Vers le tunnel sous Béring ?

Il y a presque deux ans j’ai écrit un article intitulé : “le pont ferroviaire Eurasiatique“. Cet article décrivait la création historique de la voie ferrée transcontinentale, son extension grand-est à travers la plaine de Sibérie et également les extension prévisibles hors Russie avec les deux géants économiques de la planète, à savoir la Chine et l’Amérique. 
Récemment l’actualité a confirmé ces prévisions, la Chine notamment à fait savoir qu’elle envisageait de connecter son réseau de train à grande vitesse à travers 17 pays d’Asie et d’Europe de l’est à travers la Russie. 
Ce projet monumental devrait prendre 10 ans et à terme permettre de relier Londres à Pékin. Cette ligne allant jusqu’à Singapour. 
Une seconde ligne à haute vitesse devrait être construite connectant le Vietnam, la Thaïlande, la Birmanie et la Malaisie. Cette ligne reliera l’Allemagne à la Chine, par la Russie, via la Sibérie. les tracés exacts ont encore à être définis et les financements du projet seront majoritairement Chinois et asiatiques, notamment Indiens.
Cette volonté des états de créer des réseaux de trains à grande vitesse pour relier les états et augmenter les liens entre les régions du monde est générale, elle touche autant l’Europe du nord que l’Amérique.
Je reviendrais rapidement sur ces différents projets.
Pour l’instant, je souhaiterais proposer aux lecteurs une traduction d’un texte de William Simpson posté le 15 février 2010 sur le site Russiablog.org qui concerne la traversée du détroit de Béring, que j’envisageais dans le dernier paragraphe de mon article intitulé “le projet fou : la jonction Eurasie-Amérique“.
La traversée du détroit de Béring, pourquoi nous devrions le faire


Il a beaucoup été question ces dernières années d’une traversée du détroit de Béring et d’un système ferroviaire intercontinental. J’ai commencé à parler et proposer un tel système dès 1995 pour différentes raisons. A l’époque j’étais inconscient que cette idée avait été développée un siècle plus tôt ! Depuis 1995, j’ai redéfinit le projet de façon plus réaliste.
Traverser le détroit de Béring et construire un système ferroviaire intercontinental n’a rien de simple, mais rien de bon dans la vie ne l’est. Les “pro” et “anti” ont chacun leurs arguments. Bien sur il y a le climat dans l’arctique et le détroit de Béring qui est très inhospitalier une grande partie de l’année et que la réalisation d’un tel projet y serait très difficile. Il y a aussi le fait que la Russie et l’Alaska se déplacent l’un vers l’autre de 16,5 mm / an et que la région est sismique, tout cela représente une somme de problèmes assez uniques. Ajoutons qu’il y a des troubles géopolitiques entre les entités concernés et des deux côtés des préoccupations environnementales. Enfin il reste à se poser la question de “l’utilité d’un tel projet” !
Mes propositions sont liés à la situation unique du détroit. Le détroit de Béring est large d’à peu près 84 Km au point le plus court entre la Russie de l’extrême est et l’Alaska. Ce passage est à moins de 2 kilomètres de l‘Ile de Ratmanova (grande diomède) ou l’eau n’est pas très profonde. J’ai proposé de construire une extension de cette île vers la seconde (petite diomède) afin de connecter les deux iles en étendant leurs péninsules via des amas de rochers, du gravier et du sable extrait des déblaiements nécessaires pour la construction des centaines de Kilomètres de voie ferré. Les péninsules seraient également prolongées des deux côtes.
Il y aura deux channels de 8 kilomètres chacun entre les péninsules artificielles. Des sections préfabriqués de tunnels (de 8 km chacune) seront placées au niveau du sol marin, qui se situe à a peu près 60 mètres de profondeurs. Leur design sera étudié afin d’accompagner et de parer aux mouvements tectoniques et aux chocs sismiques. Les sections seront inclinées de 0,5% (1 mètre de plus en vertical pour 200 mètres en linéaire), cette pente étant préférable pour l’efficacité de fonctionnement des locomotives, contrairement au système linéaire de tunnel creusé utilisé entre la france et l’angleterre par exemple : le Chunnel (pour plus d’information, visitez ce site). 
Ces sections préfabriquées pourraient être des tubes en béton ou en métal renforcé et anti corrosion. La forme cylindrique sera préférée pour sa solidité structurelle et sa relative facilité de construction. Ces coques sur le modèle des coques de sous marins pourraient également être intégrées pour procurer aux sections une enveloppe de stabilité. Ces structures pourraient être bien plus facilement linkés, puis déposés “sous” la surface de l’eau, l’eau pompée et l’ensemble serait bien plus simple et rapide à installer qu’un Tunnel creusé. En outre, les sections n’ont pas besoin d’être placées aussi profond que les tunnels creusés n’ont besoin d’être creusés pour des raisons de sécurité. 
Le projet de tunnel-section sous le détroit que je conçois comprend notamment plusieures passerelles d’accès et de sortie, tant pour la maintenance que la sécurité. La plus éloignés se situerait à environ 4 Km à pied du centre du tunnel et assez proche de la section péninsulaire des Iles.

Dans ma version originale en 1995 j’ai considéré les trains à sustantation magnétique (de type MAGLEV). Mais aujourd’hui je considère également une autre variante qui est le “quadrail train“. Ce quadrail train fonctionne sur 2 fois 2 paires de rails (avec des espacements standards à  56 1/2 par paire), il fait 25 pieds de large (2 fois et demi plus qu’un train standard) et peut transporter 3 fois plus de marchandises qu’un train standard. (voir ici pour une maquette de comparaison avec des trains standards). Son centre de gravité plus bas, ses capacités supérieures notamment en vitesse sont des atouts essentiels, surtout car les voies sont utilisables pour des trains standards. L’espacement des rails  diffère entre la Russie et le Canada, Chine et Amérique. Ce problème ne peut être résolu que par des trains avec des possibilités d’espacements variables afin d’utiliser les diverses largeurs de rails possible. L’espagne a déjà un tel système. 
Il y a des mots qui dans les médias américains me choquent comme “société post industrielle” ou “société post moderne”. En effet en Amérique, toutes les villes ou étaient localisés des industries sont devenues des guetthos de pauvreté. Post moderne sous entend en effet des termes comme “moyen âge” ou “âge sombre” et “absence d’électricité” etc. Selon mon analyse du mouvement environnementaliste, celui ci place la nature au dessus de la vie humaine. La vérité est que les humains ne peuvent pas survivre sur cette planète sans des méthodes pour se réchauffer l’hiver, survivre aux prédateurs, développer de l’élevage, de l’agriculture et de la construction. Les sociétés qui obèrent ces vérités fondamentales deviennent décadentes et disparaissent.
La construction de voies ferrés pour relier le monde à travers le détroit de Béring créerait un système de transport unique pour transporter les gens et les marchandises plus librement et plus efficacement. Le système pourrait dans son entier être alimenté de façon hydroélectrique ou par des centrales nucléaires, et ainsi pas par pétrole. 
Les Russes et les Américains ont plus en commun que leur différences. Nos deux pays ont expérimenté la terreur d’attaque terroriste. Nous avons des ennemis communs. Je souhaite que les états-unis élisent prochainement des gens qui gouverneront les pays pour notre interet, nous représentant “nous le peuple”. J’espère que les états unis et la Russie pourront dans l’avenir arrêter la prolifération nucléaire et faire cesser le terrorisme. Alors nous pourrons travailler sur des projets communs comme celui du détroit de Béring, et le projet ferroviaire intercontinental. Ces projets seront des contributions à créer une nouvelle ère de paix et liberté, loin de la peur.
William Simpson est un entrepreneur, ingénieur  en électricité. Il a travaillé sur des projets de créations de stations nucléaires pour des majors de la construction et a servie dans l’armée Américaine. 

Vox Populi : évaluation des changements politiques

 

Cet article fait partie du projet Vox POPULI

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Etes vous d’accord que la situation en Russie s’est stabilisée ces dernières années

1 sondé sur 2 est d’accord, un peu plus d’un sur 4 n’est pas d’accord et le dernier quart ne se prononce pas.
 
 
La Russie va t’elle plutôt dans la bonne ou la mauvaise direction d’après vous ?
En 01/1998 (première crise), 80% des Russes pensaient que le pays allait dans la mauvaise foi, ils n’étaient plus que 20% durant l’été 2008 ; bien sur après la crise économique a fait de nouveau augmenter le nombre de mécontents, avoisinant les 35%.
En parallèle cela dit, 65% des Russes en 09/2008 affirmait que la Russie allait dans le bon sens, contre moins de 5% en 01/1998. Ils sont en 03/2009 encore près de 45%.
 
Quel système politique est le meilleur pour vous ?
Le modèle Occidental était jugé idéal pour 32% des russes en 12/1998, mais seuls 18% le juge adapté aujourd’hui.
Le modèle Soviétique  était jugé idéal pour 43% des Russes en 12/1998, et par 38% en février 2009. A noter que près d’un sondé sur deux (48%) le jugeait le plus adapté en mars 2003 à la fin du premier mandat de Vladimir Poutine.
Le modèle Russe était jugé adapté par seulement 5% des sondés en 12/1998, ce taux est de 25% en 02/2009. 

De quel type de “démocratie” la Russie à besoin ?
Pour 45% des sondés, la Russie à besoin de “sa” variant de démocratie qui correspond aux traditions nationales et à la spécificité de la Russie.
20% pensent que le modèle Occidental est souhaitable, 13% souhaiteraient un modèle au retour Soviétique et 8% pensent que la Russie n’a pas besoin de démocratie.
 

Mai 2001 .. La Russie : un Zaire sous Permafrost ?

Un peu de nostalgie, en mai 2001, the Atlantic Magazine (tout un programme déjà) annonçait la disparition de la Russie dans un article intitulé : “la Russie est finie“. L’article reprenait un livre intitulé “Siberian Dawn” publié en 1999 et qui raconte la vision de la Russie d’un journaliste américain à Moscou, Jeffrey Tayler, qui traverse la Sibérie d’est en ouest entre 1993 et 1998. 
Il est intéressant de voir les erreurs totales d’appréciation sur une Russie qui aurait du au jour d’aujourd’hui déjà avoir disparue et/ou être devenue un pays du 1/3 monde. Egalement, les prises de position du journaliste, pro Eltsine, pro libéraux et westerners ainsi que son incompréhension de la pensée Russe.
Enfin j’ai mis en gras les affirmations et certitudes totalement erronées, notamment sur la démographie 😉
J’incite enfin mes lecteurs à lire la conclusion, tout en bas de l’article !

Quelques extraits :

” During the Cold War years I perceived Russia through a Cold War prism—as a land of vast, frozen twilight realms of steppe and forest where a drama was being acted out that involved players of satanic evil or saintly good and doctrines that promised either mankind’s salvation or its ruin” (…) ” Intrigued by this drama, I set out in 1993, after the Cold War had ended, to cross Russia, journeying more than 8,000 miles from Magadan, a former gulag settlement on the Sea of Okhotsk, to Europe.  I wrote a book about the trip. I made Moscow my home. I married a Russian. My life—as much as it can be, given that I carry an American passport—is Russian. But having devoted half my life to this country, and having lived through most of its “transition,” I have arrived at a conclusion at odds with what I thought before: Internal contradictions in Russia’s thousand-year history have destined it to shrink demographically, weaken economically, and, possibly, disintegrate territorially“.
(..)

” The drama is coming to a close, and within a few decades Russia will concern the rest of the world no more than any Third World country with abundant resources, an impoverished people, and a corrupt government.  In short, as a Great Power, Russia is finished” .

(..)
Despite the grave images the media show us, the full extent of Russia’s weakness is not apparent to most visitors at first. Trains run on time. Stores open on schedule. The obvious poverty of shantytowns and slums is rare. Though rising sharply, street crime is still less common than in major cities of the West. At times gruff in public, Russians privately maintain a superb civility and dignity, and their oriental tradition of hospitality toward strangers puts Westerners to shame. Customs now regarded as quaint (or sexist) in the West—such as a man’s opening doors for a woman and paying for his date’s meals—are the rule, and only the indigent dress shabbily. Standards of education, especially in math and science, exceed those of all but a few Western countries; the average Russian high schooler may have a grasp of U.S. or European history that would humiliate an American college student. The remnants of the Soviet welfare state ensure that few starve; the apartments the Soviet government gave to its citizens make Russia a country of homeowners to a great extent. During the spring and summer months Russians take to the streets to enjoy the clement weather; in the endless, magenta-hued dusks of May and June the well-lit central avenues of Moscow and St. Petersburg resemble fashion runways, with poised, long-legged beauties strolling arm in arm with their dates. On street corners, or in pedestrian underpasses during the winter months, buskers play the balalaika, sing “Kalinka,” and chant Eastern Orthodox hymns. In sum, few visitors find cause for despair, and Armageddon appears well at bay. Reform and prosperity, it would seem, are a hair’s breadth away, and those who would deny this are shortsighted pessimists“.
(..)
I, too, thought this way when I arrived in Moscow. In 1993 I was an optimist. How could one not be, after six years of perestroika, the defeat of the Communist coup-plotters in 1991, and the innumerable positive assessments by prominent Westerners, from Presidents to journalists to economists and investors? The image of Boris Yeltsin mounting a tank in front of the Supreme Soviet during the attempted coup and announcing, in his kingly baritone, that Russia would remain free of tyranny retained perfect clarity in my mind’s eye. Moreover, in 1993 Yeltsin had just prevailed in a national referendum that granted him a mandate to continue his free-market and democratization reforms. History in Russia was beginning anew. What needed to be changed would be changed; problems that needed solving were going to be solved“.
(..)
One warm afternoon in early October of 1993 I was strolling through the Kitai-Gorod neighborhood of central Moscow with a young woman by the name of Lena. An accountant, Lena had cropped flaxen hair and hazel eyes that radiated purpose; she was well spoken and curious (..) But when our conversation turned to Russia, a hardness invaded her eyes. I took the position that Yeltsin would keep the country on the reformist path; she countered with declarations that “nothing good will ever come of Russia,” that the truth about what was going on here would never be known, that one who thought otherwise was naive, and that Russians were, above all, an unpredictable people, given to wild swings and dangerous extremes, lacking the patience and adherence to principle that democracy demanded. She scoffed at forecasts of prosperity and laughed at Westerners, with their belief in progress, the rule of law, and the goodness of men
(..)
Russia’s superpower ambitions contrast with its abysmal domestic failures, both military and economic; Putin’s promise to fulfill those ambitions bespeaks the same sort of crippling policy confusion that characterized the Yeltsin era. But no matter how much its army deteriorates, Russia is likely to maintain a nuclear arsenal sufficiently strong to keep nato from ever launching a “humanitarian” war on its soil. And the ruin that Russian forces have wrought on Chechnya has shown what Moscow is willing to do to keep Russia intact” .
(..)
 What does the future hold for Russia? It was Ivan the Terrible’s reign that first made the Kremlin’s power synonymous with the rapine and exploitation of the Russian people. Five centuries of pillaging by the state have meant that Russians expect repression, and only seek to lessen its impact or evade it through stealth. But since the Gorbachev years Russians have taken steps toward reassessing their history and government, have followed politics and voted in the most-open elections they have known, and have enjoyed newfound freedoms of expression, assembly, comportment, and travel. Nevertheless, history suggests that a powerful state, of the sort that Russians have built in the past, would put an end to all that and guarantee corruption, abuse of power, violence, curtailment of liberties, and instability. Now is not the time to resuscitate ideas that brought the country to near collapse in 1991. Putin’s plans to strengthen the state (at least as he envisions it), if carried out, would amount to a national death sentence. Yet the weakened state that existed under Yeltsin left the population prey to themafiya and corrupt bureaucrats. Given the logic and propensities of Russian history, there appears to be no end in sight to the country’s decay. 
(..)
In view of the ailing economy—Russia’s gross national product today amounts to just four percent of the United States’ GNP—these pretensions are fraught with danger, and Putin would do well to recall that high defense spending helped to bring about the demise of the Soviet Union. Nevertheless, Putin has declared that he will increase the military budget to “respond to new geopolitical realities, both external and internal threats.” (The budget for last year included a seven percent increase, and Putin has pledged to raise it by 57 percent eventually.) As the state grows stronger, it will once again rob the people to pay the bills. Thus policies aimed at the revival of the state and the pursuance of Great Power ambitions promise only further suffering, exploitation, and decay.
(..)
For those who remain. Over the past decade Russia’s population has been shrinking by almost a million a year, owing to a plummeting birth rate and a rising number of deaths from alcoholism and violence. Predictions are astonishingly grave: the country could lose a third of its population (now 146 million) by the middle of the century. This does not factor in new scourges—tuberculosis and HIV, in particular, which have been spreading exponentially since 1998. As its population shrinks, Russia will find itself less and less able to face demographic challenges from China. Overpopulation is pushing the Chinese into the Russian Far East—a trend that at present benefits Russia by bringing it trade and small-scale investment but that could someday lead to ethnically based separatism.
What does this mean for the West? It is difficult to imagine the birth of an ideological conflict between Russia and the West similar to that which led to the Cold War—though Russian nationalist sentiments are likely to increase, and to find expression in ever-more-bellicose pronouncements from the Kremlin, especially if the West and NATO persist in humiliating Moscow with military adventures in its former spheres of influence. Otherwise, to the benefit of the Russian elite, Western businesses will continue to operate in the havens of Moscow and St. Petersburg, where investment, both Russian and foreign, will ensure a well-maintained infrastructure. As regions deteriorate, these two cities are likely to continue developing and growing: Moscow’s population officially stands at nine million but may actually be as high as 12 million. Western governments will continue to buy cheap Russian oil and gas, and will quite possibly invest heavily in the upkeep of those industries. And as for superpower status, in contrast to the Turks under Kemal Atatürk, who voluntarily relinquished their empire in favor of an Anatolian homeland, or the Byzantine Greeks, who fell in battle defending their empire against the Turks, the Russians are likely to face a long, slow, relatively peaceful decline into obscurity—a process that is well under way. 
(..)
Although the Kremlin’s superpower pretensions may preclude it from becoming a loyal partner of the West, the country’s economic failings, to say nothing of its shrinking population, will eventually prevent Russia from posing a significant threat abroad. Given that Russia is surviving on human, material, and military reserves accrued during the Soviet years, and that Putin has put forward plans that will only worsen his country’s plight, we can draw but one conclusion: Russia is following the path of Mobutu’s Zaire, becoming a sparsely populated yet gigantic land of natural resources exploited by an authoritarian elite as the citizenry sinks into poverty, disease, and despair.

Vox Populi : la société civile et la liberté

 

Cet article fait partie du projet Vox POPULI

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Les forces dites d’opposition vont elles s’unir dans l’avenir pour les élections ?

40% des sondés pensent que non, 38% ne savent pas, et seulement 22% pensent que oui.
 
 
La Russie a t’elle besoin d’une opposition ?
Le taux de sondés qui pensent que la Russie a besoin d’une opposition stagne de 2004 à 2008, il est de 61%
Par contre, le taux de sondés qui pensent que la Russie n’a pas besoin d’une opposition est lui en hausse, passant de 17% à 21%.
 
 
Pouvez vous dire que vous vous sentez libres en Russie ?
En 1999 seuls 36% de sondés se sentaient libres, contre 70% en 2008.
En 1999 51% des sondés ne se sentaient pas libres, contre 23% en 2008.
 
 
D’après vous les gens en Russie ont ils assez de liberté ou pas assez ?
Une majorité de Russes en 2008 (56%) pense avoir suffisamment de liberté, contre 32% en 1997.
38% des sondés affirmaient manquer de liberté en 1990, ils ne sont plus que 18% en 2008.

Petite histoire de la sexualité en Russie

IntroductionLe monde merveilleux et global nous donne une vision du sexe et de l’amour, il y a la version Hollywood, l’émancipation Occidentale et l’exotique Kama Sutra. La libération des nations et des moeurs intégrées a aussi ses variantes types : le Kama Sutra Indien, l’amour à la Francaise, la famille à la suédoise … Et la Russie dans tout ca ? L’histoire violente de la Russie et les nombreuses guerres ont fait perdre beaucoup de traces écrites, mais il est malgré tout possible de trouver des traces.

 

Les anciens temps

 

Les historiens Byzantins considéraient les Slaves comme une branche des “huns”. Procope de Caesare décrivait les anciens habitants comme des hommes de grande taille, imposants et lourds et avec une grande force physique. Dès le 6ème siècle ils sont décrits comme blonds, aux cheveux clairs. La société était très patriarcale et la polygamie prédominait , les hommes avaient en moyenne 2 à 4 épouses, mais les épouses n’étaient pas considérées comme propriété de leurs maris. Par exemple une femme qui se jugeait “mal aimée” pouvait librement et sas honte aller voir ailleurs. Et si cette dernière retrouvait un jeune partenaire prêt à lui offrir son coeur et faire d’elle sa première épouse, elle pouvait parfaitement quitter (divorcer) le mari.

 

Un autre observateur Byzantin du 6ème siècle, Mavrikios le stratège étaient surpris par l’habitude des anciens Slaves à copuler dans l’eau, dans les lacs ou les zones peu profondes des rivières .. Cela se retrouve dans les pratiques d’avant mariage pour les jeunes femmes (bains de filles) et la nuit de noce pour le époux (bain d’époux).
Il a été également surpris par l’indigence des pratiques sexuelles avant les évènements comme les fiançailles ou les mariages, la virginité raconte t’il n’a que peu d’importance, que ce soit pour les jeunes hommes ou les jeunes filles.

 

* Jusqu’au 12ième siècle, les anciens Russes associaient le sexe avec les fêtes, le rire, la musique et les grands évènements. Une de ces fêtes était celle en l’honneur de la prêtresse de l’amour, Lada, fête qui devint plus tard la fête de Ivan Kupala. Il est difficile pour l’observateur étranger de même décrire l’état d’abandon sexuel en l’honneur de cette déesse, alors que les popes orthodoxes décriront la célébration de Ivan Kupala comme respectable dès le 17ième siècle : ” et les hommes et les jeunes garçons s’abattent littéralement sur les jeunes filles et les femmes, souillant ainsi la condition de mariées pour ces mêmes femmes.”
Le concept de fille de joie (Bludnitsa / Блудница) apparait dès le 7ième siècle et ne signifie uniquement que la jeune fille “errait”, autrement dit était en recherche d’un mari. A la fin du 8ième siècle, la défloration des jeunes filles a été confié aux Chamans, tout du moins la défloration des jeunes filles qui n’avaient pas “pu” perdre leur virginité lors des fameux “bains de femmes”, qui avaient lieu quelques jours avant le mariage. Dès lors, toutes les filles qui avaient perdus leur virginité furent définies de cette façon.

 

* Du 12ième au 17ième siècle, les jeunes femmes non mariés ou les veuves qui avaient des relations privées étaient traitées de cette façon furent considérées comme des “filles de joie”. Ce n’est qu’au 18ième siècle et après des efforts énormes de l’église que ce terme devint un “juron”. L’église contribua grandement à graduer, et en comportement et en vocabulaire, ces différents “statuts”, par exemple, “blud” définissait une relation avec une femme non mariée, alors que “prelyubodejstwo” (adultère) définissait une relation avec une femme mariée. Les prostituées étaient appelées “sramnye devki” (donzelles éhontées ;).
Une autre particularité des relations intimes du monde Slave est l’absence notable et totale de traditions homosexuelles et zoophiles, mais également la grande pudeur des hommes Russes de parler de leurs “exploits” intimes, alors que c’était commun et valorisant parmi les anciens héros d’Inde ou les chevaliers d’Europe de l’ouest.
Les tabous sexuels
* L’initiatrice de “règles” d’intégrité morale a été la princesse Olga au 10ième siècle, première Rus à se convertir au Christianisme. En 953 elle a pris un “édit du mariage” qui donnait des amendes ou des obligations de compensations matérielles à la femme si il s’avérait qu’elle n’était pas vierge.

 

* En 967 le prince Sviatoslav a interdit aux Chamans de prendre la virginité des jeunes filles, en affirmant que “dorénavant, la défloration était la responsabilité directe mais également l’honneur du mari”. Sviatoslav a également tenté de bannir les célébrations festives (tournant à l’orgie) lorsque celles ci n’étaient pas directement liées à une fête Russe. En effet ces fêtes et danses étaient extrêment érotiques et lors de sauts par exemple les parties génitales des danseurs étaient visibles. Ces derniers par leurs fortes protestations firent annuler le décret de ban des danses par le prince.

 

Les tentations sataniques

 

* Dès le 12ième siècle, l’église Orthodoxe a commencé à lutter contre toute influence ou tentation jugée “satanique”. Les Chamans ont disparus de la société en tant que “classe avec des fonctions sociales publiques et officielles”. Les sages femmes ou sages hommes ont été qualifiés de sorciers défiant dieu et devant être anéantis, les interdictions allant jusqu’à qualifier les contraceptions par breuvage d’homicides.

 

Le joug tatar-mongole n’a pas empêché l’église orthodoxe de sérieusement régenter les rapports hommes / femmes en supprimant notamment les anciennes traditions comme les “bains de femmes” (la veille du mariage) et les “bains du mariage” (le bain partagé entre époux d’après le mariage, sorte de nuit de noce). Ce dernier fut remplacé par un bain obligatoire et séparé après la nuit de noce, pour se laver du “pêché provisoire” qui suit le mariage. Ensuite les relations sexuelles entre époux furent bannis, sauf pour la reproduction.

 

L’église se mit à interdire aux femmes de porter des couleurs trop attrayantes et du maquillage car “la beauté d’un individu ne réside pas dans la chair”. De fréquentes obligations de “jeûne” ainsi que des jours de jeûne obligatoire (mercredi et vendredi) ne laissaient aux époux que 50 jours de “sexe” / an, et une relation sexuelle / jour était autorisée, même lors de mariages.

 

Les “positions sexuelles” étant jugées par l’église comme non adaptés pour tomber enceinte, une seule position fut toléré, face à face, allongée, la femme se situant sous l’homme, il était formellement interdit d’embrasser le corps de l’autre. L’église définissait la femme idéale comme “asexuelle, voyant l’acte sexuel avec dégoût”. En outre les relations dans l’eau furent interdites.

 

Les couples de jeunes mariés qui s’étaient mariés selon l’ancienne coutume Slave (qui impliquait d’écarteler un poulet vivant) se voyait réprimandé car cette coutume était jugé satanique par l’église. Pendant la confession, il fallait tout évacuer et les “popes” étaient directs et rudes, comme le témoigne cette question : “avez vous inséré vos doigts ou votre bouche dans des endroits qui ne sont pas destinés à ce fait” ?

 

Les habitants ont mal réagi aux sermons des popes. Ils ont alors développé un argot riche en mot issu des “édits” de l’église. Cet argot a donné lieu à des jurons qui n’ont pas d’équivalent dans aucune autre langue et ont été introduit dans la langue plus commune via les “comptes” ou les “chansonnettes traditionnelles” ou même les “proverbes”.  Puis plus tard intégré dans les conversations de tous les jours et dans les blagues. Dès le 18ième siècle un dicton populaire célèbre affirmait : ” Le pêché est lorsque les jambes sont écartées (remontées) mais lorsqu’elles retombent, le seigneur pardonne”.

 

A cette époque, l’église attaqua énormément les femmes a poitrine opulente, en iconant des femmes a gros seins et visages hideux. La réaction populaire fut forte et l’effet inverse de celui escompté : les hommes épousèrent des femmes aux poitrines opulentes et les femmes se mirent à utiliser diverses “recettes” pour se faire augmenter (en taille) la poitrine. Une des astuces des filles dans les villages du centre de la Russie qui estimaient leurs seins trop petits était de boire régulièrement une cuillère de miel, une cuillère d’huile végétale et un bol de menthe poivrée, cocktail qui dit on contribuait à faire grossir la poitrine.

 

* Intéressant également, l’étrange et changeante relation entre l’homme et la belle mère à partir du 16ième siècle. A cette époque et pour diverse façon, les pères Russes souhaitaient marier leurs filles aussi tôt que possible, dès qu’elles atteignaient 12 ou 13 ans. Lors de la première nuit du mariage, la mère de la marié dormait avec les époux pour préserver la jeune fille des assauts du mari. La belle mère pouvait ainsi continuer à dormir avec les époux pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’elle estime que la mariée soit “prête”. Ces comportements furent des réactions instinctives à laquelle l’église ne s’opposa pas.
A cette même époque, les relations adultères étaient punis d’une lourde peine à partir de 10 ans de travaux forcés et le sexe hors mariage de 10 à 15 ans de repentance journalière à l’église. Enfin, la relation entre un homme et sa “belle-mère” était puni de 5 ans de repentance journalière (le pêcheur allant à l’église tous les jours, s’agenouillant et faisant le signe de croix pendant deux heures, implorant le pardon de dieu).

 

Orgie démoniaques

 

Selon l’ethnographe Nikolay Galkovsky, notre pays a atteint son apogée sexuelle durant justement ce 16ième siècle. La dépravation des moeurs, après la reprise en main de l’église les quelques siècles précédents. A cette époque, l’église est même considérée comme coupable et collaboratrice de ces moeurs décadentes, portées en premier lieu par la noblesse Russe, particulièrement sous le règne de Ivan le terrible.
Les adultères étaient courants et commis souvent dans les tavernes ou les bains, qui étaient à cette époque publics et mixtes. Les “bordels” étaient généralement ces mêmes bains publics.

 

Les mariages populaires par exemple duraient en général 2 à 3 jours et le second jour il était impossible de trouver quelqu’un de sobre. Peu d’invités quittaient la cérémonie sans avoir eu de relations sexuelles avec  3 ou 4 invités du sexe opposé.
Les choses étaient encore aggravés dans les mariages de la bourgeoisie et de la noblesse, ou les cérémonies duraient jusqu’à une semaine et ou les miliciens “oprichniks” étaient le coeur et l’âme des mariages, mais également les meneurs des comportements les plus déviants, notamment de la généralisation publique de la sodomie. Les choses ont même atteint l’église, le leader de l’église Russe (le métropolite Zosima) étant lui même impliqué dans ces comportements et cela dès le 15ième siècle.

 

Le summum étant atteint avec les mariages royaux, pouvant durer 3 semaines et ou les gens ne craignaient que le regard du diable ! Par exemple la troisième épouse de Ivan le terrible, Martha Sobakin, qui mourut 2 semaines après le mariage. Les gens y virent l’oeil du diable mais personne ne put estimer combien elle mangea et but durant son mariage ni qu’elle était atteinte de Syphilis, une maladie qui fut apportée en Russie par les étrangers au 16ième siècle (d’après l’historien Nikolai Kostomarov) et qui à la fin de ce siècle était une maladie très répandue en Russie, faisant de gros ravages dans la population, autant que la peste ou le choléra.

 

L’arrivée des femmes

 

La bataille décisive contre le “pêché”  et l’effondrement des moeurs en Russie fut initiée par une femme : Catherine la grande. Tout le monde sait qu’elle prit un décret pour instaurer le premier campement Russe en Alaska en 1874, mais personne  ne sait que la même année, elle bannit la mixité dans les bains publiques…. Par la suite, les règnes de Alexandre III et Nicolas II verront un retour complet de l’autorité de l’église orthodoxe et d’une morale très forte.

Source

Vox Populi : analyse de l’action de Vladimir Poutine

 

Cet article fait partie du projet Vox POPULI

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Que signifie pour le pays la verticale du pouvoir instauré par Vladimir Poutine ?

Un nombre croissant de Russes estiment cela positif, 38% en 2005 contre 42% en 2008, de même 60% des sondés soutiennent l’allongement du mandat de 4 à 6 ans et seulement 25% sont contre :
 
Comment évaluez vous sur une échelle de 1 à 10 l’action du président et du responsable du gouvernement ?
Très logiquement, des 1999-2000 la note est meilleure, les Russes ayant soutenu les actions politiques de leur président. Le schéma témoigne également de la côté de popularité de Vladimir Poutine qui dès début 2008 lorsqu’il passe premier ministre voit la côté de popularité du premier ministre dépasser celle du président.
 
Qui d’après vous devrait tenir le pouvoir en Russie, le président, le premier ministre ou le président de la Douma ?
Clairement, les Russes optent pour un exécutif fort (à près de 68%).
 
 D’après vous qui est responsable de la hausse récente des pensions d’états et des retraites ?
42% pensent que c’est Poutine, contre seulement 26% pour Medvedev et 25% pour le Gouvernement.
 
Quels ont été les grands succès et les moins de Vladimir Poutine durant ses deux mandats
Comme on peut le voir, la satisfaction de l’action de Poutine dans tous les domaines cités est croissante, principalement sur le développement économique et la hausse du niveau de vie, l’insatisfaction reste grande quand à la lutte contre la corruption et contre le pouvoir des oligarques.
 
Votre attitude par rapport à Vladimir Poutine
9% des Russes l’admirent contre 3% en 2000.
40% l’apprécient, contre 28% en 2000.
 
Combien de temps Vladimir Poutine va t’il rester premier ministre ?
Bien loin des âneries de Marie Jégo et de ses confrères, il a semblé logique à une majorité de Russes que Vladimir Poutine n’allait pas rempiler pour un 3ième mandat mais “attendre” éventuellement la prochaine élections présidentielle.
 
Enfin, Vladimir Poutine était entouré début 2008 de gens actifs et compétents, bien plus qu’en 2005 :