2021 : la fin de Navalny ?

Inconnu du grand public, Alexeï Navalny commencé sa carrière en politique comme conseiller du gouverneur de l’oblast de Kirov, Nikita Belych qui sera arrêté en 2016 et condamné à 8 ans de prison en 2018 pour un pot de vin de 400 000 euros.

Alexeï Navalny émerge sur la scène publique à la suite des manifestations de 2011 sur la place des maris (Bolotnaïa) qui font suite aux élections législatives de 2011.

Il faut dire que les quelques 60.000 russes qui sont là ce jour-là, sont entourés des vieux dinosaures de l’opposition russe qui n’ont en commun que de ne pas pouvoir rassembler plus de quelques pourcents lors des élections ou péniblement, ils arrivent à se présenter.

Navalny est jeune et au milieu des dinosaures, il émerge comme un visage neuf et se présente comme un lanceur d’alerte anti-corruption, ce qui évidement plait à tout le monde mais fait plutôt sourire les initiés qui savent que Navalny est tout sauf un saint.

En 2013 il connaît son heure de gloire lors de la campagne pour la mairie de Moscou ou en faisant une campagne de terrain efficace il profite du dégoût des moscovites las du Loujkovisme et sa calamiteuse gestion de la ville, et obtient 27% des voix au premier tour.

De facon surprenante, Navalny est alors immédiatement, malgré son passé de militant nationaliste et anti-immigration,  devenu l’idole des journalistes étrangers, qui ont fait de lui le principal opposant à Poutine, un héros anti-corruption, un chevalier blanc face la dictature du Mord … Pardon du Kremlin et surtout l’ennemi numéro 1 du Tsar de Russie qui, du reste, le craindrait tellement qu’il refuserait toujours de citer son nom.

Navalny est de toute évidence l’homme que les occidentaux aimeraient voir à la tête de la Russie car, de toute évidence, il leur plaît car il leur est favorable. Il a le soutien des oligarques en exil, Khodorkovski en tête.  

Navalny est aussi invincible, il ne va jamais en prison plus de 30 jours, il ne sort jamais de prison en mauvais état, il continue ses activités en vivant en Russie sans craintes et en 2020 il devient le premier homme non pas à marcher sur Mars mais que le FSB ne serait pas arrivé à assassiner, sur le territoire russe.

Exfiltré en Allemagne comme un oligarque pour y être soigné (chance que la grande majorité des russes n’ont pas) il se remet à une vitesse grand V d’un empoisonnement au Novichok (!) et, durant sa rapide convalescence, arrive sans l’aide des services secrets étrangers bien entendu à entrer en contact avec les agents du FSB ayant tenté de le tuer (!) dont l’un confessera tranquillement au téléphone en se faisant enregistrer …

Héroïque, il décide de rentrer en Russie pour continuer sa lutte contre le Mordor et Vladimir Poutine. Arrêté à son arrivée il est condamné à 30 jours de prison. Après son arrestation il sort une vidéo sur une prétendue révélation d’un « palais de Poutine » qui serait la confirmation du summum de la corruption du système russe actuel. Pour les francais et les journalistes qui ne font pas leur travail ça ressemblait à une révélation, pourtant il n’en est rien. Ce « palais », bâti par un Italien, date de 2007 et appartient officiellement depuis 2011 à un oligarque russe du sud de la Russie.

Cette vidéo, cumulée à l’arrestation « injuste » et « illégale » d’Alexeï Navalny devait être le catalyseur d’une grande journée de manifestation nationale ce samedi 23 janvier 2021. Certains commentateurs et observateurs pensaient même que cette journée allait être le point de départ d’une situation à la Biélorusse voir d’un Maïdan russe.

Et puis il y a le réel et les faits.

Pourquoi Navalny est-il en prison ?

En février 2014, il est placé en résidence surveillée pour une durée de 2 mois par un tribunal de Moscou pour avoir quitté la capitale ce qui est en infraction avec un jugement rendu précédemment. Son assignation à résidence est prolongée de six mois en avril 2014.

Toujours en avril 2014, il est reconnu coupable de diffamation à l’encontre d’un député qu’il aurait qualifié de toxicomane et condamné à une amende de 300 000 roubles.

En décembre 2014, il est condamné à 3 ans et 6 mois de prison avec une amende de 500 mille roubles pour acte frauduleux et le blanchiment d’argent de 360.000 euros dans l’affaire Yves Rocher. Son frère Oleg a été condamné à la même peine, mais ferme, pour blanchiment d’argent et escroquerie, ce dernier étant directeur à la poste a cette époque. La création d’une société offshore à Chypre par les frères Navalny est également mise en lumière à l’occasion de l’enquête.
Le tribunal, indulgent, a décidé de considérer la peine infligée avec sursis avec une période d’essai de 5 ans puis par la suite prolongé la période d’essai d’un an.
Cependant, en 2020, Navalny a enregistré de multiples violations (6 au total) des conditions de la période probatoire, selon lesquelles il était obligé de se présenter pour s’inscrire à l’inspection criminelle exécutive du Service fédéral des pénitenciers deux fois par mois certains jours.

C’est sur ce motif que les autorités russes ont demandé à Alexeï Navalny de rentrer en Russie ou d’être extradé et aller en prison et c’est pour cette raison qu’il est rentré en Russie.

Ls manifestations du 23 janvier,

La journée du 23 janvier était pour Navalny, un test pour évaluer sa capacité de mobilisation et la densité de son soutien et le moins que l’on puisse dire est que cette journée a été pour lui un terrible échec.

Que s’est-il passé alors que le climat dans la Russie occidentale était propice à permettre à aller dans la Rue ? (+2 degrés à Saint- Pétersbourg et Moscou).   

Le blogueur Bryan Mac Donalds, un irlandais qui vit dans le sud du pays, a synthétisé les informations des manifestations telles que publiées par le très sérieux Kommersant, les chiffres sont dessous. Les autres indications viennent de synthèses effectuées par moi via diverses sources.

Extrême-Orient

A Petropavlovsk-Kamchatka, 200 personnes auraient manifesté (pour une population de 179.000 habitants).

A Yuzhno-Sakhalinsk, 400 personnes auraient manifesté (pour une population de 190.000 habitants).

Dans la ville de Khabarovsk, qui a vu entre 60 et 100.000 personnes manifester lors de l’année 2020 pour défendre leur député du LDPR (mouvement nationaliste) arrêté, seuls 200 personnes ont manifesté pour une population de 600.000 habitants.

A Vladivostok près de 3.000 personnes auraient manifesté (pour une population de 600.000 habitants).

Sibérie  

A Irkoutsk, près de 2.000 personnes auraient manifesté (pour une population de 600.000 habitants).

A Krasnoïarsk près de 1.000 personnes auraient manifesté (pour une population de 1.000.000 habitants).

A Ijevsk près de 1.000 personnes auraient manifesté (pour une population de 600.000 habitants

A Novossibirsk près de 4.500 personnes auraient manifesté pour une population de 1,5 million d’habitants.

Volga et Oural

A Kazan près de 1.000 personnes auraient manifesté (pour une population de 1 million d’habitants).

A Perm, ce sont 2.000 personnes qui seraient descendus dans la rue (pour une population de 1 million d’habitants).

A Ekaterinbourg, ce sont 3.000 personnes qui seraient descendus dans la rue (pour une population de 1,5 million d’habitants).

A Samara ce sont entre 2 et 3.000 personnes qui seraient descendus dans la rue (pour une population de 1,1 million d’habitants.

A Chelyabinsk, ce sont entre 5 et 7.000 personnes qui seraient descendus dans la rue (pour une population de 1,15 million d’habitants).

A Ufa ce sont 5.000 personnes qui ont manifesté pour (pour une population de 1 million d’habitants).

A Nijni-Novgorod ce sont entre 3 et 4.000 personnes qui ont manifesté pour (pour une population de 1,2 million d’habitants).

Sud du pays

Près de 4.000 personnes auraient manifesté à Krasnodar (pour une population de 1 million d’habitants).

A Rostov, ce sont autour de 1.000 personnes qui auraient manifesté (pour une population de 1,1 million d’habitants).

En Crimée une centaine de personnes ont manifesté à Simferopol, sur une population de 340.000 habitants.

En Russie centrale

La Russie centrale et ses deux capitales sont habituellement et traditionnellement les villes dans lesquelles les mobilisations d’opposition « libérale » sont les plus importantes,

A Saint Petersbourg ce seraient autour de 5.000 personnes qui auraient manifesté, pour une population de 5,5 millions d’habitants soit l’équivalent à Paris d’une manifestation de 2.500 personnes.
Se rappeler qu’en février 2012 ce sont près de 25.000 personnes qui avaient manifesté dans la continuité du mouvement Bolotnaia à Moscou.
Signe que les temps changent, la police s’est même excusée d’un incident avec une manifestante qui aurait été bousculée par les forces de l’ordre. Du reste dans certaines villes, les forces de l’ordre ne sont meme pas intervenues tandis que certains meetings pourtant interdits se sont passés sans interpellations.

A Moscou, entre 8 et 10.000 personnes seraient descendues dans la rue meme si Reuters annonce 40.000 (! :-), le MVD 4.000 et les compteurs blancs entre 10 et 15.000 au pic.
Des incidents sporadiques ont eu lieu, certains manifestants refusant leur arrestation pour une manifestation rappelons le, interdite par les autorités de la ville, s’en prenant aux forces de l’ordre, (42 blessés chez les forces de l’ordre), aux voitures officielles ainsi qu’aux opposants à Alexeï Navalny.
9.000 manifestants à Moscou (ville de 12 millions d’habitants) correspondrait à Paris à une manifestation de 1.600 personnes …
Selon les analyses disponibles, et malgré le buzz de l’annonce de la manifestation sur Tik-Tok (137 millions de vues !!!!!), sur laquelle les partisans de Navalny sont de plus en plus présents, les moins de 18 ans ne représentaient que 4% des manifestants, les 18-24 ans près de 25% et 37% de gens de plus de 25 / 40 ans.
29 manifestants ont été blessés « légers » lors de la manifestation de hier dans la capitale, tous sont déjà sortis de l’Hôpital.

A l’étranger

Des manifestations ont eu lieu dans 78 villes notamment à La Haye, Londres, Paris, Berlin, Milan, Munich, Prague, Barcelone et Madrid ou encore Tel Aviv et Helsinki.  Les plus importants rassemblements ont eu lieu à Berlin (3.000 personnes) et Tel-Aviv (1.000 personnes).

A Kiev, 30 partisans d’Alexeï Navalny se sont réunis à l’ambassade de Russie, mais ils se sont fait insulter par les ultranationalistes ukrainiens présents. Une petite manifestation a eu lieu à Tbilissi, tandis que le piquet à Istanbul au consulat russe a été dispersé par les forces de sécurité turques.

Mais alors que penser ?

Alors que la presse française nous parle de « manifestations d’ampleur inédites » contre Vladimir Poutine (!) il n’en est donc rien.

Selon la BBC les manifestations auraient eu lieu dans 120 villes du pays et auraient réuni selon le média d’opposition MBK 110 000 personnes soit une moyenne de 900 personnes par villes. Vesma annonce autour de 100.000.

Ce sont sans doute déjà des estimations hautes …
A titre comparatif, 110.000 personnes à l’échelle francaise cela correspondrait à une manifestation de 50.000 personnes sur tout le territoire français ….

l y a eu en tout 3.068 arrestations selon RBK, 3.296 selon le media d’opposition Meduza dont 1.294 à Moscou, 489 à saint Petersbourg, 96 à Novossibirsk, 93 à Voronej et 90 à Nijni Novgorod.
Seulement 10 procédures judiciaires ont été ouvertes.

Près de 10% des gens provisoirement arrêtés (300) étaient des mineurs, dont 78 à Moscou ; ils ont tous été libérés immédiatement. Les policiers ont même dû exfiltrer un enfant de 14 ans de la manifestation.

L’organisatrice de la manifestation a été condamnée a une amende de 20.000 roubles soit 220 euros et n’aura été arrêtée que 2 heures,. Elle « risque » également une amende additionnelle de 250.000 roubles (2.700 euros). Tout cela est à comparer avec les sanctions contre des Gilets Jaunes pour l’organisation de manifestations en France à de la prison avec sursis ou de la prison ferme.

La manifestation n’a été rejointe que par très peu de politiques, et notamment locaux, principalement du KPRF ou quelques personnes de la société civile, notamment des musiciens et rappeurs russes ou des bloggeurs tels que Varlamov ou Dud.

Qu’en conclure ?

Moscou

« Lors de la manifestation a Bolotnaia en 2011 autour de 60.000 personnes avaient manifesté à Moscou sur Bolotnaïa (mon reportage sur place) et prospekt Sakharova soit 5 à 8 fois plus que ce samedi 23 janvier 2020 (selon les estimations).
Si pour Bolotnaïa, 33.000 personnes sur Facebook et 18.600 sur VK avaient annoncé venir, ils n’étaient que 5.300 sur Facebook et 13.300 sur VK pour ce 23 janvier
 ».
Source

Pourquoi, alors que la vidéo sur le palais de Poutine a atteint des records de vue, que le climat était favorable (+2 degrés), la mobilisation n’a pas eu lieu ?

Une des réponses pourrait s’appeler tout simplement s’appeler Serguey Sobianine. En 7 ans, il a transformé la vieille capitale grise, bruyante, non piétonne et chaotique en une capitale techno-futuriste, ultra moderne, avec des infrastructures modernes et une digitalisation qui, il faut bien le dire, augmente considérablement le confort de vie de ses habitants. En transformant Moscou de la bonne façon, il a sans doute largement coupé l’herbe sous le pied des dynamiques qui avaient pu permettre à l’opposition hors-système de faire 27% a la municipale de 2013. Sans le fardeau Russie-Unie, nul doute que la participation aux manifestations de Navalny seraient encore plus faibles dans la capitale.

La province

De facon surprenante, la province a manifesté, et c’est la grande surprise de cette journée. Moscou et Saint Pétersbourg et leurs Moscobourgeois et pétersbourgeois « riches » ne sont plus ce 23 janvier 2021 les moteurs de la contestation anti-Poutine dont Navalny n’est qu’une manifestation et un prétexte.

Les villes dans lesquelles en proportion les manifestations ont été les plus importantes sont inattendues mais ont un point commun : ce sont les villes « à l’ancienne » et où la corruption règne encore.

Cheliabink, Ufa, Nijni-Novgorod et Vladivostok sont en tête.

A Cheliabink, ce sont donc entre 5 et 7.000 personnes qui seraient descendus dans la rue (pour une population de 1,15 million d’habitants) soit l’équivalent pour Paris d’une manifestation de 9 à 13.000 personnes.

A Ufa ce sont 5.000 personnes qui ont manifesté pour (pour une population de 1 million d’habitants) soit l’équivalent pour Paris d’une manifestation de 10.000 personnes.
Ufa tient un autre triste record qui est l’opacité des chiffres sur la mortalité du Covid19 en rapport avec la surmortalité. Sans trop de surprises, l’opacité statistique est un indicateur clef d’un environnement propice a la corruption. Je vais dans les prochaines semaines faire les mêmes calculs avec les 3 autres villes citées.  

A Nijni-Novgorod ce sont entre 3 et 4.000 personnes qui ont manifesté pour (pour une population de 1,2 million d’habitants) soit l’équivalent pour Paris d’une manifestation de 5 à 7.000 personnes.

A Vladivostok près de 3.000 personnes auraient manifesté (pour une population de 600.000 habitants) soit l’équivalent pour Paris d’une manifestation de 5 à 6.000 personnes.

Comme on peut le voir, la mobilisation a été faible pour celui que les médias présentent comme un homme politique d’envergure qui mobiliserait les foules.

Les russes et Navalny

Une autre réponse pour justifier cette faible mobilisation pourrait être également qu’un nombre croissant de russes comprend que cela ne sert tout simplement à rien.

Navalny a beau bien communiquer, être sur-présent sur les réseaux sociaux, son absence de corpus idéologique hormis le thème pourtant porteur de lutte contre la corruption, son incapacité à sortir de l’agit-prop et du statut de lanceur d’alerte pour pénétrer le monde Politique de gouvernance depuis maintenant 10 ans sont sans doute des facteurs de découragement pour nombre de russes qui pourraient penser le soutenir.
Sa lente descente aux enfers vers des condamnations sans doute inévitables pour les divers sujets sur lesquels il est en difficulté avec la justice russe, ne sont sans doute pas en outre des facteurs qui rassurent sur sa capacité à émerger en politique durant les prochaines années.

Suite à son « empoisonnement » personne n’est descendu dans la rue. Étrange non ?

Les Russes, mêmes anti-Poutine, sont sans doute également fatigués de voir que l’Ambassade américaine à Moscou ne peut pas s’empêcher de se mêler de cet événement national et non international.
Cela explique sans doute en partie pourquoi lors d’un sondage de Levada (le principal institut de sondage indépendant) du 24/12/2020 : 78% des Russes sont au courant de l’empoisonnement d’Alexeï Navalny mais seuls 17% suivent cette affaire.
Les répondants citent trois versions principales de ce qui s’est passé :
– 30% pensent que ce qui s’est passé était une mise en scène du politicien lui-même.
– 19% y voient une provocation des services spéciaux occidentaux.
– « seulement » (?) 15% parlent d’une tentative des autorités russes pour éliminer un adversaire politique.

Dans un pays ou 60% de la population soutien de près ou de loin le président russe et ou le parti au pouvoir et ses ramifications sont quasiment assurés de gagner au moins 40 / 50% des voix lors des prochaines législatives, il est compliqué d’imaginer qu’un changement de fond est en cours.

Plus prosaïquement, nombre de Russes se demandent sans doute pourquoi la justice russe, qui a généralement la main très lourde, ne l’a pas plus avec Alexeï Navalny. Les « politiques » et « activistes » qui sont mouillés dans des affaires de détournement d’argent sont en Russie généralement lourdement condamnés.
Ne parlons pas de ceux qui seraient à l’origine de frictions sur des projets fondamentaux et internationaux tels que North-Stream 2 par exemple, où être la cause de sanctions économiques portant préjudice à la souveraineté de l’Etat.

Alexeï Navalny est-il a un degré ou un autre, protégé ?

Les autorités russes savent néanmoins maintenant que la capacité de mobilisation de ses troupes est faible et qu’une condamnation lourde n’apportera que peu de risques de troubles sociaux.

La balle est dans leur camp et elles ont la main notamment pour réagir face aux nouvelles manifestations, annoncées par les équipes de Navalny.

Mais en toile de fond une question se pose : Navalny est-il plus utile pour le Kremlin en prison ou en liberté ?

4 thoughts on “2021 : la fin de Navalny ?

      1. Jeanne d'Arc

        Et bien, c’est le Bouffon du Tsar^^ Vive la Russie! Longue vie et prospérité a Poutin !

        Reply
        1. Alexandre Latsa Post author

          Disons que le Pauvre est surtout, visiblement, mis sous pression par ses sponsors qui doivent constater son inutilité politique …
          Il est en danger et sans doute plus en securite en prison russe, meme si plus utile pour le Kremlin en liberté, s’il ne se fait pas assassiner…

          Reply

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