En 1989 on a rayé la Russie

Une interview à lire de Marc FERRO, extraits :
Je constate seulement des frontières mentales chez les spécialistes, qui tiennent aux traditions académiques autant qu’aux histoires propres à chaque pays. Souvent, ceux qui travaillent sur l’Allemagne ne parlent pas de l’URSS, les experts de l’Europe de l’Est oublient l’Allemagne de l’Ouest, et quand on dessine l’Europe post-communiste, on peut omettre la Russie.
Avec l’inflation inouïe du rouble après la perestroïka, les économies des gens ne valaient plus rien du jour au lendemain. Les Russes ont subi un choc sans thérapie. De quoi nourrir plus que des réserves sur les mérites de la démocratie libérale !
Il a fallu attendre Poutine pour que les salaires soient à nouveau en partie payés.
Le sentiment antirusse et antisoviétique est ici en France presque de tradition !
Nous avons eu le PC le plus fort d’Europe et donc un ressentiment à la mesure. On a rayé la Russie après 1989.

 
La droite avait été tellement traumatisée par le communisme soviétique qu’elle n’a pu douter un seul instant que la Russie avait été enterrée avec lui.
A gauche, le ressentiment est pire parce qu’on en veut à l’URSS d’avoir construit le contraire du communisme idéal.

 

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