Discours de de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale - 01/03/2018

Transcription : [...] Chers collègues, L’opération en Syrie a prouvé les capacités accrues des forces armées russes. Au cours des dernières années, beaucoup a été fait pour optimiser l’armée et la marine. Les forces armées ont maintenant 3,7 fois plus d’armes Read more

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les lecteurs de Stratpol qui s’intéressent à la démographie russe peuvent consulter les analyses démographiques publiées en 2014 et 2016 qui synthétisent la complexe évolution démographique de la jeune fédération de Russie de 1999 à 2016.    La période 1990-1999 a vu un effondrement des Read more

La carte MIR : élément de la souveraineté bancaire russe

  Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ont fait réapparaître le risque d’une escalade pouvant potentiellement aboutir, en cas de tension maximale, à une déconnexion totale de l’ensemble des banques de Russie des systèmes internationaux de cartes VISA et Read more

Dissonance fête ses 10 ans où "comment je suis devenu un agent russe !" :)

Alors que DISSONANCE fête ces 10 ans c’est l’occasion idéale pour revenir sur cette decennie d’écriture, de dénonciation des mythes sur la Russie mais aussi l’affrontement (gagné) contre la presse francaise qui a donné lieu à la naissance d’un Read more

Analyses

Les Européens ne nous comprennent pas

Le Premier ministre de la République d’Abkhazie répond aux questions de Laurent Vinatier pour RealpolitikTV :

» L’Abkhazie n’entend nullement ne rester orientée que vers la Russie. Nous voulons construire une politique étrangère multidirectionnelle. C’est une priorité stratégique que nous envisageons en trois temps, à court, moyen et long terme. A court terme, il s’agit essentiellement de se rapprocher de la Biélorussie. A moyen terme,  il faudra construire un partenariat privilégié avec la Turquie, certains Etats du Moyen-orient et d’Amérique latine, c’est-à-dire, à l’exception du voisin turc, la plupart des pays indépendants de l’OTAN. Enfin, à long terme, évidemment, c’est vers l’Union européenne qu’il sera nécessaire de se tourner».

«A l’heure actuelle, les relations entre l’Abkhazie et les pays européens, sont très difficiles. Ceux-là ne veulent pas reconnaître la réalité ; ils ne portent pas un regard objectif sur la situation dans le Caucase et sur l’Abkhazie en particulier. Ils pratiquent une politique à double standard, en maintenant des positions fermes et absurdes telles que l’affirmation de « ne jamais reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie ». Pourtant pour le Kosovo, cela n’a pas posé de problème ! L’intégrité territoriale de la Serbie n’a pas été un obstacle. Pourquoi ce principe devrait-il primer pour la Géorgie, à notre désavantage ?»

» Il faut que les Européens comprennent que l’intégrité territoriale de la Géorgie est une illusion depuis 15 ans maintenant. En fait ils défendent une conception très arrièrée de la Géorgie, la conception stalinienne, qui a pris forme en 1931, lorsque le maître de l’Union Soviétique a décidé de faire de la Géorgie, ce qu’Andreï Sakharov a appelé un « petit empire », façonné sur le modèle de l’URSS. Les Abkhazes à cette époque avaient déjà violemment réagi avant d’être écrasés. L’Europe au fond veut et promeut la Géorgie de Staline. Ils ne nous comprennent pas ! C’est une erreur historique. Il est erroné de croire que l’Abkhazie n’a pas ses propres intérêts et qu’elle est de toute façon manipulée par la Russie».

«La Géorgie a constamment refusé les compromis. La seule option qu’elle a considérée est celle de la force. A ce titre, il est désormais impossible pour les Géorgiens et les Abkhazes de vivre ensemble. Historiquement, la Géorgie n’a pas le droit de prétendre à l’Abkhazie. Par ses actions et politiques au 20ème siècle, elle a également perdu toute légitimité à garder en son sein le territoire abkhaze. C’est pourquoi en août 2008, la Russie n’a eu d’autres choix que de garantir la sécurité de l’Abkhazie et de reconnaître son indépendance».
» Sur les plans économique et social, de même, les investissements en provenance de Russie augmentent rapidement. Parmi eux, certaines personnalités influentes de Moscou, à l’instant d’Iouri Loujkov, le maire de la ville ou Konstantin Zatouline, qui depuis les années 90 s’occupent des relations avec les anciens satellites soviétiques, n’hésitent pas à mobiliser des sommes importantes».

» L’un de nos objectifs stratégiques à court terme est d’ouvrir des voies de communication directe par la mer et par les airs avec la Turquie. Actuellement, 60% de nos échanges se font avec la Russie, 30% avec la Turquie et 10% avec la Roumanie et la Bulgarie.»

«Il semble que la Turquie souhaite nous rapprocher de la Géorgie. Elle a en tête, je crois, un rôle de médiateur entre Tbilissi et nous. Si cela doit nous éloigner de la Russie, ce n’est pas un bon calcul. La Russie est évidemment notre partenaire privilégié mais nous souhaitons comme je l’ai dit, développer d’autres partenariats privilégiés en toute souveraineté. Donc, la Turquie a tout intérêt à soutenir notre indépendance, ni Géorgie, ni Russie, mais l’Abkhazie indépendante. Ainsi elle remplirait ses objectifs dans le Caucase Sud. Nous ne demandons même pas dans l’immédiat de reconnaissance officiellement mais un engagement concret avec nous. Cela renforcerait clairement le rôle et l’influence de la Turquie dans la région».

«Nous regardons aussi du côté iranien, complètement indépendant en l’occurrence des Américains. L’Iran est un acteur important dans le Caucase. Après le Moyen-Orient, c’est l’espace stratégique qu’il entend investir. Au début de 2009 ainsi une délégation iranienne a été accueillie à Soukhoum».
» Mais c’est l’Europe qui ne répond pas à nos appels. Les Européens refusent des visas aux Abkhazes, contre toute logique et au détriment de notre jeunesse qui souhaite recevoir une éducation internationale. Concernant les Etats-Unis, jusqu’à l’année dernière, il n’était même pas envisageable de même penser à une quelconque action. Nous plaçons certains espoirs en Obama, qui semble vouloir changer d’optique sur la Géorgie, mais cela ne signifie nullement qu’il s’intéresse davantage à nous.»

«L’Abkhazie est sans doute l’un des Etats les plus démocratiques du Caucase. La presse est libre ; les partis sont indépendants. L’élection présidentielle en 2004 en a donné un exemple significatif. Celle de décembre 2009 n’a pas dérogé à la règle».

«La société abkhaze est très politisée. Il est vrai qu’il existe en son sein une tendance assez nationaliste, qui craint qu’en ouvrant trop le pays, y compris aux Russes, les Abkhazes perdent leur identité. Compte tenu des menaces récurrentes d’assimilation et du problème démographique actuel, cette posture gagne en popularité».

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Innograd

La future cité russe de l’innovation, apellée INNOGRAD sera régie par un régime légal à part, aura sa propre force de police et également son propre régime fiscal, les compagnies y auront le statut de « résidents » (comme des citoyens) et seront exonérées de nombres de taxes fédérales. Innograd et sera dirigée par un fond et non un maire comme les autres villes Russes. Ce fond sera dirigé par Viktor Vekselberg, un riche homme d’affaire Russe actif dans le domaine de l’énergie notamment. 

Ce fond sera une organisation à but non lucratif établie par l’académie Russe des sciences, Rosnano, Vneshekonombank, la fondation pour la recherche et le développement des petites sociétés, et différentes ONGs et universités, dont l’institut Bauman.

La grande particularité de Innograd sera son cadre légal à part qui permettra aux acteurs de Innograd de se concentrer sur leur activité et ne pas subir les habituelles lourdeurs administratives et bureaucratiques. Ce régime légal propre sera développé par Elvira Nabiullina. Le fond édictera notamment son propre cadre légal en ce qui concerne les droits de constructions, d’importation de biens étranges .

Innograd est envisagé pour 30.000 personnes, et les premiers résidents devraient s’y installer d’ici 2 à 3 ans. Le complexe verra également la création d’écoles, de laboratoires, de maisons, de bureaux, de jardins d’enfants et d’hopitaux, mais également d’infrastructures (routières ..).
Le territoire devrait être d’a peu près 380 hectares et le projet global avoisiner les 200 millions de dollars. Le lieu choisi est à l’ouest de moscou, dans le territoire la business school Solkovo  qui est « un institut international d’innovation axé sur le développement du leadership et des compétences de communication requises pour le nouveau type de gestionnaire qui sera en demande dans le 21ème siècle . Skolkovo est le premier institut au monde à fournir un MBA orienté BRIC. »
Les différentes constructions sont prévues sur une logique de respect des facteurs énergétiques et écologiques, et Innograd devrait ne pas voir de buildings sur son territoire. Le projet sera financé en majorité par l’état et les premières tranches de paiement seront comprises dans le budget fédéral des 2 prochaines années. Un régime « free-tax » pour les entreprises sera mis en place pour certaines périodes (jusqu’à 10 ans) ou pour les entreprises qui n’atteignent pas un certain seuil de revenus. En outre, un « droit à l’échec » sera accord aux projets des start-ups qui se créeront sur le territoire d’Innograd, notamment des Start-ups étrangères.
Pour l’instant, Enel, Boeing, Nokia, Siemens et Cisco ont déjà répondu présent !

Ce projet du Kremlin va dans le même sens que celui d’Akamdegorodok en Sibérie(appelé Silicon Taiga) et destiné à faire de la Russie dès 2020 un pays à la point du développement et de l’innovation, un pays clef des nouvelles technologies. La Russie vise a rejoindre le club fermé des pays du progrès en faisant de Moscou un rival / partenaire de San Francisco, Dublin, Bangalore ou encore Hong-Kong. Innograd sera dédiée aux priorités définies par le président Medvedev : l’énergie, les technologies de l’information, les télécommunications, le biomédical et le nucléaire. Le site devra à terme héberger «  les quartiers généraux des entreprises les plus importantes et les plus modernes » et attirer des spécialistes du monde entiers. L’idée est d’attirer les scientifiques qui ont émigré en Occident (de Russie) mais également d’attirer des spécialistes Étrangers en Russie.

Source pour cet article le Moscow Times , RBTH , le Républicain Lorrain


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L’axe Russo- Allemand

En décembre 2009, je mentionnais un article trouvé sur l’usine nouvelle publiait un article intitulé «Berlin-Moscou».
Je me permets en complément de publier cet article intéressant datant également de 2009 certes mais intitulé : «The new Ostpolitik«
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L’union douanière, qu’est ce que c’est ?

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Endettement des états, post crise

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Indicateurs économiques pour la période 2009-2010

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Vous avez dit BRIC ?

Carte de la croissance mondiale sur le premier trimestre 2010 :

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Vox Populi : les réformes des années 1990

Cet article fait partie du projet Vox POPULI
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Quelle est votre opinion sur les réformes de Gaidar ?
Comparé à 1997, un plus grand nombre de sondés pense en 2008 qu’elles n’étaient pas nécessaires et le nombre de gens qui pensent qu’elles étaient nécessaires ou positives n’a pas augmenté. Par contre, 1/3 des sondés pense que elles ont été destructrices sur l’économie de la Russie.
Les changements post 1992 ont ils été bénéfiques ou négatifs pour votre famille ?
10% seulement des sondés ressentaient avoir bénéficié des «changements économiques» des années 90, ils sont 36% aujourd’hui.
74% des sondés en 1999 ressentait avoir perdu de par ces réformes, ils ne sont plus que 37% aujourd’hui.
Votre appréciation de la situation économique d’aujourd’hui ?
Entre mars 2008 et mars 2009 (soit le coeur de la crise économique mondiale), les mécontents sont passés de 20 à 45% et les satisfaits de 21% à 6%. Ce sondage traduit bien que le peuple Russe exprime ouvertement son mécontentement de la situation, même si il soutient son gouvernement.
Quel système économique vous semble le plus adapté ?
Février 2009 voit le plus haut taux historique de sondés affirmer que le meilleur système est celui des planifications d’états et des distributions d’états, près de 58% contre 48% à la fin du mandat Eltsine. En parallèle, seuls 28% des sondés affirme que le meilleur système est celui basé sur la propriété privée et le marché.
Ce sondage n’est pas surprenant et est confirmé par celui ci : d’après vous la propriété privée est :

Nécessaire pour 24% des sondés en 2008, ce qui est un peu supérieur à 2002. Néanmoins, 59% pensent que l’état doit au fond rester propriétaire de la terre.
L’utilisation des profits pétroliers ?
Pour un nombre croissant de sondés, ces profits doivent servir au développement des infrastructures et à la lutte contre la pauvreté ou le développement du  système de santé.

 La situation serait aujourd’hui bien moins problématique que dans les années 90, a quoi est ce du pour vous ?
Pour un nombre croissant de Russes (31%) cela est du à l’action du gouvernement, et un autre tiers affirme que c’est grâce aux prix élevés des matières premières.
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La Russie, au coeur des BRIC et de l’Eurasie

La Russie, 8ème économie du monde a été inclue dans un nouvel ensemble économique créé en 2003 par Goldman Sachs et appelé BRIC . Qu’est ce que les BRIC ?

 

L’ensemble hétéroclite Brésil-Russie-Inde-Chine, ensemble qui représente 40% de la population du monde, 15% du  produit intérieur brut mondial, 1/4 de la surface de la planète, 1/3 des terres agricoles et 40% des réserves de devises. Mais les BRIC cumulent surtout 50% de la croissance économique.  Un ensemble dont l’économie s’est rapidement développé et dont le PIB confondu devrait égaler en 2040 celui du G6 (les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et l’Italie). 
Chacun des BRIC se situerait en 2050 au même niveau que les principales puissances économiques actuelles : les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, etc. Dans un rapport récent il est estimé que le poids des BRIC dans la croissance mondiale passera de 20% en 2003 à 40 % en 2025.  Par ailleurs, leur poids total dans l’économie passera de 10 % en 2004 à plus de 20 % en 2025. récemment, d’autres acronymes ont été créés, préfigurant bien la très grande multipolarisation de l’économie mondiale :
 

 

A titre d’exemple, pour cette année 2010, la Chine devrait connaître une croissance de 10%, l’Inde de 7,7%, le brésil et la Russie de près de 5%. En ce qui concerne l’Europe, lire cette analyse qui définit la Russie d’après crise comme l’éclair de croissance de l’Europe ! En 2030, la Russie devrait être la première puissance économique Européenne, devant l’Allemagne.
Pourtant la Russie n’a pas été épargné par les 18 derniers mois de crise financière mondiale. La production industrielle y a baissé de 10,8% sur l’ensemble de 2009 et le PNB dans son ensemble de 7,9 %. Une chute du PIB liée et corollaire à la chute du prix du pétrole.

 

Cela alors que l’économie Russe a depuis 10 ans connu une croissance formidable :
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
10,0 5,1 4,7 7,3 7,2 6,4 6,7 8,1 5,6 - 7,9
La chute des matières premières est une des équations majeures dans ce ralentissement économique, le cours du baril a chuté de 147 dollars en juillet 2008 à 35 dollars fin décembre 2009. Le cours de l’aluminium se situait à 3370 dollars la tonne le 10 juillet.Il s’est effondré aux environs de 1600 dollars en décembre. La tonne de cuivre était cotée le 4 décembre à 3 422 dollars, alors qu’elle dépassait les 8000 entre mars et juillet 2008. Le cours du Nickel a également subi une chute spectaculaire.
Voir ici l’évolution des indices de prix du laiton / aluminium / cuivre.
Des la moitié de l’année 2009, dans un contexte international hautement bouleversé, et alors que l’on nous assurait qu’une terrible seconde vague économique était inévitable pour l’automne, de nombreuses voix se sont fait entendre pour proposer d’évincer la Russie des BRIC (devenant des BIC). Ces fantasmes émanaient le plus souvent de médias,  think-tank ou d’intellectuels Atlantistes et anglo-saxons, terrorisés par cette perte d’influence de l’Amérique et du monde anglo-saxon dans les «affaires de la planète». 
Néanmoins dès la fin 2009, un fort vent de reprise se faisait sentir en Russie et le figaro nous donnait les prévisions suivantes :

En avril 2010, mieux, Reuters donnait cette synthèse fort intéressante de l’économie des BRIC montrant que sur la période de  1999 à 2008, le taux de croissance réel de la Russie a été égal à celui de l’Inde, supérieur à celui du Brésil et juste inférieur à la Chine. En outre, la Russie à la baisse du taux de pauvreté de loin la plus réussie, la plus forte, puisque ce taux a été divisé par deux en Russie, pensant qu’il stagnait en Inde et ne baissait que de 25% au Brésil.

 

 

Mieux, Goldman Sachs affirmait dès le début de l’année 2010 que : «Au sein du groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Brésil) la Russie constituera dans un avenir proche le pays le plus attrayant sur le plan des investissements … Si d’aucuns appellent à exclure en général la Russie du BRIC, nous jugeons que son marché est le plus attrayant pour le capital social. Nous le recommandons pour les investissements, celui-ci affichant les meilleurs résultats .. Nonobstant toutes les difficultés économiques de cette dernière décennie, la Russie a réussi à accroître son PIB libellé en dollars plus que le Brésil et l’Inde.»

 

Selon les estimations de Goldman Sachs, la croissance s’élèvera en 2010 à 5,8% au Brésil, à 4,5% en Russie, à 8,2% en Inde et à 11,4% en Chine, soit 9,2% pour l’ensemble du BRIC contre 4,4% pour le reste du monde. 
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Toujours au début de cette année, Bloomberg affirmait que en 2030 le G7 serait éclipsé par le E7 (emerging 7) soit les 7 puissances émergentes les plus significatives. Toujours en 2030 donc (alors que la Russie devrait être la principale puissance économique Européenne) le PIB combiné des BRIC + l’Indonésie, la Turquie et le Mexique devrait être 30% supérieur à celui de l’ensemble Amérique-Japon-Allemagne-France-Angleterre-Italie-Canada. Toujours selon le rapport, la Chine devrait devenir la première puissance économique mondiale en 2020.
Je m’arrête sur la Turquie car les échanges entre la Turquie et la Russie  sont croissants : «Le chiffre d’affaires des échanges commerciaux entre les deux pays ne s’est pas seulement accru d’environ 8 fois depuis 2000, mais en 2008, l’année d’avant la crise, la Russie est devenue le premier partenaire commercial de la Turquie et les exportations de la Russie vers ce pays se sont chiffrées à 27,1 milliards de dollars (+ 47,5%) avec des importations en provenance de Turquie pour un montant de 6,1 milliards de dollars (+45,2%).(..) En outre le consortium russe Gazprom livre à la Turquie 63% de ses besoins en gaz (la troisième place après l’Allemagne et l’Italie). En 2008, les livraisons de gaz russe ont dépassé 24,5 milliards de m3 (contre 23,5 milliards de m3 en 2007), y compris 10,5 milliards de m3 acheminés par le gazoduc Blue Stream (qui fonctionne depuis novembre 2005).» Une Turquie qui en ce début 2010 témoigne d’un comportement qui laisse penser que le pays souhaite affirmer son statut de puissance régionale indépendante d’envergure, pont entre l’Orient et l’Europe, comme la Russie l’est au coeur de l’Eurasie entre les mondes asiatiques, européens et musulmans.  Symbole de cette alliance des civilisations, la place de la Russie qui participe à diverses institutions et forums reliant l’Asie à l’Europe, on peut citer l’OSCE, la CEI, la CEE, l’OTSC, l’OCS, ou encore l’ASEM et le BRIC, ou encore l’OCI. Ces organisations pourraient préfigurer la création à court ou moyen terme d’une «Union Eurasiatique», telle que l’a souhaité avec clairvoyance et lucidité le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev et en ce sens, l’union douanière commune créée par la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan en est le premier pas (source).


Cette situation a été confirmé lors du sommet Eurasiatique de Iekaterinbourg, des 15 et 16 Juin 2009 durant lequel ont eu lieu les discussions de l’ Organisation de Coopération de Shanghai  (qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan et ou l’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs) mais également  entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) à vu ces pays émergents pré-tracer les grandes lignes géopolitiques et géo-économiques de l’avenir comme la création de nouvelles institutions militaires et financières et notamment créer une monnaie de réserve « indépendante d’une nation particulière » (le Yuan ?).
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Le FMI à récemment listé les 10 premières économies mondiales en 2009 par PIB nominal :
 
 
… Et également par PIB à parité de pouvoir d’achat : les 4 BRIC sont dans les 9 premiers et la Russie est devant la France et l’Italie, prédéterminant le tournant historique qui s’annonce dans les décennies à venir ..
 
 

 

 

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Oleg Deripaska joue la carte de l’Europe Continentale

Oleg Deripaska, directeur de Rusal a été interviewé par le journal «les échos» après l’introduction de sa société aux bourses de Paris et Hong Kong. 

Oleg Deripaska, l’un des hommes les plus riches au monde, est un industriel chevronné. Il est à la tête d’un géant des mines et de la métallurgie, le groupe russe Rusal. Les actions de son entreprise font leur entrée aujourd’hui aux Bourses de Paris et Hong Kong. Oleg Deripaska explique aux « Echos » son parcours et sa vision.

Extraits :

- Sur le recentrage des activités de RUSAL vers l’Asie et l’extrême orient, notamment la Chine - 
«L’existence d’anciennes relations de bon voisinage entre les deux pays a certainement joué un rôle positif. Les Chinois à Hong Kong ont fait preuve d’un grand professionnalisme, d’une excellente connaissance des atouts de Rusal et se sont révélés d’excellents partenaires. Comment être absent d’un marché de telles dimensions ?»

«Oui, en Russie, aujourd’hui, il est possible d’être un acteur économique sans faire de la politique. J’en suis l’exemple«.

- Sur le choix de la bourse de Paris plutôt que de Londres -
» Je prends le pari de l’Europe continentale. Vous avez une grande industrie, des compétences avérées et reconnues. Au Royaume-Uni, l’industrie n’est pas en bonne forme malgré la qualité indéniable de ses travailleurs. Vous êtes mieux placés pour comprendre la problématique de Rusal» .

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