Discours de de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale - 01/03/2018

Transcription : [...] Chers collègues, L’opération en Syrie a prouvé les capacités accrues des forces armées russes. Au cours des dernières années, beaucoup a été fait pour optimiser l’armée et la marine. Les forces armées ont maintenant 3,7 fois plus d’armes Read more

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les lecteurs de Stratpol qui s’intéressent à la démographie russe peuvent consulter les analyses démographiques publiées en 2014 et 2016 qui synthétisent la complexe évolution démographique de la jeune fédération de Russie de 1999 à 2016.    La période 1990-1999 a vu un effondrement des Read more

La carte MIR : élément de la souveraineté bancaire russe

  Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ont fait réapparaître le risque d’une escalade pouvant potentiellement aboutir, en cas de tension maximale, à une déconnexion totale de l’ensemble des banques de Russie des systèmes internationaux de cartes VISA et Read more

Dissonance fête ses 10 ans où "comment je suis devenu un agent russe !" :)

Alors que DISSONANCE fête ces 10 ans c’est l’occasion idéale pour revenir sur cette decennie d’écriture, de dénonciation des mythes sur la Russie mais aussi l’affrontement (gagné) contre la presse francaise qui a donné lieu à la naissance d’un Read more

Analyses

Citation de Laurent James

Laurent JAMES a été interviewé par Terence Trouvé. Extrait :
Lorsqu’on déambule dans les rues de Moscou, on ne tarde pas à comprendre que l’Occident est une lèpre qui ne peut pas infecter très profondément la peau des Russes. Cette ville est certes un des points névralgiques où la bactérie ultra-libérale s’est le plus gravement implantée, mais elle est également celle où la foi chrétienne est probablement la plus intense au monde – à l’exception notable de certains pays d’Afrique Noire comme le Cameroun, où le catholicisme est douze mille huit cent cinquante fois plus rayonnant qu’à Lourdes. 
J’ai eu la chance de tomber sur une cérémonie de mariage en arpentant l’enceinte du Monastère de Novodiévitchi, tout au bord de la Moskva. Les explosions de furieuses couleurs déployées en accordéon par-dessus le porche de l’église baroque de la Transfiguration, c’est quand même autre chose que des poignées de riz lancées sur le parvis de l’église de Vitrolles… Lorsque vous verrez comme moi des jeunes filles blondes ultra-sexy se voiler dévotieusement les cheveux en pénétrant dans la cathédrale de la Vierge de Smolensk, se signer avec une lenteur de girafe méditative et prendre une heure de leur temps pour faire le tour complet de l’édifice rutilant en embrassant l’une après l’autre les rudes et spirituelles icônes de feu ardent, non sans oublier de s’agenouiller en passant devant l’impérieuse iconostase des Patriarches toute en cascades dorées de splendeurs sacrées, vous comprendrez qu’il n’y a pas besoin de faire trente-cinq ans d’études en théologie pour savoir où est l’avenir de l’Europe. 
Car c’est bien la Russie qui est l’avenir de l’Europe, et pas le contraire, bien sûr. 

Raymond Abellio écrivait dans son Assomption de l’Europe que, si l’expansion des peuples de l’Age de Fer les avait toujours conduit de l’est vers l’ouest, un des signes les plus notables de l’imminence de la Parousie serait « le renversement de l’ouest vers l’est ». C’est volontairement que je ne cite pas ici les centaines d’écrivains, de prophètes et d’artistes qui prévoient depuis deux mille ans le salut du monde par l’Est. Il faut ré-orienter nos âmes. Les idées et la trajectoire d’Alexandre Douguine me sont évidemment très sympathiques. L’Eurasie me va droit au cœur, tant qu’il s’agit d’une redéfinition de la Russie comme terre du milieu, comprise entre l’Europe et l’Asie pour pouvoir les transcender en même temps.

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Les Européens ne nous comprennent pas

Le Premier ministre de la République d’Abkhazie répond aux questions de Laurent Vinatier pour RealpolitikTV :

» L’Abkhazie n’entend nullement ne rester orientée que vers la Russie. Nous voulons construire une politique étrangère multidirectionnelle. C’est une priorité stratégique que nous envisageons en trois temps, à court, moyen et long terme. A court terme, il s’agit essentiellement de se rapprocher de la Biélorussie. A moyen terme,  il faudra construire un partenariat privilégié avec la Turquie, certains Etats du Moyen-orient et d’Amérique latine, c’est-à-dire, à l’exception du voisin turc, la plupart des pays indépendants de l’OTAN. Enfin, à long terme, évidemment, c’est vers l’Union européenne qu’il sera nécessaire de se tourner».

«A l’heure actuelle, les relations entre l’Abkhazie et les pays européens, sont très difficiles. Ceux-là ne veulent pas reconnaître la réalité ; ils ne portent pas un regard objectif sur la situation dans le Caucase et sur l’Abkhazie en particulier. Ils pratiquent une politique à double standard, en maintenant des positions fermes et absurdes telles que l’affirmation de « ne jamais reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie ». Pourtant pour le Kosovo, cela n’a pas posé de problème ! L’intégrité territoriale de la Serbie n’a pas été un obstacle. Pourquoi ce principe devrait-il primer pour la Géorgie, à notre désavantage ?»

» Il faut que les Européens comprennent que l’intégrité territoriale de la Géorgie est une illusion depuis 15 ans maintenant. En fait ils défendent une conception très arrièrée de la Géorgie, la conception stalinienne, qui a pris forme en 1931, lorsque le maître de l’Union Soviétique a décidé de faire de la Géorgie, ce qu’Andreï Sakharov a appelé un « petit empire », façonné sur le modèle de l’URSS. Les Abkhazes à cette époque avaient déjà violemment réagi avant d’être écrasés. L’Europe au fond veut et promeut la Géorgie de Staline. Ils ne nous comprennent pas ! C’est une erreur historique. Il est erroné de croire que l’Abkhazie n’a pas ses propres intérêts et qu’elle est de toute façon manipulée par la Russie».

«La Géorgie a constamment refusé les compromis. La seule option qu’elle a considérée est celle de la force. A ce titre, il est désormais impossible pour les Géorgiens et les Abkhazes de vivre ensemble. Historiquement, la Géorgie n’a pas le droit de prétendre à l’Abkhazie. Par ses actions et politiques au 20ème siècle, elle a également perdu toute légitimité à garder en son sein le territoire abkhaze. C’est pourquoi en août 2008, la Russie n’a eu d’autres choix que de garantir la sécurité de l’Abkhazie et de reconnaître son indépendance».
» Sur les plans économique et social, de même, les investissements en provenance de Russie augmentent rapidement. Parmi eux, certaines personnalités influentes de Moscou, à l’instant d’Iouri Loujkov, le maire de la ville ou Konstantin Zatouline, qui depuis les années 90 s’occupent des relations avec les anciens satellites soviétiques, n’hésitent pas à mobiliser des sommes importantes».

» L’un de nos objectifs stratégiques à court terme est d’ouvrir des voies de communication directe par la mer et par les airs avec la Turquie. Actuellement, 60% de nos échanges se font avec la Russie, 30% avec la Turquie et 10% avec la Roumanie et la Bulgarie.»

«Il semble que la Turquie souhaite nous rapprocher de la Géorgie. Elle a en tête, je crois, un rôle de médiateur entre Tbilissi et nous. Si cela doit nous éloigner de la Russie, ce n’est pas un bon calcul. La Russie est évidemment notre partenaire privilégié mais nous souhaitons comme je l’ai dit, développer d’autres partenariats privilégiés en toute souveraineté. Donc, la Turquie a tout intérêt à soutenir notre indépendance, ni Géorgie, ni Russie, mais l’Abkhazie indépendante. Ainsi elle remplirait ses objectifs dans le Caucase Sud. Nous ne demandons même pas dans l’immédiat de reconnaissance officiellement mais un engagement concret avec nous. Cela renforcerait clairement le rôle et l’influence de la Turquie dans la région».

«Nous regardons aussi du côté iranien, complètement indépendant en l’occurrence des Américains. L’Iran est un acteur important dans le Caucase. Après le Moyen-Orient, c’est l’espace stratégique qu’il entend investir. Au début de 2009 ainsi une délégation iranienne a été accueillie à Soukhoum».
» Mais c’est l’Europe qui ne répond pas à nos appels. Les Européens refusent des visas aux Abkhazes, contre toute logique et au détriment de notre jeunesse qui souhaite recevoir une éducation internationale. Concernant les Etats-Unis, jusqu’à l’année dernière, il n’était même pas envisageable de même penser à une quelconque action. Nous plaçons certains espoirs en Obama, qui semble vouloir changer d’optique sur la Géorgie, mais cela ne signifie nullement qu’il s’intéresse davantage à nous.»

«L’Abkhazie est sans doute l’un des Etats les plus démocratiques du Caucase. La presse est libre ; les partis sont indépendants. L’élection présidentielle en 2004 en a donné un exemple significatif. Celle de décembre 2009 n’a pas dérogé à la règle».

«La société abkhaze est très politisée. Il est vrai qu’il existe en son sein une tendance assez nationaliste, qui craint qu’en ouvrant trop le pays, y compris aux Russes, les Abkhazes perdent leur identité. Compte tenu des menaces récurrentes d’assimilation et du problème démographique actuel, cette posture gagne en popularité».

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Non a poutine ??

Le site putinavotstavku.ru (poutine va t-en) est destiné à recueillir des signatures et témoignages pour appeller le peuple Russe à sortir du «poutinisme» et faire en sorte que Vladimir Poutine quitte la vie politique.¨
Cette noble et démocratique action (quoi que les organisateurs cachent leur noms et ont mis en ligne leurs Requizits afin de pouvoir récupérer un peu d’argent ;) n’a cependant visiblement pas du tout le succès escompté. Au 03 juin 2010, 47.751 personnes avaient affirmé en ligne leur soutien à cette action.
La revue newtimes à il y a quelques mois consacré une étude statistique sur les 35.000 premières signatures et il en ressorts quelques conclusions intéressantes ;)

- 80% des signataires sont des ressortissants de Russie
- 45% sont issus de Moscou et Saint Pétersbourg 
- 8% sont des étrangers (CEI ou alors étranger lointain)
- 12% n’indiquent pas leur lieu de résidence
- 9% sont du district nord de la Russie


- 21% sont des femmes, elles représentent 46% à Moscou et 17% à Saint Pétersbourg.


- 23% sont des travailleurs (cols bleus)
- 6% sont des hommes d’affaires
- 3% sont des chômeurs
- 19% sont des fonctionnaires ou militaires
- 12% sont des professions libérales


**
Donc sur ces 35.000 premières signatures, il ressort 28.014 nouveaux opposants à Vladimir Poutine, soit à échelle Francaise une ville de la Taille de Bergerac !

L’opposant type est un Russe qui est d’une classe sociale relativement aisée, réside dans la partie Européenne de la Russie et notamment dans les grands centres que sont Moscou et Saint Pétersbourg. 

Bien sur vous pouvez consulter la liste des signataires, et voir de vous même que toute l’intelligentsia Iabloko et consorts à déjà signé ;)

Bref : Nihil novi sub sole !
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L’allégeance à la Russie Fédérale est notre force (Par Afaf Aniba)

Afaf Aniba est écrivain, conférencière et militante des droits de l’homme Musulman.Elle collabore avec plusieurs journaux indépendants Algériens depuis 1994 et tient une rubrique hebdomadaire à Albassaïr porte parole de l’Association des Oulémas Algériens. Elle est également contributrice pour plusieurs site entre autre chihab.net, binbadis.net, binnabi.net et alasr.ws, veecos.net, difaf.net, albassair.org et enfin tourath.org.

 

Vous pouvez lire ses nouvelles publiés sur inlibroveritas.net depuis le 16 juillet 2005. En novembre 2006 la maison d’édition Samar a publié mon premier livre, intitulé «Percée de lumière, préoccupation d’une femme musulmane» et le 16 juillet 2008 son premier recueil de nouvelles intitulé » La Dame d’Ibiza» a été publié par Ilv-édition. Le 1 Avril 2010 son premier roman a été publié par ILV-éditions intitulé «Et la vie continue à Sarajevo…» 
Son blog est ici

 

Madame Ouneiba a accepté d’écrire un article pour le blog DISSONANCE et s’adresser aux musulmans du monde entier.

***

L’allégeance à la Russie Fédérale est notre force ! Par Afaf Aniba.


En tant que musulmane Algérienne, je sais que notre religion l’Islam honore par-dessus tout l’intelligence du croyant. Il est vital pour nous musulmans par ces temps tourmentés de protéger notre présence et les composantes de notre identité religieuse.

Personnellement je n’ai pas compris pourquoi certains Tchétchènes ont fait la guerre au gouvernement Russe ? Quelques-uns de vous me disent que historiquement le Tchétchénie le Daghestan ou l’Ingouchie n’ont jamais fait partie de l’empire Russe, je l’admets mais permettez- moi de poser une question :

 

Nous vivons au 21 siècle, le désir de l’indépendance ne doit pas faire oublier aux Tchétchènes Daghestanais et Ingouches que une fois séparés de la Russie fédérale, ils vont être englouti par l’ogre Américain, est-ce que vous croyez que l’Arabie Séoudite ou l’Iran ou la Turquie vont vous soutenir et vont pouvoir vous protéger ? Vous vous méprenez et l’exemple de la Bosnie-Herzégovine et le Kossovo sont des exemples flagrants. La Bosnie est fragmenté en plusieurs républiques et le Kossovo est sous la botte Américaine. Nous ne pouvons résoudre des problèmes d’intolérance ou des revendications d’autonomie par une politique de séparatisme ou faire la guerre. Nous avons vécu en Tchétchénie avant tout  un clash entre Tchétchènes !!! Est-ce que s’entretuer est une réponse sensée à des problèmes qui devraient être examiné loin des ressentiments, de la colère et de la hargne ?

 

Si les Musulmans du Caucase comptent sur le soutien du monde Musulman à leurs revendications, ils ne doivent pas se faire d’illusions. Le monde Musulman ne vous aidera pas à renforcer votre indépendance ni ne vous assurera aucune protection alors que la Russie fédérale est une super puissance et elle peut vous aider tout en respectant votre foi unitaire.

 

Rester au sein de la Russie fédérale est crucial si vous voulez vivre un renouveau civilisationnel car pardonnez mon franc parler les Musulmans n’ont pas autant besoin d’indépendance que de définir leurs priorités en matière de progrès et de civilisation.

 

Parlez avec Moscou le langage de la paix et vous verrez que  les responsables Russes vont vous écouter.

 

Utiliser les armes contre les forces militaires ou de sécurité Russe donnera un faux message aux autorités Russes, ils vont croire qu’avec vous il n y a que les moyens répressifs pour vous mâter.

 

Ayez l’intelligence des dirigeants du Tatarstan, ils ont compris que le dialogue constructif avec Moscou est payant.

 

Pour moi la musulmane la force ne doit être utilisé qu’en dernier recours et nous devons faire tout pour ne pas y recourir car réfléchissez vous avez vécu plus de cent ans avec le peuple Russe. Vous avez été voisins, votre sang s’est mêlé au sang russe pour défendre le Russie contre le Nazisme et le Fascisme.

 

Tout n’est pas parfait en Russie mais sur la planète terre il n’y a pas un pays où tout est parfait, comparez votre situation avec celle des musulmans de l’Europe occidentale ou l’Amérique et vous verrez qu’on ne doit jamais penser à couper les ponts avec la Russie fédérale.

 

Le monde Musulman est à la croisée des chemins, nous sommes désunis surtout au niveau du monde Arabe et l’Amérique et ses sbires profitent de toutes les occasions pour nous nuire et je crois sincèrement que celui qui nuit à la Russie fédérale nous nuit à nous les Musulmans car qu’on le veuille ou non le sort des Musulmans Russes est lié à ceux de leurs frères et sœurs Chrétiens Russes.

 

Je sais que ce que j’écris peut vous choquer mes frères et sœurs mais on doit être conséquent avec nous-même vous ne possédez pas les moyens pour protéger votre indépendance et votre souveraineté, il n y a que Moscou qui peut le faire pour vous.  Sincèrement j’applaudirai si vous aviez la possibilité de vivre souverainement en assumant pleinement votre indépendance mais avec l’existence de l’empire du mal les Etats-Unis d’Amérique personne n’est à l’abri du chantage et des calculs égoïstes de Washington.
Il est important de savoir gérer notre devenir en ayant une vision claire de nos possibilités et de nos fins. Si le peuple au Daghestan ou en Ingouchie souffre d’une mauvaise gestion, ce n’est pas la faute de Moscou, c’est plutôt la responsabilité des gouvernants autochtones et la démission civique des citoyens. Le bien être de toute société est la mission de tous, des citoyens comme des responsables et aucune amélioration des conditions de vie ne peut survenir si nous choisissons de fuir au lieu d’affronter sérieusement et pacifiquement les lacunes, problèmes et injustices.

C’est pourquoi, je considère primordiale le faite de pouvoir instaurer un dialogue entre musulman de Russie et Musulman des pays limitrophes de Russie d’abord, le dialogue est le garant de la compréhension et du respect mutuel et dans une seconde étape, établir des jalons pour aller à un dialogue constructif avec Moscou, où chacun pourra connaître ce qui lui revient de droit et le travail commun permettra à tous de préserver les intérêts communs  de tous. En Islam l’union fait la force, et c’est vers cette réalité que tend tout Musulman conscient des défis et des dangers actuel!

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Normandie Niemen / Нормандия Неман —> Moscou, 9 mai 2010

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Jon Hellewig

Le courrier de Russie, bien loin des âneries de Juliette Rabat a fait une interview intéressante de Jon Hellewig.
Pour lire une biographie complète de Jon Hellewig c’est ici.
Ce dernier est également l’auteur du livre «All is art» (2007), qui traite dans une première partie «des pratiques sociales et de l’interprétation des sentiments, ainsi que de la concurrence démocratique». La seconde partie traite de «l’essence de la démocratie» et la Russie sert de point de référence, le lecteur pourra ainsi comprendre pourquoi le président Poutine est un homme avec de bonnes références démocratiques.
Quadrilingue russe, anglais, suédois et finlandais (sa langue maternelle), Jon Hellevig avoue parler aussi un peu français… après un bon verre de rouge ! « La Russie était dans une situation d’après-guerre » affirme-t-il lorsqu’il évoque son arrivée à Moscou en 1992. Et, malgré le « miracle » des deux décennies suivantes, le co-fondateur du cabinet d’avocats Hellevig Klein Usov Partners (HKU) considère que les défis les plus importants restent, aujourd’hui, à relever.
Le Courrier de Russie : Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis votre arrivée ?
Jon Hellevig : Tout a changé. Quand j’ai débarqué pour la première fois à Moscou, on manquait de tout. À chaque fois que vous alliez dans un restaurant, vous vous retrouviez confronté à des pratiques étranges, et tout se négociait. Les rayons des  magasins étaient vides. La situation, au début des années quatre-vingtdix, était digne des mauvaises blagues que l’on a tous entendues sur l’Union soviétique. Et c’est un vrai miracle d’avoir atteint, en 2010, un tel niveau d’offre de produits et de  services. Nous revenons de très loin.
LCDR : Pourquoi êtes-vous venu en Russie ?
J. H. : La Russie est un pays avec lequel la Finlande a toujours eu des relations privilégiées, en raison, bien sûr, de sa proximité. L’ouverture à l’économie de marché signifiait, pour nous, de nouveaux débouchés, et il était parfaitement naturel d’y envisager un avenir. Mon idée, quand je suis arrivé, était de devenir consultant. Mais je me suis rapidement rendu compte que les affaires se géraient trop différemment ici pour que je puisse conseiller qui que ce soit. J’ai donc d’abord travaillé comme directeur financier d’une joint venture russo-américano-finlandaise. Et cette expérience m’a permis de mieux appréhender un système russe qui était encore, en fait, le système soviétique.
LCDR : Mais aujourd’hui, près de vingt ans après la chute de l’Union soviétique, le système n’a plus rien à voir.
J. H. : Détrompez-vous ! J’ai dit que tout avait changé, c’est vrai, mais fondamentalement, la culture économique est toujours façonnée par les pratiques de l’administration soviétique. Et elle n’évolue, malheureusement, pas beaucoup. Même lorsque le pouvoir décide d’instaurer une nouvelle loi, et même lorsque la loi est bonne – comme la loi antimonopole, qui est plus que nécessaire –, elle est appliquée dans une structure qui reste soviétique, et la bureaucratie l’emporte finalement sur la volonté de changement. La bureaucratie est un véritable fardeau pour ceux qui viennent faire des affaires en Russie.
LCDR : Cette situation est intéressante, en tout cas, pour des sociétés de conseil comme la vôtre…
J. H. : Vous savez, j’ai une haine viscérale de la bureaucratie. Notre travail n’est pas de conseiller nos clients pour qu’ils se plient à toutes les procédures – ce qui est d’ailleurs impossible – mais de trouver des solutions limitant au maximum les risques. On pourrait penser que toutes ces formalités administratives nous arrangent, en nous permettant de gagner notre pain. Mais en réalité, si l’appareil bureaucratique ne pesait pas si lourd sur la croissance, plus d’entreprises viendraient s’installer en Russie. Ce qui représenterait pour nous plus de travail à valeur ajoutée.
LCDR : Cette conjoncture est-elle propre à la Russie ?
J. H. : La bureaucratie n’existe pas qu’en Russie. L’administration est très présente dans d’autres pays d’Europe, en Chine également. Mais pas omniprésente comme ici. La bureaucratie en Russie est culturelle. C’est un héritage d’avant la Révolution, lié à l’influence de la Prusse, puis de soixante-dix ans d’Union soviétique. La Russie fait aujourd’hui face à trois difficultés fondamentales qu’il lui faut surmonter pour devenir une économie compétitive : l’infl ation, la corruption et, surtout, la bureaucratie. Le gouvernement a pris à bras le corps le problème de l’infl ation, il commence à s’attaquer à celui de la corruption, mais il n’a pas encore pris conscience de la nécessité de combattre le fléau bureaucratique.
LCDR : Vous affirmez que le phénomène est culturel : est-il vraiment possible de le combattre ?
J. H. : Il ne s’agit peut-être pas de changer la culture, mais au moins de l’orienter différemment. Il revient aujourd’hui au gouvernement de donner le cap. Et définir ce cap suppose, avant tout, d’identifier le problème. Les dirigeants en ont aujourd’hui la capacité, mais ne sont pas disposés à le faire, pour la simple et bonne raison que la question ne leur a même pas traversé l’esprit.
LCDR : Comment attirer leur attention ?
J. H. : Je le ferais avec joie si on m’en donnait l’opportunité, mais je ne suis franchement pas certain que je serais entendu !
LCDR : Dans le contexte cauchemardesque que vous venez de décrire, pourquoi tant d’entreprises étrangères continuent-elles d’investir en Russie ?
J. H. : Parce qu’il y a toujours de nombreuses opportunités et d’importants profits à réaliser. Les choses commencent à changer. Loin d’être, à l’heure actuelle, un marché mature, la Russie a, en tout cas, franchi une première étape qui consiste à pouvoir satisfaire les besoins des consommateurs. Le challenge de la décennie à venir ne se situe plus à ce niveau. Le défi, à présent, est celui de l’efficacité. Si l’on compare la Russie à une entreprise, il lui faut désormais faire évoluer sa culture d’entreprise. La Russie doit devenir « consumer oriented ».
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Enfin la vérité sur la Russie ?

Loin du venin Orange, Maurice Gendre à interviewé le spécialiste de la Russie : » Romain BESSONET».
Romain Bessonnet est un ancien militant communiste et secrétaire de cellule, en charge de la solidarité internationale d’une fédération du mouvement des jeunesses communistes, responsable de ville et membre du collectif national de l’Union des étudiants communistes. Il a quitté le PCF en 2001, car il était opposé à la résignation de ce parti face à l’Europe fédérale et en colère contre l’abandon des principes républicains qui était « flagrant dans le cadre des Accords de Matignon sur la Corse ».
A cette époque, il rejoint le Mouvement des citoyens (MDC), futur MRC, qu’il n’a pas quitté depuis.
Romain Bessonnet a été responsable de la campagne « jeunesse » de Jean-Pierre Chevènement dans la région Ouest en 2002.
Il présente un cursus universitaire en Droit et Sciences Politiques, ainsi qu’en russe. Passionné par le pays de Pierre le Grand, lassé par la propagande russophobe occidentale, il essaie de combattre les mensonges et les contrevérités qui circulent sans cesse à l’encontre de ce grand pays.

Quelques extraits :

Sur le concept de démocratie souveraine

« La démocratie souveraine est l’un des concepts clefs de la politique du pouvoir russe. Il a été élaboré par le premier adjoint au chef de l’administration présidentielle, Vladislav Surkov. Elaboré et formalisé par deux articles de presse, dont un, fondamental, dans la revue Expert  en 2005, intitulé Nationalisation du futur. Ce concept est né après les années 90 qui avaient vu les idées ultralibérales et occidentalistes l’emporter et être portées, avec Boris Eltsine, Egor Gaidar, Anatoly Tchoubaïs, ou Andrey Kozyrev, à la tête du pouvoir, et ce, jusqu’en 1998. Il traduit une volonté de rupture avec cette époque à partir de plusieurs axes :
- La fin de l’influence étrangère sur la politique russe (intérieure comme extérieure) 
- La fin de la mainmise étrangère sur la politique économique russe 
- Le rôle d’orientation de l’État dans l’économie, comme garant du long terme «

Sur les organisation d’extrême droite Russes dont la presse Occidentale se gausse :
« La DPNI .. L‘Union slave … La RNE (unité nationale russe) …. 
La biographie de ses chefs et ses financements sont très opaques. Ces organisations se plaignent de « harcèlement » par les autorités qui les ont classées comme extrémiste. En effet, en faisant monter la haine, à grand renfort de publicité dans les médias étrangers, ils sont utilisés, consciemment, par les ennemis de la Russie comme l’incarnation d’un « peuple russe imbécile et raciste ».
De plus, en interne ils promeuvent une idéologie visant à lâcher le fardeau des républiques non-russes ethniquement pour recentrer le pays sur sa partie européenne jugée « ethniquement pure ». En fait, avec les élites occidentales, ils sont l’autre face de la même médaille : d’un côté on encourage le séparatisme dans les républiques non-russes et de l’autre on finance, on promeut et on tend le micro à ces organisations qui exigent de l’État le retrait de ces territoires. L’ensemble ayant en commun de vouloir démembrer la Fédération de Russie «.
Sur Berezovsky et Kodorkovski, victimes de la politique du Kremlin :
« Berezovsky était, dans les années 90, le plus influent et le plus connu des oligarques. Il a édifié sa fortune par la vente de Lada dans le cadre d’une joint-venture avec des investisseurs italiens. Toutefois, avec l’argent de la société il a acheté des actifs dans le secteur pétrolier et a liquidé sa société de voitures, laissant ses investisseurs sur la paille. Grâce à cette affaire il va faire beaucoup d’argent, notamment en fraudant les droits de douanes et les contingents pétroliers à l’exportation en faisant transiter ses hydrocarbures par la Tchétchénie.Il va ensuite fréquenter assidûment le club de tennis du président Eltsine. Lieu où se partage le gâteau des privatisations. Il va se faire privatiser la première chaîne de TV (ORT) et faire assassiner son directeur, Vladislav Listiev. Ce journaliste est un pionnier de la TV de la glasnost avec l’émission de jeunesse « vzglyad » ou « tchas pik », dans laquelle il brocardait politiques ou chefs d’entreprises. Il refusait de recevoir des ordres quant à la « ligne éditoriale » de la chaîne (notamment le montage de vidéos compromettantes, diffusées en « prime time » contre les adversaires politiques du « boss »).
Lors de l’élection présidentielle de 1996, tous les sondages donnent Guennadi Ziouganov, chef du parti communiste russe, vainqueur de l’élection. Boris Berezovsky va exécuter un plan en deux temps : rassembler ses amis oligarques (Goussinsky, Khodorkovsky, Potanine…) avec un mot d’ordre : « Il y a le feu à la baraque et il faut mettre la main au portefeuille. ». Et ses associés entendent bien le discours et vont ouvrir une ligne de crédit illimitée au candidat Eltsine, confiée à Anatoly Tchoubaïs  (le père des privatisations) et utiliser (à son corps défendant) le général Lebed, candidat patriotique, pour prendre des voix aux communistes (l’un des bailleurs de fonds de Lebed est à cette époque un certain Gary Kasparov) et ensuite appellera à voter Eltsine en lui donnant le poste de secrétaire du conseil de sécurité de la Fédération de Russie.
Une fois Eltsine réélu, Berezovsky prend, avec ses compères, les rênes du pouvoir. Ils vont continuer à sucer le sang de l’économie russe tels des vampires, en se répartissant les gisements pétroliers et les matières premières. Résultat : krach complet du système financier en août 1998.
Berezovsky, durant cette période de relative paix en Tchétchénie, va financer le chef islamiste le plus dur et « premier ministre » tchétchène Chamil Bassaev. Avec l’aide de ses amis de la mafia locale bien entendu, il perçoit aussi des commissions pour que Moscou ferme les yeux et laisse la frontière ouverte aux trafics divers et variés (armes, drogues, pétrole, métaux précieux…) en cours en Tchétchénie à cette époque.
En 1996, il devient adjoint au secrétaire du conseil de sécurité de la Fédération de Russie, où le FSB l’accuse de transmettre des informations sensibles vers des Etats étrangers (en l’occurrence Israël, les USA et la Grande Bretagne) et de désinformer le président Eltsine sur le conflit yougoslave et la situation en Tchétchénie. Il répondra en sortant de son chapeau un certain Lieutenant-colonel du FSB Litvinenko (son « ami » depuis 1994) qui accusera la haute hiérarchie du FSB d’avoir ordonné l’assassinat de l’oligarque, après son éviction de l’institution en 1998.
Le 17 novembre 1998, commence le déclin de l’oligarque. En effet, ce jour-là, celui qui était aussi à cette époque le ministre de l’Intérieur de Russie, Sergueï Stepachine (aujourd’hui président de la Cour des Comptes de Russie), remet en main propre un rapport au Premier Ministre Evgueni Primakov, chevalier de la lutte anti-corruption. Ce document fait état de transferts illicites d’argent liquide vers la Suisse, de son blanchiment et du retour de ces capitaux frauduleux.
Au cœur de ces opérations illégales se trouve : Boris Abramovitch Berezovsky.
Primakov prend une résolution qui ordonne aussitôt une enquête administrative et judiciaire pour transfert illicite de capitaux et fraude fiscale à l’encontre des auteurs. Berezovsky commence alors une campagne contre Primakov et son entourage qui se termine par la destitution de ce Premier Ministre gênant.
Il tombe en disgrâce quand Poutine devient président et réclame le retour à l’État de l’Aeroflot, de sa chaîne ORT et de ses avoirs pétroliers, ainsi que le paiement de ses arriérés d’impôts. Face à cela, Berezovsky se réfugie en Grande-Bretagne. Certaines sources affirment qu’il est agent d’influence de  l’Intelligence Service.

Quant à Khodorkovsky, à la fin de l’URSS, il va avec des copains de fac (comme Sergueï Monakhov) piquer la caisse de sa section des jeunesses communistes et avec ces fonds, ils vont faire de la « spéculation » de marchandises d’importations (faux cognac, matériel informatique…) puis vont créer une banque, la Menatep, qui se spécialise dans le blanchiment de l’argent de la mafia moscovite (la bande de Solntsevo) et ouzbèke.
Avec cet argent, ils vont commencer à se lancer dans l’aventure des privatisations, en rachetant pour une bouchée de pain les entreprises les plus rentables de l’économie russe dans divers domaines (matériaux de construction, engrais …), le tout en étant vice-ministre de l’industrie pétrolière en 1992-93.
En 1995, Eltsine et ses ministres de l’Intérieur et de la Défense ont un problème : les caisses sont vides pour mener la guerre en Tchétchénie. Berezovsky et Khodorkovsky vont proposer à Eltsine et son éminence grise Korjakov (chef de la sécurité présidentielle) d’échanger des crédits en dollars gagés sur les entreprises d’État les plus rentables (pétrole, nickel, aluminium…).
Marché conclu ! C’est grâce à ce système diabolique que Khodorkovsky va acquérir la compagnie pétrolière Ioukos.
Avec sa banque, Khodorkovsky, va en plus se servir dans la caisse de l’État russe en plaçant les obligations d’État et en prélevant sur celles-ci des commissions prohibitives, ce qui amènera à la cessation de paiement de la Russie en août 1998.
A l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, celui-ci lui demande, en 2002, de remettre la plus grande partie de ses avoirs pétroliers à l’État contre une somme modique. Celui-ci s’y refuse et se met à monter un courant politique libéral en utilisant les ressources de son entreprise et d’autres entrepreneurs pour reprendre le pouvoir perdu en 2000 et refaire le coup de 1996, mais cette fois contre Poutine. Celui-ci a alors laissé tomber la voie amiable et a déclenché des poursuites pour fraude fiscale «.
L’interview est extrêmement intéressante et est consultable ici. A diffuser !

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La Russie et l’espace Eurasiatique, analyse de STRAFOR

La Russie d’aujourd’hui est très différente de la Russie d’il y a 10 ou 20 ans. A la chute de l’URSS, l’Occident à commencé une offensive géopolitique avec de grands succès. Néanmoins depuis deux mois une réorganisation sans précédent de l’espace Russo-Eurasien est en cours. Il y a tout d’abord cet espace douanier commun qui s’est créé entre 3 états que sont la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan. Mais il y a également la prise de pouvoir d’un gouvernement pro-Russe en Ukraine. Cela fait que la Russie est en bonne place pour devenir la superpuissance dominante en Eurasie et mettre à mal les infiltrations Occidentales sur cette zone. La question est : jusqu’où la Russie peut et veut aller ?
 

 

Le dilemme Russe
La Russie par la définition de sa géographie n’a pas de frontières naturelles. Pour compenser cela, la Russie a historiquement toujours opéré de la même façon : installer un pouvoir fort et purger toutes influences extérieures déstabilisatrices et créé des zones tampons autour de ses frontières. La Russie a quelque fois poussé cette influence trop loin mais elle n’a jamais été aussi forte (localement comme internationalement) que lorsque cette zone tampon a existé. Le meilleur exemple est l’union soviétique qui a permis à Moscou d’étendre son influence dans un grand nombre de pays, en Europe ou en Asie centrale. L’effondrement de l’Union Soviétique en 1991 a fait retourner la Russie à ses frontières du 17ème siècle, celle ci redevenant faible et vulnérable. A ce moment la, les Etats Unis ont tenté de saisir l’opportunité d’empêcher la Russie de redevenir «forte» en tentant de la neutraliser à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières.
De façon interne, les EU ont tenté de soutenir des forces politiques progressistes afin de changer la «nature» même du pouvoir politique en Russie, la nature du Kremlin.
De façon externe, les EU ont tenté d’empêcher la résurgence de l’influence Russe en Eurasie, notamment par le biais de l’extension de l’OTAN et l’implantation de bases en europe de l’est et en asie centrale, mais également des révolutions de couleurs dans les états frontaliers avec la Russie.

 

Sous le règne de Vladimir Poutine, la Russie s’est reconsolidée intérieurement et re centralisée politiquement. Cette étape étant terminée (facilitée par la hausse des matières premières), la Russie renforcée cherche désormais à reconstituer sa zone tampon.
 

 

La fenêtre de tir
Pendant que la Russie se reconsolidait, les EU devenaient préoccupés eux par le monde Islamique, s’impliquant dans des guerres en Irak et en Afghanistan. La Russie a très justement vu dans cette évolution le «bon» moment pour repousser l’influence Occidentale en Eurasie et à ses frontières. Il est difficile de dire ce qu’il se serait passé sans cette obsession Islamique à la maison blanche et au Pentagone. Les connexions Russes dans le monde musulman ont été un levier de négociations importants pour en contrepartie inspirer les EU à alléger la pression en Eurasie. La Russie il est vrai a su souffler le chaud et le froid en complexifiant habilement l’attribution d’une route militaire pour l’Afghanistan tout en soutenant ouvertement l’Iran.
 

 

Certes la guerre géopolitique entre Washington et Moscou n’a pas été facile. Mais il est maintenant visible que Moscou a su parfaitement conserver et même renforcer son influence dans des pays qui lui sont frontaliers comme la Biélorussie et le Kazakhstan  La Russie a aussi prouvé la difficulté pour l’Occident  cesser sa militarisation de l’espace frontalier avec la Russie (CF la guerre en Georgie) et à également marqué des points cruciaux en Ukraine ou les 4 candidats en tête aux dernières élections étaient relativement pro Russes, achevant ainsi définitivement la «période orange».
 

 

La question qui se pose donc est la suivante : qu’est ce que la Russie doit se dépêcher d’accomplir avant que les EU n’aient terminé leurs affaires prioritaires en Irak, Afghanistan ou Iran ?
 

 

L’idée Russe
Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou la, le Kremlin ne cherche absolument pas à rétablir l’URSS. La Russie regarde plutôt l’ancien monde Soviétique en essayant d’y déterminer les impératifs pour y maintenir sa puissance et la stabilité. La Russie a semble t’il essentiellement placé les pays de l’ancien espace Soviétique dans quatre catégories :
 

 

    • D’abord la catégorie de pays dans lesquels la Russie doit totalement reconsolider son influence : Biélorussie, Kazakhstan, Ukraine et Georgie. Ces pays protègent la Russie de l’Europe de l’ouest et de l’Asie et donnent à Moscou un accès aux mers Noire et Caspienne. Elles sont aussi le point essentiel intégré autour du Heartland industriel et agricole Russe. Sans ces quatre pays, la Russie est en effet relativement impotente. Jusqu’ici, la Russie a reconsolidée son influence dans 3 des quatre pays, et la Georgie est dans une situation particulière avec une partie de son territoire occupée. En 2010 il est plausible que la Russie cherche avant tout à renforcer ses liens avec ces pays.
       

 

  • Il y a ensuite 6 pays dans lesquels Moscou souhaiterait reconsolider son influence si elle a l’opportunité de le faire avant que Washington ne se re-focalise sur l’Eurasie. Ce sont les 3 états Baltes, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et l’Uzbékistan. Ces pays ne sont pas nécessaires à la Russie pour qu’elle reste une puissance forte, mais s’ils basculaient dans l’orbite Occidentale, cela placerait l’Occident à une trop forte proximité de la Russie. C’est le cas par exemple de l’Estonie dont la capitale est proche de la frontière Russe et de la seconde ville du pays : Saint pétersbourg.
    Il est plausible que Moscou agisse vers ces pays mais uniquement si elle a au préalable assuré son influence dans les 4 premiers états cités au paragraphe précédent.

 

  • Le 3ième groupe n’est pas du tout essentiel pour le Kremlin, ni politiquement, ni géographiquement, ni économiquement, mais le pouvoir Russe sent qu’il pourrait développer son influence dans ces pays de par leur grande faiblesse naturelle. Il s’agit de la Moldavie, du Kyrghistan, du Tadjikistan et de l’Arménie. Certains de ces états sont déjà plu ou moins sous l’influence de Moscou mais leurs faiblesses et leur instabilité naturelle peut les rendre plus créateurs de troubles qu’autre chose, c’est pourquoi le pouvoir Russe préfère »avoir un oeil dessus».

 

  • Enfin le dernier groupe consiste dans des états qui n’appartiennent pas à l’ancien bloc Soviétique mais sur lesquels Moscou pense pouvoir influer. Il s’agit de l’Allemagne, de la Turquie, de la France et de la Pologne. Ces pays sont tous des puissance régionales (ou sont en passe d’accroitre leur puissance régionale) et pourrait donc si ils étaient en conflit avec  Moscou lui mettre de sérieux bâtons dans les roues. Le Kremlin sent donc une nécessité impérieuse de ne pas être en contentieux avec ces pays et de faire passer le message de sa nécessaire influence prééminente dans l’ancien espace Soviétique. En outre ces états sont tous des membres de l’OTAN et ont des relations «complexes et particulières» avec les Etats-Unis. Le grand jeu pour Moscou sera de s’assurer que ces états ne deviennent pas des «adversaires», voir des «ennemis».

 

Le compte à rebours
Les succès Russes ne doivent pas faire oublier que les Américains vont tôt ou tard s’émanciper de leurs affaires pesantes en Irak, Afghanistan et Iran. L’horloge tourne pour la Russie et le décompte à commencé. La Russie a un gros avantage qui est que il sera beaucoup plus difficile pour les EU de se réinstaller en Eurasie face à une puissance régionale déjà existante que d’empêcher une puissance régionale d’émerger (comme cela aurait pu être le cas il y a 10 ans). Néanmoins il est trop tôt pour crier victoire du côté Russe.
Les impératifs géopolitiques Russes restent les mêmes : le pays doit se développer, se maintenir dans une certaine zone d’influence pour devenir une puissance régionale et cela même si la conséquence est la création de problèmes dans le coeur Russe. Cette tâche difficile pourrait s’annoncer encore plus dure si les EU se mettaient à leur mettre des bâtons dans les roues en voulant re développer leur influence en Eurasie.
 

 

Stratfor se propose donc d’étudier chaque pays sus cités et d’examiner quelle stratégie et de quels leviers d’actions la Russie dispose sur ces pays. La version .pdf du rapport de Stratfor est disponible la
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We are facing a time of harsh decisions, mobilization, and common fight for survival.

In the first part of his interview, Sergej Chelemendik, PACE member from Slovakia, spoke about the impact of the global financial crisis on Europe, about Russia’s image in European eyes and liberal superstitions influencing European mind. In the second part of his talks in Bratislava with RPMonitor’s senior staff writer Marine Voskanyan, Mr. Chelemendik presents his view on Russia’s potential role in the post-crisis world and ideas that Europe could borrow from Russia under new historical circumstances.


Q: What do you think Russia could propose to the post-crisis world as an idea, and what is its advantage before neoliberalism?

Sergej Chelemendik: I believe Russia could propose the idea of a strong, organized and militarily supported power that protects its part of the world from rivals. That is what China and the United States cannot propose. China is a self-locked civilization which is uninterested – at least today – in active foreign policy and export of any ideology. China’s ideology is to be China. In the United States, imperial ideas, once imported from Britain, have got into the hands of illiterate and ambitious persons who have distorted its essence. In this degenerate version, this imperial idea is reduced to printing dollars and buying up resources of other nations. Today, their exchange commodity is good for nothing: with banknotes, you could at least fire a stove.

I guess Russians don’t quite understand the change that happened – that money in the definition of Marx does not exist any longer. America has created a world of substitutes. America’s ideology is Coca Cola: we sell you poisoned water and you give us money.

Q: Still, the United States continues to export democracy and the image of «American dream». Can Russia propose an alternative to this commodity? In fact, Russia has not yet formulated an articulate national idea even for domestic use.

S.C: Some persons in Russia have adopted liberalism but that is a tiny minority, if compared with Europe. Vacuum cannot exist for a long time: it will be filled with an adequate concept. Today’s «sovereign democracy» is not the best formulation but already a claim for an ideology of Russia’s own. Ideas emerge from real life. The new Russian idea is unlikely to develop from the existing constructions – Christian values, or leftist ideas. Today, Europe is interested in Russia as a reliable energy exporter. In a few years, Europe will face the problem of food, and Russia’s resources will become vitally important. In this situation, Russia, if its collects the required political energy, could introduce the idea of strong power.

Q: Will Europe really demand the idea that looks like the very totalitarianism that had been declared the enemy of the civilized society?

S.C: In the Europe of today, power as a possibility to compel someone to do something he wouldn’t like, does not exist. All the European schemes of seeking common solutions – tolerance, multiculturalism etc. are designed for a quiet oasis of well-to-do consumption. It is in fact the same as the consumerist version of communism.

The original concept of democracy was the idea of elected power of warriors which suggested that a person can pay his life and fate for his choice. Today’s European citizen is a person with a certificate, not more.

But in the times when European well-being is coming to an end, harsh decisions will be required – of which nobody in Europe is today capable.

Several months ago, groups of Albanians and Serbs collided in a physical fight in one of the quiet commercial streets of Vienna. Policemen were staying a side, not knowing how to intervene. What is Vienna, with the whole background of its imperial past, can do with this – while every eighth Austrian is an immigrant from the Balkans?

In fact, the Balkans were designed as a detonator for exploding Europe. There will be more mine fields. The European home will start to fall apart. Under these conditions, absence of power is fatal.

Q: Thus, Europe will require the same methods that it had taught Russia to get rid of?

S.C: The Europeans will have no alternative. The nations like France and Germany that have a tradition of strong power will revive it. For the rest of Europe, it will be hard to realize that we are returning to the age of larger and smaller wars.

Today’s France is the only European nation that still has a real military potential, and that is why it was reluctant to re-join NATO for so many years. France has got the Foreign Legion that is involved in real warfare. The Germans are the strongest European nation, but the shape of their army is miserable.

In the post-crisis world, Europe will be strongly interested in the idea of a strong centralized power resting upon a strong army. Russia will attract interest as the center of power of this kind, as it hasn’t lost the understanding of power. Russia will attract interest as a center of military industry, possessing also vital resources including oil, gas, and fresh water.

Therefore, Russia will also be compelled to correspond with this image, as otherwise it will be destroyed.

Q: Unfortunately, the idea of strong power often transforms in arbitrary rule of local officials, and thus discredits itself in the form of corruption.

S.C: This phenomenon is rather an indirect result of liberal influence. Corruption is a typical feature of today’s democracy, which in fact is nothing but division of money, collected from taxpayers, between a few major business players of a particular nation.

Most powerful business structures acquire the possibility to control part of the budget and distribution. Thus, Russians should not believe in the myth that European democracy is a remedy from corruption.

Q: It is true that many Russians believe that civil rights and decent behavior of officials, physicians, police inspectors etc. is available only in a «non-authoritarian» society.

S.C: I know that such illusions exist. But if Russians want to imagine the most refined implementation of today’s democracy, let them look at the powerless disaster of Ukraine.

Q: What would you say to a young Russian who believes that Europe is a society of fair and well-to-do life where individual rights are really guaranteed?

S.C: These young guys could acquire those illusions from a superficial impression of European life. But the world is rapidly changing, and young Russians will have to reassess the reality. They will have to ask themselves why the Russian and European stock markets are simultaneously collapsing, and why the recently powerful oligarchs are going bust one after another. They will have to ask themselves what to do when the American casino that everybody was playing has caught fire, the owners have promptly escaped with cash, the roulette is still turning but the whole thing does not work. And they will make their conclusions. They will change their attitude to the world and their life.

It will be a hard revelation. In my young age, a European citizen could chose between a cozy quiet life and struggle for big success. The youth of today will get a more limited choice .

We are facing a time of harsh decisions, mobilization, and common fight for survival.


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ITV Natalia Narotchnitskaïa

J’ai déjà parlé de l’énorme travail effectuée par cette intellectuelle de renom, qui avait été prise à partie (journalistiquement parlant) par Laure Mandeville. J’ai pris la défense de Natalia Narotchniskaia via une petite tribune publié sur le site de l’institut Stoletie.
Je ne peux qu’inciter mes lecteurs à lire l’ouvrage le plus récent de Madame Narotchnitskaïa , qui est un ouvrage de référence pour tout paneuropéen, ou continentaliste qui se respecte. Je reviendrais rapidement sur cet ouvrage absolument essentiel pour comprendre la Russie d’aujourd’hui, de hier et de demain.
Quelques extraits de l’interview :
Mme Narotchnitskaïa entretient également des liens étroits avec certains milieux nationalistes et conservateurs européens qui s’insurgent contre le « diktat des États-Unis et de l’Otan » et contre la mondialisation. Pour elle, une Russie forte représente le principal rempart contre un monde unipolaire dominé par l’Amérique. 

Depuis 2008, elle préside le bureau parisien de l’« Institut de la démocratie et de la coopération dont l’objectif à peine voilé consiste à relativiser les acquis de la démocratie occidentale.    

Dans les années 1920, l’Occident ne s’est pas spécialement opposé au régime bolchevik, jugé faible et guère dangereux. Mais quand, en 1945, l’URSS est devenue un géant géopolitique auréolé de sa victoire contre l’Allemagne nazie, la guerre froide a été déclenchée. N’est-ce pas curieux ? 

Et qu’on ne me dise pas que cette guerre froide était due exclusivement à la crainte et à la répulsion qu’inspirait Staline ! Après la mort de ce dernier, Khrouchtchev en a fini avec les répressions de masse. Des centaines de milliers de personnes ont été réhabilitées. Mais la guerre froide a continué. Alors, pourquoi l’attitude occidentale à l’égard de l’URSS n’a-t-elle pas évolué ? Bien sûr, c’était un régime rigide ; mais à partir de 1956, il avait complètement abandonné la logique d’extermination qui avait été la sienne pendant le premier quart de siècle après la révolution. Et vous devez admettre que, sous Brejnev, l’URSS s’est comportée comme un partenaire normal sur la scène internationale, un partenaire qui respectait les conventions et les traités internationaux. Alors, pourquoi l’Occident a-t-il tellement tenu à prolonger la guerre froide, pourquoi a-t-il toujours rêvé de démembrer ce géant, si ce n’est pour des raisons géopolitiques ?  
  
Lors de l’effondrement de l’URSS et pendant les dix années qui ont suivi, l’équipe au pouvoir a délaissé les vrais intérêts stratégiques du pays. Le régime du président Eltsine s’appuyait non pas sur les éléments « sains » de la nation, mais sur des libéraux qui, à l’instar des premiers bolcheviks, étaient prêts à sacrifier des territoires et, plus globalement, les intérêts nationaux au nom de l’affirmation de leurs idéaux. 

Nos libéraux ont agi comme si l’État russe d’avant la révolution n’avait jamais existé, comme si l’URSS n’avait jamais existé. Leurs slogans étaient d’une simplicité enfantine : ils souhaitaient « passer du totalitarisme à la démocratie ». Ils fantasmaient sur le marché et sur Coca-Cola. 

L’union soviétique n’est pas devenue une grande puissance à cause des répressions, mais grâce à sa victoire sur le nazisme. Et, pour vaincre, Staline, en homme rusé, a ressuscité l’idée de la Patrie, même si c’était la patrie socialiste. Nos parents et grands-parents se sont battus non pas pour l’État, mais pour la patrie ! 
Je me souviens très bien d’un discours que j’ai prononcé à l’Académie de l’état-major soviétique, trois jours après l’annonce des accords signés dans la forêt de Bélovej par les présidents russe, ukrainien et biélorusse (Boris Eltsine, Léonid Kravtchouk et Stanislav Chouchkevitch) — accords qui ont entériné la fin de l’URSS
……
J’étais à l’époque une assez jeune chercheuse à l’Institut des relations internationales de Moscou, et je vous assure que, devant un tel auditoire, j’avais les genoux qui tremblaient ! Voici ce que j’ai dit, en substance, à cette assistance composée uniquement de généraux et de colonels : « Ce n’est pas l’URSS qui vient d’être écartelée, mais l’État russe. En échange de la sortie du totalitarisme, on nous propose de renoncer à trois cents ans de l’histoire russe. Que feront les armées devenues nationales, alors qu’elles ont prêté serment à l’URSS ? En réalité, aucun des États nouvellement formés ne résulte d’un développement historique naturel conjuguant trois éléments : une nation, un territoire, un État. Je n’ai rien contre le fait de renoncer au marxisme ; mais qu’advient-il de notre patrie? » 
J’aimerais vous rappeler certaines thèses du discours que Vladimir Poutine a prononcé à Munich, en 2007. En substance, il a envoyé le message suivant aux pays occidentaux : « Cessez de dissimuler sous une feuille de vigne vos éternelles visées géopolitiques. Ne prétendez plus que votre action est guidée par des valeurs morales prétendument universelles ! »

Voyez l’activité de milliers d’ONG en Ukraine et en Géorgie qui, même si elles s’occupent, pour la plupart, de choses innocentes, n’en orientent pas moins la jeunesse et l’intelligentsia vers les valeurs occidentales. Leur propagande présente la Russie comme un pays arriéré, si bien que les Ukrainiens et les Géorgiens sont très surpris, quand ils ont l’occasion d’aller à Moscou, en découvrant qu’il s’agit d’une métropole ultramoderne. 

Il est indéniable que nous ne travaillons pas assez pour contrecarrer la propagande occidentale. Nous n’avons pas de véritable politique à l’égard de l’« étranger proche » alors même que ces pays sont nos voisins et nos frères. 
J’ai étudié des documents de la CIA datant de la première moitié des années 1950, qui évaluaient les appuis potentiels en cas de guerre américano-soviétique. Ces documents mentionnaient, parmi les alliés possibles, l’Ukraine occidentale (mais pas le reste de l’Ukraine) et la Géorgie. Ces deux contrées étaient dépeintes comme des territoires où le sentiment antirusse était profondément ancré. Je dis bien antirusse, et non seulement antisoviétique. Contrairement à l’idée romantique que se faisaient beaucoup de Russes à propos de la Géorgie — qu’ils voulaient voir comme une alliée orthodoxe fidèle -, une partie de l’élite géorgienne était prête, dès l’époque tsariste, à prendre les armes contre les Russes, même s’il fallait, pour cela, s’allier avec les Perses.  
Moi, je ne comprends pas pourquoi l’Occident n’a rien trouvé à redire aux crimes que le régime de Djokhar Doudaev (le premier « président » indépendantiste de la Tchétchénie) avait perpétrés bien avant le début de la première guerre tchétchène en 1994. Ce régime a commis d’innombrables violations des principes du droit international. Savez-vous que presque 200 000 habitants russes de Tchétchénie ont été chassés de cette république, lors d’un véritable nettoyage ethnique ? Savez-vous combien de jeunes filles et de femmes russes ont été violées par des Tchétchènes ? Or ce coup d’État organisé par un petit colonel, Djokhar Doudaev, dans les meilleures traditions de l’Amérique latine, a été présenté en Occident comme le « couronnement d’une lutte pour la libération nationale ». Mais quand Moscou a enfin réagi, nous avons été agonis d’injures ! 

 Imaginez que, au moment de l’attaque de l’Ossétie du Sud par Saakachvili, la Russie ait trahi les Ossètes et ses propres forces de maintien de la paix stationnées sur place. Le lendemain, nous aurions eu, dans tout le Caucase du Nord,  dix nouvelles prises d’otages semblables à celle de Beslan ! 
Si seulement vous saviez ce que j’ai enduré de la part de l’establishment à l’époque eltsinienne ! 
Plus généralement, pourquoi l’Occident s’intéresse-t-il, depuis deux cents, voire trois cents ans, au Caucase ? Selon plusieurs analystes, le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan — une installation chère aux Américains, qui traverse le Caucase d’est en ouest en contournant la Russie — n’aura aucun impact sur les cours du pétrole dans les vingt-cinq ans à venir. Et, pourtant, cet oléoduc a été construit au prix d’investissements gigantesques.  L’explication est évidente : le « BTC », comme on l’appelle, existe avant tout pour des raisons géopolitiques. Il s’agit, toujours et encore, du partage du monde en sphères d’influence. 

Le moment est venu de mettre fin à la période d’instabilité mondiale qui a résulté de l’éclatement de l’URSS. Nous voulons contribuer à instaurer une période plus calme, propice à la mise en place d’un nouvel équilibre international. Ne serait-ce que parce que, sans stabilité, la démocratie sur le continent européen ne pourra pas être préservée.  
Lorsque des officiels bulgares pleurent d’émotion en hissant le drapeau de l’Otan, je pense avec tristesse à la mort de nos soldats qui les ont libérés de la domination turque… 
Je crois que la Russie possède quelque chose que les Américains n’auront jamais : la capacité de respecter l’autre, sa différence. En réalité, la Russie représente un « modèle réduit » du monde, bien plus que les États-Unis. La Russie vit en même temps au XIXe, au XXe et au XXIe siècle. Elle combine l’opulence et la misère ; la technologie de pointe y côtoie les conditions de vie les plus primitives ; on trouve, sur son territoire, tous les climats possibles ; de nombreuses religions et civilisations y cohabitent. La coexistence relativement harmonieuse de toute cette diversité confère à la Russie une expérience unique. En tout cas, nous n’avons jamais eu de guerres de religions comparables à celles qui ont sévi en Europe. Nous sommes à l’opposé de l’aspiration qui viserait à uniformiser le monde sur la base des valeurs libérales (une aspiration qui n’est pas si éloignée, dans l’esprit, de la vision trotskiste). Dans un tel monde, il n’y aurait de place ni pour l’orthodoxie slave ni même pour la grande culture européenne. Bref, je crois que le modèle américain a montré sa stérilité et ses limites : on ne peut pas bombarder un pays parce qu’il n’est pas organisé « comme il faut » ! Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que cette faiblesse américaine donne une chance au modèle russe. À nous d’en profiter !
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