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Les FEMEN m’ecrivent ..

Suite a mes divers articles sur les FEMEN et les Pussy RIOT la branche francaise des FEMEN a décidé de m’écrire pour le dire que mes informations n’étaient pas justes. La croix sciée me dit elle ne serait pas une croix en souvenir des victimes du Stalinisme puisque Anna Hutsol a elle même souffert du Stalinisme. (Cliquez sur la photo pour agrandir).
Malheureusement pour Safia, la croix sciée est bien une croix érigée en l’honneur des victimes du Stalinisme et franchement, heureusement qu’a l’Est de l’Europe tous les gens qui ont souffert du communisme ne scient pas de croix, car ils n’en resteraient pas beaucoup debout !
Reste que ce message commence donc sur un mensonge et est truffé de fautes, est ce digne d’une femme qui prétendait être une élue de la république, et donc représenter le peuple français?

Des Pussy Riot aux Femen, croisade contre les églises?

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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L’affaire Pussy Riot n’en finit pas de faire des vagues. Jamais le Main Stream Médiatique ne se sera autant déchainé contre la Russie “de Vladimir Poutine”. Les qualificatifs émotionnels n’ont pas manqué, la presse française n’a pas hésité à parler de Camp lorsqu’il n’était pas affirmé que la Russie réinventait le Goulag (au choix). L’objectif est clair, tenter d’accoler une rhétorique totalitaire pour faire monter la pression médiatique et choquer l’opinion internationale. Alors que de nombreux lecteurs m’ont écrit pour me demander ce qu’il en était des autres Pussy Riot masquées qui ont participé à l’action, qu’ils soient rassurés, celles-ci ne sont pas des agents du FSB qui ont participé à une provocation comme cela m’a été soufflé par un lecteur, elles sont bel et bien recherchées, au dernière nouvelles elles auraient même fui  le pays.  Le Main Stream ne cesse en outre de marteler que les jeunes femmes auraient été condamnées pour une prière anti-Poutine et ce malgré le fait que le juge et le jugement ne mentionnent pas ce fait.

Encore une fois on ne peut que constater que le Mainstream dirige de façon méthodique et obsessionnelle cette affaire vers la personnalité de Vladimir Poutine, un peu comme cela était le cas lors des incendies de 2010, ou l’offensive médiatique contre un pays en Flammes avait atteint un niveau d’agressivité sans précédent. De la même façon que le premier ministre était tenu pour responsable de chaque départ d’incendie en 2010, il est désormais tenu responsable de chaque condamnation dans le pays, surtout celles qui déplaisent  à  certains artistes Américains et Européens. Ces derniers n’ont-ils aucune autre priorité en tête ? A leurs yeux une condamnation à 14 mois de prison pour blasphème (2 ans moins la période de préventive déjà effectuée) justifie vraiment qu’ils prennent position contre ? Curieusement pourtant, on ne les entend pas lorsqu’au sein de l’Union Européenne, en Pologne, une célèbre chanteuse de pop est actuellement poursuivie et risque aussi deux ans de prison
ferme pour « simple » blasphème. Personne n’a l’air d’être choqué par le fait qu’en Allemagne des soutiens aux Pussy Riot ont envahi la cathédrale de Cologne. En Allemagne la loi prévoit que ces manifestants risquent jusqu’à 3 ans de prison, pour avoir perturbé un office religieux.

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Syrie : révolution ou coup d’état?

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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Alors que l’affaire Pussy Riot n’en finit pas de faire parler d’elle, la condamnation des 3 anarchistes masquées éclipserait presque la terrible guerre civile qui est en train de se jouer en Syrie. Alors que le printemps arabe de 2011 frappe nombre de pays au proche et moyen orient, la Syrie n’est pas non plus épargnée. Dès le début 2011, comme en Tunisie, un jeune Syrien du nom d’Hasan Ali Akleh s’immole par le feu.

 

Dès le mois d’avril 2011, la situation se complique sensiblement, des clashs violents opposent les manifestants à l’armée Syrienne. Malgré de nombreux gestes et mesures de l’état Syrien à cette période pour tenter de résorber les tensions sociales (baisse des taxes sur les produits alimentaires, embauche de fonctionnaires, non instauration de la TVA ou encore création de fonds sociaux pour aider les plus démunis…), la tension continue d’augmenter et les manifestations gagnent en intensité dans tout le pays. La Syrie connait durant ce printemps 2011 son printemps arabe.Dès l’été 2011 des soldats démissionnaires créent l’Armée Syrienne Libre (ASL), et les affrontements avec l’armée Syrienne deviennent meurtriers. A cette époque se crée également une hypothétique structure d’opposition : les comités locaux de coordination pour l’avenir politique de la Syrie, qui aboutiront à la création en octobre 2011 en Turquie du Conseil National Syrien (CNS), majoritairement sous domination des frères musulmans.

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Le point démographique de Juillet 2012

Les chiffres démographiques des sept premiers mois de l’année 2012 sont disponibles.
 
Le mois de juillet 2012 a vu un record avec 170.949 naissances, contre 155.221 en juillet 2011.
Accessoirement, Juillet 2012 restera comme le second mois record pour le nombre de naissances depuis 1991, juste derrière Aout 2011 avec
173.000 naissances.
Petit bémol, le nombre de décès est supérieur à Juillet 2011, 157.662 contre 155.997. Encore une fois la canicule est la cause principale puisqu’il a fait très chaud en Sibérie et dans l’Oural en Juillet : mortalité en hausse de 5.6% en Sibérie et de 10.9% dans l’Oural.

les décès par accident de circulation augmentent également, est ce lié à la très forte hausse d’achat de véhicules neufs en Russie?

 
Maintenant sur les 7 premiers mois de 2012:
1.076.688 naissances, contre 997.800 sur les 7 premiers mois de 2011, soit 78.888 naissances en plus.
1.120.328 décès contre 1.137.396 sur les 7 premiers mois de 2011, soit 17.068 décès en moins.

Sur les 7 premiers mois de 2011 la population russe avait naturellement diminuée de 139.596 habitants, contre une baisse de “seulement” 43.640 habitants pour les 7 premiers mois de 2012.Les plus fortes hausses démographiques ( en %) sont constatées :
– Oblast d’Omsk
– Oblast de Kalouga
– République des Mari-el
– Oblast de Nijni Novgorod
– Krai de Kranodar
– Ville de Saint Péterbourg

A noter que  les plus faibles hausses du nombre de naissances sont constatées en Chukotka et au Birobodjan, et que la baisse des naissances sur les 7 premiers mois de l’année ne concerne que le Caucase (-26,3% en Ingoushie et aussi -2% en Tchétchénie).

Avec le quasi certain très bon moins d’aout (sur un plan démographique) qui attend la Russie cette année, on peut désormais prévoir une baisse de population pour l’année 2012 d’environ 40.000 habitants, contre une baisse de 130.000 habitants
en 2011.

Quelques rappels sur les événements d’août 2008

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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Le mois d’août marque un bien triste anniversaire, celui de la guerre de 2008 qui a tragiquement opposé deux peuples voisins et orthodoxes: la Russie et la Géorgie. Cette guerre a éclaté pour diverses raisons, historiques et territoriales bien sur mais également à cause de la superposition d’aspirations géopolitiques contraires entre 3 entités bien distinctes : la Russie, la Géorgie et l’Ossétie du sud.
Le mainstream médiatique a longtemps présenté le conflit d’aout 2008 comme une manifestation de l’impérialisme russe sur ces anciennes
républiques et même un envahissement de la Géorgie par la Russie. Il est d’ailleurs intéressant de relire certains articles, par exemple ici, la ou encore ici. Malheureusement pour certains journalistes, le rapport Heidi commandé par la commission européenne confirmera en septembre 2009 la responsabilité de Tbilissi dans le déclenchement de ce conflit. Le comité d’enquête de la fédération de Russie est arrivé aux mêmes

conclusions en établissant que “En violation de toutes les normes internationales il y a eu de la part de la Géorgie une agression préparée, ouverte contre la population civile d’Ossétie du Sud, contre le contingent de la paix russe”. La Russie pourrait d’ailleurs saisir la Cour Pénale Internationale et poursuivre le pouvoir Géorgien. Cette responsabilité historique géorgienne est d’ailleurs également reconnue par de nombreux hommes politiques Georgiens, comme par exemple l’ex premier ministre Tenguiz Sigoua.

Cette guerre est une bonne illustration de l’incroyable imbroglio caucasien postsoviétique, des difficiles rapports de Moscou avec ses marches, mais aussi de la pression géopolitique et médiatique qui existe contre la Russie. Lors de l’effondrement de l’Union-soviétique en 1991, et dans un souci de cohésion nationale post indépendance, la Géorgie supprime le statut d’autonomie de l’Ossétie, statut acquis sous l’Urss. Dès 1991: un conflit militaire oppose l’état Georgien avec les indépendantistes ossètes souhaitant notamment le rattachement à la république d’Ossétie du nord, frontalière mais située dans les frontières de la fédération de Russie. Le conflit dura jusqu’en juin 1992 et aboutit à l’accord de Sotchi qui maintient l’essentiel du territoire Ossète sous contrôle des indépendantistes. Une force  d’interposition sous mandat de l’ONU fut créée, composée de troupes géorgiennes, sud-ossètes et russes, ainsi qu’une commission composée de Russes, Nord-Ossètes, Sud-Ossètes et Géorgiens sous la présidence de la CEI. La même année, un coup d’état a lieu et Édouard Chevardnadzé est nommé président du Conseil d’État, avant d’être élu président de la république en 1995 avec 74% des suffrages. Il conservera le pouvoir jusqu’en 2003 ou un nouveau coup d’état (une révolution de couleur) aboutira à l‘arrivée au pouvoir cette fois de Mikhaïl Saakachvili. Celui ci remportera l’élection présidentielle de 2004 avec pas moins de 96% des voix. Deux ans plus tard, en 2006, les autorités sud-ossètes qui contrôlent la région, votent leur indépendance, qui ne sera reconnue que par la Russie.

Mais parallèlement, les relations Russie/Occident se sont dégradées, notamment via la Géorgie. Pour Moscou, la révolution de couleur en Géorgie de 2004, pacifique mais parfaitement orchestrée, s’inscrivait dans une logique offensive occidentale, non militaire, mais visant à déstabiliser les marches russes. L’objectif de ces révolutions de couleurs pour le Kremlin est clairement d’organiser l’installation de nouveaux dirigeants politiques hostiles au Kremlin que ce soit en Serbie en 2000, en Géorgie en 2003 ou en Ukraine en 2004. Le président Bush qualifiera d’ailleurs lui-même la révolution de couleur en Géorgie de “séquence historico-politique modèle pour d’autres pays qui recherchent la liberté”. Moscou a aussi toujours affirmé que la mouvance terroriste et islamo-séparatiste qui opérait dans le Caucase a utilisé la vallée du Pankissi (en territoire Géorgien) comme base arrière, et ce avec une complicité plus ou moins passive de l’état Géorgien.

C’est dans ce contexte global difficile et très tendu que les événements d’août 2008 ont eu lien. Après plusieurs accrochages entre l’armée  Géorgienne et les milices indépendantistes Ossètes, les troupes géorgiennes ont lancé le 6 août un assaut militaire sur l’Ossétie. L’attaque fit 18 morts dans les forces russes de maintien de la paix de la CEI. La réponse de la Russie fut proportionnée et dès le 08 août l’armée russe rentra en Ossétie pour repousser l’offensive Georgienne.

Récemment le mainstream médiatique français a encore frappé puisque suite à des déclarations mal interprétées ou peut être simplement mal traduites, on a pu lire que: “Vladimir Poutine a assuré à la télévision russe que la guerre de Géorgie avait été préparée par un plan d’attaque dès 2006”. Ou encore que Vladimir Poutine “reconnaît avoir planifié la guerre en Géorgie” et que “L’invasion de la Géorgie avait été mise en point deux ans avant le conflit”. Malheureusement, cette transcription n’est pas complète, puisque le plan cité par le président russe n’est pas un plan d’invasion ou de déclenchement de conflit, mais un plan je cite de “réaction à une invasion militaire Géorgienne en Ossétie”: “У России был план реагирования на вторжение Грузии в Южную Осетию, признал сегодня Владимир Путин”.

La Russie savait évidemment via ses services de renseignement dès le 04 août, qu’une opération était envisagée dans les jours qui suivaient. A ce titre le 05 août, la Russie avait du reste mis en garde la Géorgie contre une intervention militaire en Ossétie. Le mois précédent, soit en Juillet 2008, les troupes géorgiennes ont tenu un exercice militaire dénommé “réponse immédiate” impliquant près de 2.0000 hommes. Le même mois, les troupes russes ont elle aussi mené des manœuvres d’entrainement avec prés de 8.000 hommes.

Beaucoup de commentateurs ont été visiblement choqués que la Russie reconnaisse avoir entrainé des milices Ossètes dès 2006. Il faut se souvenir qu’en 2006, les autorités sud-ossètes qui contrôlent la région, votent leur indépendance (qui ne sera reconnue que par la Russie) et souhaitaient aussi réintégrer la fédération de Russie et se réunifier avec l’Ossétie du nord, elle en territoire russe. Titulaire de passeports russes, les ossètes se sentent en outre fondamentalement comme un peuple de la fédération de Russie. A la même époque (en fait dès 2002) des centaines de conseillers militaires américains sont arrivés en Géorgie, pour entrainer les troupes Georgiennes soi disant à la lutte antiterroriste.
L’armée géorgienne, se préparant à une hypothétique adhésion à l’Otan dont le président Saakachvili avait fait une priorité, avait notamment lancé un très ambitieux programme militaire, visant à renforcer et développer l’armée. Elle a notamment reçu (entre 2004 et 2008) des  entrainements via des troupes militaires d’Amérique, de Turquie, de France, d’Israël, de la Pologne, d’Ukraine ou encore de Hollande.

Comment dès lors être surpris que les russes aient pu envisager divers scénarios dont une attaque sur l’Ossétie menée par une armée Géorgienne remise à niveau,  attaque  décidée par un leader politique qui a naïvement cru qu’il pourrait entrainer l’Otan dans une guerre contre la Russie?

L’Occident est-il trop complaisant avec les Pussy Riot ?

Les médias occidentaux se sont saisis de “l’affaire” Pussy Riot en pointant du doigt le déficit de liberté d’expression dans la Russie de Poutine. Une façon détournée pour tenter de renverser une Russie de plus en plus influente sur la scène mondiale ?

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Atlantico : Les médias se sont saisis de « l’affaire » Pussy Riot en pointant du doigt le déficit de liberté d’expression dans la Russie de Poutine. De même, des personnalités comme Madonna ou John Malkovich  ont adjoint leurs voix à la critique. Washington, Londres, Berlin, Paris ou l’OSCE vont dans le même sens. Comment expliquer un tel consensus, notamment dans les médias occidentaux ?

Alexandre Latsa : La Russie est sous le feu des critiques et sous forte pression médiatique de façon permanente depuis l’avènement de Vladimir Poutine. A la chute de l’URSS, la Russie est apparue comme un état faible, en totale décadence mais qui ne présentait plus de risques pour le nouvel ordre mondial américano-centré qui a émergé en 1991 dans les sables d’Irak, lors du fameux discours de Bush père. Mais depuis 2000 un autre scénario est en cours, avec la renaissance russe initiée en grande partie par Vladimir Poutine. La Russie s’est relevée selon un mode de développement non occidental, mais qui lui est propre. Elle représente aujourd’hui un nouveau pôle d’influence, de valeurs et surtout propose un nouveau mode de gouvernance qui n’est pas celui de l’ouest, alors que ce pays appartient à l’hémisphère nord. Continue reading

La Nouvelle Grande Russie de l’Effrondrement de l’URSS au Retour de Vladimir Poutine

Je signale a tous mes lecteurs qui en ont la possibilité la nécessite de se procurer le premier ouvrage de XAVIER MOREAU aux éditions Ellipses. Le livre est intitulé “La Nouvelle Grande Russie de l’Effondrement de l’URSS au Retour de Vladimir Poutine”.
Une très bonne et synthétique présentation en a été faite par Phillipe Miguault sur le site Affaires-Strategiques, présentation que vous pouvez consulter ici.
A lire pour bien comprendre la Russie des 20 dernières années.

Le point démographique de juin 2012 en Russie

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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Le thème de la crise démographique russe est en train de passer de mode. Curieusement en effet on trouve beaucoup moins d’articles sur la crise démographique russe. Il y a encore un an ou deux pourtant, nombre d’experts prévoyaient un effondrement total de la population russe, le pays étant menacé par une crise démographique sans précédent. La Russie lisait-on, était en outre une société ” trop fermée et conservatrice, pour accepter une réelle politique migratoire” et l’inertie des phénomènes démographiques était soit disant tel telle “qu’elle ne pourrait espérer renverser l’évolution”. Bien souvent, ces prévisions démographiques étaient totalement irrationnelles et émotionnelles, et basée sur des données ne prenant absolument pas en compte ni la structure sociologique de la population, ni les changements démographiques brutaux, eux-mêmes
liés à de brutaux changements sociopolitiques.

Il est vrai que le pays a traversé une crise démographique sans précédent. 1991 fut la dernière année ou le solde positif naturel (hors immigration) fut positif avec 1.794.626 naissances et 1.690.657 décès, soit une hausse de population de 103.969 habitants. Ensuite, la population commença à diminuer, malgré les énormes flux entrées/sorties qui accompagnèrent la recomposition géopolitique et humaine postsoviétique. Si l’on ne tient compte que des baisses annuelles naturelles de population (naissances – décès), la fédération de Russie a perdu 11.236.989 habitants sur la période 1991 – 2005. Bien sur, à cause des grands flux d’immigrations (le retour de millions de russes des républiques soviétiques et la forte immigration de populations issues de la CEI) la baisse a été atténuée et la population de la fédération de Russie a diminué de « seulement » 5.280.000 sur la même période.

De 1991 à 2005, la baisse naturelle de population a été de 11.236.989 habitants soit une baisse annuelle moyenne de 802.642 personnes.
De 2005 à 2009, la baisse naturelle de population (naissance-décès) a été de 2.614.811 habitants soit une baisse annuelle moyenne de 522.960
habitants.De 2009 à 2011, la baisse naturelle s’est élevée à 619.687 habitants soit une baisse annuelle moyenne de 206.429 habitants.

Dès 2003, les autorités russes ont estimé que le problème démographique était l’un des principaux problèmes de la Russie. A partir de 2005, la baisse naturelle de la population a commencé à ralentir, d’abord grâce à l’amélioration de la situation économique, mais également parce que les nombreux enfants nés dans les années 80 sont désormais en âge de se reproduire à leur tour. En 2005 l’Etat a aussi lancé un programme national “santé” confié à Dimitri Medvedev, alors vice-Premier ministre en charge des projets nationaux prioritaires. Destiné à relancer la natalité et faire baisser la mortalité, ce new-deal démographique a eu de bons résultats.

Quelques chiffres pour bien comprendre les très fortes variations de ces dernières années:
– Entre 1999 et 2011, le nombre de naissances est passé de 1.214.689 à 1.796.629 et le nombre de décès de 2.365.826 en 2003 à 1.925.720 en
2011.
– Le taux de fécondité, qui était de 2,02 enfants par femme en 1989 est tombé a 1,15 enfants par femme en 1999, pour remonter à 1,61 enfants
/ femme en 2011.
– De 1991 à 2005, soit sur 14 ans il y a eu officiellement 34.978.220 avortements, soit une moyenne annuelle de 2,5 millions d’avortements
(sources ici et la).

De 2005 à 2011, soit sur 7 ans, le nombre d’avortements a été de 9.590.573 soit une moyenne annuelle de 1,370 millions. Néanmoins la diminution du nombre d’avortements est entamée, puisqu’il y a eu 1.675.693 avortements en 2005, contre 989.375 en 2011. Curieusement, ce
véritable génocide est passé sous silence par la très grande majorité des commentateurs.
Enfin, grâce à une immigration contrôlée et plus ou moins stabilisée à 250.000/300.000 entrées annuelles, la population a légèrement augmenté en 2009 (+30.000), stagné en 2010, et augmenté en 2011 (+190.000), pour s’établir à 143 millions d’habitants le 01 janvier 2012.

Que se passe t-il en 2012?
Les chiffres des 6 premiers mois de l’année sont disponibles et confirment clairement la tendance en cours. Le premier semestre 2012 à vu 905.739 naissances contre 842.579 naissances pour le premier semestre 2011 (+7.5%), et 962.666 décès contre 981.399 décès pour le premier semestre de 2011 (-1.9%).La baisse naturelle de population pour le premier semestre 2012 est donc de 56.927 habitants, contre une baisse de 138.820 habitants pour le premier semestre 2011.Il est intéressant de regarder les statistiques démographiques des 12 derniers mois, soit la période allant de juillet 2011 à juin 2012. Sur cette période il y a eu 1.856.988 naissances et 1.906.303 décès, soit une baisse naturelle de population de 49.315 personnes.

Comme je le prévoyais en décembre dernier, 2012 devait donc voir plus d’1,8 millions de naissances et moins d’1,9 millions de décès, et ainsi une baisse de population probablement autour de 50 ou 60.000 habitants, contre une baisse de 130.000 habitants en 2011, de 240.000 en 2010 et de 290.000 en 2009.

Le taux de fécondité devrait donc avoisiner pour 2012 les 1,7 ou 1,75 enfants par femme et l’espérance de vie d’un bébé qui nait cette année est désormais de 70 ans soit au niveau de pays de l’Union Européenne (Roumanie ou Pays Baltes…).
La baisse de la mortalité et des avortements, la vraisemblable hausse des naissances (ou du moins leur stabilisation), couplée à un solde migratoire qui reste stable et positif, font que la population ne devrait vraisemblablement plus baisser mais même sensiblement augmenter
d’ici 2020. On peut donc parfaitement imaginer que la population russe atteigne 145 ou 146 millions d’habitants en 2020, ce qui correspond à la
version haute des pronostics démographiques publiés par Rosstat.

La Russie dans la lumiere

Laurent Brayard de la voix de la Russie a eu la gentillesse de m’interviewer sur ma vision du monde et de la Russie.
Vous pouvez lire l’interview sur l’excellent site de Voix de la Russie : ici !
Je reproduis le texte ci dessous

Laurent Brayard, La Voix de la Russie: Bonjour Alexandre Latsa et merci d’accepter de répondre à quelques unes de nos questions, tout d’abord pour situer le personnage, vous êtes journaliste et blogueur vivant en Russie depuis bientôt cinq années, présentez-vous un peu s’il vous plaît pour nos lecteurs.

Alexandre Latsa : « Bonjour Laurent. Oui je suis français, âgé de 34 ans, cela fait bientôt 5 ans que je réside en Russie. Je dirige une société de conseil en ressources humaines et suis également journaliste pour l’agence de presse RIA-Novosti ».

La Voix de la Russie : Nous disions donc que vous étiez blogueur et vous avez entamé déjà il y a un moment cette aventure, pouvez-vous nous dire pourquoi et dans quel but ?

Alexandre Latsa : « Tout d’abord je dois dire que je m’intéresse depuis très longtemps à la Russie. Dès la guerre en Serbie en 1999 j’ai porté une grande attention à la façon dont la Russie était présentée par le Main Stream médiatique français.

Un soir, au moment des élections législatives russes de 2007, des amis français dinaient chez nous, en France. Ils m’ont posé des questions totalement absurdes sur les élections en Russie. Avec mon épouse nous envisagions déjà notre départ en Russie dans les mois suivants et j’ai alors décidé d’ouvrir un blog pour informer ces amis de ce qui se passait en Russie mais également pour accompagner mon déménagement en Russie. Mon premier post concernait le résultat des élections législatives de décembre 2007 !

Puis le blog s’est transformé en une sorte de descriptif de la Russie telle que je l’observe, et cette vision n’est absolument pas la même que celles que nos médias nationaux retransmettent. Peu à peu le blog s’est enrichi et Dissonance est entièrement consacré à la « Russie d’aujourd’hui ». Les thèmes que j’y développe sont la démographie russe, la géopolitique de l’Eurasie, les rapports Russie-Union Européenne, la désinformation médiatique et les mythes russophobes. Je tente aussi d’enrichir le blog avec les photos de mes voyages en Russie ». Continue reading