Author Archives: Alexandre Latsa

About Alexandre Latsa

Frussien, père de famille, chef d’entreprise à Moscou, entrepreneur géopolitique et russophile positif. Co-auteur du livre “Putin’s new Russia” (en anglais et en russe) et auteur du livre “Mythes sur la Russie“, disponible lui uniquement en russe et un “Printemps RUSSE” disponible en Francais. Ce journal d’un Frussien traite de la Russie. Vous pouvez me contacter par email : alexandre.latsa@gmail.com, Ou me suivre sur Twitter https://twitter.com/Frussien Instagram https://www.instagram.com/frussien/ Telegram https://t.me/alexandrefrussien

Mon précieux permis de résidence!

L’article original a été publie sur Ria Novosti.

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Un ami m’a téléphoné il y a quelques jours. C’est un français qui réside en Russie et qui ne travaille qu’en freelance, sans être salarié par une société locale. Il a diverses activités et est basé en Russie depuis de nombreuses années en utilisant des visas d’affaires. Il voulait savoir par quelle démarche commencer pour obtenir un permis de résidence. La question est d’actualité: Les visas d’affaires permettaient de résider en Russie de façon permanente jusqu’à novembre 2007, date à laquelle l’administration russe a appliqué aux ressortissants de l’Union Européenne un principe de réciprocité sur les conditions de séjour.

Explication: A plusieurs reprises pendant les dernières années, les autorités russes ont proposé aux autorités de l’UE une simplification réciproque des formalités de séjour pour les touristes et les travailleurs migrants, mais les autorités européennes ont fait la sourde oreille, c’est la racine du problème. Ainsi, depuis 2007, les visas d’affaires délivrés aux ressortissants de l’UE comportent une clause interdisant à leurs titulaires de résider en Russie plus de 90 jours d’affilée par tranche de 180 jours. Un casse tête pour nombre d’européens et aussi pour nombre de sociétés étrangères qui utilisaient jusque là cette méthode pour faire travailler des étrangers sans leur obtenir de permis de travail, afin de s’épargner dépenses et démarches administratives compliquées.
Le vote de cette loi en novembre 2007 et la crise financière en 2008 ont considérablement alourdi la situation des sociétés étrangères en Russie en les incitants soit à régulariser la situation de leurs salariés étrangers, soit à préférer l’embauche de russes. Conséquence: De plus en plus d’Européens choisissent de régulariser leur situation en Russie en devenant résidents permanents. Choix de vie (lire à ce sujet la passionnante interview de Guillaume Dubuis dans le dernier courrier de Russie) et/ou mariage, et/ou débouchés économiques sont souvent les raisons qui poussent nombre d’européens dans cette direction.
Permis de travail, permis de séjour, permis de résidence, visa d’entrée, visa de sortie, invitations, autorisations et enregistrement obligatoire représentent souvent un labyrinthe incompréhensible pour des étrangers qui ne sont pas encore russophones. De quoi s’agit-il et comment devient-on un résident dans ce nouveau far-est?
La méthode la plus simple est de venir en Russie avec un visa business de 3  mois renouvelable, afin d’y chercher/trouver  un travail. La société qui vous emploiera doit théoriquement avoir les quotas nécessaires, c’est-à-dire pouvoir vous obtenir une autorisation de travail en Russie (en tant qu’étranger). Cette autorisation de travail vous permet d’obtenir une invitation de travail, aboutissant à l’obtention d’un visa de travail et du permis de travail lié à ce visa. Ce permis est valable un an. Si vous l’obtenez vous poussez un “Ouf” de soulagement et ça y est vous pouvez désormais séjourner et travailler légalement sur le territoire de la Fédération de Russie pendant un an.
Petit détail important: l’enregistrement est fait par votre société et il est obligatoire. Attention, en cas de démission ou de licenciement, la société vous désenregistre et fait annuler votre permis de travail, vous ne gardez donc que le visa. Depuis peu, les spécialistes étrangers bénéficient de visas longue durée (3 ans) et ce afin de faciliter la migration professionnelle et l’installation d’étrangers qualifiés dans le pays.
Cette année de travail peut aussi bien se passer et si vous survivez à Moscou, vous pourrez sans doute y trouver une vie exaltante et passionnante et… L’amour bien sur! Les femmes russes sont réputées pour leur grande beauté et leur incroyable féminité et cette réputation n’est pas usurpée. L’amitié franco-russe étant ancienne, les Français ne sont pas les étrangers les plus mal vus, c’est la magie de la “French touch” qui opère! Vous voilà donc marié, titulaire d’un permis de travail et avec une envie de vous intégrer un peu plus dans ce grand pays qu’est la Russie, comment faire?
L’étape suivante est l’obtention d’un permis de séjour, appelé en russe le “разрешение на временное проживание“. Ce tampon dans le passeport vous autorise à séjourner sur le territoire de la Fédération de Russie pendant trois ans et de bénéficier d’un enregistrement pour les trois ans de validité du document. Ce visa de séjour comporte malgré tout quelques restrictions pour le franchissement des frontières. Tout d’abord il nécessite un visa de sortie (valide pour la durée du visa de séjour soit trois ans) et qu’il vous faut utiliser à chaque sortie du territoire russe. Ce visa nécessite également de remplir la carte de migration à chaque entrée sur le territoire russe, qui est en quelque sorte le document d’enregistrement de votre visa sur le territoire de la Fédération de Russie. Enfin je précise que ce permis de séjour ne vous attribue pas le statut de résident aux yeux de la loi russe.
Mais il vous permet d’obtenir un permis de travail valide pour trois ans, sans que celui-ci ne soit forcément lié à la société qui vous emploie. A partir de là, votre  statut professionnel s’apparente au statut des travailleurs de la CEI, et déjà il vous tire vers l’est et vous éloigne un peu de l’ouest. Vous glissez doucement vers une forme d’assimilation administrative, à vous de faire suivre, en parallèle, l’assimilation linguistique et culturelle. Un an après avoir reçu ce visa de séjour, il vous faudra faire votre déclaration de revenus et confirmer que vous avez bien passé au moins 180 jours sur le territoire de la fédération durant  l’année écoulée.
Le grand moment approche puisqu’avec ce justificatif, vous pouvez demander à passer à l‘étape suivante pour obtenir le permis de résidence ou “Вид на жительство“. Ce document confère le statut de résident, est valable cinq ans et est tout à fait original puisqu’il s’agit d’un véritable passeport pour étranger délivré par la Fédération de Russie, et non plus d’un simple tampon dans votre passeport. Ce sésame vous libère de quasiment de toute contrainte, vous n’avez désormais plus besoin ni de visa de travail, ni de carte de migration à l’entrée du territoire ni même de visa de sortie. Il vous faudra juste une fois l’an déclarer vos revenus. A titre professionnel, vous avez désormais un statut équivalent à celui d’un biélorusse sur le marché du travail. A titre administratif vous avez quasiment les droits d’un citoyen russe, hormis le droit de vote.
L’obtention de ces deux derniers documents peut se faire via des agences spécialisées mais également en direct au FMS (Service fédéral des migrations) de votre quartier, pour qui est suffisamment russophone et un tant soit peu aventurier. Contrairement à ce qui se raconte ici ou là, tout est faisable conformément à la loi, et sans payer aucun pot de vin à qui que ce soit. Pour autant la procédure peut comporter des rebondissements, des attentes imprévues et réserver des surprises inattendues, voire désagréables. Des difficultés qui devraient pouvoir amener certaines âmes sensibles à se cogner la tête contre les murs si ce n’est plus, pendant que les plus solides rongeront leur frein en prenant leur mal en patience, surtout après des heures et des heures d’attente en hiver dans des endroits pas forcément chauffés, et alors que la température avoisine les -20 degrés.
L’organisation postsoviétique de ce service des migrations, couplé à la relative dureté des fonctionnaires qui y travaillent (et  qui ont pour spécialité de demander en permanence des documents ne figurant pas sur les listes données au départ) sont à mon sens la plus solide expérience pour qui souhaite une intégration réelle dans le pays. La difficulté de dépôt du dossier confère une valeur quasi-sentimentale à ces documents, sans doute la première manifestation de l’intégration. Pourtant même après dépôt, l’angoisse vous saisit et ne vous lâche pas car on ne s’intègre pas en Russie sur un claquement de doigts, le pays n’est pas un hôtel et rien n’y est jamais définitivement acquis. Le pays est de plus victime de sa popularité et les demandes de travail, séjour et résidences sont de plus en plus nombreuses. J’ajoute qu’en étant marié vous êtes hors quotas, peu importe le nombre de demandes, le service des migrations les traitera, y compris la votre. Sans être marié, vous pouvez faire la demande d’obtention mais a titre d’exemple, un millier de permis de séjour trois ans sont délivrés à Moscou, alors qu’il y a entre 7.000 et 9.000 demandes par mois. Après réception de ce permis de résidence, renouvelable indéfiniment, vous êtes presque un citoyen de la Fédération de Russie. La seule étape qui peut vous rester est l’obtention de la nationalité russe. Pour en arriver là, il  vous faudra d’abord renier votre nationalité d’origine. Mais si vous en êtes déjà arrivé à ce point, c’est que vous n’avez sans doute plus besoin de mes conseils…

Russie : malgré les apparences, Dimitri Medvedev a toujours été fidèle à Poutine

Retour sur la future passation de pouvoir entre Vladimir Poutine (qui redeviendra Président) et Dimitri Medvedev (qui passe de la présidence au poste de Premier ministre). Un duo souvent incompris en Occident…

Contrairement a ce qui a été affirmé jusqu’à présent le tandem qui dirige la Russie n’a pas éclaté. Au contraire, celui-ci n’a jamais paru aussi solide. Les affirmations des kremlinologues sur une tension évidente entre l’actuel président, Dimitri Medvedev, et son Premier ministre Vladimir Poutine se sont avérées pour l’instant totalement fausses. Le président Dimitri Medvedev, qui dirigeait le comité électoral de Vladimir Poutine en 2000 pour sa première élection est en effet un fidèle allié de ce dernier. Le choix de Vladimir Poutine de désigner Dimitri Medvedev comme son successeur de 2008 à 2012 ne tient pas non plus au hasard.

Dimitri Medvedev a expliqué lors du dernier congrès de Russie Unie que ce plan de partage du pouvoir pour 2018 était un accord passé entre eux il y a cinq ans, soit avant qu’il ne devienne président. Cet accord a donc juste été maintenu et appliqué. Dimitri Medvedev ne s’est pas laissé influencer par des conseillers ambitieux qui l’incitaient à se présenter « au forcing » en s’opposant à Vladimir Poutine. Il a au contraire joué la fidélité et est resté dans ses fonctions de président souverain, ce qui s’est confirmé ces derniers jours, avec la démission musclée du Ministre des finances, Alexei Koudrine, pourtant réputé proche de Vladimir Poutine. Pour la petite histoire, ce dernier reprochait au soi disant libéral Medvedev de vouloir trop augmenter le budget militaire.

Dans un autre ordre d’idées, un des conseillers de Dimitri Medvedev a lui simplement estimé que la candidature de Vladimir Poutine était le pire qu’il pouvait arriver à la Russie. Preuve qu’il y a une certaine liberté d’expression même au cœur du pouvoir russe.

Les théories qui prévoyaient un début de retrait de la vie politique de Vladimir Poutine se sont également avérées erronées. En effet, âgé de 60 ans en 2012, il n’aura donc que 66 ans en 2018 en cas de réélection soit seulement 1 ans de plus que Jacques Chirac en 2007 à la fin de son second mandat. En cas de réélection l’année prochaine, Vladimir Poutine en 2018 aura régné 14 ans comme président, soit autant que François Mitterand de 1981 à 1995. Vladimir Poutine est de très loin (toutes les enquêtes et sondages l’ont confirmé) l’homme politique russe le plus populaire de la décennie. Alors bien sûr de nombreuses interrogations restent en suspens, notamment la question du remplacement de l’actuel ministre des Finances, un poste au combien important sur fond de crise financière mondiale.

Le score du parti Russie-Unie aux élections législatives de décembre prochain sera également important avant la présidentielle. Transformé en « Front Populaire », Russie Unie présente presque 1/3 de candidats issus de la société civile (sportifs, bikers, hommes d’églises..). Le résultat des élections sera donc un bon indicateur de la façon dont les citoyens russes perçoivent la potentielle réélection de Vladimir Poutine. Après tout, dix ans après son arrivée au sommet de l’état, une guerre, des attentats et une grave crise économique, celui-ci jouit encore d’un taux de popularité supérieur à 60%.

Poutine, Medvedev : prophètes en leur pays

En 2012, les Russes devront élire un président. Dans un article précédent publié dans Atlantico, Cécile Vaissié contestait le caractère démocratique de cette élection. Blogueur spécialisé dans la région, Alexandre Latsa lui répond. Selon lui, “Les électeurs russes sont libres et les résultats électoraux conformes a la volonté populaire”.

Alors que la Russie se prépare aux prochaines échéances électorales, qu’en est-il de la situation politique ? Tout d’abord il faut revenir en arrière pour bien comprendre la situation. Un an après l’élection de Vladimir Poutine en mars 2000, alors que le pays sort d’une décennie de chaos et d’une crise économique terrible qui a détruit l’économie et ruiné le peuple, un parti de gouvernement est créé, Russie-Unie. Ce parti est destiné à structurer l’action politique du nouveau pouvoir russe, avec un objectif simple : reconstruire la Russie pour en faire un état souverain. Le préambule du manifeste de Russie Unie l’explique en ces mots : « Russie Unie est le parti du succès de la Russie, le parti du redressement de tout le pays ».

Tout au long de la dernière décennie, le parti va globalement susciter l’adhésion de la majorité des électeurs russes. Pourquoi ? Le système politique instauré s’est accompagnée d’un réel décollage économique qui se traduit par la baisse de la pauvreté, par l’apparition d’une classe moyenne russe ou encore par des hausses régulières et indexées des pensions et retraites. Pour les Russes qui n’ont jamais été aussi riches qu’aujourd’hui, la corrélation est facile à faire. Les chiffres ne mentent pas, Russie Unie à obtenu 40 % aux législatives de 2003 et 64 % aux élections de 2007. Le candidat de Russie Unie a la présidentielle a lui obtenu 52 % en 2000 et 70 % en 2004 et 2008.

Une maturation politique difficile et tardive

Pour la majorité des Russes, la stabilité et l’ordre priment sur l’idéologie, surtout après le terrible désordre des années 1990. Ce n’est d’ailleurs qu’en 2009 que Russie Unie, parti centriste, a défini sa ligne politique. Un programme a été défini par les trois clubs de pensée du parti : social-conservateur, libéral-conservateur et étatique-patriotique. L’idéologie officielle du parti (le conservatisme russe) a été pour la première fois indiquée. Pourquoi seulement maintenant ? Car jusqu’à récemment, il fallait lutter pour conserver l’État.

C’est aussi pour cette raison que les partis dit libéraux ou d’opposition sont très ouvertement décriés car ouvertement assimilés au chaos des années 1990 et à l’immixtion étrangère, n’étant pas considérés comme ayant participé à la reconstruction nationale. Leur poids électoral n’a cessé de baisser: 12 % aux élections législatives de 1993, 7 % aux élections législatives de 1995 et 1999, 4 % en 2003 et 2 % en 2006 (à comparer au 1,5 % du candidat libéral à l’élection présidentielle du 2 mars 2008).

En outre, le permanent soutien affiché de pays étrangers à cette soi disant opposition libérale (dont le peuple russe ne veut clairement pas) a considérablement parasité et ralenti la maturation de la scène politique russe. Au sein des partis de gouvernements, le spectre politique est aujourd’hui très large mais le débat n’est pas public et surtout il est loin des influences extérieures. La naissance des partis Juste Cause (libéral de droite et qui englobe un des partis d’opposition libérale) et Russie juste (parti de gauche tendance socialiste) sont sans doute des indicateurs d’un embryon d’élargissement de la vie politique russe, et de sa transformation vers un bipartisme ou un tripartisme.

Les résultats électoraux conforme à la volonté du peuple russe

Comparer les intentions de vote avant les élections et le résultat de ces élections est intéressant. En 2008, deux mois avant les élections prés de 80% des électeurs déclaraient souhaiter voter pour Dimitri Medvedev, celui-ci obtenant au final 72%. Même scénario lors de la précédente présidentielle de 2004 ou Vladimir Poutine était crédité de69,3% des voix avant les élections, il a finalement obtenu 71%.

Bien-sûr on assiste à des polissages électoraux dans certaines régions, (principalement dans certaines parties du Caucase) mais cela ne représente qu’un pourcentage infime du corps électoral russe. Les électeurs sont donc libres et les résultats électoraux conformes a la volonté populaire. Contrairement à ce que l’on peut souvent lire ça et la, les faits sont têtus, l’adhésion au tandem dirigeant reste très élevée en Russie, récemment interrogé (juillet dernier) 69% des électeurs indiquaient souhaiter voter aux prochaines élections de l’automne 2011 pour Russie Unie.

Verso l’Eurasia!

Русскую версию можно прочитать здесь
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La settimana scorsa, ho scritto un forum in cui ho sostenuto che l’Europa occidentale farebbe bene a lasciare il girone atlantista per costruire un’alleanza economica e politica con il blocco europeo orientale, creandola intorno all’alleanza doganale Russia/Bielorussia/Kazakistan. Penso che per una Unione Europea indebitata, i crisi di espansione e fortemente dipendente sul piano dell’energia, questo approccio potrebbe fornire nuovi mercati di esportazione, sicurezza energetica, potenziale di crescita economica  importante e anche una nuova visione politica. Dopo la pubblicazione di questo testo, uno dei miei lettori, David, mi aveva inviato il seguente commento: “Non riesco a capire che cosa la vostra unione eurasiatica potrebbe fare con l’Unione Europea (…) Vedi l’Europa arrivare in Kazakistan?” 
La domanda di David è fondamentale, a mio parere. La prima risposta che voglio dargli è questa: l’Europa non è l’Unione europea, il cui ultimo allargamento risale al 2004, e sapendo che nessun ulteriore allargamento  è seriamente preso in considerazione, fino ad oggi. Lo spazio europeo ha 51 Stati e l’Unione europea  ha solo 27 membri. L’UE non è a mio parere, in alcun modo una finalità, ma un passo nella costruzione di una grande Europa continentale, da Lisbona a Vladivostok , una Europa per sua natura eurasiatica, poiché geograficamente presente in Europa e in Asia. 

 
Le discussioni sui limiti dell’allargamento dell’Unione europea hanno portato a delle La settimana scorsa, ho scritto un forum in cui ho sostenuto che l’Europa occidentale farebbe bene a lasciare il girone atlantista per costruire un’alleanza economica e politica con il blocco europeo orientale, creandola intorno all’alleanza doganale Russia/Bielorussia/Kazakistan. Penso che per una Unione Europea indebitata, i crisi di espansione e fortemente dipendente sul piano dell’energia, questo approccio potrebbe fornire nuovi mercati di esportazione, sicurezza energetica, potenziale di crescita economica  importante e anche una nuova visione politica. Dopo la pubblicazione di questo testo, uno dei miei lettori, David, mi aveva inviato il seguente commento: “Non riesco a capire che cosa la vostra unione eurasiatica potrebbe fare con l’Unione Europea (…) Vedi l’Europa arrivare in Kazakistan?” 
La domanda di David è fondamentale, a mio parere. La prima risposta che voglio dargli è questa: l’Europa non è l’Unione europea, il cui ultimo allargamento risale al 2004, e sapendo che nessun ulteriore allargamento  è seriamente preso in considerazione, fino ad oggi. Lo spazio europeo ha 51 Stati e l’Unione europea  ha solo 27 membri. L’UE non è a mio parere, in alcun modo una finalità, ma un passo nella costruzione di una grande Europa continentale, da Lisbona a Vladivostok , una Europa per sua natura eurasiatica, poiché geograficamente presente in Europa e in Asia.

contraddizioni: la Russia non sarebbe l’Europa si può spesso leggere, mentre in genere, gli stessi commentatori, Ucraina, Bielorussia e Turchia dovrebbero al contrario integrarsi all’Europa. Bisognerebbe davvero spiegare perché la Russia non è europea, mentre l’Ucraina, la Bielorussia o la Turchia sì. Oggi, né l’UE a 27, in stato di quasi fallimento, o la Russia da sola, tuttavia, hanno la forza ed i mezzi per far fronte ai giganti come l’America in declino, o i due giganti del  futuro, India e soprattutto Cina, praticamente certa di diventare la prima potenza mondiale in questo secolo. La Russia, come gli Stati europei occidentali, sono ora ognuno impegnato, a sua volta, in una politica di alleanze per rafforzare le loro posizioni regionali e la loro influenza globale.

Dopo il crollo dell’Unione Sovietica, l’estensione verso est dell’Unione europea sembrava inevitabile. Questa estensione, insieme ad una espansione della NATO, è stato fatto in uno spirito di scontro con il mondo post-sovietico. Ma la rinascita della Russia negli ultimi anni e lo shock finanziario del 2008, hanno seriamente cambiato la  situazione. La terribile crisi finanziaria affrontata dall’Unione europea è forse la garanzia più assoluta che l’Unione europea non si espanderà più, lasciando alcuni paesi europei sulla soglia, l’Ucraina in testa. Andrej Fedjashin lo ricordava a pochi giorni fa: “In questo momento di crisi, poche potenze europee pensano alla possibile adesione all’UE di un altro paese povero della periferia orientale (Ucraina …) Per di più, l’estensione a un paese di quasi 46 milioni di persone, che conosce una costante crisi politica ed economica“. Quanto alla Russia, appartenente alla famiglia europea, sarebbe ingenuo pensare che la ricostruzione non passi tramite il massimo consolidamento delle relazioni con gli Stati del vicino estero, vale a dire, dello spazio post-sovietico, nella logica dell’Eurasia.
 
Mentre l’Europa occidentale è attualmente utilizzato come testa di ponte dell’America, che impone un vero e proprio scudo di Damocle con lo scudo missilistico, è tempo di prendere in considerazione una collaborazione tra Europa e spazio post-sovietico, e di concentrarsi su ciò che sta accadendo a est, intorno alla nuova unione doganale guidata dalla Russia. La scorsa settimana è stata ricca di eventi di grande importanza. La recente condanna della musa della rivoluzione arancione a sette anni di prigione, probabilmente ha contribuito ad allontanare l’Ucraina dall’Unione europea e ad avvicinarla un po’ di più all’unione doganale animata dalla Russia. Mentre il presidente russo è stato in Ucraina la scorsa settimana, l’Unione europea ha annullato un incontro con il presidente ucraino, anche se le discussioni sulla creazione di una zona di
libero scambio con l’Ucraina erano in corso. Allo stesso tempo, gli 11 Stati della CSI (Armenia, Azerbaigian, Bielorussia, Kazakistan, Kirghizistan, Moldova, Uzbekistan, Russia, Tagikistan, Turkmenistan e quindi l’Ucraina) hanno firmato l’accordo sulla creazione di una zona di libero scambio. Lo stesso giorno, il primo ministro Mykola Azarov ha detto che l’Ucraina sta valutando l’adesione all’Unione doganale Russia-Bielorussia-Kazakistan, non ritenendo una contraddizione la potenziale appartenenza a queste due aree di libero scambio.
 
Più a est, da Mosca è arrivata la grande scossa del Primo Ministro Vladimir Putin, che ha annunciato la plausibile creazione dell’unione  eurasiatica per il 2015. Il Primo Ministro ha ricordato per il resto, che la cooperazione all’interno della Comunità Economica Eurasiatica (CEEA) era la priorità assoluta per la Russia. Questoprogetto di unione eurasiatica si basa sull’Unione doganale in vigore con la Bielorussia e il  Kazakistan, a cui possono unirsi tutti gli Stati membri della Comunità Economica Euroasiatica. Il Kirghizistan (unione doganale) e Armenia
(unione eurasiatica) hanno infatti già dichiarato il loro sostegno ai progetti di integrazione eurasiatica. 
L’organizzazione   attualmente al centro del continente eurasiatico, non è solo economica opolitica, ma è anche militare; nel 2001 con la creazione di una struttura di cooperazione militare eurasiatica: l’Organizzazione della Cooperazione di Shanghai. Questa organizzazione è composta da sei membri permanenti: Russia,
Cina, Kazakistan, Kirghizistan, Tagikistan e Uzbekistan. India, Iran, Mongolia e Pakistan sono membri osservatori, mentre lo Sri Lanka e Bielorussia hanno lo status di partner.  La SCO riunisce così ora 2,7 miliardi di persone.

Quest’anno, l’Afghanistan ha chiesto lo status di osservatore mentre la Turchia (seconda potenza militare della NATO) , ha chiesto di aderire completamente all’organizzazione. Stati arabi come la Siria, l’anno scorso hanno anche espresso il loro interesse per la struttura. Ora possiamo legittimamente chiedere quando è che gli Stati europei decideranno di unirsi alla SCO, per completare questa integrazione continentale.
Questo cambiamento riflette il passaggio globale inevitabile al mondo multipolare, che non sarà più sotto il dominio occidentale. Per gli europei occidentali, è tempo di guardare ad est del loro continente. Il nuovo centro eurasiatico, organizzato intorno alla Russia, è probabilmente il più promettente.
 
Traduzione di Alessandro Lattanzio – SitoAurora

К Евразии!

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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На прошлой неделе я написал статью, в которой утверждал, что Западной Европе не мешало бы выйти из-под атлантистской опеки для образования политического и экономического альянса с евро-восточным блоком, создающимся вокруг таможенного альянса Россия – Беларусь – Казахстан. Мне кажется, что для обремененного долгами Европейского Союза, не имеющего возможности для расширения, и чрезвычайно зависимого в энергетическом плане, такой подход мог бы обеспечить новые экспортные рынки, энергетическую безопасность, возможность экономического роста, а также новое политическое видение. После публикации этого текста один из моих читателей, Давид, прислал мне следующий комментарий: «Я с трудом понимаю, что общего у твоего Евразийского союза с ЕС (…) Ты считаешь, что Европа простирается до Казахстана?»

 

 
Вопрос Давида является, на мой взгляд, фундаментальным. Первое, что я хотел бы ему ответить, заключается в следующем: Европа ― это не только ЕС, последняя волна расширения датируется 2004 годом, и на сегодняшний день никакое дальнейшее расширение всерьез не планируется. Европейское пространство насчитывает 51 государство, а ЕС ― это только 27 из них. ЕС не является, на мой взгляд, самоцелью, это лишь этап в построении большой континентальной Европы, от Лиссабона до Владивостока, Европы по природе евроазиатской, простирающейся географически и в Европе, и в Азии.

Дискуссии о пределах расширения ЕС привели к противоречиям: часто можно прочитать, что Россия не является европейской страной, тогда как ― по мнению тех же комментаторов ― Украина, Белоруссия и Турция, напротив, должны быть интегрированы в Европу. Действительно, следовало бы объяснить, почему Россия якобы не европейская страна, если Украина, Белоруссия или Турция таковыми являются. Сегодня, ни находящийся в состоянии, близком к банкротству, ЕС 27 стран, ни Россия в одиночестве не имеют сил и средств, чтобы противостоять гигантам: находящейся на закате Америке или двум будущим великим державам, Индии и особенно Китаю, который практически гарантированно станет ведущей мировой державой к середине этого века. Россия, как и западноевропейские государства, сегодня вовлечены в политику создания альянсов для укрепления своих региональных позиций и глобального влияния. 


После распада Советского Союза, расширение ЕС на восток казалось неизбежным. Это расширение, наряду с расширением НАТО, происходило в духе конфронтации с постсоветским миром. Но возрождение России в последние годы и финансовые потрясения 2008 года серьезно изменили ситуацию. Тяжелейший финансовый кризис, происходящий в Европейском Союзе, несомненно, является абсолютной гарантией того, что ЕС больше не будет расширяться, оставив некоторые европейские страны, во главе с Украиной, на пороге. Андрей Федяшин напомнил об этом несколько дней назад: «В период кризиса, немногие европейские державы хотят думать о возможном членстве в ЕС еще одной бедной страны с восточной периферии (… Украина …) Страны, в которой проживают 46 миллионов жителей, и которая постоянно находится в политическом и экономическом кризисе». 


Что же касается России, особенного члена европейской семьи, было бы наивно думать, что ее реконструкция будет происходить иначе, чем через максимальное укрепление связей с государствами ближнего зарубежья, то есть на постсоветском пространстве, и в логике евроазийства. 


Хотя Западная Европа в настоящее время является плацдармом Америки, которая навязывает ей настоящий Дамоклов щит в виде щита противоракетного, настало время начать сотрудничество между Европой и постсоветским пространством и поинтересоваться тем, что происходит на востоке, вокруг нового таможенного союза, возглавляемого Россией. Прошлая неделя была богата событиями огромной важности. Недавний приговор в семь лет тюрьмы символу оранжевой революции, вероятно, способствовал некоторому отдалению Украины от Европейского Союза и ее сближению с таможенным союзом во главе с Россией. В то время как президент России на прошлой неделе находился на Украине, Европейский Союз отменилвстречу с украинским президентом, а также дискуссии о создании зоны свободной торговли с Украиной. В это же время 11 государств СНГ (Армения, Азербайджан, Беларусь, Казахстан, Кыргызстан, Молдова, Узбекистан, Россия, Таджикистан, Туркменистан и Украина) подписали соглашение о создании зоны свободной торговли. В тот же день премьер-министр Николай Азаров заявил, что Украина в настоящее время рассматривает вопрос о присоединении к Таможенному союзу Россия – Беларусь – Казахстан, не видя противоречия в принадлежности к этим двум зонам свободной торговли.


 
Но самая поразительная новость пришла из Москвы, поскольку премьер-министр Владимир Путин объявил о возможном создании к 2015 годуЕвразийского союза. Премьер-министр также напомнил, что сотрудничество в рамках Евразийского экономического сообщества (ЕврАзЭС) являетсяабсолютным приоритетом для России. Этот проект евразийского союза основан на действующем Таможенном союзе с Беларусью и Казахстаном, к которому могут присоединиться все государства-члены ЕврАзЭС. Кыргызстан (Таможенный союз) и Армения (ЕврАзЭс) уже заявили о своей поддержке этих проектов евразийской интеграции. 


Происходящая в настоящее время организация в центре евразийского континента является не только экономической или политической, но также военной, поскольку в 2001 году была образована структура по евразийскому военному сотрудничеству: Шанхайская организация сотрудничества. Эта организация состоит из шести постоянных членов: России, Китая, Казахстана, Кыргызстана, Таджикистана и Узбекистана. Индия, Иран, Монголия и Пакистан имеют статус наблюдателей, а Шри-Ланка и Беларусь ― статус партнеров. ШОС объединяет сегодня 2,7 миллиардов человек.  


В этом году статус наблюдателя запросил Афганистан, а Турция (вторая военная держава НАТО) просит о полном присоединении к организации. Арабские страны, как Сирия, в прошлом году также выразили свою заинтересованность в этой структуре. Сегодня вполне закономерно можно задаться вопросом, когда же европейские страны предпочтут присоединение к ШОС, чтобы завершить эту континентальную интеграцию.


 
Эти глобальные изменения отражают неизбежный сдвиг к многополярному миру, который больше не будет находиться под западным доминированием. Для западноевропейцев пришло время взглянуть на восток их континента. Новый евразийский полюс, который организуется вокруг России, вероятно, является самым многообещающим.


 

 

Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

Vers l’Eurasie

L’article original a été publie sur Ria Novosti.

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La semaine dernière, j’ai écrit une tribune dans laquelle je soutenais que l’Europe de l’ouest aurait intérêt à sortir du giron atlantiste pour construire une alliance économique et politique avec le bloc euro-oriental en création autour de l’alliance douanière Russie/Biélorussie/Kazakhstan. Il me semble que pour une union européenne endettée, en panne d’élargissement, et très dépendante sur le plan énergétique, cette orientation pourrait apporter de nouveaux marchés à l’exportation, la sécurité énergétique, un potentiel de croissance économique important et aussi une vision politique nouvelle. Suite a la publication de ce texte, un de mes lecteurs, David, m’a envoyé le commentaire suivant : “j’ai du mal à saisir ce que ton union eurasienne pourrait faire avec l’UE (…) Tu vois l’Europe aller jusqu’au Kazakhstan”?

La question de David est fondamentale, à mon avis. La première réponse que j’ai envie de lui faire est la suivante: L’Europe n’est pas que l’UE, dont la dernière vague d’élargissement date de 2004, et sachant qu’aucune autre vague d’élargissement n’est à ce jour sérieusement envisagée.  L’espace européen compte 51 états, et l’UE n’en est qu’à  27 membres. L’UE n’est à mon avis en rien une finalité, mais une étape dans la construction d’une grande Europe continentale, allant de Lisbonne a Vladivostok, une Europe par nature eurasiatique puisqu’étalée géographiquement en Europe et en Asie.
Les discussions sur les limites de l’élargissement de l’UE ont amené à des contradictions: La Russie ne serait pas européenne peut on souvent lire, alors que généralement pour les mêmes commentateurs, l’Ukraine, la Biélorussie ou la Turquie devraient à contrario  intégrer l’Europe. Il faudrait en effet expliquer en quoi la Russie ne serait pas européenne, si l’Ukraine, la Biélorussie ou encore la Turquie le sont. Aujourd’hui, ni l’UE à 27 en état de quasi banqueroute, ni la Russie seule n’ont cependant la force et les moyens de pouvoir faire face aux géants que sont l’Amérique sur le déclin, ou les deux grands de demain, l’Inde et surtout la Chine, quasi-assurée de devenir la première puissance mondiale au milieu de ce siècle. La Russie comme les états européens de l’ouest sont donc aujourd’hui et chacun de leur côté engagés dans une politique de création d’alliances afin de renforcer leurs positions régionales, et leur influence globale. 

 

Après l’effondrement de l’Union Soviétique, l’extension vers l’est de l’union européenne semblait inévitable. Cette extension, accompagnée d’un élargissement de l’OTAN, s’est faite dans un esprit de confrontation avec le monde post soviétique. Mais la renaissance de la Russie ces dernières années et le choc financier de 2008 ont lourdement modifié la situation. La crise financière terrible que connaît l’union européenne est sans doute la garantie la plus absolue que l’UE ne s’agrandira plus, laissant certains états européens sur le seuil de la porte, Ukraine en tête. Andrei Fediachine le rappelait il y a quelques jours: “En cette période de crise, peu de puissances européennes veulent penser à une éventuelle adhésion à l’UE d’un autre pays pauvre de la périphérie orientale (…l’Ukraine…) Qui plus est l’extension à un pays de près de 46 millions d’habitants qui connaît constamment une crise politique et économique”. 

 

Quand à la Russie, membre à part de la famille européenne, il serait bien naïf de penser que sa reconstruction ne se fasse pas via une consolidation maximale des relations avec les états de son étranger proche, c’est-à-dire dans l’espace post soviétique, et dans une logique eurasiatique.
Alors que l’Europe de l’ouest sert actuellement de tête de pont à l’Amérique, qui lui impose un réel bouclier de Damoclès avec le bouclier anti-missile, il est grand temps d’envisager une collaboration entre l’Europe et l’espace post soviétique et de s’intéresser à ce qui se passe à l’est, autour de cette nouvelle union douanière animée par la Russie. La semaine dernière a d’ailleurs été riche en événements de très grande importance. La récente condamnation de l’égérie de la révolution orange à sept ans de prison a sans doute contribué à éloigner un peu plus l’Ukraine de l’union européenne et la rapprocher un peu plus de l’union douanière animée par la Russie.
Pendant que le président russe se trouvait la semaine dernière en Ukraine, l’union européenne annulait une rencontre avec le président ukrainien alors même que les discussions concernant la création d’unezone de libre échange avec l’Ukraine étaient en cours. Au même moment les 11 états de la CEI (l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Moldavie, l’Ouzbékistan, la Russie, le Tadjikistan, le Turkménistan et donc l’Ukraine) ont signé un accord sur la création d’une zone de libre échange.
Le même jour le Premier ministre Mykola Azarov a affirmé que l’Ukraine réfléchissait désormais a une adhésion à l’Union douanière Russie-Bélarus-Kazakhstan, ne jugeant pas contradictoire la potentielle appartenance a ces deux zones de libre échange.
Plus à l’est, c’est de Moscou qu’est venu la plus forte onde de choc puisque le premier ministre Vladimir Poutine a annoncé la plausible constitution d’une union eurasienne a l’horizon 2015. Le premier ministre a du reste rappelé que la coopération dans le cadre de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) était la priorité absolue pour la Russie. Ce projet d’union eurasienne s’appuie sur l’Union douanière en vigueur avec la Biélorussie et le Kazakhstan, et a laquelle peuvent adhérer tous les Etats membres de la Communauté économique euro-asiatique. Le Kirghizstan (union douanière) etl’Arménie (union eurasienne) ont du reste déjà affirmé leur soutien à ces projets d’intégration eurasiatique.
L’organisation en cours, au centre du continent eurasiatique n’est pas qu’économique ou politique, mais également militaire, avec la création en 2001 d’une structure de collaboration militaire eurasiatique: l’organisation de la coopération de Shanghai. Cette organisation comprend 6 membres permanents que sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. L’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan sont des membres observateurs, tandis que le Sri Lanka et la Biélorussie ont le statut de partenaires. L’OCS rassemble donc aujourd’hui 2,7 milliards d’habitants.
Cette année, c’est l’Afghanistan qui a demandé le statut d’observateur tandis que la Turquie (seconde puissance militaire de l’OTAN) à demandé elle à adhérercomplètement a l’organisation. Des états arabes comme la Syrie ont l’année dernière également manifesté leur intérêt envers la structure. On peut aujourd’hui légitimement se demander quand est ce que des états européens choisiront d’adhérer à l’OCS, pour compléter cette intégration continentale.

Cette évolution globale traduit le glissement inéluctable vers un monde multipolaire qui ne sera plus sous domination occidentale. Pour les européens de l’ouest, il est temps de regarder vers l’est et leur continent.

Le nouveau pôle eurasiatique, qui s’organise autour de la Russie, est probablement le plus prometteur.

Демографические показатели сентября 2011

Показатели российской демографии за период с января по сентябрь 2011 доступны, и они являются весьма обнадеживающими.
 
Прежде всего, в сентябре 2011 года родились 158.052 человек против 150.999 в сентябре 2010, то есть на 7.053 больше. Смертность также уменьшилась: 153.898 смертей в сентябре 2011 года против 159.549 в сентябре 2010, то есть на 5.651 смертей меньше. Так в сентябре было на 1.402 родившихся больше, чем умерших, то есть демографическое превышение, как в предыдущем месяце.
Теперь ситуация за первые 9 месяцев года.
За девять месяцев 2011 года родилось 1.329.018 человек против 1.337.652 новорожденных за первые 9 месяцев 2010 года, то есть на 8.634 рождений меньше, но этот разрыв рождений между двумя годами значительно сократился благодаря высокому уровню рождаемости в августе и сентябре 2011 года.Смертность также существенно снизилась: с 1.453.718 умерших против 1.544.508 по
сравнению с аналогичным периодом прошлого года, или на 90.790 смертей меньше.
 
Замедление убыли населения продолжается, поскольку население России сократилось на 124.700 человек за первые 9 месяцев 2011 года, в то время как убыль населения за первые 9 месяцев 2010 года составила 206.856 человек.
 
Общий прогноз: в прошлом месяце я предвидел, что в этом году должны произойти примерно 1.750.000 рождений и 1.950.000 смертей, то есть сокращение численности населения составит 200.000 человек.
 
Можно представить себе чуть более оптимистичный сценарий, «если» эта тенденция сохранится, с почти 1.800.000 рождений и 1.930.000 смертей
Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

ЭПОХА АРКТИКИ. Часть III

Оригинальная статья была опубликована в WIN.RU

Пока канадские и датские ученые пытаются доказать, продолжением чего является знаменитый хребет Ломоносова — канадского острова Элсмир или же датской Гренландии, Россия тоже претендует на суверенитет над вышеупомянутым подводным хребтом. В 2008 году высокопоставленные российские военные уже заявляли о том, что Россия в случае необходимости должна быть готова к войне в Арктике. Начальник главного управления боевой подготовки генерал-лейтенант Владимир Шаманов заявил: «поскольку другие страны оспаривают российские арктические интересы, мы пересматриваем программы военной подготовки в связи с возможной угрозой военного конфликта в регионе». Россия также изменила программы милитаризации своих северных районов. Еще в 2010 году правительство не планировало развертыватьвойска в Арктике, однако недавно Министерством внутренних дел было принято решение о создании двух арктических бригад для обеспечения защиты национальных  интересов России в регионе.

 

Что ждёт Арктику?

Как видно из документов Организации стран-экспортеров нефти (OPEC), добыча полезных ископаемых в подводной части российской Арктики является приоритетом третьейи последней очереди, после которой уже идет переход на «вторичный метод добычи нефти» (с искусственным поддержанием энергии пласта или с искусственным изменением физико-химических свойств нефти. Несмотря на то, что добыча полезных ископаемых в Арктике является в техническом плане очень сложной, таяние ледников постепенно облегчает доступ к месторождениям. Аналитики одного из солидных исследовательских институтов Запада North Institute еще в 2008 году прогнозировали риск создания континентального альянса между Россией и Китаем, который может захотеть установить контроль над северными природными ресурсами посредством создания евразийского энергетического коридора. Подобное беспокойство демонстрирует следование американских ученых доктринам отцов англо-саксонской геополитики, одержимых навязчивым страхом отстранения Америки от контроля над территорией Арктики и от роли мирового лидера.Помимо Соединенных Штатов, граничащих с Арктикой посредством Аляски, более отдаленные страны (Китай и Иран) также заявили недавно о своих претензиях на Арктику. Торговые пути будущего, добыча природных богатств — Арктика, несомненно, станет предметом сложных переговоров и споров между государствами. У Франции имеется множествооснований для участия во внутренних делах региона, как через Европейский Союз, так и напрямую, через двусторонние дипломатические отношения с Россией.
Россия является ключевой страной, поддерживающей равновесие в регионе и способствующей его развитию. Посол Франциипо международному сотрудничеству в Арктике и Антарктике Мишель Рокар недавно напомнил следующее: «хотя нам следует уважать суверенные праваКанады в северном регионе,

эта страна возможно, не в состоянии обеспечить достаточное финансирование инфраструктур, необходимых для развития арктических торговых путей». По словам этого бывшего французского министра, «восточный путь, проходящий вдоль берегов Сибири (…) является более прямым и безопасным, хотя и немного более длинным. Россия — «арктическая держава», которая имеет в своем распоряжении большое число ледоколов, в том числе четыре новых атомных ледокола… Также у России гораздо больше преимуществ в плане портов: в канадском порте Резольют Бэй проживает всего около 280 человек, в городе Икалуите — около шести тысяч жителей, а численность населения российских портовых городов Мурманска и Архангельска составляет, соответственно, примерно 300 и 350 тысяч человек».

В то время, как на Ближнем Востоке продолжается период нестабильности, последствия которого никто пока не берется оценить,
Арктика все чаще кажется подходящим объектом для переговоров между странами Севера, а Россия все яснее представляется самой надежной альтернативой энергоснабжения ЕС и Франции, энергетические потребности которых уже к середине века на 70% будут покрываться за счет импорта. Согласно прогнозу, который сделал 20 лет назад директор Института арктических исследований и Института международного контроля окружающей среды, американский профессор Оран Янг, XXI век может стать началом арктической эпохи.

Exit Polls Elections législatives en Russie (02/12/2011)

Estimation officielle des résultats selon sondages, il ne s’agit que d’estimations, et les résultats peuvent changer ..

En parenthèse les précédents résultats lors des élections législatives de 2007..  

* ЕР (Russie Unie) ->48,5% (64%) / -15%
* КПРФ (Parti communiste) -> 19,8% (11,5%) / +8%
* СР (Russie Juste)-> 12.8% (7,8%) / +5%
* ЛДПР (LDPR) -> 11,4% (8,2%) / +3%
* Яблоко (Iabloko) -> 4,2% (2,6%) / +2%
* ПД (Pravoe Delo)-> 1,1%

ЭПОХА АРКТИКИ. Часть II

Оригинальная статья была опубликована в WIN.RU

В прошлом веке отцы современной функциональной геополитики — Хэлфорд Джон Маккиндер и Николас  Спайкмэн определилиключевые понятия, которые помогают понять геополитические события современности. По мнению этих специалистов по геополитике, мир состоит из «мирового острова» или осевого пространства мира (Хартленда),

в который входят Европа, Азия и Африка, «периферийных островов» (это Америка и Австралия) и остального мира — «мирового океана». Согласно теории Маккиндера, чтобы иметь власть над всем миром, необходимо контролировать Хартленд — зону, простирающуюся от Центральной Европы до Западной Сибири с выходом в Средиземное море, Ближний Восток, Юго-Восточную
Азию и Китай. Спайкмэн полагал, что ключевая территория находится не в центре евразийского континента, а на его периферии,
в кольце «береговых земель», которые он назвал «Римлендом». По мнению Спайкмэна, для того, чтобы играть роль ведущей державы
на мировом уровне, США должны контролировать государства, входящие в «Римленд».

На самом деле, Маккиндер и Спайкмэн адаптировали более старые теории к реалиямXX века. Альфред Тайер Мэхен уже показал, что для США важно иметь могущественный военный флот, чтобы стать ведущей морской державой — каковой и была Америка  на протяжении XX века. Намного раньше, в XVII веке великий английский мореплаватель сэр Уолтер Рэйли утверждал следующее: «кто обладает морем, тот ведет торговлю; кто ведет торговлю, тот обладает богатством; кто обладает мировым богатством, тот обладает самим миром». Эти англо-саксонские геополитические доктрины, целью которых является достижение военного и торгового могущества, помогают понять причины глубокого противостояния между морскими державами (Англия, Америка) и державами континентальными (Германия, Россия). По теории Маккиндера, мы должны рассматривать мир сквозь призму «полярной» картографии, позволяющей чётко определить центр «мирового острова»: речь идет о зоне, включающую в себя территорию современной России, Украину, Беларусь, Кавказ и Казахстан, а также побережье Северного, аспийского и Черного морей.

В «мировом острове» находятся энергетические  зоны Евразийского континента и связывающие их энергетические транспортные коридоры, а также береговые земли, открывающие доступ к морям. Для нас совершенно очевидно, что северной границей «осевого
пространства мира» является российская Арктика на всем своем протяжении от северной точки Норвегии до Берингова пролива. Принимая во внимание «полярную» теорию Маккиндера, становится понятен выбор стратегических целей в данном регионе, а также причины, по которым во время холодной войны Арктика сразу оказалась поводом для конфронтации между двумя великими державами той эпохи — США и Советским Союзом. По мнению Жана-Клода Безида
1, в тот момент Арктика стала «геополитической линей раздела влияния двух держав». И в 2011 это утверждение кажется как никогда современным.

Краусс Клиффорд, журналист и сотрудник  исследовательского центра «Совет по международным отношениям» (Council
on Foreign Relations) считает, что «территориальные притязания происходят по всему миру, но именно в Арктике эксперты предсказывают наибольшее число конфликтов» (Нью-Йорк Таймс, октябрь 2005).

Если во время холодной войны Арктика рассматривалась как самый короткий путь для атаки противника, то климатические изменения, происходящие на нашей планете в настоящее время (глобальное потепление и таяние ледников) вновь вызывают повышенный интерес к данному региону: появляются новые морские торговые пути между Западом и Азией — более короткие, рентабельные и безопасные (благодаря отсутствию пиратства). Действительно, с 1979 года площадь арктических льдов сократилась на 20%, а к 2100 году она должна сократиться еще на 50%2.
Внимания заслуживают два следующих маршрута:
 
— Северный Морской путь, который идет вдоль севера России и, обогнув побережье Сибири, позволяет выйти из Атлантического в Тихий океан. Этот маршрут протяженностью 13 тысяч км. на сегодняшний день считается «единственным и наиболее доступным путем, связывающим Мурманск с Владивостоком и природные месторождения российского Крайнего Севера и Сибири между
собой».

— Северо-западный путь, который, проходя через крайний север Канады между арктическими островами, соединяет Атлантический и Тихий океаны. Канадское правительство настаивает на том, что этот маршрут проходит через внутренние воды страны. США
и Франция, напротив, утверждают, что данный морской путь должен иметь статус международного пролива.

Для сравнения, морской путь Роттердам — Токио в сопоставлении с Северо-восточным российским путем длиннее на 14 100 км, а с канадским Северо-западным путем — на 15 900 км, Суэцкого канала он длиннее на 21100 км, а Панамского — на 23 300 км.
Очевидно, что позиции России и Канады совершенно неприемлемы для других государств, которые хотят, чтобы морские пути этих двух северных стран считались международными проливами. В любом случае, открытие этих новых торговых путей сделает водное пространство Арктики стратегически значимой артерией, связывающей Западный мир и Азию.

Конечно, холодная война давно закончилась, и непосредственного риска военного столкновения нет. Однако в 1999 году, после прихода к власти Владимира Путина, в России начался процесс обновления, и это послужило причиной определенных сдвигов в отношениях стран, расположенных в северном полушарии. Сейчас Россия в состоянии твердо отстаивать свое мнение на международной арене. Что касается Арктики, то на данный момент эта зона привлекательна не только новыми морскими путями. Регион богат полезными ископаемыми, залегающими в недрах океана. Предполагается, в Арктике. В 2010 году сибирское отделение Российской Академии наук3 подсчитало, что арктические запасы должны достигать приблизительно 90 миллиардов тонн нефти и 250 000 миллиардов кубометров газа. Для сравнения — в Тихом океане 10 млрд тонн нефти и около 25 000 млрд кубометров газа,
в Атлантическом 35 млрд тонн нефти и 65 000 кубометров газа, а в Индийском 40 млрд тонн нефти и 70 000 млрд кубометров газа. Арктика также богата разнообразными полезными ископаемыми (никель, железо, фосфаты, медь, кобальт, уголь, золото, олово, вольфрам, уран и серебро). Наконец, регион обладает крупнейшим запасом пресной воды на планете (Гренландия
4).

В последние годы самая настоящая милитаризация Арктики идёт полным ходом. Действительно, пять стран имеют территориальные притязания в регионе: это США, Канада, Россия, Дания и Норвегия. Все страны, за исключением России, являются членами НАТО.
К конфликту присоединились Великобритания, Финляндия и Швеция. Во время холодной войны правительство США уже сформировало сеть авиабаз, которые впоследствии были модернизированы и стали неотъемлемой частью сети радиолокационных станций, включенных в систему противоракетной обороны.  Сейчас Канада и США сотрудничают в сфере обеспечения надежного
наблюдения и контроля северного воздушного пространства в рамках объединенного Командования воздушно-космической обороны Северной Америки
 (NORAD5).


Кроме всего прочего, Канада периодически повторяет намерения утвердить свой суверенитет на значительной части  онтинентального арктического шельфа и обеспечивать эффективный контроль над данным участком территории с помощью усиления своего военного присутствия
6. Масштабные военные учения в рамках НАТО уже проводятся ежегодно, и с каждым годом их размах все значительнее. Пример тому — учения под названием Nanook7. Число стран-участников этих совместных натовских учений растет с каждым годом. В 2011 году, к примеру, в них принимало участие сто иностранных солдат и тысяча сто канадских военнослужащих8. «Север — это наша территория. Мы хотим показать нашим иностранным партнерам, что присутствуем в регионе, в этом наша цель», — признался капитан 3-го ранга Люк Трембли в интервью Радио-Канада сразу после окончания операции9. Правительство страны также недавно приняло решение об увеличении численности личного состава своих арктических бригад.