Author Archives: Alexandre Latsa

About Alexandre Latsa

Frussien, père de famille, chef d’entreprise à Moscou, entrepreneur géopolitique et russophile positif. Co-auteur du livre “Putin’s new Russia” (en anglais et en russe) et auteur du livre “Mythes sur la Russie“, disponible lui uniquement en russe et un “Printemps RUSSE” disponible en Francais. Ce journal d’un Frussien traite de la Russie. Vous pouvez me contacter par email : alexandre.latsa@gmail.com, Ou me suivre sur Twitter https://twitter.com/Frussien Instagram https://www.instagram.com/frussien/ Telegram https://t.me/alexandrefrussien

Un occidental à du mal à apprendre des règles différentes de celle en vigueur chez lui

Directeur Russie de Safran depuis près de 5 ans, Patrick Barraquand est un fin connaisseur du secteur de l’aéronautique, qu’il pratique depuis bientôt 20 ans. Cette expérience solide et son profil singulier – normalien, économiste de formation et spécialiste de la politique monétaire, il a commencé sa carrière dans l’aide au développement et a derrière lui un long parcours à l’international –, lui permettent de porter un regard aussi informé qu’inhabituel sur le marché russe.
Il a bien voulu expliquer au Courrier de Russie comment marche la Russie pour un opérateur tel que Safran, société au large portefeuille d’activités qui intervient dans des domaines aussi pointus que sensibles : aéronautique, défense, sécurité. Aujourd’hui en position de cueillir les fruits déjà mûrs d’une coopération de longue date avec Sukhoï avec la mise sur le marché du SuperJet 100, Safran voit aussi s’ouvrir de nouvelles perspectives prometteuses en Russie.
 
Le Courrier de Russie : Les négociations entre la France et la Russie sur la vente du Mistral, on l’a vu lors de la dernière visite de Poutine à Paris, piétinent, achoppant sur la question récurrente des transferts de technologie, toute la question étant de savoir si la France va finalement vendre une coque « toute nue », ou « habillée » d’équipements militaires porteurs de technologies transférables. Comment voyez-vous les choses, et en quoi Safran est-elle précisément concernée, directement ou indirectement, par ces tractations ?
Patrick Barraquand : Le Mistral, c’est incontestablement une opportunité, et il y a aujourd’hui une nette avancée au regard de la situation d’il y a deux ans. Le fait que l’on envisage désormais de livrer à la Russie, de produire et même de coproduire des équipements militaires, reflète un changement géostratégique majeur. Les interviews données récemment et les discours prononcés par les autorités russes le prouvent. Dans l’exposé qu’il a fait dernièrement à Satory, le vice-ministre russe de la Défense Vladimir Popovkin a été clair : le tabou des achats extérieurs en équipement des forces russes doit tomber, et la Russie doit s’aligner sur des pratiques désormais universelles. Tous les systèmes militaires au monde sont obligés de renoncer à la production 100% maison, et contraints de faire appel à des technologies étrangères.
Ce cadre général, pour Safran, signifie d’abord que la voie est ouverte. La société intervient en outre sur certains équipements en navigation, détection, infrarouge, qui pourraient faire l’objet de commandes directes dans le cadre de la commande du Mistral.
LCDR : Comment Safran a-t-elle abordé le marché russe, et quelle vision en retirez-vous sur le fondement de votre expérience ?
P. B. : On est aujourd’hui sur un marché civil qui n’est pas déterminé par le cadre géostratégique, bien qu’il soit lié à la bonne qualité des relations interétatiques. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fallait commencer par là. Il est vrai cependant que le marché de la défense reste pour nous prépondérant, et que nous sommes favorisés, ainsi que les autres acteurs français du secteur, par la qualité des relations établies. Le troisième marché, c’est celui de la sécurité, aujourd’hui porteur en Russie comme à l’échelle du monde entier, et sur lequel le groupe Safran dispose là aussi de toute la gamme des technologies actuellement disponibles. Nous sommes là à un stade embryonnaire du développement en Russie, et ce grand pays qui a des besoins importants en matière de sécurité est très prometteur.
 
LCDR : Que peut-on dire des spécificités du marché russe en termes de cadre de négociation, toute dimension géostratégique mise à part ?
P. B. : Il se trouve que la stratégie de Safran est naturellement fondée sur la coopération industrielle, et que nous sommes toujours d’accord pour parler partage en général : des charges de développement, des technologies, des activités de production et des marchés. C’est le mode de développement international privilégié du groupe dans le monde, et dans la mesure où cela correspondait à la vision des autorités russes, nous avons été choisis pour le moteur – et pas seulement – de l’avion SuperJet 100, et nous pouvons espérer être en bonne position sur le marché en développement des technologies de défense, et développer notre présence dans notre troisième domaine d’intervention, celui des technologies de sécurité.
Pour parler spécificité du marché, on peut dire qu’en Russie on peut très bien réussir, mais à la condition d’être massivement présent. C’est un pays très difficile à aborder sur la base de simples échanges commerciaux. Il y a un certain nombre de barrières, linguistiques, de tradition industrielle, psychologiques, qu’il n’est possible de dépasser qu’à partir d’une certaine masse critique. C’est ce que nous avons pu faire grâce au projet SaM 146 [moteur du SuperJet, ndlr].
Une masse critique, c’est une quantité suffisante de gens connaissant assez bien le pays pour conduire les discussions, un minimum de gens connaissant la langue, et un certain nombre de gens assez acculturés pour y être efficaces professionnellement tout en y vivant, ce qui demande du temps. Il faut enfin un apprentissage de l’ensemble des petites règles écrites et non écrites, culturelles, administratives, juridiques, comptables, bancaires, financières, qui, comme dans tout pays, constituent autant d’obstacles quand elles sont mal connues.
 
LCDR : La Russie a la réputation d’être un pays difficile du point de vue administratif.
P. B. : Je considère pour ma part que la complexité perçue vient du fait qu’un Occidental a du mal à apprendre des règles très différentes de celles qui sont en vigueur dans son pays, aux plans comptable et bancaire notamment, et tout cela dans une langue administrative qui lui est difficile d’accès. C’est une difficulté relative à nos propres capacités, et non intrinsèque. La fiscalité russe est plus simple que l’européenne, par exemple.
 
LCDR : Et au niveau du cadre de négociation, alors ?
P. B. : C’est un propos banal, mais je crois que les Européens, de façon générale, sous-estiment énormément la différence culturelle et le poids des mécontentements qui peuvent naître notamment des différences de tradition professionnelle au niveau de l’exécution quotidienne. La gestion de la production industrielle à la russe est très éloignée de la manière française. Il est donc indispensable d’avoir des passeurs de part et d’autre, c’est-à-dire des gens décidés, entraînés, formés et capables de faire une partie du chemin.
Quand une politique de coopération est suffisamment massive en termes de temps, d’argent, d’enjeux et de visibilité, on finit toujours par trouver un terrain d’entente. Les tests sur des objets non essentiels, peu coûteux et pas assez visibles sont voués à l’échec, comme de nombreuses entreprises françaises qui n’ont pas osé ou pas su atteindre la masse critique en ont fait l’amère expérience.
L’analyse stratégique conduite il y a quelques années déjà par les dirigeants actuels de Safran a établi qu’il y avait trois ingrédients nécessaires dans le secteur de l’aviation en Russie : un niveau technologique suffisant de l’interlocuteur, la capacité de financer l’effort, et enfin un marché domestique de taille suffisante. La Russie répond aux trois critères, avec un bon niveau de compétences, un Etat qui a tenu tous ses engagements, et un client de lancement pour le SuperJet 100, Aeroflot, susceptible d’asseoir la mise en place du programme.
 
LCDR : Et le forum, qu’en attendez-vous ? Des discussions doivent avoir lieu entre Safran et Sukhoï, mais d’après Mikhaïl Pogosian, directeur général de Sukhoï, elles ne porteront pas sur des contrats et des produits concrets, mais sur le cadre économique général.
P. B. : En effet. En ce qui concerne nos affaires concrètes, ce cadre est essentiel sur un point au moins. Le succès d’un avion commercial dépend de nombreux facteurs, mais d’un tout particulièrement : le financement des commandes. Sur ce point, qu’il s’agisse de l’agence de garantie des exportations allemande Hermes, de la COFACE française ou de la SACE italienne, il y a une tradition d’amélioration de la finançabilité des ventes fondée sur un mécanisme de garantie export essentiel pour le succès commercial de l’avion. Les autorités russes en ont conscience, et des discussions ont eu lieu entre industriels français et russes. C’est une question bien connue mais non encore résolue du côté russe, à faire avancer dans le cadre du forum : d’une part, le porteur de la garantie export doit être identifié clairement, que ce soit la VTB, la VEB ou une structure à créer, et d’autre part, il faut que le mécanisme qui assure la solvabilité de ce porteur via une garantie hors bilan de la Banque centrale soit transcrit et établi dans le système financier de la Fédération de Russie.
 
LCDR : Il subsiste donc actuellement un facteur d’incertitude non négligeable sur le marché aéronautique ?
P. B. : Le problème n’est pas encore critique, tant que les ventes du Superjet 100 restent domestiques, mais il le deviendra pour les ventes à l’export dans les mois qui viennent.
 
LCDR : Il y a d’autres questions susceptibles de vous intéresser dans le cadre du forum ? Celle de la sortie de crise par exemple ?
P. B. : Oui, nous sommes fortement dépendants de la conjoncture économique sur le marché de la sécurité et, fort opportunément pour nous, la Russie n’est pas en phase avec la crise mondiale. Elle est impactée, mais la dynamique économique russe est différente de celle des économies occidentales très industrialisées, en raison de la prépondérance de l’exportation des ressources naturelles. Cet avantage est en même temps un problème bien connu des élites russes. Cette différence de cycle est importante pour nous, et j’espère que le forum confirmera que nous avons raison de penser que la Russie, par ses taux de croissance, appartient bien au BRIC. Même s’il y a des différences notables avec la Chine, les écarts avec la situation existant dans les pays développés sont forts et la capacité de combler le retard l’est aussi. Il y a là un potentiel de croissance commun à tous les pays du BRIC.
 
LCDR : Et sur les questions de stabilité et de climat d’investissement en général ? Il y a une incertitude en matière financière, les tendances sur le marché des matières premières pouvant se retourner à tout moment.
P. B. : Oui, mais la politique d’épargne adoptée par la Russie, qui a consisté à constituer un fonds de réserve et à gonfler les réserves de la Banque centrale, a permis d’amortir le choc subi sur ce marché au début de la crise. Ces réserves ont permis à la Russie d’amortir le choc social et surtout de maintenir en totalité ses projets et engagements en matière d’investissements majeurs. Cette politique de lissage qui a fait ses preuves est à nouveau en marche et les réserves sont aujourd’hui en cours de reconstitution.

La rentrée scolaire 2010 en Russie

L’année dernière je publiais un article intitulé : “Et les enfants Russe alors” pour montrer que contrairement à la France ou à nombre de pays, ce moment est très important et festif. En Russie ballons, fleurs et bonne humeur sont de rigueur ! Aucun des correspondants de presse de AUCUN des grands quotidiens Francais n’a jugé bon ou intéressant d’aller dans une école Russe afin d’assister à une cérémonie et de la décrire dans un article ce qui est tout bonnement incroyable.
Ce 1ier septembre 2010, c’était de nouveau la rentrée scolaire, que j’ai choisi de nouveau illustrer par des villes autres que “Moscou” et “Saint Saint-Pétersbourg” .. 
Les images ci dessous sont donc celles de Arthur que mes lecteurs connaissent désormais bien et qui illustre la rentrée tout au sud de la Russie
Mais également celle de Olga, qui illustrent la rentrée la bas tout à l’est de la Russie, devant la frontière Chinoise …

De la démographie en Russie

Mon dernier article, synthèse de la démographie Russe de 1897 a 2030 a été publié sur AGORAVOX et également repris sur Yahoo actualités sous une version légèrement différente. 
Néanmoins j’informe mes lecteurs que la version Anglaise sera en ligne le 01 septembre et que la version Italienne suivra rapidement, après publication sur l’excellent site d’analyse géopolitique Eurasia Rivesta.

Россия: Жара на улице и буря в СМИ

Россия пережила непростой период: сильнейшая жара и лесные пожары терзали страну на протяжение почти 6 недель. В течение всего этого времени французские СМИ наглядно продемонстрировали свою недалекость и неспособность к глубокому анализу, который с их стороны ограничивался лишь маниакальной пропагандой, ставящей перед собой одну единственную цель: доказать “крах путинской системы” (Доротея Ольерик (Dorothée Olliériс)).

Тем не менее, в отличие от того, в чем вас пытались убедить наши “друзья-журналисты”, российскому режиму практически не в чем себя упрекнуть. Пожары в стране “практически” полностью потушены, и пришло время подводить итоги.

Представленный ниже анализ, который сделал француз, находившийся последние несколько недель в России, должен показать, насколько французские СМИ зациклены на пропаганде.

Жить в Москве все же очень приятно, у каждого времени года здесь есть свой характер. Город наполнен зеленью и вызывает отклик в душе, хотя это, без сомнения, один из тех уголков мира, жизнь в котором будет означать бесконечные звонки ваших друзей из-за границы с вопросом “все в порядке?”. Возьмем, например, лето этого года: когда я вывесил на своей странице в Facebook температурную сводку за прошлую зиму, мои друзья сразу же засыпали меня расспросами о том, как вообще можно выжить на таком полярном холоде. Ужасные теракты в метро также вызвали с их стороны вполне обоснованную волну беспокойства. На прошлой неделе они спросили меня, можно ли “выжить” в Москве в этом адском коктейле из дыма и страшной жары. Я ответил, что в отличии от того, что пишут в сети (например о том, что в Москве невозможно провести больше 72 часов), жизнь не остановилась, а москвичи продолжают работать, ходить за покупками и развлекаться, терпеливо перенося все погодные неурядицы. Я не думаю, что мои друзья какие-то особенно боязливые или беспокойные люди. Все дело в том, что, как и большинство представителей их поколения, они привыкли путешествовать по интернету и полагаться на выложенную в нем информацию. И как они в таком случае могут не нервничать?

В этот “перекрестный” год двух стран французская пресса просто “зациклилась” на анализе тех непростых событий, что происходят сегодня в России. Однако, если взглянуть даже на одни только заголовки, ситуацию в стране представляют, мягко говоря, в не слишком позитивном ключе. Вот несколько случайно взятых примеров: “Армагеддон”, “Чернобыль”, “Ад”, “Ядерная угроза”, “Неспособность власти” и т.д. и т.п.

Подлив масла и в без того бушующий огонь (журналист Юго Натович (Hugo Natowitcz) прекрасно описал это в статье “Наступление на охваченную пламенем страну”), пресса в итоге продемонстрировала свою полную неспособность объективно проинформировать французов о реальном положении дел. Естественно, ведь их задача состояла не в этом, а в том (если судить по маниакальной одержимости некоторых корреспондентов и в частности связавшейся со мной журналистки France 2), чтобы любыми средствами доказать гипотетическую вину российской власти и, разумеется, “крах путинской системы”. Железобетонный аргумент наших “друзей-журналистов”: проведенная в 2006 году по инициативе Путина реформа лесного кодекса упразднила централизованную федеральную систему предотвращения и тушения пожаров (с увольнением 70 000 лесников), переложив ответственность за лесные угодья на плечи регионов. Удивительно здесь то, что те, кто в свое время во весь голос поносил “рецентрализацию” российской власти в первые годы правления Путина (одним из самых ра
спространенных эпитетов был “квази-тоталитарный”), сегодня уже громко критикуют последствия децентрализации, необходимость которой столько лет отстаивали с пеной у рта.

Но хватит шуток, давайте попытаемся быть хоть немного объективными в отличие от тех, кто позволил себе в очередном приступе шовинизма сравнить французскую систему пожарной охраны с российской, указав на то, что в России есть только 22 000 пожарных, то есть вдвое меньше чем во Франции при огромной (26 раз) разнице в размере территории. Но как можно сопоставлять несопоставимое?

Россия простирается на 17 миллионов км², а ее бескрайние лесные угодья занимают в общей сложности 8 миллионов км² (45% территории страны), что делает их крупнейшими в мире, оставляя далеко позади Америку, Бразилию и Канаду. Большую часть этой площади занимают хвойные деревья и так называемые “дикие” леса (за ними не ведется уход). В этих лесах также расположено немало поселений из деревянных домов, которые нередко были построены без согласования с властями. Особенно широкое распространение эта тенденция получила с 80-х годов. Широкий разброс и значительное расстояние между этими домами и деревнями серьезно затрудняют их защиту.

В свою очередь Франция простирается на 650 000 км², а ее леса (все они находятся под неусыпным контролем) занимают 150 000 км² (23% территории страны). Число профессиональных пожарных достигает здесь 51 000 человек, то есть на одного пожарного приходится 3 км² леса. Еще один пример. В США леса охватывают 780 000 из 9 800 000 км², что составляет 8% площади страны. Количество профессиональных пожарных там достигает 321 700 человек, другими словами, на одного пожарного приходится 2,4 км² леса.

В России франко-американский эквивалент равнялся бы 2 500 000 пожарных, то есть почти 3% взрослого населения (возрастная категория от 16 до 64 лет, 96 миллионов человек по данным на 2009 год). Смехотворность этого аргумента становится, таким образом, очевидной для всех.

При всем этом, пожары не щадят ни Францию, ни Америку. Во Франции ежегодно сгорает в среднем 30 000 гектаров или 0,05% от всей площади. В США огонь каждый год уничтожает 1 740 000 гектаров или 0,18% территории. Так, например, во время пожара в Окленд Хиллз в 1991 году было уничтожено 2 900 домов и погибло 25 человек, тогда как в 2003 году в Сидаре сгорело 4 847 домов. В 2007 и 2008 годах в одной лишь Калифорнии в пепел превратились 800 000 гектаров леса.

Для сведения, с начала пожаров в России было зарегистрировано 28 000 очагов возгорания, сгорело 850 000 гектаров леса, 3 000 человек лишились крова над головой, а 52 погибли. Огонь бушевал на территории в 8 500 км², то есть 0,05% территории страны. Вполне сравнимо с указанными выше цифрами. В этой связи невольно задумываешься о причинах столь резкой критики российской власти, ведь никто не бичует американское руководство, республиканцев или демократов, когда Америка становится жертвой огненной стихии.

Что еще более важно, тот же самый сценарий повторяется и в отношении “жертв” лесных пожаров. Получается, что французские СМИ интересуются погорельцами лишь в том случае, если те возмущены действиями Путина или жалуются на власть. В L’Express, например, появилось сообщение под заголовком “деревня дает отпор Путину”, где было использовано видео, на котором владелицы сгоревших домов в достаточно резких тонах общаются с премьер-министром. Как не понять отчаяния этих женщин, которые потеряли все имущество? Как они вообще могли говорить спокойно? И зачем нужно было делать поспешные выводы о то, что они “обвиняли Владимира Путина”, если посмотрев это видео, сразу понимаешь, что все обстоит совсем не так? Чтобы произвести нужное воздействие на тех, кто не знает русского языка?

3 августа 2010 года la Tribune de Genève заявила через своего стрингера Фредерика Лавуа (Frédéric Lavoie) о том, что “Путин не справился с пожарами”. Ни больше ни меньше. В статье описывалась просто-таки катастрофическая или даже апокалипсическая ситуация, причем основной упор делался на ответственности Путина, а не жертвах пожаров. А по мнению региональной эльзаской газеты, Путин стал “заложником своей системы”…

Повторюсь, маниакальную путинофобию, которая ударила в голову столь многим западным корреспондентам, объяснить наверное можно лишь избытком угарного газа в окружающем воздухе… Сегодня у них “во всем виноват Путин” (как раньше был во всем виноват Чубайс).

Среди всех пострадавших наши “друзья-журналисты” отдают предпочтение жертвам городской жары. Не приводя никаких реальных цифр, кроме “как говорят” и “как считают”, французская пресса не замедлила пуститься в рассуждения о том, что уровень смертности в июне и июле должен быть вдвое выше нормы. Со своей стороны, я предпочитаю дождаться официальных отчетов, и меня, естественно, не удивит повышенный уровень смертности среди престарелых людей, который, кстати, выльется в снижение смертности на протяжение будущих месяцев. Напомню, что та же самая французская пресса не стала особенно распространяться о кончине 15 000 человек во Франции в 2003 году и предпочитает хранить практически полное молчание о заметном улучшении демографической ситуации в России с 2005 года.

Одержимость обличением “культа молчания” и “старых демонов” также проскальзывает в публикациях так называемой специализированной или региональной прессы. Если внимательно прочитать большинство статей, становится понятно, что пропаганда не всегда скрывается там, где ожидаешь. Так, la Voix du Nord нашел неких французов из России, по-видимому не говорящих по-русски, которые утверждают, что апокалипсическая обстановка в Москве стала еще хуже, так как, я цитирую, “в России нет инфографики или подробных карт, а власти отказываются сообщать информацию”. На самом деле их здесь просто завались. Чтобы найти эти “отсутствующие” подробные интерактивные карты, достаточно зайти на главную страницу “Яндекса” или сайт агентства РИА “Новости”, который, кстати, представлен на 9 языках.

10 августа в Le Figaro появилась статья Ива Мизри (Yves Myserey), в которой говорится, что терзавшая Москву жара оказалась самой сильной за последние “1000 лет”! Не слабо! Все это было бы пугающе и таинственно, если бы сидящий в своем маленьком парижском кабинете журналист не перепутал Россию с Мексикой и не вставил в свое творение фотографию с людьми в широкополых шляпах. Нет, речь идет не о мексиканских туристах в Москве, а… о бастующих из Кабардино-Балкарии, которые протестуют против федерального закона, чтобы защитить свою местную культуру. С пожарами это никак не связано! Остается только удивляться выбору Le Figaro, решившего проиллюстрировать московскую жару с помощью фотографии объявивших голодовку людей. Что касается невиданной за “1000 лет” жары, то простой поиск по интернету с легкостью докажет вам обратное.

Наконец, французы поспешили заявить о молчании российских властей относительно пожаров в радиоактивных зонах, вокруг ядерных центров и центров переработки отходов, а также на территориях, которые подверглись заражению после взрыва на Чернобыльской АЭС у границы с Украиной. О каком вообще молчании, спрашивается, идет речь, если агентство РИА “Новости”, государственное агентство, предлагает всем на своем англоязычном сайте ознакомиться с соответствующей интерактивной картой.

Определенно, в этом году французская пресса ничем не уступает “Правде”… Что это? Злой умысел? Или просто некомпетентность?

Но забудем на время всю эту ложь, пропаганду и недобросовестность. Как на самом деле сегодня обстоят дела с пожарами, грядущим обвалом рейтингов Путина и Медведева и катастрофическим падением производства пшеницы в России?

По данным министерства чрезвычайных ситуаций, с начала лета в России было зарегистрировано 27 724 очага возгорания на площади 856 903 гектаров, в том числе 1 133 торфяных пожара площадью 2 051 гектар. К 19 августа охваченная пожарами территория сократилась до 20 000 гектаров. Да, немалую часть из них можно было бы предотвратить, но это уже касается в первую очередь самих граждан, которые должны соблюдать хотя бы основные экологические и противопожарные правила. Россиянам пора перестать оставлять в лесу мусор после своих пикников, так как тысячи брошенных стеклянных бутылок действуют подобно лупе и становятся причиной значительного числа (если вообще не большинства) возгораний.

Никакого краха рейтингов тоже не видно. Наоборот, народное одобрение президента и премьер-министра выросло с июня по август с 53% до 57% и с 61% до 64% соответственно. Такие рейтинги после окончания масштабного кризиса заставили бы кусать себе локти от зависти всех западных лидеров, что бы ни думали о том наши “друзья-журналисты”, слишком привыкшие слушать “специалистов” из Центра Карнеги, а не российский народ.

Нет, в России не будет взлета цен, который повлечет за собой социальный взрыв, который в свою очередь приведет к отставке Путина. Реальные последствия пшеничного кризиса будут минимальны, а эмбарго получило поддержку местных производителей.  

Нет, дорогие друзья-журналисты, в отличие от всего, что вы могли написать, здесь нет никакой “цензуры” и публикацию даже самых резких комментариев никто не запрещал. Особо здесь стоит отметить не лишенную юмора переписку Владимира Путина и главного редактора радио “Эхо Москвы” Алексея Венедиктова.

Нет, Путин не разжигал ночью огонь, чтобы днем “играть в пожарного” перед телекамерами. Премьер в полной мере воспринял и передал трагичность недавних событий: “У нас много было проблем в стране во все времена – и печенеги Россию терзали, и половцы, рыцари и Великую Отечественную мы прошли”.

Такая ситуация знакома Путину не понаслышке: в 1996 году сгорела его собственная дача. Наконец, вы, мои французские друзья-журналисты, опустили слова благодарности Владимира Путина, адресованные иностранным и в том числе французским пожарным, которые получили прозвище “эскадрилья Нормандия-Неман”.

Нет, политическая централизация, которую вы не раз называли “фашиствующей”, имеет право на существование, как написали “Известия” в свете недавних событий: “Скорее всего к централизованной системе придется вернуться. Слишком дорогой ценой дается нам победа над огнем”… Тем временем в стране была запущена программа реконструкции, и новое жилье должно быть закончено еще до зимы. Площадь домов составит 100 м² из расчета 30 000 рублей на м².

Подробнее : иносми

Sécurité, France et Russie

Lu sur le site diplomatie gouv fr (18 aout 2010), les conseils sur la sécurité en Russie pour les voyageurs Français en Russie, ca vaut le détour, surtout les passages “délinquance urbaine” et “xénophobie” ! 
Extraits :
Les risques d’agression individuelle existent et ont tendance à se développer, en particulier le soir dans les grandes villes”…. ” Dans des zones très fréquentées telles que les principales artères commerçantes, les centres commerciaux, les abords des principales églises et sites touristiques ainsi que dans les gares et les stations de métro du centre ville il convient d’être attentifs à ses effets personnels : des vols sont fréquents, ils sont en général l’oeuvre de groupes organisés” .

Vous imaginez le MID (ministère des affaires étrangères Russes) qui ferait un article sur l’insécurité eui règne n France ? Je veux dire quiconque connait un tant soi peu la Russie “sait” qu’on y est “bien plus” en sécurité qu’en France, tous sauf visiblement au MAE ..

Ha mais c’est vrai que “rien” ne peut arriver en France puisque comme le ministre de l’intérieur l’a affirmé : «Tout n’est pas résolu, mais j’affirme une chose simple et vraie : notre pays est aujourd’hui un des plus sûrs de la planète», se félicite le ministre, assurant que la police «est revenue dans des quartiers où elle n’allait plus». Dans les quartiers sensibles, dit-il, «nous ne cédons pas un centimètre de terrain aux crapules qui voudraient y faire la loi».
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De violentes agressions xénophobes, pouvant entraîner la mort, sont en nette recrudescence au cours de ces derniers mois, à Moscou, Saint-Pétersbourg mais également en régions. Ils visent particulièrement les Africains mais tout ressortissant étranger identifié comme non russe peut être victime de comportements xénophobes“. 
Faisons le point, de 2004 à 2007, les choses “s’aggravent” :
2004 : 267 victimes dont 49 morts
2005 : 464 victimes dont 47 morts
2006 : 520 victimes et 57 morts
2007 : 653 victimes dont 73 morts
Depuis 2008, la situation “s’améliore” :
2008 : 525 blessés et 97 morts
2009 : 333 blessés et 71 morts
Janv-Juin 2010 : 167 blessés et 19 morts soit 50% de moins que la même période en 2009, période durant laquelle 242 avaient été blessés et 52 assassinées.
Pourtant il est écrit sur le site “en recrudescence” .. Soit le site désinforme, soit il n’est pas mis à jour depuis 2006 .. 
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Etc etc etc, bon je ne reviendrais pas sur le fait que il est écrit que : ” En Tchetchénie, indépendamment de l’obtention du visa valable pour l’ensemble du territoire de la Fédération de Russie, tout déplacement dans cette république doit faire l’objet d’une autorisation spéciale délivrée par les autorités russes“.
C’est faux, il n’y a besoin d’aucun autre document que d’un visa valable depuis que le régime d’opération anti-terroriste à été levé le 16 avril 2009 mais bon …

Témoignage d’un lecteur Canadien

Reçu par mail :

Cher monsieur Alexandre Latsa,

j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre bulletin sur la canicule en Russie et les commentaires dans la presse européenne.  Je suis moi-même journaliste et comme vous pourrez le lire sur le mot que j’ai laissé à la suite de ma lecture, les média canadiens, à tout le moins au Québec, n’ont pas soulevé de polémique sur ce sujet.  Nous avons déploré la situation, car il nous est arrivé de connaître des épisodes -peut-être pas aussi dramatiques- mais aussi douloureux.
 
J’aime la Russie.  Ma famille aime la Russie.  Oh, et tous les citoyens de l’ancienne URSS devrais-je ajouter.  C’est plus véridique.  Je dois beaucoup aux travailleurs de votre pays.  Mon père est charpentier-menuisier à la retraite et il n’aurait pas pu me payer les études que les travailleurs soviétiques m’ont payé via l’École supérieure des cadres des partis communistes près du CC du PCUS.  En 1979, à 22 ans, j’ai étudié à Moscou pendant sept mois.  Aujourd’hui, dans mon milieu à Montréal, je suis une personne qu’on écoute que ce soit à propos de M. Vladimir Poutine ou de la Russie en général.
 
Car je n’ai pas d’animosité particulière contre le peuple russe.  Je sais que c’est un peuple bon et généreux.  On lui demande 100% de lui-même et c’est 110% qu’il vous donnera.  Les Russes, il faut bien l’avouer, ont le cœur sur la main.  Déjà, enfant, le père de ma mère me disait qu’un jour il faudra bâtir à Québec -ma ville natale- un monument à la gloire de l’Armée Rouge.  Je ne comprenais pas trop pourquoi.  Maintenant, je sais…  Je connais l’exploit de Stalingrad!
 
Je parle souvent de votre beau pays autour de moi, où il me semble que tous les démocrates: communistes et progressistes en général peuvent cohabiter.  J’ai appris à mon retour la langue de Pouchkine.  Vous me verriez intimidé de vous parler maintenant, de peur d’écorcher toute cette belle foison de vers et de rimes créés par le génie russe.  Mais, je me débrouille quand même et avec joie.
 
Un jour je retournerai à Moscou.  Je ne vous connais pas.  J’ai été le plus franc que je pouvais l’être avec vous;  j’ajoute que je suis membre du Parti communiste du Canada. 
 
Je vous offre donc mon amitié.  Sachez qu’il y a une grande place chez moi pour tous les peuples de l’ancienne Union Soviétique, dont la Russie, cette toute belle et grande Russie.
 
Merci de votre attention,
 
sincèrement vôtre,
 
Daniel Paquet
 

Russian federation sitrep by Patrick Amstrong (14/08/2010)

RUSSIAN FEDERATION WEEKLY SITREP – AUGUST 14, 2010 (link)

“This summer’s exceptional heat sparked hundreds of wildfires in Russia (map here). The response showed many deficiencies in organisation and law. The worst appears to be over now but satellites still show nearly 500 fires. There will be political casualties – possibly even including Moscow’s Mayor who was out of town until Monday. 
A number of news outlets are trying to spin this into yet another story of the imminent collapse of the “Putin system” – see, for example, the amusing exchange in which a French reporter tries to get Alexandre Latsa to spin it that way. (Google “Latsa dissonance” and go down ‘till you find it).” 

La Russie entre canicule climatique et agression médiatique

Vivre à Moscou est très plaisant, les saisons y sont prononcées, la ville est vibrante, très verte et c’est sans doute l’un des endroits au monde ou vos amis de l’étranger vous demandent le plus fréquemment si « tout va bien ». Prenons cette année 2010, lorsque j’ai affiché sur ma page Facebook les températures de cet hiver, mes amis se sont rués pour me demander comment survivre par un froid aussi polaire. Au printemps, les odieux attentats perpétrés dans le métro ont déclenché angoisses bien justifiées chez ces mêmes amis. Récemment, la semaine dernière, ils m’ont demandé si l’on pouvait “survivre” à Moscou avec ce cocktel de fumée et de grande chaleur. Je leur ai répondu que contrairement à ce que l’on pouvait lire sur le net, comme par exemple qu’il était impossible de passer plus de 72 heures d’affilée à Moscou, la vie ne s’était pas arrêtée, et que les Moscovites avaient continués à travailler, faire leur course et sortir, prenant leur mal en patience. Je ne pense pas avoir des amis particulièrement craintifs ou angoissés, mais des amis qui, comme beaucoup de gens de leur génération, surfent et lisent les synthèses d’actualité que Internet propose. Comment pourraient t-il dès lors être sereins ?


Au coeur de cette année croisée, la presse francaise s’est en effet relativement “emporté” sur l’analyse des évènements difficiles que la Russie traverse. La seule lecture des titres des articles ne donnaient pas il est vrai une impression très positive de la situation en Russie si l’on en juge à ces quelques exemples pris au hasard: “Armageddon”, “Tchernobyl”, “Enfer”, “Danger nucléaire”, “Le pouvoir incapable de faire face” etc etc.

Hormis avoir ajouté de l’huile sur le feu (ce que le journaliste Hugo Natowitcz a parfaitement bien expliqué dans cet article : «  Offensive contre un pays en flammes »), la presse n’a au final pas été fichue d’informer objectivement les francais sur la réalité des évenements. Normal, son objectif n’était visiblement pas celui la, a en juger par l’obsession hystérique de certains correspondants (prenons l’exemple de la journaliste de France 2 qui m’a contacté) à vouloir à tout prix démontrer une hypothétique responsabilité du pouvoir Russe et notamment une « faille du système Poutine ». L’argument massue de « nos amis les journalistes » : la réforme du code forestier de 2006, voulue par Poutine, qui supprimait le système fédéral centralisé de « prévention et gestion des incendies » (et les 70.000 postes de gardes forestiers liés) pour déléguer aux autorités régionales la gestion de leurs espaces verts, et donc également leur protection.  On ne peut qu’être à moitié surpris que ceux qui furent les premiers à dénoncer la re-centralisation du pouvoir Russe dans les premières années du règne Poutine (dénoncée à l’époque comme quasi-totalitaire), soient aujourd’hui également les premiers à dénoncer les très hypothétiques effets pervers de cette même décentralisation qu’ils ont pourtant continuellement défendus.

Trève de plaisanteries, tentons d’être un tout petit peu objectif, à l’inverse de certains, qui se sont permis dans un excès de chauvinisme mal venu de comparer le système Francais de gestion et protection des incendies au système Russe, en pointant du doigt que la Russie ne comprend que 22.000 pompiers, soit deux fois moins que la France alors que le pays est 26 fois plus étendu. Pourtant comment comparer l’incomparable ? 

La Russie s’étend sur plus de 17 millions de km². Son immense ceinture forestière Russe s’étend elle sur une surface totale de 8 millions de km² (45% de la surface du pays), ce qui fait de la Russie le pays du monde ayant la plus grande surface boisé, devant l’Amérique, le Brésil ou le Canada. Une grande partie de cet espace boisé est composée de résineux, et de forêts dites “sauvages”, c’est-à-dire non entretenues. Au cœur de ces forêts, de nombreux villages de maisons en bois, parfois sans lac à proximité, et sans eau courantes, ont été construits, souvent de façon anarchiques, et cela dès les années 1980. Le grand éparpillement de ces « maisons » et « villages » rend très difficile leur protection.

La France en comparaison s’étend sur 650.000 km² et les forêts (très entretenues) sur 150.000 km/² (soit 23% de la surface du pays). Le nombre de pompiers professionels y est de 51.000 soit un pompier professionnel pour 3 km² de forêt. Autre comparaison, aux Etats-Unis d’Amérique, les forêts occupent 780.000 km² sur 9.800.000 km² soit 8% de la surface du pays. Le nombre de pompiers professionels y est de 321.700 soit un pompier professionnel pour 2,4 km² de forêt.

Un équivalent Franco-Américain en russie signifierait tout simplement 2.500.000 pompiers, soit presque 3% de la population adulte du pays (les 16-64 ans étant 96 millions en 2009). On comprend bien le ridicule d’un tel argument.

Et pourtant, malgré cela, les incendies n’épargnent pas la France ni l’Amérique. En France chaque année brûlent en moyenne 30.000 hectares, soit 0,05% de la surface du pays. Aux états-unis, chaque année, les flammes emportent 1.740.000 hectares soit 0,18% du territoire. En 1991 par exemple l’incendie d’Oakland Hills avait détruit 2.900 maisons et tués 25 personnes, l’incendie de Cedar en 2003 avait lui détruit 4.847 maisons (source et source). En 2007 et 2008, rien qu’en Californie, plus de 800.000 hectares ont brulés.

A titre indicatif, en Russie depuis le début de ces incendies, 28.000 foyers d’incendies ont brûlés près de 850.000 hectares, 3.000 personnes ont perdu leurs logements et 52 seraient mortes. Cela correspond à une surface de 8.500 km², soit 0,05% de la surface du pays. A comparer aux chiffres fournis ci-dessus. On se demande au vu de ces chiffres les justifications des critiques excessives contre le pouvoir Russe, personne ne critiquant le pouvoir Américain, démocrate ou républicain, lorsque chaque année, l’Amérique est tragiquement en proie aux flammes.

*

Plus grave, et bien plus important qu’une simple démonstration statistique, le même scénario se répète dans le traitement des « victimes » de ces incendies. Les gens dont les maisons ont brulées n’intèressent finalement que les médias Francais que lorsque ceux-ci « crient » sur Poutine ou se « plaignent » du pouvoir. L’express a par exemple titré : « un village tient tête à Poutine » , en utilisant cette vidéo montrant des femmes dont les maisons avaient brûlée parler virulement au premier ministre. Comment ne pas comprendre le désespoir de ces femmes qui ont tout perdu ? Comment aurait t-elles pues être calme ? Pourquoi néanmoins en tirer des conclusions hâtives qui seraient que « elles incrimineraient Vladimir Poutine » alors qu’une simple écoute de la vidéo montre que ce n’est pas le cas ? Serait ce pour influencer les lecteurs non Russophones ?

Reprenant la même source, la tribune de Genève affirmait le 03 aout 2010, par la voix de son « pigiste » du moment, Frédéric Lavoie que « Poutine était dépassé par les incendies », rien que ca. L’article décrivait une situation catastrophique, précédant une éventuelle fin du monde et en portant bien plus d’intêret à la responsabilité d’un Poutine soi disant dépassé qu’aux victimes Russes. Pour le quotidien régional Alsacien, Poutine est « otage de son système »..

Je le répète, l’obsession poutinophobe qui a frappé nombre de correspondants de presse ne me semble pouvoir se justifier que par l’excès de CO2 respiré, et se traduire par l’adage suivant : « La Russie se calcine, c’est la faute à Poutine”, “Je suis tombé par terre/C’est la faute à Voltaire.. »

Les exemples sont légions, les victimes qui intéressent nos « amis les journalistes » seraient donc principalement les victimes urbaines de la canicule. Sans chiffres réels, mais en se basant sur des « on dits », la presse Francaise n’a pas manqué de rappeler que la mortalité pour les mois de juin et surtout juillet devrait être plus deux fois plus élevée que la normale. Pour ma part j’attends les chiffres officiels et ne serait pas surpris d’une hausse de la mortalité des personnes agés, surmortalité qui, si nous envisageons la situation d’un point de vue statistique, « améliorera » la baisse de de la mortalité dans les prochains mois. Je rappelle néanmoins que cette même presse Francaise s’est fait bien plus discrète quand au décès de 15.000 personnes en 2003 en France, et pour voir plus large, se fait encore plus discrète quand au fulgurant rétablissement démographique que la Russie connait depuis 2005.

*

L’obsession à dénoncer le « culte du silence », « les vieux démons » est perceptible dans nombre d’articles de la presse soit disant spécialisée ou régionale. Si l’on lit avec beaucoup d’attention la majorité des articles, on s’apercoit que la propagande n’est pas la ou elle est montrée du doigt. La « voix du nord » a par exemple trouvé des Français de Russie, visiblement non Russophones, qui affirment que l’ambiance de fin du monde à Moscou était accrue car je cite « En Russie, il n’y a pas d’infographies ni de cartes détaillées. Le pouvoir refuse de communiquer ». Enormité parmie les énormités, il suffit de voir la page d’acceuil du site Yandex, ou bien alors sur le site de l’agence ria novosti en 9 langues pour trouver les fameuses cartes interactives et détaillées qui « soi disant » manquent.

Un autre exemple, le Figaro le 10 08 2010 publiait un article signé Yves Myserey pour nous expliquer que la vague de chaleur qui frappait Moscou était la plus forte depuis « 1000 ans » ! Rien que ca ! Un rappel millénariste et ésotérique effrayant, si le pigiste enfermé dans son petit bureau Parisien n’avait pas confondu le Mexique et la Russie en nous présentant en image pour illustrer son article des citoyens en grands chapeaux blancs. Non il ne s’agit pas de touristes Mexicains à Moscou, mais de .. Grévistes de la faim de Kabardino Balkarie qui protestent contre une loi fédérale pour portéger leur identié locale, bref rien à voir avec les incendies ! On ne peut que rester ébahi devant le choix du Figaro d’illustrer la canicule à Moscou avec une image de militants identitaires, grévistes de la faim. Quand à une vague de chaleur « jamais vue depuis 1000 ans », une simple recherche sur internet nous prouve le contraire, source en Russe la et en anglais ici.

Enfin les Français se sont fait forts de dénoncer le silence terrible des autorités Russes sur les incendies dans les zones radioactives, autour des centres nucléaires, ou de retraitement des déchêts, mais également celles contaminées par tchernobyl, à la frontière Ukrainienne. Je me demande quel silence parle t-on, alors que l’agence RIA Novosti, agence d’état, propose sur sa page en « anglais » une carte interactive des « émanations  radioactives ».

Mais visiblement, au pays de la presse francaise de 2010,  on a rien à envier à la Pravda. Mauvaise foi ou incompétence ?

*

Loin des mensonges, de la propagande et de la mauvaise foi, ou en est t-on objectivement aujourd’hui sur le front des incendies, de l’effondrement de popularité qui attend Poutine et Medvedev et enfin de l’alerte rouge sur la production de blé qui guette la Russie ?

Selon le ministère russe des Situations d’urgence, 27.724 foyers d’incendies naturels d’une superficie totale de 856.903 ha sont apparus en Russie depuis le début de l’été, y compris 1.133 feux de tourbières sur une superficie de 2.051 ha. En ce 19 aout 2010 les incendies ont été réduits à a peu près 20.000 hectares. Oui la Russie aurait pu « empêcher » une grande partie de ces incendies, mais en premier lieu via les « citoyens » qui doivent s’approprier des comportements écologiques, essentiels. Oui il faut que les Russes « cessent » de laisser trainer leur déchêts lors des pic-nics, les milliers de bouteilles en verre abandonnées ayant eu un effet loupe, déclencheur d’un très grand nombre, si ce n’est malheureusement sans doute de la majorité des incendies.

Non l’effondrement de popularité n’est pas arrivé, au contraire les côtes de popularité du président et du premier ministre remontent passant de 53% en juin à 57% en aout pour Dimitri Medvedev et de 61% à 64% sur la même période pour Vladimir Poutine. Des côtes de popularité qui ferait envie à tous les leaders Occidentaux à la sortie d’une telle crise, quoi qu’en pensent nos « amis les journalistes » trop habitués à écouter les « spécialistes » de Carnégie et pas assez le peuple Russe.

Non, la Russie ne subira pas une explosion des prix qui entrainera une révolution sociale qui entrainera la destitution de Poutine, la crise du blé que va connaitre la Russie n’aura que des effets minimes, et l’embargo à le soutien des producteurs locaux.

Non, chers amis journalistes, contrairement à ce que vous avez pu écrire, aucune « censure » comme vous en parlez n’a eu lien, les commentaires des gens « ulcérés » par la situation ont été publiés, comme vous pouvez le voir ici ou la. A noter d’ailleurs l’échange publié sur internet entre un Vladimir Poutine plein d’humour et Aleksey Venediktov, rédacteur en chef de la radio « écho de Moscou ».

Non Poutine n’a pas passé ces 3 dernières semaines à allumer des incendies la nuit pour les éteindre la journée en jouant au « canadair » et afin de passer à la télévision, puisque il a pris le sens tragique des évenements en comparant les incendies à : « la Seconde Guerre Mondiale,  l’invasion des Petchenègues, des Cumans et des chevaliers qui ont déchiré la Russie »

Vladimir Poutine a d’autant plus de raisons d’être concerné par de tels évènements que en 1996 c’est sa propre Dacha qui a brûlé. Enfin, vous avez omis « amis journalistes Francais » de parler des remerciements de Vladimir Poutine envers les pompiers étrangers, notamment les sapeurs Français, surnommés « escadron Normandie Niemen ».

Non, la centralisation politique, que vous avez sans cesse décriée comme étant Fascisante avait des raisons d’être, comme le rappellait Izvestia à la lumière de ces incendies: « Скорее всего к централизованной системе придется вернуться. Слишком дорогой ценой дается нам победа над огнем »…  Mais sans doute faut-il un traducteur pour comprendre ce qui est écrit .. En attendant, les reconstructions sont lancées, et les nouveaux logements doivent être prêts avant le 1ier novembre. La surface des habitations sera de 100m², à raison de 30.000 roubles (750 eurs) par mètre carré (source).

Alexandre Latsa, Moscou, 18 aout 2010

Les Européens ne nous comprennent pas

Le Premier ministre de la République d’Abkhazie répond aux questions de Laurent Vinatier pour RealpolitikTV :

” L’Abkhazie n’entend nullement ne rester orientée que vers la Russie. Nous voulons construire une politique étrangère multidirectionnelle. C’est une priorité stratégique que nous envisageons en trois temps, à court, moyen et long terme. A court terme, il s’agit essentiellement de se rapprocher de la Biélorussie. A moyen terme,  il faudra construire un partenariat privilégié avec la Turquie, certains Etats du Moyen-orient et d’Amérique latine, c’est-à-dire, à l’exception du voisin turc, la plupart des pays indépendants de l’OTAN. Enfin, à long terme, évidemment, c’est vers l’Union européenne qu’il sera nécessaire de se tourner”.

“A l’heure actuelle, les relations entre l’Abkhazie et les pays européens, sont très difficiles. Ceux-là ne veulent pas reconnaître la réalité ; ils ne portent pas un regard objectif sur la situation dans le Caucase et sur l’Abkhazie en particulier. Ils pratiquent une politique à double standard, en maintenant des positions fermes et absurdes telles que l’affirmation de « ne jamais reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie ». Pourtant pour le Kosovo, cela n’a pas posé de problème ! L’intégrité territoriale de la Serbie n’a pas été un obstacle. Pourquoi ce principe devrait-il primer pour la Géorgie, à notre désavantage ?”

” Il faut que les Européens comprennent que l’intégrité territoriale de la Géorgie est une illusion depuis 15 ans maintenant. En fait ils défendent une conception très arrièrée de la Géorgie, la conception stalinienne, qui a pris forme en 1931, lorsque le maître de l’Union Soviétique a décidé de faire de la Géorgie, ce qu’Andreï Sakharov a appelé un « petit empire », façonné sur le modèle de l’URSS. Les Abkhazes à cette époque avaient déjà violemment réagi avant d’être écrasés. L’Europe au fond veut et promeut la Géorgie de Staline. Ils ne nous comprennent pas ! C’est une erreur historique. Il est erroné de croire que l’Abkhazie n’a pas ses propres intérêts et qu’elle est de toute façon manipulée par la Russie”.

“La Géorgie a constamment refusé les compromis. La seule option qu’elle a considérée est celle de la force. A ce titre, il est désormais impossible pour les Géorgiens et les Abkhazes de vivre ensemble. Historiquement, la Géorgie n’a pas le droit de prétendre à l’Abkhazie. Par ses actions et politiques au 20ème siècle, elle a également perdu toute légitimité à garder en son sein le territoire abkhaze. C’est pourquoi en août 2008, la Russie n’a eu d’autres choix que de garantir la sécurité de l’Abkhazie et de reconnaître son indépendance”.
” Sur les plans économique et social, de même, les investissements en provenance de Russie augmentent rapidement. Parmi eux, certaines personnalités influentes de Moscou, à l’instant d’Iouri Loujkov, le maire de la ville ou Konstantin Zatouline, qui depuis les années 90 s’occupent des relations avec les anciens satellites soviétiques, n’hésitent pas à mobiliser des sommes importantes”.

” L’un de nos objectifs stratégiques à court terme est d’ouvrir des voies de communication directe par la mer et par les airs avec la Turquie. Actuellement, 60% de nos échanges se font avec la Russie, 30% avec la Turquie et 10% avec la Roumanie et la Bulgarie.”

“Il semble que la Turquie souhaite nous rapprocher de la Géorgie. Elle a en tête, je crois, un rôle de médiateur entre Tbilissi et nous. Si cela doit nous éloigner de la Russie, ce n’est pas un bon calcul. La Russie est évidemment notre partenaire privilégié mais nous souhaitons comme je l’ai dit, développer d’autres partenariats privilégiés en toute souveraineté. Donc, la Turquie a tout intérêt à soutenir notre indépendance, ni Géorgie, ni Russie, mais l’Abkhazie indépendante. Ainsi elle remplirait ses objectifs dans le Caucase Sud. Nous ne demandons même pas dans l’immédiat de reconnaissance officiellement mais un engagement concret avec nous. Cela renforcerait clairement le rôle et l’influence de la Turquie dans la région”.

“Nous regardons aussi du côté iranien, complètement indépendant en l’occurrence des Américains. L’Iran est un acteur important dans le Caucase. Après le Moyen-Orient, c’est l’espace stratégique qu’il entend investir. Au début de 2009 ainsi une délégation iranienne a été accueillie à Soukhoum”.
” Mais c’est l’Europe qui ne répond pas à nos appels. Les Européens refusent des visas aux Abkhazes, contre toute logique et au détriment de notre jeunesse qui souhaite recevoir une éducation internationale. Concernant les Etats-Unis, jusqu’à l’année dernière, il n’était même pas envisageable de même penser à une quelconque action. Nous plaçons certains espoirs en Obama, qui semble vouloir changer d’optique sur la Géorgie, mais cela ne signifie nullement qu’il s’intéresse davantage à nous.”

“L’Abkhazie est sans doute l’un des Etats les plus démocratiques du Caucase. La presse est libre ; les partis sont indépendants. L’élection présidentielle en 2004 en a donné un exemple significatif. Celle de décembre 2009 n’a pas dérogé à la règle”.

“La société abkhaze est très politisée. Il est vrai qu’il existe en son sein une tendance assez nationaliste, qui craint qu’en ouvrant trop le pays, y compris aux Russes, les Abkhazes perdent leur identité. Compte tenu des menaces récurrentes d’assimilation et du problème démographique actuel, cette posture gagne en popularité”.

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