Category Archives: Eurasisme

Eurasia sur l’Union Eurasiatique

J’ai le plaisir d’annoncer a mes lecteurs la sortie du dernier numéro de la revue EURASIA sur l’Union Eurasiatique. Votre serviteur y a écrit un article, tout comme de nombreux autres dont vous pouvez trouver la liste ci dessous, parmi les plus connus sans doutes Alexandre Douguine ou encore Guennady Ziouganov!
La version française de l’article est consultable ici, et la version  italienne la.
 

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Geofilosofia dell’Eurasia
Alberto Buela, Propedeutica alla teoria politica
Claudio Mutti, Nietzsche e l’Eurasia

Dossario: Russia
Aleksandr G. Dugin, Nasce l’Unione Eurasiatica
Andrea Fais, Le elezioni parlamentari: una svolta (geo)politica e sociale
Jean Géronimo, Alla ricerca di un’identità postsovietica
Jean Géronimo, Crisi del gas. Torna Brzezinski?
V. V. Ivanter – J. Sapir, L’economia russa nella crisi finanziaria
Alessandro Lattanzio, Le forze strategiche della Russia
Aleksandr Latsa, Battaglia per Mosca
Mahdi Darius Nazemroaya, Verso una nuova realtà geopolitica
Igor N. Panarin, La nuova ideologia di Putin: lo sviluppo della civiltà russa
Spartaco A. Puttini, La Russia di Putin sulla scacchiera
Nikolaj S. Trubeckoj, Il problema dell’autocoscienza russa
Stefano Vernole, Un’alleanza economica sgradita agli USA
Ermanno Visintainer, Nursultan Nazarbayev, antesignano dell’Unione Eurasiatica
Gennadij A. Zjuganov, Le idee geopolitiche in Russia
Gennadij A. Zjuganov, I contorni geopolitici della Russia di domani
Continenti
Miguel A. Barrios, Strategia e geopolitica dell’America Latina (prima parte)
Jean Claude Paye – Tulay Umay, Wikileaks: un’opposizione virtuale
Matteo Pistilli, Il concetto di “sviluppo” dal 1945 ai nostri giorni
Interviste
Aleksandr Sam, I compiti del KGB in Bielorussia. Intervista al gen. Vadim Zaisev
Filippo Pederzini, Una piccola crisi diplomatica. Intervista a Mauro Murgia
Documenti
AA. VV., Il Patto di non aggressione tedesco-sovietico
Sergej N. Martinov, Discorso all’ONU
Jean Thiriart, Praga, l’URSS e l’Europa
Recensioni

C. Mutti, Stephan Baier – Eva Demmerle, Otto d’Asburgo. La biografia autorizzata
C. Mutti, Mario José Cereghino e Giovanni Fasanella, Il golpe inglese
C. Mutti, Pio Filippani Ronconi, Zarathustra e il mazdeismo
C. Mutti, Ermanno Visintainer, Ahmed Yassawi. Sciamano, sufi e letterato kazako
L. L. Rimbotti, Johann von Leers, Contro Spengler

Vers le tunnel sous Béring ?

Il y a presque deux ans j’ai écrit un article intitulé : “le pont ferroviaire Eurasiatique“. Cet article décrivait la création historique de la voie ferrée transcontinentale, son extension grand-est à travers la plaine de Sibérie et également les extension prévisibles hors Russie avec les deux géants économiques de la planète, à savoir la Chine et l’Amérique. 
Récemment l’actualité a confirmé ces prévisions, la Chine notamment à fait savoir qu’elle envisageait de connecter son réseau de train à grande vitesse à travers 17 pays d’Asie et d’Europe de l’est à travers la Russie. 
Ce projet monumental devrait prendre 10 ans et à terme permettre de relier Londres à Pékin. Cette ligne allant jusqu’à Singapour. 
Une seconde ligne à haute vitesse devrait être construite connectant le Vietnam, la Thaïlande, la Birmanie et la Malaisie. Cette ligne reliera l’Allemagne à la Chine, par la Russie, via la Sibérie. les tracés exacts ont encore à être définis et les financements du projet seront majoritairement Chinois et asiatiques, notamment Indiens.
Cette volonté des états de créer des réseaux de trains à grande vitesse pour relier les états et augmenter les liens entre les régions du monde est générale, elle touche autant l’Europe du nord que l’Amérique.
Je reviendrais rapidement sur ces différents projets.
Pour l’instant, je souhaiterais proposer aux lecteurs une traduction d’un texte de William Simpson posté le 15 février 2010 sur le site Russiablog.org qui concerne la traversée du détroit de Béring, que j’envisageais dans le dernier paragraphe de mon article intitulé “le projet fou : la jonction Eurasie-Amérique“.
La traversée du détroit de Béring, pourquoi nous devrions le faire


Il a beaucoup été question ces dernières années d’une traversée du détroit de Béring et d’un système ferroviaire intercontinental. J’ai commencé à parler et proposer un tel système dès 1995 pour différentes raisons. A l’époque j’étais inconscient que cette idée avait été développée un siècle plus tôt ! Depuis 1995, j’ai redéfinit le projet de façon plus réaliste.
Traverser le détroit de Béring et construire un système ferroviaire intercontinental n’a rien de simple, mais rien de bon dans la vie ne l’est. Les “pro” et “anti” ont chacun leurs arguments. Bien sur il y a le climat dans l’arctique et le détroit de Béring qui est très inhospitalier une grande partie de l’année et que la réalisation d’un tel projet y serait très difficile. Il y a aussi le fait que la Russie et l’Alaska se déplacent l’un vers l’autre de 16,5 mm / an et que la région est sismique, tout cela représente une somme de problèmes assez uniques. Ajoutons qu’il y a des troubles géopolitiques entre les entités concernés et des deux côtés des préoccupations environnementales. Enfin il reste à se poser la question de “l’utilité d’un tel projet” !
Mes propositions sont liés à la situation unique du détroit. Le détroit de Béring est large d’à peu près 84 Km au point le plus court entre la Russie de l’extrême est et l’Alaska. Ce passage est à moins de 2 kilomètres de l‘Ile de Ratmanova (grande diomède) ou l’eau n’est pas très profonde. J’ai proposé de construire une extension de cette île vers la seconde (petite diomède) afin de connecter les deux iles en étendant leurs péninsules via des amas de rochers, du gravier et du sable extrait des déblaiements nécessaires pour la construction des centaines de Kilomètres de voie ferré. Les péninsules seraient également prolongées des deux côtes.
Il y aura deux channels de 8 kilomètres chacun entre les péninsules artificielles. Des sections préfabriqués de tunnels (de 8 km chacune) seront placées au niveau du sol marin, qui se situe à a peu près 60 mètres de profondeurs. Leur design sera étudié afin d’accompagner et de parer aux mouvements tectoniques et aux chocs sismiques. Les sections seront inclinées de 0,5% (1 mètre de plus en vertical pour 200 mètres en linéaire), cette pente étant préférable pour l’efficacité de fonctionnement des locomotives, contrairement au système linéaire de tunnel creusé utilisé entre la france et l’angleterre par exemple : le Chunnel (pour plus d’information, visitez ce site). 
Ces sections préfabriquées pourraient être des tubes en béton ou en métal renforcé et anti corrosion. La forme cylindrique sera préférée pour sa solidité structurelle et sa relative facilité de construction. Ces coques sur le modèle des coques de sous marins pourraient également être intégrées pour procurer aux sections une enveloppe de stabilité. Ces structures pourraient être bien plus facilement linkés, puis déposés “sous” la surface de l’eau, l’eau pompée et l’ensemble serait bien plus simple et rapide à installer qu’un Tunnel creusé. En outre, les sections n’ont pas besoin d’être placées aussi profond que les tunnels creusés n’ont besoin d’être creusés pour des raisons de sécurité. 
Le projet de tunnel-section sous le détroit que je conçois comprend notamment plusieures passerelles d’accès et de sortie, tant pour la maintenance que la sécurité. La plus éloignés se situerait à environ 4 Km à pied du centre du tunnel et assez proche de la section péninsulaire des Iles.

Dans ma version originale en 1995 j’ai considéré les trains à sustantation magnétique (de type MAGLEV). Mais aujourd’hui je considère également une autre variante qui est le “quadrail train“. Ce quadrail train fonctionne sur 2 fois 2 paires de rails (avec des espacements standards à  56 1/2 par paire), il fait 25 pieds de large (2 fois et demi plus qu’un train standard) et peut transporter 3 fois plus de marchandises qu’un train standard. (voir ici pour une maquette de comparaison avec des trains standards). Son centre de gravité plus bas, ses capacités supérieures notamment en vitesse sont des atouts essentiels, surtout car les voies sont utilisables pour des trains standards. L’espacement des rails  diffère entre la Russie et le Canada, Chine et Amérique. Ce problème ne peut être résolu que par des trains avec des possibilités d’espacements variables afin d’utiliser les diverses largeurs de rails possible. L’espagne a déjà un tel système. 
Il y a des mots qui dans les médias américains me choquent comme “société post industrielle” ou “société post moderne”. En effet en Amérique, toutes les villes ou étaient localisés des industries sont devenues des guetthos de pauvreté. Post moderne sous entend en effet des termes comme “moyen âge” ou “âge sombre” et “absence d’électricité” etc. Selon mon analyse du mouvement environnementaliste, celui ci place la nature au dessus de la vie humaine. La vérité est que les humains ne peuvent pas survivre sur cette planète sans des méthodes pour se réchauffer l’hiver, survivre aux prédateurs, développer de l’élevage, de l’agriculture et de la construction. Les sociétés qui obèrent ces vérités fondamentales deviennent décadentes et disparaissent.
La construction de voies ferrés pour relier le monde à travers le détroit de Béring créerait un système de transport unique pour transporter les gens et les marchandises plus librement et plus efficacement. Le système pourrait dans son entier être alimenté de façon hydroélectrique ou par des centrales nucléaires, et ainsi pas par pétrole. 
Les Russes et les Américains ont plus en commun que leur différences. Nos deux pays ont expérimenté la terreur d’attaque terroriste. Nous avons des ennemis communs. Je souhaite que les états-unis élisent prochainement des gens qui gouverneront les pays pour notre interet, nous représentant “nous le peuple”. J’espère que les états unis et la Russie pourront dans l’avenir arrêter la prolifération nucléaire et faire cesser le terrorisme. Alors nous pourrons travailler sur des projets communs comme celui du détroit de Béring, et le projet ferroviaire intercontinental. Ces projets seront des contributions à créer une nouvelle ère de paix et liberté, loin de la peur.
William Simpson est un entrepreneur, ingénieur  en électricité. Il a travaillé sur des projets de créations de stations nucléaires pour des majors de la construction et a servie dans l’armée Américaine. 

La Grece quitte l’Europe et rejoint l’OTSC ..

 … C’est bien sur de la science fiction, mais c’est une idée intéressante imaginée par Le Kergoat sur Agoravox.  Le résumé :
 
2 avril 2012. Il est 20 heures. Flash spécial, la Grèce vient de quitter l’Union Européenne. Pendant une partie de la soirée, les analystes vont se succéder sur les écrans de télévision pour expliquer la décision d’Athènes.A Berlin, les Vingt-Six réunis en sommet extraordinaire viennent de publier une déclaration qui se veut rassurante. L’avenir de l’Union est assurée. Paraît-il…
Demain, le Figaro titrera : « L’Europe orpheline. La Grèce s’en va ».
En réalité, la décision était attendue depuis plusieurs semaines comme une fatalité après le départ de la Grèce, d’abord de l’OTAN puis de la zone euro. Dans quelques jours, la Grèce rejoindra l’OTSC, l’alliance militaire nouée entre Moscou et ses anciens satellites qui lui sont resté fidèles. La popularité du gouvernement d’Athènes atteint des sommets. A Thessalonique, l’homme de la rue se félicite que son pays ait abandonné une alliance avec la Turquie pour en rejoindre une englobant la Russie et l’Arménie.
La suite ? C’est ici

WORKING WITH RUSSIA TO PREVENT EURASIAN COLLAPSE

The Eurasian region continues to disintegrate, and neither Russia nor the West has been able to arrest the destabilizing dynamics. Evidence of rising instability throughout the region include the August 2008 Russia-Georgia war, renewed terrorist attacks in the North Caucasus, the persistent failure of Western forces to stabilize Afghanistan, the inability of Central Asian rulers to reign in local clans and drug lords, and the paralysis of legitimately elected bodies of power in Ukraine and Moldova. 
Violence is gradually spreading, waiting for an opportunity to erupt into a large-scale conflict. 
Transregional transportation routes may soon be choked due to Russia‘s conflicts with Ukraine, Georgia, and Turkmenistan
The West’s attempts to secure and stabilize Eurasia after the end of the Cold War must be recognized as a failure. In the mid-1990s, U.S. geostrategists such as Zbigniew Brzezinski recommended that the United States pursue a policy of replacing Russia as the referee and protector of the newly established non-Russian states in the region. After initial hesitation, the United States and other Western states followed this advice. Yet Eurasia has not become stable or peaceful and continues to disintegrate. The bureaucrats in Washington and Brussels have failed to understand that they lack the resources, the will, and the experience to stabilize the complex region. Today — after the Iraq war and the global financial crisis — the United States is beginning to recognize its overextension, but it is not at all clear if Washington and Brussels are prepared to act differently in Eurasia.


Russia‘s Absence Felt.


Russia, too, has contributed to the Eurasian meltdown. The Soviet collapse and the subsequent retreat of Russia from the region have greatly destabilized the area. By the time Vladimir Putin assumed power in 2000, Moscow‘s severely undermined position in the region was obvious to everyone, especially after a wave of terrorist attacks took place in Chechnya and other parts of Russia. The relative recovery of the Russian economy during the post-Yeltsin decade began to revive Russia‘s standing in Eurasia, yet Moscow could ill afford serious efforts to stabilize and pacify the region. At best, the Kremlin could defend its core interests abroad and begin to escape the alternative of an unstable society, dwindling population, and truncated sovereignty. By capitalizing on high oil prices, it could also advocate multilateral arrangements in the region and strengthen its presence in neighboring economies and energy companies worldwide. Preventing a collapse in Eurasia requires recognizing Russia‘s role in stabilizing the region. 

Once this is done in practice, and not rhetorically, many pieces of the region’s puzzle may start falling into place. Energy supplies may become more reliable; governments in politically contested areas — like Georgia, Ukraine, and Moldova — may obtain a greater legitimacy; and the so-called frozen conflicts may have a better opportunity to be resolved. Russia‘s recent resurgence is a response to its lacking recognition as a vital power and partner of the West. If Russia chooses to dedicate itself to obstructing Western policies in Eurasia, we will see more of the collapsing dynamics in the region. Ukraine and Moldova may disintegrate, as did Georgia. Central Asia and Azerbaijan are likely to be subjected to a much greater degree of instability with unpredictable consequences. Russia too will suffer greatly as its modernization processes will be derailed. In short, the region may change beyond recognition — and possibly through the use of force. 


Spirit Of Cooperation

Non-Russian powers too must become involved as participants in establishing a collective-security arrangement in Eurasia. From a security perspective, it is important that the two most prominent actors in the region — NATO and the Shanghai Cooperation Organization (SCO) — develop a joint assessment of threat and closely coordinate their policies. Instead of expanding its reach further, NATO ought to learn its limitations. 
Without the full-fledged involvement of the SCO, Afghanistan is likely to turn into another version of Iraq, with additional negative implications for the U.S. reputation in the world. Another key issue is energy security. A new, shared understanding of energy challenges must be reached that would encourage mutual respect for each side’s critical interests. 
Viewing Russia as a potentially reliable alternative to traditional Middle Eastern sources of energy may serve the West and members of the region better than the image of a “neo-imperialist” bully that only seeks to subvert its neighbors’ policies. Trying to persuade European countries to invest additional billions into the Nabucco pipeline in order to bypass Russia may well turn out to be a waste of money and time. A more important and potentially unifying idea for all the parties would be to engage in the development of acceptable rules and principles of energy security among Eurasia‘s powers. Finally, to restore the region’s capacity to function and perform basic services for its residents, it is critical to curb Russophobic nationalism. While rebuilding a Russia-centered empire would be very dangerous, there is hardly an alternative to the emergence of an economically and culturally transparent community of nations with strong ties to the former metropole. Russians and other ethnic minorities must be able freely to travel, develop their linguistic and religious traditions, and celebrate their historically significant events. The overall objective of the outside world should be to strengthen Russia‘s confidence as a regional great power, while discouraging it from engaging in revisionist behavior. 


Andrei Tsygankov is a professor of international relations at San Francisco State University. The views expressed in this commentary are the author’s own and do not necessarily reflect those of RFE/RL

L’Eurasie pour les novices ;)

Des lecteurs m’ont demandé “pourquoi” j’avais renommé mon blog en “blog contre les révolutions de couleurs”. Je reviendrais dans les prochains jours sur ce thème des révolutions de couleurs, qui sont des coups d’états déguisés, déguisés par les médias notamment.

Ces révolutions sont des coups d’états déguisés, organisés par l’empire Américain, et cela pour accéder au contrôle du continent Eurasiatique, par fidélité aux thèses géopolitiques de MacKinder et de Spykman qui disaient que la maitrise du monde passait par le contrôle de l’ile monde (l’eurasie), soit en contrôlant son coeur (Mackinder), soit son anneau extérieur (Spykman).

Dans les deux cas, on comprend bien l’extension de l’OTAN à l’est (vers les frontières Russes) et également l’intérêt à la chute de l’URSS et l’occupation en Asie centrale et en Afghanistan, zones situées dans l’anneau (Rimland) et ou sont concentrées la grandes majorité des matières premières du continent. L’occupation de l’Afghanistan puis du Pakistan (?) suit d’ailleurs le tracé du pipeline trans-afghanistan

J’incite mes lecteurs à lire à titre d’information ces billets sur les “routes du Heartland”, le premier sur Dedefansa.org et le second sur le blog Egea ..

Enfin, ludique et très synthétique, la vidéo ci dessous de Michael Ruppert (son site) qui détaille très clairement les raisons / méthodes / visées de l’empire Américain au coeur de l’Eurasie. A noter l’explication du pillage des ressources financières Russes par les multinationales US (7ième minute …) … A regarder et diffuser !

Nouvelles disciplines pour simples soldats et tireurs d’élites …

… Ainsi titre cet article surprenant de “regards est”, article que je vous incite à lire et qui traite de la “culturologie, méthode de survie”.

Extraits :
Désormais enseignée obligatoirement dans tous les établissements d’enseignement supérieur d’État en Russie, la culturologie représente un mélange curieux de bribes d’anthropologie, de psychologie, de sociologie, d’une part, et, d’autre part, de théorie historique, de glorification du passé national et de la «pensée russe», avec, en surcroît, des préceptes de bon comportement – le tout présenté comme une approche théorique de la « culture » en général. Cette discipline ainsi privi-légiée reste, comme l’admet même l’un de ses adeptes, « une construction complètement éclectique faite d’éléments d’anthropologie sociale et culturelle occidentale, de sociologie de la culture wébe-rienne et sorokinienne, de typologies russes pré-révolutionnaires d’histoires et de cultures, des idées de ‘l’eurasisme’, des théories de civilisation spengléro-toynbéennes, des conceptions bio-ethniques de Gumilev, de la philosophie de ‘l’idée russe’ du temps de ‘l’Âge d’argent’, de philosophies soviétiques de la créativité et de l’activité, des conceptions de la culture des cla-ssiques de la littérature russe, des écoles mythologique et sémiotique dans les études littéraires en Russie, des approches semantico-herméneutiques dans l’étude de l’art etc.» Cet éclectisme n’est pas aussi absurde qu’il ne puisse paraître: en plus de rendre plus supportable un monde chaotique et en changement perpétuel en le divisant en «cultures» et «civilisations». Contrairement aux spécialistes français de géopolitique, il ne s’agit pas, pour les nouveaux géopoliticiens russes, d’étudier l’ensemble des influences et des contraintes qu’imposent à la vie politique les configurations géographiques. Ce sont les relations de pouvoir à l’échelle internationale, les théories de confrontation globale qui les intéressent; le langage qu’ils tiennent est celui des intérêts nationaux, des zones d’influence et des stratégies politiques internationales. La géographie de ces géopoliticiens, c’est toujours une géographie à grande échelle où les traits caractéristiques des différentes zones définissent des intérêts «légitimes» dans la lutte pour les ressources ou le territoire. Ce sont d’abord les doctrines belliqueuses de la première moitié du XXème siècle – de Halford Mackinder à Carl Schmitt – qui inspirent la nouvelle géopolitique. Les écrits des géopoliticiens allemands de l’époque hitlérienne étaient en effet accessibles dès l’époque soviétique à une petite nomenclatura de chercheurs, dans les fonds secrets de l’Institut d’information scientifique en sciences sociales à Moscou; agrémentés d’autres théories de domination mondiale de l’entre-deux-guerres, ils forment la base des conceptions «géopolitiques» élaborées au cours des années 1990 par des auteurs nationalistes et «pro-étatistes». La nouvelle science trouve sa légitimation dans l’essor de l’école «réaliste» américaine des relations internationales: les visions de suprématie américaine d’un Kissinger ou d’un Brzezinski trouvent une réponse dans les constructions souvent fantasmagoriques des géopoliticiens moscovites, qui théorisent un «monde multipolaire», voire un nouvel empire «eurasiatique» dirigé par la Russie. Ce qui est commun à toutes ces élaborations, c’est une vision du monde comme enjeu de forces agressives désirant élargir leurs sphères d’influence. Le Comité de géopolitique à la Douma, qui a existé de 1994 à 1999, avait été créé pour apaiser la fraction du LDPR (le parti de Vladimir Jirinovski) qui se l’est partagé avec un Parti communiste non moins nationaliste que les «libéraux-démocrates». Présidé par Alexeï Mitrofanov, ce comité fut pendant toute cette période un laboratoire d’idées militaristes et expansionnistes, mais aussi l’un des canaux privilégiés de contact avec les milieux d’extrême-droite étrangers. … à la conquête de l’Eurasie L’apogée de la géopolitique a lieu en 1997-1998, lorsque les tensions montent autour du conflit du Kosovo. Cette période voit la publication d’un ouvrage sur les « Fondements de la géopolitique»[1] par Alexandre Douguine, un intellectuel «néo-eurasiste» et adepte de la «révolution conservatrice», allié au début des années 1990 à Alain de Benoist, puis au «national-bolcheviste» Edouard Limonov dont il fut l’idéologue-en-chef pendant des années. Sous la forme d’un manuel universitaire, Douguine présente le plan de la conquête par la Russie et ses «alliés» d’une bonne partie du continent eurasiatique. L’ouvrage est publié avec le soutien (largement fictif) de l’état-major général de l’armée russe et consacre son auteur comme «expert» politiste. Les idées de Douguine sont reprises par Guennadi Ziouganov, le leader communiste, dans son ouvrage La géopolitique de la victoire, tiré à 100 000 exemplaires. La même année paraît la traduction russe de l’ouvrage de Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, un projet de «stabilisation» de l’espace eurasiatique destiné à servir les «intérêts nationaux» des Etats-Unis. Cette mode paraît désormais passée: le Comité de géopolitique n’existe plus à la Douma élue fin 1999, et la nouvelle politique étrangère de Vladimir Poutine paraît dominée par un discours de coopération internationale. Cependant, la géopolitique est désormais consacrée comme discipline universitaire, faisant partie du cursus standard de sciences politiques. De nombreux experts issus des grandes «boîtes à idées» de l’époque soviétique (comme l’Institut des Etats-Unis et du Canada de l’Académie des sciences) ont trouvé refuge dans le corps enseignant de cette matière. Même les experts, de plus en plus nombreux, favorables à une politique de coopération avec l’Europe occidentale, sont souvent obligés de se conformer au vocabulaire de la géopolitique. Comme la culturologie, la géopolitique essaie de trouver un nouveau langage pour appréhender un monde dont les vieilles certitudes ont disparu. Le système soviétique avait façonné une armée de producteurs de discours les nouvelles disciplines (la culturologie pour les simples soldats et la géopolitique pour les tireurs d’élite) leur permettent de se trouver une place dans les nouvelles réalités en conservant leur prestige social, tout en paraissant pratiquer des disciplines reconnues internationalement.
*

Notre fédération est eurasienne, notre emblème l’aigle à deux têtes

Reconnaître les aspirations communes du genre humain, ce n’est pas nier les cultures. La Fédération de Russie doit contester cette philosophie politique. Et nous sommes légitimes à proposer une cohabitation des identités.

Notre fédération est eurasienne.
Notre emblème est l’aigle à deux têtes. Depuis des siècles, nous sommes à la fois Européens et Asiatiques, Russes et Tatars, chrétiens et musulmans.
Nous sommes aujourd’hui majoritairement des Russes orthodoxes, mais aux temps médiévaux nous étions des Asiatiques convertis.
Ceci n’est pas une réponse dilatoire, mais une réalité indiscutée qui a formé notre identité.

Lorsque les Tatars et les Caucasiens nous défendirent, leurs chefs furent annoblis. Ils n’étaient pas traités comme des colonisés, mais étaient les égaux des aristocrates russes. Ils avaient même des serfs russes. Les Anglo-Saxons n’ont jamais été capables de concevoir cela. Vous imaginez des Lords indiens avec des domestiques anglais ?

Sources

Alexandre DOUGUINE par Alexandre LATSA

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1 – Alexandre DOUGUINE, je doute que mes lecteurs ne vous connaissent pas et renvoie sinon à vos écrits et à la biographie complète de Métapedia à votre sujet. Néanmoins pouvez vous présenter et synthétiser votre combat politique et géopolitique jusqu’à ce jour ?
Je suis né le 7 janvier 1962 à Moscou, dans une famille de militaires. Mon père était officier et mère médecin. Au début des années 80 en étant dissident et ayant l’aversion pour le système communiste en peine décadence, j’ai fait connaissance des petits groupes traditionalistes et des cercles politico-littéraires de Moscou, où participaient le romancier Youri Mamleev, qui émigrera par la suite aux Etats-Unis, le poète Evgueni Golovine et l’islamiste Gueydar Djemal, fondateur en 1991 du Parti de la renaissance islamique. C’est aussi à cette époque que j’ai découvert les écrits d’Evola, de Guénon, de Coomaraswamy et de bien d’autres auteurs (en 1981, j’ai traduit en russe le livre de Julius Evola Impérialisme païen, qui sera diffusé clandestinement en samizdat).

Après la désintégration du système soviétique, au début des années 1990, j’ai crée l’association Arctogaia et le Centre d’études méta stratégiques, après les revues Milyi Angel et Elementy, qui paraîtront jusqu’en 1998-99. Mes idées ont été influencées a partir des années 80 par la Nouvelle Droite européenne et au premier lieu par Alain de Benoist que je tiens en plus grand estime jusqu’à présent. Je le considère un des meilleurs intellectuels français actuels – peut être même le meilleur.

Dernièrement je m’intéresse beaucoup à la philosophie de Martin Heidegger, à la sociologie de M.Mauss, L.Dumont, P.Sorokin et surtout à Gilbert Durand (récemment découvert par Alain de Benoist), mais également à l’anthropologie de G.Dumézil et de Claude Levy-Strauss. J’ai écrit plusieurs textes sur l’économie – entre autres sur les idées de Friedrich List, sur Schumpeter et F.Brodel.

A l’Université de l’Etat de Moscou, j’ai donné des cours de la Postphilosophie étudiant la philosophie de la postmodernité etc. Maintenant je suis professeur à la faculté sociologique et dispense les cours de Sociologie structurelle (sur la base des idées durandiennes sur l’imaginaire)

Si j’étais obligé de définir mes positions philosophiques je les décrirais comme appartenant au “traditionalisme”.
Au premier lieu, je suis le disciple de René Guenon et de Julius Evola.

Dans la grande publique en Russie et dans quelques autres pays (Turquie, Serbie, le monde arabe etc) mes écrits géopolitiques sont très connus.

Mon idée est simple: il faut combattre l’impérialisme américain, le monde unipolaire et l’universalisme des valeurs libérales, marchandes et technocrate. Comme Alternative cela devrait être l’organisation du monde multipolaire comme ensemble de grandes espaces – chacun avec ses systèmes des valeurs propres – sans aucun préjugés.

Pour réaliser ce projet il faut créer le projet eurasien – commun pour l’Europe et la Russie mais avec les alliances stratégiques avec d’autres forces et cultures qui rejettent le mondialisme américain et la dictature libérale planétaire. L’eurasisme que je défends c’est le pluralisme absolu des valeurs.

2 – Les bruits ont courus que vous seriez en quelque sorte un “conseiller” (plus ou moins proche) de Vladimir Vladimirovitch Poutine. Pouvez vous le confirmer ? Et est ce que cela a changé depuis la présidence Medvedev ?
Je travaille avec les gens qui sont assez proches de Poutine et de Medvedev.
Je crois que pour l’instant Medvedev suit la même direction que Poutine.

3 – La Russie semble sortir d’une longue hibernation et se préparer a être un acteur de premier plan. Pensez vous que ce pays est les moyens de surmonter les défis en cours ? (démographie, santé, provocations militaires occidentales, immigration très forte.. etc etc). Comment jugez vous la situation en Russie en 2009, avec la crise financière mondiale ?
L’histoire est ouverte. Personne ne connais l’avenir. Je crois que la Russie va a entrer dans la période cruciale de son histoire. La crise va avoir un grand impact sur l’économie russe qui reste, hélas, libérale.
Mais cela va peut être guérir les illusion du pouvoir quant a l’efficacité des préceptes libéraux.

4 – L’unilatéralisme totalitaire décrété en 1991 par l’Amérique semble être arrivé a son terme. On assiste à une sorte de renaissance de grands espaces auto-centrés en Asie (Chine, Inde), dans le monde musulman (Turquie, union panafricaine ..), en Eurasie (Russie ..), en Amérique du sud (Brésil, Vénézuela ..), pensez vous que l’on doive s’en réjouir et pourquoi ?
Je voudrais que cela soit ainsi, mais il est trop tôt pour fêter la victoire. Un jour les États Unis tomberont mais pas maintenant. Je crois qu’ils vont faire LA guerre – Une Troisième Guerre mondiale pure et dure – qui causera d’immenses peines a l’humanité. Les États Unis ne peuvent plus gouverner le monde c’est sur, mais ils ne peuvent pas non plus se résigner – Cela serait pour eux une catastrophe. Leur seule solution – essayer de transposer leur problèmes sur les autres. Ca veut dire la guerre. Sans la fin previsible.

5 – L’Europe semble totalement absente de cette renaissance géopolitique, tellement elle est inféodée au parapluie Américain, quelle est votre opinion sur l’Union Européenne et sur la place que devrait avoir l’Europe dans le monde, et avec avec la Russie ?
Je crois que il y a deux Europe. L’Europe continentale (Franco-Allemande) et l’Europe atlantiste (Nouvelle Europe inclue). Ces deux Europes sont géopolitiquemet opposées en tout. Cela explique le blocage. Avec Sarkozy et Merkel la position des forces continentales est devenu plus faible. Je n’ai aucune recette pour l’Europe. C’est l’affaire des européens – quoi choisir.

6 – Vous êtes membre du mouvement eurasien, pouvez vous nous présenter ce mouvement (et sa structure jeune) et en définir le projet politique ?
Quelles sont ces ramifications en Europe, et ailleurs ? Pensez vous que ce “projet Eurasien” est proprement Russe ou est adaptable et conciliable avec la pensée pan-européenne (une europe libérée des chaînes Américaines) ?
Alexandre DOUGUINE ayant eu l’amabilité de détailler le programme global du mouvement Eurasien, je renvoie mes lecteurs à ce texte extrêmement intéressant ici.

7 – Pour beaucoup de Français la Russie est un modèle pour sa capacité à proposer un contre modèle civilisationnel, autre que le modèle libéral anglo-saxon et capitaliste. Cela dépasse le clivage droite-gauche, et réunit autant des communistes que des gaullistes historiques ou encore des nationalistes. Des voix s’élèvent même pour que la France intègre l’organisation de la coopération de Shanghai et quitte l’OTAN.
Pourtant au même moment, l’administration Sarkosy semble jouer sur deux tableaux : l’adoucissement avec la Russie (cf avec la guerre en Georgie) tout en réintégrant le commandement armé de l’OTAN ! Jugez vous cette double orientation crédible, et quel en est d’après vous le sens profond ?

Le la juge non crédible et contradictoire.
Quant a la Russie il est un peu naïf de croire que notre économie fonctionne bien. Il manque chez nous le secteur réel et le développement des technologies nouvelles. La Russie a besoin de l’Europe comme l’Europe a besoin de la Russie pour avoir des économies mutuelles garanties par les ressources nécessaires et l’accès aux technologies nouvelles.


8 – Pour les Européens, les grandes inquiétudes du futur sont le plausible leadership économique Chinois et l’explosion démographique des populations musulmanes, notamment à l’intérieur de l’Europe. Comment estimez vous compatible / incompatible ces deux éléments ? Il apparaît que le sujet de l’Islam, ou celui des “relations” avec la Chine par exemple n’est pas abordé de la même façon en Europe et en Russie.
On a les mêmes soucis géopolitiques. Mais on doit commencer par hiérarchiser les dangers.

Premièrement il faut se débarrasser des américains et de la dictature de la pensée unique, et seulement après s’occuper des chinois et de musulmans. Ils faut proposer aux musulmans le modèle de l’intégration dans la culture européenne mais pour cela il faut garder – parfois sauver – cette culture-la. Les chinois sont très sympathiques quand ils vivent en Chine.

Mais pour régler cette affaire de contrôle des vagues migratoires il est de nouveau – nécessaire de se débarrasser des mondialistes, libéraux et des atlantistes. Ce cercle vicieux ne peut être brisé qu’en commençant par la lutte antiaméricaine. Les musulmans et les chinois sont des défis secondaires. C’est pareil que cela soit pour l’Europe et pour la Russie.


9 – L’amérique de Obama “semble” vouloir faire la paix avec le monde entier, j’ai lu son programme, celui ci est pourtant largement plus offensif que celui de McCain notamment en Afghanistan/Pakistan pour poursuivre la lutte contre les “Talibans”. Comment jugez vous cette élection et quels changements peux on attendre d’après vous dans les relations avec la Russie ?

Vous avez raison. Obama dépend du consortium politique et géopolitique américain. Donc il n’est pas libre de faire quoi que ce soit. Il va faire la guerre exactement comme le ferrait Mac cain.
C’est la logique des lois géopolitiques et non les opinions personnelles qui comptent dans les affaires réelles globales.

10 – Le pentagone semblait vouloir aspirer l’Ukraine dans l’OTAN (après l’échec Georgien) et installer sa flotte dans la mer noire. Ajouté aux remous politiques en cours et aux échéances électorales proches en Ukraine, peut on d’après vous imaginer un “conflit” proche dans ce pays et une scission en deux ou trois entités, a la manière yougoslave ?
En Ukraine habitent au moins deux peuples avec des orientations géopolitiques, stratégiques, culturelles et religieuses contraires. Il n’y a pas un peuple ukrainien. C’est l’appellation générale basée sur le critère territorial – les Ukrainiens ce sont littéralement « les habitants d’Ukraine » (en slave, ça veut dire « provence »). Ethniquement on les appelle « malorossy » — « petits russes » littérairement. La langue ukrainienne a été créée artificiellement dans XIX siècle par les Polonais qui ont stylisé plusieurs dialectes « malorosses » avec les formes artificielles et assez affreuses imitant maladroitement le Polonais. En créant ce monstre linguistique, on a L’Ukraine actuelle est profondément divisée. L’élite politique est orange, orientée envers OTAN, l’UE et se base sur l’appui des habitants de l’Ouest ukrainien. Cette zone n’entre pas dans l’espace eurasien, il faut le reconnaître. Mais cette élite orange veut imposer sa volonté sur les masses de l’Est où la population se considère russe, rejette l’UE et l’OTAN et veut exister dans le grand espace commun avec les Russes de la Russie. Cette masse forme le second peuple (ou le premier) de l’Ukraine. Ce peuple est chrétien orthodoxe, malorosse (petit-russe) ou velikorosse (grand-russe), il consiste pour la plupart en des descendants des cosaques, et s’identifie à l’Empire eurasien. Ce peuple vote régulièrement pour le « Parti des régions » et en faveur de Yanoukovitch. La carte électorale de l’Ukraine montre comment ce pays est devisé en deux parts.
Dans le cas de l’Ukraine les eurasistes russes et ukrainiens agissent en logique avec leur vision du monde. Nous sommes contre l’Etat-Nation ukrainien parce qu’il est pro-américain, atlantiste et anti-eurasien. Mais aussi parce que le régime du néo-nazisme orange c’est une des parts du “système à tuer les peuples”.
C’est le peuple de l’Ukraine de l’Est et de Crimée qui est maintenant en danger d’être oppressé, épuré et anéanti.

11 – L’agitation est également grande autour de l’arctique, cette zone énergétique essentielle. Récemment, les pays de l’OTAN ont organisé des manoeuvres militaires à grande échelle en Norvège (7.000 soldats de 12 pays) pour simuler une invasion de l’arctique et une sécurisation des champs pétroliers. Pensez vous que l’arctique puisse devenir la zone de conflit essentielle du 21ième siècle comme le pensent certains spécialistes en géopolitiques ?
Je pense que l’Artique devient la place centrale de la stratégie d ‘encerclement de la Russie – pour des raison stratégiques et pour la raison des ressources naturelles.

12 – Pensez vous plausible, ou souhaitable une alliance de l’hémisphère nord (amerique- europe – russie), comme l’a évoqué Dmitri Rogozine récemment pour parer à une éventuelle anarchie dans l’hémisphère “sud” ?
Je considère Rogozine comme atlantiste, opportuniste et neo-nazi antisémite. Il discrédite l’idée nationale russe et travaille toujours pour les américains. Il participait en Kiev à la révolution orange au cote des oligarques Berezovski et ses valets (tel Belkovsky).

13 – Comment voyez vous la situation mondiale en disons 2020 ? Et la Russie (alors que le Kremlin a développé ce fameux plan 2020) ?
Le plan 2020 ne vaut rien. Il n’existe pas. Je crois qu’au Kremlin maintenant prévalent les idées tactiques.
Donc j’attends la guerre et je crois que dans les prochaines années la situation changera trop pour faire quelques prévisions que ce soit.

14 – Le 24 mars dernier, c’était l’anniversaire des bombardements de 1999 sur la Serbie, que vous inspire cet évènement ?
La haine contre les américains et la solidarité avec le peuple serbe héroïque qui a eu assez de dignité de lancer ce “défi” au monstre américain.

15 – Pourriez vous conseiller 5 ouvrages clefs a lire, 5 sites / blogs a consulter ?
5 ouvrages
Alain de Benoist «Contre le libéralisme»
Gilbert Durand «Structures anthropologiques de l’imaginaire»
Julius Evola « Révolte contre le monde moderne»
Rene Guénon «La crise du monde moderne»
Alexandre Douguine «Le prophète de l’eurasisme»

5 sites
Géostrategie
GRECE
VOXNR
Eurasie en francais

Le blog d’Alexandre Latsa

16 – Avez vous quelquechose à rajouter ?
rien. Bien a Vous.

Orthodoxie, autocratie et nationalité

Un texte intéressant publié sur le site Evrazia, traduction d’un texte de de Robert Coalson, collaborateur (le mot est bien choisi) du torchon Moscow Times, le texte a été initialement publié sur le site radio liberty/radio free europe.

Russie : les conservateurs contestent la notion de « valeurs universelles »

Les penseurs conservateurs en Russie n’ont pas célébré le soixantième anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Au contraire, ils l’ont dénoncée comme un colonialisme agressif, comme une tentative pour imposer des valeurs Occidentales aux d’autres cultures.

Le retour des vieilles valeurs

Comme le nouvel État russe s’affirme de plus en plus sur la scène internationale, l’élite politique conservatrice, cherche à donner corps à une idéologie qui justifie le rejet des institutions internationales et le mépris des critiques occidentales sur la vie politique russe. Ce faisant, elle a ressuscité le slogan tsariste « Orthodoxie, autocratie et nationalité.» « Je suis profondément convaincu que la conception des droits de l’homme varie d’une culture à l’autre, dans la mesure où le concept même de la personne varie » affirme le politologue Alexandre Douguine qui dirige le Centre d’études conservatrices à l’université d’État de Moscou et qui est un des principaux exposants du nouveau conservatisme russe. Dans la culture russe, nous dit Douguine, « une anthropologie collective a prédominée », signifiant que l’individu ne peut seulement réaliser pleinement son potentiel qu’en agissant comme une partie de l’ensemble de la société. La conception russe des droits de l’homme ne comprend pas, pour lui, « le droit au péché », ce qui veut dire que la société, particulièrement sous la forme de l’Église orthodoxe russe et de l’État central, à une obligation de se protéger elle-même afin de pouvoir protéger les droits de ses citoyens. Douguine affirme que la tradition culturelle russe concernant les droits et les valeurs a plus en commun avec la tradition musulmane qu’avec le libéralisme occidental. « Dans les traditions musulmanes et orthodoxes, presque tout correspond », dit-il, « Toutes les deux rejettent à la fois les aspects spécifiquement laïques, occidentaux, européen, et la conception individualiste des droits de l’homme. » En avril 2006, l’Église orthodoxe russe a parrainé le Xème Conseil annuel du peuple russe, qui adopta une Déclaration des droits de l’homme et de la dignité qui remet directement en cause la Déclaration universelle des droits de l’homme. Douguine fut un important contributeur de ce texte, comme le fut le métropolite de Smolensk et de Kaliningrad Cyrille, qui est un candidat bien placé pour succéder comme patriarche à Alexis II récemment décédé. « Il y a des valeurs qui ne sont pas moins importantes que les droits de l’homme », énonce la déclaration orthodoxe. « Ce sont la foi, l’éthique, les sacrements et la patrie. » Dans le courant de cette année, un groupe de philosophes influents, qui se désignent eux-mêmes comme des « conservateurs dynamiques », a publié un document intitulé La Doctrine russe. A bien des égards, il synthétise le programme politique de l’actuel gouvernement russe. Comme les autres tendances conservatrices, le livre insiste sur le fait que « l’individu se reconnaît comme une partie organique de l’environnement social (voisins, collègue de travail, relations), de la famille et de la nation (État et principales institutions sociales) ; il y a un enrichissement mutuel, un soutien mutuel entre l’individu et la société. »
 

La prééminence de l’Etat
 

On ne voit pas encore clairement quelle influence le nouveau conservatisme a à au sein de l’élite dirigeante, qui comme Poutine lui-même, est bien disposée envers l’Église orthodoxe. Ainsi l’idéologue en chef du Kremlin, Vladislav Surkov, qui inventa le terme « démocratie souveraine » pour décrire le système politique de la Russie, a emprunté des éléments de la pensée conservatrice pour plaider en faveur de la restriction de l’influence des lois internationales, des organismes économiques mondiaux et de l’opinion publique occidentale sur le développement de la Russie. Dans un article publié l’année passée, Douguine saluait « l’évolution » de Surkov du libéralisme vers le conservatisme, et le fait que sa réflexion était centrée sur l’État. « Pour moi la valeur de l’État est absolue », écrivait Douguine. « Et des valeurs comme le libéralisme, la démocratie, la société civile, la liberté et la justice sociale sont secondaires comparées à l’étatisme. J’observe précisément l’évolution de Surkov dans cette direction. » En termes pratiques, on relève l’influence conservatrice dans le fait que la Russie a contesté le système international de surveillance des élections développé par l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe en le déclarant partial. En juillet 2008, les Russes ont fait valoir que les observateurs des élections doivent « montrer du respect pour les organes nationaux du pouvoir, y compris les organes électoraux » des pays d’accueil et s’en remettre au gouvernement « dans toutes les autres questions touchant à la souveraineté du pays. » De même, le Kremlin a critiqué la Cour européenne des droits de l’homme et a pris des mesures pour rendre plus difficile pour les citoyens russes de déposer des plaintes à Strasbourg. L’année dernière, le Président d’alors Vladimir Poutine a signé un décret visant à « renforcer la protection des droits de la Russie » à la Cour. Cependant, les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme continuent à avoir une certaine emprise en Russie. D’une chose, la constitution de 1993 du pays – notamment l’énumération des droits des citoyens – est clairement rédigée dans l’esprit de la Déclaration. Le Président de la Cour constitutionnelle Valery Zorkin déclara ainsi dans une interview à Rossiiskaya Gazeta, en novembre 2008 : « Selon la Constitution, l’individu, ses droits et libertés sont les plus hautes valeurs. »

Qu’est-ce qui est traditionnel ?
 

La plupart des maladresses du Poutinisme au cours des huit dernières années sont nées des efforts pour superposer le nouveau conservatisme à une structure plus libérale que le Kremlin ne semble pas vouloir abandonner complètement. Bien que le gouvernement de Poutine ait suivi une ligne de renforcement de l’État, on rencontre occasionnellement des prises de positions favorables à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, semblables aux commentaires de Zorkin. Ce mois-ci, le parti au pouvoir Russie unie a soumis un projet de code de conduite morale pour les fonctionnaires d’État qui dit explicitement que les fonctionnaires ne sont pas tenus d’obéir aux ordres qui « sont en grave contradiction avec les droits fondamentaux de l’Homme énoncés dans les lois de la Fédération de Russie et dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. » Les conservateurs n’ont pas de mal à démontrer que le peuple russe partage leurs notions des « valeurs nationales » de la culture russo-orthodoxe. Un sondage national par le Centre pan-russe d’étude de l’opinion publique (VTsIOM) de décembre 2008 a révélé que 33% des Russes soutiennent « la défense des valeurs traditionnelles russes, l’indépendance nationale, le renforcement du pouvoir et la défense des intérêts des Russes » points de vues que les chercheurs du VTsIOM définirent comme « un conservatisme national. » De ce fait, les conservateurs russes tels que Douguine et le métropolite Cyrille, insistent sur la nécessité de respecter la culture historique et les traditions morales, lors de la rédaction des lois, ainsi que le droit de chaque culture de poursuivre sa propre voie de développement. Sinon, avertit Douguine : « Le risque du choc des cultures nous menace. Si un de nous – l’Europe, l’Occident dans son ensemble ou la Russie – commence à essayer d’imposer sa conception des droits de l’homme à l’autre, il y aura des problèmes. Parce que de notre point de vue, notre conception des droits de l’homme est optimale, même universelle, à la différence de l’Européenne. Et les Européens pensent exactement le contraire. Dès que nous commençons à mettre sérieusement l’accent sur les prétentions à l’universalisme, un conflit surgit immédiatement. »