Interview

Je participerais au #Libre Journal de la livre Europe sur radio courtoisie ce 15/08/2017 avec Xavier Moreau sur le thème "La #Russie au sein de l'Europe". Les francais de l’étranger peuvent écouter la Radio en direct sur le site internet Read more

L’intégration économique et politique de l'Eurasie : objectifs réalistes ?

  Veuillez-trouver ci dessous mon interview de ce début 2017 pour la lettre de l'Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l'Institut des Hautes Etude de Défenses Nationales /// WWW.ANAJ-IHEDN.ORG Comment définir l’axe eurasiatique ? Je crois qu’il faut tout d’abord envisager cet Read more

Conférence au MGIMO sur la politique étrangère de François Fillon (27/02/2017)

La politique étrangère de François Fillon : vers un nouveau gaullisme francais ? Photos sur le site du MGIMO Photos sur Facebook Bonjour à tous et merci beaucoup à cette institution qu’est MGIMO de nous recevoir aujourd’hui. Mon propos sera court, je souhaiterais vous parler Read more

За Медведева ! За Россию !

Lionel Barber, rédacteur en chef du Financial Times, Neil Buckley, chef du bureau de Moscou, et Catherine Belton, correspondante à Moscou, ont interrogé Dmitri Medvedev, nouveau président de la Fédération de Russie, au Kremlin, à Moscou, le 21 mars 2008. Le texte n’étant pas encore disponible sur le site du Kremlin (Mr Medvedev ne prenant officiellement ces fonctions qu’en mai 2008), vous pouvez trouver l’original de la version, en Anglais, sur le site du Financial Times, ici.

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FINANCIAL TIMES: Monsieur le Président, quelles seront vos trois priorités lorsque vous prendrez fonction ?  
DMITRY MEDVEDEV: Je pense que ces priorités sont complètement évidentes. La principale est de poursuivre l’évolution sociale et économique qui a émergée et évoluée de façon positive dans notre pays ces dernières années. L’objectif est de continuer à améliorer la qualité de vie de tous les citoyens russes. Nous avons réussi à retourner la situation économique — nous sommes devenus un état beaucoup plus «fort» dans ce domaine. La Russie a rejoint les sept plus grosses économies en termes de pouvoir d’achat, mais ce n’est pas tout. Le principal défi est maintenant de traduire ces succès économiques dans des programmes sociaux visant à montrer que le développement de l’économie améliore la vie de chaque citoyen russe. Ces derniers temps, nous avons commencé à mettre en oeuvre certains programmes sociaux dans les domaines de l’éducation et des soins de santé, et je crois qu’il est très important de maintenir et de développer ces programmes, de moderniser la santé et l’éducation, de rendre possible l’amélioration des conditions de logements des citoyens, ce qui est très important. Enfin, la Russie a établie et continuera à menée une politique étrangère équilibrée, de non confrontation, dans le but de défendre ses propres intérêts, de sorte à contribuera à rendre le monde plus «sûr». Ainsi, il existe plusieurs priorités — maintenir la stabilité économique, à développer les libertés économiques, afin de promouvoir des programmes sociaux et de veiller à ce que la Russie maintienne sa position dans le monde.
  
FT: L’économie mondiale se ralentit. Nous avons une crise financière en Amérique. Il existe un risque de la chute des prix du pétrole. Est ce que l’économie russe s’attend à une «douche froide» cette année?
DM
: Je suis certain que nous nous sommes nous préparés de façon adéquate contre les différents problèmes qui sont apparus sur les marchés financiers mondiaux. Ce qui nous rend confiant, c’est que pendant les huit dernières années, nous avons réussi à créer un système macro-économique stable. Nos réserves financières, nos réserves d’or et de devises, sont plus élevés que jamais, ce qui reflète l’état général des affaires dans l’économie russe. Donc, à cet égard, nous sommes assurés contre les fluctuations survenant sur les produits et les marchés boursiers, même si nous ne sommes jamais totalement à l’écart des événements complexes qui surgissent du système économique mondial.
La Russie a une économie ouverte aujourd’hui et nous avons besoin de penser à cela. Que pouvons-nous faire contre la crise financière mondiale? Seul un management sage et réfléchi des politiques financières nationales, permettrait de pallier les problèmes surgissant sur les marchés financiers mondiaux. Nous devons veiller à la stabilité de tous les indices financiers, et de nos indices russe. Nous devons nous assurer que notre budget est équilibré et lutter contre toute dépense inconsidérée. Et nous devons aussi penser à la façon de renforcer nos propres marchés boursiers qui sont aujourd’hui des îlots de stabilité dans l’océan mondial de la tourmente financière. Les investisseurs étrangers s’intéressent à la Russie et le marché d’action est plus élevé que jamais ! Nous nous félicitons de ce type d’investissement. Bien évidemment, nous devons veiller à ce que nos dépenses internes n’aillent pas au-delà des possibilités existantes, et nous assurer que nous maintiendrons notre situation de stabilité macro-économique. Il s’agit également d’un projet ambitieux. Et nous faisons tous les efforts possibles pour y arriver. Mais l’inflation reste un problème assez sérieux pour l’économie russe, même si cela est aussi un problème pour de nombreux autres pays. Nous devons supprimer la poussée inflationniste qui s’est développée dans notre économie vers la fin de l’année dernière. Cette poussée est en fait une conséquence de l’intégration de l’économie russe dans l’économie mondiale. Il s’agit d’un prix que nous sommes essentiellement payer pour notre présence dans le club des grandes puissances économiques mondiales. Naturellement, il existe d’autres facteurs qui contribuent à notre inflation, en particulier, nous n’avons pas encore une pleine échelle du marché intérieur des produits alimentaires. Nous sommes obligés d’acheter de nombreux produits alimentaires en provenance de l’étranger, et étant donné la façon dont les prix sont à la hausse sur les marchés mondiaux des produits alimentaires, cela impacte directement sur les prix chez nous.  
FT: Avez-vous donc appuyé le gel des prix des produits alimentaires de base? DM: A proprement parler, il était, et est toujours, impossible de geler les prix au sens strict ! En effet, des accords ont été signés à la fin de l’année dernière au sujet du niveau des marges brutes utilisées par les détaillants, afin de ne pas dépasser des limites raisonnables du marché, mais pas plus que cela. Tout d’abord, ces décisions ont été adoptées non pas par des actes d’Etat ou de gouvernement, il s’agissait d’accords entre les vendeurs et les producteurs des produits agricoles. Deuxièmement, Cela ne concerne cependant que de 10 à 15% des produits agricoles. Le problème réside également dans le fait que les produits alimentaires tout à fait tenir une place importante dans le panier moyen Russe- un fait que nous ne pouvons ignorer. La conclusion est simple: nous avons besoin de développer notre propre économie et notre propre agriculture.
 
FT: Vous disposez d’un très important partenariat avec Vladimir Poutine. Alors, qui aura le dernier mot?
DM
: Je pense que le point n’est pas de savoir qui dit le dernier mot, mais ce que à quoi le système politique et juridique de la Fédération de Russie ressemble. Ce système définit très clairement les domaines de compétence respectifs des deux principaux niveaux de pouvoir, celui de la présidence et l’exécutif — ce que je veux dire est la portée réelle du président et du gouvernement. C’est la Constitution elle-même qui prédétermine la réponse à la question de savoir qui prend les décisions sur les questions. C’est le président qui définit les grandes orientations de politique intérieure et étrangère. Il est le commandant en chef, il rend des décisions fondamentales sur la formation de l’exécutif. Il est le garant des droits et libertés des citoyens russes. Le gouvernement a son propre et très large domaine de compétence. C’est le gouvernement qui chapeaute l’ensemble des activités économiques, en adoptant les décisions les plus importantes dans le domaine de l’économie. Le gouvernement à une compétence est assez vaste et sa structure comprend un nombre considérable d’organes exécutifs. Le gouvernement a de nombreuses tâches, complexes, vastes et difficiles. En d’autres termes, c’est tout simple. La Russie est une république dotée d’un fort pouvoir exécutif.
 

FT: Nous sommes à un point unique dans l’histoire russe. Un dirigeant populaire a volontairement renoncé au pouvoir, dans les délais et l’a transféré à un nouveau successeur. Cela ne s’est jamais produit auparavant. Mais la Russie ne dispose pas d’une heureuse histoire de deux personnes qui dirigent le pays en même temps. Pourquoi êtes-vous si confiant qu’elle fonctionne?
DM
: Je suis d’accord avec votre première déclaration, mais je ne peux pas accepter les autres. Quant au fait que c’est une situation unique, vous avez raison. L’histoire de la Russie connaît pratiquement pas d’exemples de réussite d’un chef qui à l’apogée de sa popularité à «transféré» le pouvoir et a occupé un autre poste. Mais le Président Poutine a dit depuis le début qu’il allait respecter strictement la Constitution de la Russie et ne pourrait occuper son poste que pour deux mandats. Cela signifie que la Russie voit la formation d’une véritable tradition de respect de toutes les procédures qui découlent de la Constitution et d’autres lois. Le président en exercice est un bon leader et est prêt et apte à continuer à travailler pour faire progresser le développement de notre pays, de faire en sorte que notre développement se poursuive de la façon engagée il y a 8 ans ! C’est pourquoi ce tandem, ou cette équipe de deux personnes, a été formé entre le candidat à la présidence et le président russe comme un possible futur premier ministre. Je suis certain que notre tandem se révélera absolument efficace. Mais ce que je ne puis être d’accord avec votre affirmation est dans le fait qu’un «tandem» qui dirige la Russie ait quelque conséquence négative que ce soit.
Chaque branche du pouvoir doit faire face à son propre travail. Le président est garant de la constitution. Il exerce les pouvoirs que nous venons de décrire. Le gouvernement s’occupe de ses affaires. Cela est parfaitement normal. Nous ne sommes pas surpris de voir d’anciens chefs de gouvernements dans un certain nombre de pays européens ensuite occuper des postes de vice-premiers ministres ou ministres des Affaires étrangères en dépit de leur grande popularité personnelle. Donc, je pense que la façon dont nous pouvons garantir une situation politique normale, et de continuer avec succès sur la voie que nous nous sommes fixé il ya quelque temps, c’est par l’observation de la loi, fondée sur la théorie de la séparation des pouvoirs.  

FT: Dans votre discours important à Krasnoïarsk vous avez parlé de l’importance de la liberté dans tous ses aspects. Peut-on donc s’attendre à un dégel, un certain assouplissement des restrictions sur les médias et la politique générale?
DM
: J’ai bien dit pratiquement la même chose que j’ai dit il y a un an à Davos — à savoir, la liberté est meilleure que la non-liberté et je crois que c’est le tout-principe important de la vie de toute société et de tout système politique. Parlant des médias, je pense que les huit dernières années ont vu nos médias parcourir un long chemin. De piètres médias qui servaient les interets de différents groupes d’entreprises, ou même d’individus distincts, ils sont aujourd’hui devenu une puissance réelle.
Du plutôt faibles et flétries médias qui servait les intérêts de différents groupes d’entreprises, ou simplement des individus distincts, ils ont transformé en une puissante force sociale. Il ya huit ans, la capitalisation de l’ensemble des médias, était en deçà de 1 milliard $. Je pense que maintenant nous parlons de dizaines de milliards de dollars, 50 milliards de dollars au moins, c’est comme cela que je estimer la valeur du marché des médias dans la Fédération de Russie. Qu’est-ce que c’est si ce n’est le renforcement de la position des médias? Et ceci est très important, pour le marché des médias modernes qui — et vous le savez mieux que moi — se développe très rapidement. Et à moins que l’on investisse dans de nouvelles technologies, on ne peut ne pas suivre son temps, et perdre ses lecteurs et de spectateurs. Par exemple, le FT, pour autant que je le sache, a non seulement une version papier, mais, naturellement, aussi un support électronique, en mettant tout ce qui est publié dans le journal sur Internet. Aussi est possible l’ajout de fichiers vidéo et audio, via YouTube et ainsi de suite. Cela requiert de l’argent, cela exige des efforts. Je suis très heureux que nos grands médias, électroniques et imprimés ont eu la possibilité d’opérer dans cet espace global. Je peux vous en parler par exemple à travers l’évolution de ma matinée classique. Elle commence sur mon PC pour vérifier l’actualité. Je regarde les sites de nos grandes chaînes de télévision, dont certaines disposent déjà des principaux sujets d’actualité. Je regarde les sites des principaux médias russes et étrangers. Je regarde les sites de médias russes, dont certains ont une attitude positive envers les autorités, et dont certains sont en dure opposition avec les autorités. Il s’agit d’un flux normal de l’information mondiale, en donnant aux citoyens de la Russie ainsi que d’autres citoyens le droit de libre accès à l’information. Il y a déjà 40 millions d’utilisateurs d’Internet en Russie. Mais le point n’est pas seulement Internet, le point est que technologique ment parlant, les médias ont grandement évolués de nos jours en Russie, et je ne cherche pas à présenter la situation comme parfaite ! Il y a des tas de problèmes. Il y a des problèmes comme des conflits dans les équipes éditoriales, les problèmes entre les équipes éditoriales et les propriétaires. En fait, c’est le cas plein dans d’autres pays. Et parfois, les autorités et les entreprises n’aiment pas ce qui est publié ou dit d’eux dans les médias. Nous avons besoin d’être calme sur ce sujet. D’agir dans le cadre juridique que nous avons, à savoir les normes de comportement des entreprises des médias, puis de l’interaction entre ces normes et les autorités. C’est pourquoi je suis persuadé que nos médias ont un très bel avenir.  

FT: Vous êtes un avocat, un avocat très connu alors je voudrais demander quelles mesures concrètes vous allez prendre pour renforcer l’état de droit en Russie?
DM
: Je suis un avocat, peut-être à un degré plus élevé que ce qui est nécessaire. Vous pourriez dire que je suis avocat jusqu’au bout de mes os. Mais cela ajoute aussi certains avantages.
Je pense que nous devrions aller dans trois directions. Une orientation qui est l’affirmation de la suprématie du droit dans notre société. Le système juridique russe est relativement jeune, il est d’environ 15 ans. Mais d’un autre côté, il est basé sur les traditions de la partie continentale romano-germanique, droit de la famille et, dans ce sens, il a été plus facile pour nous de construire notre législation qu’elle ne l’était peut-être pour d’autres pays. Que devons-nous faire? Nous avons besoin d’affirmer la priorité de la loi sur les documents juridiques et sur les décisions qui sont prises par le pouvoir exécutif et les actes individuels. La deuxième tâche découle de la première. Malheureusement — J’ai parlé à de nombreuses reprises — La Russie est un pays où les gens n’aiment pas à observer la loi. Il est, comme on dit, un pays de nihilisme juridique. Cette tradition a été formée non pas aujourd’hui, pas maintenant, mais, en substance, au cours des nombreuses années qui viennent de s’écouler. Même avant la Révolution d’octobre, en ce sens, tout n’a jamais été aussi grand et parfait que nous l’aurions souhaité. Et aujourd’hui, nous devons faire en sorte que chaque citoyen comprenne non seulement la nécessité et l’opportunité d’observer la loi, mais également comprendre que sans un tel rapport à la loi il ne peut pas y avoir une évolution normale de notre État ou de notre société. Et c’est très difficile à faire parce que l’habitude de violer la loi, de violer les règles de comportement est très développée à tous les niveaux même de la vie quotidienne. Vous avez parlé de Krasnoïarsk, mais à un autre événement majeur — un forum social qui a eu lieu à Moscou — j’ai mis un point au lieu de faire un exemple évident: certains de nos gens n’ont même pas penser que lorsqu’ils achètent des enregistrements pirates qu’ils sont en violation de quelques » droits de propriété intellectuelle». Nous avons besoin de modifier le système de pensée, plus que cela : l’état d’esprit. En ce sens, nous devrions essayer de créer une nouvelle attitude des citoyens vis à vis de la loi dans le pays. Et enfin, une troisième chose très importante liée au système juridique et à l’application des lois dans notre pays est d’avoir un efficace système judiciaire. Ici, il y a eu aussi des traditions «néfastes» qui se sont installées dans les meurs Russes au cours des 18e et 19e siècles, et aujourd’hui nous devons faire tous les efforts nécessaires pour s’assurer que les tribunaux soient indépendants en Russie et n’agissent que sur la base des dispositions légales. Dans une mesure importante, cela dépend en partie de la nature de l’état d’une part, et d’autre part sur la nature de la fonction même de juge, telles que définies par la société. les juge Les juges dans le monde entier sont très respectés. Pour la majorité des diplômés des facultés de droit, la position de juge est le sommet d’une carrière juridique, le couronnement d’une carrière juridique. Et nous devrions faire tout notre possible pour faire en sorte que ceux qui prennent la position des juges comprennent leur responsabilité au regard des décisions qu’ils peuvent être amenées à prendre, pour le sort de personnes qu’ils détiennent sur la base de la loi. Pour cela, nous avons besoin de deux choses: une loi moderne qui contient toutes les meilleures traditions de la loi sur le statut des juges ainsi que sur la procédure juridique existante. Et la deuxième chose est salaires, les revenus des juges. Je pense que dans peu de temps nous pouvons créer un système juridique efficace, car en fin de compte toutes les décisions les plus importantes sur les conflits entre les entreprises, sur les affaires civiles et pénales sont prises par les juges. Nos citoyens ne doivent pas craindre la justice, et chaque fois que nécessaire devraient aller au tribunal.  

FT: Comme vous le dites c’est une tâche monumentale …
DM:
C’est vrai.  

FT: Voulez-vous dire alors que la seule façon que la Russie pourra assurer la primauté du droit passe par le respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire?
DM
: C’est vraiment une tâche monumentale. Je conviens avec vous que la seule façon que la Russie peut escompter avoir la suprématie de la loi se trouve dans la situation où le pouvoir respecte l’indépendance des tribunaux et des juges. Les autorités devraient se rendre compte que le dernier mot pour décider de différents types de conflits est rendue par le tribunal local s’il s’agit d’un conflit local, puis c’est le tribunal municipal. Si il y a un appel à ce stade, hé bien ce sont les juridictions supérieures. Et enfin, nous avons un système de la justice constitutionnelle, qui est appliquée quand il ya un conflit au sujet de savoir si une loi ou un acte juridique ou de l’autre est conforme à la constitution. En ce sens, les autorités doivent procéder sur la base de l’indépendance absolue du système judiciaire.
Partant de la célèbre théorie de la séparation des pouvoirs, les tribunaux ont aussi un pouvoir. Vous voulez probablement dire : le pouvoir exécutif doit respecter les décisions qui sont prises par le tribunal? Sans doute, oui. Exactement de la même manière qu’ils doivent respecter les lois.  

FT: Mais allez-vous imposer fonctionnaires du Kremlin de ne pas entraver les tribunaux ou d’interférer avec le pouvoir judiciaire et le processus judiciaire? DM: Nul ne peut interférer avec la décision d’un tribunal: pas plus un quelconque officiel d’une petite région dans telle petite ville de Sibérie, ni un fonctionnaire de quelqu’ordre que soit travaillant au Kremlin. Le problème n’est pas tellement primitif car comme dans tout pays, le système judiciaire n’existe pas pour rien. Il existe dans la même société dans tous les systèmes politiques. La question est de savoir quelle est l’autorité d’un juge, que ce soit un juge de l’échelon le plus bas ou le président de l’une des plus hautes juridictions. Cette autorité doit exister sans aucun doute.  

FT: Je voudrais parler de la définition de la démocratie russe et de votre définition de la démocratie comme d’un avocat. Est-ce que la définition Russe de la démocratie envisage la limitation du pouvoir de l’état pour permettre la hausse des droits individuels ?
DM
: La démocratie est un mode de gestion de la société et de l’Etat quand les citoyens de céder une partie de leur autorité à des personnes élues par eux. C’est là ce qu’on appelle la démocratie représentative.
Il ya aussi la démocratie directe quand les citoyens eux-mêmes prendre des décisions sur la manière dont ils doivent vivre, sur les principales questions de développement du pays, lors des référendums. Ceci est la démocratie directe. Vous voyez ma définition de la démocratie comme le pouvoir du peuple n’est en aucune façon différente des définitions classiques qui existent dans tous les pays. Dans le même temps, je considérais et considère que la démocratie comme une valeur et une forme de régime politique a un caractère universel et ne nécessite pas de codage supplémentaire. Toutefois, je voudrais faire remarquer que dans l’interprétation de la démocratie, il y a deux extrêmes dangereux. La première est la compréhension de la façon dont la démocratie peut être développée dans un état ou d’une autre, dans l’un ou l’autre pays en dehors de son contexte historique ou territoriale. Chaque démocratie a son histoire et de sa nationalité. Et de la démocratie en Grande-Bretagne, qui a grandi à l’ère de la constitution non écrite est en quelque sorte différente de la démocratie qui existe au début du 21e siècle. Notre démocratie est très jeune. Elle à moins de deux décennies. Il est vrai que, avant cela, il n’y avait pas de démocratie en Russie, ni dans les temps tsariste, ni à l’époque soviétique. Nous devons en tenir compte dans notre vie quotidienne de la pratique démocratique. D’autre part, il existe un autre extrême quand les analystes — étrangère russe et quelques proches — affirment que la Russie n’est pas une démocratie, que ce n’est pas son mode de développement, et qu’il n’y a pas de valeurs humaines universelles ne peuvent fonctionner en Russie. La Russie est un pays européen et la Russie est tout à fait capable de se développer de concert avec les autres États qui ont choisi cette voie démocratique de développement. Par conséquent, suite à ces deux extrêmes, je pense que la Russie a toutes les chances de construire une société démocratique et de développer un véritable État démocratique.  

FT: Donc, vous décririez-vous comme un démocrate?
DM
: Je suis un défenseur des valeurs de la démocratie dans la forme que l’humanité les a développées eux au cours des derniers siècles. Laissez le degré de «democratisme», de «libéralisme», de «conservatisme» ou autres d’un fonctionnaire ou d’un politicien être déterminé par d’autres.
 

FT: Êtes-vous un Occidentaliste ou un Slavophile? Le monde veut savoir.
DM
: Si j’avais vécu à la fin du 19e siècle, je serais probablement en mesure de répondre à cette question facilement. Je suppose que le fait d’avoir lu les meilleurs exemples de la littérature classique russe devrait en effet me permettre de donner une réponse directe à cette question. Mais le monde a changé et, aujourd’hui, nous devons être «modernes». Voilà pourquoi je fonde ma position en fonction des intérêts de la Russie.

 
FT: Nous allons parler de ces priorités en une minute, mais vous avez parlé de la littérature russe et j’ai également lu beaucoup de littérature russe. J’aime la littérature russe. Avez-vous un personnage préféré?
DM
: Il est difficile de parler d’un personnage, mais je pourrais vous dire qui j’aime le plus parmi les écrivains. Dès l’enfance, j’ai aimé Tchekhov, Bounine et de nombreuses œuvres de Dostoïevski. Nous avons discuté des personnages, bien sûr, au cours de la littérature russe des leçons de l’époque soviétique. Mais c’est quelque chose que vous faites à l’école et je ne suis pas un professeur de littérature.
 

FT: Non, mais vous êtes, je le rappelle encore, un avocat. Je me demande si vous pouvez nous donner quelque orientations dans le cadre de l’instauration d’un régime de droit en Russie : par exemple réexaminer l’une des plus grosses affaires juridiques Russes, l’affaire Khodorkovski, et si vous pouvez faire une grâce ou d’abandonner les nouvelles accusations? Parce que comme vous le savez, un tribunal suisse a dit que le jugement a été politiquement motivé et en tant que président, vous avez le pouvoir de le réexaminer ?
DM
: Vous avez à juste titre, souligné à nouveau que je suis un avocat, y compris dans la façon dont je pense. Donc je vais vous répondre en tant que juriste. Toutes les procédures de révisions d’une affaire criminelle ou autre — y compris l’affaire Khodorkovski — doivent être et peut être réalisée exclusivement sur la base de la loi — et non pas sur la base de l’avis d’une personne respectée ou d’une autre, ou des fonctionnaires de haut placé , D’autant plus des tribunaux étrangers.
Partant de l’actuel système de la séparation des pouvoirs, si nous partons de la doctrine de l’indépendance des tribunaux, de l’indépendance de l’activité des tribunaux, alors personne ne devrait interférer: ni un ancien du village, ni le président du pays . Mais nous devons tous agir dans le cadre des procédures énoncées dans la procédure civile et pénale, les lois.  

FT: Vous avez également dit que vous voulez lutter contre la corruption, qui est un problème très grave. Comment peut-on faire quand seulement — j’ai été conduite dans les rues et j’ai entendu des histoires, ma femme a été arrêtée hier par la circulation — et les gens paient la police parce qu’ils ne veulent pas aller à la station de police et ont leurs Documents vérifiés. Comment comptez-vous arrêter et de changer cela?
DM
: C’est un problème très difficile et l’essentiel est d’emporter la motivation première de corruption. L’exemple que vous avez donné est très caractéristique. C’est également une conséquence du mépris envers la loi. Lorsqu’un citoyen donne un pot-de-vin à la police de la circulation, il n’a probablement pas entré dans sa tête qu’il est en train de commettre un crime en faisant cela: il ne constitue pas une violation d’administration, je tiens à dire, mais c’est un crime. Les gens devraient réfléchir à cela. Et c’est là la racine de tout cela.
Que devons-nous faire? Je l’ai dit dans mon discours que nous avons à préparer un plan de lutte contre la corruption dans le pays. Elle devrait comprendre trois sections comme un minimum. - La première comprend des changements législatifs dans le domaine du droit pénal et de mise en conformité des procédures avec nos obligations internationales et de la situation du pays. Ce n’est probablement pas la partie la plus difficile. Il est impossible d’éliminer la corruption avec des amendements à la loi. - Le second est un processus beaucoup plus compliqué — la création d’un stimulus de contre-corruption, qui dépend de plusieurs facteurs très importants: le niveau de vie général dans le pays, le niveau des salaires, la façon dont les lois sont strictement appliquées contre ceux qui violent la loi, contre ceux qui sont corrompus, contre ceux qui prennent des pots-de-vin ou commettent d’autres actes de corruption. Et finalement peut-être la forme la plus élevée de démotivation pour les personnes qui ont l’intention de commettre un crime, comme un pot-de-vin et ainsi de suite, c’est quand il devient clair qu’ils ne devraient pas faire cela parce que cela pourrait détruire leur vie. Quand une personne n’a pas simplement peur de prendre des pots-de-vin, mais quand cela devient inacceptable pour d’autres raisons ; quand un tel acte est indécent et peut détruire votre vie et l’avenir de votre carrière et votre pension, c’est ce qui empêche la police et d’autres fonctionnaires de commettre de telles actions dans d’autres pays. - Troisièmement, changer la perception du droit et la mentalité des gens. De cette façon, il est des lois, d’un système d’incitations à l’amélioration de la conjoncture économique générale dans le pays. Et la formation d’une perception moderne de la loi.

FT: J’ai quelques questions importantes sur les affaires étrangères, mais avant juste un couple des autres sur les questions intérieures. Une question est simple: allez-vous apporter du sang neuf à tout le monde arrivera de Saint-Pétersbourg? La Russie est un grand pays.
DM
: Vous savez, je ne crois pas que le système actuel du pouvoir est entièrement basé sur des gens de Saint-Pétersbourg, mais il ya pas mal d’entre eux. Ceci est une chose normale dans la vie: tout le monde compte sur des gens qu’ils connaissent et avec qui ils ont travaillé. Mais à mon avis il devrait y avoir un équilibre raisonnable dans n’importe quelle équipe entre les gens que l’on connaît bien (de son ancien travail dans d’autres lieux et d’autres villes) et les professionnels qui viennent d’autres directions qui ont travaillé et travaillent déjà ou qui pourraient être embauchés . Par conséquent, je n’ai pas l’intention d’utiliser les préférences fondées sur des principes territoriaux.
Nous avons beaucoup de gens créatifs et ingénieux qui viennent d’autres endroits.
 

FT: OK, après la question facile, la question difficile. Récemment, un gentilhomme appelé Viktor Cherkesov, qui est un haut fonctionnaire, a déclaré que les membres des forces de sécurité se battent les uns les autres pour la richesse et l’influence de la Russie. Comment pouvez-vous en tant que président en empêcher?
DM
: Tout d’abord les services de sécurité n’ont pas été créés dans le but de lutter les uns contre les autres, mais de suivre leur tâche constitutionnelle à savoir défendre l’ordre social. Dans le même temps, dans n’importe quel état les services de sécurité se livrent concurrence les uns contre les autres. C’est la garantie que les faces multiples des informations sur la situation dans le pays seront mises sur la table du chef. Si nous parlons de violations commises par un employé des services de sécurité, celles-ci doivent faire l’objet d’enquêtes et de la sanction correspondante doit être réservé dans les mêmes conditions que pour toute activité illégale commise par un autre agent de la fonction publique. Par conséquent, il n’y a rien à commenter lorsque nous parlons de violations ou de délits. Vous avez raison de dire que les services de sécurité dans tous les pays se disputent l’influence. Mais ils ne sont pas en compétition pour les richesses.
Vous savez, je tiens à vous dire que je n’ai pas d’information que les services de sécurité russes sont en compétition pour la richesse. Mais si je devais obtenir de l’information que les représentants de toute la structure de répression sont impliqués dans les combats pour la compétition ou la richesse matérielle alors ces personnes seront immédiatement licenciés et accusés de crimes. Dans notre pays, tout devrait être contrôlé par la loi et par les structures qui existent afin de contrôler l’application des lois.  

FT: Allez-vous réduire le rôle et l’influence des entreprises d’état dans l’économie russe et comment peut-on accroître le rôle des petites entreprises? Cela est très important.
DM
: Il est en effet important. A propos des sociétés d’état: nous avons un assez grand nombre de sociétés d’état. Il y a des raisons historiques et économiques à cette situation. Mais en même temps, seulement un tiers environ du PIB est réalisé par des sociétés d’état. Un nombre important de sociétés d’état ont été privatisées et ce processus se poursuivra. Toutefois, il existe des sociétés d’état dont l’existence est nécessaire pour la sécurité économique du pays dans son ensemble. Je veux dire, les infrastructures telles que les monopoles ou les chemins de fer russes Gazprom, de la défense. En passant, seulement environ 20 pour cent de l’huile produite est raffinée et par des sociétés d’état. Dans cette perspective, notre industrie est beaucoup plus privé que de la Norvège. Mais en même temps, en dehors de cela, je voudrais dire que le nombre des entreprises d’état, de sociétés par actions ou de l’Etat et les entreprises d’état doit être exactement le nombre requis pour assurer les intérêts de tous les pays, mais rien de plus. Nous continuerons bien sûr la voie que la Russie a pris envers la création d’une économie privée à part entière, ce qui serait bien sûr de préserver les aspects qui j’ai parlé.
Je ne suis même pas parler de tous les différents types de complications qui sont en cours dans le monde. Je ne voudrais pas que, bien entendu, de tels problèmes de survenir ici. Mais je sais que dans les États-Unis et en Grande-Bretagne et en Suisse, elles ont dû prendre des mesures pour nationaliser les entreprises en raison de la crise financière. Je parle de cela parce que dans des situations concrètes l’état devait déterminer lui-même ce qui est nécessaire pour garder et ce qui doit être libéré et ce qui devrait être retourné de façon à assurer la stabilité économique. Prenons par exemple les sociétés d’état, et non pas l’Etat en sociétés par actions, ces sociétés ont été créées dans la période récente dans le secteur du logement communal, dans le domaine des nanotechnologies. Elles ont été créés pour une certaine période d’activité seulement, et après cela, devraient être soit privatisées ou liquidées. Pour autant que l’état actionnaire des sociétés soit concerné j’ai parlé de cela aussi à Krasnoïarsk. Je pense qu’il est tout à fait raisonnable d’augmenter le nombre d’administrateurs indépendants dans les sociétés qui représentent les intérêts de l’état comme actionnaire. C’est essentiellement parce que, en règle administrateurs indépendants de mieux comprendre les activités et peut recevoir une rémunération à cet effet, par opposition aux fonctionnaires de l’état et, en même temps, il est de leur devoir d’agir dans l’intérêt de l’Etat comme principal actionnaire.  

FT: Parlons de la politique étrangère. M. Poutine est juste que l’ouest, le monde, vous trouverez, selon ses propres mots, pas plus facile à «manier»?
DM
: Bien sûr, il a raison. Vous avez posé la question de savoir s’il est juste ou non, et il a raison.
 

FT: Il a raison sur la plupart des choses?
DM
: Bien sûr. Il est un dirigeant expérimenté et efficace du pays.
 

FT: Mais il a poursuivi en disant que vous êtes un nationaliste, dans le bon sens du terme. Comment définissez-vous ce terme, alors: un nationaliste dans le bon sens du terme?  
DM: Je vais tout d’abord expliquer ce que j’entends par un bon dirigeant du pays, de la Russie, et pas seulement de la Russie. Un chef d’état moderne doit absolument mener un objectif et équilibré, et autant que possible l’efficacité des politiques économiques fondées sur les priorités des valeurs de marché et les droits de propriété. Il n’est pas important de voir comment ce chef se caractérise, que ce soit en tant que libéral, un démocrate ou d’un conservateur. De mon point de vue dans le monde moderne tout chef d’état qui se veut efficace doit procéder à partir de ces valeurs que j’ai mentionnées auparavant. En ce qui concerne les relations extérieures, alors indépendante de toute étiquette qui est collée à un dirigeant ou à un autre, un véritable dirigeant du pays doit prendre soin de défendre les intérêts de son pays, et veiller à ce constamment, et tout le long du périmètre de ce pays.  

FT: Est-il dans l’intérêt de la Russie pour améliorer ses relations avec la Grande-Bretagne maintenant?
DM
: Sans aucun doute. Tout ce que nous avons aujourd’hui reflète deux parties. Nous avons de très bonnes relations économiques. Juste magnifique. Au cours de la dernière année, l’investissement par la Grande-Bretagne en Russie a été multiplié par 3,7 fois — soit près de quatre fois — et totalise environ $ 26 milliards de dollars, plus quelques kopecks. Barclays vient juste d’acheter une banque russe pour environ $ 800 millions. Par conséquent, il n’y a pas d’obstacles au développement des relations économiques. Ils sont les plus puissants qu’ils ont été pendant toute la période des relations russo-britanniques. Et c’est très bon.
Mais les contacts politiques bilatéraux ont été enroulées à un degré significatif. Il existe une série de limitations — imposée, soit dit en passant, non pas par nous mais par le gouvernement de la Grande-Bretagne — sur les contacts entre les services de sécurité et d’échanges et ainsi de suite. Et ce n’est bien sûr pas très bon. Ce n’est pas une tragédie. Nous pouvons bien sûr de restaurer l’ensemble de la pleine coopération bilatérale. Bien sûr, [ce serait] sans conditions préalables et à la compréhension de l’indépendance de l’autre. Après que j’ai été élu président, Gordon Brown a été l’un des premiers à me féliciter. Donc, nous sommes ouverts à la remise en place de la coopération dans toute sa mesure.  

FT: Vous attendez-vous que cela se produise? Sera t’il un réel progrès lorsque vous rencontrer M. Brown?
DM
: L’avenir nous dira
 

FT: Croyez-vous réellement, cependant, que le British Council est l’espionnage? DM: Je ne suis pas le chef des services de sécurité mais en même temps, les informations qui, de temps à autre apparaît dans la presse et les rapports que je reçois comme l’un des dirigeants du pays montrent qu’il ya un problème avec cela. Mais ce n’est pas très surprenant, parce que ces types d’organisations sont traditionnellement utilisées pour la collecte d’informations.  

FT: Et cette semaine, il y avait un raid sur TNK-BP. Croyez-vous certaines personnes disant que ceci est une tentative de sabotage d’un effort des deux côtés, à Moscou et le Royaume-Uni, pour améliorer les relations?  
DM: Nous avons besoin de faire le tri entre ce qui s’est passé. Dans tous les cas, les informations que j’ai reçues montrent que, dans ce cas, nous parlons de la collecte de l’information commerciale dans l’intérêt d’autres sociétés. Et un tel type d’espionnage commercial est un crime selon la loi de n’importe quel pays. Mais il est clair que le cas est actuellement à l’étude à l’étape préliminaire et pour autant que je sache documents ont été saisis et les personnes qui ont été accusées ne sont pas en détention. Mais, partant de ce que nous parlons depuis pour les deux dernières heures, je voudrais que la décision définitive devant être prise par un tribunal et non par le jugement d’analystes ou d’hommes politiques. D’après ce que je comprends ce n’est pas un état mais un crime criminalité dans le domaine économique. Malheureusement, c’est une chose, mais nous devons attendre le résultat. Nos entreprises aussi essayer d’observer les uns les autres et essayer d’obtenir certains types de matériaux.  

FT: Croyez-vous que la Russie comme une grande puissance? Et que les objectifs de sécurité nationale allez-vous suivre, par exemple sur la prolifération nucléaire?  
DM: Sans aucun doute, la Russie comme grande puissance nucléaire s’intéresse à l’ensemble des obligations liées à ce statut. Nous vivons dans un monde dangereux et complexe ; lorsque le nombre de pays dotés d’armes nucléaires est de plus en plus, cela accroît la menace de terrorisme nucléaire. Et la tâche de tous les pays appartenant au club nucléaire est de prendre le plus grand soin dans l’accomplissement de ces obligations. Par conséquent, il est très important d’avoir des contacts dans le cadre de procédures internationales existantes et d’établir de nouveaux accords relié à la réduction des armes stratégiques offensives. Récemment, nos collègues américains, Mme Rice et M. Gates nous ont rendus visites et nous avons parlé de plusieurs questions concernant la sécurité internationale. Nous nous félicitons de tels contacts, alors que nous avons plutôt de grandes divergences d’opinion. Bien sûr, nous ne sommes pas satisfaits par le fait que des plans sont en cours d’exécution liés activement à la troisième position pour la région de la défense antimissile. Nous considérons que ce type de décisions de rompre le fragile équilibre des forces et des infrastructures en Europe, et pas seulement en Europe. En même temps, nous sommes prêts à examiner les propositions que nos partenaires américains nous ont apportés. Nous n’avons pas commencer à tout cela mais nous avons besoin d’aller quelque part, afin de vous assurer que la situation ne change pas radicalement détériorer. Les pourparlers ont eu lieu et nous examinons les initiatives de nos partenaires américains. Nous pourrions dire la même chose à propos de la question de la signature d’un nouvel accord d’entente. Ici, il y a encore des complications, parce que nous voudrions que cette convention soit pas seulement un morceau de papier vide, mais qu’un accord absorbe la totalité de l’expérience accumulée par notre pays dans les années 70, 80 et 90. En ce sens, probablement sur sa base, il ne devrait pas seulement être un début d’accord, mais une série d’autres procédures et des positions qui sont débattues aujourd’hui. Mais un vaste mouvement en ce sens a commencé.  

FT: Y at-il une possibilité d’une entente entre le Président Poutine et le Président Bush, même si le sommet de l’OTAN donne une offre sur la préparation à l’adhésion à l’Ukraine et la Georgie?
DM
: Le président Poutine et le président Bush ont de très bonnes relations personnelles. Et je pense que si ce n’était de ces relations, les relations inter étatiques puis aujourd’hui serait peut être bien pires ! J’ai dit cela au Président Bush par conversation téléphonique lorsqu’il a téléphoné pour me féliciter après mon élection. Des travaux sont en cours. Les experts travaillent, les employés du ministère des Affaires étrangères et le ministère de la défense travaillent. Il est naturel que nous ayons toutes les propositions, et que les Américains puissent aussi avoir toutes nos propositions.
Mais je voudrais faire remarquer que séparément, nous ne sommes pas satisfaits de la situation autour de la Georgie et l’Ukraine. Nous considérons que la situation actuelle est extrêmement troublante pour la structure actuelle de la sécurité européenne. Je tiens à dire qu’aucun État ne peut être heureux d’avoir des représentants d’un bloc militaire à laquelle il n’appartient pas à venir à proximité de ses frontières. C’est quelque chose qui est encore plus difficile à expliquer que la grande majorité des citoyens de l’un des États, par exemple de l’Ukraine, sont catégoriquement contre l’adhésion à l’OTAN tandis que le gouvernement de cet état fait suite à une autre politique. Il s’agit donc d’une véritable démocratie ? À tout le moins dans de telles situations, il est de coutume d’organiser un référendum.  

FT: Vous êtes arrivée au pouvoir d’assumer les plus hautes fonctions après un leader très populaire et très fort. Je suis tenté de penser à Margaret Thatcher et de John Major, à l’exception de Margaret Thatcher a dû partir. Ma question est que vous avez travaillé avec Vladimir Poutine pendant de nombreuses années. Qu’avez-vous appris de lui et de son leadership dans les huit dernières années, et son style?
DM
: J’ai beaucoup appris du président Poutine. Et, en fait, nos relations remontent dix-sept dix-huit ans. Lorsque nous nous sommes rencontré pour la première fois j’ai vraiment eu un adolescent. J’avais 24 ans, et il était plus jeune que je ne le suis maintenant. Mais il était déjà beaucoup plus expérimenté après été à «l’école des service Russes» à l’étranger, et en Union soviétique. Vous savez ce qui m’a frappé au début a été son attitude à l’égard de la moindre information et la façon minutieuse dont il essaie d’aller au fond de chaque chose, de chaque problème qui survient. Et façon dont il prend des décisions uniquement sur la base d’une telle analyse complexe et globale. Je pense que cela est très important pour tout dirigeant, et encore plus pour un président. Et il ya quelque chose à apprendre pour beaucoup de personnes, du président Poutine.
Tout dirigeant, tout patron devrait examiner la question avec la plus grande minutie. Et puis, après avoir pris une décision, la mettre en œuvre avec le même degré d’intensité. Ce sont exactement les qualités du Président Poutine, et c’est pourquoi il est si populaire et un dirigeant si efficace. Et il est également très important que nous sommes liés par l’amitié et une relation de confiance. Cela est très important en politique. C’est seulement de cette façon que nous pourrons résoudre les grands problèmes auxquels est confrontée la Russie Etat et la société en général. La Russie a besoin d’une consolidation maximale, la consolidation de l’élite russe et aussi de consolidation de la société. Seulement alors, nous pouvons atteindre les objectifs que nous avons en face de nous. Je suis convaincu que nous serons en mesure de le faire.

FT: Dis-moi une chose: quand saviez-vous que vous alliez être le président, je suis curieux? Comment l’avez-vous ressenti?  
DM: J’ai appris que j’allais être président dans la nuit du 2 Mars au 3 mars lorsque les résultats du vote ont été divulgués. C’est alors que j’ai senti que je j’allais devenir le président de la Russie. Tout le reste — dans le plus grand respect — est juste de la discussion, mais pas les résultats des élections. En ce qui vont mes sentiments, j’ai eu beaucoup de sentiments différents. Je ne vais pas cacher cela. Il est absolument clair que le président exerce la plus grande responsabilité pour la situation dans le pays. C’est le genre de fonction, ou de mission pendant laquelle vous ne pouvez pas éteindre la lumière avec un interrupteur et aller dormir et cesser d’être le président. Il s’agit là d’une tâche très difficile, mais quelqu’un doit le faire, de toute façon c’est tellement intéressant. Je suis convaincu que tout devrait se développer selon le scénario le plus optimiste pour notre pays. Et donc la dernière chose que je voudrais dire, c’est ceci, et c’est tout à fait concret. En juin, nous allons organiser le prochain Forum économique de Saint-Pétersbourg. Il s’agit d’une plate-forme sérieuse. Je prévois d’y remédier et nous espérons que de nombreux invités viendront, de nombreux hommes politiques étrangers et de nombreux représentants d’entreprises de différents pays, y compris de la Grande-Bretagne. Je voudrais vous inviter à participer à cet événement et nous pouvons continuer notre discussion. Copyright The Financial Times Limited, 2008 Traduction en Français : «Alexandre Latsa» pour le blog Dissonance —

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le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Comme la Moskova est russe !

Il me semble cohérent de publier le lien vers le texte suivant, même si je ne suis pas d’accord avec la totalité des assertions de Maurice DANTEC sur la Yougoslavie et sa désintégration ; celui ci a cependant de façon très juste mis le doigt sur certains problèmes essentiels du démembrement civilisationnel en cours, démembrement qui à commencé au coeur du Kosovo, ligne de fracture entre tous les mondes , à la fin du 14ième siècle …

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Extraits :

» Désormais les constructions politiques humaines créées tout au long de l’histoire — disons les 6000 dernières années écoulées- ne sont plus que des abstractions que la Matrice Supranationale Onuzie a pour fonction de remodeler selon les lois humanitaires qu’elle se charge de concocter. «

» Je serais le premier à leur expliquer que le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Comme la Moskova est russe. Comme la Saxe est allemande. Comme l’Île-de-France est française. Je suis sûr que beaucoup se mettront à comprendre en quoi ils se sont fourvoyés.
Évidemment, je leur dirais aussi en quoi il est désormais trop tard
. «


La suite ici

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On the politics of Russia ..

“Commentary on the last presidential elections in Russia March 2nd has been unequivocal – “absence of democracy”; “opposition stifled”; “a drift toward a single party”; “a return to Stalinist practices”, and so on. These accusations have made the rounds of television and newspapers as well as the numerous blogs dealing with Russia. Still, Dmitry Medvedev’s results reflect the evolution (maturing) of a coherent, stable electorate rooted in 1991; the year which marked the inauguration of universal suffrage, the collapse of the USSR – but also the year in which Boris Yeltsin was elected Russia’s first president! Indeed, Russia is a young and vigorous sovereign democracy!
 Explanation: the Western political checkerboard does not have anything like the same form as the Russian. The West European or Anglo-Saxon checkerboard is marked by pronounced dualisms, generally an opposition of “right-left” or “centrists-extremists”, seen eventually as “liberal parties – non-liberal parties”.  The organizational form of this political gameboard totally excludes alliances between parties of the right and left, or of centrists and extremists; you might say the political partitioning is clear-cut and does not allow for “surprises”. This political organization is that of the United States (Democrats versus Republicans) or European countries (Right versus Left as well as existence of extremist parties)…this dualism does not exist in modern, post-communist Russia.
 The Russian political board is itself comprised of a number of parties, very varied but on the whole gathered in three concentric circles, as a function of their type (nature) more than of the ideas they advocate.
The first circle, called the “central circle”, is comprised of government parties, generally indistinguishable as “right or left”. This inner circle is comprised generally of alliances of parties of or close to the Kremlin. This movement has its beginnings in 1991, the first “free” elections of Russia; it comprises an alliance of parties one could qualify as “centro-pragmatists” rather than the “centre-right” (Reform) under the Yeltsin era (1991-1999) and the “centre-patriotic” under the era of Putin (1999-2008), with an inclination toward a patriotic left axis. The common denominator in this league of government is the realignment of parties we could, broadly speaking, refer to as “patriotic”; the names of parties that, since 1991, comprise this league speak for themselves – “Homeland” (Motherland), “Unity”, “Our Home Russia”, “Our Land”, “Just Russia”, “United Russia”…the weight of this central bloc (government bloc) that Russians understand unquestioningly to represent “stability”  (social more than political) grows with each election: from 25% in 1999 to 40% in 2003 and finally to 64% in the 2007 elections. The representative of the inner circle also saw his score increase regularly in the Russian presidential elections: from 35% of the vote in 1996 to 52% in 2000, and 70% in 2004 and 2008.
An “outer circle” is comprised of opposition parties who have a solid electoral base in Russia, high scores and which surrounds the “inner circle” on the spectrum. Two most visible are the Popular Democratic Union of Russia (or Communist Party of Russia, more to the left of the political spectrum), and the Liberal Democratic Party of Russia (neo-imperial, and more to the right of the spectrum). However, there are many others, notably a party of entrepreneurs, a leftist nationalist party…but in 2005 they joined the United Russia coalition of president Vladimir Putin. It must be noted that in 1991 and 1996, the Popular Patriotic Union of Russia candidate (Gennady Zyuganov) polled equally with President Yeltsin, who was seeking a second term, this before his election gained the votes of Alexander Lebed’s supporters. Finally, in 1993, The Liberal Democratic Party of Russia (led by Vladimir Zhirinovsky) gained nearly a quarter of the vote in the parliamentary elections, becoming the first (opposition) political party to sit in the Duma.
 Finally, there is a “marginal (extreme outer) circle” composed of a quite heterogeneous mixture of parties that includes ultra-radical and extremist parties as “liberals”.  Among those regularly present at elections of the past 15 years, one could mention the “Agrarian Party”, “Yabloko”, the “Union of Right Forces”, the “Party of Regions” and various independents.
 Informed commenters, usually westerners, should give up on this so-called “liberal opposition”.  These generally westward-looking parties have seen their electoral base slowly but steadily decrease since 1991, when some of them occupied important positions in the Yeltsin government, with obvious results…their electoral weight was about 12% in the 1993 elections, 7% in the elections of 1995 and 1999, 4% in 2003 and 2% in 2006 (compared with 1.5% for the liberal presidential election candidate last March 2nd).  Yet another often-heard explanation for this electoral erosion is that “Russians don’t want to be Democrats”, or “The Kremlin censors all opposition”…indeed, these “opposition parties” have coalesced in an interesting alliance that might be called the “Disagreement Alliance”, led by two men with totally different profiles (personalities), Garry Kasparov and E. Limonov. This alliance, based on anti-Putinism, repackages a lot of associations and parties that you’ll find here, plays the media internal-destabilization card (deliberate organization of protests in front of foreign cameras, demonstrations which deteriorate only once legally refused by municipalities, etc, etc…).  Add to this Mr. Kasparov’s deliberate speech in English, and one might ask who were its real targets. Externally, these movements play on the sensitive heartstrings of the EU (human rights violations) and America (support for Orange revolutions, taking of anti-Russian stances on the Caucasus and Central Asia).
It’s a strange supposedly liberal opposition, composed of the shaven skulls of the GNP, a longing for the gulag, former convicted dissidents (such as Limonov, who is of French nationality), political associations financed by NGO’s and American Democrat George Soros’s network and leaders of American think tanks who make speeches… in English in the heart of Moscow! You really have to ask why the West concentrates so much attention on parties that are struggling to gain the legal recognition of Russian political parties, and which represent only a tiny minority of the immense Russian civil society, which is itself very active. The fact that Edward Limonov is French and Garry Kasparov is a regular guest before the TV trays of America is perhaps the beginning of an explanation…Nonetheless, some day someone should explain to Kasparov that it is Russians who must be convinced, and not the Americans and the Europeans predisposed by the atmosphere of Kremlinophobia. It is noteworthy that the two primary opposition parties have refused to join “Other Russia”, so as not to mix with undemocratic and violent elements therein, it is the party of  “Yabloko”, and the Union of Right Forces”. For the great majority of Russians in search of stability and order (after the tumult of the 90’s), this is anything but serious and overall, anything but credible. It must be reemphasized that the title “liberal” in today’s Russia means “pro-western”, which is overtly criticized since 1991 and the chaos of Yeltsin and his ministers – who often presented themselves as “reformist/liberal” – has been assimilated by the Russian collective unconsciousness as “liberalization”, “economic pillaging” and “social chaos”. In summary, if Kasparov and his cohorts are the pillars of “opposition”, it is only for westerners, as they remain relatively little known in Russia. But that is to be expected if one campaigns in English in front of the TV trays of western countries; it is difficult to be heard by the Russian people but easy to masquerade as the poet of democracy for the complicit presenters and ignorant spectators. It is noteworthy that lying only works for westerners as a strong feeling (and only at home) that the scores of foreign candidates for the Kremlin (German, French, English, UK..) are generally highly regarded in Russia.
 It’s hard to believe that the ballot-boxes are stuffed in consulates, yet the voices of Russian voters living in these “civilized, free and democratic” countries tend naturally toward the Kremlin parties. Something to think about…
Posted on by Alexandre Latsa in Analyses, Articles in English Leave a comment

De la politique en Russie

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet article sur Agoravox et Yahoo actualités

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Les commentaires sur les élections présidentielles du 2 mars dernier en Russie ont généralement été assez univoques : «manque de démocratie », « opposition étouffée », « dérives vers le parti unique », « retour aux pratiques staliniennes » etc etc …. Ces acccusations ont maintes fois fait le tour des plateaux télés, les unes des journaux ou encore des nombreux Blogs traitant de la Russie … Pourtant, le résultat de Dmitri Medvedev, n’est que le reflet d’une évolution électorale très cohérente, stable et entamée dès 1991, année de l’instauration du suffrage universel direct, de l’effondrement de l’URSS, mais aussi l’année ou Boris Eltsine a été élu premier président de Russie ! Hé oui, la Russie est une «jeune» et vigoureuse démocratie Souveraine …

Explications : L’échiquier politique occidental n’a pas du tout la même forme que l’échiquier politique Russe. Dans la zone Occidentale européenne ou anglo-saxonne l’échiquier est marqué par des dualismes prononcés, généralement une opposition « droite-gauche » ou encore « centre-extrêmes » voir éventuellement « partis libéraux-partis non libéraux ». 

Cette forme d’organisation de l’échiquier politique exclut totalement des alliances entre partis de droite et de gauche, ou entre partis du centre et les extrêmes, on peut dire que la segmentation politique est claire et tranchée et ne permet pas de « surprises ». Cette organisation politique est celle des États-Unis (démocrates VS républicains) ou de pays Européens (Droite VS gauche ET existence de partis extrémistes) …. Ce dualisme n’existe pas dans la Russie moderne (post-communiste). 


L’échiquier politique Russe se compose lui d’une multitude de partis, très variés mais que l’on peut rassembler dans 3 cercles concentriques, en fonction de leur nature plus que des idées qu’ils prônent.
Le premier cercle, dit « cercle central » comprend les partis de gouvernements, généralement sans discernement de « droite ou de gauche ». Ce cercle central comprend généralement les alliances de partis de gouvernement, issus ou proches du Kremlin. Ce mouvement a été initié dès 1991, dès les premières élections « libres » de Russie, il comprend une alliance de partis que l’on pourrait qualifier de « centro-pragmatiques » plutôt de centre droit (réformateur) sous l’ère Eltsine (1991-1999) et de « centro-patriote » sous l’ère Poutine (1999-2008), avec un fléchissement vers un axe patriotique de gauche. Le point commun de cette ligue de gouvernement est de regrouper des partis que l’on peut qualifier d’être globalement à tendance « patriotique », les noms de partis qui depuis 1991 composent cette ligue parlent d’eux mêmes : « patrie », « unité », « notre maison la Russie », « notre terre », « Russie juste », « Russie unie » …. Le poids de ce bloc central (ou bloc de gouvernement) que les Russes assimilent sans doute à juste titre à de la « stabilité » sociale (plus que politique) ne cesse d’augmenter à chaque élection : de 25% aux législatives de 1999, à 40% aux législatives de 2003 et enfin à 64% aux élections de 2007. Le représentant de ce « cercle central » quand à lui a aussi vu son score régulièrement augmenter aux élections présidentielles Russes : de 35% des voix en 1996, 52% en 2000, et 70% en 2004 et 2008.

  Un « cercle périphérique » constitué de partis d’oppositions qui ont une solide assise électorale en Russie, des scores élevés et qui encadrent le « cercle central » sur l’échiquier politique. Deux sont principalement cités, l’union Populaire et démocratique de Russie (ou parti communiste Russe, donc plus à gauche sur l’échiquier) et le parti libéral démocrate de Russie (parti néo-impérial, plutôt à droite de l’échiquier). Néanmoins, il en existe bien d’autres, notamment un parti des entrepreneurs, un parti nationaliste de gauche .. mais ils ont rejoint en 2005 la coalition Russie Unie du président Vladimir Poutine. Il faut noter que en 1991 et 1996, le candidat de l’union populaire et patriotique de Russie (Guennadi Ziouganov) a fait jeu électoral égal avec le président Eltsine qui briguait un second mandat, celui ci ne devant son élection qu’au gain des voix des électeurs de Alexandre Lebed. Enfin, en 1993, le parti libéral démocrate de Russie (dirigé par Vladimir Jirinovski) à obtenu près de ¼ des suffrages aux élections législatives de Russie, devenant ainsi le premier parti politique à siéger à la Douma.

Enfin un « cercle marginal » existe, composé d’une kyrielle de partis tout à fait hétéroclites et qui comprend à la fois des partis ultra radicaux, extrémistes, tout comme des partis « libéraux ». Parmi ces partis régulièrement présents aux échéances électorales des 15 dernières années, on peut citer le « parti agraire », « Iabloko », « l’union des forces de droite », « le parti des régions » et de nombreux partis dits « indépendants ».

Il convient de s’arrêter sur cette variante appelée « opposition libérale » par les commentateurs avisés, généralement Occidentaux. Ces partis politiques généralement tournés vers l’occident ne cesse de voir leur assise électorale diminuer de façon lente mais régulière depuis 1991, époque ou ceux la mêmes occupaient les postes les plus importants du gouvernement Eltsine, avec les résultats que l’on connaît .. Leur poids électoral est ainsi passé de presque 12% aux élections législatives de 1993, 7% aux élections législatives de 1995 et 1999, 4% en 2003 et 2% en 2006 (à comparer au 1,5% du candidat libéral à l’élection présidentielle du 2 mars dernier). Il y a pourtant une autre explication a cette érosion électorale que le fait entendu trop souvent selon lequel les Russes ne seraient pas démocrates ou que le Kremlin aurait censuré toute opposition … En effet ces « partis d’opposition » se sont coalisés au sein d’une alliance intéressée dite « alliance du désacord», dirigée par deux hommes aux profils pourtant totalement différents, Gary Kasparov et E. Limonov. Cette alliance fondée sur l’anti-Poutinisme primaire regroupe un tas d’associations et de partis politiques dont vous trouverez la liste la, qui jouent sur la carte de la déstabilisation médiatique sur le plan intérieur (organisation d’actions coup de poing systématiquement devant les caméras étrangères, manifestations qui dégénèrent uniquement lorsqu’elles ont été au préalable légalement refusées par les municipalités etc etc) , ajouter à cela les systématiques discours de Mr Kasparov en Anglais et l’on peut se demander les réels objectifs de ce dernier…. Sur le plan extérieur, ces mouvements jouent sur les cordes sensibles de l’UE (atteintes aux droits de l’homme) et de l’Amérique (soutien aux révolutions Oranges, prises de positions anti-Russe dans le Caucase ou l’Asie centrale ..).
Curieuse opposition soit disant libérale, composée des cranes rasés du PNB, des nostalgiques du goulag, d’anciens condamnés pour coup d’état, comme Limonov (qui à en outre la nationalité Française), les associations politiques financées par les ONG démocrates Américaines et le réseau SOROS, et des leaders membres de Think-Tanks US qui font des discours en … Anglais au coeur de Moscou ! On est réellement en droit de se demander les raisons qui font que l’Occident y porte tellement d’attention lorsque l’on sait que les partis membres de cette alliance peinent à rassembler les conditions légales nécessaires pour se faire reconnaître comme étant des partis politiques Russes, et que les associations elles ne constituent qu’une infime minorité de l’immense société civile Russe, qui est par ailleurs très active. Le fait que Edouard Limonov est la nationalité Francaise et que Garry Kasparov soit régulièrement l’invité des plateaux télévisés Américains est peut être un début d’explication .. Néammoins, il faudrait peut être expliquer un jour à Kasparov que c’est les Russes qu’il faut convaincre (encore que ..) et non les Américains et les Européens largement atteints par la Kremlinophobie ambiante … Il est à noter que deux partis principaux d’opposition ont refusé de rejoindre « l’autre Russie » pour ne pas côtoyer les mouvements non démocratiques et violents qui s’y trouvent, il s’agit du parti «Iabloko» (dont l’évolution électorale si vous cliquez sur le lien démontre parfaitement la perte d’influence des partis ‘libéraux» en Russie moderne) et du parti «Union des forces de droite«. Pour la grande majorité des Russes, à la recherche de stabilité et d’ordre (après le terrible désordre des année 90), cela est tout sauf sérieux et surtout tout sauf crédible. Il faut rajouter que l’appellation libérale en Russie à aujourd’hui une connotation « pro Occidentale » qui est ouvertement décriée, cela depuis les années 1991 ou le chaos sous l’ère Eltsine, et ses ministres souvent présentés comme « réformateurs / libéraux » a été assimilé dans l’inconscient collectif Russe à « libéralisation », « pillage économique » et « chaos social ». Enfin pour finir, si Kasparov et consorts sont les garants de «l’opposition», ce n’est que pour les Occidentaux car ils restent très méconnus en Russie mais c’est normal, en faisant campagne en Anglais sur des plateaux télévisions de pays Occidentaux, il est difficile de se faire «entendre» par le peuple Russe mais facile de se faire passer pour le chantre de la démocratie, devant des présentateurs complices et des téléspectateurs ignares. Il est à noter que le mensonge ne marche que pour les Occidentaux en guise de sensation forte (et encore chez eux) puisque les scores des candidats du Kremlin chez les Russes de l’étranger (Allemagne, France, Angleterre, Royaume Uni ..) sont généralement « plus » élevés qu’en Russie …. 


Il est difficile de croire que les urnes soient bourrées jusque dans les consulats et pourtant les voix des électeurs Russes qui résident dans ces pays « civilisés, libres et démocratiques » se portent plus naturellement vers les partis du Kremlin. A méditer …

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Rtr Planeta : la Russie en images ..

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Poutine avertit les occidentaux : ne pensez pas que cela sera plus facile sans moi !

Le président sortant russe Vladimir Poutine a affirmé samedi 8 mars que son successeur Dmitri Medvedev n’était pas «moins nationaliste» que lui et que c’était un : «véritable patriote qui défendra avec le même dévouement les intérêts de la Russie sur la scène internationale».
La suite ici ..
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Les NASHI manifestent au coeur de Paris

Le mouvement de jeunesse «NASHI» à organisé sa première manifestation en France récemment, lors de la manifestation du 5 mars a Paris, pour dénoncer l’indépendance du Kosovo, à cette occasion, les NASHI ont fait passé un communiqué sur leur site officiel que vous pouvez retrouver ici , et traduit ci dessous :

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Vive la resistance!

Акцию против признания независимости Косово провели сегодня активисты Движения «НАШИ» в центре Парижа. Помимо «НАШИХ» на Площади Республики собралась и сербская молодежь. Вместе они забрались на центральный памятник — «Статую Республики» и растянули флаги России и Сербии, скандируя «Россия, Сербия!» и «Vive Poutine!» (Слава Путину).

Движение «НАШИ» поддерживает сербов, проводящих по всей Европе акции протеста, считая позицию мирового сообщества по отношению к этой проблеме преступной.

В настоящее время в мировой политике существует несколько проблемных тем, в которых стороны от взаимного недовольства и непонимания могут перейти к вооруженному конфликту. И одна из наиболее актуальных – провозглашение Косово независимости от Сербии.

Поддержка независимости Косово незаконна по своей сущности — в резолюции Совета Безопасности ООН 1244, которая действует до сих пор, сказано, что Косово является неотъемлемой частью Сербии. Некоторые европейские лидеры заявляют, что это – особый случай, и поэтому стоит закрыть на отделение Косово глаза.

Но это не так – совершенно аналогичные ситуации происходят в Абхазии, Южной Осетии, Приднестровье, за независимость борются испанские баски, Северная Ирландия, Северный Кипр.

В Сербии уже много лет ведется этническое противостояние, в котором преступления совершаются обеими сторонами. Косово – это «де-факто» независимая территория, но признавать это юридически очень опасно.

Народы Сербии и России связывает давняя дружба, сербы называют русских братским народом. Уже не раз за историю последних веков именно наша страна выступала защитником и гарантом безопасности на Балканах. И сегодня мы помогаем братскому народу не допустить разделения единой страны на две враждующие части.

Vive la resistance!

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Vive la resistance!

Le mouvement NASHI à mené aujourd’hui une action contre la reconnaissance de l’indépendance au centre de Paris. Les NASHI ont rejoint des jeunes Serbes de France pour cet évenement, devant la statue de la république, au coeur de Paris, scandants ensemble «Russie ! Serbie» et «Vive Poutine«.

Le mouvement NASHI soutient les Serbes qui organisent des manifestations partout en Europe, montrant son désaccord avec la prise de position criminelle de la communauté internationale. Actuellement il existe de nombreux problèmes internationaux, qui si ils ne sont pas résolus correctements, crééront de l’insatisfaction cher certains belligérants, pouvant entrainer de nouveaux affrontements militaires. Et un des plus actuels est la déclaration d’indépendance du Kosovo de la Serbie.

L’indépendance du Kosovo est illégitime, il viole la résolution 1244 qui est actuellement toujours en vigueur et qui considère que la Kosovo est toujours partie intégrante de la Serbie. Certains leaders Européens pensent que c’est un cas particulier et que nous devons fermer les yeux sur l’indépendance du Kosovo. Mais ce n’est pas ainsi ! C’est en effet exactement la même situation en Abkhazie, Transnistrie et Ossétie du sud, et aussi les Basques Espagnols, les Irlandais du nord et Chypre nord ….

Actuellement en Serbie il y a une confrontation ethnique et des crimes sont commis par les deux parties. Le Kosovo est de facto un «territoire» mais en reconnaitre l’indépendance est extrêmement dangereux.

Les peuples Russes et Serbes sont liés par une très ancienne amitié, les Serbes appellent les Russes «peuple frère». Depuis des siècles notre pays se montre en tant que défenseur et garant de la paix dans les Balkans. Et aujourd’hui nous aidons un pays frère à ne pas se faire disloquer en petites entités qui s’affrontent.

Vive la résistance !

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Pour informations :
Le site officiel des NASHI voir aussi la
le site du mouvement «jeune garde«
le site officiel de «jeune Russie«

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За Медведева !

C’est fait ! Ce 2 mars 2008, avec près de 70,23% des voix, Dmitri Anatolievitch Medvedev a été élu président de la fédération de Russie, devant le candidat du parti communiste Guennadi Ziouganov (17,76%), l’ultra-nationaliste Vladimir Jirinovski (9,37%) et le candidat pro-européen Andreï Bogdanov (1,29%).
La participation ayant atteint près de 70%, le candidat du Kremlin a obtenu à cette élection plus de suffrages que son prédécesseur.

Les médias Francais ayant une fois de plus fait preuve d’une censure totale à l’égard des évenements essentiels qui ont lieu dans ce pays, vous pouvez trouver ci dessous, la traduction du discours du nouveau président Russe, et de son futur premier ministre.

Source : Kremlin.ru

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Д.МЕДВЕДЕВ: Привет, Россия! Привет, Москва!

Сегодня особенный день. И, несмотря на то что с неба идёт такой неприятный снег, тем не менее это особенный день в жизни нашей страны. Мы выбираем путь развития на достаточно долгое время вперёд. И у нас есть шанс развиваться так, как мы развивались в последние годы, крепить стабильность, повышать качество жизни, двигаться вперёд по тому плану, по которому мы шли эти годы. И я уверен, что мы должны выбрать эту дорогу: есть все шансы для этого.

Сегодня были выборы, в которых вы принимали участие. Я хотел поблагодарить всех, кто проголосовал за меня. Хотел поблагодарить всех, кто голосовал за других кандидатов, потому что вместе мы составляем почти две трети населения нашей страны. Значит, нам небезразлично её будущее, значит, мы можем сохранить тот курс, который предложил Президент Путин. И я уверен, что у нас есть все шансы для этого. Вместе будем двигаться дальше – вместе победим. Ура!

D.МЕDVEDEV: Salut la Russie, Salut Moscou

Aujourd’hui est un jour très particulier de l’histoire de notre pays. Nous choisissons le chemin du développement pour un et cela à long terme. Nous avons une chance de nous développer ainsi, comme nous nous sommes développés ces précédentes années, renforcer la stabilité, augmenter la qualité de vie, aller de l’avant avec ce même plan, par lequel nous avons avancé ces dernières années.
Je suis moi persuadé que nous devons choisir ce chemin. Nous avons toutes les chances pour ca.

Aujourd’hui ont eu lieu les élections auxquelles vous avez participé. Je souhaite remercier tous ceux qui ont voté pour moi. Je souhaite remercier tous ceux qui ont voté pour d’autres candidats, parce que tous ensemble, nous représentons les 2/3 de la population de notre pays.
Vous savez nous ne sommes pas indifférents à son avenir.

Nous pouvons garder le cap qu’entreprit le président Poutine. Je suis sur que nous avons toutes les chances pour cela.
Ensemble nous allons vers la victoire.

Hourrah !

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В.ПУТИН: Вы замёрзли? Вы даёте мне одну минуту?

Выборы Президента Российской Федерации состоялись. И наш кандидат Дмитрий Анатольевич Медведев уверенно лидирует.

Я благодарю вас, благодарю всех граждан России, которые пришли сегодня на избирательные участки. Это говорит о том, что мы живем в демократическом государстве, а наше гражданское общество становится эффективным, ответственным и активным.

Выборы Президента, выборы парламента прошли в строгом соответствии с Конституцией нашей страны и в сроки, обозначенные в законе. Я поздравляю Дмитрия Анатольевича Медведева и желаю ему успехов.

Но такая победа ко многому обязывает. Она, эта победа, будет гарантией того, что курс, который мы с вами выбрали, успешный курс, который мы вместе с вами проводили последние восемь лет, будет продолжен.

Я хочу поблагодарить и всех кандидатов, которые достойно прошли президентскую избирательную гонку, но хочу напомнить: выборы закончились. И я очень рассчитываю, что предвыборные страсти останутся в прошлом, а все те, кто действительно любят нашу с вами Россию, объединят свои усилия в работе на благо граждан нашей великой Родины.

Спасибо вам.

V.PUTINE: Vous avez froid ? Vous me donnez une minute ?

Les élections du président de la fédération de Russie ont eu lieu. Notre candidat Dmitri Anatolievitch Medvedev semble s’imposer avec assurance. Je vous remercie, je remercie tous les citoyens Russes qui se sont déplacés dans les bureaux de vote. Cela veut dire que nous vivons dans un état démocratique et que notre «société civile» devient efficace, responsable et active.

Les élections présidentielles, et législatives, ont eu lieu dans le stricte respect de la constitution de notre pays et dans le respect des dates fixées par la loi.

Je félicite Dmitri Anatolievitch Medvedev et lui souhaite beaucoup de succès. Une victoire pareille engage beaucoup de responsabilité. Cette victoire est aussi la garantie que le cap que nous choisi ensemble, ce cap victorieux que nous avons maintenu ces 8 dernières années, va être poursuivi.

Je voudrais remercier tous les candidats qui ont mené honnêtement la course à la présidence mais je voudrais préciser que les élections sont terminées.

Et je compte énormément sur le fait que les passions électorales restent dans le passé et tous ceux qui pour de vrai aiment notre Russie, qu’ils réunissent leurs efforts pour le bien des citoyens de notre grande patrie.

Merci à vous !

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Réponse a André Gluksmann

Mr Gluksmann, une fois de plus, le 28 décembre dernier, vous vous êtes fendus d’un commentaire sur le pouvoir Russe dans le Figaro magazine, c’est la votre droit le plus absolu, la France fait partie de ces démocraties ou l’on a encore le droit de s’exprimer et à ce titre permettez moi de vous répondre et d’user du même droit que vous. Cela va faire 50 ans bientôt que nous vous entendons, ou plutôt devrais je dire subissons, dans le paysage médiatique francais. Lors de votre dernière apparition médiatisée, lors du grand meeting de soutien à votre nouvelle idole politique, le président Nicolas Sarkosy, vous êtes apparus fébrile. Vous faites en effet partie de ceux qui ont soutenu Nicolas Sarkozy à la présidence de la république Française, vous savez cette nation millénaire (la plus ancienne du monde), cette république des droits de l’homme que vous qualifiez de «dictature Fasciste» en 1972. A l’époque il est vrai, vous étiez trotsko-maoïste, vous sortiez tout d’une crise d’enfants gâtés, qu’on a même appelé une révolution ,je parle bien sur de mai 68. Évidemment à l’époque si l’on vous avait dit que vous prendriez la parole juste 30 ans plus tard devant le gratin le plus conservateur et bourgeois du pays pour faire barrage aux «socialistes trop hexagonaux» (on aura finalement presque tout entendu dans ce pays) et pour soutenir le candidat «descendant» de celui que vous combattiez à l’époque, vous ne l’auriez pas cru. Le plus affligeant est que tous vos «acolytes» de l’époque ont fini comme vous : pontes ou semi-pontes de l’établissement, en tout cas sur la photo dans les pages peoples des magazines showbiz, et en WE dans les Riads de milliardaires au Maroc. Funeste destinée pour ceux qui prônaient je vous re-cite «l’embrasement de l’Europe du capital». 

Il faut bien avouer que depuis vous avez su montrer patte blanche, de MAO à l’OTAN il n’y a qu’un (petit) pas que vous avez franchi d’un saut de microbe. En effet, en 1999 vos éructations serbophobes et votre soutien à l’intervention militaire de l’OTAN contre la République (relisez ce mot) de Serbie ont définitvement fait de vous un enfant de votre monde politique et surtout de votre siècle. Au passage, cautionner le bombardement de Belgrade par les troupes Allemandes, comme en 1941,(vous aviez alors quatre ans) ne semble pas vous avoir posé le moindre cas de conscience. Je vous laisse avec vos fantômes. Mais en France nous sommes habitués à tout, votre clone BHL à lui aussi un parcours hautement similaire au vôtre, soutien délirant du Soviétisme triomphant, puis Maoiste petit bourgeois et révolutionnaire de salon lors de mai 68, avant de logiquement se réfugier dans un atlantisme OTANesque, rassurant, sous les lumières du capital merveilleux de Bush et bientot de McCain……. Pour enfin prendre sa carte au PS. Seul, un irréductible résistant Belge, entarteur professionnel, l’a sans doute correctement traité et défini : «un pompeux cornichon». 

Mais passons, vous vous êtes trouvés un nouveau Génocideur à combattre, fut ce par les bombes des évangéliques d’extrême droite Américain ou de la nouvelle Wermacht ! Si j’ai bien compris, ce pauvre Vladimir Vladimirovitch aura simplement exterminé 20% de la population Tchétchène, interdit toute liberté d’expression et fait assassiner les dissidents, l’honnête Kodorovski , la pauvre Politkovskaia et j’en passe, ce ne sont la que les plus célèbres. J’ai déjà entendu (sur la forme) des accusations aussi sures et impressionnantes, lorsqu’en 1995 on accusait le soldat Serbe d’être spécialisé dans le Viol ethnique (ou aurait déjà du à l’époque utiliser le terme de viol «communautaire»). On a vu le brillant résultat … J’ai récemment reçu par la poste et ne me demandez pas pourquoi, ni comment, un torchon appellé «choc du mois», pamphlet de second ordre national catholique qui titrait : «peut on s’entendre avec les Russes ?». Il m’a semblé original de constater en le lisant que les inversions sémantiques du monde moderne illustrent parfaitement des retournements de vestes les plus étonnants. Pensez donc : les petits enfants des soldats volontaires du front de l’est souhaitent désormais un Youm Kippour entre «blancs» alors que les petits enfants des persécutés de cette même époque soutiennent désormais l’armée de nouvelle Allemagne (nouvelle Wermacht ?) contre ceux la même qui à l’époque les défendaient, et les protégeaient. Dois je vous rappeler que la famille de Madeleine Allbright-Korbelova a été sauvée grâce à des Serbes ? Bien sur que non, un homme de votre culture «sait» cela. Je vous cite cet exemple car tout simplement, les quelques articles (je n’ai pu aller par ennui au bout de ce canard) que j’ai lu m’ont fait penser à votre article tant sur le fond (Russophobie suintante) que sur la forme (caricaturalisme outrancier). Non Mr Glucksmann la Tchétchénie je vous le rappelle fait toujours partie intégrante de la fédération Russe et la grande majorité des Tchétchènes est opposée à l’indépendance car ils savent eux que les griffes du Wahabisme radical les menace, ainsi que de nombreux autres dangers. Ils savent aussi que Khattab, Bassaiev et consorts, vous savez ces gens de Kavkaz.org qui appellent sur leur site les Russes les Koufirs, ne SONT PAS Tchétchènes mais Jordaniens, Saoudiens et financés par l’extérieur. 
Non Mr Glucksman je doute moi que cela soit Mr Poutine et le Kremlin qui ai fait assassiner Mr Klebnikov et Mme Politkovskaia, et d’abord ou aurait été son intérêt puisque le résultat bien prévisible aurait été / est que ce soit justement vers eux que tous les yeux bovins du journaliste moyen se tournent. A qui profite le crime ? Après il y a le pauvre (et honnête) Kodorovski dont évidemment vous ne contestez pas les faits de condamnation judiciaire (qui oserait ?) mais vous contentez de dénoncer son incarcération qui serait … politique ! Vous savez, ce pauvre citoyen qui a été accusé par la Suisse de détournement de plusieurs milliards de francs suisses et ne comptait que céder des ressources naturelles du sol Russe à l’Amérique afin d’être encore plus riche et de faire de la politique ! Ben rien que ca ! 
Dans la Russie libre et démocratique telle que André Glucksman, intellectuel à la solde de l’OTAN et de l’UMP la concoit, quiconque est de l’opposition à VVP ne PEUT être condamné pour des faits averés. En absurdiland, tout est possible .. Et puis alors pour finir, évidemment, Mr Poutine est n’a pas reconnu la seconde guerre mondiale, Hiroshima, le goulag ou Auschwitz comme pire catastrophe géopolitique du siècle mais (selon vous) «la dissolution de l’Union Soviétique». DIANTRE ! Quel barbare ce Poutine ! Sachez que la phrase de Mr Poutine est la suivante : ……. » 25 millions de personnes se sont retrouvées à l’étranger sans moyens de subsistance, dans un climat de nationalisme croissant, dans une situation où ils ne pouvaient pas retourner en Russie, leur patrie historique, et ne pouvaient même pas voir leurs parents parce qu’ils n’ont pas l’argent nécessaire pour Acheter un billet de train ou d’avion. Ils n’avaient pas d’appartements en Russie. Ils n’ont nulle part où vivre et pas d’emplois. N’est-ce pas une tragédie? C’est ce que je voulais dire lorsque j’ai parlé de la tragédie de cette période. Vingt-cinq millions de citoyens soviétiques qui étaient Russes se sont retrouvés en dehors de la frontière de la Russie et personne ne s’en est occupé. C’est l’équivalent de la population d’un grand pays européen. Ils se sont retrouvés soudainement dans la position d’être des étrangers sans que personne ne se soucie d’eux.« 

Vladimir Poutine, le fasciste Russe qui assassine les journalistes et les Tchétchènes, celui qui emprisonne les honnêtes hommes d’affaires Russes se soucierait de son peuple ??!! Cela mérite surement une cellule à La Haye et une fin à la Milosevic, offerte par notre brillant système de justice internationale (et son corollaire médical visiblement). A ce que je sais en tout cas, en Sibérie, les condamnés ne meurent pas dans les cellules. Mais pour Mr GLUKSMANN, 110.000 japonais valent sans doute infiniment plus que 25.000.000 de Russes ! 
Quand au second conflit mondial, penser d’un Russe qu’il ne comprend pas la tragédie de cet événement historique traduit un cruel jugeote, je vous rappelle que 20.000.000 de Russes sont morts durant cette guerre, pour libérer cette Europe dans laquelle vous êtes né, et que vous vouliez incendier … 
Si la bêtise nous parle en lisant Times, c’est le mensonge et la haine qui nous frappent lorsqu’on lit certains articles du figaro magazine. 

Je ne vous salue pas, 

Alexandre Latsa

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Le discours de Munich

Discours de Vladimir Poutine prononcé le 10 février 2007 à la Conférence de Munich sur la sécurité, véritable pierre angulaire du «Nouvel Ordre Multipolaire».


Madame la chancelière fédérale, Monsieur Teltschik, Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie pour cette invitation à participer à une conférence aussi représentative, qui a réuni hommes politiques, militaires, entrepreneurs et experts de plus de 40 pays du monde.

Le format de conférence me permet d’éviter les formules de politesse superflues et de recourir aux clichés diplomatiques aussi agréables à entendre que vides de sens. Le format de la conférence me permet de dire ce que je pense des problèmes de la sécurité internationale et, si mes jugements vous semblent inutilement polémiques ou même imprécis, je vous demande de ne pas m’en vouloir. Ce n’est qu’une conférence et j’espère que dans deux ou trois minutes Monsieur Teltschik n’allumera pas la « lampe rouge ».

On sait que les problèmes de la sécurité internationale sont bien plus larges que ceux de la stabilité militaro-politique. Ces problèmes concernent la stabilité de l’économie mondiale, la lutte contre la pauvreté, la sécurité économique et le développement du dialogue entre les civilisations.
Le caractère universel et indivisible de la sécurité est reflété dans son principe de base : « la sécurité de chacun signifie la sécurité de tous ». Franklin Roosevelt avait déclaré au début de la Seconde Guerre mondiale : « Où que la paix soit rompue, c’est le monde entier qui est menacé ».

Ces paroles restent valables aujourd’hui. D’ailleurs, le sujet de notre conférence en témoigne : « Les crises globales impliquent une responsabilité globale ». Il y a vingt ans, le monde était divisé sur le plan économique et idéologique et sa sécurité était assurée par les potentiels stratégiques immenses des deux superpuissances.
La confrontation globale reléguait les problèmes économiques et sociaux urgents à la périphérie des relations internationales et de l’agenda mondial. De même que n’importe quelle guerre, la guerre froide nous a laissé, pour ainsi dire, des « obus non explosés ». Je pense aux stéréotypes idéologiques, aux doubles standards et autres clichés hérités de la mentalité des blocs.

Le monde unipolaire proposé après la guerre froide ne s’est pas non plus réalisé. Certes, l’histoire de l’humanité a connu des périodes d’unipolarité et d’aspiration à la domination mondiale. L’histoire de l’humanité en a vu de toutes sortes.

Qu’est ce qu’un monde unipolaire ? Malgré toutes les tentatives d’embellir ce terme, il ne signifie en pratique qu’une seule chose : c’est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force et un seul centre de décision. C’est le monde d’un unique maître, d’un unique souverain. En fin de compte, cela est fatal à tous ceux qui se trouvent au sein de ce système aussi bien qu’au souverain lui-même, qui se détruira de l’intérieur.

Bien entendu, cela n’a rien à voir avec la démocratie, car la démocratie, c’est, comme on le sait, le pouvoir de la majorité qui prend en considération les intérêts et les opinions de la minorité. A propos, on donne constamment des leçons de démocratie à la Russie. Mais ceux qui le font ne veulent pas, on ne sait pourquoi, eux-mêmes apprendre.

J’estime que le modèle unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner : contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur la base morale et éthique de la civilisation contemporaine. Cependant, tout ce qui se produit actuellement dans le monde — et nous ne faisons que commencer à discuter à ce sujet — est la conséquence des tentatives pour implanter cette conception dans les affaires mondiales : la conception du monde unipolaire.

Quel en est le résultat ?

Les actions unilatérales, souvent illégitimes, n’ont réglé aucun problème. Bien plus, elles ont entraîné de nouvelles tragédies humaines et de nouveaux foyers de tension. Jugez par vous-mêmes : les guerres, les conflits locaux et régionaux n’ont pas diminué. Monsieur Teltschik l’a mentionné d’une manière très délicate. Les victimes de ces conflits ne sont pas moins nombreuses, au contraire, elles sont bien plus nombreuses qu’auparavant.

Nous sommes en présence de l’emploi hypertrophié, sans aucune entrave, de la force — militaire — dans les affaires internationales, qui plonge le monde dans un abîme de conflits successifs. Par conséquent, aucun des conflits ne peut être réglé dans son ensemble. Et leur règlement politique devient également impossible.

Nous sommes témoins d’un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d’un seul Etat, avant tout, bien entendu, des Etats-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines : dans l’économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d’autres Etats. A qui cela peut-il convenir ?

Dans les affaires internationales, on se heurte de plus en plus souvent au désir de régler tel ou tel problème en s’inspirant de ce qu’on appelle l’opportunité politique, fondée sur la conjoncture politique. Evidemment, cela est très dangereux, personne ne se sent plus en sécurité, je tiens à le souligner, parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international. Evidemment, cette politique est le catalyseur de la course aux armements.
La domination du facteur force alimente inévitablement l’aspiration de certains pays à détenir des armes de destruction massive. Qui plus est, on a vu apparaître des menaces foncièrement nouvelles qui étaient connues auparavant, mais qui acquièrent aujourd’hui un caractère global, par exemple, le terrorisme.

Je suis certain qu’en ce moment crucial il faut repenser sérieusement l’architecture globale de la sécurité.

Il faut rechercher un équilibre raisonnable des intérêts de tous les acteurs du dialogue international. D’autant plus que le « paysage international » change très rapidement et substantiellement en raison du développement dynamique de toute une série d’Etats et de régions. Mme la chancelière fédérale l’a déjà mentionné. Ainsi, le PIB commun de l’Inde et de la Chine en parité de pouvoir d’achat dépasse déjà celui des Etats-Unis. Le PIB des Etats du groupe BRIC — Brésil, Russie, Inde et Chine — évalué selon le même principe dépasse le PIB de l’Union européenne tout entière. Selon les experts, ce fossé va s’élargir dans un avenir prévisible.

Il ne fait pas de doute que le potentiel économique des nouveaux centres de la croissance mondiale sera inévitablement converti en influence politique, et la multipolarité se renforcera. Le rôle de la diplomatie multilatérale s’accroît considérablement dans ce contexte. L’ouverture, la transparence et la prévisibilité en politique n’ont pas d’alternative raisonnable et l’emploi de la force doit effectivement être une ultime mesure, de même que la peine de mort dans les systèmes judiciaires de certains Etats.

Aujourd’hui, au contraire, nous observons une situation où des pays dans lesquels la peine de mort est interdite même à l’égard des assassins et d’autres dangereux criminels participent allégrement à des opérations militaires qu’il est difficile de considérer comme légitimes et qui provoquent la mort de centaines, voire de milliers de civils !

Une question se pose en même temps : devons-nous rester impassibles face à divers conflits intérieurs dans certains pays, aux actions des régimes autoritaires, des tyrans, à la prolifération des armes de destructions massive ? C’est le fond de la question posée à la chancelière fédérale par Monsieur Lieberman, notre vénérable collègue. Ai-je bien compris votre question (dit-il en s’adressant à Joseph Lieberman) ? Bien entendu, c’est une question importante ! Pouvons-nous assister impassiblement à ce qui se produit ? J’essaierai de répondre à votre question. Bien entendu, nous ne devons pas rester impassibles. Bien sûr que non.
Mais avons-nous les moyens de faire face à ces menaces ? Oui, nous les avons. Il suffit de se rappeler l’histoire récente. Le passage à la démocratie n’a-t-il pas été pacifique dans notre pays ? Le régime soviétique a subi une transformation pacifique, malgré la grande quantité d’armes, y compris nucléaires, dont il disposait ! Pourquoi donc faut-il bombarder et pilonner aujourd’hui à tout bout de champ ? Manquerions-nous de culture politique, de respect pour les valeurs démocratiques et le droit, en l’absence d’une menace d’extermination réciproque ?

Je suis certain que la Charte des Nations unies est l’unique mécanisme d’adoption de décisions sur l’emploi de la force en tant que dernier recours. Dans cet ordre d’idées, ou bien je n’ai pas compris ce qui vient d’être déclaré par notre collègue ministre italien de la Défense, ou bien il ne s’est pas exprimé clairement. En tout cas, j’ai entendu ce qui suit : l’usage de la force ne peut être légitime que si cette décision a été prise par l’OTAN, l’Union européenne ou l’ONU. S’il l’estime effectivement, alors nos points de vue sont différents. Ou bien j’ai mal entendu. L’usage de la force n’est légitime que sur la base d’un mandat des Nations unies. Il ne faut pas substituer l’OTAN et l’Union européenne à l’Organisation des Nations unies. Lorsque l’ONU réunira réellement les forces de la communauté internationale qui pourront réagir efficacement aux événements dans certains pays, lorsque nous nous débarrasserons du mépris du droit international, la situation pourra changer. Sinon, elle restera dans l’impasse et les lourdes erreurs se multiplieront. Il faut oeuvrer pour que le droit international soit universel aussi bien dans sa compréhension que dans l’application de ses normes.

Il ne faut pas oublier qu’en politique, le mode d’action démocratique suppose nécessairement une discussion et une élaboration minutieuse des décisions.

Mesdames et messieurs !

Le risque potentiel de déstabilisation des relations internationales tient également à l’absence évidente de progrès dans le domaine du désarmement.

La Russie se prononce pour la reprise du dialogue à ce sujet.

Il est très important d’appliquer les normes juridiques internationales en matière de désarmement, tout en poursuivant la réduction des armements nucléaires.

Nous avons convenu avec les Etats-Unis de ramener nos charges nucléaires équipant les vecteurs stratégiques à 1700 — 2 200 unités d’ici au 31 décembre 2012. La Russie a l’intention de respecter strictement ses engagements. Nous espérons que nos partenaires agiront en toute transparence, eux aussi, et ne garderont pas sous le coude quelques centaines de charges nucléaires pour les « mauvais jours ». Donc, si le nouveau ministre américain de la Défense annonce que les Etats-Unis se garderont de mettre leurs charges excédentaires en stock, ni de les dissimuler « sous un coussin » ou « sous une couverture », je vous demanderai de vous lever pour applaudir ses paroles. Ce serait une déclaration très importante.

La Russie respecte strictement le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et le régime multilatéral de contrôle de la technologie des missiles, et elle a l’intention de les respecter à l’avenir également. Les principes à la base de ces documents revêtent un caractère universel.
A cette occasion, je tiens à rappeler que dans les années 1980, l’URSS et les Etats-Unis ont signé un Traité sur l’élimination des missiles à moyenne et plus courte portée sans toutefois conférer de caractère universel à ce document.
A l’heure actuelle, toute une série de pays possèdent des missiles de cette classe : la République populaire démocratique de Corée, la République de Corée, l’Inde, l’Iran, le Pakistan, l’Etat d’Israël. De nombreux autres pays sont en train de concevoir ces systèmes et envisagent d’en doter leurs forces armées. Or, seuls les Etats-Unis d’Amérique et la Russie restent fidèles à leur engagement de ne pas construire ces armes.

Il est clair que dans ces conditions nous sommes obligés de veiller à assurer notre sécurité.

En même temps, il faut empêcher l’apparition de nouveaux types d’armes de pointe susceptibles de déstabiliser la situation. Je ne parle pas des mesures visant à prévenir la confrontation dans de nouveaux milieux, surtout dans l’Espace. On sait que les « guerres des étoles » ne relèvent plus de la fiction, mais de la réalité. Dès le milieu des années 1980, nos partenaires américains ont réussi à intercepter un de leurs satellites.
Selon la Russie, la militarisation de l’Espace est susceptible d’avoir des conséquences imprévisibles pour la communauté mondiale, conséquences qui ne seraient pas moins graves que l’avènement de l’ère nucléaire. C’est pour cela que nous avons maintes fois lancé des initiatives visant à prévenir le déploiement d’armes dans l’Espace.

Aujourd’hui, je tiens à vous dire que nous avons préparé un projet de Traité sur le non-déploiement d’armes dans l’Espace. D’ici peu, nous l’enverrons à nos partenaires en qualité de proposition officielle. Je propose de travailler ensemble sur ce document.
En ce qui concerne les projets prévoyant le déploiement en Europe d’éléments du système de défense antimissiles, ils ne manquent pas non plus de nous inquiéter. Qui a besoin d’une nouvelle relance — inévitable en l’occurrence — de la course aux armements ? Je doute fort que ce soient les Européens.

Aucun des pays dits « à problèmes » ne possède de missiles ayant une portée de l’ordre de 5000 à 8000 kilomètres et susceptibles de menacer l’Europe. Mieux, dans un avenir prévisible, leur apparition dans ces pays n’est pas envisageable. Je dirais même plus : une tentative de lancer un missile nord-coréen, par exemple, vers les Etats-Unis via l’Europe serait contraire aux lois de la balistique. Profitant de mon séjour en Allemagne, je tiens à évoquer la crise que traverse le Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe.

Signé en 1999, ce Traité était adapté à une nouvelle réalité géopolitique : le démantèlement du bloc de Varsovie. Sept ans se sont écoulés depuis, mais il n’a été ratifié que par quatre pays, dont la Fédération de Russie.

Les pays de l’OTAN ont ouvertement déclaré qu’ils ne ratifieraient pas le Traité, dont les dispositions relatives aux limitations dans la zone des « flancs » (déploiement sur les « flancs » d’un certain nombre de forces armées) tant que la Russie ne procéderait pas au retrait de ses bases de la Géorgie et de la Moldavie. Le retrait de nos troupes de la Géorgie est en cours et ce, à un rythme accéléré. Tout le monde sait que nous avons déjà réglé ces problèmes avec nos collègues géorgiens. Quant à la Moldavie, on y trouve pour le moment une formation de 1 500 militaires chargés de maintenir la paix et de protéger les entrepôts de munitions qui y subsistent depuis l’époque soviétique. Nous discutons en permanence de cette question avec Monsieur Solana : il connaît bien notre position. Nous sommes prêts à aller plus loin dans cette direction.

Mais que se passe-t-il pendant ce temps-là ? Eh bien, on voit apparaître en Bulgarie et en Roumanie des « bases américaines légères avancées » de 5000 militaires chacune. Il se trouve que l’OTAN rapproche ses forces avancées de nos frontières, tandis que nous — qui respectons strictement le Traité — ne réagissons pas à ces démarches.

Il est évident, je pense, que l’élargissement de l’OTAN n’a rien à voir avec la modernisation de l’alliance, ni avec la sécurité en Europe. Au contraire, c’est un facteur représentant une provocation sérieuse et abaissant le niveau de la confiance mutuelle. Nous sommes légitimement en droit de demander ouvertement contre qui cet élargissement est opéré. Que sont devenues les assurances données par nos partenaires occidentaux après la dissolution du Pacte de Varsovie ? Où sont ces assurances ? On l’a oublié. Néanmoins, je me permettrai de rappeler aux personnes présentes dans cette salle ce qui a été dit. Je tiens à citer des paroles tirées du discours de M. Werner, alors Secrétaire général de l’OTAN, prononcé à Bruxelles le 17 mais 1990 : « Que nous soyons prêts à ne pas déployer les troupes de l’OTAN à l’extérieur du territoire de la RFA, cela donne à l’Union soviétique des garanties sûres de sécurité ». Où sont aujourd’hui ces garanties ?

Les blocs de béton et les pierres du Mur de Berlin sont depuis longtemps des souvenirs. Mais il ne faut pas oublier que sa chute est devenue possible notamment grâce au choix historique de notre peuple — le peuple de Russie — en faveur de la démocratie et de la liberté, de l’ouverture et du partenariat sincère avec tous les membres de la grande famille européenne.

Or, maintenant, on s’efforce de nous imposer de nouvelles lignes de démarcation et de nouveaux murs. Même s’ils sont virtuels, ils ne manquent pas de diviser, de compartimenter notre continent. Faudra-t-il à nouveau des années et des décennies, une succession de plusieurs générations de responsables politiques pour démanteler ces murs ?

Mesdames, Messieurs !

Nous préconisons le renforcement du régime de non-prolifération. L’actuelle base juridique internationale permet de mettre au point des technologies de production de combustible nucléaire pour l’utiliser ensuite à des fins pacifiques. Et bon nombre d’Etats veulent, à juste titre, développer leur propre nucléaire civil en tant que base de leur indépendance énergétique. En même temps, nous comprenons que ces technologies peuvent se transformer rapidement en know-how pour la production de matériaux nucléaires militaires.

Cela suscite une grave tension internationale. La situation autour du programme nucléaire iranien en est un exemple éclatant. Si la communauté internationale n’élabore pas de solution raisonnable à ce conflit d’intérêts, le monde sera ébranlé, à l’avenir également, par ce genre de crises déstabilisatrices, car l’Iran n’est pas l’unique pays du seuil, et nous ne le savons que trop, nous et vous. Aussi, nous serons en permanence confrontés à la menace de prolifération des armes de destruction massive (ADM).

L’année dernière, la Russie a proposé de créer des centres d’enrichissement d’uranium multinationaux. Nous acceptons que de tels centres se créent non seulement en Russie, mais aussi dans d’autres pays où le nucléaire civil se développe sur une base légale. Les Etats cherchant à développer leur nucléaire civil pourraient recevoir du combustible, en participant directement au travail de ces centres, évidemment, sous le contrôle rigoureux de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Or, les dernières initiatives du président des Etats-Unis, George W. Bush, sont à l’unisson de cette initiative russe. Je pense que la Russie et les Etats-Unis sont objectivement et également intéressés au durcissement du régime de non-prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs. Et ce sont justement nos deux pays, leaders pour leur potentiel nucléaire et balistique, qui doivent, eux aussi, devenir leaders de la mise au point de nouvelles mesures plus rigoureuses en matière de non-prolifération. La Russie est prête à effectuer un tel travail. Nous menons des consultations avec nos amis américains.

Somme toute, il doit y être question de la mise en place de tout un système de leviers politiques et de stimulants économiques qui n’incitent pas les Etats à créer leurs propres capacités en matière de cycle du combustible nucléaire, mais leur permettent de développer leur nucléaire civil, en renforçant ainsi leur potentiel énergétique.

A cette occasion, je tiens à parler plus en détail de la coopération énergétique internationale. Mme la chancelière fédérale en a parlé, elle aussi, bien que brièvement. Dans la sphère énergétique, la Russie s’oriente vers l’élaboration de principes de marché et de conditions transparentes qui soient les mêmes pour tous. Il est évident que le prix des hydrocarbures doit être établi par le marché et ne doit pas faire l’objet de spéculations politiques ni de pressions ou de chantages économiques.

Nous sommes ouverts à la coopération. Des compagnies étrangères participent à nos plus grands projets économiques. Selon différentes évaluations, jusqu’à 26 % de l’extraction de pétrole en Russie reviennent — réfléchissez bien à ce chiffre — jusqu’à 26 % de l’extraction de pétrole en Russie reviennent au capital étranger. Essayez donc de me citer un exemple de présence aussi large du business russe dans les branches clés de l’économie des Etats d’Occident. Il n’y en a pas !

Je tiens aussi à rappeler la proportion d’investissements arrivant en Russie et partant de Russie vers d’autres pays du monde. Ce rapport est à peu près de quinze pour un. Voilà un exemple éclatant de l’ouverture et de la stabilité de l’économie russe.

La sécurité économique est une sphère oùtous doivent s’en tenir à des principes uniques. Nous sommes prêts à une concurrence loyale.

L’économie russe a de plus en plus de possibilités pour cela. Cette dynamique est objectivement évaluée par des experts et nos partenaires étrangers. Récemment, par exemple, la Russie a été mieux notée au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : notre pays est passé notamment du groupe à risque 4 au groupe 3. Profitant de l’occasion, ici, aujourd’hui à Munich, je voudrais remercier tout particulièrement nos collègues allemands de leur concours à l’adoption de la décision évoquée.

Continuons. Comme vous le savez, le processus d’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) est entré dans sa phase finale. Je rappellerai qu’au cours des négociations longues et difficiles, nous avons plus d’une fois entendu des paroles sur la liberté d’expression, la liberté de commerce et des possibilités égales, mais seulement quand il s’agissait du marché russe.

Et encore un thème très important qui influe directement sur la sécurité globale. On parle beaucoup aujourd’hui de la lutte contre la pauvreté. Mais qu’est-ce qui se produit en réalité ? D’une part, des ressources financières — et souvent importantes — sont allouées à des programmes d’assistance aux pays les plus pauvres. Quoi qu’il en soit, et beaucoup le savent ici également, il n’est pas rare que les compagnies des pays donateurs eux-mêmes « les utilisent ». D’autre part, l’agriculture dans les pays industrialisés est toujours subventionnée, alors que l’accès des hautes technologies est limité pour d’autres.

Appelons donc les choses par leurs noms : il s’avère qu’une main distribue les « aides caritatives », alors que l’autre entretient l’arriération économique, mais récolte aussi des bénéfices. La tension sociale surgissant dans de telles régions dépressives se traduit inévitablement par la croissance du radicalisme et de l’extrémisme, tout en alimentant le terrorisme et les conflits locaux. Et si tout cela se produit de surcroît, par exemple, au Proche-Orient dans le contexte d’une vision aggravée du monde extérieur, en tant que monde injuste, une déstabilisation globale risque de se produire.

Il va sans dire que les principales puissances mondiales doivent voir cette menace et organiser, par conséquent, un système plus démocratique et plus équitable de rapports économiques qui donne à tous une chance et une possibilité de développement.

Intervenant à une conférence sur la sécurité, on ne peut pas, non plus, Mesdames et Messieurs, passer sous silence l’activité de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). L’OSCE a été créée pour examiner tous les aspects, je tiens à le souligner, tous les aspects de la sécurité, qu’il s’agisse des aspects politico-militaires, économiques ou humanitaires et ce, dans leurs rapports réciproques.

Mais que voyons-nous aujourd’hui en réalité ? Nous voyons que cet équilibre est manifestement perturbé. On essaie de transformer l’OSCE en instrument vulgaire au service des intérêts politiques extérieurs d’un seul pays ou d’un groupe de pays à l’égard d’autres Etats. Et c’est pour cette tâche, que l’on a aussi « monté de toutes pièces » l’appareil bureaucratique de l’OSCE qui n’est nullement lié aux Etats fondateurs. On a « monté de toutes pièces » pour cette tâche également les procédures d’adoption des décisions et d’utilisation des fameuses « organisations non gouvernementales (ONG) ». Formellement, il s’agit effectivement d’organisations indépendantes, mais financées rationnellement et, par conséquent, contrôlées.

Conformément aux documents fondateurs, dans la sphère humanitaire, l’OSCE est appelée à accorder aux pays membres, à leur demande, un concours en matière de respect des normes internationales dans le domaine des droits de l’homme. C’est une importante mission. Nous la soutenons. Mais cela ne signifie pas qu’on peut s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays et encore moins tenter de leur dicter la manière dont ils doivent vivre et se développer.

Il est parfaitement évident qu’une telle ingérence ne contribue pas du tout à la maturation d’Etats authentiquement démocratiques. Par contre, elle les rend dépendants, avec comme conséquence l’instabilité sur les plans économique et politique.

Nous espérons que l’OSCE se guidera sur ses tâches immédiates et organisera ses relations avec des Etats souverains sur la base du respect, de la confiance et de la transparence.

Mesdames, Messieurs !

En conclusion, je voudrais retenir ceci. Nous entendons très souvent — et je les entends personnellement — les appels de nos partenaires, y compris nos partenaires européens, exhortant la Russie à jouer un rôle de plus en plus actif dans les affaires internationales.

Je me permettrai à cette occasion une petite remarque. Nous n’avons pas besoin d’être éperonnés ou stimulés. La Russie a une histoire millénaire, et pratiquement elle a toujours eu le privilège de pratiquer une politique extérieure indépendante.

Nous n’avons pas l’intention aujourd’hui non plus de faillir à cette tradition. En même temps, nous voyons que le monde a changé et nous évaluons avec réalisme nos propres possibilités et notre propre potentiel. Et évidemment nous voudrions aussi avoir affaire à des partenaires sérieux et tout aussi indépendants avec lesquels nous pourrions travailler à l’édification d’un monde plus démocratique et plus équitable, tout en y garantissant la sécurité et la prospérité non seulement des élites, mais de tous.

Je vous remercie de votre attention.

Source mondialisation.ca

Posted on by Alexandre Latsa in Articles en francais, Poutine 1 Comment