La bataille pour l’Eurasie va-t-elle s’accélérer?

L’article original a été publié sur RIA-Novosti

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“Les Etats-Unis s’opposeront à des processus d’intégration dans l’espace postsoviétique”. Hillary Clinton – 2012

Les récentes déclarations de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton sur l’intention de Washington de s’opposer aux processus d’intégration dans l’espace postsoviétique lors d’une conférence tenue à Dublin le 6 décembre 2012 ont au moins un mérite, celui de démontrer que l’Union Douanière, et donc la future Union Eurasiatique sont considérés par l’administration américaine comme le mal absolu.
Hillary Clinton n’a pas pris de gants, pour elle, l’union eurasiatique n’est ni plus ni moins que la réincarnation de l’Union Soviétique, et traduit
donc la volonté de la Russie de vouloir reprendre le contrôle du cœur del’Eurasie, que Russie et Occident, via l’Angleterre puis l’Amérique, se disputent depuis prés de 150 ans.

Un retour en arrière s’impose pour comprendre ce que signifie la bataille pour le contrôle de l’Eurasie, qui est tout sauf un fantasme ou une légende. Il s’agit au contraire d’une réalité géopolitique quiconstitue un volet important de la politique étrangère américaine et occidentale depuis la chute du mur de Berlin.

Durant la guerre froide, la puissance américaine ne luttait pas seulement pour la victoire contre son adversaire Soviétique, elle luttait aussi pour le contrôle du monde. Ce faisant, les stratèges américains restaient fidèles à la ligne tracée par les maitres de la géopolitique anglo-saxonne, particulièrement Halford Mackinder et Nicholas Spykman. Pour ces derniers, la maitrise du monde ne pouvait passer que par le contrôle de la zone ou devait se concentrer dans l’avenir tant le gros des habitants, que le gros des ressources énergétiques de la planète: l’Eurasie, encore appelée l’Ile Monde ou Heartland.
” Qui contrôle le Heartland, contrôle le monde “.  Halford John Mackinder – 1919
En ce sens, la mise sous tutelle après 1945 de l’Europe de l’ouest par l’Otan n’a été rien de plus qu’une mise en application des principes de Nicholas Spykman qui jugeait lui essentiel de maitriser l’anneau périphérique (Rimland) de cette Ile monde, de ce Heartland continental.
L’Europe de l’ouest représente la partie occidentale sous contrôle de cet anneau. Comme on peut le voir ici, La zone qui s’étend du pourtour de la caspienne jusqu’à l’Asie centrale constitue sa partie orientale et c’est précisément cette zone qui est visée par les propos d’Hillary Clinton.
” Qui contrôle le Rimland contrôle l’Eurasie. Qui dirige l’Eurasie contrôle la destinée du monde”. Nicholas J. Spykman – 1942
Les tentatives avortées du GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie) puis la tentative de prise de contrôle de ces mêmes états (membres de cet anneau périphérique) par les révolutions de couleurs planifiées aux USA doivent être comprises et vues dans ce sens: comme une étape nouvelle du containment russe, préalable essentiel au bouclage du Rimland. D’ailleurs, dans sa déclaration Hillary Clinton a insisté sur la déception profonde que représentait l’Ukraine pour le département d’état Américain, tout un symbole lorsqu’on sait l’énergie et les moyens mis en œuvre par l’administration américaine pour faire de l’Ukraine un pion essentiel de l’Otan. Un projet ancien qui prévoyait la constitution d’un axe Allemagne-Pologne-Ukraine dont Zbigniew Brezinski rêvait déjà en 1997 et qui selon lui devait servir à repousser l’influence russe le plus à l’est possible, et renforcer l’Otan au cœur de l’Europe de l’est.

“Il est impératif qu’aucune puissance eurasienne concurrente capable de dominer l’Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester l’Amérique”. Zbigniew Brezinski – 1997
Bien sur les déclarations d’Hillary Clinton ont provoqué les regrets de Leonid Sloutski, chef de la commission de la Douma pour les Affaires de la CEI. Celui-ci constatait que le potentiel croissant de regroupement géopolitique en Eurasie pourrait faire de cette région l’un des acteurs majeurs du monde. Une situation bien différente de celle qu’impliquait le monde unipolaire de 1991, qui ne laissait aucune place à la Russie.
Beaucoup de pays occidentaux appréciaient Eltsine surtout parce qu’il était le symbole d’une Russie faible, et le symbole de leur victoire sur l’URSS. 20 ans plus tard, alors que le centre de  gravité du monde se déplace vers l’Asie et la Chine, l’Occident américano-centré traverse une crise économique qui l’a considérablement affaibli sur la scène internationale. Pendant ce temps, à mi chemin entre l’Occident et l’Asie, la Russie s’est redressée pour redevenir aujourd’hui la puissance principale d’Eurasie.

Le monde multipolaire qui prend forme devrait vraisemblablement prendre l’aspect d’un monde d’alliances. Les grands états de ce monde
sont tous dans des logiques de regroupements économiques, politiques et militaires, que ce soit au cœur de l’Europe, par dessus l’Atlantique, en Amérique du sud  ou encore en Asie. Ces alliances pourraient rapidement voir l’émergence de blocs souverains tant sur le plan militaire, qu’économique ou politique, et la fragmentation du monde en zones d’influences souveraines.
Pourquoi les nations d’Eurasie n’auraient elle dès lors pas le droit de procéder à une intégration régionale approfondie?  Les menaces américaines contre une alliance volontaire de pays souverains semblent éloigner considérablement les possibilités d’un réel reset russo-américain. Le désaccord sur l’Affaire Syrienne, pays que l’Union Douanière envisageait du reste d’intégrer à une zone de libre échange il y a encore quelques mois, accentue encore le malaise.

Voila donc des propos belliqueux en provenance d’Amérique et prononcés à Dublin, alors même que le chef de l’état russe a pourtant récemment rappelé que la Russie devait trouver sa place géopolitique dans le monde de façon pacifique et que l’intégration eurasiatique devait elle se faire dans le respect de la souveraineté des états. Un principe de souveraineté nationale bien mis à mal durant l’époque unipolaire mais qui constitue tant le point névralgique du développement des BRICs (lire cette analyse a ce sujet) que le cœur de la politique internationale russe, notamment en Syrie.
Souveraineté VS interventionnisme, Unilatéralisme VS Multilatéralisme. Ces deux conceptions du monde diamétralement opposées vont-elles relancer la bataille pour l’Eurasie?

Великая Албания: американский проект, направленный против православного мира?

Оригинальная статья была опубликована в Голос России
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В прошлую среду албанский премьер-министр Сали
Бериша выступил за предоставление албанского гражданства всем албанцам,
где бы они ни находились. Это заявление было сделано во время визита в
город Влёра, где ровно 100 лет назад было объявлено о независимости
албанского государства. В то время Албания только что освободилась от
османского ига.
Это заявление стало продолжением другого заявления, совместного,
сделанного Сали Беришей и его косовским коллегой Хашимом Тачи несколько
недель назад, с обещанием объединения всех албанцев. Место, нужно
сказать, было выбрано удачно, поскольку подавляющее большинство жителей
Косово сегодня имеют албанское происхождение, но так было не всегда.


Во время Балканской войны в 1913 году сербы еще составляли большинство
населения. В 1941 году Косово было присоединено к Великой Албании (уже)
под фашистским итальянским протекторатом. После войны Тито запретил
албанскую иммиграцию, поскольку Югославия, по его мнению, могла быть
сильной только со слабой Сербией. В 1974 году именно он предоставил
Косово статус автономной провинции, статус, который будут упразднен
Слободаном Милошевичем в 1989 году, тогда как сербы составляли уже лишь
15% населения.

Когда в 2008 году Косово объявило о независимости, спустя почти десять
лет после западного военного вмешательства, лишь немногие комментаторы
указывали на албанизм, доминирующую идею этого нового маленького
государства. Для этого якобы угнетенного народа, наконец, достигшего
свободы, наступил праздник.


Большинство западных стран и члены Европейского Союза признают Косово
мгновенно, не задавшись вопросом о судьбе сербского меньшинства и
уготованного ему будущего, несмотря на чудовищный прецедент 2004 года,
когда христиане стали жертвами погромов, церкви сжигались, а основные
права человека нарушались. Правда, у Европы, пардон, ЕС, в то время были
другие приоритеты: организация гей-парада в Белграде.


Понадобилось всего четыре года, чтобы фарс с независимостью Косово,
наконец, проявился публично. Лишь четыре года, чтобы албанский
премьер-министр признал правоту сербских националистов, которые всегда
утверждали, что выступают не против косоваров (жителей сербского региона
Косово), а против албанцев, в этом новом эпизоде давней войны, в
которой на протяжении почти шести веков православные славяне
противостоят на Балканах сыновьям тех, кто обратился в веру Османской
империи. Западная поддержка создания косовского государства и
ожесточение против Сербии могут показаться совершенно необъяснимыми.


Тем не менее, с 1991 по 2008 год одна-единственная логика руководила
американскими стратегами: разрушение Сербии с тем, чтобы она была как
можно более слабой в будущем, когда в исторически неизбежный момент она
вновь повернется к России. Разумеется, в то же время была нужна и
максимально ослабленная Россия. Если с 1991 по 2000 велась военная и
медийная борьба против Сербии Милошевича с целью ее уничтожения,
одновременно велась моральная и экономическая война против России
Ельцина.


Крестовый поход против коммунистического мира превратился в крестовый
поход против мира православного, против его политического и нервного
центра ― России. Теоретик сдерживания России в Евразии, Збигнев Бжезинский, говорил в 2007 году, что «Теперь главный враг Америки ― русская православная церковь».
Создание Великой Албании можно, вероятно, рассматривать в этом
историческом и геостратегическом смысле. Это новая брошенная спичка,
которая может начать новый балканский пожар.


Этот пожар может привести не только к дальнейшему ослаблению Европы, но и
еще больше дестабилизировать православный мир (Македонию, Грецию,
Черногорию, Сербию…), и затормозить его сближение с Россией. Косвенно,
российское влияние в Восточной Европе будет поставлено под вопрос, и,
следовательно, ее сближение с Европой Западной. Поступая подобным
образом, Америка вновь достигает своей главной цели: не допустить
континентального европейского сближения между католическим и
православным мирами.

La grande Albanie : un projet américain contre le monde orthodoxe ?

L’article original a été publié sur le site de Voix de la Russie
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Mercredi dernier, le Premier ministre albanais Sali Berisha a prôné l’octroi de la nationalité albanaise à tous les Albanais, où qu’ils résident. Cette déclaration a été faite lors d’une visite de la ville de Vlora où l’indépendance de l’Etat Albanais a été prononcée, il y a juste 100 ans. A l’époque l’Albanie venait tout juste de se libérer du joug ottoman.

Cette déclaration fait suite a une autre déclaration, commune cette fois, que Sali Berisha avait fait avec son homologue  Kosovar Hashim Thaçi il y a quelques semaines, promettant l’union detous les Albanais. L’endroit était, il faut le dire bien choisi, puisque l’immense majorité des habitants du Kosovo y est aujourd’hui d’origine albanaise, ce qui n’a pas toujours été le cas. Lors de la guerre des Balkans en 1913, les serbes constituent encore la majorité de la population. En 1941, le Kosovo est rattaché à la Grande Albanie (déjà) sous protectorat fasciste italien. Après la guerre, lemaréchal Tito interdira l’immigration albanaise car la Yougoslavie ne pouvait selon lui être forte qu’avec une Serbie la plus faible possible.En 1974, c’est du reste lui qui attribue au Kosovo le statut deprovince autonome, statut qui sera supprimé par Slobodan Milosevic en 1989, alors que les Serbes ne représentent déjà plus que 15 % de la population.

Lorsqu’en 2008 le Kosovo se déclare indépendant, prés  d’une décennie après l’intervention militaire occidentale, peu de commentateurs mettent le doigt sur l’Albanité dominante de ce nouveau petit état. L’heure est au contraire à la fête pour ce peuple soi disant oppressé et qui accède enfin à la liberté. Au sein de la plupart des pays Occidentaux et de l’Union Européenne, la reconnaissance est instantanée, sans que ne se pose la question du traitement de la minorité serbe et de l’avenir qui lui était réservé, malgré le terrible précédent de 2004, lorsque les chrétiens avaient été victimes de pogroms, les églises brulées, et les droits  humains les plus élémentaires bafoués. Il est vrai que l’Europe, pardon l’UE, avait à cette époque d’autres priorités : l’organisation essentielle d’une gaypride a Belgrade.

Il aura donc fallu seulement quatre ans pour que la farce de l’indépendance du Kosovo apparaisse enfin publiquement. Seulement quatre ans pour que le Premier ministre albanais donne raison aux nationalistes serbes qui ont eux toujours affirmé affronter non pas les Kosovars (les habitants de la région du Kosovo étant des serbes) mais bel et bien des Shqiptars, dans un nouvel épisode du conflit ancestral qui oppose depuis prés de 6 siècles dans les Balkans les Slaves orthodoxes aux fils de convertis de l’empire Ottoman. Le soutien occidental à la création du Kosovo et l’acharnement contre la Serbie peuvent sembler complètements inexplicables. Pourtant de 1991 à 2008, une seule et même logique a animé les stratèges américains: la destruction de la Serbie, afin que celle-ci soit la plus faible possible a l’avenir, au moment historique inévitable ou elle allait de nouveau se tourner vers la Russie. Bien sûr, il fallait dans le même temps une Russie également affaiblie au maximum. Si de 1991 à 2000 une guerre militaire et médiatique a été menée contre la Serbie de Milosevic en vue de son anéantissement, dans le même temps, c’est une guerre économique et morale qui était menée contre la Russie d’Eltsine. La croisade contre le monde communiste s’est transformée en croisade contre le monde orthodoxe, et contre son centre névralgique et politique le plus souverain : la Russie. Le théoricien du containment russe en Eurasie, Zbigniew Brezinski, affirmait lui-même en 2007 que: « Le principal ennemi de l’Amérique était désormais l’église orthodoxe russe».  
La création de la grande Albanie peut sans doute être vue dans ce sens historique et géostratégique. Elle est une nouvelle allumette jetée, une
allumette qui pourrait créer une étincelle et déclencher un nouvel incendie dans le brasier balkanique. Cet incendie aurait pour conséquence d’affaiblir un peu plus l’Europe, mais aussi de déstabiliser un peu plus le monde orthodoxe (Macédoine, Grèce, Monténégro, Serbie…)
et de freiner son rapprochement avec la Russie. Par ricochet, c’est donc l’influence russe en Europe de l’Est qui serait remise en cause, et
donc son rapprochement avec l’Europe de l’Ouest. 
Ce faisant, l’Amérique aurait atteint une nouvelle fois son objectif essentiel: éviter un rapprochement continental et européen entre les mondes catholiques et orthodoxes.

Какая модель общества для завтрашней России?

 

Оригинальная статья была опубликована в РИА Новости
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Моя последняя статья вызвала целый залп интересных вопросов и размышлений, особенно на моей странице в Facebook.Многие читатели спрашивали меня, каковы идеологические рамки возможной
новой модели российского общества. Я полагаю, что ряд изменений и
признаков позволяет представить основные линии этой реконструкции.


В 1990-х годах выход из советской системы привел к либеральному хаосу,
который сопровождался всплеском местной идентичности, проявившим
опасность сепаратизма в самом сердце Федерации, лишенной государства и,
следовательно, необходимости в вышестоящем органе для управления
националистическими течениями. Этот риск поощряемого извне сепаратизма
проявился, в частности, на Кавказе, где он привел к войнам, с которыми
российское государство покончило без ведения переговоров.


Реконструкция Государства в 2000-е годы сопровождалась полной
перезагрузкой недавнего исторического багажа новой России, утверждением
роли государства, заменившего религию или религии в сердце системы, для
придания обществу нравственного характера. Российская формула до
последнего времени казалась вполне понятной: восстановление страны и
улучшение качества жизни, достаточного для сохранения власти партии
большинства, которая восстановила государство и обеспечила стабильность в
России.


В 2011 году протестное движение, хоть и представлявшее
ультра-меньшинство (100.000 человек на 143 миллиона населения, то есть
меньше 0,07% жителей), обозначило не только появление антипутинских
настроений, но и глубокий социологический разрыв между, с одной стороны,
представителями городского прозападного класса и, с другой стороны,
жителями глубинной России, переживающими важную идентификационную
трансформацию.

Наталья Зубаревич объясняет этот социологический дисбаланс сосуществованием


четырех разных Россий:
первая ― это Россия больших городов (до 30% населения Федерации, если
принимать во внимание города-миллионники и города с более чем 500.000
жителей), вторая ― Россия небольших и промышленных городов (около 20%
населения), третья ― Россия сел, деревень и малых городов (почти 40%
населения) и, наконец, четвертая, Россия этнических республик Кавказа и
юга Сибири, не включающая промышленные города (около 10% населения).
Аналитик Жан-Робер Равио
описывает ситуацию, выделяя три России. Прежде всего, самую известную ―
благодаря СМИ ― Россию, имеющую прозападные взгляды, Россию
«москвобуржуа». Затем провинциальную и периферийную Россию, очень
консервативную, и, наконец, нерусскую периферию России, контролируемую
этнократиями, союзниками Кремля.
Нетрудно понять, что столь разрозненное население, как в
социологическом, так и в экономическом или культурном плане, жило
«спокойно» при советской власти, но что европейская модель не может быть
ему навязана, ни в плане политическом (передача суверенитета
государства), идентификационном (модель национального государства ей не
подходит, поскольку Россия включает в себя нации и республики) или же
нравственном (можно ли представить себе гей-парады на российском
мусульманском Кавказе?) и религиозном планах, поскольку этнические
русские приравнивают православие к своей национальной идентичности.


Поэтому новая российская модель должна, для поддержания равновесия и
гармонии в Российской Федерации, уйти от либерально-демократической,
светской, либертарианской модели ЕС и эволюционировать к модели
религиозной и традиционной, с сильным государством, которое необходимо
для утверждения своей власти перед лицом территориальной и национальной
косности, возникающие как из-за размера страны, так и из-за разнообразия
проживающего в ней населения. Это объясняет, почему в последние месяцы в
России наблюдается возрождение влияния
«патриотическо-государственнических» идей в ущерб идеям
«либерально-государственническим», и этот процесс несомненно должен
усилиться.


Недавно было создано патриотическое государственное агентство,
подчиненное Кремлю. Оно предназначено для «укрепления нравственных и
духовных основ сегодняшней России» путем «пропаганды» патриотизма как
основы российского общества. Начали появляться


признаки,
которые подтверждают эту тенденцию. Например, создание в Волгограде
исторической комиссии по вопросам патриотического и идеологического
воспитания, создание нового праздника в Сибири для празднования победы
над смутным временем или же предложение министерства образования
Ростова-на-Дону вернуться к императорским костюмам для некоторых
церемоний.
По словам


аналитика Александра Рара, на последнем заседании Валдайского клуба
Владимир Путин, используя очень консервативную риторику, показал, «что
готовит Россию к чему-то другому», и подчеркнул тот факт, что она не
принадлежит к Западу, как это до недавнего времени более или менее
допускалось. Эта патриотическая и евразийская риторика не является
монополией Владимира Путина и партии «Единая Россия». Основная
оппозиционная партия в России, коммунистическая, в этом году также
полностью переориентировала свою политическую линию. Это изменение
произошло в два этапа. Сначала в ходе президентской кампании с помощью
более националистического и, особенно, религиозного дискурса,
по поводу чего выразили свое сожаление некоторые из руководителей
компартии, которые, однако, не собираются отмежеваться от своего
электората, становящегося все более чувствительным к этим вопросам.
Далее, Геннадий Зюганов, лидер коммунистической партии, недавно
подтвердил евразийское измерение России и высказался за союз с Китаем для противостояния гегемонии Запада, находящегося под американским доминированием.
Патриотизм, Евразийство, Государство и Религия, не являются ли они
четырьмя новыми опорами России сегодняшней и, в особенности, завтрашней?


Quel modèle de société pour la Russie de demain?

L’article original a été publié sur RIA-Novosti
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Ma dernière tribune a entraîné une salve de questions et de réflexions intéressantes, notamment sur ma page Facebook. Beaucoup de lecteurs m’ont demandé en quoi pourrait consister lacharpente idéologique d’un éventuel nouveau modèle de société russe. Je crois qu’un certain nombre d’évolutions et d’indices permettent d’imaginer les lignes directrices de cette reconstruction.

Les années 1990 ont vu la sortie chaotique du système soviétique vers un désordre libéral, qui s’est accompagné d’un sursaut des identités locales faisant apparaître le danger du séparatisme au cœur d’une fédération privée d’état et donc la nécessité d’une autorité supérieure pour canaliser les flux identitaires. Ce risque séparatiste, encouragé de l’extérieur, a malgré tout émergé, notamment dans le Caucase ou il a abouti à des guerres, que l’état russe a cependant fini par éteindre sans négocier.
La reconstruction de l’Etat des années 2000 s’est accompagnée d’un reset total du bagage historique récent de la nouvelle Russie, d’une  réaffirmation totale du rôle de l’Etat, celui-ci replaçant la religion ou les religions au cœur du système pour re-moraliser la société. L’équation russe semblait jusque la assez lisible: le redressement du pays et l’amélioration du cadre de vie suffisaient pour le maintien au
pouvoir d’un parti de la majorité qui a reconstruit l’état et assuré la stabilité en Russie.

 

En 2011 des contestations sont apparues qui bien qu’ultra minoritaires (100.000 personnes sur 143 millions d’habitants soit moins de 0,07% de la population) ont mis en relief non pas l’émergence d’un sentiment anti-Poutine, mais bien une rupture sociologique profond  entre d’un côté des membres d’une classe urbaine occidentalisée et de l’autre les habitants de la Russie profonde qui traversent une transformation identitaire importante qui se poursuit.
Natalia Zubarevich explique ces déséquilibres sociologiques par la coexistence de quatre Russies différentes: une première Russie est celle des grandes villes (jusqu’à 30% de la population de la fédération selon que l’on prenne en compte les villes millionnaires ou de plus de 500.000 habitants), une seconde Russie est celle des plus petites villes et des villes industrielles (environ 20% de la population), une troisième Russie est la Russie périphérique, celle des campagnes, villages et toutes petites villes (prés de 40% de la population) et il y a enfin une quatrième Russie qui est celle des républiques ethniques du Caucase et de la Sibérie du sud mais qui ne comprend pas de villes industrielles (environ 10% de la population).

L’analyste Jean Robert Raviot décrit la situation en définissant trois Russies. D’abord, la plus médiatisée car occidentalisée, celle des “Moscobourgeois”. Ensuite la Russie provinciale et périurbaine, très majoritaire et plus conservatrice, et enfin  la Russie des périphéries non russes contrôlées par des ethnocraties alliées au Kremlin.
Il n’est pas difficile de comprendre qu’une population aussi disparate, tant sur le plan sociologique, qu’économique ou culturel vivait “sereinement” sous l’autorité soviétique mais que le modèle européen ne lui est pas transposable, ni sur le plan politique (transfert de la souveraineté de l’état), identitaire (le modèle de l’état nation ne lui sied pas  puisque la Russie comprend en son sein des nations et des républiques) ou encore moral (imagine-t-on des défilés “gaypride” au cœur du Caucase musulman russe?) que religieux, les russes ethniques assimilant l’orthodoxie  à leur identité nationale.

Par conséquent le nouveau modèle russe doit pour maintenir équilibre et harmonie dans la Fédération de Russie s’éloigner du modèle libéral démocrate, laïque et libertaire de l’Union Européenne, pour évoluer vers un modèle religieux, traditionnel et avec un état fort, nécessaire pour affirmer son autorité face aux inerties territoriales et identitaires qui découlent tant de la taille du pays que de la variété de population qui y réside. Cela explique pourquoi ces derniers mois ont vu en Russie un regain d’influence des idées “patriotes étatistes” au détriment des idées “étatistes libérales” et le mouvement devrait sans doute s’accentuer.

Récemment une agence patriotique d’état dépendante du Kremlin a été créée. Elle est  destinée à  “renforcer les fondations morale et spirituelles de la Russie d’aujourd’hui” en promouvant le patriotisme comme ossature de la société russe. Des signes qui confirment cette évolution ont commencé à apparaître. Par exemple la création d’une commission historique à Volgograd sur les questions d’éducation patriotique et d’idéologie, la création d’un nouveau jour férié en Sibérie pour célébrer la victoire sur le temps des troubles ou encore cette proposition du ministère de l’éducation de Rostov sur le Don de revenir à des costumes impériaux pour certaines cérémonies.

Pour l’analyste Alexandre Rhar, lors de la dernière réunion du club de Valdaï, Vladimir Poutine a utilisé une rhétorique très conservatrice et montré “qu’il préparait la Russie à autre chose” et notamment au fait qu’elle n’appartient pas à l’Ouest, comme c’était plus ou moins admis jusqu’à récemment. Cette rhétorique patriotique et eurasiatique n’est pas le monopole de Vladimir Poutine et du parti Russie Unie. Le principal parti d’opposition en Russie, le parti communiste, a lui aussi cette année totalement réorienté sa ligne politique. Ce changement s’est fait en deux étapes. D’abord lors de la campagne présidentielle par un discours plus nationaliste et surtout religieux,
que certains de ses cadres ont déploré, mais qui avait sans doute pour objectif de ne pas se dissocier d’un  électorat qui y est de plus en plus sensible. Ensuite tout récemment, Guennadi Ziouganov, le leader du Parti Communiste, vient de réaffirmer la dimension eurasiatique de la Russie et d’opter pour une alliance avec la Chine pour faire face à l’hégémonie occidentale sous domination américaine.

Patriotisme, Eurasisme, Etat et Religion sont ils les quatre nouveaux piliers de la Russie d’aujourd’hui et surtout de demain?

“Obama 2.0: la fine d’America come la conosciamo?”

Con le elezioni negli Stati Uniti appena concluse e il presidente Obama finalmente e comodamente rieletto rispetto a quanto suggerivano i sondaggi, vale la pena chiedersi che cosa accadrà ora. Per la verità l’elezione di Obama era malgrado tutto prevedibile tenuto conto delle proposte radicali sostenute dal suo concorrente; il repubblicano Romney va alla guerra. Ma il presidente Obama ha conseguito il margine più basso tra i presidenti democratici eletti dal 1992. Peggio ancora, è l’unico presidente della storia americana a ottenere meno voti per il suo secondo mandato rispetto al primo.
Naturalmente Obama non offre un buon bilancio. Tra il 2008 e il 2012, a causa della crisi finanziaria globale, l’America ha perso 5 milioni di posti di lavoro.  Nel suo libro ”Obama al potere” il giornalista Guillaume Debre rivela alcuni dati incredibili del mandato di Obama. Durante
il suo primo anno alla Casa Bianca, il presidente ha speso 3.552 miliardi di dollari, quindi 25.362 dollari a contribuente e 11.290 dollari per ogni americano.
 Una spesa record nella storia degli Stati Uniti per un solo anno in carica. In quattro anni, ha aumentato il debito degli Stati Uniti di quasi il 60%, ovvero 4,8 miliardi di dollari al giorno, o 3 milioni di dollari al minuto.
Nel settembre 2008, il debito del governo federale degli Stati Uniti ha raggiunto i 10.025 miliardi di dollari, quindi circa il 72% del prodotto
interno lordo.
 Alla fine del 2011 ha rappresentato l’86% del PIL e il 1 ° novembre 2012, il debito ha raggiunto 16.199 miliardi di dollari; si prevede di raggiungere il 100% del PIL a fine 2012. Il debito del Paese ha raggiunto € 1717000000, cioè 67.000 euro per persona occupata. Il
debito pubblico è superiore al Pil annuale del paese. Peggio ancora, secondo il nostro giornalista, il debito del paese è previsto di un
aumento pari al 250% in dieci anni e peggiorare un debito che si dovrà ben pagare un giorno, ma che grava sulle spalle dei giovani americani.
Dal momento dell’elezione del presidente Obama, una ventina di stati richiedono formalmente la secessione e abbandonare gli Stati Uniti
d’America, tra di essi, naturalmente, per lo più gli stati conservatori e cristiani della Bibbia-cinghia (gli antichi Stati secessionisti ), la
maggior parte dei quali, del resto, ha votato per Mitt Romney in queste elezioni.
 Allo stesso modo che le zone rurali sono più pconservatrici delle aree urbane, queste differenze sono identiche all’interno degli stati: aree urbane e industriali a maggioranza democratica, mentre le aree rurali
sono più conservatrici.
 A questa divisione sociologica si sovrappone una divisione etnica: se l’affluenza è andata oltre il 58% (il tasso più alto dal 1968) Obama ha beneficiato della partecipazione attiva e militante delle minoranze in America. Nel 2008, Obama ha ricevuto il voto del 43% dei bianchi, del 95% dei neri, del 67% degli ispanici e il 62% degli asiatici. Nel 2012 questi punteggi sono il 37% bianchi, 90% neri, 69% ispanici e il 73% degli asiatici. All’interno del voto delle minoranze, quindi, Obama riporta una vittoria abbagliante e travolgente.
Una tendenza particolarmente preoccupante per i repubblicani, quanto la rapida evoluzione demografica che nel 2020 condurrà le minoranze a
diventare
maggioritarie in meno di 20 anni. Non a caso, Obama ha ottenuto il 60% tra i minori dei 18-29 anni e il 60% dei voti degli americani con i redditi più bassi. Senza una forte involuzione della narrazione repubblicana, è difficile comprendere come si potrebbe pensare a riprendere il potere.Sarà necessario anche per loro giocare la carta di un candidato di una  minoranza per cercare di sedurre un elettorato in pieno cambiamento socio-culturale? Così facendo, essi non rischierebbero di separarsi dalla loro frangia a destra e conservatrice, e quindi condannarsi a non essere eletti?
Ci si dovrebbe porre la questione della adeguatezza di tale sistema (vedi qui e qui ) per la Francia, adesso che questo modello multiculturale (all’americana) sta cominciando a toccare i propri limiti in America. I risultati eccellenti di François Hollande alle presidenziali, conseguiti nei quartieri ad alta densità di Francesi di origine straniera (65,32% a Seine-Saint-Denis, 72,07% a Clichy-sous-Bois, 72,62% a Garges -lès-Gonesse, Thicket Val al 89,04% a Mantes-la-Jolie …) o il fatto che ad esempio il 93% dei musulmani francesi (in gran parte francesi di origine straniera entrati di recente) hanno votato per il candidato socialista sono probabilmente un avvertimento molto pesante per molti politici francesi.

Обама 2.0: к концу Америки, какой мы ее знаем?

Оригинальная статья была опубликована в Голос России
Теперь, когда в США прошли выборы, а президент Обама был переизбран с лучшим результатом, чем можно было ожидать по данным опросов, стоит задаться вопросом о том, что будет происходить сейчас. Разумеется, переизбрание Обамы несмотря ни на что было предсказуемо, особенно после радикальных высказываний его республиканского конкурента: задиры Ромни.
Но президент Обама получил самый низкий результат среди президентов-демократов начиная с 1992 года. Хуже того, он единственный президент в американской истории, получивший меньшее число голосов во время вторых выборов, чем во время первых.


Конечно, у Обамы не самые лучшие результаты. В период между 2008 и 2012 годами из-за глобального финансового кризиса Америка лишилась 5 миллионов рабочих мест. В своей 
книге «Obama face au pouvoir» журналист Гийом Дебре приводит невероятные цифры,  характеризующие президентский срок Обамы. За первый год в Белом доме президент потратил 3 триллиона 552 миллиардов долларов, то есть 25.362 долларов на налогоплательщика и 11.290 долларов на каждого американца. Рекордный в истории США расход за один год президентского срока. За 4 года он увеличил государственный долг США почти на 60%, то есть на 4,8 миллиарда
долларов в день или на 3 миллиона долларов в минуту.

В сентябре 2008 года долг федерального правительства США составлял 10.025 триллиона долларов, или около 72% валового внутреннего продукта. На конец 2011 года долг составлял 86% ВВП, к 1 ноября 2012 года задолженность достигла 16.199 триллиона долларов и, как ожидается, к концу 2012 должна достигнуть 100% ВВП.

Задолженность страны достигла 1.717 триллиона евро, то есть 67.000 евро на каждого работающего. Государственный долг в настоящее время превышает годовой ВВП страны. Хуже того, по мнению журналиста, задолженность страны в течении десяти лет вырастет более чем на 250% и увеличит долг, который однажды придется заплатить и который лежит на плечи молодых американцев.

После избрания Обамы президентом двадцать штатов официально требуют отделения и выхода из Соединенных Штатов Америки, среди них, разумеется, в основном консервативные и христианские штаты Библейского пояса, которые на этих выборах в основном голосовали за Митта Ромни. Сельские районы обычно более консервативны, чем города, подобные различия существуют и в рамках штатов: городские центры и промышленные районы в большинстве голосуют за демократов, в то время как сельские районы
настроены более консервативно.

К этому социологическому расколу прибавляется раскол этнический: если явка избирателей составила более 58% (самый высокий показатель с 1968), это означает, что Обама воспользовался активным и боевитым участием Америки меньшинств. В 2008 году Обама получил голоса 43% белых, 95% чернокожих, 67% латиноамериканцев и 62% азиатов. В 2012 году эти показатели соответственно составляют 37% белых, 90% чернокожих, 69% латиноамериканцев и 73% азиатов. В рамках голосования меньшинств Обама
одержал ослепительную и сокрушительную победу.

Особую тревогу у республиканцев вызывает тот факт, что после 2020 года быстрая демографическая эволюция приведет к тому, национальные меньшинства станут большинством среди лиц моложе двадцати лет. Не удивительно, что Обама получил 60%
голосов 18-29 летних и 60% голосов американцев с самыми низкими доходами. Без существенного изменения республиканского дискурса, представляется с трудом, как они могут рассчитывать на возвращение к власти. Не стоило ли им разыграть карту кандидата, вышедшего из меньшинства, чтобы попытаться соблазнить находящийся в процессе социокультурных изменений электорат? Однако, поступив подобным образом, не рисковали бы они, отсекая себя от своего правого и консервативного электората, никогда больше не быть избранными?

Следует задаться вопросом об адекватности подобной системы (см. здесь и здесь) для Франции, если даже в Америке эта мультикультурная модель достигла, как кажется, своих пределов. Поразительные результаты Франсуа Олланда на
президентских выборах в районах с высокой плотностью недавних иммигрантов (65,32% в Сен-Сен-Дени, 72,07% в Клиши-су-Буа, 72,62% в Гарж-ле-Гонесс, 89,04% в Валь Фурре, пригороде Мант-ла-Жоли…) или тот факт, что 93% французских мусульман (по большей части иностранцы, недавно получившие французское гражданство) проголосовали за кандидата-социалиста, несомненно, являются очень серьезным предостережением для многих французских политиков.

Obama 2.0 : vers la fin de l’Amérique telle que nous la connaissons ?

L’article original a été publie sur Voix de la Russie

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Alors que les élections américaines viennent d’avoir lieu et que le président Obama a finalement été plus confortablement réélu que les sondages ne pouvaient le laisser penser, il convient de se demander ce qui va maintenant se passer. Certes l’élection d’Obama était malgré tout prévisible surtout après les propos radicaux tenus par son concurrent républicain : Romney le va t-en guerre. Mais le président Obama a obtenu le score le plus bas des présidents démocrates depuis 1992. Pire il est le seul président de l’histoire américaine á obtenir moins de voix pour son second mandat que pour le premier.Bien sûr Obama n’a pas un bon bilan. Entre 2008 et 2012, a cause de la crise financière mondiale, l’Amérique a perdu 5 millions d’emploi.

Dans son livre Obama face au pouvoir, le journaliste Guillaume Debré révèle quelques chiffres incroyables du mandat Obama. Au cours sa première année à la Maison-Blanche le président a dépensé trois mille cinq cents cinquante-deux milliards de dollars, soit 25.362 dollars par contribuable et 11.290 dollars par américain. Une dépense record dans l’histoire américaine pour une unique année de mandat. En 4 ans, il a augmenté la dette américaine de près de 60 %, soit 4,8 milliards de dollars par jour, soit 3 millions de dollars par minute.

En septembre 2008, la dette de l’État fédéral américain atteignait la somme de 10.025 milliards de dollars américain soit environ 72 % du produit intérieur brut. Fin 2011 elle représentait 86 % du PIB et le 1ier novembre 2012, la dette atteignait 16.199 milliards de dollars et devrait atteindre les 100 % du PIB fin 2012. L’endettement du pays a atteint 1.717 milliards d’euros, soit 67 000 euros par personne ayant un emploi. La dette publique est aujourd’hui supérieure au PIB annuel de pays. Pire d’après notre journaliste l’endettement du pays devrait augmenter de plus de 250 % en dix ans et aggraver une dette qu’il faudra bien payer un jour, et qui repose sur épaules des jeunes américains.

Depuis l’élection du président Obama, une vingtaine d’états demandent officiellement de faire sécession et de quitter les Etats-Unis d’Amérique, parmi eux bien évidemment en majorité les états conservateurs et chrétiens de la Bible-belt (les anciens états sécessionnistes) qui ont du reste majoritairement voté pour Mitt Romney a cette élection. De la même façon que les zones rurales sont plus conservatrices que les zones urbaines, ces différences sont identiques au sein des états : les centres urbains et les zones industrialisées votent majoritairement démocrate, pendant que les zones rurales sont elles plus conservatrices.

A cette scission sociologique se greffe une scission ethnique: si le taux de participation a été de plus de 58 % (soit le taux le plus élevé depuis 1968) Obama a bénéficié d’une participation active et militante de l’Amérique des minorités. En 2008, Obama avait bénéficié du vote de 43 % des blancs, 95 % des blacks, 67 % des hispaniques et 62 % des asiatiques. En 2012 ces scores sont respectivement de 37 % des blancs, 90 % des blacks, 69 % des hispaniques et 73 % des asiatiques. Au sein du vote des minorités donc, Obama remporte donc une éclatante et écrasante victoire.

Une évolution d’autant plus inquiétante pour les républicains que la rapide évolution démographique fait que des 2020, les minorités  deviendront majoritaires chez les moins de 20 ans. Sans surprises, Obama a récolté 60 % des moins des 18-29 ans et 60 % des Américains avec les revenus les plus modestes. Sans une forte involution du discours républicain, on imagine mal dès lors comment ceux-ci pourraient penser reprendre le pouvoir. Leur faudra t-il aussi jouer la carte d’un candidat issu d’une minorité afin de tenter de séduire un électorat en pleine mutation socioculturelle ? Ce faisant, ne risqueraient t-ils pas de se couper de leur frange droite et conservatrice et d’ainsi se condamner à ne plus jamais être élu ?

Il convient de se poser la question de l’adéquation d’un tel système (voir ici et la) pour la France, alors même que ce modèle multiculturel (a l’américaine) semble commencer à toucher ses limites en amérique. Les excellents scores de François Hollande aux présidentielles dans les quartiers à forte densité de français d’origine immigrée récente (65,32 % en Seine-Saint-Denis, 72,07 % à Clichy-sous-Bois, 72,62 % à
Garges-lès-Gonesse, 89,04 % au Val Fourré à Mantes-la-Jolie…) ou le fait que par exemple 93 % des musulmans français (en grande partie des français d’origine étrangère récente) aient voté pour le candidat socialiste sont sans doute un très lourd avertissement pour nombre de politiciens français.

Islamisme et Etats-Unis, une alliance contre l’Europe ?

Syrian rebels near Aleppo

 

Les récentes images de combattants islamistes de la soi-disant opposition Syrienne unifiée utilisant des missiles sol-air ou des fusils M16 a laissé beaucoup de commentateurs dans des interrogations. Mais comment la démocratique Amérique pourrait-elle bien soutenir des combattants islamistes proches des mouvances les plus radicales et même d’Al Qu’Aïda ? Ce n’est pas un malheureux hasard logistique mais bel et bien une politique délibérée de soutenir l’Islamisme radical partout ou cela peut porter préjudice aux adversaires de l’Amérique, et donc favoriser indirectement l’avancée géostratégique américaine. Continue reading

Демографические показатели октября 2012

Показатели российской демографии за период с января по октябрь 2012 доступны и они более чем удивительны.В октябре 2012 родилось 177.661 малышей против 153.789 в 2011, то есть на 23,78 больше (+15,5%), это абсолютный месячный рекорд с 1991 года, больше чем в августе 2011 года!

В октябре 2012 умерло 167.471 человек против 156.447 умерших в октябре 2011 года, то есть на 11.024 смертей больше (+7%). Увеличение более чем на 10% числа смертей на транспорте и, в особенности, на дорогах связано с увеличением количества автомобилей, приобретенных в России, более чем на 13% по сравнению с 2012 годом.

В октябре 2011 численность населения снизилась на 2.658 человек, в октябре 2012 численность населения выросла на 10,1910 человек.

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За первые 10 месяцев года:


― Родилось 1.586.925 малышей, против 1.482.807 за первые 10 месяцев 2011 года, то есть на 104108 рождений больше (+7%).


― Умерло 1.586.135 человек против 1.610.165 в 2011, то есть на 24.030 смертей меньше (-1,5%).


Читатели могут открывать шампанское, потому что с 1.586.925 родившимися и 1.586.135 умершими за первые 10 месяцев 2012 года российское население выросло на 790 человек.

Отныне кажется бесспорным, что сокращение численности населения в этом году не должно превысить 20.000 человек.