– Les décès pour des raisons cardio-vasculaires (1 décès sur 2 en Russie) : -9,5%
La dépopulation pour le 1ier trimestre 2012 est de 35.000 habitants contre 79.200 habitants pour le 1ier trimestre 2011.
La dépopulation pour le 1ier trimestre 2012 est de 35.000 habitants contre 79.200 habitants pour le 1ier trimestre 2011.

Les commentateurs
étrangers qui sont en général prompts à dénoncer l’américanophobie
supposée du premier ministre russe actuel, par exemple lorsque comme
dans son dernier discours devant l’assemblée il a qualifié l’Alliance
atlantique de “vestige de la guerre froide”, n’ont que peu analysé ou
commenté cette nouvelle autorisation russe alors que pourtant la Russie
permet depuis 2009 le transport à travers son territoire de fret destiné
à l’ISAF d’Afghanistan, à condition que ce ne soit pas des armes. Sur
le plan intérieur, cette nouvelle facilité accordée à l’OTAN a provoqué
une réaction de colère du
principal parti d’opposition russe, le parti communiste. Les
communistes russes craignent en effet que cette base ne serve de plaque
tournante au trafic de drogue en provenance d’Asie centrale et présente
également un danger de livraison clandestine d’armes à des groupes
séparatistes. Tout un symbole, sachant qu’Oulianovsk est également le
lieu de naissance de Vladimir Lénine.
Pourtant ces craintes de
conspirations soulevées par le parti communiste ne semblent que peu
fondées à ce jour. Le contrat entre la Russie et l’OTAN n’autorise que
le transport de matériel civil, et tout matériel devra être acheminé
fermé et sous scellés. Сomme l’a rappelé avec beaucoup d’humour le
vice ministre russe en charge de la défense: “Le fait que le papier
toilette des soldats américains transite par la Russie ne constitue par
une trahison de nos intérêts nationaux”. De plus, le centre sera soumis à
la loi russe et à la législation douanière russe, alors que s’il
s’agissait d’une base militaire américaine, cela ne serait pas le cas.
Enfin, les négociations sont menées avec le ministère des transports (et
non avec le ministère de la défense).
Les transports seront effectués par des compagnies aériennes russes, probablement les compagnies Волга-Днепр и Полет mais aussi par les chemins de fer russes.
On peut imaginer que la première conséquence de l’installation de ce
centre logistique sera donc la création de nombreux emplois puisque
selon des estimations basses, cette immense réorganisation logistique de
l’ISAF en Eurasie concernera 72.000 véhicules et 125.000 containers. Le
prix de transport d’un container devrait être de 5 à 6.000 dollars et
lors du retrait de l’ISAF théoriquement prévu pour 2014, la quantité de
containers devrait très fortement augmenter. C’est pour cette raison
sans doute que le contrat ne devrait être signé que jusqu’en 2014, date à
laquelle le retrait de l’ISAF d’Afghanistan devrait être effectif.
Une
décision similaire vient également d’être prise par le président
Kirghize qui a indiqué à maintes reprises qu’après l’été 2014, il ne devrait plus
y avoir de contingent militaire de l’Alliance atlantique à l’aéroport
de Manas, mais uniquement des civils. Le pays s’est en revanche dit prêt
à continuer à participer à l’expédition de fret civil
en Afghanistan après 2014. Ces deux décisions coordonnées russes et
kirghize arrivent à un moment crucial, au moment ou le bail de la base
russe de Kant au Kyrgyzstan devrait être prolongé. Il faut rappeler
que l’aéroport de Kant fait aussi office de base pour l’OSTC, une
organisation de sécurité et de coopération à vocation politico-militaire
qui regroupe à ce jour l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le
Kirghizstan, l’Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan. Pour l’OSTC,
la sécurité de cette région va devenir un point essentiel, surtout
après le départ de l’ISAF d’Afghanistan. Pour le secrétaire national de
l’OSTC Nikolaï Bordiouja: “Le retrait envisagé de la Force
internationale d’assistance à la sécurité ne tardera pas à aggraver la
situation. Les structures radicales et nationalistes intensifieront
leurs activités visant à encourager les tendances contestataires et à
accentuer les contradictions inter ethniques et inter confessionnelles
dans les pays membres de l’OTSC”.
Pour l’analyste Andrei Tsiganok:
“Laisser les américains utiliser Oulianovsk devrait permettre à la
Russie de discuter plus fermement sur d’autres sujets, comme le point
essentiel du bouclier anti-missiles”. En outre “cela fait 10 ans qu’ils
(les américains) protègent indirectement la Russie des Talibans”. On
peut en effet se poser la question de savoir ce qui se passera lorsque
l’Afghanistan dans moins de 18 mois sera livré à lui-même. Sur quels
fronts iront combattre les milliers de Moudjahidines aguerris par 10 ans
d’affrontements, lorsque plus un soldat étranger ne sera présent sur le
sol Afghan? En décembre 2011, les membres de l’OTSC ont adopté un plan
d’action appelé à contrer les menaces nouvelles, en prévoyant la
création de ceintures de sécurité autour de l’Afghanistan. Comme l’a
parfaitement résumé Innokenti Adiassov:
“Il serait absurde de continuer à voir l’Otan à travers le prisme
idéologique soviétique. Mais il serait naïf de s’imaginer l’Alliance
comme un club inoffensif qui remplit des fonctions exclusivement
pacifiques. Il est évident que la coopération entre la Russie et l’Otan
n’est possible que dans la mesure où elle ne contredit pas les intérêts
nationaux russes, y compris les intérêts de la Russie dans l’espace
postsoviétique”.
Si la Russie peut donc finalement en arriver à
souhaiter provisoirement le maintien de la présence américaine en
Afghanistan, ce pays n’est pour autant qu’une pièce du grand jeu qui se
déroule en Eurasie, un grand jeu qui inclut d’autres pièces essentielles
parmi lesquelles: l’Iran ou encore le bouclier anti-missiles.
La situation en Libye n’est pas apaisée, loin
de là, et le renversement du régime libyen par cette méthode a
probablement créé plus de problèmes qu’il n’en a résolus. La Libye
devrait voir la Charia devenir sa loi fondamentale et l’Est du pays est
en état de quasi sécession. Les grandes villes sont toujours le théâtre
d’affrontements sporadiques entre partisans de l’ancien régime, et
diverses milices du nouveau pouvoir. Les vidéos répugnantes de
travailleurs « noirs » (libyens ou étrangers originaires d’Afrique) martyrisés ont en outre fait le tour de la planète.
Cette théorie de la rupture s’était aussi propagée en Russie avant l’élection présidentielle, puisqu’un certain nombre de personnalités du monde politique russe avaient ouvertement pris position pour la candidature de Dimitri Medvedev, et donc indirectement contre la candidature de Vladimir Poutine. Dimitri Medvedev a donc fait preuve d’une solidité sans faille, n’écoutant pas les sirènes et restant indifférent aux appels du pied d’une certaine intelligentsia libérale qui aurait souhaité l’utiliser comme tête de pont dans une manœuvre contre le “système Poutine”, système qui selon cette intelligentsia bloque les espoirs démocratiques de la Russie postcommuniste. Pourtant, même si les Iphonchiki (fans d’Iphones) qui ont défilé durant ces derniers mois ne le reconnaissent pas, sept réformes majeures ont été proposées en décembre 2011 par le président Medvedev, et qui curieusement ont été passée sous silence par le Main-Stream médiatique.
– Le retour aux élections directes pour les gouverneurs régionaux.
– La modification du système signatures nécessaires pour que les partis puissent s’enregistrer au parlement.
– L’allègement de la procédure de création des partis politiques (500 signatures désormais nécessaires contre 45.000 aujourd’hui).
– Le renforcement de la proportionnelle aux élections législatives pour améliorer la représentativité des petits partis. (ceux qui obtiennent moins de 5% et n’étaient jusqu’alors pas représentés).
– L’abaissement du nombre de signatures nécessaires pour qu’un candidat s’enregistre à l’élection présidentielle. (300.000 au lieu de 2.000.000 jusqu’à maintenant pour les candidats de partis représentés à la Douma, et 100.000 pour les candidats de partis non représentés à la Douma).
– L’augmentation de la représentation des partis d’opposition au sein des commissions électorales, pour assurer un vote et des décomptes justes.
– L’accentuation de la décentralisation des organismes fédéraux, c’est-à-dire du niveau fédéral vers les échelons régionaux, municipaux et locaux.
Manifestement, cet agenda politique avait été préparé bien avant l’élection présidentielle, et il parait clair que ce n’était pas dans un contexte conflictuel entre les deux hommes. Au contraire, ces réformes annoncées par Dimitri Medvedev ont sans aucun doute eu le soutien total de Vladimir Poutine. Elles laissent penser que la Russie pourrait entrer dans une nouvelle période, que l’on pourrait qualifier de “nouvelle perestroïka”. Mais il est probable qu’à la différence de la “perestroïka naufrage” de Michael Gorbatchev qui avait amené le pays à l’anarchie, cette potentielle “nouvelle perestroïka” sera sans doute une perestroïka méticuleusement préparée et développée, sous contrôle.
Comme l’avait annoncé le député Sergei Markov sur Ren-Tv le 11 décembre dernier, “la modernisation continuera sa route, pas par pas”. Cette modernisation mise en avant par le président Medvedev dès son arrivée au pouvoir en 2008 sera donc sans doute visiblement l’un des éléments essentiels du développement de la Russie d’aujourd’hui, et de demain. Pour l’analyste Alexandre Rahr,
“Vladimir Poutine est visiblement prêt a donner carte blanche a un futur gouvernement Medvedev, pour poursuivre des reformes radicales”. Le message serait clair: “le tandem existe toujours, et Dimitri Medvedev est plausiblement un leader politique de la génération russe suivante”.
On voit donc bien que les mesures proposées par Dimitri Medvedev, dans le but de réformer la vie des partis politiques, ont le soutien entier de Vladimir Poutine et que le tandem n’a jamais été aussi soudé. Cette “nouvelle perestroïka” coïncide du reste parfaitement avec le ton qui a été donné au futur mandat de Vladimir Poutine, (2012-2018). Son porte parole a en effet récemment indiqué
que: “Le nouveau Poutine (…) sait parfaitement où il va et ce qu’il devra faire”, mais également que si “le premier et le deuxième mandat représentaient respectivement la réanimation et la restauration de la Russie, le troisième mandat de Vladimir Poutine serait celui du développement physique et spirituel du pays, de son économie et de tous les autres domaines”.
Contrairement à certaines analyses donc, cette libéralisation-soft et cette ouverture politique annoncées sont un autre chapitre de la reconstruction de la Russie, qui vient après la restauration de l’autorité de l’état et le redressement de l’économie du pays.
En fait, je cherchais une activité qui soit disponible, que personne n’ait encore jamais faite en Russie, qui permette de voyager, de rencontrer des gens et de gagner de l’argent. Et en plus, en relation avec la mer. Les îles sont un marché de niche, certes, mais un marché unique… et assez ludique ! J’ai donc créé mon entreprise, Private Island, et je fais ça depuis un peu plus de trois ans maintenant.
LCDR : En quoi cela consiste-t-il ?
LCDR : Combien cela coûte, une île, à l’achat ?
« De beaux engins, beaucoup de pilotes et des réserves de carburant incroyables »
LCDR : Qu’est-ce que vous faites ici, en Russie ?
LCDR : Comment vous-êtes vous lancé dans l’aventure ?
« Les Russes ressemblent aux Bretons »
LCDR : Comment c’était, les années 1990 ?
LCDR : Et maintenant ?
LCDR : Vous êtes optimiste…
« Je me sens plus en sécurité à Moscou que dans la capitale française »
LCDR : Vous prospectez vous-même en région ?
LCDR : Qu’est-ce que vous trouvez chez les Russes que vous ne trouvez pas ailleurs ?
« Bernard-Henri Lévy qui compare la Russie avec la Corée du Nord, c’est scandaleux »
LCDR : Vous ne pensez que du bien de ce qu’il y a autour de vous, en somme.
LCDR : C’est à dire ?
Source : le courrier de Russie