une version en langue française de son site internet et ce depuis 2000! L’agence s’adresse également depuis cette année en langue française aux lecteurs francophones sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter avec toujours la même logique: permettre de mieux comprendre la Russie d’aujourd’hui. Il est même désormais possible de discuter en direct avec les journalistes/traducteurs sur Facebook.

 

A une plus humble échelle, citons également le travail d’Olga, enseignante de français à l’Université pédagogique de Blagovechtchensk et également responsable du Centre de ressources en français. Depuis 2005, elle fait vivre avec son équipe la langue et la culture française en extrême orient russe, via un journal en français intitulé: “salut ca va“ ainsi que via “le blog des francais de l’amour“. Comme Olga le dit elle-même: “L’échange interculturel ne fait que renforcer l’intercompréhension de nos deux peuples et aide à mieux se comprendre. Le dialogue entre nos deux cultures apporte l’unique richesse qui compte, celle de l’esprit“.
Une belle initiative, à soutenir et sans nul doute, à reproduire.

Comment BHL a poussé la France à s’engager dans le conflit libyen

J’invite mes lecteurs à lire avec soin et à diffuser le plus possible ce texte de Dmitry Babitch publié sur Ria-Novosti, c’est un joyau!

L’homme qui pratiquement à lui seul a réussi à convaincre le président français Nicolas Sarkozy de reconnaître le gouvernement “alternatif” de la Libye, exhortait à la fin des années 1990 l’Occident à reconnaître le “président” tchétchène Aslan Maskhadov et son “premier ministre” Chamil Bassaïev. Après les événements de Tskhinvali (conflit russo-géorgien d’août 2008, ndlr), il qualifiait également Mikhaïl Saakachvili d'”homme le plus hostile à la guerre” qu’on puisse jamais rencontrer. Tous ces faits invitent à se poser la question suivante: sur quelles informations et en provenance de quelles sources l’opération militaire internationale en Libye se base-t-elle?
Le nom de cet homme, de l’informateur de Sarkozy, est Bernard-Henri Lévy, BHL pour les intimes. Il signe ses articles, comme son ami et collègue André Glucksmann, “Bernard-Henri Lévy, le philosophe.”
BHL est millionnaire, et il a accordé un entretien aux journalistes du magazine allemand Spiegel dans sa résidence permanente de l’hôtel parisien Raphaël en présence d’un valet. Ses jugements sont comme toujours péremptoires et sans appel: “Vous avez un mauvais ministre des affaires étrangères et il vous faut s’en débarrasser…

Et l’Allemagne aura beaucoup de mal à satisfaire son ambition légitime d’avoir un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU”.

On pourrait croire entendre le seigneur de l’Univers, et non pas un modeste “activiste de la diplomatie populaire qui n’a aucun pouvoir, à l’exception de celui que lui donne la conscience” (c’est ainsi que BHL s’est modestement décrit lors d’une conférence en ligne avec les lecteurs du quotidien Le Monde). Mais le problème est précisément dû au fait que l’influence de BHL sur la politique mondiale au cours des dernières semaines a été plus importante que celle des 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne réunis.
En se rendant début mars à Benghazi, Lévy appelle Sarkozy et propose au président de la république de rencontrer personnellement les dirigeants du Conseil national de transition (CNT) qui luttent contre Kadhafi. Sarkozy donne immédiatement le feu vert à la visite de ces messieurs accompagnés par Lévy à Paris, sans même prendre la peine de prévenir son propre ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

Le 10 mars, Sarkozy annonce personnellement la reconnaissance du CNT par la France en tant que gouvernement légitime de la Libye. Juppé a été pris au dépourvu par cette décision.

“C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’une décision majeure de politique étrangère est annoncée par… des personnalités étrangères !”, s’étrangle  dans Le Monde un diplomate français qui a souhaité garder l’anonymat.
Le fait est que les diplomates français sont arrivés en Libye quelques jours après Lévy. Et les Libyens ont expliqué aux diplomates qu’une personnalité bien plus importante qu’eux, “l’homme du président”, était déjà venu et qu’il avait accompagné les dirigeants des rebelles à Paris.
“Tu mesures que leur arrive,  c’est un acte politique majeur ? “, lui demande Bernard-Henri Lévy.

Ces phrases de Lévy ont accompagné la discussion avec Sarkozy et ont beaucoup impressionné les Libyens. Seul un philosophe du calibre de Lévy ou de Glucksmann peut se permettre de tutoyer le président français.

“J’ai seulement proposé au président d’accueillir les représentants de la Libye libre”, dit modestement Lévy aujourd’hui, depuis que sa “proposition” a provoqué un nouveau cycle de guerre civile en Libye avec l’implication des puissances européennes.

Rappelons que de la même manière en 1999, après l’attaque contre le Daguestan par Chamil Bassaïev, Lévy avait recommandé à l’Occident de reconnaître l’autorité de Maskhadov en Tchétchénie.

Le reconnaître afin de contrarier le régime russe “stalino-hitlérien” (sa propre expression!). Il ne reste plus qu’à regretter qu’à l’époque les Français n’aient pas apprécié à sa juste valeur la proposition de Lévy et ne l’aient pas envoyé de l’hôtel Raphaël dans un établissement plus adapté pour des auteurs d’idées de ce genre.

Probablement, Alain Juppé, qui a rencontré le philosophe hyperactif pendant son premier mandat à la tête du ministère des Affaires étrangères en 1993-1995, aurait même accepté de l’accompagner.

A l’époque, après s’être rendu à Sarajevo, Lévy exigeait des pays de l’OTAN qu’ils bombardent sans attendre les positions serbes en sabotant ainsi les actions des diplomates français et allemands, qualifiées à l’époque de “plan Kinkel-Juppé”, qui cherchaient un règlement politique du conflit.

En regardant les images de l’opposition libyenne à la télévision et en voyant ces “cavaliers” du XXIe siècle avec des mitrailleuses sur des pick-up japonais, d’autres protégés de Lévy viennent à l’esprit.

Les combattants tchétchènes, les moujahids afghans (la mention du nom de Massoud dans l’appel téléphonique de Benghazi n’est pas un hasard), les miliciens bosniaques d’Alija Izetbegovic. Et le tout dernier: Mikhaïl Saakachvili. Voici ce qu’a écrit Lévy à son sujet le 20 août 2008 dans Le Monde: “Il est francophile et francophone. Féru de philosophie. Démocrate. Européen. Libéral au double sens, américain et européen, du mot. De tous les grands résistants que j’aurai rencontrés dans ma vie, de tous les Massoud ou Izetbegovic dont il m’a été donné de prendre la défense, il est le plus évidemment étranger à l’univers de la guerre, à ses rites, ses emblèmes, sa culture – mais il fait face.”

Personnellement, les emblèmes de la guerre sont probablement étrangers à BHL, mais il ne dédaigne pas de déclencher des guerres.

L’algorithme est toujours le même: il faut d’abord trouver un conflit, suivi de “l’hystérie pour la défense des droits de l’homme”, puis un règlement militaire (et seulement militaire, jusqu’à l’anéantissement total de l’ennemi!).

“Allez fouiller dans mon inconscient!”, a lancé avec mépris Lévy aux lecteurs du Monde, lorsqu’ils ont osé supposer que l’amour pour les combattants était proche des complexes étudiés par Freud. Ou peut-être les Etats-Unis, l’Union européenne et surtout la France devraient fouiller dans leur propre subconscient: pourquoi de telles personnes forgent-elle l’opinion publique et sont-elles considérées comme la “conscience de l’Europe”? Et cela vaut-il la peine de les écouter? Ainsi que les interlocuteurs recommandés par messieurs Lévy et Glucksmann en Russie, au Kosovo, en Libye…

Vers un redémarrage russo-japonais ?

Cet article a été publié originalement sur Ria-Novosti

 

Le 11 mars dernier, un violent séisme suivi d’un tsunami ont frappé le Japon, faisant à ce jour  plus de 20.000 victimes et disparus et près de 360.000 déplacés. La centrale nucléaire de Fukushima, située à seulement 250 km de Tokyo, est depuis victime d’une série d’incidents techniques graves, faisant craindre une contamination radioactive dans l’archipel nippon, mais également un accident nucléaire pouvant avoir des conséquences régionales. Ces évènements au Japon ont réveillé des souvenirs tragiques pour les Russes mais aussi pour tous les habitants de l’ex Union Soviétique.

 

Le 26 avril 1986, à la frontière entre l’Ukraine, la Russie et la Biélorussie, près de la petite ville de Tchernobyl, un accident à la centrale nucléaire Lénine déclencha la catastrophe nucléaire la plus grave de l’histoire. Les conséquences de cet accident se font encore sentir 25 ans après, puisque les experts de l’OCDE affirment que les populations de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie en ressentent encore dans une certaine mesure les conséquences sanitaires. D’ailleurs, lors des terribles incendies de forêts qui ont frappé la Russie l’été dernier, des craintes d’évaporation dans l’atmosphère de particules radioactives déposées dans le sol russe (que ce soit dans la région de Briansk ou de Mayak) ont ressurgis, réveillant des souvenirs douloureux.

 

La question du nucléaire est donc de nouveau au premier plan et de nombreux pays ont remis sur la table la question de savoir s’il fallait ou non mettre un coup d’arrêt au développement des centrales. Les 27 pays de l’Union Européenne par exemple tirent 31% de leur électricité et 15% de leur énergie primaire du nucléaire. L’Allemagne est bien sur en tête de ce mouvement anti-nucléaire, le pays ayant une tradition écologiste assez prononcée. Mais les autres pays de l’UE comprennent également des partis écologistes, traditionnellement opposés au nucléaire et dont l’importance politique n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Cette question pourrait donc devenir un des points essentiels des futures échéances électorales, notamment au sein de pays fortement dépendants du nucléaire comme la France par exemple. Pour autant ce sentiment anti-nucléaire ne semble pas partagé partout, notamment en Asie, en Europe de l’est au Moyen Orient. A tel point que le nombre de centrales nucléaires dans le monde devrait doubler dans les 14 prochaines années selon l’association mondiale du nucléaire.

Les pays gourmands en nucléaire ne sont pas seulement les grands pays émergents comme la Chine ou l’inde qui devraient théoriquement doubler le nombre de leurs centrales d’ici 2030. La Turquie mais également la Biélorussie ont récemment, et malgré l’accident au Japon, réaffirmé leur souhait de construire leurs premières centrales nucléaires, avec l’appui de la Russie, comme cela a été le cas pour l’Iran et la centrale de Bouchehr. La Russie qui compte 32 réacteurs opérationnels sur son territoire à une grosse expérience de participation à la construction de centrales partout sur la planète. C’est aussi l’un des pays les plus nucléaires de la planète, derrière les Etats-Unis (104 réacteurs), la France (58 réacteurs) et le Japon (54 réacteurs). Ces réacteurs russes assurent 18% de sa production électrique nationale mais la part du nucléaire devrait attendre 35% d’ici 2030. Le président russe a récemment réaffirmé son soutien au développement du nucléaire lors d’une rencontre avec le premier ministre turc sur le projet de collaboration pour la construction du premier réacteur turc par la Russie. Selon le président russe: “l’énergie nucléaire n’est pas dangereuse si les centrales sont construites au bon endroit et convenablement surveillées”.

 

Le terrible accident japonais survient en outre dans un contexte très tendu entre la Russie et le Japon, puisque la question des îles Kouriles empoisonne la relation entre les deux pays depuis plus d’un demi-siècle. Le Japon revendique quatre îles rattachées après la guerre à l’Union soviétique, puis transmises à la Russie en tant que successeur en droit de l’URSS. Au début de cette année 2011 une visite du président Russe dans les îles Kouriles avait déclenché un incident diplomatique et la colère des Japonais. Le 7 février, des militants japonais d’extrême-droite ont manifesté devant l’ambassade Russe à Tokyo, traînant par terre un drapeau russe déchiré et couvert d’inscriptions. La justice Japonaise refusera d’organiser une enquête sur cet outrage au drapeau ni d’en poursuivre les responsables. Malgré cela, la Russie a rapidement et très généreusement réagi à la tragédie japonaise, et immédiatement proposé l’envoi d’une aide très conséquente. Dès le 13 mars, un Il-76 du ministère russe des Situations d’urgence a emmené 50 sauveteurs, ainsi que trois véhicules spéciaux et près de 17 tonnes de fret humanitaire. Le 15 mars, un second groupe de 25 sauveteurs russes à rejoint la première équipe, accompagné de quatre voitures de sauvetage, de matériel de recherche et d’instruments hydrauliques, de modules, de groupes électrogènes, de denrées, d’eau mais également de médicaments.
Les sauveteurs russes opèrent dans la région de Sendai, la zone la plus touchée par le séisme. Enfin, le 19 mars, deux Il-76 transportant près de 40 tonnes de chargement humanitaire se sont envolés de Khabarovsk et Blagovechtchensk, en Extrême-Orient. A cette aide humaine et matérielle s’ajoute une aide énergétique, puisque la Russie devrait livrer rapidement du gaz naturel liquéfié, et augmenter ses livraisons de charbon. La Russie, qui a en extrême orient des surcapacités énergétiques, a aussi proposé au japon la fourniture rapide de 6.000 mégawatts d’électricité supplémentaire. La Russie vient aussi d’annoncer qu’elle était prête à accueillir des victimes du séisme mais aussi et à proposer des emplois aux ressortissants du japon en Extrême-Orient russe. Enfin, elle a proposé que des sociétés japonaises participent  à l’exploitation de gisements de gaz en Sibérie tout en espérant considérablement augmenter en 2011 les livraisons d’hydrocarbures au Japon.

 

La centrale de Fukushima ne devrait plus être utilisée semble affirmer le gouvernement Japonais. Une solution à la Tchernobyl est même envisagée, c’est-à-dire la constitution d’un sarcophage pour envelopper la centrale et tenter d’en limiter les émanations toxiques. Les graves accidents nucléaires ont toujours permis d’apprendre et de développer des méthodes de sécurité toujours supérieures. L’accident de Tchernobyl a par exemple mis en évidence la nécessité des enceintes de confinement, qui ont fait leur preuve lors d’un autre grave accident nucléaire survenu en 1979 aux Etats-Unis, celui de three miles island. De son malheur, le Japon va sans doute tirer des leçons qui bénéficieront au monde entier. L’économie japonaise ne devrait pas connaitre trop de difficultés à se relever et surmonter cette tragique épreuve. Exsangue après le second conflit mondial, l’empire du soleil levant est devenu en 30 ans la seconde puissance économique de la planète. Suite aux évènements récents, on ne peut donc que souhaiter que s’opère un réel reset des relations avec la Russie afin de purger toutes les tensions inutiles, et rendre possible une réelle coopération régionale, garante de l’émergence d’un monde multipolaire stable.

Le front Orange-Brun

L’article original a été publié sur win.ru

Ces derniers mois, la presse russe a relaté un certain nombre d’évènements plus ou moins graves qui paraissaient au premier abord sans aucun rapport entre eux. En examinant de plus près ces évènements, un certain nombre de liens apparaissent pourtant qui peuvent laisser penser qu’il ne s’agit pas seulement de faits divers, mais bel et bien de manifestations ayant une même origine.

De Krasnodar à la Sibérie occidentale

Le 9 mai 2010, un coup de grisou a couté la vie à 90 mineurs dans la mine de Rapadskaia. Trois jours plus tard, une manifestation pacifique de 1,500 personnes eut lieu dans la petite ville de Mejdouretchensk, les manifestants demandant des meilleurs salaires et une enquête impartiale sur le tragique accident. Dans la soirée de jeunes autonomes bloquèrent les voies ferrées et affrontèrent violemment les forces de l’ordre. Ces violences inattendues et imprévisibles furent le fait de voyous et criminels connus de la région, et parmi les 28 manifestants interpellés, pas un n’était mineur de fond. Sur les lieux des incidents et le parcours de la manifestation qui a dégénéré, des sandwichs, bières et banderoles ont été retrouvés, ce qui prouve le minimum de préparation de cette manifestation parallèle. En outre, au même moment des appels à la violence ont été relayés sur de nombreux sites étrangers, notamment Britanniques, Allemands ou encore celui d’un mouvement Ukrainien anarchiste, soutenant entre autres l’opposition Biélorusse et appelant (donc depuis l’Ukraine) à la violence contre l’état russe. Il est étonnant qu’un petit mouvement Ukrainien anarchiste se soucie des manifestations au fin fond de la Sibérie russe. Suite à ces événements, sur les réseaux sociaux et internet, de mystérieuses et fausses associations sont apparues comme une «union des résidents du Kouzbass», appelant notamment à la sécession de la Sibérie, et dont les appels furent repris sur des sites indépendantistes Caucasiens ou sur le journal d’opposition Novaya Gazeta.Encore plus étonnant, en 2009 il y a eu en Russie l’affaire

Dimovsky. Cet officier de police présenté comme un héros par le Main-Stream médiatique occidental pour avoir durant l’automne 2009 dénoncé la corruption régnante au sein de l’état et de la police russe. Ce policier pouvait se payer gardes du corps et voitures privés, conférences de presses et billets d’avions. Il a été suspecté par Sergueï Kucheruk (chef de la police de la région de Krasnodar) d’être un agent des services Occidentaux et notamment via le comité des droits de l’homme de Novorossisk, une sous filiale de l’USAID, une des têtes de ponts du dispositif orangiste en Eurasie. Celui-ci a simplement affirmé que «l’union des résidents du Kouzbass» était réelle et qu’il était prêt à travailler pour cette dernière. Or cette organisation est virtuelle. Comment se sont établis les liens entre eux? Pour le député Serguey Shatirov, ces manifestations sur le terrain ou sur internet sont liées, organisées de l’extérieur et ont vraisemblablement un fondement «orange».

Révolte en extrême orient?

Durant l’été 2010, un groupe appelé «frères de la forêt» à pris le maquis dans l’extrême orient Russe, après avoir déclaré la guerre à l’état. Le groupe, composé de skinheads, ainsi que de «Nazbols» (ces militants rouge/bruns), opérait dans la région et il a participé à de nombreuses agressions, meurtres, incendies, cambriolages de commissariats et assassinat d’un milicien.Le nom choisi par cette organisation, frères de la forêt ou

Frères de la forêt est le nom donné aux anciens groupes d’ex-collaborateurs laissés derrière eux par les Nazis dans les pays-Baltes et en Ukraine après l’avance des troupes Soviétiques en 1944. La révolte des frères de la forêt s’est terminée après l’assaut des forces spéciales qui a abouti à la capture de quatre membres et au décès du dernier. Le groupe entendait dénoncer la corruption du système de police (certains membres ayant été victimes de tortures) mais également la déliquescence de la société puisque dans leur dernière vidéo postée sur internet avant leur mort, ils dénoncent notamment: «la corruption, la consommation de drogues et la difficulté de trouver des filles encore vierges à 15 ans». Plus surprenant sans doute, leur haine de l’empire Russe et de la fédération est traduit dans cette phrase: «Nous ne reconnaissons ni les lois fédérales ni les lois locales, nous rejetons totalement l’autorité de votre Fédération de Russie et nous saluons ceux qui ont rejoint la résistance, dans le Caucase nord, et les autres, individus dignes, honnêtes et nobles». Ainsi ces révolutionnaires d’extrême droite soutiendraient les rebelles Islamistes et wahhabites contre l’armée fédérale Russe. Encore une fois, la rhétorique sécessionniste et anti fédérale semble au centre des revendications.Dans un texte

paru sur le site du DPNI (le principal mouvement d’extrême droite Russe), les membres du groupe disaient s’être dressés contre le fascisme juif, comme leurs glorieux ancêtres s’étaient dressés contre le fascisme Allemand. En même temps que ce «soutien» plutôt logique des mouvements d’extrême droite russes il y a eu des soutiens plus surprenants. Des associations de droits de l’homme ont dénoncé la brutalité policière lors de l’intervention contre ces jeunes rebelles, comme par exemple l’association Agora, dont la promotion est faite par exemple sur le site de l’opposant libéral Garry Kasparov. Il est à noter que l’association Agora est également accusée de financement de terrorisme sur le territoire de la fédération de Russie, à savoir dans la république musulmane du Tatarstan. Une enquête à d’ailleurs été ouverte pour déterminer les financements de cette organisation. Ce soutien de groupuscules d’extrême droite, par des associations libérales et de défense des droits de l’homme est une caractéristique ce front Orange-Brun qui opère en Eurasie, et particulièrement en Russie.

Décembre 2010: Moscou

En décembre dernier, suite à la mort d’un supporter de foot, tués par balles par des ressortissants du Caucase Russe, des milliers de jeunes supporters se sont réunis le 11 décembre dernier pour commémorer sa mort et critiquer la remise en liberté des supposés assassins. La manifestation a rapidement tournée au meeting politique. Il y a eu de violents incidents avec les forces de l’ordre, et à un meeting de contestation contre «la corruption, l’immigration et le pouvoir».Dans les jours et semaines qui ont suivi, des tensions grandissantes ont abouti à une journée de confrontation communautaire virtuelle le 15 décembre à Moscou, lorsque des milliers de nationalistes et de ressortissants du Caucase nord se sont rassemblés sans réellement s’affronter. Des manifestations de ces nationalistes en colère ont eu lieu dans de nombreuses villes de Russie, (

Perm, Kirov, Kaluga, Samara, Izhevsk, Voronezh, Tomsk, Ufa, Kaliningrad…). Si ces manifestations pouvaient sembler spontanées, des doutes subsistent quand à leur déclenchement et également leur utilité. L’excellent commentateur de Ria-Novosti, Ilya Kramik à démontré dans un article: La très curieuse agitation sur la toile, notamment l’envoi de faux messages invitant les Caucasiens à s’armer et se rassembler dans la soirée du 15 décembre. Ce message contenait dans les destinataires des listes de faux dirigeants Caucasiens.En parallèle, de nombreux messages appelant à «casser du Caucasien» sont apparus sur de nombreux forums russes. Des bruits ont couru sur des colonnes de véhicules du Caucase qui montaient sur Moscou etc. Cette cyber-agitation destiné à créer une déstabilisation au cœur de la société civile russe a entrainé la création d’une brigade informatique spécialisée pour surveiller l’espace internet. Il est aussi à noter qu’encore une fois, des soutiens de nationalistes

d’Ukraine se sont fait entendre, or en Ukraine la très grande majorité des mouvements d’extrême droite ne cachent pas leur hostilité totale au pouvoir Russe et ont très largement soutenu la révolution orange en 2004.

La nouvelle extrême droite russe au cœur du mouvement?

Deux mouvements Russes ont contribué à maintenir la pression, le DPNI que nous avons déjà cité plus haut et qui appelait par exemple le 14 décembre les russes à s’armer et les personnes âgées à ne pas sortir de chez elles, mais également un mouvement peu connu par les étrangers, l’alliance nationale-démocratique. Ce mouvement très récent (il date de début 2010) -dont le site intitulé “Nazdem” fait intuitivement penser à “Nazbol”, et dont la flamme du logo fait aussi étrangement penser à celle de radio-Svoboda ou celle de l’association Sorosienne Freedomhouse- a joué un rôle important dans l’organisation de manifestations. L’utilisation de banderoles en Anglais pousse à se demander quel était réellement le public visé, des russes ou bien les médias étrangers. Ceci nous rappelle les actions de l’éternel opposant Kasparov à Moscou dans les années 2000, qui organisait des manifestations coup de poing, interdites, mais surtout à destination des médias étrangers. Cette curieuse association tient un discours très orienté droit civique et destiné à la société civile. Les Nazdems appellent également à l’intégration de la Russie dans l’Otan et l’UE, à l’indépendance du Caucase, ainsi qu’au démembrement de la fédération sous sa forme actuelle (Cette idée fait penser aux souhaits indépendantistes des partisans de la forêt). En outre, les Nazdems affirment leur soutien à Israël et à la communauté internationale actuelle contre les états voyous, Iran en tête. Enfin, les Nazdems soutiennent l’opposition Biélorusse même si leur page renvoie à ce qui ressemble fortement à une ONG occidentaliste, appelant la Biélorussie à rejoindre l’Union Européenne. A noter par ailleurs lors des élections présidentielles en Biélorussie la volonté de certains provocateurs orangistes de venir troubler l’opposition Biélorusse, comme en image ici. Alexandre Douguine dans un article récent accuse les organisations nationalistes qui appellent à l’indépendance du Caucase d’être sponsorisés par les services Occidentaux. 

Des alliances entre les libéraux (orange) et les radicaux (bruns) ? 
Encore une fois donc, comme lorsque les partisans régionalistes d’extrême orient soutinrent les Boivikis Tchétchènes, les alliances contre nature éclosent. L’Alliance Nationale démocratique a décidé de soutenir le mouvement d’opposition libéral S31 qui rappelons le est une coalition rassemblant tant les associations de défense des droits de l’homme, les mouvements d’ultra gauche, les associations orangistes comme le comité Helsinki ou mémorial, ainsi que les nationaux bolcheviques de Edouard Limonov (qui à je le rappelle la double nationalité Francaise et Russe), mais aussi les libéraux Nemtsov et Kasparov.
Hors de Russie, je rappelle qu’il est désormais avéré que Stratégie 31 est soutenue  par Boris Berezovski. On peut se demander si le mouvement du 11 décembre n’est pas non plus une pâle copie du mouvement du 31 de chaque mois, même si un démenti formel à été apporté à cette question. Enfin les principaux organisateurs libéraux de S31, et un responsable du DPNI ont été arrêtés et condamnés à 15 jours de prison pour un rassemblement interdit en cette fin d’année 2010. Plus récemment, c’est d’ailleurs un leader du mouvement l’autre Russie, Igor Bereziouk, qui a été arrêté pour sa participation aux violences du 15 décembre dernier sur la place rouge. 
 
Que peut on doit-on déduire de tout ca ? Bien sur, la Russie a déjà connu des manifestations de révolte et de contestation. Mais Depuis l’apparition des révolutions de couleurs dans tout l’espace Eurasiatique postsoviétique, la Russie a été le seul pays épargné. Bien sur cette résistance à ces révolutions de couleurs à des raisons structurelles (relative bonne santé de l’économie) tout autant que politiques (solidité du régime et du soutien populaire à ce régime). Néanmoins alors qu’en 2011 les principaux régimes issus des révolutions de couleurs se sont effondrés, il semble que le mouvement soit encore actif, jouant la carte de la déstabilisation politique par la contestation sociale. L’idée est habile et la contestation de la corruption indéniablement justifiée. Mais les buts de ceux qui poussent à l’effondrement du régime ne sont pas l’instauration d’un nouveau régime propre et non corrompu, mais la prise de contrôle géopolitique et stratégique du cœur de l’île monde, l’Eurasie.

Les enjeux de la bataille pour Tripoli

Cet article a été publié originalement sur Ria-Novosti

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Le directeur de l’Institut du Proche-Orient, Evgueny Satanovsky à donné récemment une interview extrêmement intéressante sur la position que la Russie devrait selon lui adopter face aux révolutions dans le monde Arabo-musulman. Cette interview mérite une place dans le panthéon du multilatéralisme et du non-interventionnisme.
 

 

Selon lui, ces mutations dont on ne peut pour l’instant réellement prédire l’évolution pourraient également s’étendre aux pays d’Afrique noire (car ceux-ci sont victimes des même maux et que leurs frontières issues de la décolonisation sont fragiles) mais également à certains pays d’Asie comme par exemple le Pakistan, par ailleurs doté de l’arme nucléaire. 

 

Cette potentielle agitation pourrait donc entraîner une modification des frontières mais aussi des grands équilibres internationaux. La Russie, poursuit Evgueny Satanovsky devrait “s’abstenir d’intervenir et conserver son énergie et son argent sur son développement intérieur, et ne pas du tout rentrer dans une logique néo-soviétique d’investissement à perte”. Il affirme que “la Russie devrait probablement imiter la Chine qui construit des routes et des chemins de fer sur son territoire et qui ne va au Proche-Orient et en Afrique qu’à la recherche des matières premières”. Enfin rappelle t-il “beaucoup de régions russes en Sibérie et en Extrême-Orient ont un niveau de vie inférieur aux pays que la Russie pourrait être tentée d’aider”. 

 

Ces révolutions qui se déclenchent ci et là ne sont réellement pas toute de mêmes natures même si on peut leur trouver des points communs, le premier étant d’appartenir à ce grand moyen orient que l’administration Américaine en 2003 s’était juré de remodeler et transformer en une zone libre, comprenne qui pourra. Certes la plupart des pays concernés ont en général une situation interne propice à des explosions sociales mais on peut se poser la question de savoir comment interpréter l’offensive diplomatique et médiatique anti-Khadafi en faveur de rebelles, en partie Islamistes, mais qui ont déjà les faveurs de Nicolas Sarkozy, de Bernard Henri Lévy et de quasiment toute la communauté internationale. Bien sur le colonel Khadafi est loin d’être un grand démocrate et la Libye loin d’être une social-démocratie à l’Européenne, mais la Lybie n’a jamais adhéré à l’Islamisme radical global. 

 

La révolution socialiste y a abouti à la constitution d’un régime qui n’est finalement pas le moins démocratique ni le plus pauvre de la région, et ce malgré 10 ans d’embargo, et un leader ennemi public de la communauté internationale. En 40 ans, la population libyenne à été multipliée par quatre, une classe moyenne éduquée à vu le jour, le taux d’analphabètes était en 2006 de 8% pour les hommes (contre 36% au Maroc et 16% en Tunisie) et 29% pour les femmes (contre 50% au Maroc et 36% en Tunisie). Enfin les droits des femmes y sont mieux défendus que dans nombre d’autres pays musulmans puisque elles sont actuellement majoritaires dans l’enseignement supérieur. Une leçon aux Ben-Ali et autres Moubarak, amis de la communauté internationale, de l’Occident et du FMI, mais incapables d’instaurer le moindre embryon de justice sociale et financière au sein de leurs sociétés.

 

J’ai brièvement expliqué dans ma précédente tribune le risque quasiment nul qu’une révolution à l’Egyptienne puisse survenir en Russie. Pour autant, la Russie reste très attentive aux derniers évènements, notamment en Libye. Les conséquences que la chute du régime Libyen, souhaitée hâtivement par les Occidentaux, France en tête, auraient par ricochet sur la Russie sont en effet assez importantes. Bien sur depuis le début des évènements dans le monde arabe la Russie profite de la hausse du prix du pétrole qui lui permet de réduire fortement son déficit budgétaire mais également de consolider ses réserves financières. En outre, et peut être surtout, la Russie apparaît désormais (et il était temps) à l’Union Européenne comme un fournisseur stable et apte à compenser le manque libyen. 

 

L’analyste Dmitri Babitch à même souligné que la crise Libyenne était d’ailleurs devenue le catalyseur des bonnes relations Russie/UE. Néanmoins cette dépendance confortable et accrue envers l’or noir ne va pas dans le sens voulu par les autorités russes. La Russie souhaite en effet réorganiser et renforcer son industrie et ne souhaite pas s’installer seulement dans la rente pétrolière. Rappelons-nous également que la dernière flambée excessive des prix du pétrole en aout 2008 avait mené (plus ou moins directement) à l’implosion financière mondiale qui a fait tant de mal à l’économie russe. Enfin, les pertes économiques qui pourraient résulter d’un remplacement de Kadhafi ou d’une dislocation à la Yougoslave de la Libye pourraient faire perdre à la Russie des milliardsde dollars, que l’on pense aux contrats en cours de vente d’armes, d’extraction de pétrole, de constructions d’installations énergétiques ou hydrotechniques, ou de l’immense projet par les chemins de fers russe de construction d’un réseau ferré à travers tout le pays. 

 

Les évènements en Libye restent donc aujourd’hui l’équation la plus incertaine pour la Russie. Ce qui justifie les positions neutres et non interventionnistes russes, cherchant sans doute un statu-quo. C’est peut être pour cette raison que Khadafi, après avoir joué la carte du Panarabisme, du Panafricanisme, puis la carte d’un rapprochement désordonné avec l’Occident, vient de sortir un  joker BRIC en appelant  très récemment la Russie, la Chine et l’Inde à investir en Libye. Il est également possible que si les contestations venaient à se généraliser et s’étendre, le Caucase, voir l’Asie centrale pourraient être touchés par ces “agitations non violentes”. Pas plus tard que avant-hier, l’Azerbaïdjan a par exemple connu sa première manifestation Facebook. 

 

Bien sur il est possible que ces révolutions entraînent également la chute de régimes plutôt hostiles à la Russie comme en Géorgie, mais pour autant l’instabilité de son étranger proche n’a jamais contribué à sa sérénité intérieure, surtout à la veille d’élections. Evgueny Satanovsky pense lui que “la boite de Pandore est ouverte, et qu’on verra ce qui va en sortir”. Une chose est certaine, la Libye pourrait marquer un coup d’arrêt à ces mouvements de protestations si Khadafi arrivait à restaurer l’ordre et écraser la rébellion, ou les accélérer dans le cas contraire.

La disparition des “dictateurs” a déclenché un courant d’enthousiasme dans de nombreux pays occidentaux, qui comprennent mal l’attitude prudente de la Russie. Il suffit pourtant de regarder le prix de l’essence à la pompe pour comprendre ce qui se passe. Si d’autres producteurs de pétrole sont déstabilisés, notamment dans le golfe arabo-persique, c’est la faible croissance économique des USA et de l’Europe occidentale qui sera menacée en premier.

Le choix des mots, la guerre des images

Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà sans doute Oncle-Vania, qui en 2009 et 2010 à publié d’excellentes analyses sur les médias Français et la Russie, dans le Courrier de Russie. Afin de garder sa liberté de ton et pouvoir continuer à donner son analyse de Français de Russie, Oncle Vania va désormais collaborer à Dissonance et tenir une rubrique régulière. 
Nul doute que ses analyses dissonantes ont totalement leur place sur ce blog!
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Le choix des mots, la guerre des images
 

A lʼheure où la Russie célèbre ses femmes, Hillary Clinton vient de faire un surprenant aveu de faiblesse. En déclarant officiellement la guerre aux réseaux de médias étrangers qui grignotent régulièrement des parts de marché aux réseaux américains, elle place lʼAmérique au centre dʼune guerre de lʼinformation.Elle a déclaré, je cite, “nous ne laisseront pas les Etats-Unis se faire surpasser par les média de nos ennemis”. Par ennemis, elle inclue la Russie, lʼIran, la Chine et le Venezuela….toujours bon à savoir. Ce contre quoi elle sʼinsurge, sont les chaines internationales qui proposent une information différente et dissonnante, et remettent en cause la suprématie de la “voix de son maître”.

 

 

Lʼex candidate malheureuse à la présidentielle semble regretter le bon temps de la guerre froide et voice of America. La couverture des soubresauts du monde arabe est un bon exemple de la duplicité des médias au service de Washington et de ses affidés. Khadafi devient le représentant dʼun nouvel axe du mal; On oublie trop vite le nouvel ami allié dans la guerre contre Al-Quaida, le fait que la Lybie bénéficie du plus niveau de vie du continent africain, le pourcentage de libyens vivant en dessous du seuil de pauvreté est équivalent à celui des nations industrialisées.Lʼhystérie des américains sur la Libye, suivi par lʼéternel lampion de service britannique, est proche de les amener à un autre conflit militaire, alors quʼils sont encore empêtrés dans deux guerres. La situation libyenne devrait pourtant donner à réfléchir. Les images occidentales montrent essentiellement, en boucle, les foules rebelles insurgées, mais oublient de se focaliser sur les comités révolutionnaire et les instructeurs militaires, tous barbus, le coran à la main et galvanisant les nouvelles recrues au son de Allahu Akbar…images visibles sur Russia Today par exemple.  

 

Autre exemple, CNN annonce que Khaddafi a fait bombarder les populations civiles à Benghazzi, sans monter une seule image. Russia Today, dans le même temps interroge des militaires russes affectés à la surveillance satellite qui affirment quʼaucun bombardement nʼa été repéré dans la zone à ce moment la. La possibilité dʼun pays livré au chaos, divisé en zones tribales dont certaines aux mains dʼislamistes radicaux à une portée de cailloux des cote italiennes nʼa pas lʼair dʼinquiéter outre mesure les dirigeants occidentaux, la Somalie nʼest pourtant pas si loin. La France qui décidément nʼen rate jamais une,vient dʼêtre le premier et unique pays à reconnaître les insurgés comme le seul
gouvernement légitime de la Lybie.Apres le Mexique, la diplomatie française nʼen finit pas de sombrer; Première grosse couleuvre à avaler pour Alain Juppé. BHL, notre imposteur préféré, roi de lʼindignation sélective était présent quand le président français a reçu les émissaires libyens . Surréaliste quand on sait quʼil nʼa aucune légitimité. Ou était il quand Israel massacrait un millier de civils à Gaza ? Dans le même temps lʼArabie Saoudite envoie des troupes à Bahreïn pour soutenir le régime , et au Yémen la police fait tirer sur les insurgés dans lʼindifférence générale.La globalisation se manifeste aussi par cet incessant nivellement par le bas de lʼinformation et lʼacculturation historique de nos  intellectuels. Clouer Khadafi au piloris en oubliant que lʼun des plus grands criminels de guerre encore en vie, Henry Kissinger est en liberté et pérore dans des conférences internationales, payé une fortune. 

 

Pour ceux qui ont la mémoire courte, comptabilisez les morts en Amérique latine et en Asie du sud est, à une époque où les grands donneurs de leçons en démocratie de Washington participaient au massacre des chiliens, argentins, vietnamiens, …. Qui se souvient encore que les américains ont armé et soutenu Pol-Pot dans la guerre vietnamo-cambodgiene ? Fermez vos téléviseurs et replongez vous dans des manuels dʼhistoire.

 

 
P.S: Durant cette période où Israël est sous pression de tous les cotés pour geler la colonisation de la Cisjordanie occupée, préalable à toutes négociations pour relancer le processus de paix avec lʼautorité palestinienne, le meurtre dʼune famille de colons dans ces mêmes territoires, a fait annoncer par le premier ministre israélien la construction de plusieurs centaines de nouveaux logements. Dans les médias, seule Aljeezira a consacré un vrai sujet sur ce meurtre, sʼinterrogeant compte tenu du niveau tres élevé de sécurité dans la colonie concernée, sur la possibilité dʼun coupable extérieur.



Oncle-Vania

Les enjeux de la bataille pour Tripoli

Cet article a été publié à l’origine sur Ria-Novosti
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Le directeur de l’Institut du Proche-Orient, Evgueny Satanovsky à donné récemmentune interview extrêmement intéressante sur la position que la Russie devrait selon lui adopter face aux révolutions dans le monde arabo-musulman. Cette interview mérite une place dans le panthéon du multilatéralisme et du non-interventionnisme. 

 

 
Selon lui, ces mutations dont on ne peut pour l’instant réellement prédire l’évolution pourraient également s’étendre aux pays d’Afrique noire (car ceux-ci sont victimes des même maux et que leurs frontières issues de la décolonisation sont fragiles) mais également à certains pays d’Asie comme par exemple le Pakistan, par ailleurs doté de l’arme nucléaire. 
 

 

Cette potentielle agitation pourrait donc entrainer une modification des frontières mais aussi des grands équilibres internationaux. La Russie, poursuit Evgueny Satanovsky devrait “s’abstenir d’intervenir et conserver son énergie et son argent sur son développement intérieur, et ne pas du tout rentrer dans une logique néo-soviétique d’investissement à perte”. Il affirme que “la Russie devrait probablement imiter la Chine qui construit des routes et des chemins de fer sur son territoire et qui ne va au Proche-Orient et en Afrique qu’à la recherche des matières premières”. Enfin rappelle t-il “beaucoup de régions russes en Sibérie et en Extrême-Orient ont un niveau de vie inférieur aux pays que la Russie pourrait être tentée d’aider”. 
 

 

Ces révolutions qui se déclenchent ci et là ne sont réellement pas toute de mêmes natures même si on peut leur trouver des points communs, le premier étant d’appartenir à cegrand moyen orient que l’administration Américaine en 2003 s’était juré de remodeler et transformer en une zone libre, comprenne qui pourra. Certes la plupart des pays concernés ont en général une situation interne propice à des explosions sociales mais on peut se poser la question de savoir comment interpréter l’offensive diplomatique et médiatique anti-Kadhafi en faveur de rebelles, en partie Islamistes, mais qui ont déjà les faveurs de Nicolas Sarkozy, de Bernard Henri Lévy et de quasiment toute la communauté internationale. Bien sur le colonel Kadhafi est loin d’être un grand démocrate et la Lybie loin d’être une social-démocratie à l’Européenne, mais la Libye n’a jamais adhéré à l’Islamisme radical global. 

 

 
La révolution socialiste y a abouti à la constitution d’un régime qui n’est finalement pas le moins démocratique ni le plus pauvre de la région, et ce malgré 10 ans d’embargo, et un leader ennemi public de la communauté internationale. En 40 ans, la population libyenne à été multipliée par quatre, une classe moyenne éduquée à vu le jour, le taux d’analphabètes était en 2006 de 8% pour les hommes (contre 36% au Maroc et 16% en Tunisie) et 29% pour les femmes (contre 50% au Maroc et 36% en Tunisie). Enfin les droits des femmes y sont mieux défendus que dans nombre d’autres pays musulmans puisque elles sont actuellement majoritaires dans l’enseignement supérieur. Une leçon aux Ben-Ali et autres Moubarak, amis de la communauté internationale, de l’Occident et du FMI, mais incapables d’instaurer le moindre embryon de justice sociale et financière au sein de leurs sociétés. 

 

 
J’ai brièvement expliqué dans ma précédente tribune le risque quasiment nul qu’une révolution à l’Egyptienne puisse survenir en Russie. Pour autant, la Russie reste très attentive aux derniers évènements, notamment en Libye. Les conséquences que la chute du régime Libyen, souhaitée hâtivement par les Occidentaux, France en tête, auraient par ricochet sur la Russie sont en effet assez importantes. Bien sur depuis le début des évènements dans le monde arabe la Russie profite de la hausse du prix du pétrole qui lui permet de réduire fortement son déficit budgétaire mais également de consolider ses réserves financières. En outre, et peut être surtout, la Russie apparait désormais (et il était temps) à l’Union européenne comme un fournisseur stable et apte à compenser le manque libyen. 

 

 
L’analyste Dmitri Babitch à même souligné que la crise libyenne était d’ailleurs devenue le catalyseur des bonnes relations Russie/UE. Néanmoins cette dépendance confortable et accrue envers l’or noir ne va pas dans le sens voulu par les autorités russes. La Russie souhaite en effet réorganiser et renforcer son industrie et ne souhaite pas s’installer seulement dans la rente pétrolière. Rappelons-nous également que la dernière flambée excessive des prix du pétrole en aout 2008 avait mené (plus ou moins directement) à l’implosion financière mondiale qui a fait tant de mal à l’économie russe. Enfin, les pertes économiques qui pourraient résulter d’un remplacement de Kadhafi ou d’une dislocation à la Yougoslave de la Libye pourraient faire perdre à la Russie des milliardsde dollars, que l’on pense aux contrats en cours de vente d’armes, d’extraction de pétrole, de constructions d’installations énergétiques ou hydrotechniques, ou de l’immense projet par les chemins de fers russe de construction d’un réseau ferré à travers tout le pays. 
 

 

Les évènements en Libye restent donc aujourd’hui l’équation la plus incertaine pour la Russie. Ce qui justifie les positions neutres et non interventionnistes russes, cherchant sans doute un statuquo. C’est peut être pour cette raison que Kadhafi, après avoir joué la carte du Panarabisme, du Panafricanisme, puis la carte d’un rapprochement désordonné avec l’Occident, vient de sortir un  joker BRIC en appelant  très récemment la Russie, la Chine et l’Inde à investir en Libye. Il est également possible que si les contestations venaient à se généraliser et s’étendre, le Caucase, voir l’Asie centrale pourraient être touchés par ces “agitations non violentes”. Pas plus tard que avant-hier, l’Azerbaïdjan a par exemple connu sa première manifestation Facebook. 

 

 
Bien sur il est possible que ces révolutions entrainent également la chute de régimes plutôt hostiles à la Russie comme en Géorgie, mais pour autant l’instabilité de son étranger proche n’a jamais contribué à sa sérénité intérieure, surtout à la veille d’élections. Evgueny Satanovsky pense lui que “la boite de Pandore est ouverte, et qu’on verra ce qui va en sortir”. Une chose est certaine, la Libye pourrait marquer un coup d’arrêt à ces mouvements de protestations si Kadhafi arrivait à restaurer l’ordre et écraser la rébellion, ou les accélérer dans le cas contraire.

 

La disparition des “dictateurs” a déclenché un courant d’enthousiasme dans de nombreux pays occidentaux, qui comprennent mal l’attitude prudente de la Russie. Il suffit pourtant de regarder le prix de l’essence à la pompe pour comprendre ce qui se passe. Si d’autres producteurs de pétrole sont déstabilisés, notamment dans le golfe arabo-persique, c’est la faible croissance économique des USA et de l’Europe occidentale qui sera menacée en premier.

Le Monde и Россия, с 2007 по 2011!

В 2007 году российская компания E-generator.ru разработала систему баллов, которая позволяет определить индекс русофобии в зарубежной прессе. Первое французское средство массовой информации, Le Monde, оказалось на четвертом месте, позади англо-саксонской прессы. Можно думать, что с 2007 года ситуация не сильно изменилась.

17 февраля 2011 года в le Monde была опубликована статья Мари Жего, озаглавленная «Пора валить» , в которой подразумевается, что вся Москва задается вопросом, когда же «жасминовая» революция в России. Инициатором этих пересудов был, по словам г-жи Жего, интеллектуал Игорь Юргенс, один из либеральных советников в окружении Медведева, который дал интервью Bloomberg. Он утверждал, что если Путин «осмелится» выставить свою кандидатуру, то рискует спровоцировать революцию и закончить, как Мубарак, потому что людям «надоело видеть одну и ту же голову». Эти заявления составляют одно целое с соображениями оппозиционера Бориса Немцова, который в недавнем интервью Венсану Жоверу утверждал, что «Путин закончит как Бен-Али».


Мари Жего упоминает, для подтверждения правоты Игоря Юргенса, инцидент, который произошел в Москве 31 января во время вечера, посвященного памяти Бориса Ельцина, в Большом театре, когда половина присутствующих должностных лиц якобы не стала аплодировать Путину. Мари Жего, на самом деле, только цитирует Людмилу Телень, главного редактора сайта «Радио Свобода», которая излагает событие следующим образом:

«…Впрочем, едва различимые помехи начинают портить эту картину, продолжает газета, напоминая о мероприятии по случаю юбилея Бориса Ельцина в Большом театре. Акт первый: Наина Ельцина, вдова Бориса Ельцина, входит в зал. Весь зал встает и долго аплодирует. Акт второй: громкоговоритель объявляет: «Владимир Владимирович Путин!» Национальный лидер появляется в сопровождении двух дам ― своей супруги Людмилы и первой леди Светланы Медведевой. В зале тишина. Потом половина зала встает и аплодирует, вторая половина не шелохнется».


Идея, очень ясная, состоит в том, чтобы заставить читателя поверить, что Путин якобы не имеет того успеха, что раньше, что якобы зреет гнев, особенно среди тщательно отобранных официальных лиц и гостей.


Анти-путинская одержимость этих западных журналистов и этих либералов отражается в перевернутом зеркале, которым является лесть по отношению к Ходорковскому. Конечно, в России некоторые люди не любят Путина (и это их право), но о ком идет речь? Друзьях, союзниках и коллегах Михаила Ходорковского? Людях из окружения Егора Гайдара? Реабилитации Ходорковский желает только гипер-класс дельцов и одержимые либералы, которые являются кем угодно, только не демократами в том смысле, в каком средства массовой информации хотели бы нам их представить. Нет, эти люди вроде Немцова, Каспарова, представители крупных либеральных и оппозиционных средств массовой информации, или нескольких московских семей, которые обязаны своим богатством и властью беспредельной анархии 90-х годов.


Без этого периода, когда каждый шакал мог стать львом, многие из них сегодня были бы никем и ничем. Конечно, некоторые из них смогли вновь оказаться на виду, получая финансирование с запада, заставляя поверить (но кого, помимо иностранцев, плохо или недостаточно знакомых с ситуацией), что это они, именно они, были настоящими демократами. Они повторяют, что их отторжение от системы и бизнеса нынешней властью доказывает ее недемократичность. Именно эти люди не аплодировали Путину, потому что они не простили ему восстановление «порядка», того, что оказались на обочине, то есть того, что он помешал им чрезмерно обогащаться. Их недовольство Путиным официально основано на несоблюдении прав человека и прочем вздоре для студенток-филологинь, читательниц le Monde, но, на самом деле, вызвано их неспособностью удовлетворить жажду власти и денег, именно это является причиной их не-аплодисментов. Этих людей, которые разрушили российскую демократию в 1993-1996 годах, пресса (например, le Monde) представляет нам в качестве настоящих демократов.

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Но статья содержит еще одну тему, не связанную с предыдущей, в статье нам объясняется, что, как бы то ни было, русские только и жаждут уехать, так как никакая революция невозможна, из-за «демографии». Очередной вздор, поскольку украинское, сербское или грузинское население не моложе, но «оно» совершило революции, даже если эти революции были организованы извне.


Больше того, Валя, студентка Московского полиграфического института, цитируемая Мари Жего, говорит, что теперь, столкнувшись с коррупцией, фарсом выборов, присвоением богатств узким кругом, единственный возможный для нее выход: «бегство!» Валя продолжит учебу в Лондоне и планирует остаться там, потому что в России она не видит «никакого будущего». Многие молодые люди, описанные Мари Жего, хотят сделать то же самое. «Недавно я сидел за столом с моими приятелями из консерватории, воспитанными и образованными людьми, одним словом, сливками общества. Так вот, все они собираются уехать из России», ― пишет блогер, представившийся Андреем Лощаком. Кандидаты на эмиграцию, временную или постоянную, создали сайт, где те, кто собирается уехать, могут найти практическую информацию. Начиная с 2000 года, 1,2 миллиона россиян покинули страну, пишет наша журналистка.


Тем не менее, необходимо знать цифры (как для демографии) для исследования тенденций и, следовательно, эволюции. И здесь снова реальность опровергает анализ журналистки. Приведенный ниже график, подготовленный Анатолием Карлиным, показывает, что миграция (темно-серый) устойчиво снижается с 1990 года.


Изображение


Данные можно проверить здесь.
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Перевод : Уголин (Ursa-Tm

Démographie en Ukraine et BiéloRussie

J’ai déjà l’année dernière fait un article assez complet sur la démographie en Eurasie.  es médias francais et occidentaux en général sont très pessimistes sur la démographie en Russie, alors que celle ci n’est pas en si mauvaise santé que cela, en tout cas pas plus que la démographie globale de l’union européenne comme je l’ai déjà démontré ici.

L’ukraine que nos journalistes ne citent jamais est un pays qui est malheureusement en relativement mauvais état démographique. La baisse démographique augmente, passant de -172.570 habitants en 2009 à -181.505 en 2010. Je me permets de faire un petit rappel sur l’évolution de la natalité / mortalité dans ce pays.
2003 : 408.591 naissances et 756.408 décès, soit – 356.817 habitants à l’année.
2004 : 427.259 naissances et 761.263 décès, soit -334.004 habitants à l’année.
2005 : 426.085 naissances et 781.964 décès, soit -355.879 habitants à l’année.
2006 : 460.368 naissances et 785.093 décès, soit -297.725 habitants à l’année.
2007 : 472.657 naissances et 762.877 décès soit -290.220 habitants à l’année.
2008 : 510.588 naissances et 754.462 décès soit -243.874 habitants à l’année.
2009 :512.526 naissances et 706.740 décès soit -194.214 habitants à l’année.
2010 : 497.689 naissances et 698.235 décès, soit – 200.546 habitants à l’année.
Comme en Russie c’est en 2005 que la perte démographique à été la plus importante et le redressement très marqué de 2006 à 2009. Mais la natalité semble se tasser et à diminué en 2010 pour la première dois depuis 2003. La mortalité elle continue de baisser ce qui est une bonne nouvelle. Néanmoins la perte de population est quasiment la même que en Russie (-241.000), alors que le pays est presque trois fois moins peuplé, ce qui n’a pas l’air d’inquiéter aucun journaliste Occidental..
*

La Biélorussie à aussi vu la situation se détériorer en 2010. Regardons l’évolution depuis 2003 via les populations au 1ier janvier de chaque année concernée.
2003: 9.899.000 habitants,
2004 : 9.849.000 habitants soit – 50.000 habitants en 2003
2005 : 9.800.000 habitants soit – 49.000 habitants en 2004
2006 : 9.751.000 habitants soit – 49.000 habitants en 2005
2007 : 9.714.000 habitants soit – 37.000 habitants en 2006
2008 : 9.690.000 habitants soit – 24.000 habitants en 2007
2009 : 9.514.000 habitants soit – 176.000 habitants en 2008
2010 : 9.500.000 habitants soit – 14.000 habitants en 2009
2011: 9.481.000 habitants soit – 19.000 habitants en 2010
La perte de population de la Biélorussie est donc de 52.250 habitants / an.
2010 à dont été une mauvaise année puisque le taux de natalité est passé de 11,5/1000 à 11,4/1000 pendant que le taux de mortalité passait lui de 14,2/1000 à 14,5/000.
2011 semble mal commencer puisque le mois de janvier n’a vu que 8.386 naissances contre 8.481 en janvier 2010. Le mois a vu 11.775 décès contre 12.391 en 2010.
La perte de population pour janvier 2011 est donc de 3.389 habitants contre 3.910 en janvier 2010.