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Réponse aux intellectuels français du café de Flore

L’article original a ete publié sur le site dVoix de la Russie
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Dans une tribune publiée le lundi 22 octobre dans le journal Le Monde, des politiques et intellectuels français ont appelé ouvertement à une intervention militaire occidentale en Syrie, pour abattre le régime de Bashar-El-Assad. Le texte, signé par Jacques Bérès, Mario Bettati, André Glucksmann, Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy est l’aboutissement d’une pensée politique Occidentale, Americano-centrée, qui associe les notions de « droit d’ingérence » et « d’occident gendarme de la planète ». L’article arrondit des chiffres invérifiables. BasharElAssad aurait fait assassiner 40.000 personnes (!), alors que ce chiffre est visiblement le total des morts, comprenant quand même les milliers de soldats Syriens et de civils assassinés par ceux que les auteurs de l’article osent qualifier « d’opposition Syrienne ». Il est sans doute inutile de revenir sur le parallèle grossier et irresponsable qui est fait entre la Syrie et la Libye, puisque désormais tout le monde sait que la Libye d’aujourd’hui ne mérite même plus le nom d’état, tellement elle est gangrenée par l’Islamisme radical, la violence et les volontés séparatistes. Il faut aussi noter, dans cet article, le ridicule parallèle historique fait entre la Russie de Vladimir Poutine qui soutient la Syrie et l’époque ou Mussolini et Hitler armaient les putschistes de Franco pendant la guerre d’Espagne. Mais les choses, observées depuis le café de Flore, paraissent simples : il faut que les puissances occidentales interviennent militairement.

Pour nos va-t-en guerre, « Le Conseil de sécurité de l’ONU étant paralysé par les vetos russe et chinois, n’importe quelle autre alliance est justifiée pour arrêter les rivières de sang qui coulent dans les villes syriennes (…) L’OTAN, l’UE, la France, les Etats-Unis devraient donc cesser de se dérober et enfin organiser une aide décisive à la Syrie démocratique ». Ceux qui s’opposent à une intervention militaire occidentale s’inquiètent eux du sort qui pourrait être réservé aux minorités chrétiennes, alaouites, druzes, ismaélites, turkmènes, arméniennes, après un changement de régime en Syrie, et des risques de déstabilisation pour les pays voisins, Turquie, Liban, Jordanie et Israël. Mais par ailleurs, le véto russo-chinois au conseil de sécurité de l’ONU est peut être bien un soulagement pour les puissances occidentales qui hésitent, face à la complexité de la situation dans la région. Est-ce qu’il s’agit du début d’un grand affrontement entre Islam chiite et Islam sunnite ? Quelles sont les rivalités entre l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie ? Quel est le rôle exact du Qatar qui vient de briser l’isolement diplomatique du Hamas dans la bande de Gaza et surtout soutient l’internationale Djihadiste qui combat l’armée Syrienne ?
Ceux qui poussent à une intervention occidentale en Syrie se servent également de l’arme médiatique pour ranger le régime syrien dans « l’axe du mal ». Tout comme la Serbie en 1992, la Syrie est elle aussi victime d’une guerre de désinformation de très haute intensité et se retrouve menacée d’une agression militaire. Mais alors qu’Alep est présentée comme une ville en ruines et en sang par toute la presse occidentale (« des rivières de sang » disent nos va-t-en-guerre), un article récent explique qu’en fait la capitale économique du pays était largement aux mains du régime et que de nombreux quartiers de la ville n’étaient même pas touchés par les combats. Mieux encore, le reporter ébahi y constate que le marché fonctionne et que la liaison par bus avec Damas n’est pas coupée. Malgré toute la propagande déployée et l’offensive  ubventionnée de milliers de mercenaires islamistes, ni l’attaque de Damas ni la bataille d’Alep n’ont pourtant abouti a déstabiliser le régime Syrien.

Quel bilan tirer des dernières élections en Fédération de Russie?

L’article original a été publié sur RIA-Novosti
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Dimanche 13 octobre des élections ont eu lieu dans 77 circonscriptions de la Fédération de Russie. Au total 4.848 scrutins divers et référendums de différents niveaux se sont tenus dans près de 27.000 bureaux de vote. Ces élections étaient attendues avec impatience par l’opposition et sans
doute avec une certaine inquiétude par le pouvoir russe. Il s’agissait en effet des premières échéances électorales depuis les grandes manifestations d’opposition de l’hiver dernier, et les résultats mitigés de Russie Unie aux législatives de novembre, mais également depuis la
présidentielle de mars 2012 qui a vu la tonitruante victoire de Vladimir Poutine avec 63% des suffrages au premier tour.

Enfin et surtout, ces échéances étaient attendues avec beaucoup d’attention et de curiosité par les commentateurs russes et étrangers. C’était l’occasion de tester à grande échelle l’état des rapports de force entre le pouvoir et l’opposition, la côte d’amour de Russie Unie dans la population, mais également de mesurer la capacité de mobilisation et d’attrait des candidats de l’opposition anti-Poutine. Une circonscription était principalement sous le feu des projecteurs: l’élection pour le poste de maire de la ville de Khimki, une petite bourgade de 200.000 habitants, limitrophe de Moscou au nord ouest.Ancien centre de l’aérospatiale soviétique, la ville est désormais plus célèbre pour sa belle forêt et sa médiatique candidate écologiste d’opposition Evguenia Chirikova. Cette dernière souhaite en effet faire interdire un projet d’autoroute Moscou – Saint Pétersbourg, prévoyant qu’un tronçon passe notamment par la forêt de Khimki, projet d’autoroute convoité par le groupe français Vinci.
Evguenia Chirikova, figure de l’opposition russe et des manifestations de contestation de l’hiver dernier contre Vladimir Poutine, se présente volontairement comme une candidate Écologiste et patriote (nationale-démocrate?) mais également pro-occidentale, comme en témoignent certaines vidéos troublantes de ses visites à l’ambassade américaine à Moscou.

Malgré le très haut niveau de soutien médiatique dont la candidate a bénéficié dans la presse française, les lettres de soutien du parti écologiste français ou les invitations à Paris 16ieme rien n’y a fait: les électeurs russes ont choisi de ne lui attribuer que 20% des suffrages. En face, le candidat de Russie Unie et actuel maire Oleg Chakhov a lui recueilli 48% des voix au premier tour. Avec 3.000 observateurs pour 72 bureaux de vote, on imagine mal comment les sempiternelles accusations de fraudes pourraient désormais être prises au sérieux par qui que ce soit. Les résultats de l’élection sont du reste conformes aux prévisions des derniers sondages avant élection qui donnaient 41% à l’actuel maire et 16% à Tchirikova.

Mais cette journée électorale avait un autre intérêt: l’élection des gouverneurs de région. Depuis 2004, ils étaient nommés (comme les préfets en France), mais une loi d’avril dernier a réinstauré leur élection au suffrage universel direct, il s’agissait du reste d’une des revendications des manifestants de cet hiver. Le pouvoir russe peu donc désormais dormir tranquille et remercier l’opposition. Les scores obtenus par Russie Unie sont plus que conséquents, avec respectivement 77%, 76,64%, 65%, 64,43% et 75,95% soit une moyenne de 71.8% des voix dans les régions concernées. Le parti dominant de la scène politique russe depuis 2001 conforte sa position. Le même jour des élections parlementaires locales ont également eu lieu dans 6 sujets de la fédération de Russie, élections qui ont également vu la victoire de Russie-Unie avec respectivement 50,2%, 78%, 44,9%, 53,2%, 69,7% et 70,9% soit une moyenne de 61%. A noter que si le parti communiste reste le principal parti d’opposition, c’est le parti Patriotes de Russie (parti nationaliste de gauche) qui apparaît comme la grande surprise de ce scrutin, avec 26,4% des voix aux élections parlementaires d’Ossétie du nord et 12,5% a l’élection municipale de Kaliningrad, remportée par le maire Russie Unie avec 56,84% des voix.

Pour l’opposition libérale issue des manifestations de l’an dernier, la défaite de Khimki pèsera sans doute lourd dans l’avenir. De plus, l’un des leaders de cette opposition, le radical de gauche Serguey Udaltsov, vient d’être mis en examen après avoir été filmé à son insu en discussion avec des hommes d’affaires géorgiens lui proposant des financements d’oligarques russes en exil à Londres pour organiser des désordres en Russie afin de faire vaciller le pouvoir russe. A titre d’information pour les lecteurs non russophones, il aurait été question, d’après ce reportage, d’attentats terroristes à Moscou, de faire sauter des voies ferrées pour isoler des villes ou encore de la prise de pouvoir par le biais d’une révolution locale de couleur à Kaliningrad.Sans doute assez abattus par les résultats électoraux de leurs candidats, Bolotnaiens et Sakharoviens ont décidé d’élire un “Parlement fantôme” ce week-end lors d’un vote sur internet, en fait 45 membres d’un nouveau conseil de coordination de l’opposition. Moins de 200.000 personnes se sont inscrites pour cette cyber-élection qui n’a rencontré de soutien qu’à Moscou, tant il est vrai que l’idée de faire voter par Internet ne concerne pas encore (loin s’en faut) la majorité de la population russe et s’avère donc sans doute une grave erreur stratégique. L’une des figures de l’opposition, Ilya Ponamarev, l’a lui-même reconnu: “Seuls les libéraux voulaient utiliser Internet, résultat: on a fait fuir les électeurs de gauche”.

Sans surprise donc ces élections ont vu la victoire des tenants de l’idéologie nationale-démocrate (en la personne d’Alexeï Navalny) devant les libéraux Bykov et  Sobtchak. Des résultats qui prouvent que le qualificatif “d’Ipadshikis” ou de “Hamsters du net” est non seulement adapté a cette coalition politique mais que surtout ils s’éloignent de plus en plus des convictions politiques de la base et du peuple russe, qui lui oriente de
plus en plus son vote (en dehors de Russie Unie) vers des partis politiques de gauche, étatistes et souverainistes comme viennent de le prouver les bons scores du parti communiste et l’émergence du mouvement” patriotes de Russie”.

Commentant le résultat des élections à Khimki, l’écrivain franco-russe Edouard Limonov (pourtant viscéralement anti-Poutine) tirait la conclusion suivante: “Cette élection a prouvé que les idées de Bolotnaia ne sont pas populaires au delà de la rocade extérieure de Moscou”. Et si la génération Bolotnaia ne pouvait tout simplement pas politiquement exister ailleurs qu’à Moscou centre?

La faillite des révolutions colorées

L’article original a été publié sur le site de RIA-Novosti
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Ce titre est le titre d’un texte paru en mars 2010, sous la plume de l’excellent analyste français Xavier Moreau, par ailleurs responsable de Realpolitik-TV Russie. A l’époque le texte  qualifiait l’arrivée au pouvoir du président ukrainien Viktor Ianoukovich de nouveau revers pour la politique américaine dans la région. L’élection ukrainienne de 2010 était en effet un test grandeur nature pour juger de l’aptitude d’un “régime issu d’une révolution de couleur” à pérenniser la direction politique et économique d’un pays sur la durée. Force a été de constater que ce test n’a pas été passé par les Orangistes du président Iouchenko. Moins de 6 ans après son élection ce candidat fantoche n’a en effet obtenu que 5% des voix à l’élection permettant aux électeurs de juger son premier mandat. Seulement deux ans plus tard, l’égérie de la révolution de couleur orange Ioulia Timochenko est elle en prison pour abus de pouvoir, tandis que le pouvoir ukrainien actuel semble en bonne position pour être conforté politiquement aux prochaines élections et ainsi mettre un terme définitif à la brève séquence historique “orange ukrainienne” (2004-2010). Est-ce le signe que l’Ukraine pourrait rapidement choisir de rejoindre l’Union Eurasiatique au lieu de l’Union Européenne?

La première de ces révolutions de couleur date de 12 ans et a frappé la petite Serbie. Des 1999, une campagne militaire de l’OTAN vise la république fédérale de  Yougoslavie. Après la campagne militaire, une fois mis au banc de la communauté internationale, le pays devient à la fois le théâtre d’opération et la cible d’une  extraordinaire opération de manipulation médiatique et politique, qui entrainera le renversement du régime Milosevic. Ce coup d’état démocratique est la fameuse  révolution de tracteurs, la première des révolutions de couleur qui va frapper l’Eurasie et les marches politiques russes durant la première moitie des années 2000. La Géorgie en 2003, l’Ukraine en 2004, la Kirghizie en 2005, la Moldavie en 2009, la Biélorussie en 2010 ou la Russie en 2011, nombre d’Etats seront visés par ces révolutions d’un nouveau genre.

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Sarkozy et la demographie russe…

L’ancien président français Nicolas Sarkozy  a jeudi dernier fait son premier discours a New York depuis qu’il a quitté l’Élisée il y a cinq mois. Nicolas Sarkozy était l’orateur d’une conférence privée, fermée à la presse, organisée par la banque d’investissement brésilienne BTG Pactual, au Waldorf Astoria, luxueux hôtel de Manhattan. Le site French Morning a retranscris le gros de son intervention, avec beaucoup d’humour,  puisque précisant que: “Arborant sa nouvelle barbe de 3 jours, Nicolas Sarkozy semblait “un peu tendu” au début de son allocution témoigne un des convives du déjeuner. Selon une source proche des organisateurs, le cachet qu’il a touché avoisinerait les 120.000 dollars, une somme très inférieure aux 250.000 qu’exige Bill Clinton “mais très respectable compte-tenu qu’il ne parle pas anglais”, précise cette même source.

J’incite mes lecteurs a lire ce texte de l’ex président et sa vision d’une Europe incluant désormais la Turquie et qui déclare préférer le Brésil et la Norvège. Quand a la Russie, que le président français imagine dans une Europe élargie avec la Turquie, Anatoly Karlin et Graig Willy m’ont fait remarqué cette phrase assez surprenante de l’ex président Français.”La Russie est profondément un pays européen. La Russie, c’est un pays qui est grand comme deux fois et demi les États-Unis d’Amérique, dont la superficie est 46 fois la superficie de la France, et qui perd près d’un demi-million d’habitants chaque année“.

La dernière fois que la Russie a perdu 500.000 habitants en une année c’était en 2006. Observons depuis les tendances démographiques naturelles hors immigration. J’y ajoute en rouge ma prévision pour l’année en cours, sachant que sur les 8 premiers mois de l’année 2012 la population n’a baissé “que” de 20.000 habitants.

2007           1.610.100        2.080.400         -470.300
2008           1.717.500        2.081.000         -363.500
2009           1.764.000        2.010.500         -246.500
2010           1.789.600        2.031.000         -241.400
2011           1.793.828        1.925.036        -131.208

2012           1.820.000(?)   1.880.000 (?)    – 70.000

Si on regarde la population russe en prenant en compte l’apport migratoire, la population russe est stable depuis 2003 ! 🙂
143,114,000 au 1ier janvier 2003 et  143,141,953 au 1ier janvier 2012.

Pourquoi Vladimir Poutine?

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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Récemment ma mère a croisé une de ses amies dans le rayon fromage du supermarché de la capitale dans laquelle elles résident toutes les deux.   Cette amie est une française d’environ soixante ans, catholique et d’un bon niveau social. Elle a beaucoup voyagé, surtout en Europe et c’est une personne plutôt ouverte d’esprit. Celle-ci donc, croisant ma mère, lui demanda la chose suivante: “ce n’est pas trop dur pour ton fils en Russie avec Poutine”?

 
L’homme vient justement de fêter ses 60 ans dimanche dernier. Soixante ans c’est seulement deux ans de plus que François Hollande ou François Fillon, et 3 ans de plus que Nicolas Sarkozy. Pour un homme politique européen c’est convenable. Pourtant Vladimir Poutine a déjà derrière lui une carrière politique impressionnante: deux mandats de président et un de premier ministre, soit déjà 12 ans à la tête du plus vaste pays du monde, désormais sixième économie de la planète. Continue reading

L’Union eurasiatique entre deux mondes

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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Plusieurs événements récents, passés relativement inaperçus pourraient pourtant avoir des conséquences importantes pour l’avenir du continent européen. Le premier est la décision politique de la Bulgarie  de renoncerà poursuivre les négociations d’entrée dans l’Euro. Le plus pauvre despays de l’UE a pourtant enregistré une croissance positive en 2011 (1,7%) et sa croissance devrait être sensiblement équivalente en 2012également. Comme le ministre des finances bulgare l’a clairement résumé:

“Je ne vois actuellement aucun bénéfice à entrer dans la zone euro, seulement des coûts (…) C’est trop risqué pour nous et il n’est pas évident de savoir quelles sont les règles et ce qu’elles seront dans un an ou deux“.
Même tonalité dans les propos récents du ministre des finances polonais qui semble renvoyer à plus tard la perspective d’une entrée dans la zone euro en affirmant que: “Je n’aimerais pas emménager dans une maison où des éléments architecturaux, c’est-à-dire des éléments essentiels de la rénovation, n’ont pas été réalisés ; où le danger existe qu’un mur nous tombe dessus“. Dans le Nord de l’Europe, la Lettonie et la Lituanie ont également sensiblement différé leurs calendriers d’adhésion à la monnaie unique, ce qui traduit bien leur inquiétude face à la crise que connait l’UE.

Le point démographique de Aout 2012

 

Les résultats démographiques pour les 9 premiers mois de 2012 sont disponibles et confirment la forte amélioration de  la situation en Russie.

Aout 2012 a vu un record de 176.323 naissances contre 173.166 en aout 2011.
La mortalité est elle de nouveau en baisse, avec 153.863 décès contre 162.424 en aout 2011.
En aout 2012 la population russe a donc augmenté de  22.460 citoyens 🙂

Maintenant sur les 9 premiers mois de l’année 2012 il y a eu 1.253.011 naissances contre 1.170.966 sur les 9 premiers mois de 2011, soit une hausse de 7%!
La mortalité est elle en baisse également, avec 1.274.191 décès contre 1.299.820 sur la même période en 2012, soit une baisse de 2%.

Résultat des courses, avec 1.253.011 naissances et 1.274.191 décès depuis le début de l’année, la population russe a baissé de 21.180 habitants, contre une baisse de 128.854 habitant sur la même période en 2011.

Vers la Pax euro-asiatica?

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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“Il est important de bâtir des ponts et non des murs”.
Vladimir Poutine, sommet de l’APEC, 09 septembre 2012.

Vladivostok (ville que les lecteurs de RIA-Novosti connaissent déjà un peu), a accueilli les 8 et 9 septembre le 24ème sommet de l’APEC.

L’APEC ou Coopération économique pour l’Asie-Pacifique a été créée en 1989. C’est un forum économique visant à faciliter la croissance économique, la coopération, les échanges et l’investissement de la région Asie Pacifique. L’APEC comprend 21 membres, principalement des états du pourtour pacifique dont la Russie et la Chine, bien que de nombreux état d’Asie et d’Amérique du sud cherchent à intégrer l’APEC, que l’on pense à l’Inde, à la Mongolie, au Pakistan, au Laos, au Bangladesh, au Costa Rica, à la Colombie, au Panama ou encore à l’équateur. En 2012 les membres de l’APEC représentent 40% de la population mondiale, 54% du PIB de la planète et 44% des échanges économiques.

 Pour la Russie qui organisait pour la première fois un sommet de l’APEC, le symbole était important. Vladivostok est en effet une citadelle russe au bord du pacifique, face à l’Asie. Alors qu’1/4 du territoire russe se trouve en Europe, l’Europe pourtant en crise, correspond à plus de 50% des échanges économiques extérieurs de la Russie. A l’inverse, les ¾ du territoire russe situés en Asie ne correspondent aujourd’hui qu’à ¼ de ses échanges commerciaux extérieurs.

Bien consciente des nécessités à équilibrer leur partenariat économique entre l’Est et l’Ouest, les autorités russes semblent donc réellement décidées à miser sur la carte Asie/Pacifique, le président russe affirmant qu’il s’agissait “d’une des priorités de la politique étrangère du pays”. Signe de ce basculement entamé depuis la crise financière de 2008 et bien que les échanges économiques avec l’UE aient considérablement augmenté durant la dernière décennie, c’est la Chine qui est devenu le principal partenaire économique de la Russie en 2009, devant l’Allemagne.

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Chypre: vers une base russe en Méditerranée?

L’article original a ete publié sur le site de RIA-Novosti
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L’agence RIA-Novosti indiquait il y a quelques jours que le nombre de Russes ayant effectué des déplacements à l’étranger au cours des six premiers mois de l’année avait atteint 19,8 millions (soit une hausse de 6% par rapport au premier semestre 2011), et que le nombre de touristes avait lui aussi augmenté, passant sur 6 mois à 6,47 millions, soit une hausse de 6,6%. Parmi ces 6,47 millions de touristes russes, les 2/3 ont visité des pays lointains et seulement 1/3 la CEI.

  J’ai déjà il y a près d’un an donné les grands traits des comportements touristiques russes. Bien sur les  Russes recherchent avant tout chaleur et lumière, puisque plus de 35% des touristes Russes partent à l’étranger en bord de mer. Pour cette raison les destinations prisées sont la Turquie (936.400 touristes) et l’Egypte (804.000), qui proposent évidemment des solutions accessibles pour la classe moyenne russe. Derrière, la Chine reste la troisième destination la plus fréquentée par les touristes russes avec déjà 572.700 touristes en 2012. L’Espagne est également une destination très appréciée et devrait cette année voir plus d’un million de touristes russes. Continue reading