Author Archives: Alexandre Latsa

About Alexandre Latsa

Frussien, père de famille, chef d’entreprise à Moscou, entrepreneur géopolitique et russophile positif. Co-auteur du livre “Putin’s new Russia” (en anglais et en russe) et auteur du livre “Mythes sur la Russie“, disponible lui uniquement en russe et un “Printemps RUSSE” disponible en Francais. Ce journal d’un Frussien traite de la Russie. Vous pouvez me contacter par email : alexandre.latsa@gmail.com, Ou me suivre sur Twitter https://twitter.com/Frussien Instagram https://www.instagram.com/frussien/ Telegram https://t.me/alexandrefrussien

Féminité vs féminisme

Cet article a été publié originalement sur Ria Novosti
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Mon avant dernière tribune intitulée: “polémiques vestimentaires” a entraîné une avalanche de mails ainsi que de commentaires sur ma page Facebook. Visiblement le sujet est pris très au sérieux par nombre de commentateurs. Posté le 26 janvier sur mon mur, l’article à entrainé quelques 98 commentaires en moins d’une semaine, de Russes et de Français, avec une grande majorité de jeunes filles des deux côtés.
Tout a été abordé: la femme russe, la femme française, une comparaison entre les deux, l’avis des hommes, la religion, et le rapport entre les sexes en Russie et en France! Ouf, un sociologue aurait sans doute pu écrire le début d’une thèse avec les arguments étayés par les uns et les autres. Beaucoup de commentaires sont une réflexion sur le sujet du féminisme.

L’article, rappelons-le, traitait de l’appel d’un évêque orthodoxe pour que les jeunes femmes russes s’habillent plus décemment, comprenez: cessent de porter des minijupes trop courtes. L’affaire a été traitée par la presse internationale comme russe et l’évêque a reçu le soutien des principaux responsables religieux de Russie. Le Courrier international (publié en France) nous apprenait même le 27 janvier dernier qu’en Tchétchénie, dans les rues de Grozny, on tirait désormais au pistolet à peinture (paint-ball) sur les filles qui ne s’habillent pas “décemment”.

Pour Irina par exemple, qui commentait mon article, la femme français serait “victime du féminisme, ce qui justifie son habillement unisexe, puisque la carrière est devenue prioritaire pour elle sur la famille”. La femme française voudrait donc pour être l’égal de l’homme, avant tout lui ressembler, et surtout ne plus présenter une apparence qui rappelle au regard de l’homme qu’elle est une femme. En France, résume parfaitement Irina, féminisme signifie souvent absence de féminité.

Cet abandon d’une apparence attirante pour le regard a certes été motivé par des raisons pragmatiques, comme l’insécurité dans les rues ou le confort, mais pas seulement. Irina a sans doute raison: cette évolution a été encadrée par une idéologie qui a finalement fait beaucoup de mal aux relations hommes / femmes: le féminisme.
Je n’ai pour ma part jamais bien compris ce que souhaitaient les féministes en France, et surtout leur représentantes, au sein par exemple de la très célèbre association « chiennes de gardes ». Si on peut imaginer une représentation égalitaire des femmes dans la politique par exemple, je reste persuadé que l’important est avant tout d’avoir de bons dirigeants politiques, peu importe leur sexe. L’égalité dans les salaires hommes-femmes en France est une bonne idée mais la chasse aux machos ou la discrimination basée sur un système de quotas sont probablement de mauvaises idées. Il est certain qu’en France, la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes a rencontré beaucoup de difficultés pendant tout le 20ème siècle.

Je remarque cela dit que les “chiennes de garde” ne demandent jamais l’égalité sans dévaloriser les hommes en général. Le mouvement par son influence politique dans quelques cénacles et par une réelle représentation médiatique à considérablement influencé les mentalités en France mais généralement dans le mauvais sens. Les différences complémentaires entre les sexes ne sont en rien réductrices, ni synonymes d’une hiérarchie inter-sexes défavorisant les femmes. Malheureusement pour elles, la diffusion du féminisme en France s’est accompagnée d’une déféminisation inutile, sur le plan vestimentaire.

Contraste: depuis que je suis en Russie, je ne crois pas avoir entendu le terme de féminisme une seule fois alors que pourtant je vis entouré de femmes russes. Ce petit miracle est à mon sens beaucoup plus qu’un détail, mais bien la preuve que les femmes russes n’ont sans doute plus rien à prouver, et c’est dû notamment à l’histoire de la Russie. Au début du 20ème siècle, les bolcheviques ont proclamé en Russie l’égalité des sexes, égalité de fait et de droit. Les femmes ont dès 1918 obtenu le droit de vote en Russie, alors que les Françaises ont dû elles attendre jusqu’en 1944.

Les femmes russes ont ensuite participé activement à la Grande guerre patriotique, et pas seulement en travaillant dans les usines. Il y a eu plus de 800.000 femmes russes dans les troupes combattantes, elles ont été médecins, infirmières, pilotes d’avion de bombardement et snipers au front. Elles ont participé aux batailles les plus terribles et beaucoup d’entre elles ont été faites héroïnes de l’Union Soviétique. En Russie, personne ne l’a oublié. Après la guerre, le manque d’hommes dans la société a fait que les femmes se sont débrouillées par elles-mêmes et ont appris à vivre sans le soutien masculin.

Ces difficultés n’ont pourtant pas enlevé leur féminité aux femmes russes, bien au contraire. Elles n’ont pas oublié quelques équations essentielles des relations inter-sexes, à savoir qu’une femme qui plait à un homme à tous les pouvoirs sur lui. Pour cette raison, il n’est pas question pour une femme russe, qu’elle réussisse professionnellement ou qu’elle occupe un travail physique ingrat, de pouvoir oublier de rester séduisante,  bien au contraire.

Je me souviens de la grande surprise qui était la mienne lorsque je suis arrivé en Russie et que j’observais les hommes qui portaient les sacs à mains des femmes, et les femmes qui ne poussaient pas les caddies pour ne pas s’abimer les ongles. J’observais l’homme qui était là pour veiller au grain, pour protéger la sainte manucure et acheter des fleurs. On parle souvent du “panier de la ménagère” pour estimer les niveaux de vie des pays, mais si on estime la quantité de fleurs achetées pour les femmes pour établir un “panier des fleurs offertes”, il devient évident que la femme russe n’a aucune concurrente en Europe.

C’est peut-être pour ces raisons que les mouvements féministes de type occidental n’ont jamais eu de grand succès en Russie. Plutôt que d’essayer de satisfaire des revendications féministes qui n’existent pas, les femmes russes continuent à soigner leur look, et l’Etat russe se concentre sur les revendications qui concernent la famille. La femme russe bénéficie d’un des plus longs congés maternités du monde (jusqu’à 3 ans avec emploi protégé) mais également depuis quelques années de très solides allocations (plusieurs milliers d’euros) dès le second enfant adopté ou procréé. Ce rôle clef de la femme en tant que mère est jugé tout à fait normal en Russie puisqu’elle est la clef de voûte de la société. Pour ma part, en tant qu’homme je trouve cela parfaitement normal.

2010, la reprise démographique confirmée

Les chiffres de la démographie pour 2010 sont publics et ils sont bons, ils confirment le renouveau démographique Russe.
Naissance et décès
Reprenons l’évolution du nombre de naissances et décès de 1999 à 2010.
  • 1999 — 1.214.689 naissances et  2.144.316 décès
  • 2000—  1.266.800 naissances et 2.225.332 décès
  • 2001—  1.311.604 naissances et 2.254.856 décès
  • 2002 —  1.397.000 naissances  et 2.332.300 décès
  • 2003 — 1.483.200 naissances et 2.370.300 décès
  • 2004 — 1.502.477 naissances et 2.295.402 décès
  • 2005 — 1.457.400 naissances et 2.303.900 décès
  • 2006 — 1.479.600 naissances et 2.166.700 décès
  • 2007 — 1.610.100 naissances et 2.080.400 décès
  • 2008 — 1.717.500 naissances et 2.075.900 décès
  • 2009 — 1.764.000 naissances et 2.010.500 décès
  • 2010 — 1.789.600 naissances et 2.031.000 décès
En 2009 la perte nette (naissances – décès) s’élevait donc à 248.000 individus.
En 2010 la perte nette (naissances – décès) s’élève donc à 241.000 individus.Au début de cette année, je prédisais que la mortalité passerait sous le seuil des 2 millions de décès. Malheureusement la canicule de cet été à entrainé une surmortalité de près de 55.000 personnes. Sans cette surmortalité exceptionnelle, la Russie aurait eu moins de 2 millions de décès et n’aurait pas perdu 241.000 personnes mais 186.000.
Intéressant, la mortalité baisse sur différents points cruciaux:
– Baisse des suicides: 31.200 contre 34.700
– Baisse des accidents de la route: 26.100 contre 27.300

– Baisse des homicides: 31.200 contre 34.700
– Baisse des empoisonnements: 13.100 contre 14.900

Point noir, la hausse des maladies cardiovasculaires, passant de 1.029.900 en 2009 à 1.046.500 en 2010, sans doute à cause de la canicule de cet été. Ces décès représentent donc 50% du nombre total des décès annuel. L’amélioration conséquente du système de santé Russe, le basculement des générations (les personnes âgées mourants), tout cela devrait voir ce chiffre baisser assez fortement dans les prochaines années.

Divorces et mariages 

Regardons désormais l’évolution du nombre de mariages et de divorces sur la même période:
  • 2005 — 1.066.400 mariages et 640.900 divorces
  • 2006 — 1.113.600 mariages et 640.900 divorces
  • 2007 — 1.262.600 mariages et 685.900 divorces
  • 2008 — 1.199.400 mariages et 703.400 divorces
  • 2009 — 1.117.100 mariages et 699.300 divorces
  • 2010 — 1.133.500 mariages et 639.400 divorces
Le taux de divorce baisse donc considérablement, il repasse au dessous du seuil de 2005 alors que le taux de mariage reste plus ou moins stable. 

L’apport de l’immigration

En 2009 une faible émigration et une forte immigration (beaucoup d’entrées et 334.000 naturalisations) ont conduit à une augmentation de la population de quelques 26.000 personnes. Or l’immigration est en forte baisse en 2010, surtout des pays de la CEI, avec pour conséquence quasi-certaine que le nombre de naturalisés devrait donc être beaucoup plus faible puisque il s’agissait principalement de citoyens de la CEI. On peut imaginer que la population de la Russie devrait donc stagner ou légèrement baisser cette année. Il convient d’attendre les informations du FMS à ce sujet.
Une très bonne nouvelle, un nombre record de citoyens de l’ex URSS (12.000) a bénéficié du plan d’aide au retour lancé par l’état russe en 2007, soit une hausse de 30% par rapport à 2009. Bien sur cela reste encore peu, mais en 3 ans, déjà 31.000 personnes sont “revenues” en Russie. 
Synthèses, prévisions pour la Russie
Le coefficient de mortalité qui était de 16,4 / 1.000 en 2003 est tombé à 14,2 /1.000 en 2009 et remonté à 14,3 en 2010 à cause de la surmortalité de cet été 2010. Sans cela, il serait tombé à 14 / 1.000.
Le coefficient de natalité lui évolue positivement. Tombé à 8,3 / 1.000 en 2001 et remonté à 12,6 / 1.000 en 2010.
L’espérance de vie continue à augmenter, passant de 68,7 ans en 2009 à 69 ans en 2010.
Ma prévision: en 2011, les naissances devraient dépasser le seuil des 1.800.000, et ce pour la première fois depuis 1990 (1.988.800 naissances). 2011 devrait aussi voir une baisse assez forte de la mortalité, sans doute avoisinant les 1.900.000. Par conséquent la perte nette de population devrait en 2011 avoisiner les 100.000 personnes, l’équilibre démographique étant atteint en 2013, sans aucun besoin d’un quelconque apport migratoire.

Comparaison avec l’UE

L’UE en 2009 avait un taux de fécondité de 1,56 enfant par femme, contre 1,54 pour la Russie la même année.
Le coefficient de natalité en 2010 est estimé à 9,83 / 1.000 contre 12,6 / 1.000 en Russie.
Le coefficient de mortalité en 2010 est estimé à 10,33 / 1.000 contre 14,3 / 1.000 en Russie.

L’espérance de vie d’un citoyen de l’UE est de 78 ans contre 69 ans pour la Russie.
Le taux de mortalité infantile en UE est de 5,61 / 1.000 contre 7,5 / 1.000 en 2010.

Le climat des affaires en Russie ?

Le 03 février dernier le figaro sous la plume de Pierre Avril publiait un article intitulé: “le climat des affaires s’assombrit“. Réquisitoire contre la Russie, l’article explique que officiellement, si les investisseurs étrangers sont les bienvenus en Russie, l’état fixerait les règles du jeu en empêchant de faire des affaires en Russie. L’exemple pris par Pierre Avril est l’exemple pétrolier, en se basant sur des révélations de Wikileaks. Autre exemple, le rachat de la banque de Moscou, qui devrait être rachetée par VTB et non par la banque Italienne Unicrédit.
Je ne sais pas pourquoi la presse Française ne peut pas s’empêcher d’être négative sur la Russie et je ne souhaite pas trop m’étendre, mais enfin soyons sérieux, comment peut on juger le climat des affaires sur le secteur énergétique dont on sait parfaitement qu’il est ultra sensible et tout autant politisé qu’étatisé ? En outre, le domaine énergétique et les relations Anglo-Russes sont à mon sens vraiment le contre-exemple le plus parfait, le plus abouti et surtout le moins représentatif de la réelle atmosphère du milieu des affaires en Russie.
Soyons sérieux, le même jour nous apprenions que le forum international des investissements organisés par la banque Troïka Dialogue rassemblait 2.400 personnes contre 1.600 l’année dernière, en 2009, dont une majorité d’étrangers. Avec 4% de croissance en 2010, plausiblement 5 ou 6% en 2011, un taux de chômage retombé au niveau d’avant crise, un déficit budgétaire < 3% en 2011, la Russie a il me semble au contraire tout pour attirer les investissements étrangers.
D’ailleurs, écoutons l’opinion de Emmanuel Quidet (que j’ai déjà cité sur ce blog) à ce sujet. Président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe et partenaire d’Ernst & Young en Russie, ce dernier à donné une interview a realpolitik.tv et vous verrez que son opinion est bien différente:

Критика, невзирая на бомбы

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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Вновь произошло отвратительное преступление. Около 14:30 в прошлый понедельник террорист-смертник взорвал бомбу в зале прилетов международного аэропорта Домодедово. Теракт, который произошел после визита президента России на Ближний Восток и накануне международного саммита в Давосе, был явно направлен как на ослабление российской власти, так и на то, чтобы вызвать беспокойство международного сообщества, поскольку метил в иностранцев. Итог тяжелый: 35 человек погибли и 180 получили ранения. Как стало известно, Россия могла бы закончить 2010 год еще хуже, поскольку террорист-смертник из аэропорта был связан с террористической ячейкой, выявленной и ликвидируемой, которая планировала взрыв на Красной площади вечером 31 декабря.

Даже в такой трудный момент у России все еще нет права на поддержку, а только на обилие критики. Особого упоминания заслуживает французская пресса, которая вновь отличилась. Например, по мнению Элен Блан из France-Info, нужно проявить осторожность, потому что, говорит она нам, ссылаясь на ряд терактов в 1999 году в России, во время которых погибли 293 человек: «Эти теракты вовсе не были делом рук чеченцев, которым они приписывались, но работой ФСБ». Анн Нива полагает, что «Путин, как и Медведев эксплуатируют одержимость безопасностью, чтобы выиграть выборы и быть избранными благодаря своей риторике по Чечне». Для корреспондента Le Figaro в России Пьера Авриля, «страна стала жертвой гражданской войны». Наконец, Венсан Жовер полагает, нападение продемонстрировало «крах системы Путина». Это утверждение уже не давало нам покоя этим летом, когда случившиеся в России пожары якобы продемонстрировали крах гипотетической системы Путина. Кроме того, он добавляет: «коррумпированные и некомпетентные, службы безопасности не выявили террориста-смертника».

Тем не менее, вдалеке от редакций в шикарных кварталах Москвы или Парижа, на поле боя, результаты России в борьбе с терроризмом говорят сами за себя. Только в 2010 году на Северном Кавказе был уничтожен 301 террорист и 468 арестованы, проведены 4.500 рейдов и 50 крупных антитеррористических операций. 66 терактов были предотвращены, хотя 500 террористических актов (в том числе 92 взрыва и нападения) стоили жизни 600 человек. В России только за 2010 год более 360 полицейских погибли при исполнении служебных обязанностей.

Разумеется, мусульманский Кавказ во главе с Чечней долго представлялся западными СМИ как регион, оккупированный тиранической Россией, но стремящийся к независимости и свободе. Терроризм на Кавказе якобы является своего рода отчаянной реакцией угнетенных народов. Французы, с ностальгией обитателей галльской деревни, осаждаемой могущественным Римом, и дезинформированные относительно реальности на месте событий, позволили ввести себя в заблуждение, по крайней мере, большая часть из них. Однако, это совсем не так. Целью террористов является не освобождение угнетенных народов, а их порабощение. Террористы Кавказа находятся под влиянием иностранных исламистов, ваххабитов, сторонников революционной и разрушительной идеологии, которая стремится к установлению в регионе исламского эмирата. Это ваххабитское ядро имеет, вероятно, свои корни в первой чеченской войне, когда многие иностранцы (арабы, афганцы …) присоединились к чеченцам, рассчитывая трансформировать войну за независимость в религиозный конфликт и начать в регионе священную войну. Известно, что произошло, хотя чеченские националисты проиграли войну федеральной армии, но, в конечном итоге, добились для Чечни широкой автономии, политической и религиозной, в рамках федерации. Напряженность в отношениях между кавказцами и иностранцами однажды взорвалась, первые с трудом признавали методы вторых и их далекий от суфизма Кавказа непримиримый радикализм, плохо приспособленный к местным традициям. Рамзан Кадыров недавно также заявил, что символично, о поражении ваххабизма в Чечне.

Отделение Кавказа от России, как хотели бы ваххабиты и некоторые зарубежные интеллектуалы, вовсе не является решением. Кажется очевидным, что первым же последствием такого решения стало бы то, что регион был бы предоставлен внутренним конфликтам, с вероятностью того, что вскоре он стал бы очагом терроризма. Необходимо помнить, что эти регионы юга России являются по большей частью русскими дольше, чем Ницца ― французской. Наконец, многие кавказские мусульмане считают себя россиянами и полноправными гражданами Федерации, одной из граней мультикультурной идентичности которой они являются.

Было бы неплохо, чтобы иностранные комментаторы сосредоточили свои нападки и энергию на преступниках, а не на российском государстве. Насколько я знаю, от Мадрида до Лондона или Москвы, жертвы являются жертвами одного и того же терроризма. Я не думаю, что когда подобные события случились в других европейских демократиях, как Испания или Англия, в 2004 и 2005 годах, я мог бы прочитать у российских комментаторов, что теракты означали провал правительств этих стран или что службы безопасности плохо делали свою работу. По той простой причине, что практически невозможно предотвратить все террористические акты. Испанцы, израильтяне, турки или индийцы, чьи страны часто становятся мишенью терроризма, давно поняли необходимость принятия драконовских мер безопасности, чтобы предотвратить большинство из терактов, с большим или меньшим успехом. Эти меры, даже если они ограничивают некоторые личные свободы, являются, безусловно, важнейшими, чтобы жизнь могла бы следовать мирным руслом, несмотря на угрозы.

Настроение подготовлено, если случатся новые нападения в России и, возможно, снова в столице, что, увы, кажется неизбежным. Целью террористов всегда является запугивание населения и дестабилизация общества. Но мы, граждане России и иностранцы, ни в коем случае не должны позволить себя дестабилизировать. Напротив, только координация сознательного и решительного государства со сплоченным и внимательным населением является лучшим оплотом против терроризма.

Россия способна преодолеть эти трудности. Как метко резюмировал Алексей Пиманов, ведущий программы «Человек и Закон» в последнем выпуске, посвященном этим событиям: «Те, кто спонтанно и добровольно предложили свою помощь после этого теракта, кто бесплатно отвозили от аэропорта до метро пассажиров, те, кто отдавали свою кровь или приходили на выручку в первые трудные моменты, представляют собой настоящую Россию».

Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

La leçon des attentats ?

Le correspondant du  Figaro à Moscou, Pierre Avril, que j’ai cité dans ma dernière tribune sur Ria Novosti a repris sur son blog le sujet dans un post intitulé “la leçon des attentats“. 
Bien sur je n’ai rien contre Pierre Avril, dont les articles sont selon moi un baromètre de la température qui règne au Figaro sur la Russie.
Je déplore juste que ses articles aient souvent un ton trop négatif sur la Russie.
Je suis néanmoins très heureux d’apprendre que Pierre Avril pense que: “la presse francaise est loin d’être exempte de tous reproches (personnellement je ne partage pas les commentaires du Nouvel Obs et de Vincent Jauvert que je juge outranciers et pense que ma consœur de France Inter devrait se montrer plus prudente s’agissant des attentats de 1999)” ou alors que ” la majorité des journaux russes se sont montrés bien plus sévères que les journaux français“.
La presse Russe, cela fait bien longtemps que je dis qu’elle est assez libre, au moins autant que la presse francaise, et non comme nombre de journalistes nous le répètent aux ordres du Kremlin 😉
Pierre Avril termine son post en se posant la question suivante : “Pourquoi faudrait-il être soupçonné de soutenir les terroristes à partir du moment où l’on critique les pouvoirs ? Étrange amalgame“. 

Je n’ai jamais soupçonné quiconque de soutenir les terroristes, sous prétexte de critique envers le pouvoir, et du reste ce n’est pas écrit dans ma tribune. Je ne me spécialise pas dans la critique facile et l’obsession Kremlinophobe, comme nombre de journalistes francais, même si c’est vendeur chez les lecteurs francais.
La presse Française nous a bien longtemps présenté les parents des terroristes Caucasiens comme des combattants pour la liberté, et en ce sens elle porte une “lourde” responsabilité morale et éthique à l’égard de la Russie.

Néanmoins je me demande la chose suivante, pourquoi Pierre Avril n’a t-il pas expliqué sa phrase que je citais dans ma tribune a savoir: ” C’est un président en proie à une quasi-guerre civile dans son propre pays qui s’est présenté mercredi soir au forum de Davos..

“A la base, c’est quand même la question que je soulevais dans mon texte 🙂

Des critiques malgré les bombes

Cet article a été publié originalement sur Ria Novosti
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Ainsi l’abominable s’est encore produit. Vers 14h30 lundi dernier, un kamikaze a fait exploser sa bombe dans le hall d’arrivée de l’aéroport international de Domodedovo. L’attentat, qui survient après la visite du président Russe au Proche-Orient et à la veille du sommet mondial de Davos, visait clairement tant à fragiliser le pouvoir russe qu’à inquiéter la communauté internationale, notamment en ciblant des étrangers. Le bilan est lourd, 35 personnes sont mortes et 180 blessées. La Russie apprend-on aurait pu en outre plus mal terminer l’année 2010 puisque le kamikaze de l’aéroport serait lié à une cellule terroriste, en cours d’identification et de démantèlement, qui avait planifié un attentat sur la place rouge le 31 décembre au soir.

Même dans ce moment difficile, la Russie n’a encore eu droit qu’à beaucoup de critiques et peu de soutien.Mention spéciale à la presse française qui s’est encore distinguée. Pour Hélène Blanc sur France-info par exemple, il faut se montrer particulièrement prudent car nous dit-elle en citant la série d’attentats qui avait fait 293 morts en Russie en 1999 : “ces attentats n’étaient pas du tout l’œuvre des Tchétchènes auxquels on les a attribués mais l’œuvre du FSB”. Pour Anne Nivat: “Poutine comme Medvedev exploitent l’obsession sécuritaire pour gagner des votes et ils se sont fait élire grâce à leur rhétorique sur la Tchétchénie”. Pour le correspondant du Figaro en Russie, Pierre Avril: “le pays serait en proie à une quasi guerre civile”. Enfin pour Vincent Jauvert, l’attentat démontrerait “la faillite du système Poutine”. Cette affirmation nous a déjà été martelé cet été, lorsque les incendies qui ont frappé la Russie avaient soit disant démontré une faillite d’un hypothétique système Poutine. En outre, ce dernier ajoute: “corrompus et incompétents, les services de sécurité n’ont pas repéré le kamikaze”.
Pourtant, bien loin des bureaux des rédactions des quartiers huppés de Moscou ou Paris, sur le terrain, les résultats de la Russie en matière de lutte anti-terrorisme sont assez éloquents. Pour la seule année 2010, dans le Caucase du nord, 301 terroristes ont été abattus et 468 arrêtés, 4.500 raids ont été réalisés, ainsi que 50 opérations antiterroristes d’envergure. 66 attentats ont été déjoués, même si 500 actes terroristes (dont 92 explosions et attentats) ont coûté la vie à plus de 600 personnes. En Russie pour la seule année 2010, plus de 360 policiers russes sont  morts dans l’exercice de leurs fonctions.

Bien sur, le Caucase musulman, Tchétchénie en tête, à longtemps été présenté par les médias occidentaux comme une région du monde occupée par la tyrannique Russie, mais aspirant à l’indépendance et à la liberté. Le terrorisme dans le Caucase serait une sorte de réaction désespérée de peuples opprimés. Les Français, ayant la nostalgie du village Gaulois assiégé par la puissante Rome, et désinformés sur la réalité du terrain, ne pouvaient que se laisser séduire, du moins pour une grande partie d’entre eux. Pourtant, il n’en est rien. Le but des terroristes n’est pas de libérer des peuples opprimés mais de les asservir. Les terroristes du Caucase sont liés à une nébuleuse islamiste sous forte influence étrangère, Wahhabite, reliée elle à une idéologie révolutionnaire et destructrice, qui vise à l’établissement d’un émirat Islamique dans tout la région. Ce noyau Wahhabite a probablement ses racines dans la première guerre de Tchétchénie, lorsque de très nombreux supplétifs étrangers (Arabes, Afghans…) ont rejoint les rangs Tchétchènes, pensant transformer la guerre d’indépendance en un conflit religieux et amener la guerre sainte dans la région. On sait ce qu’il advint, les nationalistes Tchétchènes, s’ils ont perdu la guerre sur  le terrain contre l’armée fédérale, ont au final obtenu pour la Tchétchénie une autonomie très importante, politique et religieuse, mais au sein de la fédération. Les tensions entre caucasiens et étrangers ont même explosé au grand jour, les premiers ne reconnaissant que difficilement les méthodes des seconds et leur radicalité intransigeante, bien loin du soufisme du Caucase, qui s’est quand même un tant soi peu accommodé des traditions locales. Ramzan Kadyrov proclamait d’ailleurs récemment et symboliquement, la défaite du Wahhabisme en Tchétchénie.

La séparation du Caucase et de la Russie comme le souhaitent et les Islamistes Wahhabites et certains intellectuels étrangers ne représenterait en rien une solution. Il semble évident que la conséquence première d’une telle décision serait de livrer la région à des conflits internes avec la probabilité qu’elle ne devienne rapidement un foyer régional de terrorisme. Il faut aussi rappeler que ces régions du sud de la Russie sont pour la plupart russes depuis plus longtemps que Nice n’est définitivement devenue Française. Enfin, de très nombreux Caucasiens musulmans se sentent russes et citoyens à part entière de la fédération, dont ils représentent une des facettes de l’identité multiculturelle.

Il serait appréciable que les commentateurs étrangers concentrent leurs attaques et leur énergie sur les criminels et non sur l’Etat russe. A ce que je sache, de Madrid à Londres ou Moscou, les victimes sont les victimes d’un seul et même terrorisme. Je ne crois pas que lorsque des événements similaires ont frappé d’autres démocraties européennes, comme l’Espagne ou l’Angleterre, en 2004 et 2005, avoir lu de la part de commentateurs russes que les attentats signifiaient un échec des gouvernements de ces pays ou que les services de sécurité n’auraient pas bien fait leur travail. Cela pour la simple et bonne raison qu’il est quasiment impossible d’empêcher tous les attentats terroristes. Les Espagnols, les Israéliens, les Turcs ou les Indiens, dont les pays sont souvent visés par le terrorisme ont depuis longtemps compris la nécessité de mesures de sécurité drastiques pour prévenir au maximum ces attentats, avec plus ou moins de succès. Ces mesures même si elles entravent certaines libertés individuelles sont sans doute essentielles pour que la vie puisse suivre un cours paisible malgré la menace.

Les esprits sont préparés si de nouveaux attentats surviennent, en Russie et peut-être encore dans la capitale, ce qui semble malheureusement inévitable. Le but des terroristes est toujours d’effrayer la population et déstabiliser la société. Mais aucun cas nous ne devons nous citoyens russes et étrangers nous laisser déstabiliser. Bien au contraire, c’est la coordination d’un état volontaire et décidé, et d’une population soudée et attentive qui est le meilleur rempart contre le terrorisme. La Russie a la capacité de surmonter ces épreuves. Comme l’a parfaitement résumé Alexeï Pimanov, le présentateur du programme Chelovek i Zakon (Homme et loi) dans l’émission récente consacrée à ces évènements: “Ceux qui ont spontanément et bénévolement proposé leur aide suite à cet attentat, qui ont transporté gratuitement de l’aéroport au métro des passagers, ceux qui ont donné leur sang ou aidé les secours dans les premiers difficiles moments, ces gens la représentent la vraie Russie”.

Les finalistes pour le centre orthodoxe russe à Paris

Chers lecteurs, comme vous le savez l’ancien bâtiment de Météo France, construit en 1948 sur ce terrain de 4.245 m2 vendu en mars dernier à la Russie par l’État français, sera détruit en grande partie. A la place on y trouvera bientôt une église orthodoxe et un centre culturel russes. Compte tenu des règles d’urbanisme, l’église orthodoxe “ne pourra pas dépasser 25 ou 27 mètres de haut, croix comprise”, a indiqué l’ambassadeur de Russie. Elle sera entourée d’un jardin ouvert au public et pourra accueillir 500 à 600 personnes.

Le Centre culturel russe donnera sur le Quai Branly. Ce sera une construction moderne, peut-être en pierre, verre et acier, avec un café ouvert au public. Un séminaire pour former de futurs prêtres orthodoxes sera également construit et l’église sera rattachée au patriarche de Moscou. (source).
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Одёжная полемика

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости

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«Petit futé» 2006-2007 годов в разделе с названием «Москва в 25 ключевых словах» devouchka (молодая русская женщина) описывается, как «вычурно одетое существо» и утверждается, что «туристы с Запада часто имеют жалкий вид, особенно зимой, когда трудно адаптироваться к возможным изменениям температуры». Раздел заканчивается следующим образом: «Вам будет очень трудно защитить репутацию элегантности, тяжелое бремя которой должна нести Франция». Я уточняю, рубрика в «Petit futé» была написана женщиной, и, очевидно, предназначена в основном для читательниц-женщин, потому что именно они принимают близко к сердцу тему элегантности.


Это война элегантности между француженками и русскими не нова. В 1842 году, когда секретарь посольства в Париже Виктор Балабин занимает свой пост, он отмечает соперничество в стиле между французскими и русскими женщинами, и очень интересно описывает его в своем дневнике. Он пишет, что «если француженки, в своих прогулочных нарядах, одновременно простых и элегантных, имеют явное преимущество (…), то вечером, в салоне и на балу, наши побеждают, во-первых, благодаря своим туалетам, всегда свежим и хорошего вкуса, а во-вторых, некой светскостью, манерой держаться, немного чопорной, возможно, но придающей им вид уточненный и знатный».


Это утверждение о превосходстве русского стиля становится очевидным для всякого, мужчины или женщины, путешествующего в России или в Москве в наши дни. У России с точки зрения элегантности женщин нет серьезных конкурентов и, конечно, это не Франция, где уже давно и по различным практическим соображениям наши соотечественницы убеждают нас, что современный и нейтральный вид (то есть широкие джинсы, кеды и спортивная куртка) более подходит для городской жизни, хотя действительно не слишком сексуален. Французские мужчины, которые приезжают в Москву, как правило, приятно удивлены, обнаружив дам, одетых очень женственно, как отмечает наша обозревательница в «Petit futé». Что касается французских женщин, они обнаруживают с изумлением и часто с некоторой ревностью, что москвички остаются очень элегантными, несмотря на то, что расстояния, которые нужно преодолевать пешком, бывают значительными, а городская архитектура менее благоприятна для прогулок, чем во французских городах.


Это элегантность в любое время года также часто удивляет иностранца, бывающего в России проездом. Зимой женская элегантность животная, в мехах и на высоких каблуках; москвички, с их достойным поведением, ясным и прямым взглядом, бесспорно, обладают классом и особым стилем. Распространение меха не страдает в России от этой недавней, так называемой экологической, но и очень буржуазной богемной моды, придуманной и распространяемой нашей Брижит Бардо, которая хочет, чтобы мы не носили меха во имя прав животных. Летом чрезмерная российская раздетость, вероятно, не имеет себе равных, неземная красота русских женщин настолько велика, насколько коротки мини-юбки. Иностранцы часто бывают поражены, увидев, до какой степени русские женщины могут свободно выбирать одежду, без всяких опасений. Правда, что российское легкомыслие в одежде не имеет аналогов в Западной Европе и, особенно, во Франции. Небезопасность и невежливость во французских городах, действительно, является главной причиной того, что многие женщины на Западе делают выбор не в пользу сексуального или привлекательного вида, а очень нейтрального и сдержанного.


Напротив, в России, отсутствие невежливости на улицах по отношению к полураздетым женщинам позволяет им, должен сказать, любые излишества, как правило, к большой радости для мужских глаз. Это формула русской женственности является, несомненно, одной из важнейших причин успеха русских женщин у мужчин всего мира, но до сих пор эта летняя мода не одобряется общественным мнением в России.


Недавно один из ведущих мыслителей православной церкви, протоиерей Всеволод Чаплин, потребовал установления дресс-кода для женщин в России, заявив, что «некоторые из них путают улицу со стриптиз-клубом». Этот памфлет против русских современных особенностей, какими являются микро-шорты или мини-юбка, был бы смешон, если бы священнослужитель не добавил, что «мини-юбки провоцируют межэтнические конфликты, насилие и преступления со стороны кавказцев, но также русских». Анализ последствий введения подобного дресс-кода должен быть связан с объявленной в прошлом году председателем комитета по вопросам межнациональных связей идеей о создании «кодекса москвича», направленного на регулирование поведения не-москвичей, для их успешной интеграции в столице. Кодекс предусматривает, в том числе, запрет на появление в городе в традиционной одежде.


Это стремление церкви влиять на поведение следует понимать в двояком смысле. В первую очередь, как попытку сохранить семейную структуру, как гарантию хорошего состояния демографии, в настоящее время разлагаемой соблазнами, абортами и разводами. Но особенно разрядить напряженность, возникающую из совместного проживания многих народов в Москве, с различными привычками и нравами. Протоиерей объявил в декабре прошлого года, что православная Церковь отныне будет влиять на политику, выступая в качестве гаранта мирного сосуществования и гармонии между общинами. Как я писал в предыдущей статье, поддержанию хрупкой российской мультикультурной модели угрожает противостояние современного и традиционного миров.


Разумеется, эта фраза протоиерея вызвало бурю негодования в светских кругах, феминистских и либеральных, но прежде всего, она сразу же нашла поддержку у мусульманского духовенства России, представителей еврейской общины страны или же президента Чечни Рамзана Кадырова. Что бы мы ни думали, индивидуально, по поводу такой инициативы против чрезмерности мини-юбок, нужно признать, что ее цели благородны, и поздравить себя с религиозным согласием, которое она позволила установить по этому вопросу.
 
Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

Séminaire –> Russie : Terre d’opportunités

Chers lecteurs,

les étudiants du Master 2 Science du Management et Commerce à l’International de la faculté Jean Monnet à Sceaux (Université Paris Sud 11), vont organiser le séminaire « Russie : terre d’opportunités » le 9 février 2011, pour promouvoir la connaissance du marché russe.

L’entrée est libre et je joins le programme ci dessous :

9h15 : Ouverture par Jérôme FROMAGEAU, Doyen de la Faculté Jean Monnet.
Présentation : Florent PESTRE, Responsable de Master 2 Commerce International.
Animation : M. LUTIQUE, Président du Cercle Kondratieff
9h30 : Géopolitique
– Mutations économiques, sociales et politiques, Patrick DOMBROWSKY, Directeur de l’Observatoire d’Analyses des Relations Internationales Contemporaines (OARIC).
– Système des fédérations et exemple du Tartastan, Pascal K. MAS, Conseiller spécial du Ministre-représentant permanent de la République du Tatarstan à Paris.
11h00 : Economie rentière et modernisation  
Une économie rentière mise à mal par la crise & Les atouts de l’économie russe, M. TRUEL, Vice président du cercle Kondratieff et directeur de la société IBD.
– Les défis de la modernisation, Anna TCHOUB, doctorante à l’Université Paris 1 Sorbonne.
12h30-14h00 : Déjeuner libre
14h00 : Les relations commerciales franco-russes
– Par le chef de la délégation économique et commerciale de l’Ambassade de Russie en France.

maître de conférences à l’Université Paris IV.
Témoignage d’une expérience professionnelle, Yulia PELEVINA,  ex-commerciale export Russie.

15h30 : Les aspects sectoriels : agriculture et tourisme
– Les enseignements  des partenariats franco-russes dans les investissements agro-alimentaires en Russie, Maurice ROSSIN, ancien conseiller agricole auprès de l’Ambassade française à Moscou.
– Les perspectives du tourisme, Laure JACQUET, Directrice France de Tsar Voyages.
17h00 : Clôture du Séminaire par Florent PESTRE. 
Mail: seminaire.russie@yahoo.fr
Adresse : 
Université Paris Sud XI, Salle Vedel, 54 Bd Desgranges, 92330 Sceaux
RER B : ROBINSON

Polémiques vestimentaires

Cet article a été publié originalement sur Ria Novosti
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Dans le petit futé 2006-2007, un paragraphe intitulé Moscou en 25 mots clefs décrit la devouchka (entendez la jeune femme russe) comme “une créature très apprêtée”  et affirme que “l’occidental en simple visite touristique fait souvent pâle figure, particulièrement l’hiver où il a du mal à s’adapter aux possibles changements de température”. Le paragraphe se termine de la façon suivante: “il vous sera bien difficile en face de défendre la réputation d’élégance dont la France doit porter le terrible fardeau”. Je précise que la tribune du petit futé était rédigée par une femme, et donc sans doute à destination des lectrices femmes en grande majorité puisque ces dernières ont bien évidemment à cœur ce sujet de l’élégance.

Cette guerre des élégances entre Françaises et Russes n’est pas nouvelle. En 1842 lorsque le secrétaire d’ambassade à Paris Victor de Balabine prend son poste, celui-ci remarque la compétition des genres, entre femmes françaises et femmes russes, et la décrit de façon très intéressante dans son journal. Il y note que: “si les Françaises, dans leur accoutrement de promenade, à la fois simple et élégant, ont sur elles un avantage marqué (…) En revanche, le soir dans un salon et au bal, les nôtres l’emportent par leurs toilettes d’abord, toujours fraîches et de bon goût, ensuite par un certain bel air, une certaine tenue un peu raide peut-être, mais qui leur donne un je ne sais quoi de distingué et de grande dame”.

Cette affirmation sur la supériorité de l’élégance russe devient une évidence pour quiconque, femme ou homme, voyage en Russie ou à Moscou de nos jours. La Russie n’a du point de vue de l’élégance des femmes aucun concurrent sérieux et certainement pas la France, ou depuis bien longtemps et pour diverses raisons pratiques, nos concitoyennes nous ont affirmé qu’un look moderne et neutre (entendez là jean large, basket et blouson sport) était le plus adapté à la vie urbaine, bien que vraiment peu sexy. Les hommes français qui viennent à Moscou sont donc généralement très agréablement surpris d’y découvrir une gent féminine très apprêtée, comme dirait notre commentatrice du petit futé. Quand aux femmes françaises, elles découvrent généralement avec stupéfaction et souvent une pointe de jalousie, que les Moscovites savent rester très élégantes, malgré le fait que les distances à parcourir à pied y soient souvent longues ou encore que l’architecture urbaine soit moins propice à la marche que dans les villes françaises.

Cette élégance marquée à travers les saisons, étonne également souvent l’étranger de passage en Russie. L’hiver, l’élégance féminine est animale, en fourrure et talons hauts, les femmes moscovites, avec leur comportement digne, le regard droit et clair ont indéniablement une classe et un style à part. La généralisation de la fourrure ne souffre pas en Russie de cette mode récente, soi disant écologique mais surtout très bourgeoise bohème, portée et propagée par notre égérie Brigitte Bardot, et qui veut qu’on ne porte pas de fourrures au nom du droits des animaux. L’été, le déshabillé excessif russe n’a sans doute non plus aucun égal, la beauté extra-terrestre des femmes Russes est aussi grande que les minijupes sont petites. Les étrangers sont d’ailleurs souvent estomaqués de voir à quel point les femmes russes sont libres de choisir leurs vêtements sans aucune crainte. C’est vrai que la légèreté vestimentaire russe n’a pas d’équivalent en Europe de l’ouest et surtout pas en France. L’explosion de l’insécurité et des incivilités dans les villes françaises est en effet sans doute la raison principale du choix de nombre de femmes à l’ouest de ne plus opter pour des looks sexy ou aguicheurs, mais au contraire très neutres et discrets.

A contrario en Russie, l’absence d’incivilités dans la rue à l’égard des femmes dévêtues permet je dois dire tous les excès, généralement pour le plus grand bonheur des yeux masculins. Cette équation féminine russe est sans doute un des raisons principales du succès des femmes russes auprès des hommes du monde entier, mais pour autant, cette mode vestimentaire estivale n’est pas approuvée par toute l’opinion en Russie.

Récemment l’une des principales têtes pensantes de l’Eglise orthodoxe, l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, a exigé l’instauration d’un dress-code pour les femmes en Russie, estimant que “certaines d’entre elles confondent la rue avec un club de strip-tease”. Ce pamphlet contre les spécialités Russes modernes que sont le micro-short ou la mini-jupe pourrait faire sourire si l’homme d’église n’avait rajouté que “la minijupe provoquerait des conflits interethniques et la violence et des crimes de la part de Caucasiens, mais aussi de Russes”. Cette analyse des conséquences d’un tel code vestimentaire est à mettre en lien avec l’idée de création d’un “code des Moscovites”, annoncé par le président du comité chargé des liens inter-ethniques l’année dernière, qui visait à réguler le comportement des non Moscovites, en vue de leur bonne intégration dans la capitale. Le code prévoyait notamment l’interdiction de marcher dans la ville en tenue traditionnelle.

Cette volonté de l’église d’influer sur les comportements est à comprendre dans une double logique. Tout d’abord tenter de sauver une structure familiale garante d’une démographie en bonne santé et qui est aujourd’hui gangrénée par la tentation, les avortements et les divorces. Mais surtout désamorcer les tensions pouvant résulter de la cohabitation à Moscou de nombreux peuples aux habitudes et mœurs très différentes. L’archiprêtre l’avait annoncé en décembre dernier, l’église orthodoxe va désormais interférer dans la politique et se poser en garant de la cohabitation et de l’harmonie entre les communautés. Comme je l’avais écrit dans une précédente tribune, le maintien du fragile modèle multiculturel russe est en effet menacé par la confrontation des mondes modernes et traditionnels.

Bien entendu, cette phrase de l’archiprêtre a provoqué un tollé dans les milieux laïcs, féministes ou libéraux, mais en revanche elle a immédiatement trouvé le soutien du clergé musulman de Russie, des représentants des autorités juives du pays, ou encore du président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov. Quoi qu’on puisse donc penser, individuellement, d’une telle initiative contre les excès de la mini jupe, on doit admettre que ses objectifs sont nobles, et se féliciter quand à la concorde religieuse qu’elle à permis d’établir sur le sujet.