De Natalia Narotchnitskaïa

Laure Mandeville a récemment présenté via les pages du figaro magazine Natalia  Narotchnitskaïa, qui vient de fonder un Institut russe de la démocratie et de la coopération censé explorer les problèmes que le système démocratique rencontre en Europe occidentale et également à l’égard des minorités Russes dans les pays d’Europe de l’est. L’article fort peu agréable à l’encontre de madame Narotnitcheskaïa nous apprend que celle ci serait :»une pasionara du nouveau nationalisme à la russe mais également une grande adepte du complot occidental qui viserait à isoler la Russie«! Rien moins que ca … Il est vrai que pour le Figorange, le soutien aux politique atlantistes de nèo-containment sont une raison d’être, quand ce ne sont les aberrations du Gluscksmann de service sur Vladimir Poutine. Cette démarche nous apprend le figaro ne serait pas sans rappeller de vieux films soviétiques propagandistes (je cite : « pour démontrer que le socialisme réel n’était pas seul à générer d’interminables files d’attente, ils s’attardaient sur les queues dominicaines devant le magasin Poilâne à Paris») mais le pire reste encore à lire, ce serait Vladimir Poutine lui même qui aurait été le premier à évoquer la création de cet Institut, lors d’un sommet Russie-UE à Lisbonne, en octobre. 
Diantre ! 
Fustigeant les Occidentaux, donneurs de leçons, il avait estimé que l’Europe ferait mieux de se pencher sur ses problèmes de minorités et de démocratie plutôt que d’envoyer des observateurs juger les élections russes .. Laure Mandeville affirme en outre que :»Vladimir Poutine aurait en huit ans de présidence verrouillé les contre-pouvoirs et les libertés, et que donc l’initiative de sa part ne manquait pas de toupet». Dès fois on peut se demander si nos journalistes sont bien conscients de leur ânerie, doublée de leur maladresse. 
On peut également se demander si depuis l’ère Sarkozy, la fièvre atlantiste et de retour au coeur de l’Otan de la France (la transformant ainsi en maquerelle de retour chez son maquereau tous les soirs) ne fait pas tourner la tête à nos «journalistes». Il est vrai que Laure Mandeville n’a pas de quoi pavaner, c’est elle qui en décembre 2007 avait rigolée de l’idée de Vladimir Poutine à l’époque de créer un tel institut … Une idée «non sans humour» avait t’elle rajoutée avec beaucoup de finesse et un don inné pour la prévision. 6 mois plus tard, je conseillerais à Laure Mandeville de relire ses articles et de se rendre dans les pays baltes et de regarder comment sont traités les Russes d’Estonie ou de Lettonie, dans ces nouveaux pays Européens. Aucune minorité en Europe n’est traitée aussi mal (sous citoyenneté, non accès à l’emploi, discriminations administratives et sociales ..), si ce n’est les Serbes du Kosovo, ce nouvel état qui à la bénédiction des amis du figaro magazine, notre président en tête. 
Mais continuons, nous y apprenons que Natalia Narotchnitskaïa aurait fait coïncider son arrivée à Paris avec la publication d’un livre avec un «titre émotionnel» dans lequel elle gommerait avec une mauvaise foi presque «révisionniste» (On se demande si ce n’est pas Laure Mandeville qui jouerait sur l’émotif) la nature fondamentalement agressive du communisme totalitaire. Laure Mandeville reproche également à Natalia Narotchnitskaïa de rappeller les «permanentes offensives géopolitiques anglo-saxonnes et euro-impériales contre la Russie» ce qui seraient selon elle «exprimer la paranoïa obsidionale de l’élite poutinienne». A la lecture des évenements mondiaux récents, il faut être Laure Mandeville ou Glucksman pour prétendre qu’il n’y a pas une seule paranoia obsidionale : la conquête du Heartland par les dirigeants militaires Euro-saxons ! Mais passons, un article très détaillé prochainement viendra éclairer ce fait.

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Natalia Narotchnitskaïa est née en 1948. Cette spécialiste des relations internationales, personnalité éminente de l’Orthodoxie politique, également membre de l’Académie des sciences, fut élue député du parti Rodina et occupa le poste de vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères de la Douma. Farouche partisane d’une civilisation orthodoxe singulière fondée sur la prédominance des Russes ethniques, Natalia Narotchnitskaïa s’est signalée par ses critiques de la globalisation et des mécanismes supranationaux. Partisane d’un maintien des souverainetés étatiques et nationales, elle s’est fait aussi connaître par ses vigoureuses prises de positions contre la désagrégation de la Yougoslavie et l’implication de l’Otan, jusqu’à la récente proclamation d’indépendance du Kosovo. Son premier ouvrage traduit en français se présente comme un appel véhément lancé à l’opinion publique occidentale. Natalia Narotchnitskaïa  bâtit son propos autour de la question sensible de la victoire soviétique du 9 mai 1945 au terme de cette Grande Guerre Patriotique menée contre l’envahisseur «fasciste». Cette dernière aurait rétabli le territoire de la Russie historique et de plus, sollicité le sentiment national et la solidarité spirituelle du peuple russe. Pour Natalia Narotchnitskaïa  : «le souvenir de la victoire est la pierre angulaire de la conscience nationale séculaire qui empêche la disparition de la Russie«. L’auteur en profite pour dresser une vaste généalogie des agressions occidentales contre la Russie sur la longue durée, en fait depuis la fin du XIXème siècle. Elle s’appuie, pour cela, sur une approche strictement géopolitique (thèses de Mackinder principalement) et toute une série de références glanées chez des auteurs russes autant qu’occidentaux pour démontrer la permanence d’une politique hostile de refoulement et d’affaiblissement de la Russie de la part d’un Occident souvent ingrat. Pour l’auteur, les représentants du «projet antirusse du XXème siècle» combattent la transmission de la «conscience russe et soviétique» car sans cela «la guerre cesse d’être patriotique, et donc les Russes du XXème siècle n’ont pas d’histoire nationale, ni de structure d’Etat légitimes. En conséquence, toute ingérence extérieure et toute révolte intérieure, tout séparatisme sont juridiquement valables». Les catégories négatives englobant les ennemis de la Russie sont bien délimitées et comprennent, outre les Occidentaux précités, les ennemis de l’intérieur comme les «libéraux occidentalistes postsoviétiques» ou les «bolcheviks internationalistes» incarnés par le trio Lénine-Trotski-Boukharine. L’interprétation marxiste nihiliste de l’histoire russe» sous forme de «phraséologie libérale et anticommuniste» sous l’ère Eltsine est aussi dénoncée. Natalia Narotchnitskaïa  affirme que les diverses campagnes de propagande pour la défense du «monde libre», de la Liberté et de la Démocratie ont servi à dissimuler l’enjeu véritable de la guerre froide, à savoir discréditer l’URSS en la privant de son statut de grande puissance rendu par la victoire de 1945 et la refouler à l’Est, loin des mers Noire et Baltique. 
L’auteur donne la clé qui sous-tend sa conception du monde lorsqu’elle décrit chez ses compatriotes «un sentiment d’appartenance à une Patrie sacrée qui ne s’identifie pas à l’Etat et relève d’une conscience orthodoxe inscrite dans «une perception de la continuité historique». Au terme d’une démonstration désireuse de montrer que les responsabilités pour les affrontements et les malentendus des siècles passés sont équitablement partagées, notre historienne invite Français et Allemands, noyau dur «carolingien» d’une avant-garde européenne à tirer un trait sur la guerre froide en ouvrant la voie d’un véritable axe Paris-Berlin-Moscou. Pour commander cet ouvrage, cliquez ici

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Note de rajout de janvier 2010, cet article a été traduit et reproduit sur le site de l’institut STOLETIE

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