Discours de de Vladimir Poutine à l’Assemblée Fédérale - 01/03/2018

Transcription : [...] Chers collègues, L’opération en Syrie a prouvé les capacités accrues des forces armées russes. Au cours des dernières années, beaucoup a été fait pour optimiser l’armée et la marine. Les forces armées ont maintenant 3,7 fois plus d’armes Read more

2017 : une année charnière pour la démographie russe ?

Les lecteurs de Stratpol qui s’intéressent à la démographie russe peuvent consulter les analyses démographiques publiées en 2014 et 2016 qui synthétisent la complexe évolution démographique de la jeune fédération de Russie de 1999 à 2016.    La période 1990-1999 a vu un effondrement des Read more

La carte MIR : élément de la souveraineté bancaire russe

  Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie ont fait réapparaître le risque d’une escalade pouvant potentiellement aboutir, en cas de tension maximale, à une déconnexion totale de l’ensemble des banques de Russie des systèmes internationaux de cartes VISA et Read more

Dissonance fête ses 10 ans où "comment je suis devenu un agent russe !" :)

Alors que DISSONANCE fête ces 10 ans c’est l’occasion idéale pour revenir sur cette decennie d’écriture, de dénonciation des mythes sur la Russie mais aussi l’affrontement (gagné) contre la presse francaise qui a donné lieu à la naissance d’un Read more

Vers la fin du nouvel ordre mondial

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Pour la première fois depuis la chute de l’URSS et l’avènement du nouvel ordre mondial, la Russie mène une opération militaire hors de ses frontières, dans un pays voisin et souverain et ce afin de défendre des citoyens Russes. Le jeudi 7 aout 2008 restera dans les annale car l’opération militaire Russe actuellement en cours va modifier a «jamais» les relations internationales.
Comment en est on arrivé la et pourquoi cette petite bande de territoire semble avoir tellement d’importance pour Moscou, Tbilissi, Washington ou encore l’UE ? Et quelles sont les perspectives ?
La Georgie est un vieux pays du Caucase occupé par les Arabes (7ième au 11ième siècle), puis par les Mongols et la horde d’or (12ième au 15ieme) puis partagé entre Ottomans et Perses (16ieme) avant de recevoir la protection de la Russie en 1783. La libération des terres Georgiennes se fera au long du 19ième siècle et sera achevée en 1864. La Géorgie déclara son indépendance en 1918, avant d’être occupée par l’armée rouge en 1921 et de devenir la République socialiste soviétique de Géorgie en 1936. A la chute du l’URSS, la Georgie se retouve face a sa destinée, et a ses régions russophiles d’Ossétie et d’Abkhazie, une région de l’empire Bysantin incorporée de force à la Géorgie au 16ième siècle. Le nouveau gouvernement Georgien fait face à un conflit avec ces provinces et notamment l’Ossétie du sud dès 1991. Celle ci déclarera son indépendance en 1994 et en 2006, par référendum. Néanmoins la communauté internationale ne daignera jamais reconnaitre cette indépendance, sauf la Russie de Vladimir Poutine et la situation restera très tendue entre la province et l’état Georgien, ce jusqu’en 2003 ou le gouvernement de Edouard Chevardnadze tombe remplacé par celui de Mikhail Saakachvili.
 
La Géorgie, pion du grand échiquier
En novembre 2003, la Georgie a été victime d’un «coup d’état démocratique» : la révolution des roses, une des révolutions colorées organisées par la CIA et des officines «proches» afin de renverser des régimes des états jugés trop proches politiquement de Moscou ou ceux sur des emplacements stratégiques.
Ont principalement été visées des états comme la Serbie, l’Ukraine ou encore la Georgie (lire à ce sujet
mon article).
La Serbie parce que allié de la Russie dans les Balkans, l’Ukraine et la Géorgie parce que stratégiques dans la volonté d’encerclement (containment) de la Russie, ces deux états étant membres actifs du GUUAM. 

Depuis la prise de pouvoir de Mikhail Saakachvili la Georgie est devenue un allié indéfectible de Washington, le président a lui même été formé par Georges Soros, l’homme derrière les révolutions colorées d’Europe centrale, l’investisseur du Groupe Carlyle … Des ministres de l’actuel gouvernement sont des anciens collaborateurs du financier américain au sein de sa fondation. Un certain nombre de jeunes conseillers de Saakachvili ont également été formés aux états-Unis dans le cadre des échanges universitaires mis en place et gérés par la Fondation privée de Soros. Le gouvernement américain, quant à lui, a doublé son aide économique bilatérale à la Géorgie qui atteint aujourd’hui 185 millions de dollars. De plus, la Maison-Blanche est engagée dans un programme de formation des forces spéciales de l’armée géorgienne dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste dans la région avec l’aide d’Israël, lire à ce sujet cet article extrêmement bien documenté.À la mi-juillet, les troupes étasuniennes et géorgiennes ont tenu un exercice militaire commun dénommé « réponse immédiate » impliquant respectivement 1.200 Étasuniens et 800 Géorgiens.

J’ai déjà également traité de l’importance de la guerre énergétique en cours et notamment du pipeline BTC. Ce pipeline devant permettre de passer outre la Russie, et de desservir l’Europe du sud via la Georgie, la Turquie et Israel, qui souhaite par ce biais jouer un rôle essentiel dans la région bien sur, en contournant la Russie mais surtout dans la ré-exportation du pétrole vers l’Asie ! La revue Russe Kommersant ne titrait elle pas le 14 juillet 2006 que : « Le pipeline BTC a considérablement change le statut des pays de la région et cimenté une nouvelle alliance pro-occidentale. Ayant influé pour la construction de l’oléoduc vers la Méditerranée, Washington a pratiquement mis en place un nouveau bloc avec l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et Israël. »
Ces coups d’états fomentés par la CIA aux frontières de la Russie, l’extension à l’est de l’OTAN, l’installation du système de radars américains en europe centrale, les négociations d’entrée de l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN (bloquées fort heureusement par l’Allemagne) mais surtout l’extension de l’UE (désormais sur la mer noire) et la terrible affaire du Kosovo ont été considéré par la Russie comme autant d’agressions indirectes et de viol du droit international qu’on lui prétend lui «opposer» pourtant officiellement partout. 


Juillet / Aout 2008
Le 12 juillet 2008, une annonce du Ministère géorgien de la Défense déclarait que les troupes étasuniennes et géorgiennes « s’entraînent durant trois semaines sur la base militaire de Vaziani » près de la capitale géorgienne, Tbilissi. (AP, 15 juillet 2008).Ces exercices, qui se sont achevés à peine une semaine avant l’attaque du 7 août, étaient la répétition générale évidente d’une opération militaire qui, selon toute probabilité, avaient été planifiée

en étroite coopération avec le Pentagone.

Dans un premier temps la Géorgie, puissamment armée et entraînée par l’Amérique et israël a contesté l’organe chargé de régler le conflit — la Commission mixte de contrôle – qui est coprésidé par la Russie, la Géorgie, l’Ossétie du Nord et l’Ossétie du Sud.
Le 7 août, coïncidant avec la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Beijing, le Président de Géorgie ordonne d’attaquer militairement tous azimuts la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali. Une attaque militaire d’assez haute intensité pour «rétablir l’ordre constitutionnel».La Russie a alors réagi comme se doit de réagir un état souverain chatouillé sur sa frontière et dont les citoyens sont menacés militairement. Elle a répliquée afin de chasser les soldats géorgiens et de protéger ses citoyens. l’attaque contre l’Ossétie a abouti a l’affrontement direct avec les forces russes.

Ces cinq derniers jours, les combats ont été extrêmement violents, ce soir, mardi, l’armée Géorgienne a été repoussée hors d’Ossétie et les combats entre troupes Russes et Géorgiennes se seraient rapprochés de l’est du pays, vers la capitale Tbilissi. Comme l’affirme Alexandre Lomaia, le chef du Conseil national de sécurité Georgien «Nous n’avons pas capitulé, notre armée reste en bon ordre malgré les pertesJe peux vous assurer que nous recevons une aide militaire de l’étranger… Et nous la recevrons jusqu’à ce que nous ayons chassé les Russes du pays.» Le kremlin a ouvertement accusé l’Amérique de « favoriser » la Georgie. Comme le premier ministre,Vladimir Poutine l’a dit lui même : «

Ce n’est pas le cynisme des politiques (américains) qui étonne (…) mais c’est le niveau de ce cynisme, la capacité à présenter ce qui est blanc en noir, ce qui est noir en blanc, la capacité à présenter l’agresseur en victime de l’agression » …. » Saddam Hussein devait être pendu parce qu’il a détruit quelques villages chiites, mais les autorités géorgiennes actuelles doivent être défendues alors qu’elles ont rayé de la terre en une heure des dizaines de villages Ossètes, qu’elles ont écrasé vieillards et enfants avec leurs chars et qu’elles ont brûlé vif les gens dans leurs maisons ».Pourtant malgré l’aide internationale l’armée Russe est en train de «très sérieusement» affaiblir la force militaire Georgienne, afin de simplement éviter qu’une opération de telle ampleur ne puisse se reproduire. «Qu’est-ce qui peut empêcher les Russes d’aller jusqu’à Tbilissi? …. Saakachvili a pensé qu’il allait pouvoir regagner du terrain par la force. Imaginer que cette petite avancée tactique serait acceptée par la Russie est le calcul de quelqu’un de stupide» reconnaissait hier un diplomate européen plein d’amertume. Effectivement, si l’on regarde les forces en présence, on ne peut comprendre le geste de folie de Mikheil Saakachvili, sauf ci ce dernier a naïvement cru que le fait d’etre dans les bonnes graces des Occidentaux lui donnait tous les droits. …

Jugez vous même : 
RUSSIE : 1.000.000 d’hommes / 23.000 tanks / 26.000 pièces d’artillerie / 1.802 avion de combats / 1932 hélicoptères.
GEORGIE : 32.000 hommes / 128 tanks / 109 pièces d’artillerie / 8 avions d’attaques / 37 hélicoptères.
Comment dans ces conditions et sans l’aval de certains le petit poucet Géorgien pouvait il penser faire tomber l’ogre Russe, ce dernier bénéficiant en plus de l’appui des milices Ossètes et des volontaires cosaques ! Les vrais responsables des tragiques évènements ne sont pas la Russie, qui ne fait que défendre des citoyens Russes victimes d’une agression militaire de l’armée Géorgienne mais bel et bien la politique de fou de l’Amérique dans cette partie du monde, Amérique qui a fait miroiter a Saakachvili tout et n’importe quoi, de l’Union Européenne a l’OTAN, celui ci n’ayant en fait servi que de marionnette pour permettre la crcréation du pipeline BTC sus cité, et servir de fusible pour chatouiller l’ours sur sa frontière … 

Comme tout fusible, ce dernier va finir par brûler et ce sont les civils Géorgiens et Ossétes qui vont et ont déjà commencé a en faire les frais. Parallèlement, un second front s’est ouvert en Abkazie.
La Géorgie vient tout simplement de disparaître en tant qu’état souverain. 


De l’Ossétie au Kosovo, l’échec de l’OTAN
Derrière le conflit qui aboutira sans doute a la partition territoriale de l’Ossétie et de l’abkazie, comment ne pas voir un des ricochets de la politique irrationnelle de Washington dans les Balkans et notamment la sombre affaire du Kosovo ? Certes les cas de figures sont différentes, certes les ossètes n’ont pas envahi l’Ossétie comme les Albanais le Kosovo, mais puisque les Américains ont prouve que l’on pouvait modifier les frontières des états sans aucune raison au mépris des peuples et de toutes les règles de droit international, pourquoi ce qui serait valable pour les Kosovars ne le serait pas pour les Ossètes ou les Abkazes ? Vladimir Poutine avait parlé de l’Amérique dans des termes «post guerre froide», comparant ce pays à : «un loup affamé qui mange et n’écoute personne» … Au début de cette année, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov avait prévenu son homologue américain que : «la reconnaissance du Kosovo constituerait un précédent pour l’Abkhazie et l’Ossétie du sud«. Mais celui ci n’a pas été écouté.
Naïvement, Saakashvili a pensé que d’être dans les bonnes grâces du pentagone lui conférait un blang seing et le droit de recourir a la force sans aucune raison.En ce sens, un parallèle est faisable entre le viol de la souveraineté territoriale de la Serbie (a savoir la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, alors que la

résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU (qui réaffirmait sans ambiguïté la souveraineté de la Serbie sur ce territoire) et l’agression militaire contre l’Ossétie de jeudi dernier.

Néanmoins, s’il est facile d’agresser un voisin faible, il l’est beaucoup moins contre un voisin fort, a savoir la Russie. Cette derniere affirme en outre que près de 2.000 civils auraient péris dans les combats, que 30.000 réfugiés auraient fui en Ossétie du nord et parle Habilement et ouvertement degénocide à l’encontre du peuple Ossète, des termes qui rappellent ceux utilisés par l’OTAN pour justifier sa campagne de bombardements en Serbie en 1999. 

En ce sens, la réaction Russe de ces derniers jours est non seulement parfaitement justifiée mais elle est saine pour l’Europe et l’humanité toute entière : elle prouve que l’OTAN ne peut inpunément violer les règles de droit international sans que personne ne s’y oppose. Si l’implication de Washington semble évidente pour les Russes, il semble certain que les premiers qui le nient ont lourdement sous estimés la capacité de réaction Russe.


Vers la fin du nouvel ordre mondial
L’opération militaire en cours a un sens bien plus important que le seul affrontement Russo-Georgien. En effet pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, la confrontation Russie-Amérique vient de tourner a l’avantage des Russes. Pour la première fois un coup d’arrêt clair et net est imposé a l’aigle, par un ours réveillé et en colère.Pour la première fois surtout la Russie vient de s’opposer militairement et de façon «indirecte» a l’Amérique en dehors de ses frontières. Il ne faut pas se tromper sur le sens réel des évènements et essayer de comprendre la d>émonstration de forces des Russes. Le trio «Medvedev-Poutine-Lavrov» vient simplement de mettre fin au système unilatéral agence par l’OTAN pendant la guerre du golfe de 1991.
Après la décennie de l’effondrement (1990 a 1999), la décennie de l’extension a l’est de l’OTAN et parrallèlement du réveil Russe (1999 a 2008) il est fort plausible que nous entrions dans la décennie du reflus a l’ouest et du regain d’influence Russe sur les anciennes marches de l’empire.
Elstine n’avait rien pu faire face à l’endormissement de l’ours, Poutine l’a réveillé, celui ci est désormais éveillé et attentif. Alors que se tendent les relations Russo-Américaines via l’Europe de l’est et le Caucase, se dessinent sensiblement de nouvelles frontières du monde de demain.
Plus qu’un message a l’humanité, la Russie a montrée sa détermination et sa capacité a répondre désormais a toute agression injustifiée.Pour les Européens qui se cherchent toujours une réelle politique militaire, l’heure approche ou il faudra prendre position pour ou contre la Russie et par conséquent devoir imaginer a très court terme de se séparer de l’OTAN pour former la grande alliance continentale pré-esquissée par le général de Gaulle et souhaitée par Vladimir Poutine aujourd’hui : l’alliance continentale Euro-Russe, seule garante de la paix sur notre continent.

Dans le cas contraire, l’Europe se coupant de la Russie et de ses voisins se suiciderait littéralement, condamnée à ne rester que la vassale de l’Amérique, en froid avec son principal fournisseur énergétique.
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La réponse Russe en images :)

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Nous sommes tous des Ossètes du sud !

Alors que la cérémonie des jeux olympiques vient de se terminer sous les regards de 3 milliards de téléspectateurs (un être humain sur deux), et que les ânes du «démocratisme totalitaire» tels Cohen-Bandit ou Robert Ménard affrontent des moulins, une opération militaire «essentielle» a lieu dans le Caucase, en Georgie, devenu depuis 2003 un des principaux champs de bataille entre la Russie et l’Amérique.

L’Ossétie, ou Alanie (des Alains) est un vieil état du caucase ‘reconnu’ par l’URSS. Lors de l’effondrement de cette dernière, l’Ossétie fut coupée en deux, entre son nord (sous contrôle Russe depuis 1774) et son sud, reconnu comme région autonome dès 1922 et intégré de fait à la Georgie. Lors de l’indépendance de la Georgie, celle ci coupa le statut d’autonomie de l’Ossétie qui de facto demanda son indépendance par référendum en 1992 afin d’être réunifiée à son nord resté lui dans la fédération de Russie. (CF carte ci dessous).


La révolution des roses de 2003 va compliquer la situation, le nouveau président aux ordres de washington, Mixeil Saakašvili ayant comme priorité de transformer son pays en satellite de l’OTAN, de se distancer de la Russie et de transformer la georgie (comme le kosovo) en lieu de passage des pipes caspiens. Malgré un second référendum en 2006, l’Ossétie ne se voit pas reconnaitre le statut d’autonomie et d’indépendance demandé, l’Amérique et l’Union Europeenne ne reconnaisant pas ce referendum, contrairement a la Russie. La situation s’est alors tendue jusqu’à cet été 2008 ou après divers accrochages, l’armée Georgienne a lancé le 7 aout au soir une offensive d’envergure sur l’Ossétie du sud afin de conquérir sa capitale Tskhinvali au motif de «restaurer l’ordre constitutionnel» dans la république.

24 heures plus tard, plus de 1.500 personnes ont été tués, des milliers de réfugiés ont fui les zones de combats … Mais les forces Georgiennes qui affirmaient avoir conquis la capitale dans la journée semblait amorcer un retrait de la capitale, chassés par la résistance Ossète qui a obtenue le soutien des cosaques du don et de plusieurs centaines de volontaires Ossètes !!

L’Ossétie n’est pas une petite région sans importance du caucase, c’est un point névralgique «essentiel» de la lutte entre l’Amérique et son projet néfaste pour le Caucase, et la Russie, garante de la paix adns cette région depuis 300 ans. Le soutien a l’Ossétie est une des pierres angulaires du refus de la contre attaque planétaire en cours, lancée par Washington et ses alliés «euro-turques» de l’OTAN.
La bataille en cours est la bataille pour l’Eurasie, la bataille finale contre les visées mondialistes criminelles de l’empire Américain. La résistance passe par «bouter» les Américains hors de cette zone, à rendre aux Grecs, aux Ossètes, et aux Arméniens ce qui leur est du ! La Georgie est en effet un des membres du GUAM et un des pions essentiels du contournement et de l’encerclement de la Russie (Europe de l’est, Ukraine, Caucase, Asie centrale). L’objectif de Washington est en effet de créer un espace «pan caucasien»fondé sur les autonomismes et les indépedantismes anti Russe. Cette stratégie de la dislocation des états en micro identités faibles et dépendantes est la politique appliquée en europe de l’est (ex yougoslavie et ex tchécoslovaquie) et au moyen orient (Irak dépecé en 3 états).

Ce n’est pas notre projet ! Nous refusons totalement la logique de guerre et de haine entretenue par le gouvernement pro-occidental de Tbilissi !

Si hier nous étions tous des Serbes, aujourd’hui nous sommes tous des Ossétes !

N’hésitez pas à consulter le site de la résistance Ossète : http://cominf.org/
Ainsi que le site de Radio-Ossétie : http://www.osradio.ru/

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Rossia Vpered

Début ce jour des jeux olympiques, en Chine, vous pouvez suivre tous les evenements sur le site officiel des jeux ici.

En attendant, bonne chance à l’équipe de Russie, soutenue par sa célèbre mascotte, Cheburashka.

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MOSKVA

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R I P

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne (Александр Исаевич Солженицын) est décédé cette nuit à Moscou. Une biographie complète est disponible la. Curieux hazard, il y a un gros mois, je faisais un article sur ce dernier, que vous pouvez lire ici.
Egalement, le très beau diaporama de Ria Novosti, consultable ici

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Novossibirsk, Sibérie, 01 aout 2008, 13 heures ..

Sources photos : English Russia (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Bienvenue aux Serbes !

Philippe Muray, pour le journal La Montagne en 2000. Texte republié dans « Exorcismes spirituels III » (2003)

Bienvenue à nos amis les Serbes

Bienvenue aux Serbes ! Bienvenue chez nous !
Bienvenue sur le continent de la justice, de la solidarité, de l’égalité, des droits de l’homme, des ateliers d’écriture, des Nuits de la correspondance, des concours de tartes multiculturelles, des rollers citoyens, des musiques amplifiées et de la liberté !

Terminée la saison en enfer ! Aux poubelles, le tyran fou !
Bienvenue dans le Nouvel Ordre européen marchand, mondial, caritatif et victimocrate !

Bienvenue au pays où ça bouge bien !
Bienvenue au pays où ça télésurveille bien !
Bienvenue au royaume de la vie jeune !
Vous qui entrez ici, laissez toute désespérance !
Terminés les délires à rebondissements et les atrocités épiques !
Vous n’avez pas fini d’être libres !
Bienvenue sur le continent des valeurs ajoutées !
Et à vous d’y rajouter la vie qui va avec !
Bienvenue dans le nouveau monde concret !
Bienvenue au pays des trottinettes électriques !

Bienvenue sur le continent où la chasse aux sorcières ne s’exerce que contre les partisans de l’extrême chasse, où la persécution ne vise que les ringards, les raidis, les aigris, les apocalyptiques, les archaïques, les passéistes qui ne l’ont pas volé, et où les sorcières ont leur fête, comme tout le monde, le jour de Halloween !
Bienvenue dans le pays où le principe de précaution à remplacé le principe de réalité !
Bienvenue dans le pays où la réalité a disparu si vite et depuis si longtemps, avec ses petites rues noires, ses immeubles sales et ses vitrines pleines de choses invendables, que personne ne s’en souvient même plus !

Bienvenue dans la patrie des Chiennes de garde et de la chaîne du froid !
Bienvenue au pays des échassiers reconstitués, des cracheurs de feu engagés, des jongleurs reformatés et des carnavals au silicone !

Bienvenue sur la planète des fêtes !
Bienvenue au pays où la fête est une fête !
Bienvenue dans la contrée des implants en titane et des cybergardiens !
Bienvenue au pays des artistes en résidence dans le Morbihan !
Bienvenue au musée !
Bienvenue chez les métamorphoses !
Bienvenue dans le pays de la pub nomade et de l’accroissement exponentiel des maladies inconnues !
Bienvenue dans le pays où tout le monde est content !
Bienvenue dans le pays de toutes les prides !
Bienvenue dans la région des arts alternatifs, du théâtre de rue à la ferme et des anciens entrepôts de pompes funèbres reconvertis en bars à thèmes !
Bienvenue au pays où le juridisme monte plus vite qu’un cheval au galop !
Bienvenue dans le grand hospice où la parité se fout de l’hôpital !
Bienvenue dans le royaume de toutes les transformations dérangeantes, correctes et obligatoires !
Bienvenue dans le paradis de l’Europe unie, fictive, transfrontalière, humanitaire et pacifiée !
Bienvenue sur l’autoroute sans fin de la superdémocratie sans bretelles de sortie !
Bienvenue dans l’Europe fatale et désirable !
Bienvenue au pays de la tolérance qui fomente des lois !
Bienvenue au pays des mesures scélérates approuvées par cinq Européens sur trois !
Bienvenue au pays de la modernité confédérée s’imposant comme le Bien absolu qui ne saurait plus être critiqué ni changé jusqu’à la consommation des siècles !
Bienvenue sur le continent du despotisme positif auquel nul ne peut plus espérer apporter la moindre contradiction !
Bienvenue dans le monde de l’inéluctable enviable !
Bienvenue dans le moderne !
Bienvenue dans le sens du poil et dans le sens du vent !
Bienvenue dans le pays où l’on arrive toujours !
Bienvenue sur Atlantideworld !
Bienvenue !
Bienvenue à nos amis Serbes !
Oui, bienvenue parmi nous ! Bienvenue et bon courage !

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L’Atlantisme comme nouveau totalitarisme ?

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Après la domination espagnole (XVIIIe siècle) et anglaise (XIXe siècle), l’Amérique va entrer au XXe siècle dans un première phase de recomposition territoriale (unification après la guerre de Sécession, récupération de l’Alaska aux Russes, victoire sur les Espagnols, victoire sur les Britanniques…), puis se lancer dans un maillage intense de son territoire via des voies de chemin de fer qui stimuleront l’activité et le commerce et préfigureront sa position économique dominante pour le siècle suivant. Au début du XXe siècle, la guerre entre le Japon et la Russie (1904) préfigure le siècle à venir, l’Amérique devient un acteur à l’extérieur de son territoire, dans le Pacifique. Pour la première fois, deux empires s’affrontent selon les moyens de guerre dits « modernes », pour la première fois un empire asiatique affronte un empire européen, et s’impose et surtout, pour la première fois, la paix est négociée en Amérique, sous la houlette de Théodore Roosevelt et du conseiller du Tsar, Serge Witte (qui au passage prônait le tunnel sous Bering !)

C’est le début du siècle américain, de la thallassocratie transatlantique et transpacifique et du nouvel ordre mondial.

 

Du monde bipolaire au nouvel ordre mondial
La grande guerre civile européenne de trente ans (1914-1945) laisse l’Europe (et le monde) divisé en deux pôles concurrents, le pôle « américano-occidental » et le pôle « soviétique ». La guerre froide durera quarante-cinq ans, jusqu’en 1991, année qui verra la disparition d’un des pôles et l’instauration pratique du nouvel ordre mondial. Dans les vingt-cinq années qui suivirent, le monde entra dans une fiction de courte durée, pendant laquelle on crut que l’extension de l’Otan (parapluie étoilé protecteur) et du nouvel ordre économique mondial (FMI, OMC, BERD, Communauté européenne, OCDE, European Round Table, club de Rome, Forum de Davos…) assurerait la pérennité et la sécurité a jamais. Pour la première fois dans l’Histoire, un « empire » semblait avoir la velléité et les moyens d’imposer ses règles à la planète entière. On parla même de fin de l’Histoire. D’autres affirmèrent même que demain tous seraient Américains. La Chine s’éveillait doucement, l’Inde également, le monde musulman semblait abasourdi par la frappe irakienne de 1991, la construction européenne prenait son envol sur les parallèles de l’Otan pendant que le cœur du défunt concurrent soviétique se mourrait. En 1999, le dernier grain de sable à « l’extension Est » (la Yougoslavie) fut anéantie. La Serbie (qui était à la Yougoslavie ce que la Russie était à l’URSS) fut anéantie en 78 jours et y fut construite la plus grande base militaire américaine de l’étranger, sur le flanc Est-oriental de l’Europe. La présence militaire américaine dans le monde à l’entrée du XXIe siècle était plus importante qu’aucune puissance ne l’avait jamais fait dans l’Histoire (Cf Listes des bases américaines). Néanmoins l’accalmie fut de courte durée : le 11 septembre 2001, des pirates de l’air proches des mouvances islamistes radicales lancèrent la première version du jihad aérien en détournant des avions de ligne pour les écraser sur des infrastructures aux État-Unis. L’empire était frappé au cœur. Ce fut la fin du nouvel ordre mondial tel que certain nous l’avait promis, il n’avait duré que trente ans. L’Amérique déclara alors une guerre planétaire au terrorisme que, sept ans plus tard, elle n’a toujours pas vaincu, enlisée avec l’Otan dans des conflits à basse intensité et sur des territoires incontrôlables et incontrôlés (Irak, Afghanistan, Somalie…).

 

Pourtant cet élément qui modifia l’Histoire n’était pas une surprise pour tous les spectateurs du théâtre des opérations. Certains avaient préconisé ce choc à venir entre les « civilisations » et notamment entre le Sud (musulman) et le Nord (Occident). Ceux-là préconisaient aussi que le monde était « divisé » en grands espaces, différents, et résolument adversaires, ou ennemis. Cette théorie des « civilisations en conflit » avait même ses défenseurs, au cœur du dispositif atlantiste. Ceux-là avaient déjà affirmé que l’Est et l’Ouest étaient deux mondes différents, voir opposés. Curieusement, la frontière entre ces deux Europe (« catholique-protestante » et « orthodoxe ») se situait sur l’ancienne délimitation de l’Europe post-soviétique et de l’Europe de l’Ouest (americano-occidentale). Pour les stratèges américains, après le contrôle des mers (effectif à la fin de la guerre froide), restait le contrôle des terres, notamment celles que les stratèges visaient depuis le début du siècle : le Heartland.

 

Les néo-conservateurs à la conquête du Heartland
Le XXe siècle a vu l’Amérique passer du statut isolationniste à celui de puissance impérialiste et dominante. Cette expansion hors frontières de l’Amérique s’est faite en deux étapes principales, la prise de contrôle des mers tout d’abord, puis la prise de contrôle des terres. Tout d’abord l’expansion maritime (principe du contrôle des mers et du développement de la marine militaire pour protéger les échanges commerciaux). Ces théories ont été très clairement exposées par de nombreux stratèges américains à la fin du siècle dernier, dont Alfred Mahan qui énonça l’intérêt pour l’Amérique d’acquérir une marine aussi puissante que l’Angleterre afin d’acquérir une suprématie militaire et commerciale aussi importante. Cette théorie influencera grandement Théodore Roosevelt notamment au début du XXe siècle après la guerre russo-japonaise.
Cette prise de contrôle des mers effective, la guerre froide laissa néanmoins l’Amérique dans une position géopolitique difficile. Deux des plus grands stratèges en géopolitique, Nicolas Spykman et Halford John Mckinder de ce siècle vont en effet développer la théorie selon laquelle l’Amérique de par sa position insulaire éloignée ne peut, si elle veut rester aux commandes du monde (refus du déclin de la puissance américaine chez les néo-conservateurs) être éloignée du grand continent, du cœur des terres émergées, le Heartland eurasien. Le monde serait constitué selon ces stratèges d’un Heartland ou Continent géant (Europe-Asie), d’un océan géant (Atlantique-Pacifique) et d’un anneau d’îles (Amérique, Australie ou Outlyings Islands).

 

La maîtrise de ce cœur continental est donc essentielle. De la même façon, elle devait se méfier des alliances entre puissances de la terre, notamment entre les deux grandes puissances terrestres et continentales, l’Allemagne et la Russie (empêcher l’émergence d’une puissance rivale chez les néo-conservateurs). Pour ce faire, la Seconde Guerre mondiale sera l’occasion tragique et inespérée pour l’Amérique de prendre position sur le continent, pour y empêcher toute alliance qui pourrait exclure l’Amérique des affaires du monde. Pour les stratèges américains en effet, la fin de la guerre froide n’est que l’opportunité à saisir pour mettre pied en Europe (anciennement majoritairement sous contrôle soviétique) et pouvoir ainsi grignoter toujours plus à l’Est et au Sud-Est vers le contrôle de continent, cette zone située au cœur de l’Eurasie.
Le point commun entre les « défenseurs du choc inévitable des civilisations », « les partisans de la conquête de l’Est, et du Heartland » ? Un courant idéologique propre à l’Amérique qui a contribué à accélérer la politique interventionniste américaine dans le monde, une nouvelle idéologie qui s’est rapidement propagée dans toutes les sphères de direction américaine (politiques, militaires, économiques…). Elle a pris à contre-courant les anciennes idéologies pour devenir en quelque sorte la raison d’être de l’Amérique, comme le sang l’est à tout être humain. Cette idéologie projette l’Amérique comme point central de l’humanité, d’aujourd’hui et demain. Le « néo-conservatisme » nous dit Wikipédia : « se distingue du conservatisme traditionnel et du néo-libéralisme. Anticommuniste et antifasciste, le néo-conservatisme est né sur le principe de « plus jamais Auschwitz ». Ils défendent la puissance militaire des États républicains dans les relations internationales afin d’asseoir un nouvel ordre international. Cela passe par quelques grands axes, notamment le refus du déclin de la puissance américaine (première puissance républicaine du monde) ; empêcher l’émergence d’une puissance rivale ; la fin de la complaisance envers les dictatures ; et la revalorisation de l’outil militaire pour répondre aux agressions.
Pour les « néo-conservateurs » l’Amérique est le modèle de civilisation le plus abouti. Elle a vaincu les grandes idéologies (le nazisme et le communisme) et se prépare à affronter son troisième ennemi (tout au moins celui qu’elle a déclaré comme tel) à savoir l’islamisme radical. Pour eux, le monde doit être modelé par les démocraties républicaines, selon ce modèle de civilisation via le démocratisme imposé, militairement s’il le faut. Le cœur de cette pensée est donc un interventionnisme très fort à l’extérieur du territoire américain, que l’on peut qualifier d’impérialisme idéologique.
Aux États Unis, récemment, un conseiller du président Carter a théorisé et remodernisé les théories post-guerre froide pour les distiller dans les mouvances néo-conservatrices influentes et au pouvoir. Ce dernier, Zbigniew Brzezinski a grandement influencé la création de mouvements d’opinions, les fameux thinks tanks, destinés a promouvoir la politique américaine dans le monde (Cf. Le Grand Échiquier en 1997 et Le Vrai Choix en 2004). En 1989, Brezinski devient l’éminence des cerveaux démocrates pour l’Eurasie (son fils Markl étant le conseiller de Barak Obama) dont il est certain qu’elle sera la zone concurrente essentielle de l’Amérique. En effet, cette gigantesque zone eurasiatique serait le cœur des masses humaines et surtout des ressources énergétiques (pétrole, gaz, minerais stratégiques) ainsi que de leur voies d’acheminements. Ces théories de maîtrise du Heartland se couplent généralement à une maîtrise de l’océan Arctique (voir l’article lié) tout aussi important au niveau énergétique. (voir la carte la). Brezinski reprendra dans Le Grand Échiquier le projet de démembrement en trois de la Fédération russe (Moscovie, Oural, Sibérie), un projet déjà défini dans les années 1940 par le nazi Rosenberg. Cette théorie sera développée à la même époque en Pologne sous le nom de Prométhéisme qui fera son chemin pendant la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, en France, en Turquie et en Allemagne, puis en Amérique. Curieux hasard ( ?) du destin, il s’agit des plus grandes puissances mondiales d’aujourd’hui et des piliers de l’Otan. Autre hasard, Brezinski est lui aussi d’origine Polonaise tout comme Joseph Pilsudski, fondateur du Prométhéisme.
Brzezinski va alors se consacrer à la lutte pour prévenir la réémergence de la Russie comme superpuissance et pour conquérir l’Eurasie. Il développe « un plan pour l’Europe » qui passerait par l’extension de l’Otan aux Républiques baltes, prônera le projet d’oléoduc Bakou-Tblissi-Ceyhan. Ce projet représente pour lui la meilleure concrétisation de ses ambitions qui visent à empêcher la Russie de se relever. Parallèlement, il préside dès 1999 le Comité américain pour la paix en Tchétchénie (American Committee for Peace in Chechnya), installé dans les locaux de l’association Freedom House. Cette union des extrêmes (indépendantistes musulmans et activistes américains) n’est que la continuité — sous sa variante anti-Russe — de l’alliance du même genre existant pendant la guerre froide, à l’époque où la CIA entraînait et finançait les Mujhaidins contre l’URSS.

 

Les armes des Atlantistes pour la conquête énergétique
Après la chute du mur et la fin de l’URSS, l’Amérique se retrouve sans ennemie, elle se lance alors dans une logique de conquête absolue des zones nécessaires au maintien de son hégémonie embryonnaire et notamment l’Eurasie. L’extension de l’Europe comme alliée indéfectible, l’adhésion de ces États à l’Otan et leur participation aux interventions armées à l’étranger en est le fil conducteur. L’Europe continentale de l’Ouest offre servilement à l’Amérique les moyens de sa domination planétaire. Lorsque l’Amérique créa en 1949 l’Otan pour répondre au pacte de Varsovie, celui-ci n’avait d’objectifs que défendre le monde occidental contre une éventuelle attaque soviétique. À l’effondrement de cette dernière, l’Otan ne disparut pas pour autant. Bien au contraire, il devint l’élément-clé de l’extension pan-occidentale, le porteur des messages préliminaires tout autant que le bourreau et le justicier des réfractaires. L’Otan devint l’arme destiné à faire plier les régimes non alignés, tout autant qu’à marquer la fin de la complaisance avec les « dictatures ». En 2001 néanmoins, les Américains ont commencé à prendre conscience de l’erreur tactique essentielle qu’ils avaient fait à utiliser les Moujahidines contre la Russie soviétique, les premiers retournant leur savoir (acquis par les stratèges de la CIA avec la bénédiction du Pentagone) contre leurs anciens maîtres.
Évidemment, la construction européenne qui marche main dans la main avec l’Otan s’est déjà sabordée. En étant incapable d’avoir ses propres systèmes de défense ou sa propre armée, en participant à des conflits qui ne la concernent pas, et n’ont pour conséquence que d’augmenter le ressenti de nombre d’États à son égard, cette dernière s’est fait entraîner dans une logique infernale de partage des dépendances américaines, en énergie tout autant qu’en besoin de protection.
Comme je l’expliquais dans un précédent article : pourquoi partager la croisade lancée contre le monde arabo-musulman à des fins énergétiques en nous aliénant des centaines de millions de musulmans dans le monde, alors qu’un partenaire disponible et fiable, la Russie, est à nos portes. Réponse toute simple : l’Amérique ne veut pas d’une alliance Europe-Russie qui constituerait une puissance concurrente. Pour preuve récente l’opposition violente de Zbigniew Brezinski au « Russo-Allemand » North Stream.
Les opérations militaires ne sont pourtant pas partout évidentes, ni pratiques. Les stratèges ont bien compris la grande difficulté de créer une entreprise de désinformation comme cela a été le cas pour la désintegration de la Yougoslavie (dès 1991) et la campagne violemment serbophobe qui a suivie. Parfois même les opérations militaires ne sont pas suffisantes. Voir injustifiées. Les stratèges vont développer une méthode de révolution pacifique, dite colorée, qui a le mérite de mieux passer au yeux de l’opinion internationale (toujours critique quant aux actions militaires). Experimentée en Serbie en 2001 (la campagne militaire n’ayant pas suffit à faire tomber Milosevic), elle consiste à lever une partie de la « société civile » contre le pouvoir, via des relais dans le pays, en fait officines de la CIA. Le schéma est toujours le même, utiliser des mouvements de jeunesses pour feindre le côté spontané. Le projet est de faire tomber un pouvoir politique jugé « hostile » pour le remplacer par un candidat démocrate, c’est-à-dire « aux ordres » de Washington. L’État concerné passe ainsi dans le giron « occidental » sans intervention militaire. Autre avantage : le changement passe pour une légitime révolution populaire d’une population lasse du « tyran » qui la gouverne. Pourtant en y regardant de plus près, ces mouvements de jeunesse révolutionnaires, que cela soit Zubr en Bielorussie, Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Mjaft en Albanie ou encore Oborona en Russie ne sont pas des émanations spontanées de la « société civile », mais au contraire des fabrications sponsorisées à millions de dollars par les relais de l’ingérence états-unienne dans les points chauds qui concernent directementl’Europe (Balkans, le Caucase, l’anneau circulaire de l’Eurasie (voir cette carte !). Leurs membres ont été entraînés, dressés au bazar de rue et à l’agit-prop politico-médiatique pour intervenir au moment opportun, recevoir la publicité des médias occidentaux et délégitimer les pouvoirs en place. Sur la base des théories dites de la « guerre civilisée » du Pr Gene Sharp (Albert Einstein Institution, ancien de la John Hopkins University), ces groupes naguère formés dans de grands hôtels de Budapest et de Sofia, conduisent des opérations de déstabilisation ciblées qui relèvent de la guerre psychologique et de la guerre civile et non d’une action pacifique ou de simple lobbying comme on voudrait nous le faire croire. (NB : lire cette analyse ici ou encore la).
Quant aux relais de ces mouvements révolutionnaires financés par la CIA, ce sont ces associations civiles du nom de USAID, National Endowment for Democracy (NED), Open Society Institute (Fondation Soros),le German Marshall Fund of the United States, Freedom House, la fondation héritage, ou encore la jamestownfondation, la fondation Carnégie, ou encore le mémorial des victimes du communisme, ces associations travaillant sous l’égide de quelques organisations plus importantes comme le PNAC, le CFR, la trilatérale,l’American institute.ou encore l’ICG , officie « publique »de la CIA (dirigé un temps par Morton Abramowitz l’homme qui livra naguère les missiles Stinger au moudjahidine afghan proches d’Osama Ben Laden) ! Nous sommes là au cours du dispositif d’ingérence américain en Eurasie. Ces mouvements ne sont pas seuls. On a fabriqué aussi pour les besoins de la cause une série de sites internet chargés de renforcer la propagande virtuelle, et des instituts de sondage (comme le CeSID en Serbie) qui « accompagnent » les élections des pays-cible, c’est-à-dire désignent à l’avance les vainqueurs et influencent psychologiquement les votes en donnant des résultats que n’ont pas encore les commission électorales.
Cette alliance de suprématie militaire et d’associations faussement civiles n’ont en fait qu’un but : encercler la Russie et prendre le contrôle des zones essentielles que sont les Balkans (anciennes colonies soviétiques et vitales à l’extension Est de l’Europe), le Caucase (avec la Caspienne) et enfin l’anneau de contour eurasien. La preuve ? Les États du Guam, visés par les révolutions colorées ceinturent la Russie. Le but ? Éloigner la Russie de l’Europe, la repousser au Nord et à l’Est pour lui couper l’accès aux mers et aux ressources énergétiques d’Asie centrale et faire cesser son influence sur la région centro-asiatique. N’oublions pas que la lutte pour cette région (tout comme pour le Nord arctique) l’est principalement pour des raisons énergétiques. (NB : cette révolutionnite aiguë ne frappe pas que l’Eurasie, mais également l’Amérique du Sud et le Venezuela de Chavez).

 

De Khodorkovski a Beslan
Lorsque le 31 décembre 1999, Boris Eltsine laisse les rênes à Vladimir Poutine, la décrépitude eurasienne est totale. L’URSS s’est effondrée, les Républiques se fragmentent, les communautés religieuses s’affrontent, le chaos est total. Dès sa prise de pouvoir, Vladimir Poutine va restaurer l’autorité et la souveraineté de l’État sur le territoire russe, ce qui passe par reprendre le pouvoir y crompris à des hommes d’affaires enrichis et devenus plus puissants que les élus eux-mêmes : les oligarques. L’histoire est connue, Vladimir Poutine va chasser un à un ces oligarques qui succédèrent aux « innombrables mafias » qui pillèrent la Russie dans les années 1990. Ceux qui affirmaient contrôler à une douzaine l’économie et le pouvoir russe durent répondre de leurs actes devant une justice réaffirmée. C’est en 2003, lors de l’arrestation du plus fameux d’entre eux que les atlantistes (néo-conservateurs) comprirent la détermination réelle du pouvoir russe. L’arrestation de M.Khodorkovski a ouvertement déclenché une contre-offensive néo-conservatrice qui dure encore à ce jour. Pourquoi ? Le réseau Voltaire nous donne quelques précisions (lisez cet article c’est à tomber par terre, ici)… La prise de contrôle de Yukos par Khodorkovski s’est faite par le biais du système de « prêts contre actions » organisé par Vladimir Potanine au gouvernement de Viktor Tchernomyrdin en 1995. Les oligarques ont ainsi pu racheter des entreprises pour des bouchées de paille, voire les posséder par de simples promesses d’investissements ! Celui-ci organise ensuite un système de sociétés off-shores pour s’auto-racheter du pétrole et des matières premières à très bas prix et le revendre sur le marché international. Simultanément, le géant bradait son pétrole à l’Amoco Eurasia Petroleum Company. Les sur-revenus générés lui permirent, une fois blanchis de prendre le contrôle politique de nombreux partis dont le Parti communiste, l’Union des forces de droite (SPS), Labloko et « Unité ». En 2003, Khodorkovski décida se présenter à l’élection présidentielle. Il essayait déjà de dicter ses vues au gouvernement concernant la guerre en Irak à laquelle il était favorable, comme en économie ou en politique intérieure. À cette même époque, Khodorkovski était sur le point de vendre la moitié de Yukos à Exxon Mobil. Il entendait aussi construire un réseau privé d’oléoducs assurant sa totale indépendance. Les liens entre Yukos et le monde de la finance et du renseignement anglo-saxon étaient déjà bien établis, les États-Uniens avaient compris que tant que le gouvernement contrôle les tuyaux, il est le seul à décider de la quantité de brut qu’il veut mettre sur le marché. Charles Ryan, le leader du United Financial Group, et d’autres investisseurs appelaient de tout cœur à une « Yukosization » de la Russie, en fait à une destruction de l’État, seul obstacle sur le chemin des vastes richesses russes. En lien avec Henry Kissinger et George Soros, il aurait trahi son pays et aurait préparé un renversement de Vladimir Poutine après avoir soudoyé des cadres de l’armée, la décision de son arrestation aurait été prise in extremis pour empêcher un « quasi-coup d’État », elle eut lieu le 25 octobre 2003, à Novossibirsk. Khodorkovski était devenu un maillon-clé du dispositif visant à mettre à genoux le géant russe. Devenu membre du Carlyle group, celui-ci se préparait à mettre une bonne partie des ressources pétrolières russes entre les mains des États-Unis.
On comprend mieux en effet la colère des « chacals » du Pentagone, lancés dans une guerre en Irak et privés des ressources eurasiatiques. Leur réponse ne s’est pas fait attendre, ceux-ci ont lancé une offensive de grande ampleur contre le pouvoir russe, la plus terrible étant la tragédie de Beslan (3 septembre 2004) que l’opinion internationale bien manipulée par la presse aux ordres continue d’attribuer à Poutine, tandis que les théoriciens néo-conservateurs affirmaient que la Russie n’échapperait pas à une guerre descivilisations, elle non plus, et devait donc rejoindre la croisade lancée par l’Otan. Pourtant, comme l’a très bien résumé Mikhail Alexandrov, un expert de l’institut CIS de Moscou dans le journal du ministère russe de la Défense, Krasnaya Zvezda : « La situation en Ossétie du Nord doit être appréhendée dans le contexte de la bataille croissante pour le contrôle de la Transcaucasie entre la Russie et les puissances anglo-saxonnes. Les Anglo-Saxons prétendent expulser la Russie de la Transcaucasie et ont besoin pour cela de déstabiliser le nord du Caucase et la Russie en général. » (lire ici sur la responsabilité anglo-saxonne à Beslan ou encore les liens étroits entre les Américains et les Tchétchènes).
L’affaire Beslan est un déclencheur fondamental puisque, à la suite de cette affaire, un « comité des 115 » se créa pour dénoncer la politique du gouvernement Poutine, jugé « responsable » de la prise d’otage de Beslan. Cette lettre ouverte, signée par 115 personnalités atlantistes, a été adressée, mardi 28 septembre 2004, « aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne et de l’Otan » avec copie à l’agence Reuters. Les auteurs affirment « qu’il est temps de repenser les modalités et les limites de notre engagement avec la Russie de Poutine ». Véritable déclaration diplomatique de guerre, il est tout à fait intéressant de lire le texte même de la lettre et les signataires de cet appel (ici et la). Lire à ce sujet la réponse aux intellectuels atlantistes du Pr Viatcheslav Dachitchev.

 

Comme l’explique très bien Alexandre Douguine en 2005 : « le complot contre Vladimir Poutine est en marche depuis qu’il a été élu. L’entourage de Eltsine ne s’attendait pas à ce que Poutine renforce les pouvoirs du gouvernement aux dépens des minorités libérales, oligarchiques ou pro-états-uniennes. Désormais, les opposants ont décidé de le faire sauter où au moins d’affaiblir sa position au maximum. C’est une forme de complot où agissent deux centres, un pour l’extérieur à Washington et Londres, et un pour l’intérieur constitué par les groupes oligarchiques et les libéraux au gouvernement. La zone de contact se trouve être dans certains pays de la CEI comme l’Ukraine ou la Géorgie. Pour moi, Mikhail Khodorkovsky a mené une véritable campagne contre la souveraineté de notre pays par l’intermédiaire de corporations transnationales et des États-Unis. »
La déstabilisation tchétchène a néanmoins connu deux coups d’arrêts en 2005 (liquidation de Maskhadov) et en 2006 (liquidation de Bassaiev), n’en déplaise aux intéressés dont les troupes sont enlisées dans les sables d’Irak et les montagnes d’Afghanistan.
Le réveil eurasien, vers un monde multilatéral

Nous l’avons vu, le réveil russe, maintien essentiel de l’équilibre en Eurasie, est la clé d’un monde multipolaire, ou tout du moins bipolaire en ce qu’il empêche l’Amérique de prendre contrôle du continent eurasiatique. La Russie, tout comme les « grands en devenir » de ce monde, l’Inde et la Chine, entendent maintenir sur le continent, et dans le monde, une approche multilatérale et multipolaire des problèmes, basée sur le dialogue et le consensus.
Pour l’élite russe, la Russie doit tracer une nouvelle voie entre l’orientation pro-occidentale et libérale et la nostalgie du passé communiste, tout en évitant les excès démagogiques du populisme extrémiste et du nationalisme étroit. Pour ce faire, a notamment été créée l’OCS, l’Organisation de la coopération de Shanghai, une gigantesque alliance militaire continentale regroupant plus d’un humain sur deux… Il est pourtant coutume d’entendre que la Russie a recours à des méthodes et des rhétoriques dignes de la “guerre froide”, mais que devait-on attendre comme réaction de la part de la Russie après que l’Europe laisse l’Amérique installer des bases militaires, des systèmes d’écoutes et des batteries missiles à ces frontières ? Que devrait-elle penser alors que ceux-la mêmes adhèrent à la théorie de détruire la Russie pour en faire trois Etats (Moscovie, Oural, Sibérie), tout comme ils ont fait de la Yougoslavie (devenue Serbie, Croatie, Slovénie) ? La vérité, c’est que la réciprocité logique au déploiement militaire à l’Est de l’Europe serait le déploiement militaire russe aux frontières américaines, par exemple à Cuba, ce que vient précisément d’évoquer le président Medevedev ! Enfin, un détail, mais sans doute d’importance, l’extension de l’Europe vers l’Est et l’obsession des Etats-Unis à y intégrer la Turquie (Seconde armée de l’Otan et pays non européen) sont bien les preuves de souhait d’inféodation totale à l’Otan d’une Europe qui n’a plus d’européenne que son appellation. Vladimir Poutine n’a-t-il pas cessé d’appeler les Européens à quitter l’Otan ?
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La Russie et l’Amérique Latine

Lu sur Novosti, un article qui traduit la perte d’influence Américaine en Amérique du sud.

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L’Amérique latine n’a jamais fait partie des régions dans lesquelles l’influence de l’URSS/Russie pouvait être qualifiée de déterminante, ni même de significative. L’absence d’influence politique s’est également ressentie dans la coopération militaire et technique, restée à l’état embryonnaire. La région, considérée comme la chasse gardée des Etats-Unis depuis les temps de la doctrine Monroe, a acheté tout au long du XXe siècle des armements américains et, beaucoup plus rarement, européens.

La présence militaire soviétique dans cette zone ne s’est affirmée qu’à la charnière des années 50-60, quand Cuba sollicita l’aide de l’URSS. Les livraisons d’armes soviétiques aidèrent les Cubains à déjouer le débarquement de la Baie des cochons, et à édifier une machine de guerre relativement crédible, capable d’influer sur les événements même sur d’autres continents: il suffit pour cela de se souvenir de la participation active des forces armées cubaines aux conflits africains.

Le deuxième pays de la région ayant commencé à coopérer avec l’URSS fut le Pérou, avec l’arrivée au pouvoir en 1968 de l’armée dirigée par le général de division Juan Velasco Alvarado, dont le régime prit le parti d’une coopération avec Moscou. Il faut dire que le gouvernement péruvien avait été pour le moins impressionné par l’aide soviétique envoyée lors du tremblement de terre dévastateur de 1970. L’URSS avait alors organisé en un temps record l’acheminement de l’aide humanitaire à l’autre bout de la planète grâce à ses avions de transport stratégiques An-22 Anteï.

Le troisième grand pays de la région à compter parmi les alliés de l’URSS et donc à devenir acheteur d’armements russes devait être le Chili, mais le coup d’Etat de 1973 et l’arrivée aux affaires d’Augusto Pinochet fit tomber à l’eau toutes ces perspectives. Finalement, outre Cuba et le Pérou, l’URSS dût se contenter d’une coopération avec le petit Etat du Nicaragua, où le mouvement sandiniste adepte des théories marxistes-léninistes accéda au pouvoir en 1979. C’est Cuba qui a été l’acheteur le plus actif d’armements soviétiques, équipant ainsi la totalité de son armée. Le Pérou est resté à la seconde place, continuant à acheter des armes en Europe notamment. Le Nicaragua a quant à lui reçu une certaine quantité d’armes d’infanterie et de véhicules légers.

Il a fallu attendre les années 90 pour que cette liste commence à s’agrandir et que des armements de fabrication russe commencent à apparaître dans d’autres pays de la région, par exemple, en Colombie et au Mexique. Cependant, il n’a pas été question d’une coopération militaire et technique organisée, il ne s’agissait en effet que d’achats d’armes limités sans perspective particulière de poursuite de ce genre de transactions.

La situation a commencé à changer avec le nouveau siècle. Le premier pays d’Amérique latine à avoir décidé d’instaurer une coopération militaire et technique à long terme avec la Russie après la chute de l’URSS a été le Venezuela. Cette décision, comme par le passé, a été motivée par des considérations politiques: Hugo Chavez est en froid avec les Etats-Unis. Résultat, le Venezuela et la Russie ont signé en 2005-2007 une série d’importants accords portant sur des livraisons d’armes, la formation de personnel et l’organisation de l’entretien technique des armements fournis. Caracas s’intéresse particulièrement aux chasseurs Su-30, aux hélicoptères, aux fusils d’assaut Kalachnikov et aux systèmes de DCA. L’exemple vénézuélien s’est avéré contagieux.

Certains géants de la région, comme le Brésil et l’Argentine, se sont à leur tour penchés sur l’opportunité d’une coopération militaire avec la Russie. Buenos Aires, qui s’intéresse aux systèmes de DCA, aux appareillages de commandes en vol et aux hélicoptères, a même envoyé son ministre de la Défense Nilda Garré à Moscou. Le Brésil étudie quant à lui la possibilité d’acquérir des chasseurs et des sous-marins.

Le pas suivant dans ce sens a été la visite au Brésil du secrétaire par intérim du Conseil de sécurité russe Valentin Sobolev, lors de laquelle un accord a été signé sur l’établissement d’une coopération dans le domaine militaire et technique. Le Brésil souhaiterait avoir accès aux dernières technologies russes dans le domaine aérospatial, notamment aux développements effectués dans le cadre du projet d’avion de cinquième génération. En outre, le pays voudrait équiper sa flotte d’un sous-marin nucléaire, et doit par conséquent se familiariser avec les dernières technologies étrangères en la matière. La Russie, comme en témoigne sa coopération avec l’Inde, est prête à partager ce genre d’informations. En outre, Moscou compte livrer au Brésil des Su-35 déjà développés, et considérés comme appartenant à la génération 4++.

Il faut bien comprendre que dans ce cas précis c’est la politique qui est la raison fondamentale poussant les pays de la région à opter pour une coopération avec la Russie et, pour être exact, il est question d’une volonté de réduire l’influence américaine, qui s’apparente beaucoup à un monopole. De ce point de vue, l’acquisition de matériel de guerre russe conjugué à l’apparition d’une «OTAN latino-américaine» serait la solution la plus évidente. Pour la Russie, une telle évolution des événements peut être considérée comme positive à tous points de vue.

Sur le plan économique, on assiste donc à une augmentation des exportations de produits de haute technologie. Sur le plan politique, «l’allié naturel» doit faire face à un nouveau problème. Sur le plan diplomatique, les achats massifs d’armements russes par les pays d’Amérique latine et l’apparition dans la région d’instructeurs et de conseillers russes contribuera sans aucun doute à renforcer l’autorité et l’influence de la Russie sur la zone Amérique du sud, comme dans le monde.

Enfin, le facteur «moral» n’est pas moins important. La coopération avec les pays du Proche-Orient et d’Asie centrale est condamnée par un nombre relativement important de gens reprochant à la Russie soit de «soutenir le fondamentalisme islamique», soit de «complicité avec le terrorisme». En ce qui concerne la coopération avec les pays chrétiens d’Amérique latine, gouvernés par des dirigeants démocratiquement élus, de telles accusations sont tout bonnement impossibles.

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Lire aussi cette ITV de Noah Chomsky, c’est la

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