«Sur la voie d’un monde multipolaire» : synthèse du discours de Vladimir Poutine au Forum économique oriental de Vladivostok

– «Ces dernières années, des changements tectoniques se sont produits dans le système des relations internationales, le rôle des pays d’Asie-Pacifique s’est considérablement accru».

– De nombreux pays ont «besoin des ressources» russes, et en particulier du gaz, notamment la Chine en raison de sa croissance (…) Les Chinois sont «des partenaires stables».

– «Le marché européen était considéré comme primordial par le passé», précisant que cela a «cessé» avec début de la crise ukrainienne, en raison des actions des pays européens.

– Le monde ne doit pas être basé sur les «diktats» d’un pays qui s’imagine être supérieur aux autres.

– Les États-Unis, poursuivant leurs propres intérêts, ne se limitent jamais à rien et ne sont gênés par rien pour atteindre leurs objectifs

– C’est l’OTAN qui a ramené la guerre au cœur de l’Europe en bombardant Belgrade. Il s’interroge par ailleurs, au regard du précédent du Kosovo, sur le droit à l’indépendance des républiques de Donetsk et de Lougansk, que Moscou a reconnue.

– Vladimir Poutine a rappelé que des restrictions perdurent, tout en saluant l’action du secrétaire général de l’ONU pour dénouer la situation. «Ces restrictions nous empêchent de travailler dans l’intérêt des consommateurs du marché mondial et continuent à tirer les prix à la hausse, alors que les pays en développement ont besoin d’accéder aux produits agricoles».

– Les pays africains, particulièrement, ont été «trompés» par des pays «colonisateurs», qui «se moquent de l’intérêt des pays en voie de développement», (…) «Presque toutes les céréales exportées d’Ukraine sont envoyées non pas aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, mais aux pays de l’Union européenne».

– Sur les enjeux de l’opération militaire russe en Ukraine : «Nous n’avons rien perdu et nous n’allons rien perdre.» Il a par ailleurs estimé que le gain de cette offensive serait le «renforcement de notre souveraineté». Évoquant une certaine «polarisation» sur le sujet, il a estimé que celle-ci serait «bénéfique» et favoriserait l’accélération du développement de la Russie, en rejetant ce qui nuit à cela. Il est ensuite revenu sur les débuts de l’offensive russe, soulignant que les «opérations militaires [avaient] commencé en 2014 après le coup d’Etat en Ukraine par ceux [qui tentent de] supprimer leur propre population».

– «Nous n’avons rien commencé du point de vue militaire, nous essayons simplement d’y mettre un terme.» (…) «C’est notre devoir d’aider la population du Donbass, et nous le remplirons jusqu’à la fin.»

– «Le programme de développement de la route de la mer du Nord – longeant la côte arctique russe de la mer de Kara jusqu’au détroit de Béring – recevra un financement de 1,8 trillion de roubles jusqu’en 2035, a annoncé le chef de l’Etat russe.

– «L’aviation civile russe prévoit de se «rééquiper systématiquement» avec des avions produits sur son propre territoire» a annoncé le président russe.

– «Il faut continuer à renforcer l’attractivité de l’Extrême-Orient russe et encourager l’installation de nouveaux citoyens, tout comme la natalité. La construction de logements et «la modernisation des infrastructures» doivent y concourir. Les «technologies vertes» seront utilisées pour les nouveaux habitats, et des crédits plus faciles doivent encourager l’arrivée de familles et d’étudiants pour développer les villes de l’Extrême-Orient. Cela permettra de prévenir les pénuries de main-d’œuvre».

– La Russie dispose de ressources, notamment minières, sur son propre sol, et il faudra encourager l’exploitation de certains minerais tels que le manganèse, souligne le dirigeant. Les programmes d’infrastructures et de génie civil lancés dans l’Extrême-Orient appuieront le développement des échanges commerciaux : la région connaît un véritable «boom logistique mais seules les «entreprises opérant dans la juridiction russe» pourront exploiter ces ressources.

– Les volumes de fret transitant via les ports russes n’a quasiment pas diminué, et, de manière générale, «il est impossible d’isoler la Russie», (…) tandis que les sanctions contre Moscou «menacent le monde entier».

– Vladimir Poutine table sur une croissance des échanges avec la zone Asie-Pacifique, qui doit permettre «le développement de l’Extrême-Orient russe» et notamment de la production industrielle, qui a connu une forte croissance ces dernières années. Des mesures fiscales et de soutien ont déjà adoptées pour les régions à fort potentiel de développement, afin de créer «un environnement favorable pour les entreprises».

– «La Russie soutient sa stabilité économique et monétaire, le taux de chômage avoisine les 4% et les prévisions économiques sont bien plus positives qu’au début du printemps», a affirmé le chef de l’Etat russe, soulignant que Moscou parvenait à gérer l’«agression» financière, économique et technologique de l’Occident.

– Selon Vladimir Poutine, «les milieux d’affaires veulent renouer des liens avec la Russie» et le monde est en train de basculer, avec le recul de la confiance dans le dollar et la livre sterling, puisque «le nombre de règlements dans cette devise est en baisse la Russie s’éloigne de leur utilisation».

– «Il est possible que la niche du business européen touchée par les sanctions dans le monde soit occupée par les Américains».

– «Le rouble et le yuan seront utilisés dans les paiements de gaz avec la Chine à parts égales

– «Les pays occidentaux violent constamment leurs propres règles, les adaptant à leur conjoncture» (…) «L’épidémie a été remplacée par d’autres défis mondiaux qui menacent le monde entier. Je veux dire la fièvre des sanctions de l’Occident, ses tentatives non déguisées et agressives d’imposer des modèles de comportement aux autres pays, de les priver de leur souveraineté et de les soumettre à leur volonté».

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