Author Archives: Alexandre Latsa

About Alexandre Latsa

Frussien, père de famille, chef d’entreprise à Moscou, entrepreneur géopolitique et russophile positif. Co-auteur du livre “Putin’s new Russia” (en anglais et en russe) et auteur du livre “Mythes sur la Russie“, disponible lui uniquement en russe et un “Printemps RUSSE” disponible en Francais. Ce journal d’un Frussien traite de la Russie. Vous pouvez me contacter par email : alexandre.latsa@gmail.com, Ou me suivre sur Twitter https://twitter.com/Frussien Instagram https://www.instagram.com/frussien/ Telegram https://t.me/alexandrefrussien

Pre-résultats des élections législatives

 

Résultats préliminaires des élections après dépouillement de 10 a 12% des bulletins.
 
* ЕР (Russie Unie) ->45,95% (64%) / -18%

* КПРФ (Parti communiste) -> 20,73% (11,5%) / +9,23%
 
* ЛДПР (LDPR) -> 14,42% (8,2%) / +6,12%
 
* СР (Russie Juste)-> 13.35% (7,8%) / +5,55%
 
* Яблоко (Iabloko) -> 2,6% (2,6%) / =
 

 

Conférence à MGIMO

Hier vendredi 2 décembre 2011 j’ai eu la joie de pouvoir donner une conférence devant les étudiants du club francophone de MGIMO.  Le thème était ” “Le traitement de la Russie dans les médias français”.

Le compte rendu de l’intervention sur le site de MGIMO est disponible ici.
 
L’Institut d’État (université) des relations internationales de Moscou (MGIMO) auprès du Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie (en russe Московский государственный институт международных отношений (Университет) МИД России (МГИМО)) est un centre de formation et d’enseignement très prisé, spécialisé dans le domaine des relations internationales.
 
L’auditoire était a majorité russe, compose des étudiants du club francophone de MGIMO.

Конференция в МГИМО – Conférence a Mgimo


Общество друзей Франции приглашает вас: Конференция на французском в пятницу, 2 декабря 2011 года в 16:00 в МГИМО, в ауд. 4147

Гость. 
Александр Латса (Alexandre Latsa) – 34-летний француз, проживающий в России. Он работает старшим консультантом в отделе кадров крупных французских групп и предприятий в России. Он также является журналистом и в настоящее время ведет еженедельную колонку о России для РИА Новости. Он занимается сайтом Dissonance, который посвящен освещению в СМИ России, а также геополитике и демографии Евразии. Кроме того, Александр Латса работает с различными аналитическими центрами, в том числе, с Институтом международных и стратегических исследований (IRIS) и Институтом геополитических исследований Евразия-Riviesta.

Резюме.
Если рассматривать, каким образом сегодня происходит освещение России во французских СМИ, можно констатировать, что сейчас существует некая «русофобия в СМИ», которая особенно выражается в большом количестве ложных или предвзятых новостей, а также постоянных нападок на российскую систему управления. Если это наблюдение сделано значительным большинством читателей этих СМИ, которые мало знают о России, остается открытым вопрос, откуда же сегодня происходит такое давление СМИ на Россию. Выступающий попробует объяснить само появление и причины такой «информационной войны», а также ответить на вопрос, почему на такое давление ориентирована французская пресса.


Conférence du vendredi 02 décembre a 16 heures au MGIMO, en sale 4147

L’auteur
Alexandre Latsa est un Français de 34 ans qui réside en Russie. Il travaille comme Consultant Senior dans les ressources humaines pour les grands groupes français installés en Russie. Il est également journaliste et tient une rubrique hebdomadaire consacrée a la Russie d’aujourd’hui pour RIA Novosti. Il anime le site Dissonance consacré au traitement médiatique de la Russie, mais également à la géopolitique et la démographie de l’Eurasie. Enfin, il collabore avec divers Think-Tanks dont l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) ou encore l’institut d’études géopolitiques Eurasia-Riviesta.

Synopsis
En examinant de près le traitement médiatique réservé à la Russie d’aujourd’hui dans les médias français, on constate qu’il existe une réelle “Russophobie médiatique”, axée sur la production importante de nouvelles fausses ou biaisées, mais également la production récurrente de thèmes hostiles a la gouvernance russe.
Si ce constat est fait par la grande majorité des lecteurs de ces supports qui connaissent un peu la Russie, la question reste ouverte de savoir d’où vient cette pression médiatique envers la Russie d’aujourd’hui. L’auteur s’efforcera donc d’expliquer les origines et les manifestations de cette guerre médiatique, mais aussi d’expliquer pourquoi cette orientation de la presse française.

Le point demographique de novembre 2011

Les chiffres de la démographie russe pour la période de janvier à novembre 2011 sont disponibles. Tout d’abord le mois de novembre 2011 a vu 156.028 naissances, contre 148.731 en octobre 2010, soit 7.297 naissances en plus. La mortalité est elle aussi en baisse avec 158.330 décès en novembre 2011 contre 159.247 en novembre 2010 soit 917 décès en moins.
Maintenant la situation pour les 11 premiers mois de l’année 2011. Il y a eu 1.638.835 naissances sur 11 mois en 2011 contre 1.636.157 naissances sur les 11 premiers mois de 2010, soit 2.768 naissances de plus.  La mortalité est elle en baisse, avec 1.768.495 décès contre 1.862.875 sur la même période l’année dernière, soit 94.380 décès en moins.    Sur les 11 premiers mois de 2011 la population a baissé de 129.660 habitants contre une baisse de 226.718 habitants pour les 11 premiers mois de 2010.    On peut donc pronostiquer cette annee entre 1.760.000 et 1.800.000 naissances, et entre 1.910.000 et 1.940.000 décès. La baisse naturelle de population devrait se situer entre 120 et 150.000 habitants, un record depuis 1996! 

Pour les cinquante prochaines années, il vaut mieux vivre en Russie.

Le courrier de Russie a récemment fait une interview de Oncle-Vania, que les lecteurs de DISSONANCE connaissent déjà pour ses analyses de qualité sur ce blog.

Une interview décapante 🙂


Читать по-русски

Le Courrier de Russie : Si je vous dis « ivresse » ?
Jean-Michel Cosnuau : La Russie elle-même transpire l’ivresse : en arrivant ici, c’est comme si vous aviez été enfermé longtemps dans un espace confiné et que, d’un coup, vous respiriez : ce grand pays, cette liberté individuelle… c’est enivrant. Les Russes gèrent leur surmoi avec la vodka, tout ici est extrême. Le zapoï [pratique consistant à ne pas cesser de boire et d’être ivre pendant plusieurs jours, menant à un état second, ndlr], d’ailleurs, n’existe qu’ici : j’avais un partenaire qui me rendait fou, régulièrement, il partait boire pendant trois semaines. À certaines soirées d’entreprises dans l’un des clubs que j’avais, des mecs en costard-cravate finissaient la tête dans le potage, ou par se taper dessus… mais au moins, entre eux tout était clair.


LCDR : Comment un sociologue finit-il patron de boîte de nuit à Moscou ?

J.M.C. : J’ai un background politique et social, c’est vrai, j’ai notamment été conseiller de Jack Lang pendant deux ans… sans jamais être dans un parti. Je suis toujours resté borderline Ensuite, j’ai été directeur d’une agence de publicité à Paris. À une époque, j’ai commencé à développer en France et en Espagne des bars rock qui s’appelaient Chesterfield Café : je m’occupais alors du planning stratégique de Philip Morris et c’était un moyen de détourner les lois anti-tabac en faisant venir des groupes pour la promotion du bar. L’idée m’avait tellement plu que j’en ai monté plusieurs : et c’est comme ça que je suis arrivé à Moscou, pour ouvrir un autre Chesterfield Café. Je me suis associé avec le patron du Hungry Duck. Et je suis toujours là. Depuis, j’ai monté une quinzaine de bars, restaurants, clubs…

LCDR : Qu’est-ce qui vous a décidé à rester ?
J.M.C.  : Ma femme, qui était moitié russe moitié kabyle, venait de trouver la mort dans un accident d’avion [le vol TWA 800, ndlr] en 1996 : j’ai décidé que c’était le moment de changer de vie. J’avais eu la chance de grandir dans une famille bourgeoise, d’avoir des parents très fortunés, et là j’arrivais, personne ne me connaissait, je repartais de zéro… c’était énergisant.

LCDR : Comment s’est passée votre intégration à la vie russe, parti de rien ?
J.M.C.  : Je me suis senti immédiatement chez moi. Ma mère était une Juive communiste de Varsovie et son père avait lui-même des origines du côté d’Odessa… je ne m’étais pas trop perdu, finalement ! C’était un peu comme dans cette série américaine, Amicalement vôtre : j’avais un super appartement à Paris avec Edward Mitterrand comme roommate, et je me suis retrouvé dans une petitekommounalka qui sentait le chou et dans laquelle je me suis senti beaucoup mieux. C’était un espace de liberté comme on n’en a plus en Europe.

LCDR :Dans quel sens ?
J.M.C.  : Ici l’individu est libre, il n’y a pas cette pression sociale qui existe en France. Les gens qui ne connaissent pas la Russie ont vite fait de la qualifier de dictature, de traiter Poutine de tyran… Le choix du dirigeant est ici plus limité, certes, mais l’individu est moins écrasé. Je ne comprends pas comment les classes moyennes survivent en France : les gens sont assommés de taxes, tout est interdit. Sur n’importe quelle publicité là-bas, vous pouvez lire : « Mangez des légumes, bougez, faites ceci, cela…» et bientôt quoi ? Il faudra leur rappeler de penser, de respirer ?!




LCDR : À quoi tient cette différence, selon vous ?
J.M.C.  : Les Russes sont plus libres car ils ont gardé leur archétype d’homme libre : barbare, mais dans un sens positif. Au bout de vingt ans de Russie, tout ce vernis de pseudo-civilisation s’érode car les Russes ne portent pas de masque, ils ont un surmoi moins prononcé qu’en Europe. Je pense que l’orthodoxie a un poids culturel radicalement différent de celui du catholicisme, les gens ici ont une vision différente du plaisir, du rapport à l’autre… La Russie a eu la chance d’être christianisée 1000 ans après tout le monde : et si on considère comme moi que la civilisation est le début de la décadence, eh bien c’était 1000 ans de sursis.

LCDR
 :
 Vous êtes orthodoxe ?
J.M.C.  : Je me suis converti à l’orthodoxie il y a six ans : en fait j’y suis arrivé par le bouddhisme et la méditation. Je me rends régulièrement dans un monastère, où mon ex-compagne vit désormais. Je ne suis pas un orthodoxe sérieux, le côté rituel m’agace, toutes ces églises et ces babouchkas… Mais la vie monastique est une vraie vie en communauté, on est débarrassé du fardeau matériel. La relation orthodoxe au péché est véritablement différente : mon père était très jésuite, j’en sais quelque chose ! Il n’y a pas de réelle culpabilité en Russie. Les Russes savent que la condition humaine implique de pécher, alors ils demandent l’aide de Dieu pour continuer à le faire et à mieux le supporter!

LCDR : Qu’en est-il des rapports homme-femme ?
J.M.C.  : Les rapports homme-femme en Occident sont hallucinants ! Les hommes sont émasculés par le système, ils ont peur de tout et rêvent tous de devenir fonctionnaires ; et les femmes sont agressives sous prétexte qu’il faut défendre la parité. Chez nous, Tristane Banon attaque Dominique Strauss-Kahn parce qu’il a essayé de l’embrasser : ici, dans les clubs, les Russes mettent la main aux fesses des jolies filles, au mieux elles rient, au pire ils dégagent : c’est plus sain, non ?



LCDR
 : 
Et dans vos clubs, avec les danseuses, ça se passe comment ?
J.M.C.  : À Moscou, les clubs de strip-tease font partie du paysage, c’est accepté socialement : j’ai ouvert le premier parce qu’on me l’a proposé et que ça m’a amusé. La seule chose, c’est que je n’ai jamais touché un centime sur les filles : les clubs russes prennent 50% sur leurs gains ; chez nous, elles paient leur entrée comme tout le monde et font ce qu’elles veulent. L’unique règle, c’est un test de maladies vénériennes et de consommation d’héroïne, une fois par mois.


LCDR : Vous n’avez jamais eu de problèmes ?
J.M.C.  : Non. Quand les filles ne veulent pas, que le mec ne leur plaît pas, elles refusent, c’est aussi simple que ça. La plupart d’entre elles viennent pour trouver quelqu’un ! Il n’y a pas de show, pas de filles qui se baladent complètement à poil… Nous avons un restaurant excellent, de la musique, des salons : c’est très informel, bon enfant. Le côté voyeur me dérange. J’avais une mère féministe, vous savez !

LCDR : Vos bars, vous les avez imaginés et construits comment ? 
J.M.C.  : Spontanément. Ma femme, qui est décédée, était architecte à New-York, c’est elle qui m’avait initié au design… Et à Moscou, on faisait ce qu’on voulait : au Voodoo Lounge, le premier club avec une terrasse en extérieur, on servait du plov et des brochettes à 5h du matin.


LCDR : Et maintenant, on ne fait plus ce qu’on veut ?
J.M.C.  : Je regrette un peu le Moscou d’avant. Les rapports étaient moins codés, il n’y avait pas encore de classes sociales, maintenant ça s’est embourgeoisé… Au Hungry Duck, le bar le plus délirant de la planète, on trouvait le représentant du Dalaï-Lama, l’équipe de la station Mir, les grands du FSB : tous saouls jusqu’à 6h du matin.

LCDR : C’était grisant ?
J.M.C.  : Oui. Le monde de la nuit m’a apporté  beaucoup de rencontres : des acteurs, des écrivains, des flics véreux, des bandits… c’est plutôt marrant ! Mais j’ai fini par vendre plusieurs clubs, j’ai monté une maison d’édition, Stepnoï Veter [le vent des steppes, ndlr], pour laquelle j’ai fait traduire quelques bouquins de philosophie, j’ai publié Marek Halter… J’avais aussi créé, avec ma compagne, l’équivalent des Restos du cœur : ça s’appelait Sobornost. On distribuait près de quatre ou cinq tonnes de nourriture par mois aux retraités. Au début des années 2000, on gagnait beaucoup d’argent et on ne payait pas d’impôts, alors on redistribuait un peu : ça me coûtait 25 à 30 000 dollars de bouffe par mois.


LCDR : Une sorte de redistribution des richesses en circuit fermé ?
J.M.C.  : Vous voyez, le seul truc qui me dérange un peu en Russie c’est l’ampleur de la corruption : jusqu’à quel point les élites vont-elles encore arriver à se servir ? On entend parler de milliards de dollars qui se volatilisent ! Un peu de corruption est nécessaire, bien sûr, il faut fluidifier les rapports. Mais c’est fini la grande époque où on pouvait appeler un milicien pour qu’il vous emmène à l’aéroport parce que vous étiez en retard ! On rigolait bien, ils étaient souvent saouls… en échange de quelques dollars, ils mettaient le gyrophare. Il faut juste faire attention à ne pas trop accroître l’écart entre la situation des autorités et celle de la classe moyenne.

LCDR : C’est-à-dire ?
J.M.C.  : Les Français ont du mal à imaginer que la classe moyenne russe vive mieux qu’eux: pourtant, elle est souvent propriétaire de ses appartements, ne paie que très peu d’impôts… La volonté de Poutine de remettre la Russie sur le devant de la scène internationale et d’enrichir la classe moyenne est une stratégie qui a du sens. Voyons juste comment tout cela va évoluer… Medvedev avait comme principal objectif d’endiguer la corruption – résultat, elle a été multipliée par dix.


LCDR : Vous soutenez Vladimir Poutine?
J.M.C.  : Le soutenir ? Mais soutenir qui ?! Il n’y a pas d’alternative de toute façon ! Nous verrons bien : j’ai des échos mitigés, j’entends des critiques que je n’entendais pas avant. Mais il faut de la stabilité en Russie : au moins Poutine a déjà été président, il est riche, il va peut-être se mettre à travailler. Si on en met un autre, il commencera par vouloir s’enrichir… La démocratie formelle, après tout…  Regardez ce qu’on a, nous : en politique étrangère, Nicolas Sarkozy ne tient pas la route, et j’imagine assez mal Hollande rencontrer Poutine sans avoir l’air ridicule.


LCDR
 :
 Qu’est-ce que vous lui souhaitez, à la Russie ?
J.M.C.  : J’espère que l’âme russe prévaudra sur cette espèce de décadence civilisationnelle. Mais il y a encore de la marge… Quand je vais au monastère, je me retrouve vraiment dans une communauté hippie. Bon, ils ont viré les trois trucs les plus marrants à savoir le sexe, la drogue et le rock’n’roll, mais il reste quand même cette entraide, cet esprit… Cette ivresse justement. En tous cas, pour les cinquante prochaines années, il vaut incomparablement mieux vivre en Russie.

Quel avenir pour les chemins de fer russes?

L’article original a été publie sur Ria Novosti.

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Le réseau ferré russe est l’héritier de l’immense réseau ferré construit à l’époque de l’URSS. A l’époque, il s’agissait de relier les villes d’un territoire neuf fois plus vaste que l’Union européenne d’aujourd’hui. La taille continentale de la Russie  fait que les voyages en train peuvent durer des jours et des nuits, comme c’est le cas pour le très fameux transsibérien qui met une semaine pour parcourir les 9.500 km du trajet. Notez que  depuis peu vous pouvez visionner tout l’itinéraire sans quitter votre salon en cliquant ici). Peut être à cause de cette immensité et de la durée des voyages, l’organisation de la vie dans les trains russes est bien particulière. C’est une réalité banale pour les russes, mais presque une aventure pour les étrangers qui voyagent en Russie.


Les trains des grandes lignes sont très confortables et les wagons sont larges (les voies russes sont plus larges que les voies européennes: 1.520 mm contre 1435 mm). Ils comportent tous des wagons lits. Il existe 3 catégories principales que sont les compartiments pour deux passagers avec service renforcé (“luxe” ou “SV”), les compartiments pour 4 (“coupé”) et des wagons couchettes sans portes (“platzkarte”). Les trains comportent généralement des wagons restaurants et de plus en plus souvent des wagons réservées aux femmes mais également de nombreux services luxueux, d’un standing international. Le train est placé sous l’autorité d’un chef de train. Un grand samovar trône à l’extrémité de chaque wagon et permet d’obtenir de l’eau chaude jour et nuit pour les indispensables thés qui accompagnent les voyages de russes. Et surtout, dans chaque wagon, il y a le  “provodnik”. Le plus souvent c’est une femme, appelée la“Provodnitsa”. Elle est le personnage clef, presque l’âme du wagon. Elle a un compartiment-bureau-couchette en face du samovar, et elle s’assure du bon déroulement du voyage. De la vérification des billets à la distribution des draps et couvertures ou encore à la maintenance du samovar précité, la “Provodnitsa” est un maillon essentiel du voyage, elle veille sur le bien-être des voyageurs.
La Compagnie des chemins de fer russes (Российские железные дороги, РЖД ou RZD) est la compagnie publique des chemins de fer en Russie. La RZD est l’une des plus grosses compagnies ferroviaires au monde, avec 1,3 millions de salariés, elle assure 80 % du transport passagers en Russie, soit 1,3 milliard de passages / an et 82 % du transport du fret, soit 1,2 milliard de tonne/an. La RZD exploite un réseau de 86.000 Km de voies (chiffres de 2009), elle possède 600.000 wagons de marchandises, 25.000 voitures de passagers et 13.000 locomotives. La compagnie pèse environ 3,5 % du PIB russe et est dirigée depuis 2005 par Vladimir Ivanovitch Iakounine, un proche de Vladimir Poutine. Vladimir Iakounine  est également co-président  de l’association Dialogue Franco-russe, qui est devenue un instrument majeur de communication directe entre les élites politiques, économiques et culturelles des deux pays.
Le réseau ferré russe a créé une ligne à grande vitesse entre Moscou et Saint-Pétersbourg (Le Sapsan) et le réseau de trains à grande vitesse devrait d’ici à 2020 relier les principales grandes villes de la moitié ouest du pays, comme on peut le constater ici.
Nombre de ces lignes pourraient être mises en place à l’occasion de la Coupe du monde de football 2018 qui se déroulera en Russie, et certaines existent déjà entre l’Europe et la Russie, comme c’est le cas pour la Finlande. Un projet de TGV est également prévu entre ces deux pôles économiques.
Mais l’est du pays n’est pas en reste puisque lors du dernier Forum d’affaires international du secteur ferroviaire “Partenariat stratégique 1520” (31 mai – 2 juin, Sotchi) une rencontre s’est tenue entre le Président du Gouvernement de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et les représentants d’administrations ferroviaires russes et étrangères, d’entreprises de production d’équipement ferroviaire, de banques et d’autres compagnies. La rencontre a permis de définir le développement futur du secteur ferroviaire du pays, notamment la rénovation puis la modernisation en profondeur du secteur des chemins de fer dans les années à venir, ainsi que le développement des lignes Baïkal-Amour-Magistral (BAM) et Transsibérien. Le plan prévoit également le développement du réseau ferroviaire dans les régions enclavées d’extrême orient, en complément du projet de voie ferrée sous le détroit de Béring, afin de désenclaver ces régions et revivifier la Sibérie orientale. Le 3 novembre 2011, le Présidium du gouvernement de Russie a examiné la question des “projets concernant le programme d’investissement et le plan financier de RZD pour l’année 2012 et la période 2013 et 2014”. Comme l’a annoncé à l’issue de la réunion Vladimir Iakounine, le montant total du programme d’investissement de la compagnie sur trois ans devrait atteindre 1.100 milliards de roubles (26 milliards d’euros), dont 411,6 milliards de roubles (9,7 milliards d’euros) pour la seule année 2012.
Mais RZD a également de nouveaux  partenariats à l’international. Vers l’Ouest, c’est le 12 décembre 2011 que partira le premier train Moscou – Berlin – Paris. Cet itinéraire symbolique passera par le territoire de cinq pays : Russie, Biélorussie, Pologne, Allemagne et France. En période d’hiver, le train prendra le départ trois fois par semaine. Pendant l’été, il y aura cinq départs hebdomadaires.  Les chefs de voiture du train Moscou – Berlin – Paris ont été sélectionnés sur concours: les candidats doivent posséder un diplôme d’enseignement supérieur et la connaissance d’une langue étrangère. Les employés ont suivi un programme de formation spéciale et étudié les langues étrangères: allemand, anglais et français. En outre, les membres des brigades de trains ont suivi en France des formations consacrées aux règles de sécurité. Le personnel du wagon-restaurant parlera russe, polonais et anglais.  Les prix des billets varient de 330 euros (2de classe) à 1.050 euros (luxe) pour un adulte et de 150 a 525 euros pour les enfants. La ligne fait 3.177 km. La vitesse maximale des trains Moscou – Berlin – Paris sera de 200 km/h. Cette ligne complète la ligne Moscou – Nice, lancée le 23 septembre 2010, et dont les tarifs sont sensiblement les mêmes. En un an, plus de 6.000 passagers ont réalisé ce  voyage de Moscou à la côte d’azur. Cette ligne est le plus long itinéraire ferroviaire transeuropéen (3.200 Km). Elle  franchit les frontières de sept pays : Russie, Biélorussie, Pologne, République tchèque, Autriche, Italie et France. Sur ce trajet, la vitesse maximale des trains est de 160 km/h. Le temps de parcours entre Moscou et Nice est de 50 heures et 23 minutes.
Vers l’est, c’est le réseau eurasiatique qui se développe. La RZD a inauguré le 15 août de cette année une ligne touristique Moscou Pékin. Le train comporte deux wagons restaurants, un wagon bar, un wagon salle à manger, et un wagon spécial équipé de cabines de  douche destiné aux passagers voyageant dans les voitures-couchettes et les voitures-lits. Les passagers des voitures luxe ont un cabinet de toilette dans  leurs compartiments. Le trajet dure 15 jours, avec des escales et des programmes touristiques dans les villes de Kazan, Ekaterinbourg, Novossibirsk, Krasnoïarsk, Irkoutsk, Oulan-Oude, Oulan-Bator et Erlian. Parmi les excursions, un tour sur le lac Baïkal. Au cours du voyage, les voyageurs se verront proposer des plats de la cuisine nationale et des produits gastronomiques.  En outre, ils pourront  assister à des soirées musicales, visionner des films et s’essayer à l’apprentissage de la langue russe. Le service est assuré en sept langues. Une autre ligne régulière Pékin -Moscou a également été mise en service par la RZD, et d’autres projets de coopération sont en cours avec l’Indonésie, la Mongolie et la Corée du nord.
Enfin et pour finir, sachez qu’en Russie, la journée du cheminot est célébrée le 07 aout. Vous pouvez trouver beaucoup d’informations complémentaires sur le site de la RZD, dans sa version anglaise pour les lecteurs non russophones. Il ne me reste qu’à vous conseiller de voyager en train en Russie, c’est une expérience inoubliable. Dans les trains russes, il y a un « savoir vivre ensemble » qui étonne toujours les étrangers. Bon voyage à  tous !

Какое будущее у российских железных дорог?

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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Российская железнодорожная сеть является наследницей огромной сети железных дорог, построенной во времена СССР. В то время предстояло соединить между собой города на территории в девять раз большей, чем сегодняшний Европейский Союз.  Континентальный размер России приводит к тому, что путешествие на поезде может длиться многие дни и ночи, как  в случае со знаменитой Транссибирской магистралью, требуется неделя, чтобы преодолеть все ее 9.500 км (обратите внимание, что с недавних пор вы можете увидеть весь маршрут, не выходя из своей гостиной, кликнув здесь).

Возможно из-за этой необъятности и продолжительности путешествий, организация жизни в российских поездах особенная. Для россиян это обыденная реальность, но почти приключение для путешествующих по России иностранцев.

Поезда на основных направлениях очень удобны, а вагоны просторные (российская колея шире, чем европейская: 1.520 мм против 1.435 мм). Во всех поездах есть спальные вагоны. Существуют три основные категории: двухместные купе с улучшенным обслуживанием («люкс» или «СВ»), четырехместные купе и спальные вагоны без дверей («плацкарт»). В поездах, как правило, есть вагоны-рестораны, все чаще встречаются вагоны, предназначенные для женщин, а также роскошный сервис международного уровня. Поездом руководит начальник поезда. Большой самовар царит в конце каждого вагона, и круглые сутки обеспечивает пассажиров кипятком для чая, который является непременной частью российских путешествий. И самое главное, в каждом вагоне есть «проводник». Чаще всего это женщина, «проводница». Это ключевая фигура, почти душа вагона. У нее есть купе – офис – спальное место напротив самовара, она обеспечивает нормальное протекание поездки. От проверки билетов до раздачи простыней и одеял
или же поддержания работы вышеупомянутого самовара, проводница является неотъемлемой частью путешествия, она заботится о хорошем самочувствии пассажиров.

Компания «Российские железные дороги» (РЖД) является государственной компанией. РЖД ― одна из крупнейших  железнодорожных компаний мира, в которой работают 1,3 миллиона человек, она обеспечивает 80% пассажирских перевозок в России, то есть 1,3 миллиарда поездок в год и 82% грузовых перевозок, или 1,2 миллиарда тонн в год. РЖД эксплуатирует сеть из 86.000 км дорог (цифра на 2009 год), она владеет 600 тысячами грузовых вагонов, 25 тысячами пассажирских вагонов и 13 тысячами локомотивов.

Вклад компании в ВВП России составляет около 3,5%, с 2005 года ее возглавляет Владимир Иванович Якунин, близкий друг  Владимира Путина. Владимир Якунин также является сопредседателем ассоциации «Франко-российский диалог», которая стала основным инструментом прямого общения политических, экономических и культурных элит двух стран.

«Российские железнодорожные дороги» создали высокоскоростную линию между Москвой и Санкт-Петербургом («Сапсан»), к 2020 году сеть скоростных поездов году свяжет основные крупные города западной части страны, как можно увидеть здесь.

Многие из этих линий будут созданы к чемпионату мира по футболу 2018 года, который пройдет в России, а некоторые уже связывают Европу с Россией, например, с Финляндией. Планируется также создание высокоскоростных магистралей между этими двумя экономическими полюсами.

Не забыт и восток страны, поскольку во время последнего Международного делового форума железнодорожной отрасли «Стратегическое партнерство 1520» (31 мая ― 2 июня, Сочи) состоялась встреча председателя правительства Российской Федерации
Владимира Путина с представителями российских и зарубежных железных дорог, предприятий по производству железнодорожной техники, банков и других компаний. Встреча позволила определить будущее развитие железнодорожной отрасли, в том
числе реконструкцию и глубокую модернизацию железных дорог в ближайшие годы, а также развитие БАМа и Транссибирской магистрали. План также предусматривает развитие сети железных дорог в отдаленных районах Дальнего Востока, в дополнение к проекту железнодорожного тоннеля под Беринговым проливом, для вывода эти регионов из изоляции и возрождения Восточной
Сибири. 3 ноября 2011 года президиум правительства России рассмотрел вопрос «О проектах инвестиционной программы и финансового плана ОАО «РЖД» на 2012 год и на плановый период 2013 и 2014 годов». Как объявил по окончании встречи
Владимир Якунин, общий объем трехлетней инвестиционной программы компании достигнет 1,1 триллиона рублей (26 миллиардов евро), из которых 411,6 миллиарда рублей (9,7 миллиарда евро) только в 2012 году.

Но у РЖД есть и новые международные партнеры. На Запад 12 декабря 2011 отправится первый поезд Москва – Берлин – Париж. Этот символический маршрут пройдет через территорию пяти стран: России, Белоруссии, Польши, Германии и Франции. В зимний период поезда будут отправляться три раза в неделю. Летом будет пять еженедельных рейсов. Машинисты поезд Москва – Берлин – Париж были отобраны на конкурсной основе: кандидаты должны были обладать высшим образованием и знанием иностранного языка. Сотрудники прошли специальные программы обучения и изучали иностранные языки: немецкий, английский и французский. Кроме того, члены поездных бригад прошли обучение во Франции по технике безопасности. Персонал вагона-ресторана говорит на русском, польском и английском языках. Цены на билеты варьируются от 330 евро (2-й класс) до 1.050 евро (люкс) для взрослых и от 150 до 525 евро для детей. Протяженность маршрута составляет 3.177 км. Максимальная скорость поезда Москва – Берлин – Париж 200 км/ч. Этот маршрут дополняет железнодорожный маршрут Москва – Ницца, запущенный 23 сентября 2010, тарифы в котором почти такие же. В течение года более 6.000 пассажиров совершили путешествие из Москвы на Ривьеру. Этот маршрут является самым длинным трансъевропейским железнодорожным маршрутом (3.200 км). Он пересекает границы семи стран: России, Беларуси, Польши, Чехии, Австрии, Италии и Франции. На этом маршруте максимальная скорость поезда не превышает 160 км/ч. Время в пути между Москвой и Ниццей составляет 50 часов и 23 минуты.

На восток развивается евразийская сеть. 15 августа этого года РЖД открыла туристический маршрут Москва-Пекин. В поезде есть два вагона-ресторана, бар, вагон-столовая и специальн й вагон, оборудованный душевыми кабинами для пассажиров, путешествующих в плацкартных и спальных вагонах. В вагонах повышенной комфортности в купе есть туалеты. Поездка занимает 15 дней, с остановками и туристическими программами в Казани, Екатеринбурге, Новосибирске, Красноярске, Иркутске, Улан-Удэ, Улан-Баторе и Эрляне. Среди экскурсий есть тур на озеро Байкал. Во время путешествия туристам будут предложены блюда национальной кухни и местные продукты. Кроме того, они смогут посещать музыкальные вечера, смотреть фильмы и попробовать свои силы в изучении русского языка. Обслуживание обеспечивается на семи языках. Другая регулярная линия Пекин-Москва также запущена РЖД, развиваются и проекты сотрудничества с Индонезией, Монголией и Северной Кореей.

И, наконец, знайте, что в России день железнодорожника отмечается 7 августа. Вы можете найти много дополнительной информации на сайте РЖД, в его англоязычной версии для не говорящих по-русски читателей. Мне остается только посоветовать вам  путешествовать по России на поезде, это незабываемые впечатления. В российских поездах есть то «умение жить вместе», которое всегда удивляет иностранцев. Счастливого пути!

Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

4 ноября в России

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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В пятницу 4 ноября Россия отпраздновала День народного единства. Этот день праздновался в России до 1917 года и стал отмечаться вновь с 2005 года. Праздник посвящен подвигу народного ополчения, которое было сформировано в Смутное время для освобождения Москвы от польских захватчиков в 1612 году под руководством нижегородского купца Кузьмы Минина, татарина по происхождению, и
князя Дмитрия Пожарского, потомка династии Рюриковичей.

4 ноября это также религиозный праздник, поскольку православная церковь чествует икону Казанской Божьей Матери, которая помогала людям в те трудные дни. Этот День народного единства был восстановлен благодаря «Единой России», которая воспользовалась им также для исключения празднования 7 ноября, годовщины Октябрьской революции 1917 года. «Это мы представили законопроект, который предполагал внесение изменений в список праздников и исторических дат», ― не преминул напомнить Борис Грызлов, спикер Думы (нижняя палата парламента России). Российская столица, как и вся страна, отметила этот День народного единства на политический манер, поскольку все действующие лица российской политической сцены участвовали вчера в крупных митингах, но выражали совершенно различные взгляды на развитие России.

В первую очередь, разумеется, «Единая Россия», основная политическая партия России, которой удалось мобилизовать десятки тысяч сторонников по всей стране, например, 8.000 в Хабаровске, 5.000 в Кургане, по 3.000 в Майкопе и Екатеринбурге, и более 10.000 в Санкт-Петербурге. В столице России в этот день почти 32.000 человек приняли участие в демонстрациях, среди которых были 10.000 сторонников партии «Единая Россия», собравшихся наПоклонной горе на западе столицы.

Мэр столицы подчеркнул в своем выступлении необходимость единства страны, вне этнических или религиозных различий, а также необходимость борьбы против попыток разделения страны по этим же признакам. Выступление напоминало речь президента России Дмитрия Медведева, которыйнастаивал на том, что Россия должна «сохранить свое огромное преимущество ― межнациональный
мир», и напоминал, что «патриотизм, гражданские чувства и любовь к Родине являются основными ценностями, которые всегда объединяли многонациональное российское государство». «Единая Россия» была не единственной партией, которая вывела на
улицы своих сторонников.

Во всех этих митингах был привкус предвыборной кампании. Либерально-демократическая партия собрала 2-3 тысячи своих сторонников в центре столицы под лозунгом «ЛДПР за русских». Ее лидер Владимир Жириновский также подчеркнул важность хорошего знания русскими истории своей страны.

Коммунистическая партия, со своей стороны, ждала 7 ноября, чтобы отметить годовщину начала Октябрьской революции, манифестация на фоне кризиса мирового капитализма, которая должна собрать несколько тысяч сторонников в центре города. Либеральная оппозиция тоже участвовала в демонстрациях, но в Казани, где движение представило свою предвыборную программу на 18 языках малочисленных народов России, под лозунгом «Россия нуждается в переменах».

Молодежные организации также участвовали в акциях. 1.500 активистов «России молодой» (молодежное крыло «Единой России»), в том числе представители более 100 национальных меньшинств страны, приняли участие в сдаче крови под лозунгом «мы все одной крови», чтобы показать единство многочисленных народов, образующих Россию. Движение «Наши» собрало около 15 тысяч молодых людей, приглашая всех граждан федерации, которые любят свою страну, хотят в ней жить и соблюдают закон, присоединяться к ним.

Лидеры движения защищали российскую мультикультурную модель и резко осудили призывы прекратить финансирование Кавказа или предоставить независимость мусульманским республикам страны, что по их мнению может привести к кризису столь же ужасному, как и распад СССР. Наконец, Движение евразийской молодежи собрало около тысячи сторонников под лозунгами: «За Российскую империю», «Нет России без Кавказа» или «Оранжизм ― враг России».

Вопреки общему настроению всех этих демонстраций, на юго-востоке столицы около сорока российских ультранационалистических движений собрали примерно 7.000 человек под лозунгами «Россия для русских, Европа для белых!» и «Хватит кормить Кавказ». Организаторы ясно потребовали предоставить независимость некоторым беспокойным мусульманским регионам Кавказа, как Чечня или Дагестан. Как обычно, подобные сборища пользуются расположением французской прессы, которая непреминула посвятить им свои полосы, но забыла упомянуть о присутствии франкоговорящих представителей французского ультра-националистического движения, а также тот факт, что эти российскиеультранационалисты резко осуждают Владимира Путина и «Единую Россию».
Удивительным образом, в этом они могли рассчитывать на ныне знаменитого блогера Алексея Навального, известного либерала, которого французская пресса представляет героем и лидером борьбы с коррупцией в России. Объясняя свое присутствие на митинге с очевидными расистскими тенденциями, Навальный заявил AFP: «Конечно, здесь есть радикальная молодежь. Наша задача состоит в ее обучении».

Можно задать себе множество вопросов относительно существования этих небольших групп, у которых есть идеи отделения и территориальных разделов, и о том, чьим интересам они служат. Я спрашиваю, что общего у либерала вроде Алексея
Навального со скинхедами и, в особенности, кто эти «мы», о которых он говорит, кто должен обучать (интересный термин) этих ультранационалистов. Имеются в виду не только Москва и проблемы Кавказа, поскольку в Сибири или Белгороде также
были проведены митинги (не собравшие много участников) регионалистов – националистов – сепаратистов (?), призывающих к отделению от Москвы и критикующих Кремль.

Мы помним, что в Сербии в 2000 году и на Украине в 2004 году цветные революции, якобы спонтанные и демократические, начинались подобным образом. Они в значительной степени использовали энергию молодых националистов для свержения
режимов, считавшихся криптосоветскими. Странный альянс был создан между ультанационалистическим течением и течением прозападным (антикремлевским), этот союз пользовался поддержкой сотен НПО, преимущественно американских (см. интереснейший репортаж об этом).

Может ли нечто подобное произойти в России при помощи и с благословения спонсоров иностранных фондов?
 
Перевод : Уголин (Ursa-Tm)

Un 4 novembre en Russie

L’article original a été publie sur Ria Novosti.

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La Russie a célébré vendredi 4 novembre la journée de l’unité du peuple ou День народного единства. Cette fête de l’unité nationale était célébrée dans la Russie d’avant 1917 et elle l’est à nouveau depuis 2005. Elle commémore l’exploit des milices populaires qui se sont constituées pendant le temps des troubles pour libérer Moscou des envahisseurs polonais, en 1612, sous la direction de Kouzma Minine, un commerçant de Nijni-Novgorod d’origine Tatare et du prince Dimitri Pojarski, descendant de la dynastie des Riourikides.

Le 4 novembre est également une journée de fête d’après le calendrier religieux puisque l’Eglise orthodoxe rend hommage à l’icône de la Mère de Dieu de Kazan qui a aidé le peuple en ces journées difficiles. La réinstauration de cette journée de l’unité du peuple est due au parti Russie Unie qui en a  profité au passage pour évincer la célébration du 7 novembre, jour anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917. “C’est nous qui avons soumis le projet de loi proposant d’amender la liste des fêtes et dates historiques” n’a pas manqué de rappeler Boris Gryzlov, président de la Douma (chambre basse du parlement russe). La capitale russe a donc comme l’ensemble du pays célébré cette journée d’unité populaire de façon politique, puisque toutes les composantes du paysage politique russe se sont manifestées hier lors de grands rassemblements, mais en exprimant des conceptions de la Russie réellement différentes.
Il y a d’abord Russie Unie bien évidemment, principal parti politique de Russie, qui a réussi à mobiliser des dizaines de milliers de partisans à travers le pays, par exemple 8.000 à Khabarovsk, 5.000 à Kourgan, 3.000 à Maïkop ou Iekaterinbourg, ou plus de 10.000 à Saint Petersburg. Dans la capitale russe, près de 32.000 personnes ont participé à la journée d’action, dont 10.000 supporters du parti Russie unie qui se sont rassemblés au mont de la victoire dans l’ouest de la capitale. Le maire de la ville a insisté lors de son discours sur la nécessaire unité du pays, au-delà des différences ethniques ou confessionnelles, et sur la nécessaire lutte contre les tentatives de division du pays sur ces mêmes critères. Un discours assez similaire a celui du président russe Dimitri Medvedev qui a insisté sur le fait que la Russie doit “garder son énorme avantage – la paix interethnique” et également que “le patriotisme, le sens civique et l’amour de la Patrie sont les valeurs fondamentales qui ont toujours cimenté l’Etat russe multinational”. Russie Unie n’est pas le seul parti à avoir fait descendre dans la rue ses partisans.
Il y a eu dans tous ces rassemblements un petit avant goût de campagne électorale. Le parti libéral démocrate a rassemblé 2 à 3.000 de ses supporters dans le centre de la capitale sous le slogan “le LDPR pour les russes”. Son leader Vladimir Jirinovski a également insisté sur l’importance pour les russes de bien connaître l’histoire de leur pays. Le parti communiste, pour sa part, a attendu le 7 novembre pour commémorer l’anniversaire du déclenchement de la révolution d’octobre, une manifestation sur fond de crise du capitalisme mondial qui devrait a rassemble quelques milliers de supporters dans le centre ville. L’opposition libérale s’est elle aussi manifestée, mais à Kazan, où le mouvement a présenté son programme pour les élections législatives de décembre dans les 18 langues maternelles des petits peuples de la fédération de Russie, sous le slogan “La Russie a besoin de changement”.
Les organisations de jeunesse ont également participé à des actions. 1.500 activistes de “Jeune Russie” (branche jeunesse de Russie Unie) dont des représentants de plus de 100 minorités du pays ont participé à un don de sang sous le slogan “nous sommes tous du même sang” afin de montrer l’unité des multiples nations qui composent la Russie. Le mouvement Nashi a de son côté rassemblé prés de 15.000 jeunes en invitant tous les citoyens de la fédération qui aiment le pays, souhaitent y vivre et respectent la loi à se joindre à eux. Les leaders de l’association ont défendu le modèle multiculturel russe et s’en sont vigoureusement pris aux appels à arrêter de financer le Caucase ou à donner l’indépendance aux républiques musulmanes du pays, ce qui pourrait d’après eux aboutir à une crise aussi terrible que l’effondrement de l’URSS. Enfin le mouvement de jeunesse Eurasien a réuni prés d’un millier de militants sous les slogans: “Pour l’Empire russe!”, “Pas de Russie sans Caucase” ou encore “Orangisme – ennemi de la Russie”.
A contre courant de toutes ces démonstrations unitaires, dans le sud est de la capitale, une quarantaine de mouvements ultranationalistes russes ont rassemblé prés de 7.000 personnes sous les slogans “la Russie aux Russes, l’Europe pour les Blancs!” et “Il est temps d’arrêter de nourrir le Caucase”. Les organisateurs ont clairement appelé à donner l’indépendance à certaines régions musulmanes turbulentes du Caucase, comme la Tchétchénie ou le Daguestan. Comme à l’accoutumée ce rassemblement à eu les faveurs de la presse française qui n’a pas manqué d’y consacrer ses gros titres mais qui a omis de mentionner la présence de représentants francophones de la mouvance ultranationaliste française, ainsi que le fait que ces ultranationalistes russes s’en sont vigoureusement pris à Vladimir Poutine et à Russie Unie. De façon surprenante, ils pouvaient compter pour cela sur la présence du désormais célèbre bloggeur Alexeï Navalny, réputé libéral, et que la presse française nous avait pourtant présenté comme un héros et un chantre de la lutte contre la corruption en Russie. Expliquant sa présence à ce rassemblement aux tendances clairement racistes, Navalny a déclaré à l’AFP: “Bien sûr, il y a une jeunesse radicale ici. Notre tâche est de l’éduquer”.
On peut se poser beaucoup de questions sur l’existence de ces groupuscules qui ont des idées de divisions et séparations territoriales, et surtout quels intérêts ils servent. Je me demande bien ce qu’un libéral comme Alexeï Navalny pouvait bien faire au milieu de skinheads et surtout qui est ce “on” dont il parle, qui devrait éduquer (le terme est intéressant) ces ultranationalistes. Moscou et le problème du Caucase ne sont pas les seuls visés puisque en Sibérie ou a Belgorod ont également eu lieu des rassemblements (de faible importance) de régionalistes-nationalistes-séparatistes (?) appelant à la sécession de Moscou et dénonçant le Kremlin. On se souvient qu’en Serbie en 2000 et en Ukraine en 2004 les révolutions de couleurs, soit  disant spontanées et démocratiques, ont commencé avec les mêmes ingrédients. Elles ont fortement bénéficié de l’énergie des jeunes nationalistes pour renverser des régimes désignés comme crypto-soviétiques. Une curieuse alliance s’était mise en place, entre un courant ultranationaliste et un courant occidentaliste (anti-Kremlin), l’ensemble bénéficiant du soutien de centaines d’ONG principalement américaines (voir à ce sujet cet excellent reportage).

Мой драгоценный вид на жительство!

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости

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Несколько дней назад мне позвонил
друг. Это француз, который живет в России и работает как фрилансер, не являясь
сотрудником местной компании. Он осуществляет различные виды деятельности, и
многие годы живет в России по 
деловым визам.
Он хотел знать, с чего нужно начать, чтобы получить разрешение на временное
проживание. Вопрос актуальный: деловые визы давали возможность постоянного
проживания в России до ноября 2007 года, когда российская администрация
применила к выходцам из ЕС принцип взаимности по условиям пребывания.


Пояснение: в течение последних лет российские власти неоднократно предлагали
властям ЕС упростить формальности для туристов и трудовых мигрантов, но
европейские власти остались глухи, что и стало корнем проблемы. Таким образом,
с 2007 года деловые визы, выданные гражданам ЕС, включают условие о запрете их
владельцам проживать в России более 90 календарных дней в течение 180 дней. Головная
боль для многих европейских, а также иностранных компаний, которые ранее
использовали этот способ для приглашения на работу иностранцев без получения
для них разрешений на работу, что позволяло избежать расходов и сложных
административных процедур.

Принятие этого закона в ноябре 2007 года и финансовый кризис в 2008 году
значительно усложнили ситуацию для иностранных компаний в России, побуждая их
урегулировать статус своих иностранных работников, или же нанимать на работу
россиян. Результат: все больше европейцев предпочитают узаконить свое положение
в России, получая вид на жительство. Жизненная ситуация (читайте об этом
интереснейшее интервью с Гийомом Дюбюи в последнем номере “Courrier de Russie”) и/или брак, и/или экономические
перспективы часто являются причинами, которые подталкивают многих европейцев в
этом направлении.

Разрешение на работу, разрешение на временное пребывание, вид на жительство,
въездная виза, выездная виза, приглашения, разрешения и обязательная
регистрация часто представляют собой малопонятный лабиринт для иностранцев,
которые еще не говорят по-русски. О чем идет речь и как становятся резидентом в
этом новом far-est?

Самый простой способ ― это приехать в Россию с трехмесячной возобновляемой
деловой визой для того, чтобы искать / найти работу. Компания, которая вас
нанимает, должна теоретически иметь необходимые квоты, то есть возможность
получить для вас разрешение на работу в России (как иностранцу). Это позволит
вам получить приглашение, а затем рабочую визу и связанное с этой визой
разрешение на работу. Это разрешение действительно в течение года. Если вы его
получили, вы можете с облегчением сказать «Уф», все в порядке, теперь вы можете
в течение года на законных основаниях жить и работать на территории Русского
Федерации.


Небольшая существенная деталь: регистрация осуществляется вашим предприятием и
является обязательной. Внимание, в случае отставки или увольнения предприятие
отменяет вашу регистрацию и отменяет разрешение на работу, у вас остается
только виза. В последнее время иностранные специалисты имеют возможность
получения долгосрочной визы (3 года) в целях упрощения трудовой
миграции и приезда в страну квалифицированных иностранных специалистов.

Этот год работы может хорошо пройти, и если вы выживете
в Москве
, вы найдете в ней волнующую и захватывающую жизнь и… конечно,
Любовь! Русские женщины славятся своей невероятной красотой и женственностью, и
эта репутация вполне заслуженная. Франко-российская дружба имеет давнюю
историю, французы отнюдь не самые непопулярные иностранцы, а волшебство «French
touch» творит чудеса! И вот вы женаты, у вас есть разрешение на работу и
желание интегрироваться в этой великой стране, которой является Россия, что
дальше?

Следующим шагом является получение вида на жительство, которое по-русски
называется «разрешение
на временное проживание»
. Этот штамп в паспорте позволяет вам пребывать на территории
Российской Федерации в течение трех лет и иметь регистрацию во время
трехлетнего срока действия документа. Эта виза предполагает некоторые
ограничения при пересечении границ. Во-первых, требуется выездная виза (действительная
в течение всего срока визы, то есть три года), которую вы должны использовать
при каждом выезде с территории России. Эта виза также требует заполнениямиграционной
карты
 при каждом въезде на российскую территорию, что является своего
рода регистрационным документом вашей визы на территории России. Наконец, я
уточняю, что в глазах российского закона это разрешение на временное проживание
не дает вам статуса резидента.

Но оно позволяет вам получить разрешение на работу сроком на три года, без
обязательной привязки к нанимающей вас компании. Начиная с этого момента, ваш
профессиональный статус приближается к статусу работников из стран СНГ, и уже
притягивает вас на восток и немного удаляет от запада. Вы постепенно
продвигаетесь к административной ассимиляции, которую вам следует, параллельно,
дополнить ассимиляцией языковой и культурной. Через год после получения этой
визы, вам будет необходимо подать налоговую декларацию и подтвердить, что в
течение последнего года вы провели не менее 180 дней на территории Федерации.

Приближается важный момент, потому что с этим документом вы можете сделать
следующий шаг, чтобы получить вид на жительство. Этот документ дает статус резидента,
действует в течение пяти лет и является совершенно оригинальным, потому что это
настоящий паспорт для иностранца, выданным Российской Федерацией, а не
просто штампом в вашем паспорте. Эта документ освобождает вас от практически
любых ограничений, вы больше не нуждаетесь ни в рабочей визе, ни в миграционной
карте при въезде в страну, ни даже в выездной визе. Вам просто нужно раз в год
декларировать ваши доходы. Что касается работы, теперь ваш статус на рынке
труда эквивалентен статусу белоруса. С административной точки зрения вы почти
обладаете правами российского гражданина, за исключением избирательного права.

Получить эти два документа можно через специализированные учреждения, но также
напрямую через ФМС (Федеральную миграционную службу) вашего района, если вы
достаточно хорошо говорите по-русски и немного авантюрист. Вопреки тому, что
говорят здесь или там, все осуществимо в соответствии с законом и без взяток
кому-либо. Тем не менее, процедура может включать осложнения, непредвиденные
ожидания и сюрпризы неожиданные или даже неприятные. Трудности, которые могут
заставить некоторые чувствительные души биться головой об стену, если не
больше, в то время как более сильные будут принимать свои беды терпеливо,
особенно после многих часов ожидания зимой в местах, не обязательно
отапливаемых, когда температура приближается к -20º.

Постсоветская организация миграционной службы, в сочетании с относительной
суровостью служащих, которые там работают (и специальностью которых является
постоянное требование документов, не указанных в списке), является, на мой
взгляд, самым серьезным опытом для тех, кто хочет реальной интеграции в стране.
Трудность подачи документов придает им почти сентиментальную ценность,
возможно, первое проявление интеграции. Но даже после подачи документов,
тревога охватывает вас и не отпускает, потому что в России не интегрируешься
мгновенно, страна не гостиница и ничто в ней не достигается окончательно. К
тому же страна является жертвой своей популярности и запросы на предоставление
разрешений на работу, временное проживание и видов на жительство становятся все
более многочисленными. Я добавлю, что если вы женаты, вы ― вне квот, независимо
от количества заявок, миграционная служба будет их рассматривать, включая вашу.
Не состоя в браке, вы можете подать заявление на получение вида на жительство,
но, к примеру, в Москве выдана тысяча трехлетних разрешений, тогда как в месяц
подается от 7.000 до 9.000 заявок. После получения вида на жительство,
возобновляемого сколько угодно раз, вы становитесь почти гражданином России.
Единственный шаг, который возможно вам останется, это получение российского
гражданства. Однако вам будет нужно сначала отказаться от вашего
первоначального гражданства. Но если вы уже дошли до этого этапа, вам, без
сомнения, уже не нужны мои советы…



Перевод : Уголин (Ursa-Tm)