Author Archives: Alexandre Latsa

About Alexandre Latsa

Frussien, père de famille, chef d’entreprise à Moscou, entrepreneur géopolitique et russophile positif. Co-auteur du livre “Putin’s new Russia” (en anglais et en russe) et auteur du livre “Mythes sur la Russie“, disponible lui uniquement en russe et un “Printemps RUSSE” disponible en Francais. Ce journal d’un Frussien traite de la Russie. Vous pouvez me contacter par email : alexandre.latsa@gmail.com, Ou me suivre sur Twitter https://twitter.com/Frussien Instagram https://www.instagram.com/frussien/ Telegram https://t.me/alexandrefrussien

De la Marne aux Mistrals, l’alliance franco-russe

L’article original a été publie sur Ria Novosti.
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L’année franco-russe semble finalement avoir tenu ses promesses. En tant que français de Russie, le renforcement des liens entre ces deux pays me tient bien sur particulièrement à cœur. Comme nombre de mes concitoyens mais également d’observateurs lucides, j’ai été extrêmement satisfait par la signature vendredi dernier au forum de Saint-Pétersbourg du contrat d’acquisition par la Russie des deux premiers Mistral. Cette signature n’est pas un simple accord commercial entre deux états souverains, elle est le symbole d’un embryon de coopération militaire entre deux pays qui occupent les façades ouest et est du continent, et sans doute aussi la fin d’une forme de méfiance entre ce qu’on peut appeler l’ouest, tout du moins l’ouest de l’Europe, et la Russie. Une méfiance qui était avant tout une réminiscence de la guerre froide. Il faut noter qu’alors que français et russes ont donc visiblement dépassé cette barrière psychologique, outre atlantique, des officiels Américains ont eux rapidement commenté la transaction sur les Mistral comme représentant une menace pour les intérêts des États Unis dans la région.


L’année franco-russe finalement semble avoir porté ses fruits d’un point de vue économique puisque de nombreux autres contrats sont signés entre russes et français et que la collaboration entre nos deux pays semble à tous niveaux passer à la vitesse supérieure. Hormis le Mistral, de nombreuses collaborations ont abouti ou sont en cours de réalisation, que ce soit au niveau politique, culturel ou économique. Le resserrement des liens entre les deux pays était l’objectif de l’annee franco-russe et en ce sens on peut dire que cette année a été un grand succès. Mais l’année franco-russe pour beaucoup de français et de russes avait un autre objectif: celui de faire tomber les barrières qui perdurent entre nos deux pays. Les quelques 300 événements culturels, organisés des deux côtés et qui ont couvert la quasi-totalité des territoires des deux pays y étaient destinés. Bien sur le rapprochement entre les peuples est long et il faut du temps pour apprendre à se connaître, mais l’amitié franco-russe ne se résume pas à des contrats économiques ni à des échanges de compagnies de ballets ou d’artistes, elle a des fondements bien plus profonds, historiques et civilisationnels.

Cette alliance franco-russe résulte d’une longue histoire commune que Léonid Rechetnikov, le directeur de l’Institut des Recherches Stratégiques à Moscou, définit comme forgée par les guerres. Elle ne se résume cependant pas à l’offensive de Bonaparte contre la Russie mais également à des moments un peu moins connus de l’histoire de nos deux pays, au cœur de la guerre civile Européenne de 30 ans (1914-1945), qui a frappé notre continent au siècle dernier. Bien sur presque tous les français connaissent l’histoire de l’escadrille Normandie-Niemen, qui combattit en Russie en 1943 aux côtés des escadrilles soviétiques. Mais l’histoire militaire commune franco-russe comporte un autre grand moment, plus méconnu encore, tout au moins en France. En 1916 l’Etat-major russe envoya d’Arkhangelsk et de Vladivostok, quatre brigades, composées chacune de deux régiments, chacun de ceux-ci comptant trois bataillons. Elles furent transportées pendant la Grande Guerre sur les fronts français et macédonien. L’effectif total de ces troupes russes était de 745 officiers et de 43.547 soldats. Ces quatre brigades étaient commandées, respectivement, par les Généraux Lokhvitzky, Dieterichs, Marouchevsky, Léontiev et Taranovsky. Les 1ère et 3ème brigades furent dirigées vers l’est de la France, et les 2èmes et 4èmes sur le Front français de l’Armée d’Orient, sous le haut commandement du Général Sarrail. Les quelques 20.000 hommes qui aboutirent en France participeront au défilé du 14 juillet 1916. Ces soldats russes combattront à l’est de la France en Champagne jusqu’en 1917. Cette année là, ils participeront à l’offensive Nivelle au sein de la 5ème armée du général Mazel, attaquant les positions allemandes près de Reims. Subissant les premières attaques chimiques de l’armée Allemande lors de la bataille de la Marne et prenant part à des combats acharnés, les pertes russes seront lourdes final, puisqu’elles dépasseront les 5.000 hommes. En 1917, année de la révolution russe, ces brigades ont été dissoutes mais plus de 1.000 volontaires se sont alors engagés dans les troupes des Alliés. Un site internet entretient la mémoire de ce corps expéditionnaire russe qui a combattu en France.

Hier mardi 21 juin un monument au Corps expéditionnaire russe a été  inauguré hier à Paris. “Sa construction était supervisée par le premier ministre russe Vladimir Poutine et son homologue français François Fillon”, a indiqué l’architecte du projet Vladimir Sourovtsev. En septembre 2010, déjà, un monument au Corps expéditionnaire russe avait déjà été inauguré à Reims, région principale des activités des forces russes jusqu’en 1917. La visite du premier ministre russe s’inscrit donc dans un réel contexte de lune de miel entre les deux pays, puisque par exemple le commerce bilatéral a augmenté de 31,5% en 2010. Lors de sa visite en France, Vladimir Poutine doit notamment se rendre au salon du Bourget mais également rencontrer des membres de l’association “Dialogue franco-russe” qui a pour objectif de développer le partenariat des deux pays en multipliant les contacts dans le domaine des affaires, des investissements, de la science, de la culture et de l’enseignement.



Cette alliance franco-russe face ne repose pas que sur des intérêts géostratégiques éphémères mais également sur l’appartenance commune de ces deux pays à une seule et même civilisation européenne et chrétienne. Eurasienne dirons certains, puisque la France et la Russie s’étendent  de l’océan l’atlantique à l’océan pacifique et que cet immense territoire, qui va de Brest à Vladivostok, est géographiquement à la fois en Europe et en Asie. L’amitié franco- russe, ce n’est donc pas seulement des contrats, ni des territoires, ni même une mémoire commune, c’est surtout et avant tout l’appartenance à une civilisation commune, qui se doit d’être unie et soudée pour défendre ses valeurs.

La situation migratoire en juin 2011

J’ai déjà écrit sur ce blog à propos de l’immigration/émigration en Russie. Récemment Ria Novosti a publié quelques informations supplémentaires, quelques  chiffres qui sont venus éclairer la situation migratoire en 2011 en Russie.
Selon le directeur du Service fédéral russe des migrations (FMS), Konstantin Romodanovski la Russie compterait plus de 9,5 millions de migrants/étrangers. Parmi eux, 1,5 million de migrants sont en situation régulière et paient des impôts, 1,5 million d’autres ne sont pas venus en Russie pour travailler. Encore 6,5 millions de migrants s’y trouvent légalement, mais ne paient pas d’impôts”. Et d’ajouter qu’à Moscou (3 et 5 millions de migrants du travail), seulement  un  migrant sur deux est en situation régulière. Selon le directeur du FMS, les plus nombreux en Russie sont les migrants en provenance d’Ukraine. 

Il s’agit là de migrants légaux. En ce qui concerne les migrants illégaux, en septembre 2010 le FMS déclarait que le nombre d’immigrés illégaux dans la région de Moscou s’élevait à quelque 500.000 personnes, et à près de 2 millions dans Moscou. Le nombre de clandestins est estimé à  3 millions en Russie aujourd’hui soit trois fois moins qu’en 2000, et à comparer avec les 5 millions estimés en2005.
On peut donc estimer que les personnes  en situation  irrégulière (3 millions entrés clandestinement sur le territoire et 6,5 millions sans autorisation de travail) avoisinent les 10 millions, un chiffre stable par rapport à 2008.

И демография во всем этом?

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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В декабре прошлого года в статье, озаглавленной «Российская демография, предмет всевозможных фантазий», я писал, что вопреки идее, распространяемой основными средствами массовой информации, Россия не вымирает, во всяком случае, не больше, чем многие страны Европы.

В последние годы, действительно, часто можно было прочитать тут и там, что демографический кризис в России таков, что страна может не восстановиться, и что вымирание российского населения продолжается. Россия, говорят нам, теряет приблизительно от 800.000 до 900.000 человек в год и ее население должно сократиться до 100 миллионов человек к 2050 году. ООН прогнозировало в 2008 году, что население России снизится до 132 миллионов к 2025 году и 116 миллионов к 2050 году. Многие данные позволяют, тем не менее, думать, что этого не произойдет.


После распада СССР сокращение рождаемости и взрывной рост смертности создали беспрецедентный демографический спад, длившийся 25 лет, то есть целое поколение. С 1992 года смертность превышает рождаемость. В 1999 году с 1.214.689 рождениями и 2.144.316 смертями чистый убыток населения составил 929.627 человек. Коэффициент рождаемости в том же году был 1,17 ребенка на одну женщину, тогда как в 1989 году он составлял 2,01 ребенка на одну женщину.

С 2000-х годов число рождений начинает медленно расти, но смертность остается высокой, препятствуя росту населения, несмотря на иммиграцию. В 2005 году в России родилось 1.457.376 человек и умерло 2.303.935, то есть естественная убыль населения составила 846.559 человек. 2005 год был пятым годом экономической стабилизации в России, а также началом второго срока Владимира Путина. Это также был год начала осуществления демографического плана и программы содействия рождаемости. Мамы в настоящее время получают финансовую и материальную помощь, предназначенную для стимулирования рождения детей в лучших условиях.

Результаты самые положительные. В 2010 году 1.788.948 детей родились в России, а с 2.028.516 смертей чистая убыль населения составила 240.000 человек. Эти цифры усугубились исключительной жарой лета 2010 года, которая привела повышенной смертности, оцениваемой почти в 50.000 человек. Без этого климатического события естественная убыль населения могла составить «всего лишь» 200.000 человек. Перепись, состоявшаяся в октябре 2010, позволила также пересмотреть рост населения России, поскольку в соответствии с подсчетами население на 1 января 2011 года официально составило 142.900.000 человек, то есть на 1 миллион человек больше, чем считалось ранее.

За 2011 год доступны цифры с января по апрель. Они подтверждают тенденцию, обозначившуюся 2 года назад: что рождаемость будет оставаться высокой (в этом году должны родиться более 1,7 миллиона детей), а смертность снижается. Итак, впервые с 1998 года количество смертей не должно превысить 2 миллиона. Напомним, что снижение смертности является вторым этапом демографического плана, первым этапом которого является увеличение числа рождений. Естественная убыль населения по прогнозам на этот год должна составить около 200.000 человек, против 290.000 в 2009 году и 240.000 в 2010 году. В 2009 году иммиграция также поспособствовала увеличению российского населения на 25.000 человек, и снизилась «только» на 50.000 в 2010 году.

Начиная с 2008 года, численность населения России в целом находится на пути к стабилизации. Коэффициент рождаемости на 2010 год оценивается примерно в 1,54 детей / женщину, что примерно соответствует среднему показателю Европейского союза, и является более высоким, чем во многих странах, таких как Германия или Италия, которым, однако, не объявляется запрограммированное вымирание к середине столетия. Символ осознания того, что Россия будет существовать и в будущем, демографический бюллетень населения 2010, пересмотренный ООН, принимает во внимание эти новые подсчеты, и предусматривает в своем «среднем» варианте, что население России составит 139 миллионов в 2025 году и 126,2 миллиона в 2050 году. Эти новые оценки ООН больше гармонируют со средним демографическим сценарием Росстата, который предусматривает численность населения страны в 140 миллионов человек к 2025 году и 139 миллионов к 2030 году. Но эти оценки представляются осторожными в той степени, в какой в России все еще серьезно недооценивается влияние иммиграции, такими, вероятно, они останутся и в ближайшие годы.

Что должно произойти? В ближайшие годы число женщин детородного возраста будет медленно уменьшаться, в связи с воздействием структуры возрастно-половой пирамиды. В 2010 году было, например, 2,56 миллиона 22-летних женщин, 2,23 миллиона 20-летних женщин, 1,84 миллиона 18-летних женщин и 1,68 миллиона женщин в возрасте 17 лет. Только коэффициент рождаемости может компенсировать логичный спад числа рождений, вызванного низкой численностью молодых российских матерей детородного возраста. Желаемое увеличение рождаемости до 1,6 или 1,7 ребенка на одну женщину, в сочетании с продолжающимся сокращением смертности (улучшение инфраструктуры и смена поколений) теоретически должны уменьшить разрыв между числом рождений, которое не должно сейчас слишком вырасти, и числом смертей, которое должно серьезно сократиться. Но только иммиграция примерно 200.000 ― 250.000 человек в год должна предотвратить сокращение численности населения. Эти цифры миграционного притока также зафиксированы в низком демографическом сценарии Росстата для достижения численности населения 139 миллионов человек в 2030 году.

Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

Et la démographie dans tout ca?

L’article original a été publié sur le site de Ria Novosti
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En décembre dernier, j’écrivais dans une tribune intitulée :“La démographie russe objet de tous les fantasmes” que contrairement à l’idée globalement véhiculée par le mainstream médiatique, la Russie n’est pas en train de disparaître, en tout cas pas plus que de nombreux pays d’Europe.

 

Ces dernières années il a en effet été très fréquent de lire çà et là que la crise démographique russe était telle que le pays pourrait ne pas s’en remettre et que la disparition pure et simple de la population russe était en cours. La Russie, nous disait-on, perdait à un rythme de croisière approximativement 800 à 900.000 habitants par an et devait voir sa population tomber à 100 millions d’habitants vers 2050. L’ONU prédisait même en 2008 que la population de la Russie devrait tomber à 132 millions en 2025 et 116 millions en 2050. Plusieurs éléments permettent néanmoins de penser que cela ne se produira pas.

 

A la chute de l’URSS, l’effondrement de la natalité et l’explosion de la mortalité ont créé un creux démographique sans précédent pendant 25 ans, soit une génération. Dès 1992 la mortalité dépasse la natalité. En 1999, avec 1.214.689 naissances et 2.144.316 décès, la perte nette de population est de 929.627 habitants. Le taux de fécondité cette année-là est de 1,17 enfant par femme alors qu’il était de 2,01 enfants par femme en 1989.

 

Dès les années 2000, le nombre de naissances va doucement remonter, mais la mortalité reste élevée, empêchant toute hausse de la population, malgré l’immigration. En 2005, 1.457.376 naissances ont lieu en Russie et 2.303.935 décès, soit une perte naturelle de population de 846.559 habitants. L’année 2005 est la 5ème année de stabilisation économique en Russie, ainsi que le début du second mandat de Vladimir Poutine. C’est aussi l’année de lancement du plan démographique et aussi d’un programme d’aide à la natalité. Les mamans se voient désormais attribuer des aides financières et matérielles destinées à les inciter à faire des enfants dans de meilleures conditions.

 

Les résultats seront très positifs. En 2010, 1.788.948 bébés verront le jour en Russie, et avec 2.028.516 décès la perte nette de population est de 240.000 habitants. Ces chiffres sont en outre pénalisés par l’exceptionnelle canicule de l’été 2010 qui a entraîné une surmortalité de près de 50.000 personnes. Sans cet évènement climatique la baisse naturelle de la population aurait pu être de “seulement” 200.000 habitants. Le recensement d’octobre 2010 a permis en outre de réévaluer à la hausse la population de la fédération de Russie, puisque selon les décomptes, la population au 01 janvier 2011 se monterait officiellement à 142,9 millions d’habitants, soit 1 million de plus que ce qui était estimé jusque là.

 

Pour l’année 2011 les chiffres de janvier à avril sont disponibles. Ils confirment la tendance entamée depuis 2 ans à savoir que la natalité devrait rester élevée (l’année devrait voir plus de 1,7 million de naissances), tandis que la mortalité est en baisse. Ainsi, pour la première fois depuis 1998 le nombre de décès devrait passer sous les 2 millions. Rappelons que la baisse du nombre de décès est la seconde étape du plan démographique, la première étant la hausse du nombre de naissances. La baisse naturelle de population devrait donc pour cette année s’établir autour de 200.000 habitants, contre 290.000 en 2009 et 240.000 en 2010. En 2009 l’immigration a en outre permis à la population russe d’augmenter de 25.000 habitants et de “seulement” diminuer de 50.000 habitants en 2010.

 

Depuis 2008 la population russe est donc globalement en voie de stabilisation. Le taux de fécondité pour 2010 est approximativement estimé à 1,54 enfant / femme ce qui correspond à peu près au taux médian au sein de l’union européenne, et est supérieur à celui de nombreux pays comme par exemple l’Allemagne ou l’Italie dont on n’annonce pourtant pas la disparition programmée pour le milieu du siècle. Symbole de cette prise de conscience que la Russie existera encore dans le futur, le bulletin démographique 2010 révisé de l’ONU prend en compte ces nouvelles évaluations et projette dans sa variante “moyenne” une population en Russie de 139 million en 2025 et 126,2 millions d’habitants en 2050. Ces nouvelles estimations de l’ONU sont plus en phase avec le scénario démographique prévu par l’institut russe de statistiques Rosstat qui dans son scénario démographique médian pour le pays envisage une population de 140 millions d’habitants en 2025 et 139 millions  en 2030. Mais ces estimations paraissent prudentes dans la mesure où l’impact de l’immigration est sans doute encore largement sous estimé en Russie et le sera sans doute dans les années à venir.

 

Que devrait-il se passer? Dans les prochaines années le nombre de femmes en âge de procréer va lentement diminuer, effet de structure de la pyramide des âges russe. Il y avait en 2010 par exemple 2,56 millions de femmes de 22 ans, 2,23 millions de femmes de 20 ans, 1,84 million de femmes de 18 ans et 1.68 million de femmes de 17 ans. Seul un taux de fécondité à la hausse pourrait compenser la baisse logique du nombre de naissances, due au plus faible nombre de jeunes mamans russes en âge de procréer. La hausse souhaitée du taux de fécondité à 1,6 ou 1,7 enfant par femme, couplée à la réduction de la mortalité en cours (amélioration des infrastructures et changement de génération) devrait donc théoriquement permettre de réduire le gap entre le nombre des naissances, qui ne devrait plus trop augmenter désormais, et le nombre de décès qui lui devrait sérieusement diminuer. Mais seule une immigration d’approximativement 200 à 250.000 personnes / an devrait pouvoir empêcher la population de numériquement décroître. Ces chiffres sur l’apport migratoire sont également ceux fixés pour le scénario démographique de l’institut statistique Rosstat, dans sa version basse, pour arriver à cette population de 139 millions d’habitants en 2030.

Mistral gagnant, dénouement ?

La France et la Russie ont signé aujourd’hui vendredi 17 juin le contrat de vente de deux Mistral (les deux premiers), lors du Forum de Saint-Pétersbourg. L’accord a été signé par des responsables du groupe de construction navale militaire français DCNS (contrôlé à 25% par le groupe d’électronique de défense Thales) et le groupe public russe Rosoboronexport.

Les deux premiers Mistral seront donc construits en France, aux chantiers STX de Saint-Nazaire et les deux suivants le seront en Russie, grâce aux transferts de technologie qui font partie du contrat. La part industrielle russe augmentera progressivement pour les quatre bateaux : 20 %, 40%, 60%, 80% – soit au final un partage 50/50. Le premier bateau devrait être livré fin 2013.  

DCNS va donc être le maître d’œuvre, STX le sous-traitant associé à des entreprises russes qui prendront part à la construction. Côté transfert de technologies, il semblerait que les BPC russes soient bien équipés comme le Mistral, avec le Système d’Exploitation Navale des Informations Tactiques (SENIT).

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En voila une bonne nouvelle !

Texte lié: Mistral Gagnant (Novembre 2010)

Восточная Казань

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости 
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Я думаю, что среди нетипичных городов России, в которых абсолютно необходимо побывать, Казань оказалась бы первой. Казань, нужно честно признать, это город не такой, как другие. Она не только столица Татарстана, этого невероятного региона Евразии, имеющего богатую и древнюю историю.
 
Казань больше, чем столица, в XXI веке она является чудом гармонии, объединения и мира, когда межобщинная и межрелигиозная напряженность отравляют жизнь во многих странах, в Европе и других странах. Татарстан расположен к востоку от Москвы, на берегу Волги, перед Уралом, то есть недалеко от той границы, которую некоторые ошибочно приписывают Европе. История региона сложна, она соответствует невероятному образу того, чем является сегодняшний Татарстан. Регион древний, вероятно, созданный волжскими булгарами, этим народом, который мигрировал с берегов Черного моря, чтобы в VIII веке основать государство на территории сегодняшнего Татарстана.Ислам, ввезенный ближневосточными миссионерами, установился здесь в X веке, но и другие религии по-прежнему здесь практикуются. В 1238 году нашествие монгольской Золотой Орды окончательно разрушило Волжскую Булгарию. В 1438 году было создано казанское ханство, оно просуществовало чуть больше века, до 1552 года, когда русский царь Иван Грозный аннексировал регион и превратил Татарстан в русскую провинцию. Символ этой военной победы, знаменитый собор Василия Блаженного, построенный напротив московского Кремля, и сегодня считается символом русской архитектуры.Таким образом, с 1552 года истории Татарстана и России стали единым целым.  

 
На протяжении почти пяти веков Татарстан является российским регионом. Так же как Карелия, Татарстан имеет статус республики. Как и его северная сестра, Татарстан является примером самой наиболее децентрализованной административной единицы, какая только возможна в рамках России. Российские республики на самом деле являются автономными образованиями, со своими конституциями, президентами и даже своими официальными языками. Именно поэтому в Татарстане все написано на татарском и русском языках.Из всех республик Российской Федерации, Татарстан, несомненно, является той, что лучше всего представляет и символизирует панъевразийский и многокультурный характер сегодняшней России. Татарстан является мозаичной республикой, в которой проживает множество народов и религий. Этнические татары составляют 50% населения, русские 40%, но там живут и многочисленные национальные меньшинства: чуваши, удмурты, украинцы, марийцы, башкиры, азербайджанцы, белорусы, армяне или евреи. Это этнокультурное многообразие отражает всю реальность и разнообразие степи.Посещение Казани, столицы Татарстана, как правило, вызывает изумление, лавину чувств и ощущений, столь же противоречивых, сколь и неожиданных. Город, конечно, сильно изменился со времен первых поселенцев, пришедших туда более тринадцати веков назад. Казань ― это город, который строится, как и все города современной России.Новостройки соседствуют со старыми деревянными домами, символ сосуществования старого и нового мира. Современность воцаряется, инфраструктура развивается, особенно великолепное метро, открытое в 2005 году к 1000-летию города. Центр Казани пересекает пешеходная улица, ведущая к Кремлю. Это уникальный архитектурный ансамбль для России, но также единственный в мире. Мечеть Кул Шариф, самая большая мечеть в Европе, возвышается в Кремле рядом с Благовещенским собором. Этот необыкновенный Кремль входит в список Всемирного наследия ЮНЕСКО. Он является сердцем города, абсолютно мультикультурного и многонационального, где можно увидеть исламский центр, 41 мечеть, 26 православных церквей, но также церкви католические, протестантские, синагогу, кришнаитский центр и даже молитвенный центре бахаи!Сидя на террасе кафе в центре города, путешественник с трудом выделяет различные влияния, азиатские, восточные и славяно-христианские, но также постсоветские, настолько они кажутся переплетенными и слившимися. Наблюдение за толпой, проходящей по улице, позволяет делать удивительные наблюдения. 
 
Лето в Казань приносит нечто беспечное, здесь чувствуешь себя на полпути между Азией и Европой, или скорее между Европой и Востоком. Казань заставляет вспомнить о Сараево, но ее евразийский вариант совершенно особенный. Слияние этно-религиозных идентичностей, кажется, не наносит никакого вреда русским традициям, например, в плане одежды. Нередко можно встретить, к примеру, двух идущих вместе молодых женщин-мусульманок, на одной из них мусульманский платок, а другая ― в короткой футболке.Казань находится на переднем крае одежной полемики, но без того, чтобы это создавало видимую напряженность. Две основные общины Казани, татары и русские, живут мирно, несмотря на свои различия, свою культурную и религиозную идентичность, не противопоставляя и не навязывая их своим соседям. Представляешь себе, что за 500 лет все общины научились жить вместе. Эта гармония хорошо видна благодаря большому количеству смешанных семей, что идет вразрез с обособлением народов Татарстана. В 2009 году Хиллари Клинтон посетила Татарстан, чтобы вдохновиться гармоничным сосуществованием общин. Она назвала эту российскую республику «моделью сосуществования различных народов и религий» и даже заявила о своем намерении проконсультироваться с тогдашним президентом Минтимером Шаймиевым относительно тех методов, которые используются в Татарстане для урегулирования возможных межобщинных конфликтов.Город ― не только витрина мира и человеческой гармонии. 
 
В недавнем экономическом докладе Ernst & Young говорится, что Казань ― один из городов, наиболее благоприятных для бизнеса в России. Символ этого успеха: Международная федерация университетского спорта (IUSF) выбрала Казань для проведения летней Универсиады 2013 года, международного спортивного студенческого соревнования.Намек на современность и образ успеха Татарстана, девиз этой республики: «Без булдырабыз (Мы можем!)».
 

Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

Kazan l’orientale

L’article original a été publié sur le site de Ria Novosti

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Parmi les villes atypiques en Russie qu’il faut absolument visiter, je pense que Kazan est définitivement en tête de liste. Kazan, il faut bien le reconnaître, n’est pas une ville comme les autres. Elle n’est pas seulement la capitale du Tatarstan, cette incroyable province d’Eurasie qui a une histoire riche et ancienne.
Kazan est plus que cela, elle est au 21ème siècle un miracle d’harmonie, de fusion et de paix, a l’heure ou les tensions inter-communautaires et interreligieuses empoisonnent la vie dans bon nombre de pays, en Europe et ailleurs. Le Tatarstan se situe à l’est de Moscou, sur les rives de la Volga, juste avant l’Oural, c’est-à-dire près de cette frontière que certains attribuent à tort à l’Europe. L’histoire de la région est complexe, elle est bien à l’image assez incroyable de ce qu’est le Tatarstan d’aujourd’hui. La province est ancienne, vraisemblablement créée par les Bulgares de la Volga, ce peuple qui migra des rives de la mer noire pour constituer un état organisé dès le 8ème siècle sur le territoire de l’actuel Tatarstan.
L’islam s’y implante au 10ème siècle, introduit par des missionnaires du proche orient, mais les autres religions continueront d’y être pratiquées. En 1238 l’invasion des mongols de la horde d’or détruit définitivement la Bulgarie de la Volga. Le Khanat de Kazan est créé en 1438, il perdure un peu plus d’un siècle, jusqu’en 1552, date à laquelle le tsar russe Ivan le Terrible annexe la région et fait du Tatarstan une province russe. Symbole de cette conquête militaire, la fameuse église Sainte Basile, construite devant le Kremlin de Moscou et qui est encore considérée aujourd’hui comme un des symboles de l’architecture russe.
Ainsi, depuis 1552, les histoires du Tatarstan et de la Russie ne font plus qu’une. Depuis prés de 5 siècles le Tatarstan est donc une province russe. Comme la Carélie, dont elle est une sorte de miroir inverse, le Tatarstan a le statut de république. Comme sa cousine du nord, elle représente l’exemple de l’unité administrative la plus décentralisée possible au sein de la fédération de Russie. Les républiques russes sont en effet des entités très autonomes, ayant leurs constitutions, leurs présidents et même leurs langues officielles. A ce titre au Tatarstan tout est écrit en tatar et en russe.


Parmi toutes les républiques de la Fédération de Russie, le Tatarstan est sans doute celle qui représente et symbolise le mieux l’aspect pan-eurasiatique et multiculturel de la Russie d’aujourd’hui. Le Tatarstan est une république mosaïque dans laquelle cohabitent nombre de peuples et de religions. Les Tatars ethniques sont 50% de la population, les russes 40%, mais de nombreuses autres minorités y résident:Tchouvaches, Oudmourtes, Ukrainiens, Maris, Bachkires, Azéris, Biélorusses, Arméniens ou encore des minorités juives. Cette diversité ethnoculturelle traduit toute la réalité et la variété de la steppe.

 

La visite de Kazan, capitale du Tatarstan, déclenche en général une avalanche d’étonnements, de sentiments et de sensations aussi contradictoires qu’inattendus. La ville a bien sur sans doute beaucoup changé depuis que ses premiers colons sont venus s’y installer il y a plus de 13 siècles. Kazan est une ville en travaux, comme toutes les villes de la Russie d’aujourd’hui. Les immeubles neufs côtoient les vieilles maisons en bois, symbole de la cohabitation entre l’ancien et le nouveau monde. La modernité s’installe, les infrastructures se développent, notamment le magnifique métro, inauguré en 2005 pour les 1.000 ans de la ville. Le centre ville de Kazan est traversé par une artère piétonne, qui mène au Kremlin. C’est un ensemble architectural unique en Russie, mais aussi unique au monde. La mosquée Qolcharify, plus grande mosquée d’Europe, y trône à côté de la cathédrale de l’Annonciation. Ce Kremlin exceptionnel est d’ailleurs au patrimoine mondial de l’Unesco. Il est le cœur d’une ville qui est totalement multiculturelle et multiethnique, dans laquelle on peut voir un centre islamique, 41 mosquées, 26 églises orthodoxes, mais également des églises catholiques, protestantes, une synagogue, un centre pour la consécration de Krishna et même un centre de prière du Bahaïsme!
 
Assis en terrasse dans le centre ville, le visiteur a du mal à distinguer les différentes influences, asiatiques, orientales et Slavo-chrétiennes, mais également postsoviétiques, tant elles semblent imbriquées et fusionnées. Observer la foule qui passe dans la rue permet de faire des observations étonnantes. L’été à Kazan  apporte  quelque chose de nonchalant, on s’y sent à mi chemin entre l’Asie et l’Europe, ou plutôt entre l’Europe et l’orient. Kazan pourrait faire penser à Sarajevo, mais sa variante eurasiatique est bien particulière. La fusion des identités ethno-religieuses ne semble aucunement porter atteinte aux traditions russes, par exemple sur le plan vestimentaire. Il n’est pas rare de croiser, par exemple, deux jeunes femmes musulmanes marchant ensemble, l’une en foulard et l’autre en minishort.
Kazan est l’avant-poste des polémiques vestimentaires, mais visiblement, sans que cela ne crée aucune tension visible. Les deux communautés principales de Kazan, Tatars et Russes, semblent vivre paisiblement leurs différences et leurs identités culturelles et religieuses, sans se les  opposer, ni les imposer à leurs voisins. Depuis 500 ans bien sur, on imagine que toutes les communautés ont appris à vivre ensemble. Cette harmonie est du reste assez visible via le grand nombre de familles mixtes, qui vont au contraire de la communautarisation des peuples, du Tatarstan. En 2009, Hillary Clinton a d’ailleurs visité le Tatarstan pour s’inspirer des méthodes de cohabitation harmonieuse entre communautés. Elle a qualifié cette république russe de “modèle de cohabitation entre ethnies et religions différentes”, déclarant même son intention de consulter le président de l’époque Mintimir Chaïmiev sur les méthodes employées au Tatarstan pour régler  d’éventuels conflits intercommunautaires.
 
La ville n’est pas seulement une vitrine de paix et d’harmonie humaine. Un récent rapport économique d’Ernst et Young affirmait que Kazan était l’une des villes les plus propices au business en Russie. Symbole de cette réussite, la Fédération internationale du sport universitaire (FISU) a retenu, Kazan, pour l’organisation de l’Universiade d’été de 2013, une compétition internationale universitaire multisports organisée par la Fédération internationale du sport universitaire.
Clin d’œil d’actualité et à l’image de la réussite du Tatarstan, la devise de la République est: “Bez Buldırabız! (We can!)”.

Le point démographique – Juin 2011

Les chiffres démographiques de la période janvier/avril 2011 sont en ligne.

* Le nombre de naissances est légèrement en baisse sur la période janvier/avril 2011 (557.926 naissances) par rapport à janvier/avril 2010 (571.980 naissances) soit 14.054 naissances de moins

Le nombre de décès est lui également en forte baisse 658.665 contre 679.339 soit 20.674 décès de moins. Les décès pour des raisons cardio-vasculaires ont baissé de 3,6%, les morts pour raisons externes ont baissé de 8,1% (notamment 13,4% de moins pour les empoisonnements, 8,4% de moins pour les meurtres et 5,3% de moins pour les suicides). 

La  diminution naturelle de la population est donc toujours en baisse et ce malgré la diminution du nombre des naissances pour les 4 premiers mois de l’année. Le nombre de naissances a diminué de 1% et le nombre de décès de 2,4%.

* Le nombre de mariages est également en baisse, les 4 premiers mois de 2010 ont vu 307.912 mariages contre 294.190 cette année, soit 13.722 mariages en moins. D’autre part, le nombre de divorces est très légèrement en hausse : 208.785 contre 207.710 soit 1.715 de plus.


Analyse :

* Cette baisse des naissances est peut être saisonnière, les mois de mars et avril 2010 ont été très fertiles. En outre, les naissances de mars/avril 2011 ont été conçues en juillet/aout 2010, au cœur de la canicule de l’été dernier, rien ne permet d’exclure le fait que cela  ait joué un rôle plutôt négatif. 

Le mois de mai 2011 sera un indicateur pour savoir si 2011 peut voir 1,8 millions de naissances ou pas. Quoi qu’il en soit même si le nombre de naissances stagne ou diminue un peu comparé à l’année dernière, il faut surveiller le nombre de décès qui devrait lui théoriquement passer sous la barre des 2 millions pour la première fois depuis 1998. La baisse naturelle de population dans ce cas de figure pourrait donc se situer si la situation perdure sous la barre des 200.000 habitants pour 2011 (contre 290.000 en 2009 et 240.000 en 2010)


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Articles annexes: 

Grandeur et décadence

Mes lecteurs les plus assidus connaissent déjà sans doute Oncle-Vania, qui en 2009 et 2010 à publié d’excellentes analyses sur les médias Français et la Russie, dans le Courrier de Russie. Afin de garder sa liberté de ton et pouvoir continuer à donner son analyse de Français de Russie, Oncle Vania va désormais collaborer à Dissonance et tenir une rubrique régulière. 
Nul doute que ses analyses dissonantes ont totalement leur place sur ce blog!

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Grandeur et décadence

L’affaire DSK et son traitement par les médias, français met en relief l’extension aux domaines sociaux et culturels de la dérive atlantiste que la France subit progressivement depuis quelques années. Non seulement les écrans télévisuels français se remplissent des inepties débilitantes copiées des chaînes américaines, mais le traitement de l’information et sa réception par les spectateurs français se rapprochent des normes politiquement correctes américaines et de leurs incroyable hypocrisie. 

Le communautarisme américain et son corollaire, l’exacerbation des revendications des minorités, quelqu’elles soient, a gangrené les rapports sociaux. C’est un lieu commun de dire par exemple que le féminisme militant et extrémiste des années 60 a profondément détérioré les rapports homme/femme en Amérique. La complémentarité des deux sexes s’est transformée en antagonisme et en guerre de tranchées, renforcé paradoxalement par un puritanisme religieux croissant, pourtant aux antipodes des valeurs des années 60. L’homme est devenu un adversaire , voir un ennemi, il suft de regarder les procédures juridiques et les contrats de mariages. Loin de moi de remettre en cause les avancées des droits des femmes, comme l’avortement, l’égalité des salaires … Mais le glissement extrémiste du féminisme, à l’instar d’autres extrémismes comme le militantisme gay aux États-Unis pose plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. En la matière, le philosophe qui fait référence, Michel Colluci, dit Coluche, disait “ les femmes sont des mecs pas faits comme nous…”, et ceci me semble lʼun des aphorismes les plus justes écrit sur le sujet. Pour revenir sur l’affaire DSK, elle éclaire pour les français lʼextrême iniquitéé du système judiciaire américain et sa médiatisation. Un procès comme celui la se rapproche plus dʼune  émission de télé-réalité quʼa une oeuvre de justice. Le rôle des médias, le système accusatoire, la starisation des procureurs, tout cela en fait un cirque très onéreux et injuste socialement. 

Quʼattendre de plus dʼun pays qui a laminé ses classes moyennes, paupérisé ses plus pauvres et enrichi ses plus riches,et où les seules manifestations de masse l’ont été pour fustiger le programme de santé du président Obama.Il est temps de laisser tomber Tocqueville pour Gramsci si on veut comprendre la réalité du totalitarisme américain. On attendait plus de décence des médias français, même si ce mot a perdu de sa raison d’être dans ce domaine. Le rapport incestueux entre ces derniers et le pouvoir politique a aussi sûrement joué un rôle, l’Élysée savourant de voir son principal adversaire jeté en pâture. Le rôle des féministes françaises est aussi désolant. Une partie de leurs égéries est sortie de la naphtaline pour ajouter leur pierre à un dossier que nul ne connaît réellement ( manipulation de services, embrouille à l’africaine, moment de faiblesse…? ).

Le mâle est forcément coupable et ceux qui le défendent d’horribles mysogines, dans ce domaine le procès fait à Jack Lang, sur l’expression “mort d’homme” est un chef d’oeuvre de malhonnêteté intellectuelle. Le débat sur le fait que les politiques et les amis de DSK aient occulté la victime est aussi d’une mauvaise foi agrante.La victime présumée est pour le moment virtuelle, cachée, occultée, ouvrant la voie à tous les fantasmes, sur son statut, ses motivations.


A lire sur le site du club France, un extrait de la correspondance entre BHL et Michel Houellebecq où lʼon comprend que la haine que porte le pseudo philosophe à la chemise blanche à la Russie est obsessionnelle, maladive et n’a d’équivalent que son ignorance du pays.

Будет ли снова гореть Россия?

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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Москве наступило лето и принесло с собой хорошие и плохие новости. Уже несколько недель в городе нет снега, а переход из зимы в лето произошел внезапно, почти без весны.
 
Я уже объяснял в предыдущих статьях, до какой степени зима давит на москвичей. С первыми лучами солнца люди проводят максимум времени на улице, площади заполняются, уличные кафе тоже, парки переполнены молодыми и старыми, пытающимися воспользоваться солнечными лучами, теплом и светом. Лето в Москве ― радость для глаз, так как русская и славянская красота является взгляду, особенно благодаря молодым девушкам, украшающим почти каждую улицу столицы. Лето также сезон шашлыков. Нехватка свежего воздуха в течение долгой зимы привела к тому, что русские очень ценят возможность готовить на воздухе вместе с семьей или друзьями, чтобы наслаждаться этими пикниками на природе.
 
Россияне, у которых есть дачи, маленькие сельские домики, отправляются туда с первым теплом. Для других, остающихся в городе, первый попавшийся парк дает возможность найти свободную полянку, чтобы водрузить туда знаменитый «мангал» или барбекю, обязательный инструмент для приготовления столь желанных шашлыков. Российские законы в этом вопросе достаточно гибкие, а возможность готовить шашлыки в соседнем парке или у подъезда своего дома рассматривается россиянами как почти неотъемлемое право. Разумеется, этот кулинарный сезон не обходится без риска, каждый год происходят инциденты, вызванные излишним употреблением алкоголя на солнце.
 
В прошлом году эти традиционные московские увеселения не состоялись. Россия сильно пострадала от жары, подобной французской жаре 2003 года. По меньшей мере, начиная с июня, близкая к 40 градусам температура держалась на большей части страны, лесные пожары начались одновременно повсюду, в том числе вокруг Москвы. Эти пожары имели трагические последствия, так как выгорел почти миллион гектаров леса, погибли 58 человек, а более 3.000 домов были разрушены. На протяжении нескольких недель 10 миллионов жителей Москвы буквально задыхались от окружавших город торфяных пожаров, утопивших ее в густом дыму и запахе гари. Долгосрочные последствия, без сомнения, гораздо более серьезные. Избыточная смертность, вызванная жарой, была оценена примерно в 50.000 человек. Что касается экологии, то пожары затронули зоны, подвергшиеся радиационному заражению, из-за чего в воздухе появились радиоактивные частицы. Наконец, в экономическом плане, пожары уничтожили множество деревень, дорог и инфраструктуры. Засуха снизила урожай зерновых, привела к прекращению российского экспорта и росту цен на местном рынке.
 
Французская пресса очень пугала общественное мнение, заставляя нас поверить, что вся страна охвачена огнем, но в действительности процент земель, опустошенных пожарами, был меньше, чем тот, что ежегодно горит в некоторых западных странах, таких, как Греция, Португалия, Испания или даже Америка. Несмотря на все их усилия и почти навязчивое желание добиться этого (пример здесь), репортеры и журналисты так и не смогли доказать нам связь этих пожаров с гипотетическим провалом путинской системы. Хочу отметить, что российские жертвы в конечном итоге были забыты в одержимости и журналистских боях, которые можно справедливо охарактеризовать какнаступление на охваченную огнем страну.
 
Год спустя пришло время подводить итоги. Хорошие новости: возобновился экспорт зерновых. Частные дома были восстановлены (здесь итам), а система не рухнула. Наконец, правительство выделило средства, в основном на приобретение противопожарного оборудования и защиту лесов. Во время пожаров 2010 года, российские блогеры проявили творческий подход, организовав в различных регионах и городах бригады добровольцев, продемонстрировав тем самым относительную зрелость гражданского общества, которое, как нам говорят, не существует. Наконец, эти пожары предоставили возможность для французско-российского сотрудничества, так как среди иностранных пожарных, отправленных в Россию, были и французские пожарные, которых очень скоро окрестили «эскадрилья Нормандия-Неман».

 

Однако многие эксперты предсказывают, что в этом году пожары должны возобновиться, они уже начались в Сибири. Хуже того, в конце мая 2011 горят уже почти 100.000 гектаров, то есть в два раза больше, чем в прошлом году в это же время. Разумеется, пожары в России происходят каждый год, это климатический факт, с которым, вероятно, ничего не поделаешь. В США, например, когда пожары начинаются на больших необитаемых территориях, власти оставляют их гореть, ограничиваясь защитой населения. Мы видели в прошлом году в России, что очень трудно бороться с пожарами, распространяющимися в обширных хвойных лесах и обрушивающихся на небольшие деревни, которые состоят из деревянных домов, и в которых часто даже нет водопровода.
 
Пожары, вызванные происшествиями во время барбекю или эффектом увеличительного стекла от бутылок, повсюду разбросанных в лесах, в прошлом году были многочисленными. Совершенно очевидно, что усвоение россиянами более экологического поведения будет иметь решающее значение для уменьшения риска пожаров в будущем. Что же касается местных властей, их способность отремонтировать повреждения и эффективно реализовывать необходимые методы для предотвращения и сдерживания новых пожаров будет, без сомнения, настоящим тестом в момент приближающихся парламентских выборов следующей зимы.
 
Перевод : Уголин (Ursa-Tm)