Discours de de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale - 01/03/2018

Transcription : [...] Chers collègues, L’opération en Syrie a prouvé les capacités accrues des forces armées russes. Au cours des dernières années, beaucoup a été fait pour optimiser l’armée et la marine. Les forces armées ont maintenant 3,7 fois plus d’armes Read more

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les lecteurs de Stratpol qui s’intéressent à la démographie russe peuvent consulter les analyses démographiques publiées en 2014 et 2016 qui synthétisent la complexe évolution démographique de la jeune fédération de Russie de 1999 à 2016.    La période 1990-1999 a vu un effondrement des Read more

La carte MIR : élément de la souveraineté bancaire russe

  Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ont fait réapparaître le risque d’une escalade pouvant potentiellement aboutir, en cas de tension maximale, à une déconnexion totale de l’ensemble des banques de Russie des systèmes internationaux de cartes VISA et Read more

Dissonance fête ses 10 ans où "comment je suis devenu un agent russe !" :)

Alors que DISSONANCE fête ces 10 ans c’est l’occasion idéale pour revenir sur cette decennie d’écriture, de dénonciation des mythes sur la Russie mais aussi l’affrontement (gagné) contre la presse francaise qui a donné lieu à la naissance d’un Read more

Le discours d’Evian

(source photo : kremlin.ru)

Le dernier président Russe, Vladimir Poutine avait déjà en 2007 lors du discours de munich fait un discours que l’on qualifia de pierre angulaire de refonte du nouvel ordre international.

Dimitri Medevedev vient ce jour de prouver que la Russie est bien le pays le plus constructif quand à la nouvelle architecture des relations internationales. Son discours magistral fera date, ayant même été qualifié par le président suisse de : «30 merveilleuses minutes» !

Les grandes lignes ci dessous du «discours d’Evian» prononcé lors de la «World Policy Conference» organisée par l‘Institut français des relations internationales (Ifri).

*

«Je m’arrêterai tout d’abord sur les causes de l’accumulation du potentiel conflictuel. Je pense qu’il faut remonter aux événements d’il y a sept ans. A cette époque, les Etats-Unis cherchant à consacrer leur domination mondiale, une chance historique a été ratée, celle de désidéologiser la vie internationale et de construire un ordre mondial véritablement démocratique«.

«Après le renversement du régime des talibans en Afghanistan, les Etats-Unis se sont lancés dans une série de démarches unilatérales qui n’ont été concertées ni avec l’ONU ni avec les partenaires de Washington, notemment la dénonciation du traité ABM et l’intervention en Irak. L’unilatéralisme américain a «renforcé la tendance à la division», qui s’est traduite par la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo et le retour pratique à la politique de dissuasion«.

«Les Alliés n’en finissent pas de rapprocher leurs infrastructures militaires de nos frontières, et ils creusent de nouveaux clivages en Europe. Il est tout à fait naturel que nous considérions ces démarches comme dirigées contre nous«.

«Quand les décisions sont prises de cette façon, sans consultations, y compris avec ses propres partenaires de l’OTAN et de l’UE, sans consultations à l’intérieur de l’Europe, on a l’impression que demain de nouveaux boucliers antimissiles suivront«.

«L’unilatéralisme exclue toute garantie«.

«Il n’est pas possible d’ignorer le fait que ni la diplomatie multilatérale, ni les mécanismes régionaux, ni l’architecture européenne de sécurité n’ont fonctionné pour prévenir l’agression géorgienne. Le «NATO-centrisme» a prouvé son incapacité. Il faut en tirer les conclusions».

«L’Europe atlantique a besoin «d’un ordre du jour positif«.

«Les événements dans le Caucase ont montré la fragilité de l’architecture européenne de sécurité et confirmé la justesse de l’idée d’un nouveau traité de sécurité européenne«.

«Quand la crise caucasienne est imposée à la Russie, à l’Europe et au monde entier, nous sommes parvenus à agir de manière déterminée et concertée, avec une nette conscience de notre responsabilité à l’égard de l’avenir européen».

«Il faut accélérer la réparation du système de sécurité européen pour éviter sa dégradation ultérieure et l’aggravation de la crise dans le domaine de la sécurité et du contrôle des armements».

«De la nécessité de réglementer les institutions, nationales et internationales, de régulation, de niveler le décalage sérieux entre le montant des outils financiers émis et le rendement réel des programmes d’investissements, et de consolider le système de gestion des risques«.

«Chacun des acteurs du marché doit assumer sa part de responsabilité dès le début. Il ne faut pas se faire d’illusion sur l’accroissement sans fin du coût des actifs. Cela n’a jamais lieu car cela contredit la nature même de l’économie«.

« Il faut convoquer un sommet international sur la crise financière mondiale, et mettre en place un espace économique commun entre l’Union européenne et la Russie … Il est également important d’introduire dans le débat sur les moyens d’assainir le système financier international la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du Sud«.

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Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler

Rencontre avec le politologue le moins conformiste de la communauté française
Petit-fils de l’écrivain Paul Nizan («J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie », Aden Arabie) et fils du grand reporter Olivier Todd, Emmanuel Todd est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED). Ennemi farouche du « libre-échange » et partisan d’un « protectionnisme européen raisonnable », le politologue explique au Courrier de Russie qui est responsable du conflit géorgien et pourquoi la France devrait reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud.
Le Courrier de Russie : A qui faut-il imputer la faute dans la crise géorgienne ? Aux Russes, aux Géorgiens ou aux Ossètes ? Emmanuel Todd : Je propose d’observer le problème de la crise géorgienne d’une façon plus large, dans le cadre des enjeux géopolitiques internationaux. Il faut se rappeler qu’après la chute de l’URSS et le repli stratégique de la Russie, les Etats-Unis sont devenus l’unique superpuissance mondiale. Ils ont adopté, à partir de 1996-97 un comportement agressif vis-à-vis d’autres pays du monde. On en a vu les manifestations dans l’invasion de l’Irak, dans la campagne anti-iranienne de l’administration américaine ou encore dans l’attaque menée par Israël, pays satellite des Etats-Unis, au sud-Liban. La crise géorgienne n’est qu’une étape supplémentaire dans cette séquence agressive du système américain.
LCDR : Pourquoi une telle hostilité ? E.T. : Les Etats-Unis se comportent de façon agressive parce qu’ils sentent leur puissance s’affaiblir. Le monde américain subit une crise économique, sociale et culturelle grave. L’effondrement financier actuel n’en est qu’une nouvelle preuve. Entre-temps, nous observons d’autres pays du monde regagner leur puissance. On assiste à une montée spectaculaire de l’Inde et de la Chine. On voit également le rétablissement de la Russie qui retrouve son équilibre économique et enregistre des taux de croissance élevés. Le monde change à grande vitesse, mais tous ne s’en rendent pas compte. On trouve encore beaucoup de gens inconscients du déclin industriel des Etats-Unis et de la fragilité de leur système. Ce fut justement le cas des Géorgiens qui se sont lancés dans la conquête de l’Ossétie se croyant soutenus par le camp « occidental » mais se sont retrouvés victimes de l’impuissance matérielle de leur allié américain. Mikhaïl Saakachvili a sous-éstimé la nouvelle capacité d’action de la Russie. Celle-ci ne souhaite pas voir l’OTAN s’installer à toutes ses frontières et n’hésite plus pas à utiliser son armée pour faire entendre son « non ».
LCDR : Croyez-vous que les Etats-Unis aient incité la Géorgie à attaquer l’Ossétie ? E.T. : On ne sait pas exactement comment la décision a été prise et, probablement ne le saura-t-on jamais. Mais la vraie question, c’est comment la Géorgie a-t-elle pu s’imaginer qu’elle allait faire plier la Russie ? Comment Saakachvili a-t-il pu envoyer ses troupes en Ossétie, alors que la partie la mieux équipée de l’armée géorgienne était en train de soutenir les Américains en Irak ?
LCDR : Pourtant, la Géorgie a été écrasée par l’armée russe et les Etats-Unis, à supposer qu’ils ont effectivement joué un rôle dans le conflit, auraient dû prévoir ce scénario… E.T. : Il faut se rappeler que l’on ne connaît toujours pas l’issue de la crise. Elle semble avoir conduit les Polonais à finalement accepter l’installation du système anti-missile américain sur leur territoire. Elle pourrait pousser les gouvernements européens à affaiblir leurs liens avec la Russie et se rapprocher encore plus des Etats-Unis. Qui sait si les stratèges américains n’ont pas espéré entraîner la Russie elle-même dans une séquence agressive, la conduisant à adopter une posture revancharde et conquérante nuisible à son statut international. L’administration américaine aurait pu sacrifier le pion géorgien pour améliorer sa situation sur la scène internationale. Les Américains jouent au poker, vous savez. Les Russes jouent aux échecs. Ils ont pris le pion géorgien, montré que l’Amérique ne les impressionnait plus, mais ils ont fait du maintien de relations paisibles et utiles avec l’Europe de l’Ouest leur priorité.
LCDR : Comment expliquer la réaction de l’Europe au conflit géorgien ? E.T. : Les gouvernements européens sont pris dans un dilemme entre les intérêts de leurs peuples et ceux de leurs élites. Ce n’est pas un grand secret : les oligarchies occidentales sympathisent avec les Américains et soutiennent leur politique. Les peuples européens non. L’intérêt géopolitique de la France en tant que puissance moyenne et européenne serait une entente cordiale et stratégique avec la Russie.
LCDR : Pourtant, dans la société occidentale, on parle plus souvent de la me-nace russe… E.T. : La Russie n’est pas une menace pour l’Europe de l’Ouest. Je dis consciemment « Europe de l’Ouest » parce que les Russes sont des Européens. La Russie a terriblement souffert de la deuxième guerre mondiale et ne cherchera pas, j’en suis convaincu, à déclencher de nouveaux conflits. La Russie a par ailleurs constaté, du temps de l’URSS, que l’Empire était une entreprise peu rentable. Son déclin démographique interdit de toute façon un fantasme expansionniste. La menace militaire russe est un mythe. La mise au pas de la minuscule Géorgie ne démontre pas que l’armée russe est toute-puissante. Elle démontre simplement que, dans le Caucase, la puissance militaire américaine n’existe pas.
LCDR : Mais outre la sécurité militaire, il existe la sécurité énergétique… E.T. : Il ne faut pas oublier que la Russie et l’Europe de l’Ouest se retrouvent en état d’interdépendance. L’Europe a toujours besoin du gaz russe, mais la Russie a besoin des biens d’équipement européens, de technologies et de savoir-faire. Et ce n’est pas par hasard que les producteurs d’automobiles européens s’implantent en Russie et y travaillent avec beaucoup de succès.
LCDR : Si la France est intéressée à maintenir ses liens avec la Russie, pourquoi la presse occidentale adopte-t-elle une attitude aussi critique à son égard, notamment dans la couverture du conflit géorgien ? E.T. : Les journalistes européens se montrent souvent hostiles à l’égard de la Russie au nom d’une sorte de maximalisme libéral. Peu conscients de ce qu’ils vivent eux-mêmes dans des systèmes certes forts libéraux, mais de plus en plus inégalitaires, oligarchiques même, ils se croient obligés d’exiger, hors de chez eux, des démocraties parfaites, tout de suite, indépendamment du contexte économique ou social de transition. Avouons le aussi, les journalistes européens sont rarement compétents en géopolitique. Il sont souvent très naïfs. On pourrait aussi citer comme explication le peu d’efforts du Kremlin visant à séduire la presse occidentale. Habitués à l’attitude beaucoup plus séductrice de leurs propres hommes politiques, les journalistes européens et américains ne peuvent qu’être déçus par ce manque de ménagements. Pourtant, je peux vous assurer qu’en France, dans la communauté des experts, on trouve beaucoup de personnes qualifiées qui apprécient à sa juste valeur le rôle de la Russie dans le rétablissement de l’équilibre mondial.
LCDR : On trouve beaucoup d’adeptes de l’idée selon laquelle la Russie porte toujours l’héritage de l’Empire du Mal qu’elle représentait encore il y a une trentaine d’années… E.T. : Quant à moi, je considère que la Russie a joué un rôle plutôt positif dans l’histoire universelle. J’appartiens à la génération qui se rappelle encore que l’issue de la deuxième guerre mondiale s’est jouée à Stalingrad et que c’est aux Russes que nous devons notre liberté. L’histoire de la Russie démontre que sa vision du monde est spontanément égalitaire et multipolaire. A l’inverse des Etats-Unis qui se trouvent aujourd’hui dans un rapport asymétrique d’exploitation du monde. La France aurait dû s’en rendre compte et se rapprocher des puissances émergentes plutôt que de suivre l’Amérique dans une sorte de crispation « occidentaliste ». Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler.
LCDR : Les Russes, ont-ils eu raison de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ? E.T. : Bien évidemment.
LCDR : Pourtant, juridiquement, ce sont deux provinces géorgiennes… E.T. : Dans le cas de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, nous assistions à une non coïncidence devenue dramatique entre l’état des faits réels et l’état juridique. Les populations de ces deux pays ne souhaitent pas être géorgiennes. Au stade actuel, la seule solution de paix à long terme est l’acceptation de la réa-lité. Sinon, le gouvernement géorgien va continuer d’envisager des solutions violentes, de domination ou même de nettoyage ethnique. Or l’intérêt réel des Géorgiens c’est la paix, le développement économique et une relation stable et positive avec la Russie dont ils ont tant besoin. En reconnaissant l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, les Européens de l’Ouest libéreraient les Géorgiens eux-mêmes du fardeau de leur histoire et de leur rancune.
LCDR : La France devrait-elle reconnaître l’indépendance de ces deux états ? E.T. : C’est mon souhait le plus cher. Si je deviens président de la République, ce sera l’une de mes premières décisions.
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Pour Serguei Lavrov !

Depuis la tentative de déstabilisation du Caucase par le pantin de Washington (porté au pouvoir par une révolution Orange), tentative avortée car gérée de façon magistrale par le trio « Medvedev-Poutine-Lavrov », pas une journée ne passe sans que le troisième ne fasse des déclarations qui si l’on les lit attentivement sont de loin les plus constructives qu’un homme d’état est proposée pour la sécurité et l’harmonie de la zone Euro-Russe, mais aussi du monde, depuis le Général de Gaulle.
 
Serguey Ivanovitch Lavrov (biographie ici), premier secrétaire, conseiller puis conseiller en chef de la Représentation permanente de l’URSS auprès de l’ONU de 1982 a 1988, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’ONU de 1994 a 2004 a ensuite été nommé en 2004 par Vladimir Poutine ministre des affaires étrangères Russes, position qu’il a occupée avec beaucoup de brillance et de courage lors des récents conflits mondiaux (Irak, Kosovo, Ossétie ..).
A la fin du mois de septembre 2008, Sergei Lavrov a mis en garde, contre la «privatisation» de la coalition anti-terrorisme et affirmé que : « la coalition anti-terrorisme née dans les ruines des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis, fait face maintenant à une crise, puisqu’elle manque d’arrangements collectifs ou d’égalité entre ses membres dans la décision de stratégies et de tactiques opérationnelles, dans l’analyse conjointe et aussi dans la coordination ».
« Les mécanismes conduisant à un monde unipolaire ont commencé à être utilisés, cela signifie que toutes les décisions sont à prendre dans un seul centre tandis que le reste du monde doit les suivre » a indiqué M. Lavrov.
Selon lui, la guerre irakienne déclenchée sous le prétexte infondé de la lutte contre le terrorisme et la prolifération des armes nucléaires a violé le droit international. « Quels sont les prix acceptables pour autant de morts parmi les civils dans les opérations contre le terrorisme en Afghanistan? Qui décide les critères sur la proportionnalité de l’usage de la force? Pourqoi les forces internationales ne veulent pas s’engager dans la lutte contre la prolifération de la drogue qui cause des souffrances croissantes dans les pays d’Asie centrale et d’Europe ? », a demandé le ministre russe.
Quant aux derniers développements de la situation au Caucase et des relations entre la Russie et l’Occident, M. Lavrov a réaffirmé que tous les pays ont des partenaires avec lesquels ils partagent les relations amicales traditionnelles, l’histoire et la géographie. Il a qualifié de «nuisibles» les tentatives de changer artificiellement ces relations au profit de la géopolitique.
M. Lavrov a déclaré que Moscou continuerait à travailler ensemble avec tous les pays voisins,
- En premier lieu les membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI).
- L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)
- Le groupe BRIC ( Brésil, Russie, Inde et Chine)
- L’Union européenne
- L’Organisation des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean)
- L’Organisation de la conférence islamique
- Ligue arabe
-
Les organisations régionales en Amérique latine, a-t-il noté.  
Déclarant que les capacites de defense et de securite Europeene n’ont pas passé le test de l’epreuve en Géorgie, Sergei Lavrov a réitéré la proposition du président Dmitri Medvedev de juillet dernier concernant un : « nouveau traité sur la sécurité européenne proposant d’organiser pour cette occasion un sommet pan-européen. Il permettrait notamment de renforcer la paix et la stabilite entre états membres, proscrirait le recours a la force et défendrait le reglement pacifique des conflits, la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non ingerence dans les affaires nationales. Ce traité devant en outre permettre une meilleure integration de tous les etats au sein du vaste ‘espace euro-atlantique. Ce traite a rajoute Mr Lavrov pouvant etre compare a un « Helsinki 2 », en reference au traite d’Helsinki de 1975 entre les Etats Unis, le Canada et l’Europe ayant evolue vers l’actuelle OSCE, principale structure continentale de prevention des conflits ».
Cette initiative Euro-Atlantique a vivement été condamnée (le jour même) par Washington mais Sergueï Lavrov a qualifié « d’inconsistantes » les allégations selon lesquelles, avec son initiative de sécurité euro-atlantique, la Russie chercherait à créer une alternative à l’OTAN
 
«Nous n’avons rien proposé de tel. Nous sommes réalistes et nous comprenons que l’OTAN est une réalité. La Russie n’a aucune intention de régler le sort de l’OTAN, ne serait-ce pour la seule raison que c’est une tâche par trop ingrate«, a noté M. Lavrov. Selon lui, «ce sort est réglé en Afghanistan, et nous verrons comment l’OTAN viendra à bout de sa mission qui ne sera couronnée de succès que si l’action de la communauté internationale à l’intérieur de l’Afghanistan s’appuie sur une analyse et des solutions conjointes et (…) et ne nuit pas à la contribution que de nombreux pays pourraient apporter à la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue«.
Peu de temps après, celui-ci en réaction a la crise financiere internationale a estimé que le : « L’enjeu prioritaire le plus urgent est de moderniser et de démocratiser le système financier. Le second est de remédier aux dérives économiques, et d’y remédier en privilégiant l’émergence d’une économie socialement orientée. Ce sont justement ces thèmes qui seront soulevés prochainement dans les discussions internationales ».
« Le ministre allemand des Finances l’a notamment mentionné, en appelant à reconnaître l’existence d’un système financier multipolaire. Et le président Sarkozy a rappelé la nécessité de mettre en place un capitalisme régulé », a indiqué M. Lavrov.
« L’ordre du jour financier international doit être traité de manière collective. Il convient que tous les pays reviennent vers une économie socialement orientée. C’est le modèle qui est apparu en son temps en Europe et qui constituait d’ailleurs pour beaucoup une réponse à la politique sociale de l’Union soviétique. Les congés payés, les retraites, la limitation du temps de travail, la médecine et l’enseignement gratuits — tout cela a incité l’Europe à mettre en place son modèle socio-économique », a-t-il poursuivi.
Selon lui, « les États-Unis doivent participer aux débats non plus en tant que pays déterminant l’ordre du jour et les conclusions auxquelles il faut arriver, mais sur un pied d’égalité, aussi puissant soient-ils ».
*
Il faudrait sans doute conseiller à nos Kouchner et autres Barroso et Solana d’écouter Serguei Lavrov et de prendre des leçons de gestion des afffaires étrangères au lieu de recevoir leurs seules idées par fax directement du Pantagone, comme ce fut le cas pour l’affaire du Kosovo au moment de la présidence Slovène.
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Moscow, Capital of the European civilisation

On the 25th August 2008 the Financial Times bitterly wrote that Washington was left watching other superpowers modify the world reality. In a 1991 FT edition, such an assertion would only have found its place in a rubric such as ‘’ Catastrophe scenario for the future’’ or ‘’science fiction’’.
It is true though that the American media in 1991 was focused on other events: USSR had just collapsed, together with the Berlin wall. In Iraq’s sands, Bush Senior promised Humanity a ‘’New World Order’’, a fair, marvellous and above all unilateral order, under the protection of the starry flag, while Europe was starting its reunification process. We had gone into an era of so called ‘’Pax Americana’’ with all its corollaries, would they be military, financial, or economical.
Some had even predicted the end of History. History taught us they were wrong. The ‘’unipolar period’’ did not last long. 10 years only were necessary in order for an unlikely attack happens on the American territory. From then, the Empire launched two military conflicts in Afghanistan and Iraq, in the name of the fight against terrorism, dragging along most European nations. This Europe, that pad twice a heavy tribute for its ‘’collaboration’’ with NATO, in 2004 an 2006.
Less than 20 years after the USSR collapse, one must notice that the FT title is very topical, as the country prepares itself to choose its new leaders. A 5 days defensive war in Southern Caucasus, cleverly won by Russia, was enough to jam the expansion process of NATO. For the first time, a superpower thwarted militarily the United States of America. In August 2008, the Russian tanks that defended Tsinvali had made the old unilateral and neo liberal world, totter.
Against NATO, the America’s weapon against Europe
As Novopress underlined it very well, it is usual to see America as the immutable ally of Europe- having saved it from the Brown and red totalitarianism. If this is partly true, we seem to permanently forget that the American hegemony has leaned on the takeover of Europe. The 1914 war, was the occasion for the USA to liquidate the European and continental empires of the Axis (German, Austrian, Ottoman), to impose the dollar reign against the Pound but also to confiscate the seas supremacy to England. Theodore Roosevelt even declared: ‘we have failed profiting of the war!’
His cousin Franklin Rooselvet learned his lesson and will bargain his incoming to war in 1943 at the Anfa conference, imposing his terms to De Gaulle and Giraud. Both had to dismantle the French colonial empire in the next 30 years. In 1945 in Yalta, Roosevelt knowingly and cynically delivered half of Europe to Staline, assuring the success of communism and its extension for 50 years, while maintaining Europe divided and therefore weakened. Today, this logic of Europe’s subdivision is found again, maintained again by the American strategists since the 2004 Iraq conflict (Old/New Europe opposition) and the short term politics of the EU newcomers, i.e. the new colonial states of America (would it be Poland, or the Baltic States). This short term policy adopted by the newcomers is irrational because it follows a post cold war logic, that is to say, before anything else, a nationalist, anti Europe and mainly anti Russia policy.
This military and economical black mail is reinforced by an energetic black mail, as this ‘’pressured’’ European sub division would justify the participation of the Europeans to brutal and violent actions world wide, in the name of Democracy. Those actions hide in fact control attempts of energetic fields rejecting Russia (Kosovo with AMBO, Afghanistan with UNLOCAL, battle for the Caspian Sea, Nabucco project, etc.)
Since the USSR and the Berlin wall falls, NATO has though no reason to be anymore. It is unable to get rid of terrorists and Afghan opium traffic, as reminded very recently Serguei Lavrov< NATO has become an archaic organisation, aimed at failing and not reflecting ‘’anymore’’ the European interests. It is true that the Soviet threat and the Varsow Pact has disappeared, and the new terrorist threat has diminished and is nearly inexistent (due to a Ben Laden trained by CIA), without a recurrent NATO participation across the world. Europeans must understand that their soldiers are just the completion of the American army and get killed for wars that are not theirs! Even worse, by collaborating with NATO, Europe is entering in a conflict position with actors that are essential to the peace and the stability, would it be in the Muslims world (where NATO is perceived as an ‘’alliance of modern crusaders’’) or the Eurasian world, where NATO is perceived like an American tool creating trouble, for instance by Russia, a tomorrow superpower, but also China, India, or Iran> All those powers are related the ones to the others through the Regional Organisation of the Shanghai Cooperation.
 
Towards the civilisation and continental gathering
This new multi axis order seems to take shape via the emergence of big civilisation and identity groups (EU, China, Russia, India…). This phenomena of ‘’gathering’’ above a regional level is opposed to the ‘’fragmentation’’ movement to which America works in Europe. This fragmentation process is aimed at creating small groups easily controllable economically, and militarily dependants (Yugoslavia, Czechoslovakia, project of dividing Russia into three parts…).
Those fragmentations are generated by NATO and are dogmatically attributed to the collapse of the USSR. Those new ‘’self centred’’ gatherings only occur in Eurasia but on all continents, in South America (Argentina, Brazil, Venezuela and Bolivia), in Africa or in the Muslim, Arab or pan Turkish world.
Those gatherings were born via historical, civilisation and economical hearts. Those imperial hearts are generally the big ethno capitals of the concerned zones, e.g. Pekin for China, Tokyo for Japan, Caracas or Rio for South America,, ‘’Muslims’’ living since a long time between Mecca, Teheran and Istanbul, with a empowering of the Muslims from Asia.
One must note that Russia has a unique place, at the intersection of all worlds: the Islamic one via OCI, the western one via COR, the Asian one due to its geography and OCS participation.
 
The Euro- Russian continental alliance, source of peace across the world
Among those gatherings or groups that represent an economical and even military competition, America fears the big Europe, the ‘’continental front’’, much more. This economical and military giant, this gigantic empire from Reykjavik to Vladivostok, laid on 11 time zones is the potential economical and military leader of the world. The division that was wished and wanted by American Strategists has one aim only: impede by all means a pan European unity! John O’Sullivan wrote in 1845 in ‘’ dans «Our Manifest Destiny’’: With the collapse of Europe, America will become the world Master.’’ In 1890 the book ‘’our country’’ underlines that ‘’ the ageing Europe does not have the means to safeguard the civilisation values of the West, retaken in hand by a dynamic emergent America’’ and the conclusion is ‘’Europe must perish!’’
All across the 20th century America having taken the control of the seas (over England) strategists will theorize the second essential step: the control of the lands, and mainly of the Eurasian ‘’Heartland’’. The work art of it has been explained more than 10 years ago by Bzezinski in his book ‘’the big chessboard’’.
America being isolated form the world in between two oceans knows that the world future will be played on the Eurasian continent as this is where most civilisations, human beings but also resources, are aggregated. For America to remain a world leader ist must impede another leader to emerge (German-Russian alliance) and must protect itself from an alliance between the future leaders of this zone (Europe and Russia for instance). America is therefore opposed more and more aggressively to any rapprochement between Europe and Russia (North Stream for instance as an economical one) or military (Helsinki2?). They also try to increase the fracture between the Europeans and the Russians (NATO expansion to the East and creation of military conflicts like in Georgia and probably tomorrow in Ukraine..)
 
Moscow : Capital of Europe
5000 years ago the European civilization was nested in the Slavic, Mediterranean and Greek cradle, and it was so for 3000 years, from the Mycenaeans to the Greeks, then to the Macedonians, from Knossos to Athens. The Europe became roman. This was the Pax Romana that lasted 6 centuries and led to the creation of two Christian empires, so called Western and Eastern. After the panic of the Germanic invasions, an embryo of Europe got created, mixing Christianity and Germanity, a Frank Barbarian being baptised in Roma.
After Knossos, Athens, Roma and Aix les Bains, it will be Byzance /Constantinople that will remain the united capital (of the East) during 8 more centuries, founding its unity on Christianity and the Greek language, relocating the heart of Europe on the Mediterranean shores. The 5 next centuries will see the east topple under the Ottoman darkness while the Western Europe was preparing its auto genocide of the 20th century. After the big civil war of 30 years (1914-1945), the fracture between the East and the West is done. Even worse, the hearts of the European civilizations that were in war, are not territorial anymore. For Western Europe, this is now Washington that federates the freed Western world of the allies, and East, this is Moscow that becomes the heart of the Western Soviet Europe. Those two hearts both have a plan of world domination but only one will make it through the 21st century. After the Berlin wall fall, for the first time the concept of Europe disappears and is replaced by the one of West. America becomes the center of the Western world and Brussels a simple subsidiary of the Pentagon that reorganizes the fragmented Europe, in pace with its NATO military integration.
Recent events though reveal how urgent it is for Europe to emancipate itself from the American guardianship and understand that this Atlantis project (Washington- Brussels) is built on the European ruins. This project is not acceptable for the European people who wish to live in peace. Europeans have the choice today, to defend the ruins of the old western world under the NATO flag, in a logic of total confrontation with the rest of humanity, Russia to start with; Or to collaborate continent wise, viA Russia, and overcome the Visionary pan European project of De Gaulle General (Paris Berlin Moscow Axis).
Russia has felt asleep under Eltsine but has woken up. It has become the hyper centre of resistance to the forced Americanisation and to the criminal and aggressive NATO extension. Russia has proved us recently that it is ready to defend its interests but also to collaborate with Europe and participate actively to a pacifist society project, a multilateral project, based on consultation. Just like the Russians in 1999, the 2009 Europeans must wake up and free themselves from the NATO chains that now expand until the Ukrainian and Belo Russian borders. This could lead them to a conflict with Russia.
Europe is located ‘’on’’ the Eurasian continent and takes up the Atlantic front. Russia occupies the majority of the lands and the Pacific front. Europe and Russia are per se linked and belong to the same continent, Eurasia! Eurasia is the common house of the Europeans and of the Russians, from Reykjavik to Vladivostok (see the Maksim Mishenko speech on the subject). Grace of Russia another Europe, a Eurasian Europe, stands in front of the small Atlantist Europe of Brussels. After Athens, Byzance, Aix la Chapelle and Constantinople, Moscow is the new capital of Europe.
Moscow, third Rome, Anno Domini 2009.
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L’axe Moscou Caracas ?

La semaine qui vient de s’écouler marque le rapprochement des liens entre la Russie et le Vénézuela. Le président CHAVEZ, après sa visite triomphante de l’été dernier vient encore une fois de prouver qu’il maitrise parfaitement la situation et donne une «lecon de géopolitique mondiale«.

En effet celui ci après avoir pris le pouvoir dans un pays en faillite et rongé par la corruption en 1999 à grace à l’argent du pétrole (explosion des cours du brut après le 11 septembre dont le Vénézuela est le 3ième exportateur mondial) relevé l’économie du pays (historique complet ici). Chavez a également subi une tentative de révolution Orange en 2002 qui a lamentablement échoué. Réélu en 2006 avec une large majorité, celui ci a notamment entamé et réussi de grandes réformes contre la corruptio, la faim, dans le domaine de la santé, des infrastructures … Pour un détail complet de ces réformes : cliquez ici ..

Mais la grande réussite de Hugo Chavez est d’avoir placé le Vénézuela comme un pion essentiel du Nouvel Ordre Multipolaire qui est en train de se dessiner. Le Vénézuela est en effet dopé par son économie fondée sur l’or noir et également en première ligne des «pays émergeants» qui contestent le leadership Américain sur la planète.

Chavez a signé un gigantesque contrat de livraison d’hydrocarbures avec la Chine mais également le Japon. Il a également entamé la création d’un projet de gazoduc transcontinental reliant le Venezuela à l’Argentine, au Brésil, à l’Uruguay et au Paraguay, long de 8.000 km, avec l’appui de Gazprom.

Le pétrole n’est cependant pas la seule ‘manne’ du Vénézuela pour les grandes puissances, le pays en effet le 3ième client de la Russie (après la Chine et l’Inde en armements), entre 2005 et 2007, Moscou a vendu l’équivalent de 4 milliards de dollars d’armes à Caracas, notamment des avions de combats, et 100 000 fusils d’assaut Kalachnikov, des hélicop­tères, es avions de surveil­lance des côtes, des tanks, des systèmes de défense aériens ainsi que des sous-marins non atomiques. La semaine dernière à Moscou, la Russie a offert au Vénézuela une coopération militaire ‘pacifique’.

La coopération militaire Russo_Vénézuelienne avait déjà fait parler d’elle au début du mois lorsque deux bombardiers stratégiques russes Tupolev-160 ont traversé l’Atlantique pour aller se poser au Vénézuela …….

… Et dans le cadre des exercices navals russo-vénézuéliens qui doivent avoir lieu d’ici fin 2008 en mer des Caraïbes.

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Liberté — Liberty — Свобода

» Aujourd’hui marque les 18 ans de la proclamation de la république d’Ossétie du sud, pendant 18 ans, le peuple d’Ossétie du sud a prouvé son droit à une place à égalité avec les autres nations du monde.» » Aujourd’hui, nous avons commencé la cérémonie avec la levée des drapeaux nationaux de la République d’Ossétie du Sud et de la Fédération de Russie. Je vous demande de commencer ainsi chaque matin par cette cérémonie. Nous sommes forts, parce que nous avons toujours respecté nos traditions. Je crois que vous serez toujours fidèles envers elles. C’est précisément le patriotisme et l’amour de la nation qui nous ont sauvés«.
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» Today marks 18 years since the Republic of South Ossetia was proclaimed, for 18 years, the people of South Ossetia have been proving their right to an equal place among other nation » Today, we began the ceremony by lifting Ossetian’s and Russian’s flag. I ask you to begin each morning by this ceremony. We are strong because we have always respected our traditions. I think you’ll always be faithful to them. Precisely patriotism and love of nation that saved us «.
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Vers la guerre au dessus du continent blanc ?

En juillet, je tentais d’expliquer via mon article «bataille pour l’arctique» l’intêret grandissant que portait les grandes puissances au grand nord a cette zone cruciale d’un point de vue énergétique (Un quart des ressources d’hydrocarbures non découvertes de notre planète se situerait dans l’Arctique, selon l’US Geological Survey et 84% de ces réserves se situent au large) mais aussi géostratégique, CF la carte ci dessous.

Il semble que la situation se détériore très rapidement. Les principaux pays concernés prenants des mesures radicales concernant cette zone. Comme l’afirmait BBC récemment un risque réel de conflit se dessine dans cette zone, notamment à cause de la non définition précise des frontières. La Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark et la Norvège sont tous engagés — à différents degrés — dans une course pour exercer et étendre leur souveraineté sur l’Arctique pour des raisons stratégiques, politiques et énergétiques.
Le canada vient donc de ré-affirmer «sa» souveraineté sur l’arctique en tentant de faire passer sa ligne de souveraineté de 100 à 200 miles (soit disant en matière d’environement … SIC) ! Cette décision unilatérale et impérialiste a étéa affirmée par Steven Harper lui même lors des entrainements militaires Canadiens Nannok 2008 en août dernier. Il est à noter que le Canada ne dispose comme force militaire que de 4.200 rangers Inuits et que 3 brises glaces militaires suplémentaires sont en construction.
La Norvège est divisée sur la question. Les socialistes sont absolument contre l’ouverture de la région aux compagnies pétrolières pour des raisons écologiques, tandis que le Parti travailliste est, globalement, pour. Les ressources d’hydrocarbures actuelles du pays sont sur le déclin, et les travaillistes souhaitent ouvrir plus de gisements dans le nord du pays pour continuer à approvisionner une demande mondiale de plus en plus forte.
L’Alaska n’est pas en reste, la gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin, choisie par John McCain comme colistière dans la course à la Maison blanche (tout un symbole), est une grande partisane de l’extension des forages pétroliers dans cet Etat américain. Elle est également commandeur en chef de la Garde nationale de l’Alaska.

La Russie n’est pas non plus en reste.
- Comme l’a parfaitement expliqué Dmitri Medvedev le 17 septembre dernier : «L’objectif de la Russie est de faire de l’Arctique une réserve de ressources pour la Russie du XXIe siècle et d’adopter dans les plus brefs délais d’une loi établissant le tracé de la frontière méridionale de la partie russe de l’Arctique«. (source ici).
- Pour le général Léonid Ivashov : «Pendant des siècles la Russie a été préservée d’une menace au nord . Il est tres important que du côté de l’Arctique n’apparaissent pas de nouvelles menaces pour nous, disons de la part de submersibles ou d’aeronefs appartenant à nos ennemis potentiels . Oui , pour nous il est important que le nord soit calme , et surtout l’Arctique — Elle est une enorme accumulation de ressources et donc d’assez dures disputes peuvent s’y enflammer . Une dispute pouvant facilement se transformer en un conflit armé , la Russie se doit de s’armer légalement d’autant plus que nous voyons apparaître dans cette region , autour de ces richesses , le potentiel militaire des autres pretendants . On peut prevoir de puissantes disputes politico-legales avec l’utilisation du levier economique et même des demonstrations de force militaire».
- Enfin pour Nicolas Patrouchev : «L’Arctique doit être Russe. Elle doit devenir la base stratégique de nos ressources«. Il a rapellé le rôle essentiel des regions arctiques dans l’économie Russe «L’Arctique produit 11% de notre PIB et entre pour 22% dans les exportations Russes. Dans cette region nous produisons 90% de notre Nickel et de notre Cobalt ; 96 % de notre cuivre et des Platinoides. Un rôle essentiel dans cette région doit revenir à la route maritime du Nord qui est le chemin le plus court entre l’Europe du Nord , l’Extrême Orient et les ports fluviaux de la Siberie. Nos competiteurs , les Etazunis , le Canada , le Danemark et la Norvège accroisent leur activités, y compris leurs activités militaires , nous devons répondre à cette menace» a t’il ajouté en snobant tout simplement l’existence de l’ Union Européenne«.
Ces déclarations montrent très bien la réorientation de la politique Russe, vers le nord donc mais aussi vers l’est et la Sibérie. Le développement du grand nord est une des priorités de l’administration Russe comme l’explique très bien cet article qui décrit l’afflux financier dans le grand nord.

En outre, il est à noter que la fonte des glaces «fortes» envisagées dans les années à venir devrait développer la circulation marine dans le grand nord. Selon les estimations de glaciologues, l’océan Arctique pourrait être libéré des glaces pendant toute la période estivale d’ici à 2030 en raison du réchauffement climatique, dont l’effet est plus intense aux pôles. A ce titre, outre les grands acteurs cités, les autres grandes puissances s’intéressent de plus en plus à la région, j’avais déjà cité le cas de l’Iran, de la Chine, désormais c’est la Corée du Sud qui développe des brises glaces à destination du grand nord.
Plus que jamais, comme l’explique très bien Palpatine, le grand nord : «c’est là que se prépare la guerre de demain, la guerre au dessus du continent blanc » .

A lire pour mieux cerner les enjeux de cette région stratégique :
- le site de la fondation pour la culture stratégique
- le site de Palpatine : zebrastationpolaire

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Le 11/09 sur Kanal 1

La première chaine de télévision Russe a diffusé vendredi dernier une émission une émission exceptionnelle sur les attentats du 11 septembre 2001. Après la diffusion du documentaire «Zéro«, mettant en cause la version bushienne du complot islamique mondial, Giulietto Chiesa (député europeen), Leonid Ivashov (ancien chef d’état-major des armées russes) et Thierry Meyssan (président du Reseau Voltaire) ont été confrontés à un panel de 10 experts et à diverses personnalités.

Vous pouvez voir l’émission dessous :




A ecouter aussi l’interview de Giulietto Chiesa sur Russia Today la

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A noter que les intervenants sont les membres du comité «axis for peace«
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Natalia Narotnitcheskaïa et la continuité historique

Sources photos : Pravoslavie.ru

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Veuillez trouver ci dessous la retranscription d’une interview que Natalia Narochnitskaya a accordé au Réseau Voltaire en 2006, vous pouvez le texte ici ..

Pour les russophones, je vous incite a également à lire les excellentes analyses de l’institut Stoletie : http://www.stoletie.ru/

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Réseau Voltaire : L’administration Bush a réorienté l’essentiel des ressources budgétaires fédérales pour développer ses forces armées au détriment des dépenses sociales. La Stratégie de sécurité publiée par la Maison-Blanche érige le terrorisme international en ennemi principal. Pourtant, au même moment, dans un article publié par Foreign Affairs, le Council of Foreign Relations évoque la possibilité d’une première frappe nucléaire US contre la Russie. Selon vous, à quel ennemi les États-Unis doivent-ils faire face ?

Natalia Narochnitskaya : Le plus grand ennemi des États-Unis, c’est leur pseudo-universalisme politique. Renouant avec une longue tradition, ils se présentent comme « la Nation rédemptrice » (Redeemer Nation). Dèja à l’issue de la Première Guerre mondiale, le président Woodrow Wilson avait choqué le président de la Conférence de Versailles, le Français George Clemenceau, en affirmant que les États-Unis avaient eu l’honneur de sauver le monde.

Comme à l’époque de la IIIe Internationale communiste, ils rêvent d’imposer un modèle au monde, sans égard pour les autres formes de civilisation. Loin de chercher l’harmonie dans la diversité, ils pensent l’humanité en termes simplistes. Ils ignorent le doute cartésien et les angoisses d’Hamlet pour se contenter de Mickey Mouse.

Condoleezza Rice s’exprime avec la même assurance que Nikita Kroutchev à la tribune du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique. Elle ignore les échecs économiques et militaires de son pays pour promettre au monde un avenir qu’elle estime radieux. Pourtant leur système est en faillite. Ils impriment des montagnes de papier-monnaie pour combler des déficits abyssaux. Par le biais du dollar, ils font payer leurs dépenses à leurs alliés comme jadis l’Empire romain collectait un tribu dans ses provinces. Leurs armées essuyent des défaites quotidiennes en Afghanistan et en Irak. Tandis que Cuba, le Venezuela et la Bolivie s’insurgent victorieusement contre leur impérialisme en Amérique latine. Leur impérialisme est trop lourd, il s’essoufle, mais ils sont les derniers à en avoir conscience.

Réseau Voltaire : Ce comportement des États-Unis, bien qu’enraciné dans la doctrine de la Destinée manifeste, n’est-il pas nouveau par bien des côtés ? Doit-on y voir l’influence de politiciens et de journalistes issus de l’extrême gauche comme Paul Wolfowitz ou Richard Perle ?

Natalia Narochnitskaya : Vous avez raison. Il ne s’agit pas seulement d’un entrisme des trotskistes au Parti républicain, mais d’une continuation du marxisme scientifique par les néo-conservateurs. Les mêmes structures de pensée persistent. C’est d’ailleurs pourquoi nos aparatchiks se sont si bien adaptés à leurs nouveaux parrains états-uniens. Ils se sentent spontanément à l’aise avec cette rhétorique.

Pendant la guerre idéologique [la Guerre froide], nous devions apprendre un catéchisme. À la question « Dans quelle époque vivons-nous ? », nous devions répondre « Dans une période de transition du capitalisme au communisme ». Aujourd’hui les dirigeants et les journalistes occidentaux pensent et parlent avec le même simplisme. Ils ont juste remplacé des slogans par d’autres. Si vous leur demandez « Dans quelle époque vivons-nous ? », ils vous répondrons avec le même automatisme « Dans une période de transition du totalitarisme à la démocratie ».

Cet universalisme de pacotille, qu’il s’exprime en termes marxistes scientifiques ou néo-conservateurs, va de pair avec un super-globalisme. Toutes les différences doivent disparaître et le monde doit être gouverné par un organe unique.

Réseau Voltaire : Vous appartenez à un parti politique, Rodina, que la presse occidentale dénigre volontiers en le qualifiant de « nationaliste » et l’on présente aujourd’hui votre pays comme un obstacle à la démocratisation des nouveaux États d’Europe orientale et d’Asie centrale. Quelle est votre conception de l’universalisme ?

Natalia Narochnitskaya : Reconnaître les aspirations communes du genre humain, ce n’est pas nier les cultures. La Fédération de Russie doit contester cette philosophie politique. Et nous sommes légitimes à proposer une cohabitation des identités.

Notre fédération est eurasienne. Notre emblème est l’aigle à deux têtes. Depuis des siècles, nous sommes à la fois Européens et Asiatiques, Russes et Tatars, chrétiens et musulmans. Nous sommes aujourd’hui majoritairement des Russes orthodoxes, mais aux temps médiévaux nous étions des Asiatiques convertis. Ceci n’est pas une réponse dilatoire, mais une réalité indiscutée qui a formé notre identité.

Lorsque les Tatars et les Caucasiens nous défendirent, leurs chefs furent annoblis. Ils n’étaient pas traités comme des colonisés, mais étaient les égaux des aristocrates russes. Ils avaient même des serfs russes. Les Anglo-Saxons n’ont jamais été capables de concevoir cela. Vous imaginez des Lords indiens avec des domestiques anglais ?

Réseau Voltaire : Si le projet anglo-saxon de démocratisation globale n’est pour vous qu’une imposture, comment analysez-vous la politique étrangère des États-Unis ?

Natalia Narochnitskaya : La politique étrangère des États-Unis est anglo-saxonne. Elle poursuit, sous une forme modernisée, la politique de l’Empire britannique. C’est un expansionnisme obsédé par la question des détroits. Une première ligne de pénétration part des Balkans à l’Ukraine pour le contrôle de la mer Egée et de la mer Noire. Une seconde ligne part de l’Égypte à l’Afghanistan pour le contrôle de la mer Rouge, du Golfe persique et de la mer Caspienne. Il n’y a rien de nouveau dans cette stratégie, sinon l’enjeu pétrolier qui l’a relancée.

Réseau Voltaire : Comment expliquez-vous que l’Union européenne se soit ralliée à cette stratégie qui sert uniquement les intérêts anglo-saxons ?

Natalia Narochnitskaya : C’est un aveuglement collectif. Les Européens n’ont rien à gagner et tout à perdre dans ce schéma. Le seul moyen pour l’Europe occidentale de continuer à jouer un rôle politique de premier plan sur la scène mondiale, c’est de s’allier à la Russie. C’est d’autant plus facile que nous sommes beaucoup plus proches culturellement les uns des autres que vous ne l’êtes des Anglo-saxons.

Réseau Voltaire : Certes. Cependant, les Européens n’ont rien à gagner non plus à quitter la suzeraineté d’un impérialisme pour tomber sous la coupe d’un autre.

Natalia Narochnitskaya : Vous vous méprenez. Nous ne sommes pas une autre puissance belliciste. Nous ne cherchons de confrontation avec personne, et surtout pas avec les États-Unis. Comme vous, nous voulons être libres de nos décisions et avoir de bonnes relations avec les États-uniens.

Au demeurant, notre intérêt est d’être pacifique. Notre économie ne réclame pas que nous fassions la guerre. Et dans la situation actuelle, une puissance forte et paisible sera toujours plus attractive qu’une autre belliqueuse. Le monde est interdépendant et le moment est venu de retrouver un équilibre des puissances.

Réseau Voltaire : Permettez-moi de revenir à la question de l’adoption par les Européens de la politique étrangère anglo-saxonne. Comment analysez-vous l’engagement de l’OTAN en Yougoslavie ?

Natalia Narochnitskaya : La politique anglo-saxonne sur le continent européen est un va et vient perpétuel entre la France et l’Allemagne. Elle s’est toujours appuyée alternativement sur l’une et l’autre pour combattre la Russie et les a poussé au conflit l’une contre l’autre pour les affaiblir. La politique de l’OTAN est basée sur l’alliance des Anglo-saxons avec l’Allemagne. Les adhésions à l’OTAN se font selon la carte des ambitions de l’Empereur Guillaume II [Madame Narotchnitskaya sort alors une carte allemande de 1911 que nous n’avons malheureuseement pas pu photographier]. C’est la continuation de la politique de Benjamin Disraeli lors du Congrès de Berlin, en 1878. À l’époque, les Anglais nous avaient obligés à réviser le traité de San Stefano. Ils avaient artificiellement créé des États balkaniques pour satisfaire l’Allemagne. Ils avaient séparés des populations mélangées pour créer des États éthniques et ils avaient en outre décidé de créer une colonie juive en Palestine. De la même manière l’OTAN a pulvérisé la Yougoslavie pour en finir avec les vestiges du bloc soviétique. Elle a créé artificellement des États ethniques. Elle vient de recréer le Monténégro de 1878 et bientôt le Kosovo.

Dans cette stratégie, l’Allemagne n’est qu’un jouet, un État à souveraineté limitée. Il existe en effet un Traité germano-états-unien imposé à l’Allemagne de l’Ouest pendant la période d’occupation et qui n’a pas été abrogé lors de la réunification. Celui-ci comprend des clauses secrètes subordonnant la politique étrangère et de défense de l’Allemagne au bon vouloir de Washington. Ces clauses n’ont été publiquement appliquées que lors de la Guerre du Kippour. Les Etats-Unis avaient installé un pont aérien pour soutenir Israël contre les Arabes. Ils avaient utilisé pour cela leurs bases aériennes en Allemagne. Lorsque Walter Scheel s’y est opposé en faisant valoir la neutralité allemande dans ce conflit, Henry Kissinger l’a remis à sa place. Et l’Allemagne a cédé.

Réseau Voltaire : Pensez-vous que la Fédération de Russie puisse ébranler la domination anglo-saxonne sur le monde ?

Natalia Narochnitskaya : Pour reprendre la célèbre formule du Prince Alexandre Gortchakov, « La Russie se recueille ». Nous modernisons notre société. Nous relevons notre économie. Nous nous préparons.

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Dmitri Medvedev prône un monde multilatéral en 5 points

Tout d’abord, la Russie reconnaît la primauté des principes fondamentaux du droit international, qui définissent les relations entre les peuples civilisés. Nous construirons nos relations avec d’autres pays dans le cadre de ces principes et de ceux du droit international.

Deuxièmement, le monde doit être multi-polaire. Un seul pôle-monde est inacceptable. La omination est quelque chose que nous ne pouvons pas permettre. Nous ne pouvons pas accepter un ordre mondial imposé par un pays qui prendrait toutes les décisions, fut t’il aussi puissant et influent que États-Unis d’Amérique. Un tel monde est instable et sources de conflits.

Troisièmement, la Russie ne veut pas la confrontation avec d’autres pays. La Russie n’a pas l’intention de s’isoler. Nous allons développer des relations amicales avec l’Europe, les États-Unis et d’autres pays, autant que possible.

Quatrièmement, la protection de la vie et la dignité de nos citoyens, où qu’ils se trouvent est une priorité incontestable pour notre pays. Nos décisions de politique étrangère seront basée sur cette nécessité. Nous allons également protéger nos interêts économiques à l’étranger. Il doit être clair pour tous que nous répondrons à toute acte d’agression commis contre les nôtres.

Cinquièmement, comme c’est le cas des autres pays, il y a des régions dans lesquels la Russie a des intérêt privilégiés. Ces régions abritent des pays avec lesquels nous partageons des relations historiques particulières et avec lesquels nous sommes liés, comme avec des amis ou de bons voisins. Nous accorderons une attention particulière à nos travaux dans ces régions et à construire des liens d’amitié avec ces pays, et nos proches voisins.

Ce sont les principes que je suivront dans l’exécution de notre politique étrangère.

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First, Russia recognises the primacy of the fundamental principles of international law, which define the relations between civilised peoples. We will build our relations with other countries within the framework of these principles and this concept of international law.

Second, the world should be multi-polar. A single-pole world is unacceptable. Domination is something we cannot allow. We cannot accept a world order in which one country makes all the decisions, even as serious and influential a country as the United States of America. Such a world is unstable and threatened by conflict.

Third, Russia does not want confrontation with any other country. Russia has no intention of isolating itself. We will develop friendly relations with Europe, the United States, and other countries, as much as is possible.

Fourth, protecting the lives and dignity of our citizens, wherever they may be, is an unquestionable priority for our country. Our foreign policy decisions will be based on this need. We will also protect the interests of our business community abroad. It should be clear to all that we will respond to any aggressive acts committed against us.

Finally, fifth, as is the case of other countries, there are regions in which Russia has privileged interests. These regions are home to countries with which we share special historical relations and are bound together as friends and good neighbours. We will pay particular attention to our work in these regions and build friendly ties with these countries, our close neighbours.

These are the principles I will follow in carrying out our foreign policy.

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Первая позиция: Россия признаёт первенство основополагающих принципов международного права, которые определяют отношения между цивилизованными народами. И в рамках этих принципов, этой концепции международного права, мы и будем развивать наши отношения с другими государствами.

Второе, мир должен быть многополярным. Однополярность – неприемлема. Доминирование – недопустимо. Мы не можем принять такое мироустройство, в котором все решения принимаются одной страной, даже такой серьезной и авторитетной, как Соединённые Штаты Америки. Такой мир неустойчив и грозит конфликтами.

Третье, Россия не хочет конфронтации ни с одной страной. Россия не собирается изолироваться. Мы будем развивать настолько, насколько это будет возможно, наши дружеские отношения и с Европой, и с Соединёнными Штатами Америки, и с другими странами мира.

Четвёртое, безусловным приоритетом является для нас защита жизни и достоинства наших граждан, где бы они ни находились. Из этого мы будем исходить при осуществлении своей внешней политики. Мы будем также защищать интересы нашего предпринимательского сообщества за границей. И всем должно быть понятно, что если кто-то будет совершать агрессивные вылазки, тот будет получать на это ответ.

И, наконец, пятое. У России, как и у других стран мира, есть регионы, в которых находятся привилегированные интересы. В этих регионах расположены страны, с которыми нас традиционно связывают дружеские, добросердечные отношения, исторически особенные отношения. Мы будем очень внимательно работать в этих регионах и развивать такие дружеские отношения с этими государствами, с нашими близкими соседями. Вот из этого я буду исходить при осуществлении нашей внешней политики.

Что же касается будущего, то оно зависит не только от нас – оно зависит и от наших друзей, от наших партнёров по международному сообществу. У них есть выбор.

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