Category Archives: Articles en francais

C’est à Perm que le soleil se lève en premier en Europe

L’article original a été publie sur Ria Novosti.

* Les lecteurs de RIA-Novosti savent depuis le 05 octobre 2011 que la ville Russe de Perm s’est lancée dans un projet assez inattendu: devenir la capitale européenne de la culture. Cette semaine, interview avec l’un des principaux acteurs de ce projet: le ministre de la culture de la région de Perm, Alexandre Protasevitch.  

Alexandre Protasevitch bonjour, pourriez vous vous présenter a nos lecteurs?  Bonjour, oui bien sur! J’occupe actuellement le poste de Ministre de la culture, de la jeunesse et des communications dans la région de Perm. Perm est une ville située à 1.200 km à l’Est de Moscou. Mes fonctions consistent en fait principalement à diriger les institutions culturelles régionales en y implémentant les initiatives culturelles mais aussi à m’occuper de la culture des différentes entités régionales, soit prés de 2.644 entités territoriales dont 25 villes et 30 bourgs de type urbain.

Pourriez-vous nous parler un peu plus du projet de faire de PERM une capitale européenne de la culture? D’où est né ce  projet et quel y est votre rôle, en tant que Ministre de la culture de la région de Perm? Le projet de désignation de villes en tant que capitales européennes de la culture est une initiative de l’Union Européenne qui a plus de 20 ans. Cela consiste à honorer une ville par ce titre pour une durée d’un an. Ce beau programme nous a séduit par sa capacité à mettre en valeur une ville en tant que centre d’attraction culurelle.Nous avons étudié les expériences de plusieurs villes post-industrielles qui ont porté ce titre, les avantages économiques et touristiques que les villes ont connus grâce à ce programme nous ont parus réellement saisissants. Après avoir échangé avec mes homologues de villes jumelées avec Perm comme Duisburg en Allemagne et Pecs en République tchèque je me suis sérieusement mis en tête de tenter cette compétition. L’idée a été soutenue par le gouverneur du Krai de Perm mais également par toute son équipe.

Continue reading →

Inondations: la Russie à nouveau sous le feu des critiques?

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
*
La semaine dernière la Russie a de nouveau subi une catastrophe climatique : Dans la nuit du 6 au 7 juillet des pluies torrentielles ont provoqué des inondations, causé la mort de 171 personnes et fait près de 30.000 sinistrés au cœur de la riviera russe, une région qui s’étend le long de la Mer Noire, entre Anapa et Sotchi. Comme durant l’été 2010 lors des incendies qui ont frappé le pays, une véritable artillerie médiatique s’est immédiatement déclenchée contre les autorités russes. Il est toujours curieux de constater que ce genre d’offensive médiatique se produit uniquement quand une catastrophe climatique a lieu en Russie.

Dans la même presse qui critique les autorités russes, il n’y a pas eu de critique du système politique en Inde lorsque la semaine dernière des inondations ont fait 121 morts et près de 6 millions de refugiés. Pas de critiques non plus contre le gouvernement de la  Chine (580.000 habitants sont touchés par des inondations) ou du Japon (30  morts) la semaine dernière. Aucun journaliste ne s’est lancé dans une critique du système politique local lorsqu’en novembre dernier en Italie des inondations ont fait une dizaine de morts dans le nord du pays. Aucune critique non plus sur la gestion des incendies dans le Colorado à la fin du mois de juin, incendies qui ont pourtant entrainé l’évacuation de dizaines de milliers de personnes, ou lors des feux de forêts en Espagne autour de Valence.

Pourquoi ce deux poids deux mesures systématique avec la Russie? Bien sur la Russie se vend mal, et a une fâcheuse tendance à ne faire parler d’elle que lors d’événements tragiques. Des incendies aux inondations et des sous marins qui coulent aux avions qui tombent, le pays semble frappé par des pesanteurs malheureuses, et est constamment soumis à une pression médiatique sans équivalent. Bien sur la faiblesse de communication russe lors de tous ces tragiques événements est patente, mais elle n’explique pas le traitement médiatique injuste dont le pays
est victime.

Comme lors des incendies de 2010, une seule et même obsession se fait sentir dans nombre de grands médias : Mettre les autorités politiques en cause. Alors que le 7 aout 2010, au moment des incendies, certains journaux titraient sur “la faillite du système Poutine”, presque deux ans plus tard certains médias tentent de nous faire croire que: “les russes ne croient plus Poutine”. Dépassé par les incendies en 2010, Vladimir Poutine serait en 2012 dans l’embarras et comme en 2010 contraint de rejeter la faute sur son administration.

La presse française a également relayé (voir ici ou la) une théorie complotiste selon laquelle les autorités auraient quasiment noyé la ville de Krimsk par un lâcher d’eau volontaire du barrage de Neberdjaevski. Ce choix serait du à la volonté de préserver nous dit on un quartier de luxe proche de Novorossiysk, ainsi que la station balnéaire de Gelendjik. Ces fantasmes sont démentis par des bloggeurs qui habitent sur place et qui ont vécu l’inondation.  Non seulement le barrage en question est derrière une montagne qui fait face à la ville, non seulement il n’y a pas dans ce coin de quartier luxueux de cottages à protéger, mais surtout la retenue d’eau était parfaitement intacte le 08 juillet dans l’après midi, comme le montre cette photo publiée sur le forum Vivre en Russie.

La presse française, qui a unanimement salué la presse russe pour sa relative unanimité critique envers les autorités a en outre oublié de saluer la très grande unité des volontaires russes à travailler ensemble,

puisque militants de l’opposition et militants des mouvements pro-Poutine cohabitent et travaillent ensemble dans des camps de volontaire pour aider les sinistrés de la région. Une magnifique vidéo relate le travail des volontaires à Moscou, alors que prés de 2.000 tonnes d’aide humanitaire ont déjà été expédié de différentes régions de Russie.

Il est à noter que l’offensive médiatique française s’est accompagnée d’une offensive médiatico-politique russe. Le parti d’opposition Iabloko, a par exemple affirmé disposer d’informations confirmant les soupçons du lâcher d’eau en catastrophe, sans pour l’instant les dévoiler. Une accusation reprise par les écologistes locaux et par exemple la militante d’opposition Evguenia Chirikova pour qui le nombre de décès devrait dépasser les 1.000 personnes.

Le blogueur Daniel Besson note que sur la toile on a vu apparaitre de faux et provisoires profils Internet, notamment celui de cette charmante jeune fille du nom de Yulia Andropova qui affirme que “son père venait de prendre son service quand une commission s’est réunie pour décider d’ouvrir les vannes de la retenue (…) Une décision prise sur injonction de Rosneft, l’opérateur Russe du réseau de pipelines et de gazoducs de la Fédération de Russie, afin de soi disant protéger ses installations d’exportation d’hydrocarbures du port de Novorossiysk”.

Etonnant ? D’autant plus lorsque l’on sait que  l’opérateur du terminal de Novorossiysk situé de part et d’autre de la montagne n’est pas Rosneft mais Transneft. Il y a eu d’autres provocations via des messages sur l’internet russe, propageant de fausses rumeurs quand a de nouvelles inondations et appelant les habitants à quitter leurs maisons avant les nouvelles crues. Ces rumeurs destinées à déstabiliser les habitants du district sont pour les autorités russes le fait de provocateurs professionnels, et le ministère de l’intérieur à décidé d’ouvrir une enquête à ce sujet.

Pavel Konstantinov, du département de météorologie et de climatologie de la faculté de géographie de l’Université d’Etat de Moscou: “Le Centre hydrométéorologique de Russie a donné alerte plusieurs heures avant les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le Territoire de Krasnodar. Mais personne n’imaginait qu’elles puissent produire des dégâts de telle ampleur. C’était une situation sans précédent qu’on a vu dans cette région (…) Il est tombé l’équivalent de 7 mois de précipitations en 24 heures”. Comme le rapporte un témoin sur place: “L’eau est montée très vite, elle a inondé le rez-de-chaussée des maisons en 5-10 minutes, elle a emporté des bordures de trottoir et même des plaques d’asphalte”.

Le vendredi 13 juillet, une autre pluie intense s’est abattue, cette fois ci sur Moscou. En quelques minutes, des rez de chaussée d’immeubles ont été envahis par l’eau, des voitures noyées et 3 personnes sont mortes. De mémoire d’homme, les moscovites disent qu’on a jamais vu une telle quantité de pluie en si peu de temps. Bien sur, lors de toutes catastrophes climatiques, les faiblesses de l’homme et les défauts structurels apparaissent de façon criante, mais que peu l’homme contre une nature déchainée et des dérèglements climatiques exceptionnels? Une chose est certaine, l’effort de modernisation entamé en Russie concerne tant les infrastructures que des mentalités.

Inachevé, ce grand chantier de la nouvelle Russie doit être poursuivi sans relâche. Quand à la critique journalistique, dans un monde juste, elle se devrait d’être constructive et pas seulement obsessionnelle et émotionnelle.

Voyage au pays des Russes pour des lecteurs français de Valeurs Actuelles

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti.
*
Du 2 au 5 juin 2012, Moscou a reçu une visite très intéressante, celle de membres du club des lecteurs de Valeurs Actuelles. Pour ceux qui ne connaîtraient pas Valeurs Actuelles, il s’agit d’un hebdomadaire français d’information générale, qui paraît le jeudi. Son tirage est proche des 90.000 exemplaires, ce qui correspond à environ 500.000 lecteurs réguliers (sources). Valeurs Actuelles est diffusé essentiellement par abonnement. Valeurs actuelles appartient au groupe VALMONDE, tout comme le mensuel “Le spectacle du Monde”, qui traite d’actualité politique, géopolitique et culturelle.
 
Les quarante voyageurs privilégiés emmenés à Moscou par “Valeurs actuelles” et “Voyages à la une” sont repartis de Russie avec au moins trois enseignements principaux,  comme le précise le compte rendu de voyage paru dans Valeurs Actuelles :
-Il y a bien des trésors dans les musées de Moscou.
-Il y a une extraordinaire vitalité dans la société moscovite.
-Il y a un sérieux décalage entre la réalité russe et les sombres descriptions de la plupart des médias français. “C’est à croire qu’ils raisonnent sur des idées et des images figées dans les années 1990”, leur a même dit un français expatrié à Moscou.

Trois jours seulement pour ressentir l’atmosphère de Moscou, c’est insuffisant, et j’espère que ces 40 voyageurs français reviendront plus longuement. Quiconque est déjà venu dans cette mégalopole de 14 millions d’habitants n’a pas pu ne pas ressentir que la ville est une fourmilière gigantesque et une bulle d’énergie sans limites. Hugo Natowicz et moi-même avions tenté de faire partager ces sensations moscovites, difficiles à expliquer ou à décrire, dans deux textes parus dans Ria Novosti : “énergie russe” et “survivre a Moscou“. Je pense que ces deux textes reflètent bien la réalité de la capitale russe. Celle d’une ville-monde dans l’état, qui n’a probablement pas d’équivalent en occident. On retrouve un peu l’atmosphère de Moscou dans certaines grandes villes d’Asie.
Mais bien évidemment, et les lecteurs de RIA-Novosti s’en doutent bien, c’est le troisième constat qui est le plus intéressant : Il y a un  “sérieux décalage entre la réalité russe et les sombres descriptions de la plupart des médias français”. Lors de leur visite, les 40 lecteurs de Valeurs Actuelles ont eu le privilège de rencontrer l’ambassadeur de France en Russie, Jean de Gliniasty, qui est en poste depuis janvier 2009. Celui-ci a affirmé non seulement “regretter la vision biaisée” de trop de médias français sur la Russie, mais aussi le fait que “la perception de la Russie n’est pas adéquate à l’état actuel de ce pays”.
 
J’ai participé à un déjeuner débat avec les 40 visiteurs au célèbre Café-Pouchkine. Pour la plupart, ces visiteurs ont fait des carrières de cadres ou de chefs d’entreprises en France, et leurs questions ont surtout porté sur l’économie, les salaires, les entreprises en Russie, et sur le mode de vie des étrangers à Moscou, l’optimisme ou le pessimisme dans la Russie d’aujourd’hui. Autant de questions qui sont rarement abordées de façon objective dans la presse française.
C’était l’occasion d’expliquer que la Russie est depuis quelques années déjà une terre d’opportunités qui a commencé à intéresser quelques  français, surtout depuis la crise de 2008 qui a secoué la planète et notamment les pays occidentaux. Expliquer aussi la transformation d’un expatrié français qui tente sa chance en Russie et qui devient un Russpat  (mot hybride mélange de russe et d’expatrié, traduisant le statut de
français installés en Russie, russophones et en cours de russification).
Sur le parcours, pour ceux qui veulent s’adapter, travailler et vivre en Russie sans être recrutés par une multinationale, les difficultés ne manquent pas. C’est plus compliqué que traverser le Channel et s’installer en co-location à Londres. Il n’y a pas que le climat, l’alphabet cyrillique et la complexité de la belle langue russe. Il y a la redoutable administration russe, labyrinthe compliqué et implacable, avec ses démarches interminables. C’est au contact de cette montagne que beaucoup se découragent. Certains dirigeants politiques russes d’aujourd’hui disent que personne n’a encore trouvé comment simplifier l’administration depuis l’époque des Tsars.

Cette sensation face à l’administration, ou face à des habitudes de vie et de travail inconnues en occident se résume dans une phrase célèbre de Natalia Narotchniskaia que j’ai citée aux visiteurs “le XIXe, le XXe et le XXIe siècle cohabitent en Russie”. On peut trouver le pays attirant, mais aussi insaisissable et brutal. Ceux qui ne se découragent pas découvrent que la Russie a un plan démographique ambitieux, et cherche à attirer des immigrants en grand nombre. Le taux de chômage est très faible en Russie, particulièrement à Moscou. De plus l’esprit d’entreprise est même encouragé (pour ceux qui ont le courage d’affronter la bureaucratie russe) par l’administration fiscale qui a créé un régime simplifié pour les nouvelles entreprises de petite taille. Un seul impôt libératoire de 6% du chiffre d’affaires, c’est loin d’être confiscatoire, et c’est une aubaine pour ceux qui veulent créer et développer une activité. (J’y reviendrai dans une tribune: Comment monter sa TPE en Russie).

Le mode de vie à Moscou, dans son aspect sécurité / insécurité, a fait l’objet de plusieurs questions. Difficile de croire, pour des parisiens, que des jeunes femmes moscovites élégantes, leur portable dernier cri à la main, puissent prendre le métro tard le soir, jusqu’au terminus, sans être menacées par des bandes de voyous. C’est pourtant le cas, beaucoup de français installés à Moscou en témoignent. Cette sensation de vivre dans une ville relativement “tenue” même si l’insécurité zéro n’existe pas, est un des aspects les plus attrayants de la “Moscow way of life”.

Les questions sur le pouvoir politique russe et la personnalité de Vladimir Poutine ont été nombreuses. Expliquer en quelques minutes à des visiteurs étrangers le chemin parcouru par la Russie de 2000 à 2012 n’est pas facile. Un risque d’éclatement territorial dans les années 90, la période des oligarques, deux guerres (2000 et 2008), le terrorisme rémanent et la crise financière, pour en arriver à une croissance économique soutenue qui se poursuit, il fallait résumer: “Les choses vont très vite ici. Il faut venir maintenant, Poutine et Medvedev sèment les graines de ce qui va éclore dans dix ou quinze ans”.

J’invite les lecteurs à lire le compte rendu du voyage disponible sur le site de Valeurs-Actuelles.

Vers un monde sans Union Européenne?

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
*
Les espagnols auront entendu au moins une bonne nouvelle durant cette année 2012: ils ont bien la meilleure équipe de football d’Europe. Mais une sombre coïncidence se confirme: les derniers vainqueurs de l’euro de la décennie sont dans une situation proche de la faillite économique, Grèce (2004) et Espagne (2008 et 2012).En Europe, pas un mois sans une “réunion de la dernière chance”, pas un jour sans que les mots “marchés financiers” ou “crise financière” ne viennent inquiéter la grande majorité des européens quand à leur avenir proche. Mois après mois ces réunions entre membres de l’Union Européenne construisent toutes des solutions provisoires, pour éviter l’éclatement de la zone Euro, et peut être celui de l’Union Européenne. Pour les citoyens des pays de l’union, le spectacle devient tragique : les pays à bout de souffle demandent comment emprunter encore plus, les autres donnent des conseils : travailler plus et gaspiller moins.


Les mauvais élèves de la classe (“les médiocres” dirait le politologue Biélorusse Vadim Gigin) espèrent que les élections en Allemagne en 2013 verront la chute politique du système Merkel, afin de permettre la mise en place d’euro-bonds destinés à mettre en commun (mutualiser) les dettes d’états via des euro-obligations. Ce système d’euro-bonds aurait pour conséquence directe qu’en cas de faillite d’un Etat les autres seraient “tenus” de rembourser sa dette. Autrement dit, il s’agit de faire payer l’ensemble des états encore relativement sains en jouant sur le principe de “solidarité financière”. Et peut être un choc psychologique pour les marchés, destinée à aider les derniers de la classe, en faisant baisser les taux d’intérêts spéculatifs.

Continue reading →

Demographie russe, de janvier a mai 2012

Source Photo RIA-Novosti
Les chiffres démographiques de janvier a mai 2012 sont disponibles et ils sont très intéressants.
 
Le mois de mai 2012 a vu un record de 160.160 naissances (contre 136.564 l’année dernière) et 168.653 décès  (contre 165.297 l’année dernière). Il est donc né 23.596 bébés de plus durant ce mois de mai 2012, qu’en mai 2011. Par contre les décès ont de façon inattendue augmenté avec 3.356 décès de plus en mai 2012 par rapport a mai 2011.
 
Mai 2011 avait vu une réduction de population de 28.733 habitants, contre une réduction de 8.493 habitants en mai 2012.
 
Maintenant sur les 5 premiers mois de 2012:
– 752.380 naissances contre 694.490 sur les 5 premiers mois de 2011, il y a donc eu 57.890 naissances en plus.
– 809.326 décès contre 823.962 décès sur les 5 premiers mois de 2011, il y a donc eu 14.636 décès en moins.
 
Sur la période de janvier a mai 2012 la population russe a diminué de 56.946 habitants, contre une baisse de 129.472 habitants sur les 5 premiers mois de 2011.  
 

Des nouvelles de la Biélorussie

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
*
Il y a un an, la Biélorussie faisait la une du mainstream médiatique : Le pays traversait une crise économique profonde, les réserves de change étaient en chute libre, passant de 5 milliards de dollars en décembre 2010 à 4 milliards de dollar en mars 2011. Dans le même temps la monnaie locale (le rouble biélorusse) s’était effondrée, l’état ayant procédé à une dévaluation en mai 2011. En 2008, avant le début de la crise financière mondiale, un dollar américain valait 2.130 roubles biélorusses et en novembre 2011 le même dollar en valait 8.900 (!). En conséquence de ces évènements, le ralentissement économique avait mis au chômage près de 600.000 personnes ce qui avait fait craindre des troubles sociaux de grande ampleur. Pour certains commentateurs cette situation aurait même pu faire tomber le régime Biélorusse, le pays paraissait être au bord du gouffre.


Cette grave crise économique tombait au pire moment pour le mouton noir de l’union européenne, puisqu’elle faisait suite à une autre crise, politique celle là, que le pays a connue à la fin de l’année 2010. En effet suite à la réélection du président Loukachenko avec près de 80% des voix pour son quatrième mandat, le pays a connu une vague de manifestations très importantes.

Interview Thierry MARIANI, candidat UMP aux legislatives de l’etranger

L’article original a été publié surRia-Novosti
*
Cette année, les élections législatives en France concernent aussi les Français de l’étranger. La Russie fait partie de la 11ième circonscription de l’étranger. Lors du premier tour des élections législatives du 10 juin dernier, deux candidats sont arrivés en tête, le candidat UMP Thierry Mariani avec 32,59% des voix, suivi par Marc Villard (PS) avec 26,65%. Voici l’entretien avec Thierry Mariani, candidat UMP à la députation des Français de l’étranger.

 

Thierry Mariani bonjour, et tout d’abord félicitation pour vos résultats obtenus lors du premier tour des élections  législatives. Pourriez-vous expliquer aux lecteurs francophones de RIA-Novosti les raisons qui vous motivent à vouloir devenir député des Français de l’étranger pour la 11ième circonscription?
Durant douze ans, au RPR, puis à l’UMP, j’ai été chargé des Français de l’étranger. Parallèlement, j’ai présidé le groupe d’études sur les Français de l’étranger à l’Assemblée nationale. Et surtout, il se trouve que c’est moi qui ai suggéré à Nicolas Sarkozy de créer les circonscriptions des Français de l’étranger pour les législatives de 2012. Il m’a donc semblé logique d’aller jusqu’au bout de ma démarche…Pour moi, le choix de la 11eme circonscription allait de soi : il était naturel que je me présente là où j’ai le plus d’influence et une excellente connaissance des réalités de terrain. Or, j’ai été président ou vice-président, à l’Assemblée, des groupes d’amitié entre la France et la Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan, l’Iran, etc. Je me suis occupé des commissions parlementaires relatives au gaz et au pétrole, secteurs très importants dans cette zone. Et, ces dernières années, en tant que ministre des Transports, j’ai multiplié les contacts avec nombre de décideurs et de dirigeants de ces régions du monde, notamment en Chine et en Asie du Sud-Est. En 2009, j’ai aussi été le représentant spécial de la France en Afghanistan et au Pakistan. Enfin, m’étant occupé des affaires internationales au niveau de l’UMP, j’ai mis en place des relations étroites avec de nombreux partis politiques étrangers, notamment le Parti communiste chinois, mais aussi de nombreuses formations en Asie du Sud Est.

Interview Marc VILLARD, candidat PS aux legislatives de l’etranger

L’article original a été publié sur Ria-Novosti
*
Cette année, les élections législatives en France concernent aussi les Français de l’étranger. La Russie fait partie de la 11ième circonscription de l’étranger. Voici l’entretien avec Marc Villard, candidat PS à la députation des Français de l’étranger.

 

Alexandre Latsa – Marc Villard bonjour, et tout d’abord félicitation pour vos résultats obtenus lors du premier tour des élections législatives. Pourriez-vous expliquer aux lecteurs francophones de RIA Novosti les raisons qui vous motivent à vouloir devenir député des français de l’étranger pour la 11ième circonscription?
Marc Villard – Ma candidature à ces élections est dans la ligne d’un engagement de longue date auprès de nos concitoyens. Cela a commencé il y a une vingtaine d’années à la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam, dont je suis devenu président une première fois en 1998, pour défendre et accompagner les entreprises françaises. En 2000, je me suis présenté à l’Assemblée des Français de l’Etranger (à l’époque Conseil Supérieur des Français de l’Etranger)  en vue de poursuivre cet engagement auprès des entreprises en l’élargissant à la représentation de nos concitoyens dans tous les domaines qui touchent à leur expatriation. L’exercice de ce mandat d’élu, mon travail à la présidence de la Commission des Finances et Affaires économiques m’ont convaincu que la représentation à l’Assemblée Nationale serait un atout certain pour la défense de nos compatriotes et je me suis donc lancé dans la course législative !

La presse en images…

Le Conseil National Syrien appelle a manifester contre la Russie de Poutine…



 

Le courrier de Russie se vante que des membres de sa rédaction participent a la marche des millions..
Ci dessus et ci dessous, le Parisien se surpasse, des “rafles” aux images de “miliciens” en armes…

Ci dessus, seraient ce les rafles en images?
Tiens Andrei a partagé l’article sur Facebook ))))

Le systeme d’exploitation occidental ne fonctionne plus

La chute de l’union soviétique a entrainé la fin du système des relations internationales découlant de Yalta et le triomphe de l’hégémonie américaine. La conséquence a été le basculement d’un monde bipolaire à un monde unipolaire. Malgré tout certains analystes parlent d’un possible retour à un monde bipolaire. Comment ressentez vous cette possibilité? Y a-t-il selon vous une possibilité qu’une puissance émerge et challenge la puissance hégémonique américaine?

L’effondrement de l’URSS a en effet eu pour conséquence directe la domination américaine sur les affaires du monde. Lorsque Bush père a proclamé le nouvel ordre mondial dans les sables d’Irak, beaucoup (dans le monde occidental) ont même pensé qu’il en serait ainsi pour toujours, que l’histoire des idées s’arrêtait et que le monde serait désormais pour toujours sous domination américaine. On voit aujourd’hui que ceux-ci se sont trompés, et qu’il a fallu seulement une décennie pour que l’Histoire ne reprenne ses droits, entrainant l’Amérique dans des guerres qui accéléreront son déclin, alors que paradoxalement, elles étaient censées lui permettre d’asseoir sa domination. Durant cette même décennie, la Russie s’est relevée de ces cendres et est redevenue une puissance régionale forte. Une puissance qui a des visions de domination en Eurasie, comme l’a martelé Vladimir Poutine lors de son  premier discours de président élu le 07 mai 2012. On parle beaucoup plus de  l’affrontement Russie / Amérique qu’au début de ce siècle mais ces pays ne seront sans doute plus jamais les principaux acteurs essentiels du monde de demain, tels que l’Amérique et l’URSS l’ont été au sein du monde de hier. C’est logiquement aujourd’hui la Chine qui est visée par les stratèges Américains en tant qu’adversaire principal, car c’est la Chine qui devrait vraisemblablement devenir la première puissance mondiale durant ce siècle, tant sur le plan économique, que financier, démographique et peut être même militaire. C’est la Chine qui devrait devenir par conséquent le concurrent le plus important pour l’Amérique en déclin, et si rien n’est fait, le monde de demain sera rythmé par l’opposition Chine / Amérique.

Zbigniew Brezinski admet ouvertement que les États-Unis sont en train de perdre leur influence. Ici, il est possible d’appliquer le concept « de dépassement de limites (imperial overstrech) », introduit par le célèbre historien Paul  Kennedy ? Peut-être que l’Amérique a dû faire face au même problème que l’Urss? Comment évaluez-vous l’état de l’Amérique actuellement?
Zbigniew Brezinski vieillit et se rend sans doute compte de ses erreurs, constatant que ses prévisions pour le futur monde sous domination américaine ne se sont pas totalement réalisées. Je dis « pas totalement » car aujourd’hui le monde est toujours dominé par l’hyper-puissance américaine. Le dollar est en 2012 toujours la monnaie dominante et l’Amérique toujours la première économie mondiale, même si la crise de 2008 semble avoir porté un coup quasiment fatal a cette domination financière. Sur le plan militaire, cette suprématie semble aussi terminée. L’Irak et surtout l’Afghanistan ont montré les limites militaires de la suprématie américaine. Plus personne aujourd’hui ne voit l’Amérique comme une puissance invulnérable comme c’était le cas il y a une dizaine d’années. Curieusement, l’Amérique comme l’URSS ont choisi d’aller mourir et de prouver leur vulnérabilité au monde entier au même endroit: en Afghanistan. J’ajoute que cette fin de l’empire avait été prévue par un sociologue français du nom d’Emmanuel Todd déjà en 2002.

Continue reading →