Discours de de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale - 01/03/2018

Transcription : [...] Chers collègues, L’opération en Syrie a prouvé les capacités accrues des forces armées russes. Au cours des dernières années, beaucoup a été fait pour optimiser l’armée et la marine. Les forces armées ont maintenant 3,7 fois plus d’armes Read more

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les lecteurs de Stratpol qui s’intéressent à la démographie russe peuvent consulter les analyses démographiques publiées en 2014 et 2016 qui synthétisent la complexe évolution démographique de la jeune fédération de Russie de 1999 à 2016.    La période 1990-1999 a vu un effondrement des Read more

La carte MIR : élément de la souveraineté bancaire russe

  Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ont fait réapparaître le risque d’une escalade pouvant potentiellement aboutir, en cas de tension maximale, à une déconnexion totale de l’ensemble des banques de Russie des systèmes internationaux de cartes VISA et Read more

Dissonance fête ses 10 ans où "comment je suis devenu un agent russe !" :)

Alors que DISSONANCE fête ces 10 ans c’est l’occasion idéale pour revenir sur cette decennie d’écriture, de dénonciation des mythes sur la Russie mais aussi l’affrontement (gagné) contre la presse francaise qui a donné lieu à la naissance d’un Read more

Analyses

De 1945 aux années 1970, du point de vue spirituel, la Russie fut le plus grand pays du monde.

A lire dans le dernier courrier de Russie (N°135) , une interview pour le moins décapante de АЛЕКСАНДР ПРОХАНОВ, le rédacteur de la revue ZAVTRA.
Extraits :
L’âme Russe s’est concentrée dans la victoire de mai 1945. L’événement est une église en soi, immense, colossale, bâtie par les hommes soviétiques. La Russie des tsars est morte justement car elle avait perdu l’âme russe. Alors, cette dernière s’est fait pousser des ailes rouges et s’est envolée. Elle est tombée dans le piège de la guerre civile mais Staline l’en a fait sortir. Il a transformé la Russie en une grande puissance où les talents russes se sont épanouis. Des paysans qui labouraient la terre devenaient chercheurs et cosmonautes. Ensuite, ils ont pris Berlin ! De 1945 aux années 1970, du point de vue spirituel, la Russie fut le plus grand pays du monde.

Ensuite, des vers sont venus. De petits vers qui dorment la nuit et qui, dès qu’il commence à faire chaud, se mettent à grignoter la pomme russe. Et c’est alors que l’empire succombe.Ces vers sont les adeptes des idées libérales. Les ennemis de la centralisation russe, qui seule permet de rassembler des territoires, d’accumuler des ressources. C’est l’empire qui rend possible la construction de Saint-Pétersbourg ou la découverte du pôle Nord…Ces libéraux sont des gens qui ne souhaitent pas vivre dans un empire et appellent à le disloquer en quatre vingt états indépendants, sous prétexte que cela facilitera leur intégration dans l’Union Européenne…

 

Nous avons survécu aux années 1990 qui nous ont transformés en cochons. Ensuite, Poutine est arrivé. Il a fait revenir la Russie dans le contexte impérial, mais il a conservé une économie néo-libérale qui ronge les racines de notre état, le cinquième empire comme je l’appelle. Pour que le régime impérial actuel réalise pleinement son potentiel, la Russie doit se développer, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

La Russie est une alternative à la direction occidentale. La Russie doit redevenir un pays de créateurs, de héros et de chercheurs. Elle ne doit pas se mesurer au nombre de ses cuvettes de wc mais à celui de ses vaisseaux spatiaux. Elle ne doit pas aller gaspiller son argent à Courchevel, en compagnie de femmes aux pubis dorés, mais investir dans la résolution des pro-blèmes extrêmement complexes, comme la victoire sur la mort. Ces objectifs doivent mobiliser les Russes pour la création d’une grande science, d’une grande culture et d’une grande église.

 

Ce qui empêche la Russie de se développer sont les gens rassasiés, lourds et dénués de spiritualité que l’on trouve au pouvoir.

Aujourd’hui le monde n’a le choix qu’entre le fascisme et le socialisme. Le projet libéral est mort. Il a créé une surhumanité qui dévore les ressources du monde, laissant un grand terrain vague derrière elle. Il faut le délaisser complètement, comme on l’a fait déjà avec l’Afrique, ou bien le reconstruire d’après les paramètres de la justice universelle, voilà le nouveau socialisme du XXI siècle.

Regardez les Etats-Unis. Ils ont affirmé leur puissance uniquement dans le contexte impérial. Le jour où ils arrêteront d’être un empire, ils se transformeront en un tas de déchets dont personne ne voudra. La France a aussi connu ses heures de gloire quand elle était un empire, royal ou napoléonien. Le gaullisme a été une tentative ratée pour restaurer les principes spirituels qui fondent un régime impérial. À l’heure actuelle, la France fait de la peine. C’est un pays en perte d’identité qui subit une arabisation intense. Notre-Dame de Paris a toutes les chances de devenir un jour une mosquée. L’avenir de la France se joue entre une dictature fasciste, comme moyen de sauvegarder le patrimoine français, et la transformation en une masse informe. D’ailleurs, c’est un choix auquel toute l’Europe est actuellement confrontée.

L’empire est une union harmonieuse d’espaces, de peuples, de cultures et de religions ayant pour but de produire un effet créateur maximal. C’est justement ce que l’empire russe représente. L’individu ne peut réaliser pleinement son potentiel que dans un empire. En dehors, il se transforme en un consommateur qui n’a qu’une seule liberté, celle des membranes muqueuses. La liberté est une formule qui permet aux uns de devenir riches et transforme les autres en esclaves. Le monde n’est pas fondé sur les principes de la liberté, mais sur ceux de la justice.

Pour remporter la victoire de 1945, le peuple russe a dû parcourir en cinq ans la distance d’une centaine d’années. Il ne l’aurait jamais fait si l’on n’avait pas opprimé sa liberté. Dans le cas contraire, on n’aurait eu que des fours crématoires partout. Et, à la place de Moscou, il y aurait eu un lac, comme l’opération Barbarossa le prescrivait.

La suite ici

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« Une minute par jour » Par Alexandre Soljénitsyne

Ces entretiens d’une quinzaine de minutes chacun ont été diffusés d’avril à septembre 1995 à Moscou par la chaîne ORT une fois tous les quinze jours.
Extraits :
» Dans le peuple et l’histoire russe, l’orthodoxie occupe une place absolument à part sous deux rapports : le rapport historique d’abord car, sans l’orthodoxie, ni notre grand Etat ni notre grand peuple n’existeraient ; le rapport gnoséologique ensuite car c’est par la Weltanschauung orthodoxe que toute notre culture et nos penseurs se sont frayés un chemin. Ces deux mérites de l’orthodoxie, je l’espère, viendront contrebalancer l’épouvantable état où l’a conduite le bolchevisme «.
» En Occident, c’est l’abondance, oui, tout est splendide, on a tout. L’Occident est florissant, oui, sur le plan matériel. Mais les âmes, les âmes des gens se changent en déserts, la facilité les prive de ressort. Le XXIe siècle sera le théâtre d’un terrible conflit entre ce qu’on appelle le tiers-monde, la plus grande part de l’humanité, et ce qu’on appelle la race blanche. Il y aura des événements pénibles à vivre. Tout le monde sera concerné et, si nous n’arrivons pas à élever nos cœurs, à être affermis et purs intérieurement, nous tous, l’humanité, serons condamnés à périr«.
» Je me réjouis qu’il y ait des nationalités ; j’estime qu’elles sont la richesse de l’humanité, les différentes facettes du projet Divin,
(…).
Il faut donc les préserver. En Occident, les Lumières depuis le XVIIIe siècle ont propagé cette idée mensongère que toutes les différences nationales seraient un jour gommées et que toute l’humanité serait une, réunie. Le XXe siècle nous a montré avec une évidence particulière qu’il n’en était rien. Les nationalités essaient toutes de se renforcer et d’affirmer leur originalité. C’est une bonne chose».
«Notre tâche majeure la plus haute c’est de préserver notre peuple déjà tellement éprouvé, de préserver son être physique mais aussi moral, sa culture, ses traditions«.
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l’UE vers le totalitarisme ? — UE : a non democratic suprasociety ?

Vladimir Boukovsky est un intellectuel Russe, donc je ne partage pas certaines affiliations politiques, néammoins, il m’a semblé très intéressant de poster la vidéo suivante, saine analyse du nouveau monstre sans âme qu’est en train de devenir l’Union Européenne. Une analyse à évidemment mettre en rapport avec celle du défunt et regretté Alexandre Zinoviev, dont un extrait est publié ici A lourdement méditer ..

 
Vladimir Boukovsky is a notable writer, soviet dissident and activist. Wether i do not agree with his last political orientations, it seemed logical to me to post the following video (in english with french subtitle) because it’s an excellent analysis of the «Nondemocratic-Suprasociety» that is becoming European Union … Also here
Of course, we must link his analysis with the one from the defunt and regreated Alexander Zinoviev.

 

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On the politics of Russia ..

“Commentary on the last presidential elections in Russia March 2nd has been unequivocal – “absence of democracy”; “opposition stifled”; “a drift toward a single party”; “a return to Stalinist practices”, and so on. These accusations have made the rounds of television and newspapers as well as the numerous blogs dealing with Russia. Still, Dmitry Medvedev’s results reflect the evolution (maturing) of a coherent, stable electorate rooted in 1991; the year which marked the inauguration of universal suffrage, the collapse of the USSR – but also the year in which Boris Yeltsin was elected Russia’s first president! Indeed, Russia is a young and vigorous sovereign democracy!
 Explanation: the Western political checkerboard does not have anything like the same form as the Russian. The West European or Anglo-Saxon checkerboard is marked by pronounced dualisms, generally an opposition of “right-left” or “centrists-extremists”, seen eventually as “liberal parties – non-liberal parties”.  The organizational form of this political gameboard totally excludes alliances between parties of the right and left, or of centrists and extremists; you might say the political partitioning is clear-cut and does not allow for “surprises”. This political organization is that of the United States (Democrats versus Republicans) or European countries (Right versus Left as well as existence of extremist parties)…this dualism does not exist in modern, post-communist Russia.
 The Russian political board is itself comprised of a number of parties, very varied but on the whole gathered in three concentric circles, as a function of their type (nature) more than of the ideas they advocate.
The first circle, called the “central circle”, is comprised of government parties, generally indistinguishable as “right or left”. This inner circle is comprised generally of alliances of parties of or close to the Kremlin. This movement has its beginnings in 1991, the first “free” elections of Russia; it comprises an alliance of parties one could qualify as “centro-pragmatists” rather than the “centre-right” (Reform) under the Yeltsin era (1991-1999) and the “centre-patriotic” under the era of Putin (1999-2008), with an inclination toward a patriotic left axis. The common denominator in this league of government is the realignment of parties we could, broadly speaking, refer to as “patriotic”; the names of parties that, since 1991, comprise this league speak for themselves – “Homeland” (Motherland), “Unity”, “Our Home Russia”, “Our Land”, “Just Russia”, “United Russia”…the weight of this central bloc (government bloc) that Russians understand unquestioningly to represent “stability”  (social more than political) grows with each election: from 25% in 1999 to 40% in 2003 and finally to 64% in the 2007 elections. The representative of the inner circle also saw his score increase regularly in the Russian presidential elections: from 35% of the vote in 1996 to 52% in 2000, and 70% in 2004 and 2008.
An “outer circle” is comprised of opposition parties who have a solid electoral base in Russia, high scores and which surrounds the “inner circle” on the spectrum. Two most visible are the Popular Democratic Union of Russia (or Communist Party of Russia, more to the left of the political spectrum), and the Liberal Democratic Party of Russia (neo-imperial, and more to the right of the spectrum). However, there are many others, notably a party of entrepreneurs, a leftist nationalist party…but in 2005 they joined the United Russia coalition of president Vladimir Putin. It must be noted that in 1991 and 1996, the Popular Patriotic Union of Russia candidate (Gennady Zyuganov) polled equally with President Yeltsin, who was seeking a second term, this before his election gained the votes of Alexander Lebed’s supporters. Finally, in 1993, The Liberal Democratic Party of Russia (led by Vladimir Zhirinovsky) gained nearly a quarter of the vote in the parliamentary elections, becoming the first (opposition) political party to sit in the Duma.
 Finally, there is a “marginal (extreme outer) circle” composed of a quite heterogeneous mixture of parties that includes ultra-radical and extremist parties as “liberals”.  Among those regularly present at elections of the past 15 years, one could mention the “Agrarian Party”, “Yabloko”, the “Union of Right Forces”, the “Party of Regions” and various independents.
 Informed commenters, usually westerners, should give up on this so-called “liberal opposition”.  These generally westward-looking parties have seen their electoral base slowly but steadily decrease since 1991, when some of them occupied important positions in the Yeltsin government, with obvious results…their electoral weight was about 12% in the 1993 elections, 7% in the elections of 1995 and 1999, 4% in 2003 and 2% in 2006 (compared with 1.5% for the liberal presidential election candidate last March 2nd).  Yet another often-heard explanation for this electoral erosion is that “Russians don’t want to be Democrats”, or “The Kremlin censors all opposition”…indeed, these “opposition parties” have coalesced in an interesting alliance that might be called the “Disagreement Alliance”, led by two men with totally different profiles (personalities), Garry Kasparov and E. Limonov. This alliance, based on anti-Putinism, repackages a lot of associations and parties that you’ll find here, plays the media internal-destabilization card (deliberate organization of protests in front of foreign cameras, demonstrations which deteriorate only once legally refused by municipalities, etc, etc…).  Add to this Mr. Kasparov’s deliberate speech in English, and one might ask who were its real targets. Externally, these movements play on the sensitive heartstrings of the EU (human rights violations) and America (support for Orange revolutions, taking of anti-Russian stances on the Caucasus and Central Asia).
It’s a strange supposedly liberal opposition, composed of the shaven skulls of the GNP, a longing for the gulag, former convicted dissidents (such as Limonov, who is of French nationality), political associations financed by NGO’s and American Democrat George Soros’s network and leaders of American think tanks who make speeches… in English in the heart of Moscow! You really have to ask why the West concentrates so much attention on parties that are struggling to gain the legal recognition of Russian political parties, and which represent only a tiny minority of the immense Russian civil society, which is itself very active. The fact that Edward Limonov is French and Garry Kasparov is a regular guest before the TV trays of America is perhaps the beginning of an explanation…Nonetheless, some day someone should explain to Kasparov that it is Russians who must be convinced, and not the Americans and the Europeans predisposed by the atmosphere of Kremlinophobia. It is noteworthy that the two primary opposition parties have refused to join “Other Russia”, so as not to mix with undemocratic and violent elements therein, it is the party of  “Yabloko”, and the Union of Right Forces”. For the great majority of Russians in search of stability and order (after the tumult of the 90’s), this is anything but serious and overall, anything but credible. It must be reemphasized that the title “liberal” in today’s Russia means “pro-western”, which is overtly criticized since 1991 and the chaos of Yeltsin and his ministers – who often presented themselves as “reformist/liberal” – has been assimilated by the Russian collective unconsciousness as “liberalization”, “economic pillaging” and “social chaos”. In summary, if Kasparov and his cohorts are the pillars of “opposition”, it is only for westerners, as they remain relatively little known in Russia. But that is to be expected if one campaigns in English in front of the TV trays of western countries; it is difficult to be heard by the Russian people but easy to masquerade as the poet of democracy for the complicit presenters and ignorant spectators. It is noteworthy that lying only works for westerners as a strong feeling (and only at home) that the scores of foreign candidates for the Kremlin (German, French, English, UK..) are generally highly regarded in Russia.
 It’s hard to believe that the ballot-boxes are stuffed in consulates, yet the voices of Russian voters living in these “civilized, free and democratic” countries tend naturally toward the Kremlin parties. Something to think about…
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De la politique en Russie

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet article sur Agoravox et Yahoo actualités

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Les commentaires sur les élections présidentielles du 2 mars dernier en Russie ont généralement été assez univoques : «manque de démocratie », « opposition étouffée », « dérives vers le parti unique », « retour aux pratiques staliniennes » etc etc …. Ces acccusations ont maintes fois fait le tour des plateaux télés, les unes des journaux ou encore des nombreux Blogs traitant de la Russie … Pourtant, le résultat de Dmitri Medvedev, n’est que le reflet d’une évolution électorale très cohérente, stable et entamée dès 1991, année de l’instauration du suffrage universel direct, de l’effondrement de l’URSS, mais aussi l’année ou Boris Eltsine a été élu premier président de Russie ! Hé oui, la Russie est une «jeune» et vigoureuse démocratie Souveraine …

Explications : L’échiquier politique occidental n’a pas du tout la même forme que l’échiquier politique Russe. Dans la zone Occidentale européenne ou anglo-saxonne l’échiquier est marqué par des dualismes prononcés, généralement une opposition « droite-gauche » ou encore « centre-extrêmes » voir éventuellement « partis libéraux-partis non libéraux ». 

Cette forme d’organisation de l’échiquier politique exclut totalement des alliances entre partis de droite et de gauche, ou entre partis du centre et les extrêmes, on peut dire que la segmentation politique est claire et tranchée et ne permet pas de « surprises ». Cette organisation politique est celle des États-Unis (démocrates VS républicains) ou de pays Européens (Droite VS gauche ET existence de partis extrémistes) …. Ce dualisme n’existe pas dans la Russie moderne (post-communiste). 


L’échiquier politique Russe se compose lui d’une multitude de partis, très variés mais que l’on peut rassembler dans 3 cercles concentriques, en fonction de leur nature plus que des idées qu’ils prônent.
Le premier cercle, dit « cercle central » comprend les partis de gouvernements, généralement sans discernement de « droite ou de gauche ». Ce cercle central comprend généralement les alliances de partis de gouvernement, issus ou proches du Kremlin. Ce mouvement a été initié dès 1991, dès les premières élections « libres » de Russie, il comprend une alliance de partis que l’on pourrait qualifier de « centro-pragmatiques » plutôt de centre droit (réformateur) sous l’ère Eltsine (1991-1999) et de « centro-patriote » sous l’ère Poutine (1999-2008), avec un fléchissement vers un axe patriotique de gauche. Le point commun de cette ligue de gouvernement est de regrouper des partis que l’on peut qualifier d’être globalement à tendance « patriotique », les noms de partis qui depuis 1991 composent cette ligue parlent d’eux mêmes : « patrie », « unité », « notre maison la Russie », « notre terre », « Russie juste », « Russie unie » …. Le poids de ce bloc central (ou bloc de gouvernement) que les Russes assimilent sans doute à juste titre à de la « stabilité » sociale (plus que politique) ne cesse d’augmenter à chaque élection : de 25% aux législatives de 1999, à 40% aux législatives de 2003 et enfin à 64% aux élections de 2007. Le représentant de ce « cercle central » quand à lui a aussi vu son score régulièrement augmenter aux élections présidentielles Russes : de 35% des voix en 1996, 52% en 2000, et 70% en 2004 et 2008.

  Un « cercle périphérique » constitué de partis d’oppositions qui ont une solide assise électorale en Russie, des scores élevés et qui encadrent le « cercle central » sur l’échiquier politique. Deux sont principalement cités, l’union Populaire et démocratique de Russie (ou parti communiste Russe, donc plus à gauche sur l’échiquier) et le parti libéral démocrate de Russie (parti néo-impérial, plutôt à droite de l’échiquier). Néanmoins, il en existe bien d’autres, notamment un parti des entrepreneurs, un parti nationaliste de gauche .. mais ils ont rejoint en 2005 la coalition Russie Unie du président Vladimir Poutine. Il faut noter que en 1991 et 1996, le candidat de l’union populaire et patriotique de Russie (Guennadi Ziouganov) a fait jeu électoral égal avec le président Eltsine qui briguait un second mandat, celui ci ne devant son élection qu’au gain des voix des électeurs de Alexandre Lebed. Enfin, en 1993, le parti libéral démocrate de Russie (dirigé par Vladimir Jirinovski) à obtenu près de ¼ des suffrages aux élections législatives de Russie, devenant ainsi le premier parti politique à siéger à la Douma.

Enfin un « cercle marginal » existe, composé d’une kyrielle de partis tout à fait hétéroclites et qui comprend à la fois des partis ultra radicaux, extrémistes, tout comme des partis « libéraux ». Parmi ces partis régulièrement présents aux échéances électorales des 15 dernières années, on peut citer le « parti agraire », « Iabloko », « l’union des forces de droite », « le parti des régions » et de nombreux partis dits « indépendants ».

Il convient de s’arrêter sur cette variante appelée « opposition libérale » par les commentateurs avisés, généralement Occidentaux. Ces partis politiques généralement tournés vers l’occident ne cesse de voir leur assise électorale diminuer de façon lente mais régulière depuis 1991, époque ou ceux la mêmes occupaient les postes les plus importants du gouvernement Eltsine, avec les résultats que l’on connaît .. Leur poids électoral est ainsi passé de presque 12% aux élections législatives de 1993, 7% aux élections législatives de 1995 et 1999, 4% en 2003 et 2% en 2006 (à comparer au 1,5% du candidat libéral à l’élection présidentielle du 2 mars dernier). Il y a pourtant une autre explication a cette érosion électorale que le fait entendu trop souvent selon lequel les Russes ne seraient pas démocrates ou que le Kremlin aurait censuré toute opposition … En effet ces « partis d’opposition » se sont coalisés au sein d’une alliance intéressée dite « alliance du désacord», dirigée par deux hommes aux profils pourtant totalement différents, Gary Kasparov et E. Limonov. Cette alliance fondée sur l’anti-Poutinisme primaire regroupe un tas d’associations et de partis politiques dont vous trouverez la liste la, qui jouent sur la carte de la déstabilisation médiatique sur le plan intérieur (organisation d’actions coup de poing systématiquement devant les caméras étrangères, manifestations qui dégénèrent uniquement lorsqu’elles ont été au préalable légalement refusées par les municipalités etc etc) , ajouter à cela les systématiques discours de Mr Kasparov en Anglais et l’on peut se demander les réels objectifs de ce dernier…. Sur le plan extérieur, ces mouvements jouent sur les cordes sensibles de l’UE (atteintes aux droits de l’homme) et de l’Amérique (soutien aux révolutions Oranges, prises de positions anti-Russe dans le Caucase ou l’Asie centrale ..).
Curieuse opposition soit disant libérale, composée des cranes rasés du PNB, des nostalgiques du goulag, d’anciens condamnés pour coup d’état, comme Limonov (qui à en outre la nationalité Française), les associations politiques financées par les ONG démocrates Américaines et le réseau SOROS, et des leaders membres de Think-Tanks US qui font des discours en … Anglais au coeur de Moscou ! On est réellement en droit de se demander les raisons qui font que l’Occident y porte tellement d’attention lorsque l’on sait que les partis membres de cette alliance peinent à rassembler les conditions légales nécessaires pour se faire reconnaître comme étant des partis politiques Russes, et que les associations elles ne constituent qu’une infime minorité de l’immense société civile Russe, qui est par ailleurs très active. Le fait que Edouard Limonov est la nationalité Francaise et que Garry Kasparov soit régulièrement l’invité des plateaux télévisés Américains est peut être un début d’explication .. Néammoins, il faudrait peut être expliquer un jour à Kasparov que c’est les Russes qu’il faut convaincre (encore que ..) et non les Américains et les Européens largement atteints par la Kremlinophobie ambiante … Il est à noter que deux partis principaux d’opposition ont refusé de rejoindre « l’autre Russie » pour ne pas côtoyer les mouvements non démocratiques et violents qui s’y trouvent, il s’agit du parti «Iabloko» (dont l’évolution électorale si vous cliquez sur le lien démontre parfaitement la perte d’influence des partis ‘libéraux» en Russie moderne) et du parti «Union des forces de droite«. Pour la grande majorité des Russes, à la recherche de stabilité et d’ordre (après le terrible désordre des année 90), cela est tout sauf sérieux et surtout tout sauf crédible. Il faut rajouter que l’appellation libérale en Russie à aujourd’hui une connotation « pro Occidentale » qui est ouvertement décriée, cela depuis les années 1991 ou le chaos sous l’ère Eltsine, et ses ministres souvent présentés comme « réformateurs / libéraux » a été assimilé dans l’inconscient collectif Russe à « libéralisation », « pillage économique » et « chaos social ». Enfin pour finir, si Kasparov et consorts sont les garants de «l’opposition», ce n’est que pour les Occidentaux car ils restent très méconnus en Russie mais c’est normal, en faisant campagne en Anglais sur des plateaux télévisions de pays Occidentaux, il est difficile de se faire «entendre» par le peuple Russe mais facile de se faire passer pour le chantre de la démocratie, devant des présentateurs complices et des téléspectateurs ignares. Il est à noter que le mensonge ne marche que pour les Occidentaux en guise de sensation forte (et encore chez eux) puisque les scores des candidats du Kremlin chez les Russes de l’étranger (Allemagne, France, Angleterre, Royaume Uni ..) sont généralement « plus » élevés qu’en Russie …. 


Il est difficile de croire que les urnes soient bourrées jusque dans les consulats et pourtant les voix des électeurs Russes qui résident dans ces pays « civilisés, libres et démocratiques » se portent plus naturellement vers les partis du Kremlin. A méditer …

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La grande rupture — Analyse de la supra société globale

Le 10 mai 2006, s’éteignait dans le silence général Alexandre Zinoviev, logicien, écrivain et philosophe Russe. Plutôt que de faire du copié/collé de biographie disponible sur Internet, voici retranscrite une partie de sa dernière Interview avant son retour en Russie, après 23 ans d’exil, à l’heure ou la Serbie était martyrisée par l’OTAN. Alexandre Zinoviev dresse un bilan sans illusions et hautement critique de ses 23 ans en Occident.  

 

Avec quels sentiments rentrez vous après un exil si long ?
Avec celui d’avoir quitté une puissance respectée, forte, crainte même et de retrouver un pays vaincu, en ruines. Contrairement à d’autres, je n’aurais jamais quitté l’URSS si on m’avait laissé le choix. L’émigration a été une vraie punition. 

 

On vous a pourtant reçu a bras ouverts !
C’est vrai………Mais malgré l’accueil triomphal et le succès mondial de mes livres, je ne me suis jamais senti chez moi ici…  

 

 

Depuis la chute du système communiste, c’est le système occidental qui est devenu votre principal sujet d’études? Pourquoi? 
Parce que ce que j’avais dit est arrivé : la chute du communisme s’est transformé en chute de la Russie. La Russie et le communisme formaient une seule et même chose.  

 

La lutte contre le communisme masquait t’elle une lutte contre la Russie?
Absolument. La catastrophe Russe à été voulue et programmée ici en Occident. Je le dis car ai été à une certaine époque un initié. J’ai lu des documents, participé à des études qui sous couverts de combattre une idéologie, préparaient la mort de la Russie. Et cela m’est devenu insupportable au point ou je ne peux plus vivre dans le camp de ceux qui détruisent mon pays et mon peuple. L’Occident n’est pas une chose étrangère pour moi, mais une puissance ennemie.
 
Seriez vous devenu un patriote? 
Le patriotisme n’est pas mon affaire, ce n’est pas mon problème. J’ai recu une éducation internationaliste et je lui reste fidèle. Je ne peux pas dire si j’aime ou non les Russes. Mais j’appartiens a ce peuple et à ce pays. J’en fais partie. Les malheurs actuels de mon peuple sont tels que je ne peux continuer à les contempler de loin. La brutalité de la mondialisation met en évidence des choses inacceptables.  

 

 

Les dissidents Soviétiques parlaient pourtant comme si leur patrie était la démocratie et leurs peuple les droits de l’homme. Maintenant que cette manière de voir est dominante en Occident, vous semblez la combattre. N’est ce pas contradictoire ? 
Pendant la guerre froide, la démocratie était une arme dirigée contre le communisme, mais elle avait l’avantage d’exister. On voit d’ailleurs aujourd’hui que l’époque de la guerre froide a été un point culminant de l’histoire de l’Occident. Un bien être sans pareil, un extraordinaire progrès social, d’énormes découverts scientifiques et techniques, tout y était ! Mais l’Occident se modifiait presque imperceptiblement. L’intégration timide des pays développés commençait alors et constituait les Prémisses de la mondialisation de l’économie et de la globalisation du pouvoir auxquels nous assistons aujourd’hui. Une intégration peut être généreuse, positive si elle répond par exemple au désir légitime des nations nées de s’unir. Mais celle ci à dès les départ été pensé en termes de structures verticales, dominées par un pouvoir supranational. Sans le succès de la contre révolution Russe, il n’aurait pu se lancer dans la mondialisation. Le rôle de Gorbatchev n’a donc pas été positif ? Je ne pense pas en ces termes la. Contrairement à l’idée communément admise, le communisme ne s’est pas effondré pour des raisons internes. Sa chute est la plus grande victoire de l’histoire de l’Occident. Victoire colossale qui, je le répète, permet l’instauration d’un pouvoir planétaire. Mais la fin du communisme a aussi marqué la fin de la démocratie, notre époque aujourd’hui n’est pas que post communiste, elle est aussi post démocratique. Nous assistons aujourd’hui à l’instauration du totalitarisme démocratique, ou si vous préférez à l’instauration de la démocratie totalitaire.  

 

N’est ce pas un peu absurde ? 
Pas du tout. La démocratie sous entend le pluralisme Et le pluralisme suppose l’opposition de au moins deux forces plus ou moins égales. Forces qui se combattent mais n’influencent en même temps ; il y avait à l’époque de la guerre froide, une démocratie mondiale, un pluralisme globale au sein duquel cohabitait, coexistait le système capitaliste et le système communiste, et même une structure plus ou moins vivante, les non-alignés. Le totalitarisme communiste était sensible aux critiques venant de l’Occident et celui ci subissait aussi l’influence du communisme par le biais notamment de ses partis communistes. Aujourd’hui nous vivons dans un monde dominé par une idéologie unique, un fait unique, par un parti unique mondialiste.La constitution de ce dernier a commencé a l’époque de la guerre froide, quand des structures transnationales se sont mises en oeuvre sous les formes les plus diverses : médias, sociétés bancaires, sociétés commerciales…Malgré leurs différents secteurs d’activités, ces forces étaient unies par leur nature supranationale. Avec la chute du communisme, elles se sont retrouvées aux commandes du monde. Les pays occidentaux sont donc dominateurs, mais aussi dominés car perdent progressivement leur souveraineté au profit de ce que j’appelle la «supra société». Elle est constituée d’entreprises commerciales et non commerciales dont la zone d’influence dépassent les nations. Les pays occidentaux sont soumis comme les autres au contrôle de ces structures non nationales..Or la souveraineté des nations est elle aussi une part considérable et constituante du pluralisme, donc de la démocratie, à l’échelle de la planète. L’intégration Européenne qui se déroule sous nos yeux, provoque elle la disparition du pluralisme au sein de ce conglomérat, au profit d’un pouvoir supranational.  

 

Mais ne pensez vous pas que la France ou l’Allemagne continuent à être des pays démocratiques ?
Les pays occidentaux ont connu une vraie démocratie à l’époque de la guerre froide. Les partis politiques avaient de vraies divergences idéologiques et des programmes politiques différents. Les organes de presse avaient des différences marquées, eux aussi. Tout cela influençait la vie des gens, contribuait à leur bien être. C’est bien fini.
Parce le capitalisme démocratique et prospère, celui des lois sociales et des garanties d’emploi devait beaucoup à l’épouvantail communiste. L’attaque massive contre les droits sociaux à l’ouest à commencé avec la chute du communisme à l’ouest. Aujourd’hui les socialistes au pouvoir dans la plupart des pays d’Europe mènent une politique de démantèlement social qui détruit tout ce qu’il y avait de plus socialiste justement dans les pays capitalistes. Il n’existe plus en occident de force politique capable de défendre les humbles. L’existence des partis politiques est purement formelle. Leurs différences s’estompent chaque jour d’avantage.
(…).
La démocratie tend aussi à disparaître de l’organisation sociale occidentale.
Cette super structure non démocratique donne des ordres, sanctionne, bombarde, affame. Même Clinton s’y conforme. Le totalitarisme financier a soumis les pouvoirs politiques. Le totalitarisme financier est froid. Il ne connaît ni la pitié, ni les sentiments. Les dictatures politiques sont pitoyables en comparaison de ce totalitarisme la. Une certaine résistance était possible au sein des dictatures les plus dures, aucune révolte n’est possible contre une banque.  

 

Et la révolution? 
Le totalitarisme démocratique et la dictature financière excluent la révolution sociale.  

 

Pourquoi? 
Parce qu’ils combinent la brutalité militaire toute puissante et l’étranglement financier planétaire. Toutes les révolutions ont bénéficié de soutien venu de l’extérieur, c’est désormais impossible, de par l’absence de pays souverains. De plus la classe ouvrière à été remplacée par la classe des chômeurs au bas de l’échelle sociale, or que veux un chômeur ? Un emploi. Ils sont dans une situation de faiblesse, contrairement à la classe ouvrière du passé.  

 

Tous les systèmes occidentaux avaient une idéologie. Quelle est celle de cette nouvelle société que vous appelez post démocratique? 
Nous sommes dans une époque post idéologique mais en réalité la supra idéologie du monde occidental diffusée au cours des 20 dernières années est bien plus forte que l’idéologie communiste ou nationale-socialiste. Le citoyen occidental est bien plus abruti que ne l’était le soviétique moyen par la propagande communiste. Dans le domaine idéologique, l’idée importe moins que les mécanismes de sa diffusion. Or la puissance de diffusion des médias occidentaux est énorme. (…) Il suffit que la décision soi prise de stigmatiser un Karadzic ou un Milosevic et ça y est, une machine de propagande planétaire se met en branle. Et alors qu’il faudrait juger les dirigeants occidentaux pour viol de toutes les règles de droit existants… La majorité des citoyens occidentaux sont persuadés que la guerre contre la Serbie était juste. (…).
L’idéologie occidentale combine et fait converger les idées en fonction des besoins. L’une de ces idées est que les valeurs et le mode de vie occidentaux sont supérieurs aux autres. Essayez de convaincre les Américains moyens que la Russie en meurt, ils n’y croiront pas mais continuerons d’affirmer que les valeurs occidentales sont universelles, appliquant ainsi l’un des vieux principes du dogmatise idéologique. Les théoriciens, médias, dirigeants sont persuadés d’avoir raison, et que l’homme occidental ; porteur de ces valeurs est un nouveau surhomme. (…).
 
Quelle est l’idée maîtresse de cette idéologie dominante en Occident ?
C’est le mondialisme, la globalisation autrement dit la domination mondiale. Et comme cette idée est asssez antipathique, on la camoufle sous le discours plus vague et généreux d’unification planétaire et de transformation du monde en un tout intégré. C’est le vieux masque soviétique de » l’amitié entre les peuples», destiné à couvrir l’expansionnisme. En réalité, l’Occident procède actuellement à un changement de structure à l’échelle planétaire. D’un côté elle domine le monde de la tête aux pieds, de l’autre s’organise elle même verticalement, avec le pouvoir supranational au sommet de la pyramide.  

 

Un gouvernement mondial ?
Si vous voulez oui. 

 

N’est ce pas être un peu victime de la théorie du complot ?
Quel complot ? Il n’y a aucun complot. Le gouvernement mondial est dirigé par les gouverneurs des structures supranationales, commerciales, financières et autres, connues de tous. Selon mes calculs, 50 millions de personnes a peu près font déjà partie de cette supra société qui dirige le monde. Les États Unis en sont la métropole. Les pays d’Europe occidentale et certains dragons Asiatiques la base. Les autres sont dominés selon une dure gradation économico financière. Ça c’est la réalité. La propagande elle dit qu’un gouvernement mondial, contrôlé par un parlement mondial serait souhaitable et que le monde est une vaste fraternité. Ce ne sont la que des balivernes destinées à la population. (…)  
Les totalitarismes du 19ième siècle ont été extrêmement violents. On ne peut pas dire la même chose de la démocratie occidentale. Ce ne sont pas les méthodes mais les résultats qui importent. Les Russes ont perdu 20 millions d’hommes et ont eu des destructions considérables en combattant l’Allemagne Nazie. Pendant la guerre froide, sans bombes ni canons, ses pertes sur tous les plans ont été bien plus considérables, pertes de 10 ans de l’espérance de vie, la mortalité infantile est catastrophiques, 2 millions d’enfants ne dorment pas à la maison, 5 millions d’enfants en âge d’étudier ne vont pas à l’école. Il y a 12 millions de drogués recensés. L’alcoolisme est généralisé. 70% des jeunes ne sont pas aptes au service militaire à cause de leur état physique. Ce sont la les conséquences directes de la défaite de la guerre froide, défaite suivie par l’occidentalisation. Si cela continue, la population du pays va passer à 50 millions d’habitants, le totalitarisme démocratique surpassera en violence tous ceux qui l’ont précédé….  

En violence …. ? 
La drogue, la malnutrition, le SIDA sont plus efficaces que la violence guerrière. L’Occident vient d’inventer la guerre pacifique. L’Irak et la Yougoslavie sont deux exemples de réponse disproportionnée et de punition collective, que l’appareil de propagande se charge de d’habiller en guerres justes. L’exercice de la violence par les victimes contre elles mêmes est une technique prisée. La contre révolution Russe en est un exemple. Mais en faisant la guerre à la Yougoslavie, les pays d’Europe occidentale se la sont faites à eux mêmes. Selon vous la guerre en Serbie était une guerre contre l’Europe ? Absolument ! Il existe au sein de l’Europe, des forces capables d’agir contre elle mêmes. La Serbie a été choisie, parce qu’elle résistait au rouleau compresseur mondialiste. La Russie pourrait bien être la suivante, avant la Chine… 

 

Vous dites que la démocratie totalitaire était colonisatrice. Pour Marx, la colonisation était civilisatrice, pourquoi ne le serait elle pas à nouveau ?

Pourquoi pas en effet ? Mais pas pour tout le monde. Quel est l’apport des indiens d’Amérique au monde ? Presque nul car ils ont été exterminés? Ecrasés. Voyez maintenant l’apport des Russes ! L’Occident se méfiait moins de la puissance militaire soviétique que de son potentiel intellectuel, artistique, sportif. Parce qu’il dénotait une extraordinaire vitalité. Or c’est la première chose à détruire chez son ennemi. Et c’est ce qui à été fait. La science Russe dépend aujourd’hui des financements Américains. Et est dans un état pitoyable, car ses derniers n’ont aucun intérêt à faire travailler leurs concurrents. Ils préfèrent faire travailler les avants Russes aux Etats-Unis. Le cinéma soviétique a lui aussi été détruit et remplacé par le cinéma Américain. En littérature, c’est la même chose. La domination mondiale s’exprime, avant tout, par le diktat intellectuel ou culturel si vous préférez. Voilà pourquoi les Américains s’acharnent depuis des décennies a faire baisser le niveau culturel et intellectuel du monde : ils veulent baisser au leur pour pouvoir exercer ce diktat.

 

Mais cette domination ne serait elle pas un bien pour l’humanité ? 
Ceux qui vivront dans 10 générations pourront effectivement dire que les choses se sont faites pour le bien de l’humanité, autrement dit pour leur bien a eux. Mais qu’en est il du Français ou du Russe aujourd’hui ? Peut il se réjouir si il sait que son avenir est celui des indiens d’Amérique ? Le terme humanité est une abstraction…Dans la vie réelle il y a les Russes, les Chinois, les Français, les Serbes…etc. Or si les choses continuent comme elles sont parties, les peuples qui ont fait notre civilisation, je pense essentiellement aux peuples latins, vont disparaître. L’Europe occidentale est submergée par une marée d’étrangers et ce n’est pas un hasard. Nous n’en avons pas encore parlé mais cela n’est ni le fruit du hasard ni le fruit d’un mouvement incontrôlable….Le but est de créer une situation semblable à celle des Etats Unis. Savoir que l’humanité va être heureuse mais sans Français ne devrait pas réjouir les Français actuels. Après tout laisser sur notre terre un nombre limité de gens qui vivraient comme au paradis pourrait être un projet rationnel. Ceux la penseraient sûrement que le bonheur est l’aboutissement de la marche de l’histoire. Non il n’est de vie que celle que nous et les nôtres vivons aujourd’hui.

 

Le système soviétique était inefficace. Les sociétés totalitaires sont elles condamnées à l’inefficacité?
Q
u’est ce que l’efficacité? Aux Etats Unis, les sommes dépensées pour maigrir dépassent le budget de la Russie. Et pourtant le nombre de gros augmente. Et il y a des dizaines d’exemples de cet ordre.

 

Peut on dire que l’Occident vit actuellement une radicalisation qui porte les germes de sa propre destruction ? 
Le nazisme a été détruit dans une guerre totale. Le système soviétique était jeune et vigoureux. Il aurait continué à vivre si il n’avait pas été combattu de l’extérieur. Les systèmes sociaux ne s’autodétruisent pas. Seule une force extérieure peut anéantir un système social. Comme seul un obstacle peut empêcher une boule de rouler. Je pourrais le démontrer comme on démontre un théorème. Actuellement nous sommes dépassés par un pays disposant d’une supériorité économique et militaire écrasante. Le nouvel ordre mondial se veut unipolaire. Si le gouvernement supranational y parvenait, n’ayant aucun ennemi extérieur, ce système pourrait exister jusqu’à la fin des temps. Un homme seul peut être détruit par ses propres maladies. Mais un groupe même restreint aurait tendance à survivre, ne fut ce que par la reproduction. Imaginez un système social composé de milliards d’individus !! Ses possibilités de repérer et d’arrêter les phénomènes destructeurs seraient infinies. Le processus d’uniformisation du monde ne peut être arrêté dans l’avenir prévisible. Car le totalitarisme démocratique est la dernière phase de l’évolution de la société occidentale. Evolution commencée à la Renaissance.

 

Extrait du livre de Alexandre Zinoviev: «La grande rupture» Disponible à l’age d’homme. L’entretien à été réalisé par Victor Loupan à Munich en juin 1999 quelques jours avant le retour définitif de Zinoviev en Russie.
Posted on by Alexandre Latsa in Analyses, Articles en francais, Zinoviev Leave a comment
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