2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les lecteurs de Stratpol qui s’intéressent à la démographie russe peuvent consulter les analyses démographiques publiées en 2014 et 2016 qui synthétisent la complexe évolution démographique de la jeune fédération de Russie de 1999 à 2016.    La période 1990-1999 a vu un effondrement des Read more

La carte MIR : élément de la souveraineté bancaire russe

  Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ont fait réapparaître le risque d’une escalade pouvant potentiellement aboutir, en cas de tension maximale, à une déconnexion totale de l’ensemble des banques de Russie des systèmes internationaux de cartes VISA et Read more

Dissonance fête ses 10 ans où "comment je suis devenu un agent russe !" :)

Alors que DISSONANCE fête ces 10 ans c’est l’occasion idéale pour revenir sur cette decennie d’écriture, de dénonciation des mythes sur la Russie mais aussi l’affrontement (gagné) contre la presse francaise qui a donné lieu à la naissance d’un Read more

Articles en francais

L’Euro-Maïdan, une révolution bleu et jaune ?

16bankovaya_01.12_5Les événements de ces derniers jours en Ukraine semblent prendre une tournure bien connue.

La suspension de l’accord d’association avec l’UE décidée par les autorités ukrainiennes a en effet donné lieu à une certaine agitation politique et médiatique car comme à chaque fois qu’un événement politique prend une orientation géostratégique incompatible avec l’agenda de l’alliance occidentale, le mainstream médiatique tient parfaitement son rôle.

Pour Le Monde, les « partisans de l’Europe sont dispersés » et « Ianoukovich manque de vision » (!), pour France Info, « les opposants sont réprimés » et « l’opposition se lève contre la dictature ». Pour Ouest France, le pays est dans un cul de sac pendant que Courrier International rappelle que les manifestations tournent à la contestation étudiante, l’Ukraine va-t-elle s’offrir son novembre 2013 pro-européen sur le modèle d’un mai 68 français qui ne doit visiblement faire rêver que les habitants de Kiev ? Read more

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Quel avenir pour le « rêve européen » de l’Ukraine ?

7unnamed_10_1_1La décision ukrainienne de cesser (temporairement ?) les négociations avec Bruxelles a surpris tant les partisans de l’intégration européenne que les partisans de l’intégration eurasiatique. Les premiers ont crié aux pressions intolérables de la Russie pendant que les seconds ont eux accusé l’UE de faire pression sur l’Ukraine. En toile de fond de ces négociations : la bataille d’influence que se livrent Moscou et Bruxelles à travers leurs ensembles respectifs que sont les Unions européennes et douanières/eurasiatiques.

Pour l’UE, une défaite sur le dossier ukrainien signifierait un coup d’arrêt à son « extension à l’Est », surtout après les propos récents du chef de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a affirmé que la Roumanie et la Bulgarie n’entreraient pas dans l’espace Schengen au 1er janvier 2014. Soyons clairs : pour Bruxelles, les négociations avec l’Ukraine sont avant tout destinées à ce que celle-ci ne rejoigne pas une alliance potentielle avec la Russie. Read more

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Vers un monde tripolaire ?

1073201_61489806Il y a a peu près un an, j’écrivais un texte intitulé Vers un monde sans Union Européennne ?, dans lequel je prédisais que l’Europe (au sens de l’Union Européenne) ne serait plausiblement jamais, sous sa forme actuelle, un acteur majeur et viable du monde de demain. L’absence d’authentiques structures politiques et donc de souveraineté ne devrait pas en effet lui permettre de s’opposer aux nouveaux géants que sont les BRICS ou les grand blocs émergents, dont les clefs de fonctionnement politiques et stratégiques sont au contraire fondés sur la toute puissance du politique et l’affirmationde lasouveraineté.

La crise économique financière, qui a notamment mis en exergue la crise de fonctionnement de la monnaie unique (Euro) a sans doute définitivement enterré l’espoir que les fondateurs avaient en l’Europe. L’Europe, il est vrai, n’a pas su dépasser ses différences historiques, systémiques et culturelles, sans doute par manque d’un pouvoir politique centralisateur et fort. Read more

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Bonne fête de la Russie monsieur le premier ministre !

Bien loin des âneries des Deschiens …. Un peu de sincérité et de franc-parler !

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Oleg Deripaska joue la carte de l’Europe Continentale

Oleg Deripaska, directeur de Rusal a été interviewé par le journal «les échos» après l’introduction de sa société aux bourses de Paris et Hong Kong. 

Oleg Deripaska, l’un des hommes les plus riches au monde, est un industriel chevronné. Il est à la tête d’un géant des mines et de la métallurgie, le groupe russe Rusal. Les actions de son entreprise font leur entrée aujourd’hui aux Bourses de Paris et Hong Kong. Oleg Deripaska explique aux « Echos » son parcours et sa vision.

Extraits :

- Sur le recentrage des activités de RUSAL vers l’Asie et l’extrême orient, notamment la Chine - 
«L’existence d’anciennes relations de bon voisinage entre les deux pays a certainement joué un rôle positif. Les Chinois à Hong Kong ont fait preuve d’un grand professionnalisme, d’une excellente connaissance des atouts de Rusal et se sont révélés d’excellents partenaires. Comment être absent d’un marché de telles dimensions ?»

«Oui, en Russie, aujourd’hui, il est possible d’être un acteur économique sans faire de la politique. J’en suis l’exemple«.

- Sur le choix de la bourse de Paris plutôt que de Londres -
» Je prends le pari de l’Europe continentale. Vous avez une grande industrie, des compétences avérées et reconnues. Au Royaume-Uni, l’industrie n’est pas en bonne forme malgré la qualité indéniable de ses travailleurs. Vous êtes mieux placés pour comprendre la problématique de Rusal» .

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Forza Italia !

Malgré cette année croisée franco-Russe, c’est toujours en Italie qu’il se passe des choses intéressantes, comme vous pouvez le voir, pas besoin d’année croisée Russie / Italie pour que Berlusconi affiche les bonnes couleurs !

J’en profite également pour signaler la version Italienne de mon article sur les «Mythes Russophobes» par nos collègues de la revue Eurasia, qu’ils en soient remerciés.

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Traité sur la sécurité Européenne

Le DRAFT proposé par le KREMLIN est disponible :
- en version anglaise
- en version Russe


Extrait :

Les pays signataires du Traité pour la sécurité européenne considéreront une attaque armée contre tout autre membre comme une attaque les visant, lit-on dans le projet de document publié sur le site du Kremlin.

«Un membre a le droit de considérer une attaque armée contre un autre membre comme une attaque contre lui-même. Conformément à l’article N° 51 de la Charte de l’Organisation des Nations unies (ONU), il a le droit d’accorder l’aide nécessaire, militaire notamment, à un membre attaqué jusqu’à ce que le Conseil de sécurité de l’ONU ne prenne les mesures nécessaires au maintien de la paix internationale et de la sécurité», lit-on dans le projet du document préparé par la Russie. 

Le 5 juin 2008, le président russe Dmitri Medvedev a proposé de signer un Traité juridiquement contraignant pour la sécurité européenne afin de créer un espace euro-atlantique de sécurité collective qui donnerait des garanties de sécurité égales à tous les pays et organisations opérant dans cet espace.

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Une Europe indépendante : Paris — Berlin — Moscou !

Aymeric Chauprade enseigne la géopolitique depuis 10 ans au Collège interarmées de défense. Il est l’auteur du grand traité Géopolitique : Constantes et changements dans l’histoire, devenu rapidement un manuel de référence. Son récent atlas de géopolitique mondial Chronique du choc des civilisations, en revanche, a déclenché une polémique qui s’est soldée par sa mise à pied, exigée par le ministre de la Défense.
Il se trouve que Chauprade défend et incarne une approche scientifique de la discipline qui prend en compte le « facteur culturel », et donc la représentation que les peuples se font d’eux-mêmes et des autres dans l’histoire. A ce titre, il a consacré au 11 Septembre un chapitre dans lequel il a entrepris de « montrer que le choc des civilisations, c’est d’abord le fait qu’une immense partie de l’humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. » Mais la distanciation scientifique n’est pas de mise sur tous les sujets.
Le Courrier de Russie : Dans l’entretien sur la Russie que vous avez accordé récemment à la NRH*, vous proposez une interprétation dans laquelle la stratégie de Poutine – et de Medvedev aujourd’hui – est aussi claire que déterminée. Sa politique en matière d’énergie n’est pas seulement « économique », elle est au centre d’un plan stratégique très précis. Dans le même entretien, vous dites aussi qu’il s’agit d’une réaction de la Russie à un certain sentiment d’encerclement, à une politique américaine qui détermine finalement la donne a priori, les acteurs les plus faibles se défendant avec les moyens dont ils disposent.
Aymeric Chauprade : Ce n’est pas en opposition, bien au contraire. La Russie se vivait comme assiégée par la géopolitique américaine avant l’arrivée de Poutine, et elle l’était. Les Etats-Unis et leurs alliés progressaient à la périphérie, dans l’Etranger proche de la Russie. Celle-ci s’est dit qu’elle devait retrouver son statut contesté de puissance régionale, et même de puissance internationale. Or elle n’avait qu’un atout sur la scène internationale : les ressources énergétiques. C’est le levier principal qui a été trouvé. En géopoliticien, je considère que les Etats ont une économie qui fait partie de leur puissance et je regarde le moment où l’économie rentre dans leur stratégie de puissance. C’est typiquement ce qui se passe aujourd’hui en Russie avec le secteur de l’énergie.
L’autre volet est indissociable de cette stratégie : il s’agit de savoir comment repousser l’avancée américaine avec les Révolutions colorées, par lesquelles les Etats-Unis entreprennent de faire basculer les uns après les autres les républiques de l’ex-Union soviétique dans l’OTAN et le camp américain, et d’étendre le bloc transatlantique jusqu’aux frontières de la Russie et de la Chine.
LCDR : Que peut-on dire, de ce point de vue, du cas des Etats-Unis avec leur système financier, dans un contexte de crise mondiale ?
A.C. : Les Etats-Unis disposent aujourd’hui de deux armes pour déstabiliser les puissances émergentes : leur présence militaire dans le monde, et la finance, qui n’est pas inodore et neutre. Je pense que les crises ne sont pas le reflet de la maladie générale d’un système ou de la surproduction de produits dérivés. Ces maux existent, mais des stratégies de déstabilisation, notamment de la Russie et de la Chine, s’immiscent dans la finance et l’orientent, faisant d’elle une arme au service du projet américain.
LCDR : Que voulez-vous dire quand, à propos des Etats-Unis et de la Russie, vous opposez unipolarité et multipolarité ? On comprend la notion de pluralité de centres de décision stratégiques, de rapports de puissance dans le contrôle des ressources énergétiques, etc. Mais on peut aussi se demander si la multipolarité ne doit pas supposer l’existence d’une pluralité de types d’organisations sociales. La Russie est-elle vraiment un modèle alternatif par rapport aux Etats-Unis ?
A.C. : Il faut revenir aux mots : pôle unique ou plusieurs pôles. L’unipolarité, c’est le modèle et le projet américains depuis les Pères fondateurs du Mayflower. C’est un projet messianique dans le sens où il vise à transformer le monde à l’image de la nation américaine. Celle-ci se vit comme une société aboutie, idéale, de libertés fondamentales. Si cette nation cherche à optimiser sa richesse sur le plan international, c’est pour des raisons liées au protestantisme et à l’idée de la réussite temporelle, matérielle, comme attestation de l’élection divine.
La multipolarité, c’est une autre vision du monde, d’un monde fait de nations et de civilisations différentes, et qui ont le droit de défendre leur spécificité. Ceux qui croient à cette forme d’organisation du monde pensent qu’il y aura moins de conflits si les pôles de puissance s’équilibrent entre eux, alors que la suprématie d’une puissance sur les autres créerait une instabilité permanente.
En fait, il ne faut pas considérer les Etats-Unis comme une nation au sens classique. C’est un acteur étatique, mais aussi un réseau de réseaux, un acteur trans-étatique. Le sociologue américain Lipset écrivait : « l’Amérique n’est pas seulement une nation, c’est une idéologie ». Les Chinois ne disposent pas de ces réseaux, et les Russes ne les ont plus depuis l’effondrement de l’URSS. La Russie est redevenue un Etat-nation classique, sans idéologie exportable. L’unipolarité et la multipolarité, ce sont donc aussi deux réalités à des moments différents. Le monde de 1990, avec l’effondrement de l’URSS et l’extension de l’OMC, avait l’air de tendre vers la première. Aujourd’hui, on revient à une réalité multipolaire, avec la Chine et la Russie. Et dans ce basculement, j’insiste sur le rôle de Poutine et je dis que son arrivée est un événement aussi important pour les relations internationales que le 11 Septembre. Il a pensé la puissance de la Russie par le biais de la stratégie énergétique, avec pour objectif une reprise de contrôle des ressources, une reconquête sur un certain nombre d’oligarques, pour les mettre au service de la reconstruction de la puissance russe, avec des leviers comme Rosneft pour le pétrole et Gazprom pour le gaz.
LCDR : C’est ce que vous expliquez dans l’entretien auquel nous avons déjà fait référence. Pourriez-vous nous en donner un exemple ?
A.C. : Oui, le démantèlement de Youkos suit un plan de reconstruction méthodique : reprendre physiquement la main sur les ressources, avec les deux grands opérateurs, puis faire en sorte qu’ils exportent dans des directions multiples s’équilibrant entre elles. Tout ne doit pas aller vers les Etats-Unis, contrairement à ce que pensait Khodorkovski. La Russie doit devenir indispensable pour les Européens, mais aussi pour les Asiatiques. C’est pourquoi le gaz est aujourd’hui redirigé en partie vers l’Asie.
LCDR : Beaucoup de gens, en Russie même, doutent de la viabilité de cette politique énergétique sur le long terme et critiquent la focalisation actuelle de tous les moyens disponibles sur un seul secteur. On revient ici à l’économie, la réussite économique n’étant plus alors l’attestation matérielle de la réalisation d’un projet hégémonique, mais le simple substrat sur lequel on peut asseoir une puissance.
A.C. : Les profils des pays sont très différents. La Russie, c’est un peu plus de 7% des réserves prouvées de pétrole, et plus du tiers des réserves prouvées de gaz. C’est un réservoir pour longtemps et c’est un pays qui a du charbon comme les Etats-Unis et la Chine. Il y a probablement encore un gros potentiel pétrolier, car c’est un pays qui a été peu sondé, contrairement à l’Arabie saoudite. C’est un facteur dont l’importance saute aux yeux : si on met le paquet sur ce secteur, on retrouve une utilité très forte dans le monde et on dégage de la richesse. Je ne suis pas sûr que ceux qui pourfendent le choix du tout énergétique aient raison. C’est seulement la première étape d’une stratégie de redressement politique.
LCDR : Un second problème se pose, celui des fluctuations du prix du pétrole dont la Russie est chroniquement tributaire. A-t-elle aujourd’hui les moyens d’opérer un contrôle quelconque sur le marché du pétrole ?
A.C. : Les Américains ont en tout cas de moins en moins les moyens de donner le ton sur ce marché. Il y a aujourd’hui un axe de contrepoids au pétrole américain et à ses alliés, Arabie saoudite en tête, qui s’est constitué : Venezuela, Kazakhstan, Iran, Russie. L’Iran détient la 2e réserve mondiale de gaz, et de pétrole. L’Iran, la Russie et le Venezuela sont d’accord pour ne plus vendre le pétrole en dollars et donc pour affaiblir le statut du dollar comme devise internationale. Cette logique selon laquelle le pétrole devrait être vendu dans des devises différentes (le rouble, le yuan, etc.) est portée par un nombre croissant de pays. On touche là au coeur de la puissance américaine : la centralité du dollar comme devise internationale, que les Etats-Unis ont maintenue grâce à l’invention du pétrodollar. Il me semble que l’on est là encore dans la multipolarité, en l’occurrence c’est la multipolarité monétaire qui est à l’ordre du jour. Depuis 2006, il s’est passé des tas de choses. Il ne s’agit pas seulement de la bourse de Kish créée par l’Iran pour vendre des produits énergétiques dans toutes les devises sauf en dollars. Il y a eu, en 2007 et 2008, tout un cycle de réunions entre différents pays, qui se sont accordés, y compris les pays de l’OPEP à l’exception de l’Arabie saoudite, sur cette idée de multipolarité monétaire
LCDR : S’agissant d’évaluer les chances de réalisation de cette stratégie russe, on peut s’interroger sur les risques de chute dans un modèle d’économie de rente du type du Venezuela.
A.C. : Je trouve qu’il y a, par exemple, une grande différence entre la Russie et l’Iran, qui se concentre à 100% sur la rente pétrolière et gazière, sans autre vision que l’énergie pour durer. La preuve, c’est que les Iraniens veulent développer le nucléaire pour fabriquer leur électricité et pouvoir réserver le pétrole exclusivement à l’exportation. En Russie, il y a un véritable Etat capable d’insuffler une stratégie, et je crois que les interdépendances énergétiques vont déboucher sur d’autres natures de flux économiques. Quand un canal existe et qu’un premier produit passe, d’autres peuvent passer par la même voie, comme l’histoire le montre.
LCDR : Revenons pour fi nir à la question du modèle économique, c’est-à-dire aussi social. La multipolarité peut-elle être définie autrement que par son opposition à l’unipolarité ?
A.C. : Dans la multipolarité, chaque pays invente son propre rapport entre l’économie et l’Etat. Les Occidentaux s’offusquent souvent de certains types d’intervention de l’Etat dans des pays qu’ils souhaitent pénétrer. Or, il faut accepter ce qui relève à mes yeux d’une différence culturelle, et en particulier le fait que l’Etat a un rôle plus fort à jouer dans certains Etats que dans d’autres. Le rapport de la Chine à la propriété individuelle n’est pas du tout le même que dans le monde occidental. Il faut savoir, si on investit en Chine, que la propriété est fragile. A tout moment, l’Etat peut annuler une propriété privée s’il estime que le bien commun de l’empire l’exige.
C’est le problème de la pensée libérale : elle postule que tout doit fonctionner de la même façon partout. Or, il y aura de plus en plus d’interdépendances, mais entre des systèmes politico-économiques différents. La mondialisation bien ordonnée, c’est d’abord accepter le fait que la place de l’Etat en Chine et en Russie n’est pas la même que dans le monde occidental. Le principe de base, c’est le respect de la différence entre les modèles politiques, économiques et sociaux des nations.

Source : le courrier de Russie

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Les Européens ne sont pas des citoyens transatlantiques

Un texte intéressant trouvé sur Polémia :


Pourquoi les Européens devraient-ils s’insérer dans un quelconque Commonwealth Transatlantique du XXIe siècle piloté par Washington ? Les États-Unis ne se sont-ils pas déclarés indépendants de l’Angleterre le 4 Juillet 1776 ?  L’Atlantique n’est pas du tout une mare (« the pond »),  comme se complaisent à le dire les Anglo-saxons, mais un véritable océan que Christophe Colomb a eu le premier l’audace de franchir.
L’ambassadeur de France Gilbert Pérol a eu la lucidité gaullienne d’écrire : « Le courage politique oblige à dire que c’est contre les États-Unis qu’il faut faire l’Europe, ou alors il n’y aura pas d’Europe ». L’Europe ne va pas de Washington à Bruxelles, mais de Brest à Vladivostok.

La Russie est européenne par ses morts qui ont scellé par deux fois le destin de l’Europe : 23 200 000 morts pendant la deuxième guerre mondiale contre seulement 182 070 pour les États-Unis, 1 700 000 pendant la première guerre mondiale de 1914 à 1917 (plus que la France et légèrement moins que l’Allemagne) contre seulement 100 000 en 1918 pour les États-Unis.
Si le catholicisme et l’orthodoxie sont les deux poumons de l’Église, ils sont aussi ceux de l’Europe. Il n’est donc pas possible d’opposer, comme le fait Samuel  Huntington dans le «  Choc des Civilisations »,  les catholiques et protestants ouest-européens d’un côté, proches des États-Unis, au monde orthodoxe de l’autre. La Russie est européenne par le centre de gravité de sa population à l’ouest de l’Oural ; l’ethnie russe est fondamentalement blanche et chrétienne.
Le contrôle de la Sibérie sera le grand enjeu du XXIe siècle entre la Grande Europe et la Chine. La Russie est à la fois l’ « Hinterland », le « Far East » de l’Europe par ses grands espaces et un avant poste par rapport à la Chine et à l’Islam de l’Asie centrale. Dans ces régions, l’Européen, c’est le Russe.
Au-delà des contextes historiques et idéologiques complètement différents, Paris, avec Napoléon et le Blocus continental, Berlin avec le « Drang nach Osten » (poussée vers l’Est) des chevaliers teutoniques et le « Lebensraum » (espace vital) du IIIe Reich en direction des steppes russes, Moscou avec le rideau de fer et la guerre froide, ces trois capitales ont voulu réaliser chacune à leur tour cette unité continentale européenne. Ce que l’épée et la force des armes de chacun de ces peuples  n’ont pu réaliser, l’intérêt bien compris de ces trois grandes nations pourrait l’effectuer. L’objectif ultime à atteindre serait la constitution d’un arc boréal paneuropéen de nations allant de Brest à Vladivostok qui intégrerait le monde slave et orthodoxe. Il se concrétiserait par le rapprochement entre l’Europe carolingienne, capitale Strasbourg, et la Russie, seule alliance bipolaire capable d’arrimer efficacement sur le Rhin et la Moskova cette nouvelle Grande Europe. L’avenir de l’Europe n’est donc pas dans une Union européenne qui gonfle démesurément, jusqu’à en perdre son identité, mais dans la création de deux alliances ouest et est européennes qui s’équilibrent mutuellement et rivalisent amicalement.
Il importe par ailleurs de donner à la Grande Europe, à défaut du français, et suite à la trop grande difficulté du latin, une langue véhiculaire et utilitaire neutre qui ne soit pas la langue des Américains, l’espéranto, afin d’assurer la survie et le rayonnement de toutes les grandes langues nationales
européennes.

Marc Rousset*

* Marc Rousset est l’auteur d’un important ouvrage,  La nouvelle Europe, Paris-Berlin-Moscou, sous-titré : «Le continent paneuropéen face au choc des civilisations», éd. Godefroy de Bouillon, 2009, 538 pages, 37€.

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What does Russia think ?

Un article intéressant à lire «ici«, ci dessous un résumé (en Anglais) :
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The EU’s Russia policy cannot succeed as long as it continues to rest on faulty analysis and mistaken assumptions.
This is the main conclusion of What does Russia think?, a collection of politically revealing essays by intellectuals whose views influence the Kremlin — many of whom have advised Putin or Medvedev — which the European Council on Foreign Relations has published today. The collection includes essays by Fyodor Lukyanov, Valery Fadeev, Vyacheslav Glazychev, Gleb Pavlovsky and Leonid Polyakov.  
Despite a tendency toward insularity, the policy debate in Russia as reflected through these essays is ongoing and lively. As ECFR Russia experts Ivan Krastev, Mark Leonard and Andrew Wilson write in their joint introduction: «If we want to influence and deal with Russia, we need to understand it. But if we want to understand Russia, we should be interested in it. Unfortunately, we are not. Taken together, these essays show that the EU will only be able to develop an effective approach to Moscow if its policy makers rediscover some of the curiosity for Russia’s internal debates that they had during the Cold War.»

According to the intellectuals: Russia does not want to be like the EU
The overarching quest for most Russian policy-makers is not to move closer to their Western neighbours, as many in the EU would like to think, but rather to free themselves from the West. Leonid Polyakov is the Chair of General Political Sciences at Moscow State University, and has worked on developing and publicising the controversial «sovereign democracy» concept. In his essay, An Ideological Self-Portrait of the Russian Regime, Polyakov writes: «the task before us is to turn Russia from an imitator of other civilisations into a model to be imitated by others.

There is mounting distrust towards the EU in Russia
Russia fears that its borders are vulnerable, which explains the ongoing drive to surround itself with buffer states. Fyodor Lukyanov is editor of the journal Russia in Global Affairs, which produces the most widely read analysis of Russian foreign policy.  As he writes in his essay Rethinking Security in ‘Greater Europe’, «not a single country in the former Soviet Union, including Russia, can say for certain that its borders are historically justified, natural and, therefore, inviolable».

The West has lost interest in discovering what is really going on in Russia, and relies on obsolete perceptions going back to the end of the Cold War.
 
Gleb Pavlovsky is head of the Russia Institute and is one of the Kremlin’s leading strategists. He helped launch Putin as Yeltsin’s successor and ran Putin’s two election campaigns in 2000 and 2004. In his essay, Two missions in Moscow, Pavlovsky argues that western liberals focus stubbornly on what Russia lacks: «The West persistently repeats, like a mantra, that Russia is «weak». The US refuses to recognise, and the EU refuses to accept, the reality of a global Russia. This is the biggest problem in relations between Russia and the West.«

Russian political debate is far more complex than a struggle between democracy supporters and Putin followers.
 
There is an underlying «Putin consensus» in Russia — Putin’s approval rating hovers at around 70%, while support for the government he heads is not even a third of this figure. But in denouncing the «Putin consensus» as manifest authoritarianism, the West fails to appreciate its social and political origins. To understand it, one has to look back at the debilitating crisis resulting from the collapse of the Soviet Union and the anarchic democracy that followed.  Vyacheslav Glazychev is the Managing Director of the Evropa publishing house which specialises in books on Russian politics, philosophy and history. In his essay The ‘Putin consensus’ Explained’, he argues that «fear of empty space» is the essential reason for Putin’s majority support. According to Glazychev, «the Putin phenomenon has only an indirect relationship with the rational. Without a shadow of a doubt, Putin’s macho style has an almost magical effect on the majority of Russian citizens.»

The economic crisis has strengthened Putin’s R
ussia
Contrary to many predictions, the economic crisis has made the Russian state more powerful at home and abroad. Valery Fadeev is the editor of the influential business weekly Ekspert. In his essay, Has the economic crisis changed the world view of the Russian political crisis, he writes that when the economic crisis hit, «the authorities acted quickly and nearly always correctly. They preserved the financial system at a high level of functionality and prevented panic from entering the banking market.»

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