Démographie en Russie, aout 2010

Les résultats démographiques de Aout sont en ligne http://www.gks.ru/free_doc/2010/demo/edn08-10.htm.
La mortalité en hausse de 27,4% comparé à aout 2009. Le taux de mortalité mensuel observé est sans équivalent depuis janvier 2008, la mortalité étant plus élevé en général en hiver qu’en été, c’est dire.
La natalité est néanmoins aussi en hausse, de 5,2% ce qui est une bonne nouvelle.

Pour la période de janvier à aout 2010, les naissances sont donc en hausse de 1,9% mais les décès également en hausse de 2,8%.
Pourquoi ?

Bien sur la mortalité inhabituelle due à la canicule qui a frappé la Russie a beaucoup joué, rien qu’à Moscou par exemple, il y a eu 68,6% de décès supplémentaires qu’en aout 2009. Cette hausse est de 24,7% dans la région de Moscou. La hausse est de 71,1% à Lipetsk, de 68,7% à Voronej, de 75,2% à Volvograd, de 67,5% à Samara ou encore de 78,8% à Samara (!).

La surmortalité malheureusement exceptionnelle de “aout 2010” (41.000 décès de plus qu’en aout 2009) a fait que il y a 32.000 décès de plus que de naissances. Cette mortalité exceptionnelle prive la Russie d’une hausse de population pour ce mois d’aout 2010.

Ce mauvais été (juillet et surtout aout) fait que il pourrait y avoir plus de 1.800.000 naissances cette année, mais la mortalité pourrait finalement dépasser 2 millions de personnes. A noter que cela semble confirmé par le fait que sur la période Janvier à juillet 2010, il y a 50.000 entrées de moins que sur la période de janv à juillet 2009. La conséquence de tout cela : la population pourrait stagner cette année, voir très peu augmenter (comme en 2009) et ne pas augmenter de 80.000 ou 100.000 personnes, comme cela était prévisible de façon cohérente avant ces évènements tragiques.

6 thoughts on “Démographie en Russie, aout 2010

  1. Anonymous

    Courrier International :”Quand la Russie disparaitra” est sortit, me voilà rassuré !

    Sacha

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  2. Anonymous

    La natalité russe bénéficie encore de la nombreuse tranche d’âge 1975-1985.

    Le vrai passage difficle sera à affronter avec l’arrivée en âge de reproduction de la tranche d’âge 1990-2000.

    Et la plus forte mortalité estivale n’est pas en soi dramatique. Elle soulage, transmet des héritages qui, même si ils sont maigres, vont permettre à des plus jeunes de souscrire à des emprunts.

    Les démographes s’interrogent sur l’anomalie russe. La réponse est pourtant simple! Le plus rapide moyen d’arriver aux standards de vie occidentaux est de limiter les personnes à charge. Une fois cette transition effectuée, la démographie se reprend (sans non plus retrouver celle d’antan). A l’Etat de veiller à ce que les déséquilibres induits n’entrainent pas de cercles vicieux.

    LA

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  3. Anonymous

    Bonjour,

    vos analyses démographiques sont intéressantes et très pertinentes. Juste une question : prenez-vous en compte le facteur émigration féminine ? Et quel impact a-t-il sur la démographie russe sachant qu’il y a des centaines de milliers de femmes qui quittent la Russie pour se marier à l’étranger ? Que depuis le développement du tourisme elles sont de plus en plus nombreuses à aller vivre et se marier en Turquie, au Maghreb, en Afrique Noire et en Egypte et y faire de nombreux enfants… non russes ?

    Ne pensez-vous pas que cette fuite massive des femmes russes en âge de procréer, va provoquer à terme un effondrement fatal de la population russe ?

    JS

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  4. Alexandre LATSA

    Bonjour,

    les statistiques d’émigration sont en lourde baisse, comparé aux premières années de la décennie, je les ai et vais vous les publier, dès que je les retrouve.
    Le nombre de mariage “mixtes” en Russie est également en baisse.

    Je ne crois pas qu’une importante émigration de femmes Russes ai eu lieu vers les pays Arabes et encore moins Africains, pour aboutir à des mariages avec des “locaux”. Par contre c’est bien le cas avec la Turquie.

    L’émigration de jeunes femmes en âge de procréer est un des gros problèmes pour la démographie Russe, mais cette émigration concerne surtout les pays Occidentaux (les pays riches). Cependant les enfants y sont donc généralement de souches “européennes”, élevés dans des pays Chrétiens et par conséquent il n’est pas dit que ces 1/2 Russes ne reviennent pas un jour en Russie, avec d’évidentes plus grandes facilités de ré-intégration en Russie.

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