Jacques Baud : 1 an du conflit russo-ukrainien. Partie 3
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Au 1er mars 2023, la population (résidents permanents) de Moscou serait de 12 678 079 personnes.
La capitale russe occupe la 24-ieme place des villes les plus peuplées du monde.
Quelle est la répartition de la population par tranche d’ages ?
Les enfants de < 6 ans sont 1 272 562 = 10.04% de la population
Les adolescents de 7 à 17 ans sont 1 491 259 = 11.76% de la population
Les Jeunes de 18 à 29 ans sont 11 526 124 = 12.04% de la population
Les adultes de 30 à 59 ans sont 5 446 820 = 42.96% de la population
Les personnes > 60 ans sont 2 383 479 = 18.8% de la population
Les personnes > 80 ans sont 557 835 = 4.4% de la population
Dessous, on peut voir la répartition numérique de la population par sexes et par tranche d’ages.
Il naît plus d’hommes que de femmes en Russie comme ailleurs.
Chez les 20 / 24 ans les femmes deviennent “un peu” plus nombreuses que les hommes (50,7% de femmes et 49,3% d’hommes).
Chez les 24 / 44 ans, contrairement aux apprioris on reste dans ce ration moyen de 52% de femmes et 48% d’hommes.
Chez les 45 / 55 ans, il y a 54,25% de femmes et 45,75% d’hommes.
Au delà de 60 ans : 60%+ de femmes.

Quel est le niveau d’éducation des habitants de Moscou ?
Habitants avec de l’enseignement supérieur : 6 085 478 / 48.0% de la population
Habitants avec de l’enseignement supérieur incomplet : 735 329 / 5.8% de la population
Habitants avec de l’enseignement secondaire professionnel : 3 169 520 / 25.0% de la population
Habitants avec juste le baccalauréat : 1 229 774 / 9,7% de la population
Habitants n’ayant pas fini le lycée : 976.212 / 8% de la population de la ville.
Analphabètes: 0 / 0.0%
Population active de la ville
Actifs : 7 556 135 habitants soit 59.6% de la population de la ville
Ne travaillant pas : 735.329 habitants soit 5,8% de la population de la ville
Inscrits au chomage : 26.900 habitants soit 0,3% de la population de la ville
Handicaps
Au total, au 1er mars 2023, parmi les résidents permanents de Moscou, 949 588 ont un handicap, ce qui représente 7.49% de la population totale.
Personnes handicapées du groupe 1 119 174 (0.94.% )
Personnes handicapées du groupe 2 432 322 (3.41.% )
Personnes handicapées du groupe 3 398 092 (3.14.% )
Les enfants handicapés 60 855 (0.48.%).
Au premier semestre de 2022, 34,9% des travailleurs russes ont fait des études supérieures, soit environ 25 millions de personnes.
Environ 45% des russes qui travaillent, soit 32,5 millions de personnes, ont une formation professionnelle secondaire.
15,8% ont une formation générale secondaire (classes 10-11)
3,9% ont une formation générale de base (classes 5-9)
0,2% n’ont aucun diplôme.
En 20 ans en Russie, la part des travailleurs ayant une éducation supérieure a augmenté d’une fois et demie et au cours des dernières années pour atteindre le tiers de tous les employés.
Il est à noter que chez les femmes, la proportion de travailleurs ayant un diplôme universitaire est supérieure d’un tiers par rapport aux hommes — 39,8% contre 29,9%.
Parmi les femmes, la proportion de travailleurs sans formation professionnelle n’est que de 16,6%.
Les fantasmes sur la démographie russe sont généralement couplés avec les fantasmes sur le fait que tous les russes voudraient quitter leur pays 😉
L’institut Levada (agent du Krem.. pardon, agent étranger en Russie) nous donne quelques informations via un sondage mené du 21 au 28 février 2023 sur un échantillon représentatif de la population urbaine et rurale de 1.626 personnes âgées de 18 ans et plus dans 137 localités et 50 sujets de la Fédération de Russie.

11% des russes sondés souhaiteraient partir de Russie pour vivre à l’étranger soit autant qu’en mars 2022 et qu’en octobre 1994 et 1990, les taux les plus bas depuis l’existence des sondages sur ce sujet en Russie.
En mai 2021, ils étaient 22% à souhaiter partir de Russie pour vivre à l’étranger

Sans trop de surprises, les jeunes ont plus le désir de quitter la Russie
– 23% parmi les 18-24 ans
– 19% parmi les 25-39 ans.
– 8% parmi les 40 à 54 ans
– 4% parmi les répondants de 55 ans et plus.
Ce chiffre de 23% vous parait énorme ?
A titre de comparatif en 2018, 72% chez les 18-24 ans en France souhaitaient quitter la France pour vivre à l’étranger tandis qu’il y à 10 ans déjà, 70% des jeunes anglais souhaitaient vivre à l’étranger.
Surpris ?

A la question : ” voudriez vous déménager définitivement de Russie” comme on peut le voir ci-dessus la tendance est fortement à la baisse et majoritairement chez les jeunes.

Maintenant, comme on peut le voir ci-dessus, le nombre de gens qui sont en train de préparer réellement leur départ ou ont pris la décision ferme de partir sont 2% des sondés.
4% y réfléchissent sérieusement et 8% y pensent de temps en temps.
85% n’y pensent jamais, le taux le plus élevé depuis l’existence des sondages sur ce sujet en Russie.
Maintenant comment les russes réagissent t-ils envers les gens partis vivre hors de Russie ?

Comme on peut le voir ci-dessous, 14% en ont une opinion positive contre 28% en décembre 2018 et 25% en ont une opinion négative contre 14% en décembre 2018.
Le gap par tranche d’age n’est pas important comme on peut le voir ci-dessous.

Il n’y a pas non plus de grosse différence selon que les sondés soient de Moscou, de ville de > 500 000 habitants , de 100 – 500 000 habitants , de moins de 100 000 habitants ou des villages.

Maintenant la question : quels sentiments ressentez vous envers les gens qui ont quitté la pays suite à l’annonce de la mobilisation partielle.

71% des 18-24 ans interrogés comprennent et on des ressentiments neutres et positifs, mais chez les > 40 an : 59,5% le voient de façon négative.

57% des habitants de Moscou comprennent, on des ressentiments neutres et positifs mais 55% des habitants des < 500 000 habitants le voient de façon négative.
Enfin concernant le fait de priver de la propriété les gens qui, partis de Russie, critiquent le pouvoir russe.
49% des russes sont pour, 44% sont contre.

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Emmanuel Todd, anthropologue et historien reconnu, est revenu dans Points de Vue sur son analyse de la situation en Ukraine. Pour lui, «cette guerre n’a jamais été une guerre entre l’Ukraine et la Russie»: «Pour la Russie, l’Ukraine est un problème mineur. C’est un défi à l’OTAN et aux États-Unis.»